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Full text of "Inventaires de Jean duc de Berry (1401-1416) publiés et annotés par Jules Guiffrey"

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INVENTAIRES 

DE     JEAN 

DUG    DE    BERRY 


INVENTAIRES 

DE  JEAN 

DUG    DE   BERRY 

(1401-1416) 

PUBLIES     ET     ANNOTES 

PAR 

JULES  GUIFFREY 

Membre  du  Comite  des  tr'avaux  historiques  et  archeologiqiies 
au  Ministere  de  I'lnstriiction  publique 


TOME  PREMIER 


PARIS 

ERNEST    LEROUX,    EDITEUR 

28,  RUE  BONAPARTE,    28 
1894 


fcgrapWe  Braun 


-Heiio6,Imp.lem%rciet 


JEANNE  DUCHESSE  DE  BEE.RY 

Dessin  de  Holbein  au  musee  de  Bale 

d'apres  lafi^ure  a§^enouillee  dutombeau  de  Bourses 


t 


INTRODUCTION 


Le  troisieme  fils  du  roi  Jean  II,  d'abord  comte  dc 
Poitiers,  puis  due  de  Berry,  a  laisse  dans  I'histoire  la 
reputation  d'un  collectionneur  emerite,  digne  d'etre 
compte  parmi  les  amateurs  les  plus  delicats  et  les  plus 
passionnes  de  tous  les  temps  et  de  tous  les  pays. 

Cette  opinion  se  trouve  pleinement  justifiee  par  I'exa- 
men  des  documents  qui  suivent  et  dont  le  texte  integral 
parait  ici  pour  la  premiere  fois. 

Rien  ne  fait  mieux  connaitre  les  gouts,  les  mceurs, 
les  moindres  details  de  la  vie  intime  de  nos  ancetres 
que  ces  inventaires  dont  il  est  superflu  de  vanter  I'in- 
teret.  Or,  parmi  les  nombreux  documents  de  cette  na- 
ture conserves  dans  les  depots  scientifiques,  il  n'en 
existe  peut-etre  pas  qui  egale  en  importance  la  liste  des 
tresors  amasses  par  le  due  Jean  de  Berry. 

Nous  possedons  trois  inventaires  de  cette  collection  ^.es  inventaires. 
princiere,  tous  trois  de  date  differente,  oifrant  tous  trois 
d'importantes  variantes.  Le  texte  de  chacune  de  ces 
redactions  merite  done  d'etre  connu  dans  ses  moindres 
details;  c'est  le  but  que  nous  nous  sommes  propose,  en 
■  cherchant  a  eviter  toute  repetition  inutile.  L'ctendue  des 
descriptions  ainsi  que  les  notes  nombreuses  et  precises, 
ajoutees  en  marge  des  articles,  nous  renseignent  a  mer- 
veille,  non  seulement  sur  la  qualite,  mais  aussi  sur  la 
formation  et  la  dispersion  de  ces  tresors  incomparables. 

Observons  toutefois  que  les  trois  inventaires  du  due 
de  Berry,  dates  dc  1401,  141 3  et  1416,  repondaient   a 


•  II  INTRODUCTION 

des  neccssites  differentcs;  aussi  leur  redaction  a-t-elle 
garde  la  trace  des  preoccupations  auxquelles  ont  obei 
leurs  auteurs. 
Lini'ciit.Tirc  Seul,  Ic  i^remicr  de  ces  documents,  conserve  au  Cabi- 
net  des  manuscrits  de  la  Bibliotheque  nationale  (i), 
ofl're  tous  les  caracteres  d'un  inventaire  proprement  dit. 
Precede  du  mandement  adressc,  en  novembre  i4oi,aux 
conseillers  et  secretaires  du  Due,  pour  leur  ordonner  de 
proceder  a  la  description  de  ses  tresors,  ce  catalogue  a 
pour  redacteur  Guillaume  de  Ruill}^  garde  des  joyaux, 
qui  le  commenca  au  chateau  de  Dourdan,  le  2  decem- 
bre  1401.  Selon  la  methode  generalement  adoptee  pour 
les  textes  de  cette  nature,  le  garde  des  jo3'aux  se  rend 
successivement  dans  les  dilTerentes  residences  de  son 
maitrc  et  decrit,  Tun  apres  I'autre,  les  objets  precieux 
qu'il  rencontre,  en  suivant  I'ordre  du  classement  mate- 
riel. Sans  doute,  par  la  force  meme  des  choses,  il  debute 
par  les  articles  les  plus  precieux  ou  les  plus  remarqua- 
bles;  mais  il  sc  preoccupe  assezpeu  d'introduire  dans  sa 
liste  une  methode  suivie.  Du  chateau  de  Dourdan,  ou  I'in- 
ventaire  est  commence,  Guillaume  de  Ruilly  se  trans- 
pose, le  16  decembre,  a  Paris,  pour  continuer  les  ope- 
rations. Le  due  de  Berry  ne  possedait  pas  moins  de  dix 
ou  douze  residences  a  la  ville  et  a  la  campagne,  commc 
on  le  verra  ci-apres;  ses  joyaux  se  trouvaient  disse- 
mines  un  peu  partout  dans  ses  nombreux  chateaux.  La 
description  se  poursuit  done  par  la  liste  des  pierres  pre- 
cieuses  ou  des  pieces  d'orfevrerie  garnissant  I'hotel  de 
Nesle.  Les  commissaires  adjoints  au  garde  des  joyaux 
s'occupent  assidument  de  ce  travail  en  decembre  et  Jan- 
vier. A  I'article  359  finit  la  premiere  partie  des  collec- 
tions conservee  a  Dourdan  et  a  Paris.  Avec  le  n°  36o, 


(i)  N"   1 1496  du  fonds  franfais.  Voycz  la  description  matcricllc  dc  cc 
manuscrit  ci-apres,  t.  II,  p.  i. 


INTRODUCTION  HI 

nous  passons  au  chateau  de  Mehun-sur-Yevre,  une  dcs 
residences  preferees  du  prince.  Les  commissaires  y  con- 
tinuent  leur  travail  le  i5  mai  1402,  et  se  trouvent  en 
presence  d'une  partie  des  plus  belles  pieces  du  tresor. 

Guillaume  de  Ruilly  etait  a  cette  epoque  sur  le  point 
de  remettre  les  fonctions  de  garde  des  joyaux  a  Robinet 
d'Etampes  qui  resta  investi  de  cette  mission  de  con- 
fiance  jusqu'aux  derniers  jours  de  la  vie  du  prince,  et 
c'etait  pour  obtenir  la  decharge  des  graves  responsabilites 
lui  incombant  du  fait  de  sa  charge  qu'il  avait  du  proce- 
der  a  cet  inventaire  detaille. 

De  Mehun-sur-Yevre  la  commission  se  rend  a  Bour- 
ges.  La,  I'enumeration  des  richesses  deposees  dans  la 
grosse  tour  est  poursuivie  sans  interruption  le  29  mai 
1402  et  les  jours  suivants.  Ce  chapitre  va  du  n''  65o  au 
n°  933.  Apres  une  breve  mention  de  quelques  articles 
dont  la  place  exacte  n'est  pas  specifiee,  commence  (i),  a 
la  date  du  17  aout  1402,  la  description  des  manuscrits 
conserves  en  la  librairie  du  Due,  au  chateau  de  Mehun. 
Puis,  vient  une  serie  d'objets  remis  naguere  a  Guillaume 
de  Ruilly  par  Jean  d'Etampes,  le  pere  de  Robinet,  et 
delivres  a  divers  particuliers  par  le  depositaire,  sur  Tor- 
dre  ecrit  du  prince  (2).  Naturellement,  cette  derniere 
categorie  de  joyaux  ne  reparaitra  pas  dans  les  inventaires 
suivants.  Le  volume  se  termine  par  la  nomenclature  des 
draps  d'or  et  de  sole,  des  ornements  de  chapelle,  linge, 
chapes,  etc.,  confies,  en  fevrier  1403,  a  la  garde  de 
Guillaume  Fauvete,  bien  que  le  titre  du  chapitre  desi- 
gne,  comme  depositaire  de  ces  articles,  Robinet  d'Etam- 
pes. Le  parement  d'autel,  brode  de  nombreuses  figures, 
dont  la  minutieuse  description  figure  dans  I'article  der- 
nier {n°  1 3 17),  merite  une  attention  particuliere.  Nous 


(i)  N"  959  ct  suivants. 
(2)N-  1081-1187. 


IV  INTRODUCTION 

connaissons  peu  d'ornements  de  ce  genre  aussi  magni- 
fiques.  Gelui-ci,  donne  par  le  Due  a  I'eglise  de  Ghartres 
et  signalc  dans  tous  les  inventaires  du  tresor  de  cette 
eglise,  ne  fut  detruit  qu'en  1793,  commc  M.  de  Mel}^  I'a 
constate  dans  une  etude  recentc  sur  ce  chef-d'oeuvre 
de  I'art  de  la  broderie  (i). 

Une  notable  partie  des  plus  beaux  joyaux  enumeres 
dans  le  manuscrit  de  la  Bibliotheque  Nationale  avait 
cesse   d'appartenir   au  due   Jean  lorsque  fut  redige  le 
compte  de  Robinet  d'Etampes  qui  constitue  le  deuxieme 
inventaire  en  date  des  collections  ducales. 
SahiTe'-cfiJpeiie     ^^^^^  <^^  ^^  dcdicacc  de  la  Sainte-Chapelle  construitc  dans 
de  Bourg^es.    j^,  p^j^jg  ^^q  Bourgcs,  Ic  prince  dota  sa  nouvelle  fondation 
d'un  choix  de  ses  plus  beaux  joyaux.  G'est  ainsi  que  beau- 
coup  d'articles,  portes  sur  I'inventaire  de  1401,  ne  repa- 
raissent  pas  sur  les  catalogues  d'une  date  plus  recente. 
Ges  dons  sont  d'ailleurs  soigneusement  consignes  sur 
le   manuscrit   de    la    Bibliotheque.    II   subsiste    encore 
d'autres  temoignages  authentiques  des  largesses  faites 
a  la  Sainte-Ghapelle  de  Bourges.  G'est  d'abord  un  petit 
cahier  sur  papier,  recemment  entre  a  la  Bibliotheque 
Nationale  (2),  renfermant  une  liste  de  348  articles,  joyaux 
d'or  et  d'argent,  manuscrits  religieux  et  ornements  de 
chapelle,  donnes  au  sanctuiare  lors  de  sa  dedicace  ou  dans 
le  cours  des  annees  suivantes.   La  plupart  des   objets 
inscrits  sur  cette  liste  sont  mentionnes  dans  I'inventaire 
de  1401  ;  mais,  a  cote  de  ceux-la,  s'en  trouvent  d'autres 
figurant  ici  pour  la  premiere  fois.  Gomme  ces  articles, 
par  suite  de  la  donation,  cessent  des  lors  d'appartenir  aux 
collections  ducales,  on  ne  les  rencontre  necessairement 
dans  aucun    des  inventaires    ulterieurs.   Les  livres  ou 
joyaux  auxquels  cette  remarque  s'applique  et  qui  for- 


(1)  Voy.  tome  II,  p.   1G6,  note. 

(2)  Voy.  tonic  II,  p.   167-1SG. 


lit'  1 41 3. 


INTRODUCTION  V 

ment  ainsi  en  quelque  sorte  le  complement  de  I'inven- 
taire  de  1401,  sont  au  nombre  de  quatre-vingt-dix. 

Dans  un  travail  deja  ancien  (i),  M.  Hiver  de  Beauvoir 
avait  consigne  le  resultat  de  ses  recherches  sur  les  libe- 
ralitcs  faites  a  la  Sainte-Chapelle.  Ce  memoire  a  fourni 
quelques  additions  a  la  liste  precedente  (2).  Encore  con- 
vient-il  de  n'accepter  qu'avec  prudence  les  renseigne- 
ments  provenant  de  cette  origine,  car  M.  Hiver  de 
Beauvoir  neglige  souvent  d'indiquer  ses  sources  d'in- 
formation.  Quoi  qu'il  en  soit,  les  additions  a  I'inven- 
taire  de  140 1,  tirees  de  la  publication  de  M.  de  Beau- 
voir, viennent  s'intercaler  chronologiquement  entre  le 
manuscrit  de  la  Bibliotheque  Nationale  et  le  comptc 
de  Robinet  d'Etampes. 

Ce  compte  (3),  veritable  inventaire  dcs  tresors  appar-  imcntairc 
tenant  au  due  de  Berry  dans  les  dernicres  annees  de 
sa  vie,  a  ete  adoptc  comme  point  de  depart  de  la  pre- 
sente  publication.  Publie  integralement  ici  avec  toutes 
les  notes  et  commentaires  qui  I'accompagnent,  il  remplit 
notre  premier  volume  tout  entier.  Peut-etre  eut-il  paru 
plus  rationnel  au  premier  abord  de  commencer  par  la 
publication  de  I'inventaire  de  1401,  d'en  donner  le  texte 
complet  et  de  rattacher  a  ce  document  les  additions 
posterieures.  II  n'a  pas  dependu  de  nous  qu'il  en  fut 
ainsi.  Lorsque,  peu  de  temps  apres  la  mort  de  Germain 
Demay,  il  fut  question  de  livrer  a  I'imprimeur  le  manu- 
scrit des  inventaires,  la  copie  etait  cntieremcnt  terminec 
et  paraissait  definitivement  arretee.  Ce  ne  fut  que  par  la 
suite  que  les  lacunes  et  les  imperfections  de  la  preparation 
premiere  serevelerent  successivement.  Sansponctuation, 
sans  notes,  le  manuscrit  dut  etre  revu  d'un  bout  a  I'autre 

(i)    Memoires   dc    la   Societc    histovique    du   depavtcment    dii    Cher, 
tome  I"  ( 1 856-1 860). 

(2)  Tome  II,  Appendice,  p.  3o5-3i6. 

(3)  Arch.  Nat.  KK  258. 


INTRODUCTION 


et  complete.  Quand  le  succcsseur  dc  Dema}',  qui  avait 
cru  sc  charger  d'unc  simple  correction  d'epreuves, 
s'apercut  da  travail  enorme  qui  lui  incombait,  il  etait 
trop  tard  pour  reculer.  Peut-etre  eut-il  hesite  a  accepter 
unc  tache  fort  ingrate,  s'il  en  eCit  connu  des  Tabord 
toute  la  difficulte.  II  ne  fallait  pas  songer  a  modifier  le 
plan  de  la  publication;  les  choses  etaient  trop  avancees 
pour  qu'on  put  revenir  en  arriere.  II  ne  manquerait  pas, 
au  surplus,  d'excellentes  raisons  pour  justifier  les  prefe- 
rences de  notre  predecesseur  et  le  choix  du  registre  des 
Archives  comme  inventaire  type.  D'abord,  c'est  le  seul 
qui  ait  recu,  du  commencement  a  la  fin,  un  classement 
rationnel.Nous  venons  de  constater  que  les  descriptions 
de  1 40 1  etaient  enregistrees  quelque  peu  au  hasard.  Puis, 
presque  tous  les  objets  inscrits  sur  le  registre  de  Robinet 
d'Etampes  sont  restes  en  la  possession  du  Due  jusqu'au 
jour  de  sa  mort.  Enfin,  ce  texte  est  enrichi  de  commen- 
taires  et  de  notes  d'un  intc'ret  considerable.  L'ordre  de 
publication  adopte  par  notre  devancier  pent  done  se 
justifier  par  des  arguments  tres  serieux.  Dans  tous 
les  cas,  nous  ne  nous  sommes  pas  cru  le  droit  de  le 
changer. 

Le  compte  de  Robinet  d'Etampes  ou  inventaire  de 
141 3  se  trouve  done  designe  dans  les  renvois  par  la 
lettre  A  (i),  tandis  que  le  n"  1 1496  du  fonds  francais 
porte  partout  la  lettre  B  et  celui  de  la  Bibliotheque 
Sainte-Genevieve  est  represented  par  les  initiales  S  G 
dans  les  notes  du  texte  courant  comme  a  la  table  de  la 
fin  du  second  volume. 

Le  petit  registre  en  papier  contenant  la  liste  des  dons 
faits  a  la  Sainte-Chapelle  de  Bourges  en  1405  et  dans 

(i)  M.  Dclislc,  partantdu  tcxtc  Ic  plus  ancien,a  donnc  la  lettre  A,  dans 
son  Cabinet  des  Manitscrits,  au  volume  dc  la  Bibliotheque  Nationalc,  la 
lettre  B  au  registre  des  Archives.  La  lettre  C  designe  le  manuscrit  dc 
Sainle-Gcnevieve,  etc. 


INTRODUCTION  VII 

Ic  cours  des  annees  suivantes  (i),  figure,  dans  nos  notes 
comme  a  la  table,  sous  la  rubrique  D. 

Quand  on  examine  en  detail  le  compte  de  Robinet 
d'Etampes,  on  est  frappe  de  Tordre  et  du  classement  des 
articles,  denotant  un  esprit  de  methode  fort  remarqua- 
ble.  Le  gardien  des  collections  a  inventorie  les  tresors 
confies  a  ses  soins  a  la  fois  suivant  leur  nature  et  sui- 
vant  leur  provenance ;  cela  ne  laisse  pas  que  d'aug- 
menter  singulierement  I'interet  de  cette  nomenclature. 

Tout  d'abord,  deux  grandes  divisions  chronologiques  :      Divisions 

^  dc  I'inventaire 

la   premiere    partie,   du   n°   i  au  n"  1099,  renferme  les     dc  1413. 
joyaux  ou  livres  remis  a  Robinet  d'Etampes  avant  le 
3  I  Janvier  141 3  (nouv.  St.);  les  acquisitions  faites  depuis 
ce   jour-la  jusqu'au    16  juin   1416,  date  de  la  mort  du 
prince,  forment  la  seconde  partie,  du  n°  1 1 00  au  n°  1 25 1 . 

Chacune  des  deux  series  comporte  un  certain  nombre 
de  chapitres  :  Joyaux  pour  chapelle.  —  Joyaux  pour  le 
corps  de  Monseigneur  le  Due.  —  Pierreries  des  joyaux 
et  vaisselle  depeces.  —  Vaisselle  d'or  ct  d'argent.  — 
Livres.  —  Draps  de  sole,  linge. 

Des  tapisseries  et  des  broderies  il  n'est  point  ici  ques- 
tion ;  Robinet  d'Etampes  n'en  avait  pas  la  garde. 

La  deuxieme  partie  du  compte  reproduit  les  memes 
rubriques  que  la  premiere.  Ghaque  chapitre  se  subdivise 
lui-meme  en  un  certain  nombre  de  paragraphes.  Ainsi  les 
jo3'aux  pour  chapelle  comprennent  les  sous-titres  sui- 
vants  :  Croix  d'or  et  d'argent.  —  Tableaux,  reliquaires  et 
petits  jo3-aux.  —  Images  d'or  et  d'argent.  —  Calices, 
portepaix,  corporaliers,  boites  et  burettes.  —  Chande- 
liers, bcnitiers,  encensoirs.  —  Autels  portatifs.  —  Autres 
joyaux  pour  chapelle.  —  Reliques  saintes. 

Citons  un  autre  exemple  de  ce  classement  metho- 
dique  :  le   chapitre   des  joyaux  et  vaisselle  depeces  est 

(i)  Nouvcllcs  acquisitions,  fonds  fran^ais,  n°  i363. 


INTRODUCTION 


reparti  en  huit  subdivisions  :  i"  Rubis.  2"  Rubis  balais. 
3°  Saphirs.  4"  Emeraudes.  5'^  Diamants.  6'^  Perles. 
7°  Sceaux  ct  signets.  8°  Anncaux  et  pierres  de  nulle  ou 
petite  valeur. 

Seuls,  les  livres  se  presentent  dans  iin  desordre  evi- 
dent. Sans  doute,  le  garde  les  a  inscrits  comme  il  les 
trouvait  ranges  siir  les  ra3'on'S  ou  dans  les  coffres. 

Mais  Robinet  d'Etampes  ne  s'en  est  pas  tcnu  la.  Dans 
chaque  subdivision,  il  distingue  soigneusement  la  pro- 
venance et  etablit  trois  classes  :  ancienne  collection  — 
dons — achats.  Ainsi,  les  croix  d'or  et  d'argent  formantla 
premiere  categoric  des  jo3'aux  pour  chapelle  sont  repar- 
ties  en  croix  d'or  et  d'argent  des  inventaires,  c'est-a-dire 
possedees  park  prince  avant  141 3,  croix  d'or  et  d'argent 
achetees  par  Monseigneur,  croix  d'or  et  d'argent  donnees 
a  Monseigneur.  Le  garde  des  joyaiix  ne  neglige  pas  une 
occasion  de  noter  tout  ce  qu'il  sait  des  circonstances 
de  I'acquisition,  ct  aussi  le  nom  du  donateur  commc  la 
date  de  la  donation. 

On  saisit  maintenant  tout  le  prix  de  pareilles  indica- 
tions, lorsqu'elles  viennent  s'ajouter  a  des  descriptions 
fort  completes  par elles-memes.  Quanta  lafidelite  de  ces 
descriptions,  un  exemple  suffira  pour  montrer  le  scru- 
pule  et  la  conscience  du  redacteur.  II  existe  encore  cer- 
taines  reproductions  des  medailles  d'or  de  Constantin  et 
d'Heraclius,  inscrites  sous  les  n°^  199  et  200  de  Tln- 
ventaire.  Or,  sur  les  exemplaires  conserves  au  Cabinet 
des  Medailles,  les  legendes  latines  ou  grecques  repon- 
dent  exactement  au  texte  de  Robinet  d'Etampes,  de  sortc 
qu'il  ne  subsiste  aucun  doute  sur  I'identite  des  unes  et 
des  autres. 

Ces  ingenieuses  divisions  recommandent  tout  parti- 
culierement  Tinventaire  des  Archives  nationales  et  justi- 
fieraient,  s'il  en  etait  besoin,  le  choix  de  ce  manuscrit 
comme  point  de  depart  de  la  publication. 


INTRODUCTION  IX 

Jusqu'a  la  fin  de  son  travail,  Robinct  d'Etampcs  a  suivi 
fidelement  la  classification  adoptee  des  le  debut;  dans 
Tenumeration  des  articles  acquis  entre  le  3i  Janvier  1413 
etle  16  juin  1416,  il  n'a  plus  a  se  preoccuper  des  anciens 
inventaires  ;  mais  il  distingue  avec  soin  les  objets  ache- 
tes  des  dons  faits  au  due  de  Berry. 

Nous  n'insisterons  pas  davantage  sur  I'utilite  de  ces 
precieuses  mentions.  Elles  nous  edifient  sur  les  relations 
et  les  alliances  du  prince,  sur  sa  generosite,  sur  les  habi- 
tudes du  temps.  Sans  doute,  des  sommes  immenses 
furent  englouties  pour  des  acquisitions  de  pierres  pre- 
cieuses, de  matieres  d'or  et  d'argent  artistement  travail- 
lees.  Mais  c'etait  une  obligation,  imposee  par  un  rang 
illustre,  que  d'offrir  periodiquement  aux  etrennes,  a 
Tissue  des  grandes  receptions,  ou  a  I'occasion  des  cere- 
monies oflicielles,  de  somptueux  presents.  Tous  les 
comptcs  de  Tepoque,  ceux  de  Charles  V  et  de  Char- 
les VI,  comme  ceux  des  dues  de  Bourgogne  et  du  due 
de  Berry,  temoignent  de  I'importance  de  ces  cadeaux, 
dont  les  seigneurs  ayant  le  souci  de  leur  dignitc  et  de 
leur  reputation  n'auraient  pas  ose  se  dispenser.  Le  nouvel 
an  surtout  etait  le  pretexte  de  liberalites  periodiques  :  sur 
trois  cent  cinquante  objets  de  nature  diverse,  offerts  au 
due  de  Berry  par  des  person nages  de  toute  condition, 
cent  soixante-dix-sept  joyaux  et  vingt-quatre  manuscrits 
entrerent  dans  le  tresor  de  Bourges  a  I'oecasion  des 
etrennes,  dans  I'espaee  d'une  quinzaine  d'annees,  dei4oi 
a  141 6.  On  connaissait  le  gout  du  prince  pour  les  objets 
d'art  et  les  euriosites  de  toute  nature,  et  chacuns'empres- 
sait  de  gagner  ses  bonnes  graces  en  flattant  sa  passion. 
La  politique  ou  les  simples  convenances  imposaient  au 
due  de  Berry  le  devoir  de  ne  pas  se  montrer  moins  gene- 
reux.  Aussi,les  notes  marginales  ajoutees  au  compte  de 
Robinet  d'Etampes,  notes  destinees  dans  le  principe  a 
scrvir  de  deeharge  au  garde  des  joyaux,  constatent-cUes 


INTRODUCTION 


la  sortie  dc  deux  cent  trente-un  articles  distribues,  de  1401 
a  1416,  au  roi  Charles  VI,  aux  personnes  de  la  famille 
royale,  aux  familiers  et  aux  officiers  de  la  maison  ducale, 
ou  encore  a  des  princes  etrangers.  Ces  memes  notes,  qui 
racontent  en  quelque  sorte  I'histoire  abregee  de  ces 
fameuses  collections,  temoignent  qu'aux  deux  cent  trente- 
un  articles  offerts  en  present,  il  faut  en  joindre  treize 
autres  perdus  ou  voles,  deux  restitues  aux  chapitres  de 
Chartres  et  de  Saint-Denis  qui  en  reclamerent  la  pro- 
priete  apres  la  mort  du  prince,  et  une  soixantaine  envi- 
ron qui  furent  alienes  immediatement  apres  le  16  juin 
141(3,  au  prix  de  6933  livres  tournois,  pour  subvenir  aux 
depenses  urgentes  de  la  succession.  Encore  n'avons-nous 
pas  compris  dans  ces  chiffres  les  objets  legues  aux  deux 
fiUes  du  Due  ou  a  elles  attribues  en  acquit  de  leur  dot. 
Les  details  dans  lesquels  on  vient  d'entrer  prouveut 
suffisamment,  croyons-nous,  qu'il  existe  peu  d'inven- 
taires  aussi  riches  en  renseignements  de  toutes  sortes 
que  le  compte  de  Robinet  d'Etampes,  et  etablissent  du 
meme  coup  la  necessite  d'en  faire  connaitre  le  texte 
complet. 
invcntaire         Arrivous  maiutcnant  au  dernier  inventaire,  conserve 

dc  1416.  . 

aujourd'hui  a  la  bibliotheque  Sainte-Genevieve. 

Ce  volume  renferme  le  compte  de  Jean  Lebourne, 
secretaire  et  controleur  de  la  depense  de  Thotel  du  due 
de  Berry,  charge,  apres  la  mort  de  son  maitre,  de  veiller 
au  reglement  des  dettes,  a  I'execution  du  testament  et 
aux  depenses  funeraires.  Le  compte  se  divise  done  en 
deux  parties  distinctes  :  Recettes,  Depenses.  Bien  que 
la  seconde  contienne  d'instructifs  renseignements  sur 
la  maison  du  due  de  Berry,  sur  le  partage  de  ses  tresors, 
renseignements  dont  nous  avons  pris  bonne  note,  nous 
devions  nous  attachcr  specialement  a  la  premiere,  c'est- 
a-dire  a  I'enumeration  des  objets  precieux  constituant  la 
fortune  liquide  du  prince  au  moment  de  son  deces. 


INTRODUCTION  XI 

Tout  tn  rcstant  inferieur  aux  manuscrits  dcs  Archives 
etdela  Bibliotheque  nationale  sous  le  rapport  de la  correc- 
tion etdc  la  calligraphic,  celui  de  Sainte-Genevieve,  plus 
souvent  consulte  que  les  precedents  par  les  historiens, 
vient  utilement  les  completer.  II  debute  par  la  transcrip- 
tion du  testament  et  des  codicilles  du  defunt  et  par  la 
copied'un  certain  nombre  de  pieces  garantissant  la  regu- 
larite  des  operations.  En  suite,  commence  la  liste  des 
objets  recueillis  dans  les  differentes  residences  du  Due 
et  transferes  a  Paris.  Par  suite  de  sa  destination  spe- 
ciale,  cet  inventaire  renferme  un  element  qui  manque 
aux  autres.  Chaque  article  est  accompagne  d'une  esti- 
mation de  sa  valeur  venale.  Comme  on  connait  pour 
un  certain  nombre  de  joyaux  precieux  le  prix  d'acquisi- 
tion,  on  pent  constater  souvent  un  ecart  considerable 
entre  ce  chiffre  et  I'estimation  de  Jean  Lebourne.  Or, 
ce  dernier  parait  s'etre  tenu  a  des  evaluations  assez 
exactes,  et  la  vente  ulterieure  de  plusieurs  articles  prouve 
qu'il  s'est  rarement  trompe.  Notons  toutefois  que  la 
situation  de  la  France  en  141 6  etait  particulierement 
defavorable  pour  la  liquidation  d'une  succession  pareille. 
Assurc'ment,  des  objets  de  grand  prix,  acquis  depuis 
plusieurs  annees,  avaient  perdu  facilement  la  moitie  de 
leur  valeur  marchande,  ou  meme  davantage. 

Comme  nous  I'avons  fait  pour  Timpression  de  I'inven- 
taire  B,  nous  avons  remplace,  dans  Tinventaire  de 
Sainte-Genevieve,  les  articles  deja  decrits  dans  le  regis- 
tre  des  Archives  par  des  renvois  aux  numeros  de  ce 
registre.  L'inventaire  de  141 6  fournit  toutefois  environ 
quatre  cent  quarante  articles  entierement  nouveaux, 
consistant  surtout  en  tapisseries,  linge,  vetements,  pier- 
res  precieuses,  reliques  et  autres  objets  de  faible  valeur. 
Le  nombre  des  joyaux  de  prix  non  mentionnes  sur  les 
listes  anterieures  est  fort  restreint.  La  serie  de  beaucoup 
la  plus  remarquable  est  celle  des  tapisseries.  Comme  les 


INTRODUCTION 


tentures  historiees  etaient  confiees  aux  soins  d'lm  servi- 
tcLir  autre  que  le  garde  des  joyaux,  elles  ne  pouvaient  se 
rencontrer  avec  les  precedentes  enumerations  de  pier- 
res  precieuses  et  d'orfevrerie.  L'inventaire  de  Sainte- 
Genevieve  est  done  le  seul  ou  soient  decrites  les  tapisse- 
ries,  les  chambres  d'etoffe  et  aussi  les  robes  du  prince. 
Pour  le  meme  motif,  le  linge  ne  parait  que  sur  le  compte 
de  Jean  Lebourne.  Les  autres  articles  n'ont  qu'un  faible 
interet.  A  la  suite  de  chacun  d'eux,  on  a  soigneusement 
conserve  le  chiffre  de  Testimation,  deja  porte  en  note 
de  l'inventaire  A.  Cette  repetition  a  paru  necessairc  pour 
permettre  d'etablir  la  valeur  exacte  de  la  collection  du- 
cale  au  moment  de  sa  dispersion. 

On  ne  pouvait  songer  a  reproduire  intc'gralemcnt  la 
seconde  partie  du  registre,  consacree  a  la  dcpense, 
au  compte  des  obseques  et  funerailles,  aux  liberalites 
distribuees,  suivant  I'usage,  entre  les  oificiers  de  la  mai- 
son  du  defunt,  et  a  la  delivrance  des  legs  inscrits  dans  le 
testament.  Toutefois,  ces  longs  developpements  ont  ete 
sommairement  resumes.  Tous  les  passages  concernant 
I'attribution  de  quelque  objet  de  la  succession  sont  con- 
serves. La  repartition  des  biens  mobiliers  entre  la  du- 
chesse  de  Bourbonnais  et  la  comtesse  d'Armagnac  avait 
ete  soigneusement  consignee  par  Lebourne  dans  la  rela- 
tion des  operations.  La  liste  des  objets  revendiques  par 
les  deux  princesses  occupe  de  longues  pages,  ou  cha- 
que  article  vise  se  trouve  reproduit  en  enticr;  ce  qui 
nous  a  permis  d'inscrire,  a  la  suite  des  articles  de 
l'inventaire,  le  nom  de  la  pcrsonne  a  laquelle  il  etait 
attribue.  On  trouvera  enfin,  a  la  page  294  et  suivantes, 
la  liste  complete  des  numeros  de  tous  les  objets  remis 
aux  Hlles,  a  la  veuve  du  Due,  a  ses  differents  legataircs  ou 
a  d'autres  personnages  qui  userent  d'artifices  plus  ou 
moins  ingenieux  pour  se  procurer  la  part  convoitee  de 
cette  opulente  succession. 


INTRODUCTION  XIII 

Quant  aux  pieces  d'orfevrerie,  aux  joyaux  de  prix 
qui  n'avaient  pas  ete  revendiques  par  les  heritiers  ou 
n'avaient  pas  recu  une  attribution  speciale,  on  serait 
tente  de  croire  qu'ils  servirent  a  desinteresser  les  crean- 
ciers.  II  n'en  fut  rien.  D'un  compte  original,  portant  la 
date  de  141 7,  il  resulte  que  le  roi  de  France  ou  ses  reprc- 
sentants  s'emparerent  de  presque  toutes  les  matieres 
precieuses  provenant  de  I'oncle  de  Charles  VI,  pour  les 
convertir  en  bonnes  especes  d'or  et  d'argent  et  les 
employer  au  payement  des  hommes  d'armes  qu'on  enro- 
lait  alors  contre  les  Anglais  (i). 

Les  divers  inventaires  reunis  dans  la  presente  publi- 
cation apportent  done  chacun  leur  contingent  utile  a 
la  liste  des  tresors  amasses  par  le  plus  fameux  collection- 
neur  du  moyen  age. 

A  la  suite  des  inventaires,  nous  avons  reuni  quelques 
documents  tires  de  sources  differentes  et  fournissant  un 
complement  d'informations  a  I'objet  de  la  presente  etude. 
C'est  d'abord  une  liste  de  manuscrits  non  inventories  et 
dont  les  patientes  recherches  de  M.  Leopold  Delisle  ont 
permis  de  determiner  la  provenance.  Viennent  ensuite 
divers  extraits  et  fragments  de  comptes  relatifs  a  des 
acquisitions  de  joyaux  ou  de  manuscrits.  Le  volume  se 
termine  par  un  certain  nombre  de  passages  du  manu- 
scrit  de  141 7  dont  nous  parlions  plus  haut,  passages 
relatifs  a  certains  joyaux  legues  au  roi  de  France  ou  res- 
titues  aux  heritiers  de  Jean  de  Montaigu. 

Apres  un  depouillement  minutieux  de  la  plupart  des 
comptes  du  due  de  Berry,  il  nous  eiit  ete  facile  de  multi- 
plier ces  extraits.  La  crainte  d'allonger  outre  mesure  la 
presente  publication  nous  a  conduit  a  restreindre  les 
citations.  Cependant,  les  inventaires  et  les  comptes  se 


(i)  Voyez  le  ins.  fr.  6747  a  la  Bibliothequc  Nationale  et  la  lin  de  notre 
2"  volume,  p.  33(j-'i44. 


XIV  INTRODUCTION 


complctent  mutuellement.  Bicn  des  points  obscurs  de- 
vront  au  rapprochement  de  ces  sources  diverses  une 
lumiere  inattendue.  Nous  allons  essayer  de  montrer,  a 
I'aide  d'articles  tires  de  la  comptabilite  que  nous  avons 
depouillee  en  vue  de  ce  travail,  la  precieuse  contribution 
que  fournirait  a  I'histoire  des  moeurs,  du  costume,  des 
industries  somptuaires,  et  meme  au  recit  des  faits  poli- 
tiques  ou  militaires,  I'etude  attentive  des  registres  oii 
les  tresoriers  des  grands  personnages  inscrivaient,  mois 
par  mois,  leurs  recettes  et  leurs  depenses. 
\iufdc^Dcrrr"  L'exauicn  des  comptes  encore  existants  du  due  de 
Berry  fournit  une  preuve  categorique  de  I'exactitude  de 
ce  qu'on  vient  d'avancer. 

A  part  un  certain  nombre  de  fragments  epars  dans 
divers  recueils  du  Cabinet  des  manuscrits,  les  details 
rapportes  ici  proviennent  de  huit  registres  conserves  aux 
Archives  nationales;  en  voici  la  liste  chronologique  : 

iSyo-iSyS  :  Comptes  d'Etienne  Valee,  maitre  de  la 
chambre  aux  deniers  (KK  2  5  i) ; 

■    I  374-1  378  :  Comptes  de  Nicolas  Mangin,  maitre  de  la 
chambre  aux  deniers  (KK  262) ; 

Novembre  i  397-fevrier  1399  :  Comptes  de  Philippon 
de  Veauce  et  de  Jean  de  Ruilly,  successivement  maitres 
de  la  chambre  aux  deniers  (KK  253); 

Mars  I  399-septembre  1401  :  Comptes  de  Jean  Her- 
mant,  maitre  de  la  chambre  aux  deniers  (KK  254); 

141  3-1 41 4  :  Compte  de  la  tresorerie  du  due  de  Berry 
tenu  par  Mace  Heron,  tresorier  general  du  Due  (KK 
25o); 

I  382-1  387  :  Comptes  des  batiments  du  due  de  Berry, 
tenus  par  Jean  de  Saingnon,  payeur  des  a^uvres  et 
salaires  des  journees  (KK  255-257). 

En  dehors  de  ces  volumes  bien  connus  et  souvent 
consultes,  on  rencontre  des  debris  de  nos  comptes  un 
peu  partout;  chaque  jour  en  fait  decouvrir  de  nouveaux. 


INTRODUCTION  XV 

Sans  sortir  dc  notrc  grand  depot  central,  certain  feuillet 
detache  vient  d'etre  signale  dans  la  reliure  d'un  inven- 
taire  des  joyaux  du  metier  des  orfevres  parisiens.  Les 
mentions  qu'il  contient  sont,  il  est  vrai,  d'un  faible 
interet  (i).  D'autres  feuillets  detaches  ont  ete  recueillis 
a  la  Bibliotheque  Nationale;  ils  presentent  sur  les  acqui- 
sitions de  joyaux  des  indications  precises,  reproduites 
dans  notre  Appendice.  Les  quittances  enfin  donnent  sur 
les  achats  faits  par  le  prince  ou  pour  lui  des  details  utiles 
anoter;  telle  est  celle  ou  il  est  fait  mention  d'un  por- 
tepaix  d'or  dont  ne  parlent  pas  les  Inventaires  (2). 
Des  recherches  nouvelles  augmenteraient  sans  doute 
cette  serie;  mais  on  comprendra  que  nous  n'ayons  pu 
etendre  bien  loin  nos  investigations  dans  ce  sens  et  que 
nous  nous  soyons  borne  a  recueillir  le  resultat  de  trou- 
vailles deja  signalees. 

Enfin,  si,  depuis  leur  incendie,  les  Archives  de  Bour- 
ges  ne  peuvent  promettre  une  abondante  recolte  aux 
chercheurs,  d'autres  depots  provinciaux  serviront  peu  a 
peu  a  combler  les  lacunes  des  collections  parisiennes. 
Tout  recemment,  la  publication  du  registre  de  Barthe-  Re^istre 
lemi  de  Noces  (j),  serviteur  du  due  de  Berr}^  registre  dc  noccs. 
conserve  dans  les  Archives  municipales  de  Clermont-Fer- 
rand, vient  d'apporter  de  nouvelles  lumieres  sur  une 
periode  bien  anterieure  a  la  redaction  des  Inventaires. 
Ce  registre  nous  apprend  qu'en  i  SyS,  le  tapissier  Colin 
ou  Nicolas  Bataille,  Tauteur  de  la  precieuse  tenture  de 
I'Apocalypse  d'Angers,  se  trouvait  en  relations  assidues 

(i)  Archives  Nationalcs  T  *  1490  6.  Ces  feuillets  d'un  compte  de  1414 
ne  mentionnent  que  des  payements  faits  a  des  chevauchcurs.  L'invcn- 
laire  des  orfevres  portant  la  date  de  1427,  la  destruction  du  registre  de 
depenses  du  Due  remontait  done  au  premier  quart  du  xv"  siecle. 

(2)  Donne  en  1394  par  le  due  d'Orlcans  a  son  oncle.  (Voy.  tome  II, 
p.  328.) 

(3)  Bibliothdque  de  VEcole  des  Chartes,  1891,  tome  LII,  p.  220-258  et 
517-572.  La  publication  de  cc  texte  est  due  a  M.  E.  Teilhard  de  Chardin. 


XVI  INTRODUCTION 

avcc  Icduc  Jean.  Le  nom  de  Bataille  ne  s'ctait  pas  jus- 
qu'ici  rencontre  dans  les  documents  emanant  dela  chan- 
cellerie  ducale. 

Des  artistes  ct  des  marchands,  Sandre  le  brodeur, 
Hennequin,  Torfevre  du  Roi,  Simon  de  Dammartin  (i), 
changeur  a  Paris,  Denis  Raponde,  marchand  de  Luc- 
ques,  dont  les  noms  se  retrouvent  ailleurs,  d'autres  en- 
core, paraissent  a  divers  titres  dans  le  registre  de  Bar- 
thelemi  de  Noces.  II  contient  encore  des  listes  de  joyaux 
et  de  pieces  d'orfevrerie  mis  en  gage  chez  une  juive,  et 
chez  un  marchand  florentin,  nomme  Bernart  Chinon, 
pour  le  comptc  du  due  Jean.  Dans  une  enumeration  de 
vaisselle  vendue  par  Simon  de  Dammartin,  figure  un 
hanap  d'or  surmonte  du  cygne,  si  souvent  reproduit, 
comme  motif  de  decoration,  sur  les  joyaux  et  les  ma- 
nuscrits  du  prince. 

En  somme,  cette  compilation  rcnferme  nombre  de 
mentions  curieuses  dont  il  n'est  pas  question  dans  les 
autres  textes  de  la  meme  epoque. 
Esquisse  Avant  d'entreprendre  I'examen  detaille  des  matieres 

reunies  dans  les  inventaires  que  nous  venons  de  decrire, 
il  importe  de  rappeler  sommairement  les  principaux 
faits  de  la  carriere  du  prince  qui  nous  occupe.  Cette 
esquisse  biographique  n'est  pas  superfine  pour  I'intelli- 
gence  des  details  qui  viendront  par  la  suite. 

Le  due  de  Berry  naquit  au  chateau  de  Vincennes  le 
3o  novembre  1 840,  et  mourut  a  Paris,  en  I'hotel  de  Nesle, 
le  1 5  juin  141 6,  apres  avoir  connu,  pendant  cette  longue 
existence  de  soixante-seize  ans  et  demi ,  toutes  les 
vicissitudes  de  la  fortune.  En  effet,  il  passa  sa  premiere 
jeunesse  avec  les  combattants  de  Grecy,  et  il  eut  le 
malheur  de  prolonger  assez  sa  vie  pour  que  les  echos 

(i)  Peut-etre  le  tils  du  Jean  de  Dammartin,  orfevre  du  due  de  Berry, 
tuc  vers  i364  par  Jamin  Beguin  ct  ses  compagnons,  comme  on  le  verra 
plus  loin. 


biographique. 


INTRODUCTION  XVII 

funcbrcs  du  desastre  d'Azincourt  vinsscnt  desoler  ses 
derniers  jours. 

Quand  il  naquit,  la  cour  de  France  prcsentait  I'aspect 
le  plus  brillant.  La  galanterie  etait  a  I'ordre  du  jour. 
Veuf  de  Jeanne  de  Bourgogne,  Philippe  VI  epousait, 
en  1 349,  Blanche,  fille  de  Philippe,  comte  d'Evreux,  et 
de  Jeanne  de  Navarre,  princesse  agee  de  dix-sept  ans  a 
peine,  et  une  des  plus  belles  femmes  de  son  temps,  assu- 
rent  les  chroniqueurs.  Jeanne  d'Evreux  ne  mourut  qu'en 
1398,  et  on  salt  par  des  temoignages  formels  que  les 
relations  les  plus  affectueuses  ne  cesserent  de  regner 
entre  le  due  de  Berry  et  sa  grand'mere  jusqu'a  la  der- 
niere  heure  (i). 

Le  roi  Jean  atteignait  a  peine  sa  trente-unieme  annee 
quand  ilmonta  sur  le  trone,  et  deja  Bonne  de  Luxem- 
bourg, sa  femme,  qu'il  avait  epouseedans  sa  premiere  jeu- 
nesse,  lui  avait  donnequatre  fils  et  cinq  filles.  L'aine  de 
tous,  qui  fut  le  grand  roi  Charles  V,  etait  ne  a  Vincennes 
le  21  Janvier  i337,  alors  que  son  pere  n'avait  pas  encore 
atteint  I'age  de  dix-huit  ans.  Les  naissances  se  succe- 
dent  ensuite  a  des  intervalles  rapproches  :  Louis,  plus 
tard  ducd'Anjou,  vient  au  monde  a  Vincennes  le  23  juil- 
let  1339;  Jean  est,  comme  on  I'a  vu,  du  3o  novem- 
bre  1340;  le  futur  due  de  Bourgogne,  Philippe,  nait  a 
Pontoise  le  i5  Janvier  1342.  Lapauvre  Bonne  de  Luxem- 
bourg succombait  en  1349,  d'epuisement  sans  doute ; 
elle  etait  remplacee,  la  meme  annee,  par  Jeanne,  fille  du 
comte  de  Boulogne  et  de  Marguerite  d'Evreux.  Ces  cir- 
con stances  ne  sont  pas  etrangeres,  comme  on  serait 
peut-etre  tente  de  le  croire,  au  sujet  qui  nous  occupe.  II 
resulte,  en  effet,  de  ces  rapprochements  que  les  premieres 


(i)  Le  12  mai  iSgS,  le  due  de  Berry  fait  payer  une  certaine  somme  a 
Perrinet  Le  Picart,  chevaucheur,  pour  aller  de  Paris  a  Neautie  porter  des 
lettres  a  la  reine  Blanche.  (xVrch.  Nat.  KK  253,  fol.  62;.  Cette  princesse 
mourut  le  5  octobre  1 398. 

b 


XVIII  INTROnrCTION 

annees  du  due  de  Berry,  ces  annees  dont  les  impres- 
sions si  vives  exercent  une  influence  inelTacable  sur  les 
gouts  de  toute  la  vie, s'ecoulerent  dans  une  cour  elegante, 
amie  du  luxe,  toute  occupec  de  fetes  et  de  galanterie, 
et  dirigee  dans  cette  voie  par  des  princesses  dans  tout 
I'eclat  de  la  jeunessc  et  de  la  beaute. 

Nous  voyons  encore  dans  I'entourage  du  souverain 
Jeanne  d'Evreux,  la  veuve  de  Charles  IV,  fille  d'un  de 
ces  comtes  d'Evreux  dont  la  puissante  maison  eut  a  ce 
moment  le  privilege  de  fournir  trois  reines  a  la  France. 
Marguerite,  fille  du  roi  Philippe  V,  mariee  au  comte  de 
Flandre  et  mere  de  Louis  le  Male,   contribuait  aussi, 
avec  la  fille  de  Charles  IV,  epouse  de  Philippe  d'Orleans 
et  quine  mourut  qu'en  i362,  a  I'ornement  de  cette  cour, 
la  plus  policee  et  la  plus  brillante  de  I'Europe.  Enfin,  les 
cinq  filles  du  roi  Jean  melaient  les  graces  feminines  aux 
jeux  turbulents  des  jeunes  princes.  Dans  un  semblable 
milieu,  il  n'est  pas  etonnant  que  le  futur  due  de  Berry 
ait  contracte  de  bonne  heure  des  gouts  d'elegance  raffi- 
nee.  La  branche  des  Valois,  on  Ta  remarquc  souvent,  a 
toujours    manifeste   une    passion    singuliere    pour    les 
productions  de  I'intelligence  et  de  I'art.  Pas  un  prince 
de  cette  dynastie  n'echappe   a  cette   loi    generale.    Le 
roi  Jean  lui-meme,    bien  qu'il  ait   merite   par  les  fai- 
blesses  et    les  desastres    de    ses    dernieres  annees    les 
justes  severites  de  I'histoire,  parait  avoir  porte  au  plus 
haut  degre  I'amour  de   I'art  et  du   luxe.   Sa  predilec- 
tion pour  tons   les    souvenirs   et  toutes   les    pratiques 
de   Tancienne   chevalerie   est  bien    connue.    Ne   posse- 
dons-nous  pas  de  lui  un  portrait  contemporain,  d'une 
intensite  de  vie  extraordinaire,  pour  temoigner,  sinon 
de    la  beaute   plastique    de    ses    traits,    du    moins    de 
son  gout  prononce  pour  la  peinture?  J'ai  essaye  jadis 
de  demontrer  que,  si  le   sort  des  armes  lui  avait   ete 
contraire,  il  avait  su  faire  preuve  dans  sa  jcunesse  d'un 


INTRODUCTION  XIX 


reel  talent  de  diplomate  (i).  Comment  un  homme  vul- 
gaire  eut-il  pu  donner  le  jour  a  quatre  fils  aussi  remar- 
quablcs,  aussi  bien  doues  que  le  roi  Charles  V,  le  due 
d'Anjou,  le  due  dc  Berry  et  le  due  de  Bourgogne  ?  Un 
jeune  erudit  nous  promet  une  etude  detaillee  sur  le  due 
de  Berry  (2).  En  attendant  le  resultat  de  ses  reeherehes, 
nous  pouvons  affirmer  que  les  vingt  premieres  annees  du 
jeune  prinee  s'eeoulerent  dans  le  milieu  le  plus  propre  a 
developper  les  inelinations  d'un  esprit  naturellement 
ouvert  a  toutes  les  manifestations  de  I'art. 

Sur  I'enfanee  et  la  ieunesse  du  frere  eadet  de  Char-  Jeunesse 
les  V,  les  doeuments  precis  font  defaut.  II  assistait  a  la  due  dc  Berry. 
bataille  de  Poitiers  sous  la  eonduite  de  son  frere  aine, 
et  laeha  pied  avee  ses  compagnons  des  le  debut  de  I'ae- 
tion.  Mais  pourquoi  eonfier  a  des  jeunes  gens  sans  expe- 
rience une  aussi  lourde  responsabilite?  On  oppose  quel- 
quefois  I'attitude  timide  de  Charles  et  de  Jean  (3)  a  la 
bravoure  intrepide  de  leur  frere  Philippe.  Pure  ques- 
tion de  temperament  peut-etre.  Le  fils  aine  du  roi  Jean 
n'etait  pas  ne  pour  les  longues  ehevauchees  et  les  grands 
coups  d'epee;  or,  le  caractere  de  son  frere  presentait  avec 
le  sien  de  frappantes  analogies,  Meme  penchant  pour  les 
joies  calmes  de  I'interieur;  meme  passion  pour  les  beaux 
livres,  pour  les  riches  orfevreries,  pour  les  joyaux  de 
grand  prix;  meme  aptitude  aux  negoeiations  epineuses. 
A  d'autres  le  eommandement  des  armees,  les  surprises 
nocturnes,  les  marches  forcees.   Telle  est  la  meilleure 

(i)  Voyez  notrc  Histoire  de  la  Reunion  du  Dauphine  a  la  France,  Paris, 
1868,  in-8°. 

(2)  M.  G.  Lcdos  a  presentc  en  1888,  a  I'Ecole  des  Chartes,  une  these 
sur  la  jeunesse  du  due  de  Berry.  Ce  travail  est  encore  inedit ;  nous  n'en 
connaissons  done  que  I'esprit  general. 

(3)  Gepcndant  le  Pere  Anselmc  dit  de  notre  prince  :  «  II  se  trouva  a  la 
bataille  de  Poitiers  ou  il  se  comporta  gcncreusement  » (tome  I,  p.  106). 
Mais  la  banalite  de  cet  cloge  le  rend  suspect.  II  aurait  besoin  d'etre  con- 
tirme  par  des  textes  contcmporains. 


XX  INTRODUCTION 

excuse  de  la  conduite  des  jcunes  princes  dans  la  rencontre 
funeste  de  Poitiers. 

Ce  desastre  eut  une  inliuence  directe  sur  les  destinees 
du  frere  cadet  de  Charles  V.  II  portait  jusque-la  le  titre 
de  comte  de  Poitiers  et  de  Macon.  Le  comte  de  Poitiers 
devait  former  son  apanage  ;  mais  le  traite  de  Bretign}^ 
ayant  fait  passer  cettc  province  sous  la  domination  an- 
glaise,  il  fallut  bien  chercher  une  compensation  pour  le 
prince  depossede.  Des  i359,  avant  meme  la  conclusion 
du  traite,  le  roi  I'avait  investi  de  la  lieutenance  du  Lan- 
guedoc.  Par  suite  de  cette  mission,  il  se  trouva  en  rela- 
tions avec  la  haute  noblesse  du  Midi,  et,  le  24  juin  iSdo, 
il  epousait,  a  Carcassonne,  Jeanne,  fille  de  Jean  P'"  d'Ar- 
magnac  (i)  et  de  Beatrix  de  Clermont,  alliance  qui 
devait  avoir  une  portee  considerable  sur  la  politique 
du  prince  pendant  tout  le  reste  de  sa  vie.  La  meme  annee, 
en  echange  du  comte  de  Poitiers  abandonne  aux  Anglais, 
il  recevait  en  apanage  le  duche  de  Berry  et  le  comte 
d'Auvergne.  C'est  sous  le  titre  de  due  de  Berry  qu'il 
sera  designe  desormais  dans  les  actes  de  sa  vie  publique 
et  qu'il  est  connu  dans  Thistoire  (2). 

A  ce  moment  s'arrete  la  premiere  periode  de  sa  car- 
riere.  Quoiqu'age  de  vingt  ans  a  peine,  le  due  de  Berry, 
allie  par  son  mariage  a  une  des  plus  grandes  families  du 
midi,  disposant  a  son  gre  des  vastes  ressources  d'une 
des  plus  riches  provinces  de  France,  est  un  personnagc 
considerable  dans  le  royaume.  Nous  allons  le  voir,  apres 
le  couronnement  de  son  frere,  prendre  dans  le  conseil 
et  aussi  dans  les  combats  une  part  active  au  relevement 
du  pays. 

(i)  Le  contrat  de  mariage  est  conserve  aux  Archives  Nationales 
J.  186  B,  n"  82,  83.  Le  comte  d'Armagnacdonnait,  ou  du  moins  promet- 
taita  sa  fille  une  dot  de  cent  niille  florins  d'or. 

(2)  Voyez  le  resume  des  lettres-patentes  portant  cession  du  Berr)-  dans 
Raynal,  Histoire du  Berry,  t.  Ill,  p.  377. 


INTRODUCTION  XXI 

Tout  d'abord,  il  dut  partir  pour  I'exil.  En  rcndant  la      Dcxicmc 
liberte  au  roi  Jean,  le  traitc  de  Bretign}'  avait  specifie '"'""";v!f ''^'"'^ 
que  deux  de  ses  fils  seraient  remis  comme  otages  aux    '     ""   '"■'" 
Anglais,  jusqu'a  I'entiere  execution  des  conventions.  La 
captivite  semble  n'avoir  pas  ete  bien  dure  au  jeune  prince. 
A  peine  rendu  en  Angleterre  depuis  quelques  mois,  un 
sauf-conduit  d'Edouard  III  I'autorise  a  repasser  le  de- 
troit.  II  part  le  6  mai  i36i,  sous  condition  de  se  consti- 
tuer   a    nouveau    prisonnier  avant   le  i5    aout.  On  le 
retrouve  en  France  au  mois  d'avril  de  I'annee  suivante. 
Un  arrangement  du  mois  de  novembre  i362  avait  permis 
aux  otages  de  rentrer  dans  leur  pays. 

Toutefois,  en  avril  1364,  notre  prince  etait  de  nouveau 
prisonnier,  car  son  frere  lui  envo3'ait  un  message  en 
Angleterre  (i).  II  habitait  done  encore  Londres  quand 
son  pere,  apres  avoir  regagne  sa  prison  par  un  scrupule, 
excessif  peut-etre,  de  loyaute  chevaleresque,  venait  a 
mourir  dans  cette  ville,  le  8  avril.  En  cette  circonstance, 
le  jeune  frere  de  Charles  V  etait  tout  designe  comme 
rintermediaire  naturel  entre  le  nouveau  roi  de  France 
et  les  Anglais. 

Le  21  septembre,  le  due  Jean  n'est  pas  encore  de 
retour  en  France,  car  a  ce  moment,  le  Roi  lui  alloue  la 
somme  de  cinq  cents  francs  d'or  par  mois  «  pour  qu'il 
puisse  honorablement  avoir  et  soustenir  son  estat  oudit 
ostage  »  en  Angleterre  (2). 

Enfin,  en  Janvier  i365,  nous  le  trouvons  installe  a 
la  cour  de  Charles  V.  II  recoit  de  son  frere,  al'occasion 
des  etrennes,  quatre  coursiers  avec  quatre  selles  d'unc 
valeur  de  600  francs  d'or  (3).  A  partir  de  ce  moment  les 
dons  royaux  vont  chaque  jour  se  multiplier.  Une  rente 
de  mille  francs   d'or   par  mois  est  assignee  au  prince 

(()  L.  Delisle,  Mandcments  de  Charles  V,  n"  2  19  avril  1364. 
{2)  Ibid.,  irSS. 
(3)  Ibid.,  n°  i63. 


INTRODUCTION 


«  pour  son  cstat  mieux  soustenir  (i)  »,  sans  compter  les 
dons  particuliers  que  le  Due  obtient  frequemnient  de  la 
generosite  de   Charles.   Un  jour,  c'est   une   rente  via- 
gere  de  4000  livres  sur  le  comte  et  la  ville  de  Macon 
(4  fevrier  1367);  peu  apres,  s'y  joint  I'abandon  des  aides 
du  comte  de  Clermont  (i3  fevrier),  enfin  la  cession  pour 
une  annee  des  aides  des  dioceses  de  Bourges,  Clermont, 
Saint-Flour  et  Macon.  Un  peu  plus  tard,  quand  le  Due 
prendra  une  part  active  aux  operations  militaires  contre 
les  Anglais,  son  frere  ne  lui  menagera  pas  les  subsides.  Le 
14  octobre  1369,  Charles  ordonne  de  lui  compter  2000 
livres  tournois  par  mois  «  pour  soustenir  les  frais  de  la 
guerre  (2)  ».  Le  25  aout  1372,  le  Due  recoit  d'un  seul 
coup    12000  francs  d'or  en  dedommagement   des  frais 
supportes  par  lui    pour  la  prise    de    Saint-Severe,   de 
Chauvigni,    de   Poitiers  et  autres    lieux    (3).   Nouvelle 
indemnite  de  8000  livres  tournois,  payee  le  6  avril  i373, 
pour  les  depenses  du  siege  de  La  Souterraine  (4). 

Ces  largesses  ineessantes  pourraient  surprendre  si 
Ton  ne  savait  que  le  regne  de  Charles  V  fut  pour  la 
France  une  periode  de  reparation  et  une  ere  de  pros- 
perite.  Quand  on  suppute  les  tresors  amasses  par  le  Roi 
et  par  ses  freres  en  pleine  guerre  contre  les  Anglais, 
au  lendemain  des  lourds  sacrifices  exiges  par  la  rancon 
du  roi  Jean,  on  a  peine  a  expliquer  une  pareille  pros- 
perity dans  d'aussi  tristes  eirconstanees.  Jamais,  dans 
tout  le  cours  du  moyen  age,  le  pouvoir  de  I'argent  ne 
tomba  aussi  bas  que  dans  la  sceonde  moitie  du  qua- 
torzieme  siecle.  Cette  remarque  souvent  faite  et  re- 
cemment    confirmee    par  les   observations    d  un    eco- 


(1)  L.  DeVis,\e,  Mandements  de  Charles  V,  n"  174. 

(2)  Ibid.,  n°  5g2. 

(3)  Ibid.,  n°  gi  I. 

(4)  Ibid.,  n°96o. 


INTRODUCTION 


nomiste  distingue  (i),  prouve  que  la  fortune  de  la 
France  n'avait  pas  ete  profondement  entamee  par  les 
defaites  dc  Crecy  et  de  Poitiers.  Son  prestige  militaire 


(i)  La  fortune  mobilidre  dans  Vhistoire  :  I,  Le  pouvoir  de  I'argent  par 
M.  le  vicomte  d'Avencl.  {Revue  des  Deux  Mondes,  i5  avril  1892,  p.  834 
ct  839.)  Voici  comment  I'auteur  parle    du  pouvoir  de  I'argent  a  I'epo- 
que  qui  nous  occupe  :  «  Quatre  fois  et  demie  plus  fort  que  de  nos  jours 
dans  le  premier  quart  du  xiii"  siecle,  il  diminue  graduellement  a  quatre 
jusqu'a  Philippe  le  Bel,  puis  a  trois  et  demi  sous  les  dcrniers  Capetiens 
et  en    iSSi-iSyS    a  trois   fois  seulement  ce  qu'il   est   aujourd'hui...  Un 
memoire  de  iSyS  s'occupe  de  I'abaisssement  de  la  valeur  de  I'argent  et 
de  I'elevation  du  prix  des  denrees.  »  Aussi  plus  loin  I'historien  pose-t-il 
cette  question  :  a  L'histoire  aurait-elle  exagcre  ?  Ferait-elle  dater  a  tort 
du   milieu   du  xiv   siecle  I'ere   desastreuse    qui  ne  devait   commencer 
qu'avec  le  xv°  siecle  ?  »  Peut-etre  un  facteur  dont  il  n'est  pas  assez  tenu 
comptc  dans  cette  etude  a-t-il  exerce  une  influence  immediate  sur   ccs 
rapides  alternatives  de  prosperite  et  de  ruine.  La  circulation  monetairc 
etant  infiniment  plus  restreinlea  cette  epoque  que  de  nos  jours,  lorsqu'un 
cvenement   imprevu,  un   dcsastre  comme  Crecy  ou  Poitiers  creait  ino- 
pinement  de  grands   besoins  d'argent  monnaye  pour  la  solde  des   gens 
d'armes  ou  la  ran^on  du  Roi,  la  penurie  du  tresor  royal  devait  absorber 
subitement  tous    les    capitaux   disponibles,  ceux  du  moins   qui  ne   se 
cachaient  pas.   De  la,  disette  momentanee  ;  mais  la  prosperite  publique 
ne  se  trouvait  pas  par  la  profondement  atteinte.  II  suffisait  de  quelques 
annees  d'un  regne  reparateur  comme  celui  de  Charles  V  pour  regagner 
tout  ce  qui  avait  etc  perdu  et  au  dela.  Les  somptueux  tresors  d'orfevrerie 
et  les  joyaux  de  toutes  sortes  amasses  par  le  Roi  et  ses  freres  dans  une 
assez  courte  periode  fournissent  le  meilleur  temoignage  de  cet  accroisse- 
ment  prodigieux  de  la  richesse  publique.  C'est  un  fait  etabli  et  que  sem- 
ble  meconnaitre  M.  d'Avenel  quand  il  ecrit  (p.  840):  «  Un  fait  singulier, 
mais  appuye  de  nombrcux  temoignages,  c'est  que  la  quantite  d'argent  et 
d'or  consacree  aux  bijoux^  aux  meubles,  aux  usages  domestiques,  par  con- 
sequent retiree  de  la  circulation  monetaire,  est  beaucoup  plus  grande  au 
xV  siecle,   ou  I'argent   est  cher,  qu'au  xiv°  ou  I'argent  est  bon  marche. 
Les  particuliers   et   les  princes  du  xiv"  siecle  avaient  bien   moins  d'ar- 
gentcrie  que  ceux  du  xv".  »  II  nous  parait  y  avoir  la   une  errcur  mate- 
rielle.  Comment  un  auteur  si  bien  informe  a-t-il  pu  ignorer  que,  pour 
un  exemple  fourni  par  la  fin  du  xv°  siecle,  celui   de  Charles  le  Teme- 
raire,  on  en  citerait  dix,  vingt  autres  du  xiv",  detruisant  absolumcnt  I'as- 
sertion  contenue  dans  ce  passage.   D'ailleurs,  la  vaisselle   d'argent    de 
Jean  Sans  Peur,  non  plus  que  celle  dc  son   pere  n'etaicnt   mcsquines, 
comme  le  croit  M.  d'Avenel.    II   pourrait  s'cn  convaincrc  en  lisr.nt  les 
inventaires  de  ces  princes. 


XXIV  INTRODUCTION 

scul  futatteint;  mais  les  sources  dc  sa  prospcritc  n'ctai  cnt 
pas  taries,  et  on  peut  affirmer  que,  sans  les  troubles  et 
les  malheurs  du  regne  de  Charles  VI,  la  sage  adminis- 
tration de  Charles  V  eut  panse  toutes  les  blessures  de  la 
guerre  et  ramene  partout  I'abondance. 

Si  ce  prince,  au  milieu  dcs  guerres  incessantes  qu'il 
eut  a  soutenir,  put  amasser  le  magnifique  tresor  dont 
nous  possedons  I'inventaire  detaille,  si  ses  trois  freres, 
les  dues  d'Anjou,  de  Berry  et  de  Bourgogne,  parvinrent 
a  former  en  quelques  annees  les  immenses  collections 
de  joyaux  dont  la  description  nous  frappe  dY'tonnement, 
ce  fait  n'offre-t-il  pas  la  preuve  la  plus  peremptoire  de 
I'extreme  richesse  du  pays  et  de  ses  ressources  infinies? 
II  serait  difficile  en  effet  de  citer  dans  I'histoire  un  autre 
exemple  de  quatre  freres  reunissant  en  meme  temps, 
dans  le  meme  royaume,  des  tresors  comme  ceux  dont 
nous  possedons  les  inventaires.  Et  celui  du  due  de  Berry, 
on  ne  doit  pas  I'oublier,  n'occupait  pas  le  premier  rang ; 
a  peine  soutient-il  lacomparaison  avec  les  richesses  du 
due  de  Bourgogne. 

Toutefois,  pendant  toute  la  duree  du  regne  de  Char- 
les V,  les  gouts  de  son  frere  pour  les  merveilles  de  I'or- 
fevrerie  ou  de  I'enluminure  ne  semblent  pas  s'etre  encore 
donne  libre  carriere.  II  prend  une  part  directe,  souvent 
active,  a  la  lutte  contre  I'etranger.  On  possede  une  partie 
des  comptes  du  due  de  Berry  pour  toute   la  periode 
qui  s'etend  de   iSyo  a   1878;  or,  dans  ces  registres,  les 
depenses  somptuaires,  les  achats  de  bijoux  ou  de  joyaux 
tiennent  relativement  peu  de  place,  tandis  que  de  nom- 
breux  passages  attestent  I'interet  du  prince  pour  les  ope- 
rations militaires,  son  desir  de  seconder  les  efforts  des 
vaillants  capitaines  places  a  la  tete  des  troupes  royales. 
Roicmiutaire  Slgualous  uotaiiiment  les  frequents  messages  expedies 
duc/c"Bcnj.  a   Du  Guesclin,  a  Olivier  de  Clisson,  au  marechal  de 
Sancerre,  au  sire  de  Tancarville  et  aux  autres  generaux 


INTROnUCTION  XXV 

francais,  pour  Ics  tcnir  au  courant  des  fails  dc  guerre 
survenus  dans  le  Berry  ou  dans  les  provinces  voisines. 
De  1 375  a  1378,  nous  trouvons  la  mention  de  quinzc  a 
vingt  lettres  adressees  au  connetable  et  portees  par  des 
gens  a  la  solde  du  Due.  Quelques-uns,  mais  c'est  I'excep- 
tion,  font  le  chemin  a  pied  (i).  La  plupart  du  temps  le 
compte  est  muet  sur  I'objet  du  message ;  parfois  cepen- 
dant,  il  olTre  des  details  precieux  a  recueillir  pour  I'his- 
toire  militaire.  Ainsi,  un  messager,  Symonnet  ou  Simon 
Champion,  part  pour  Paris,  au  debut  de  I'annee  i375, 
annoncer  au  connetable  la  nouvelle  de  la  perte  de  Mon- 
treuil-Bonnin  (2),prispar  les  Anglais  le  9  Janvier  1375  (3). 
Les  ennemis  ne  jouirent  pas  longtemps  de  leur  succes, 
car  on  lit  quelques  pages  plus  loin,  sous  la  date  du 
16  fevrier  :  «  A  Gabriel,  sergent  d'armes  du  Roi,  pour 
don  fait  a  luy  pour  les  bons  nouvelles  qu'il  luy  apporta 
a  Paris,  comme  le  connestable  avoit  pris  d'assault  Mon- 
stereul  Bonnin  sur  les  ennemis  (4).  »  Sans  doute,  bien 
des  faits  indiques  dans  ces  roles  de  messagers  sont  deja 
connus.  Mais  on  trouvera  la  des  elements  authentiques 
pour  confirmer  ou  preciser  maint  detail  important. 

Veut-on  d'autres  temoignages  de  la  sollicitude  du 
prince  pour  tons  ceux  qui  tenaient  la  campagne  contre 
les  envahisseurs?  Voici  un  article  assez  significatif  a  la 
date  du  16  juin  1373  :  «  A  Rynant,  escuier  de  Monsei- 
gneur  le  connestable  de  France,  lequel  s'estoit  echape 
des  Anglais,  de  Gencay,  ou  il  estoit  prisonnier,  pour  don, 
60  sous  tournois  (5).  »  Inutile  d'insister;  les  exemples 
cites  attestent  assez   la   part  active    du   due    de    Berry 


(i)  Voyez  notammcnt  I'article  conccrnant  Bescu  :  i\rch.  Nat.  KK  262, 
fol.  2  5  v. 

(2)  Pres  Lusignan,  dans  le  Poitou. 

(3)  Arch.  Nat.  KK  252,  fol.  6g. 

(4)  Ibid.,  fol.  82. 

(5)  Arch.  Nat.  KK  25 1,  fol.  122  v". 


XXVI  INTRODUCTION 

aiix  operations  militaires  et  ses  relations  constantcs 
avec  le  heros  de  la  guerre  dont  nul  n'admirait  plus  que 
lui,  on  en  trouve  la  preuve  dans  les  inventaires,  la 
vaillance  et  les  services.  D'ailleurs,  les  mandemcnts  de 
Charles  V  sont  d'accord,  on  I'a  vu,  avec  les  extraits  qui 
precedent  pour  montrer  les  efforts  tentes  par  notre  prince 
pour  faire  rentrer  les  bonnes  villes  du  roj^aume  sous 
I'autorite  de  leur  souverain  legitime 

Le  chapitre  des  messagers  fournit  encore  de  pre- 
cieuses  indications  sur  les  rapports  du  prince  avec  sa 
nombreuse  famille  commeavec  les  souverains  etrangers. 
Constamment  des  chevaucheurs  s'en  vont  porter  les 
lettres  du  due  de  Bcny  au  Roi,  a  la  Reine,  au  due  d'An- 
jou,  au  due  de  Bourgogne.  Un  jour,  c'est  le  25  aout 
1872  (i),  I'infatigable  Simon  Champion  part  de  Poitiers 
charge  de  lettres  pour  le  roi  de  France  «  contenant  que 
le  captal  et  plusieurs  autres  cappitaines  anglois  ont  este 
dcsconffit  (2)  )).  Dans  le  courant  du  meme  mois,  un 
huissier  de  salle  du  Due  est  charge  d'annoncer  a  Paris 
que  la  ville  de  Poitiers  vient  de  se  rendre  en  son  obeis- 
sance  le  S  aout. 

Ce  n'est  pas  seulement  avec  les  personnages  francais 
que  notre  prince  entretient  des  relations  assidues.  Ses 
emissaires  vont  tantot  trouver  les  cardinaux  residant  a 
Avignon,  —  on  sait  que  le  due  de  Berry  se  plaisait  a 
intervenir  dans  les  questions  religieuses ;  —  tantot,  ils  se 
rendent  aupres  du  comte  de  Savoie  ou  du  due  de  Milan. 
Un  chevaucheur  nomme  Mondon  Morel  recoit,  le4avril 
1400,  la  mission  d'aller  en  Lombardie  porter  des  lettres 
a  I'empereur  de  Constantinople ;  pour  ce  long  voyage 
on  ne  lui  octroye  que  la  modique  somme  de  28  livres 

(i)  Arch.  Nat.  Registre  KK  25i,  fol.  90  v°. 

(2)  Ibid.,  fol.  89  v°.  On  trouve  exactemcnt  a  la  memc  date,  dans  les 
mandemcnts  de  Charles  V,  mention  d'un  don  de  12,000  livres  pour 
indemniser  le  Due  des  frais  de  la  campagne. 


INTRODUCTION  XXVII 

2  SOUS  6  denicrs  (i).  La  mcmc  annee,  d'autrcs  cavaliers 
sont  cxpedies  au  Mont  Saint-Michel,  charges  de  mes- 
sages pour  Ic  roi  et  la  reine  de  Sicile,  pour  le  prince 
de  Tarente  (2).  Peu  de  mois  a  peine  avant  sa  mort,  la 
veuve  de  Philippe  VI,  Blanche  d'Evreux,  recevait  dans 
sa  retraite  de  Neauphle  les  lettres  du  Due  confiees  aux 
soins  de  Perrinet  le  Picart  (3). 

Tous  les  evenements  d'un  ordre  plus  intime,  nais- 
sances,  mariages,  deces,  donnent  lieu  a  des  correspon- 
dances  de  meme  nature.  Les  messagers  sont  aussi  char- 
ges de  transmettre  les  ordres  relatifs  a  I'administratiou 
des  provinces;  on  les  envoye  a  la  recherche  des  provi- 
sions de  bouche  ;  ils  menent  d'un  chateau  a  I'autre, 
lors  des  frequents  deplacements  de  leur  maitre,  les  har" 
des  et  les  meubles.  Toujours  par  voies  et  par  chemins, 
ils  constituent  a  cette  epoque  un  des  rouagcs  essentiels  de 
I'administration  publique  et  des  relations  sociales.  C'cst 
une  des  grosses,  mais  des  plus  indispensables  depenses 
de  tout  seigneur  d'un  rang  eleve.  Le  chapitre  qui  leur 
est  consacre  tient  toujours  une  large  place  dans  les 
comptes  du  due  de  Berry  ;  on  pent  y  suivre  aussi  la 
modification  de  ses  gouts  et  de  ses  preoccupations  aux 
ditferentes  epoques  de  sa  vie. 

Les  articles  des  comptes  relatifs  a  des  acquisitions  de 
pierres  et  de  joyaux  precieux  pendant  la  periode  qui 
s'etend  de  i36o  a  i38o  (4),  sont  a  peu  pres  insignifiants 
si  on  les  compare  a  la  masse  considerable  de  tresors 
dc  toute  nature  enumeres  dans  les  inventaires  d'une 
date  ulterieure. 

Nous  avons  dit  plus  haut  que  le  manage  du  prince 

(i)  Arch.  Nat.  Reg.  KK  254,  fol.  69. 

(2)  Ibid.  3  avril  1400. 

(3)  12  mai  i3g8.  —  Arch.  Nat.  KK  253  fol.  62. 

(4)  Voyez  tome  II,  p.  319-327.  Nous  avons  reproduit  dans  cet  appen- 
dice  tous  les  passages  relatifs  a  des  achats  d'objets  precieux, 


XXVIII  INTRODUCTION 

Premier       uvcc   Jeaniic   d'Amiagnac   avait   etc   celebre  Ic  24  juin 

mariagc  du  due      ^  r  t^  •  ■  •        /- 1  i 

de  Berry.      iJbo.    Dc    ccttc    UHion    naquircnt    trois    fils    ct    deux 

Sescn/ants. 

nlles  : 

I °  Charles,  comte  de  Montpensier,  mort  en  1882  (i), 
laissant  une  veuve,  Marie,  dame  de  Sully  et  de  Craon  ; 

2°  Jean,  devenu  comte  de  Montpensier  apres  le  deces 
de  son  frere  aine.  II  mourut  en  iSqy  (2),  sans  laisser 
d'heritier,  bien  qu'il  eut  epouse  successivement  sa  cou- 
sine  Catherine,  fiUe  de  Charles  V  (f  i388),  puis  Anne, 
fiUe  de  Jean  de  Bourbon,  comte  de  la  Marche  et  de  Ven- 
dome;  cette  dernierc  fut  mariee  en  secondes  noces  a 
Louis  le  Barbu,  due  de  Baviere; 

3°  Louis,  decede  aussi  avant  son  pere; 

4°  Bonne  de  Berry,  mariee,  apres  de  longues  nego- 
ciations,  a  Amedee  VII,  comte  de  Savoie.  Le  mariage 
fut  Toccasion  d'unc  fete  donnee  a  Paris  le  20  Jan- 
vier 1877  (3).  Apres  la  mort  d'Amedee  VII,  survenue  le 
i^''  novembre  iSqi,  Bonne  de  Berry  contracta  une  se- 
conde  union  qui  resserra  les  liens  unissant  deja  sa 
famille  a  la  maison  d'Armagnac.  En  decembre  iSgS, 
elle  epousa  Bernard  VII,  comte  d'Armagnac,  qui  devint 
connetable  de  France.  Elle  mourut  dans  un  age  avance, 
au  chateau  de  Carlat  en  Auvergne,  le  3o  decembre  1435  ; 

5°  Marie,  deuxieme  fille  du  due  de  Berry  et  de  Jeanne 
d'Armagnac,  survc'cut  a  son  pere  comme  sa  soeur  Bonne. 
Elle  contracta  successivement  trois  mariages  :  unie  le 
20  mars  i386,  a  Louis  de  Chatillon,  comte  de  Dunois, 
mort  en  1391,  elle  perdait,  le  i5  juin  1397,  son  deuxieme 


(i)  Dans  le  comptc  dc  I'anncc  iSyS  (KK  252,  fol.GJ^).  parait  la  nourricc 
du  comte  de  Montpensier.  Elle  se  nommait  Catherine.  La  nourricc  du 
due  dc  Berry  etait,  d'apres  le  meme  compte  (fol.  104  V),  dame  Gille 
de  Caumont. 

(2)  Ses  obseques  furcnt  celebrces  en  I'hotcl  de  la  Grange,  Ic  lynovem- 
bre  1397  (KK  2  55,  fol,  18). 

(3)  Arch.  Nat.  KK  202,  fol.  144. 


INTROnUCTION  XXIX 

mari,  Philippe  d'Artois,  comte  d'Eu,  connetablc  de 
France,  quelle  avait  epouse  le  27  Janvier  1892,  et  con- 
volait  en  troisiemes  noces,  le  24  juin  1400,  avec  Jean  P% 
due  de  Bourbon,  qui  la  preceda  dans  la  tombe.  Marie 
de  Berry  mourut  a  Lyon  peu  de  temps  avant  sa  stcur 
la  comtesse  d'Armagnac,  en  juin   1434. 

II  etait  necessaire  de  preciser  les  dates  et  les  circon- 
stances  essentielles  de  la  vie  de  ces  deux  princesses, 
parce  que,ayant  survecu  a  leurs  freres,elles  recueillirent 
seules,  en  1416,  I'heritage  paternel. 

Le  due  Jean  perdait  sa  premiere  femme  le  1 5  mars  1 388.  second  'i^^^rjage 
Soit  par  raison  d'interet,  soit  pour  se  conformer  aux  lois 
de  TEglise,  les  princes  du  moyen  age  semblent  avoir 
eu  un  grand  eloignement  pour  le  veuvage.  lis  avaicnt 
besoin  d'une  compagne  pour  tenir  leur  maison,  com- 
mander aux  serviteurs  pendant  leurs  frequentes  absen- 
ces, elever  les  enfants. 

Un  moment,  notre  prince  avait  songe  a  une  alliance 
avec  la  famille  royale  d'Angleterre  et  jete  les  yeux  sur 
une  princessede  la  maison  de  Lancastre.  Les  pourparlers 
n'aboutirent  pas;  le  due  de  Berry  qui  approchait  de  la 
cinquantainc  fut  sans  doute  trouve  trop  age,  et  la  jeune 
princesse  alia  chercher  un  mari  en  Espagne.  Decu  dans 
ses  visees,  notre  prince  se  resignait  a  prendre  femme  en 
France.  Ses  noces  avec  Jeanne,  fille  de  Jean  VI,  comte 
d'Auvergne  et  de  Boulogne,  et  d'Eleonore  de  Cominges, 
furent  celebrees  a  Riom  le  5  juin  iSSg.  Cette  union  resta 
sterile.  Se  conformant  a  I'exemple  donne  par  son  mari, 
Jeanne  de  Boulogne  s'empressait  de  se  remarier  aussitot 
apres  la  mort  du  due  de  Berry.  Les  historiens  fixent  la 
celebration  de  son  mariage  avec  Georges,  seigneur  de  la 
Tremoille,  au  19  novembre  141 6. 

On  connait  maintenant  par  le  detail  la  famille  directe 
du  due  de  Berry;  il  ne  sera  pas  supertlu  de  passer  rapi- 
dement  en  revue  celle  des  differents  princes   avec   les- 


INTRODUCTION 


quels  il  cntretint  des  relations  suivics  Jusqu'aux  dcrnieres 
annees  desa  vie. 
Lafamiiic         Dc   I'union   de   Charles  V  avec  Jeanne  de   Bourbon 

dc  Charles   V  ,  .      ,  ,  .  01  ,.,  .  . 

,-tdeses  freres.  qu  il  avait  epousce  en  )uiilet  ii49,  ^loi's  qu  il  atteignait  a 
peine  sa  douzieme  annee,  naquirent  neuf  cnfants  :  trois 
fils  ct  six  filles.  II  ne  lui  restait,  au  moment  de  sa  mort, 
que  le  jeune  prince  qui  prit  la  couronne  sous  le  nom  de 
Charles  VI,  Louis,  due  d'Orleans,  et  Catherine,  promise, 
des  I'age  de  neuf  ans,  a  Jean  de  Montpensier,  et  morte, 
comme  on  vient  de  le  dire,  en  i388.  Sa  naissance  avait 
coiite  la  vie  a  Jeanne  de  Bourbon,  decedee  a  Paris  le 
6  fevrier  i  377. 

Le  frere  puine  de  Charles  V,  Louis  d'Anjou,  Taventu- 
reux  competiteur  au  trone  de  Naples,  avait  laisse  de  son 
mariage  avec  Marie  de  Chatillon,  dite  de  Blois,  deux 
fils  :  Louis  II  d'Anjou  ne  en  1377,  mort  en  141 7,  et 
Charles  decede  des  1404. 

Les  relations  du  due  Jean  avec  son  frere  le  due  de 
Bourgogne  paraissent  s'etre  toujours  maintenues  sur  un 
pied  d'affectueuse  intimite;  cela  ressort  de  tous  les  do- 
cuments authentiques.  Le  due  de  Berry  fut  le  parrain 
de  son  neveu,  le  comte  de  Nevers,  surnomme  plus  tard 
Jean  sans  Peur  (i).  Philippe  le  Hardi  avait  epouse  la 
riche  heritiere  des  provinces  de  Flandre  et  d'Artois.  II 
en  eut  quatre  fils  et  quatre  filles.  L'aine  de  ces  fils,  Jean, 
naquit  le  28  mai  1371.  Louis,  qui  vient  ensuite,  mourut 
en  bas  age.  Le  troisieme,  Antoine,  fut  le  fondateur  de 
la  maison  de  Brabant.  Enfin  le  dernier,  Philippe,  prit  le 
titre  de  comte  de  Nevers  lorsque  son  frere  aine  Jean  eut 
succede  a  son  pere ;  de  lui  sortit  la  dynastie  des  comtes 
de  Nevers. 


(i)  Don  de  loo  livres  tournois,  fait  le  5  juin  iSyi  «  aux  demoiselles  et 
femmes  de  chambre  du  filz  de  Monseigneur  de  Bourgoigne,  lequel  Mon- 
seigneur  (le  due  de  Berry)  tint  sur  tons.  »  (Arch.  Nat.,  KK25i,  fol.  69.) 


INTRODUCTION 


La  fille  ainee  de  Philippe  Ic  Hardi ,  Marguerite, 
epousait,  en  i385,  Guillaume  de  Baviere,  quatrieme 
du  nom,  comte  de  Hainaut,  de  Hollandc  et  de  Ze- 
lande.  Marie,  soeur  cadette  de  Marguerite,  fut  unie, 
en  1 40 1,  a  Amedee  VIII,  comte  de  Savoie,  petit-fils 
du  due  de  Berry.  Catherine,  la  troisieme  fille  du  due 
de  Bourgogne,  recut  pour  epoux,  en  i  SgS,  Leopold  III, 
due  d'Autriche.  Quant  a  Bonne,  la  derniere,  elle  mourut 
jeune. 

Ges  mariages  expliquent  le  rapide  developpement  de 
la  maison  de  Bourgogne;  ils  font  comprendre  en  meme 
temps  les  relations  intimes  des  princes  francais  avec 
presque  toutes  les  families  souveraines  de  I'Europe.  De 
la,  ces  echanges  frequents  de  presents  entre  le  due  de 
Berry  et  les  chefs  des  dynasties  regnantes  de  I'Espagne, 
de  I'Allemagne,  de  I'ltalie. 

Pendant  toute  la  vie  du  roi  Charles  V,  le  due 
de  Berry  ne  joua  qu'un  role  eftacee;  il  se  contenta 
de  rester  Tauxiliaire  modeste  de  la  politique  royale. 
Plus  que  ses  freres  Louis  et  Philippe,  il  s'occupa  des 
operations  militaires  comme  des  negociations  politi- 
ques.  C'est  sans  doute  dans  cette  intimite  constante 
avec  la  famille  royale,  dans  la  contemplation  assidue 
des  trcsors  reunis  a  la  tour  du  Louvre  et  dans  les  autres 
chateaux  de  la  couronne,  que  sa  passion  des  beaux 
manuscrits,  des  opulentes  vaisselles  d'or  et  d  argent, 
des  joyauxde  prix  se  developpa  lentement  pour  se  donner 
libre  carriere  quand  les  circonstances  lui  en  fournirent 
I'occasion. 

L'inventaire  de  Charles  V  a  conserve,  en  partie  du 
moins,  la  mention  des  dons  faits  au  Roi  par  ses  freres. 
Le  due  de  Berry,  comme  le  due  d'Anjou  y  parait  a  di- 
verses  reprises  en  qualite  de  donateur.  Mais  c'est  surtout 
dans  les  extraits  publics  par  M.  Petit  a  la  suite  des  Iti- 
neraires  des  dues  de  Bourgogne  qu'on  trouvera  de  nom- 


XXXII  INTRODUCTION 

breux  excmples  des  presents  faits  a  roccasion  du  i^'  Jan- 
vier ou  des  fetes  de  famille  (i). 

II  est  parfois  malaise  de  retrouver  dans  un  inventaire 
les  cadeaux    ainsi   recus.   D'une   part,   les  descriptions 
sont    souvent  trop  courtes,  trop  sommaires  pour  per- 
mettre  d'identifier  un  objet  comme  un  anneau,  un  rubis, 
une  perle.  D'un  autre  cote,  de  nombreux  temoignages 
etablissent  que  les  princes  de  la  fin  du  xv'  siecle  se  plai- 
saient  a  modifier  sans  cesse,  au  gre  de  leur  caprice,  la 
forme  des  joyaux  les  plus  precieux.  Quantite  de  figures 
d'or  ou  d'argent,  offertes  au  due  de  Berry  par  son  frere 
de  Bourgogne,   ne  paraisscnt   pas  sur   les  inventaires. 
Et  cependant  ces  dons  datent  du   commencement  du 
xv'  siecle;  quelques  annees  ont  suffi  pour  en  degouter 
le  possesseur  et  le  present  recu  a  ete  presque  aussitot 
fondu,  vendu  ou  engage.  Mais  la  principale  cause  de  ces 
pertes  si  regrettables  fut  encore  la  necessite  de  battre 
monnaie  pour  parer  a  des  besoins  pressants.  Les  vais- 
selles  d'or  et  d'argent,  entassees  sur  les  dressoirs  ou  dans 
les    coffres    des    demeures   seigneuriales,    constituaient 
alors  une  sorte  d'epargne  ou  de  reserve  a  laquelle  on 
avait  recoursdans  les  circonstances  critiques.  Apres  le  de- 
sastre  d'Azincourt,  le  roi  Charles  VI,  reduit  a  se  pro- 
curer des  ressources  immediates,  envoyait  a  la  Monnaie 
non  seulement  les  orfevreries  de  son  pere  et  les  bijoux 
de  sa  femme,  mais  aussi  les  vases  precieux  de  son  onclc 
le  due  de  Berry,  qui   appartenaient  de  droit  aux  nom- 
breux creanciers  de  ce  prince. 
Troisicme         Lcs  eveuemeuts  politiques  qui  suivirent  la  mort  de 
Charles  V  sortent  du  cadre  de  cette  etude;  nous  nous 


periode  de  la  vi 

du 

due  de  Berry 


(i)Nous  inserons,parmiles  additions  de  notre  tome  II,  la  liste  complete 
des  dons  offerts  par  le  due  de  Bourgogne  a  son  frere  Jean,  de  1387  a 
1403,  a  I'occasion  des  etrennes  ou  de  diverses  solennitcs.  Peu  de  ces 
dons  princiers  parmi  lesquels  on  remarque  de  nombreuscs  figures  d'or 
assez  faciles  a  reconnaitre,  figurent  dans  I'lnventairc  de  1402. 


INTRODUCTION  XXXIII 


varretcrons  pen  dc  temps.  Rcmarquons  seulement  que 
Ic   clue  de  Berry,   completement  efface  auparavant  par 
la  haute  personnalite  de  son  frere,  jouera  un  role  de  plus 
en  plus  actif  dans  les  intrigues  qui  vont  se  nouer  autour 
du  trone.  II  est,  par  ses  alliances,  par  la  force  meme  des 
choses.  Tame  du  parti  hostile  aux  Bourguignons;  il  de- 
vient  le  conseil  des  chefs  Armagnacs  sur  lesquels  sa  royale 
origine  lui  donne  un  incontestable  ascendant.  Jusqu'ala 
mort  de  Philippe  le  Hardi,  la  bonne  intelligence  se  main- 
tient,  en  apparence  du  moins,  entre  les  deux  freres  ;  mais 
quand  le  violent  Jean  sans  Peur  deviendra  possesseur 
des  vastes  etats  de  son  pere,  il  faudra  bien  que  la  riva- 
lite    des    deux   adversaires    eclate.    Nous    n'avons    pas 
a  entrer  dans  le  detail  de  ces  querelles  si  funestes  a  la 
France  ;  si  nous  en  parlous,  c'est  seulement  pour  consta- 
ter  que  toutes  sortes  de  liens  rattachaient  le  due  de  Berry 
au  parti  des  Armagnacs,  dont  il  resta  jusqu'a  sa  mort  le 
chef  inconteste,  dont  il  partagea  la  fortune  quand  les 
Bourguignons,  maitres  de  Paris,  mirent  au  pillage  son 
chateau  de  Bicetre,  et  quand  le  due  de  Bourgogne  vint, 
a  la  tete  des  troupes  royales,  assieger  la  eapitale  du  Berry. 
Apres  avoir  eu  I'espoir  dejouer  un  role  preponderant 
dans  I'administration  du  royaume,  le  due  de  Berry  dut 
bientot  s'effacer  devant  les  pretentions  de  son  frere  de 
Bourgogne.  Les  impitoyables  exactions  de  ses  creatures 
dans  le  Languedoe,  la  hauteur  et  I'avidite  de  ses  otfi- 
ciers  avaient  rendu  son  nom  impopulaire  dans  tout  le 
royaume.  Aussi  cherche-t-il  a  se  menager  des  alliances. 
II  signe  avec  la  reine  Ysabeau   et  le  due  d'Orleans  un 
traite  secret  par  lequel  les  trois  contractants  s'engagent 
reciproquement,  par  serment  sur  I'Evangile,  a  se  main- 
tenir  au  pouvoir.  L'acte  est  du  i^'  decembre   1406  (i). 

(i)  Arch.  Nat.,  K  55,  n"  36.  Get  actc  est  expose  au  Musec  des  Archives, 
vitrinc  36.  II  a  ete  public  par  Douet  d'Arcq,  dans  son  Clioix  de  pieces 
inedites  siiv  le  rd£;ne  de  Charles  VI. 


XXXIV  INTRODUCTION 

II  ne  poLivait  etre  dirige  que  centre  le  nouveau  due  de 
Bourgogne  Celui-ci  sentit  le  coup;  il  }'  riposta  quel- 
ques  annecs  plus  tard  par  I'assassinat  dc  la  rue  Bar- 
bette. II  ne  semble  pas  que  Jean  sans  Peur  ait  jamais 
forme  aucun  projet  meurtrier  contre  son  oncle  le  due  de 
Beny;  du  moins  Ics  chroniques  ne  mentionnent  aucune 
tentative  de  cette  nature.  Mais,  a  voir  les  precautions 
dont  il  s'entourait,  la  quantite  de  contre-poisons  qu'il 
avait  amasses,  ne  parait-il  pas  evident  que  notre  prince 
ne  se  crut  jamais  completement  en  surete  et  que  les 
liens  du  sang  constituaient  une  faible  garantie  contre  la 
violence  des  passions? 
La  En  1406,  le  due  de  Berry  se  trouvait  a  I'aposee  de  la 

Sainte-Chapcllc  t       '  J  r    » 

de  Bourges.    fortune  et  de  la  prosperile.   Son   age    et  son   rang  lui 
assuraient  une  situation  sans  rivale  a  la  cour  de  France. 
II  venait  de  terminer,  d'inaugurer  et  de  doter  somptueu- 
sement  cette  Sainte-Ghapelle  de  Bourges,  elevee  sur  le 
modele  de  la  Sainte-Chapclle  de  Paris,  qui  devait  trans- 
mettre  aux  generations  futures  le  souvenir  de  sa  magni- 
ficence et  de  sa  piete.  La  consecration  du  sanctuaire  avait 
etc  I'occasion  de  ceremonies   fastueuses.  Aux  fetes  reli- 
gieuses  avaient  succedc  des  tournois  et  des  festins  pro- 
longes  pendant  plusieurs  jours.  Jamais  la  ville  de  Bour- 
ges ne  vit  pareilles  splendeurs.  Heureux  le  prince  s'il 
n'eut  pas  survecu  de  longues  annees  a  cette  brillante  apo- 
theose  !  II  n'eut  pas  connu  les  amertumes  d'une  vieillesse 
impuissante  et  humiliee.  II  n'eut  pas  assiste  a  la  mort 
lamentable  de  son  neveu  prefere  le  due  d'Orleans.  Les 
horreurs  de  la  guerre  civile  eussent  ete  epargnees  a  ses 
etats,  et  il  n'eut  pas  eu  cette  supreme  douleur  de  voir, 
avant  de  quitter  ce  monde,  le  sanglant  desastre  d'Azin- 
court  engloutir  la  fortune  de  la  France.  Ne  valait-il  pas 
mieux  pour  un  prince  pacifique,  passionne  pour  toutes 
les   recherches  du   luxe,   pour  les   delicatcsses   de  Tart 
le  plus  raffine,  disparaitrc  avant  d'avoir  ete  le  tcmoin 


INTRODUCTION  XXXV 

impuissant  de  ccs  lamentables  catastrophes?  II  liii  fallut 
subir  ses  dcstinees  jusqu'au  bout ;  et  c'est  merveillc 
c^u'aprcs  tant  de  traverses,  il  possedat  encore,  aux  der- 
niers  jours  de  son  existence,  une  si  merveilleuse  quantite 
de  jo3^aux  de  grand  prix,  de  tapisseries,  de  livres  pre- 
cicux,  d'objets  curieux  de  toute  nature. 

Certes,  la  vie  du  due  Jean  de  Berry  peut  etre  citee  par 
I'historien  philosophe  comme  un  des  exemples  les  plus 
rares  des  vicissitudes  du  sort  et  des  retoursde  la  fortune. 
Ce  n'est  pas  a  ce  point  de  vue  que  nous  avons  a  I'etudier 
ici ;  ce  qui  nous  interesse  en  lui,  ce  qui  nous  occupe 
avant  tout,  c'est  le  grand  collectionneur,  c'est  le  t\'pe 
acheve  de  I'amateur  fanatique,  ne  reculant  devant  aucune 
depense,  devant  aucune  folie,  pour  satisfaire  une  passion 
jamais  assouvie.  Voilii  le  cote  le  plus  saillant  de  la  figure 
du  prince  que  nous  etudions;  c'est  par  la  qu'il  se  dis- 
tingue de  tous  ses  contemporains;  c'est  sous  cet  aspect 
que  nous  chercherons  a  le  faire  connaitre  par  I'analyse  de 
ses  inventaires. 

Au  debut  du  xv'^  siecle,  le  due  de  Berry  sc  trouve 
possesseur  de  collections  considerables,  moins  nom- 
breuses  sans  doute  que  celles  du  roi  Charles  V,  mais 
choisies  peut-etre  avec  plus  de  tact  et  de  gout.  C'est 
alors  qu'il  fait  dresser  le  premier  inventaire  des  tresors 
qui  ne  cesseront  de  s'accroitre  jusqu'au  dernier  jour  de 
sa  vie.  Ces  tresors  consistent  surtout  en  joyaux  de  cha- 
pelle,  en  images,  croix,  calices  et  ornements  d'or;  tout 
cela  va  bientot  devenir  la  propriete  de  la  Sainte-Chapelle 
de  Bourges  dont  la  consecration  aura  lieu  le  1 5  avril  1405. 

La  Sainte-Chapelle  de  Bourges  ne  garda  pas  longtemps 
les  presents  offerts  par  son  fondateur.  Lors  du  siege  de 
sa  capitale,  le  due  de  Berry  ne  se  fit  aucun  scrupule  de 
reprendre  les  matieres  precieuses  donnees  par  lui  au 
sanctuaire,  sauf  a  le  dedommager  plus  tard  si  les  cir- 
constances  le  permettaient.  Ainsi,  nombre  de   joyaux  du 


XXXVI  INTRODUCTION 

plus  grand  prixdisparurent  dans  cette  lamentable  guerre 
civile.  Les  plus  belles  pieces  de  la  collection  du  Due 
avaient  done  disparu  dans  le  naufrage  de  sa  fortune, 
plusieurs  annees  avant  sa  mort. 

Parmi  les  objets  de  toute  nature  qui  constituent  I'en- 
semble  dcs  inventaires,  les  jo3'aux  pour  chapcUe,  ainsi 
qu'on  I'a  vu,  occupent  la  premiere  place,  et  comme  nom- 
bre  et  comme  richesse.  Puis  viennent  les  vaisselles 
et  orfevreries  a  I'usage  personnel  du  prince.  Les  pierres 
precieuses  divisees  en  plusieurs  categories,  suivant  leur 
nature,  remplissent  tout  un  chapitre.  Enfin  commence 
I'c'numeration  de  ces  incomparables  manuscrits,  le  prin- 
cipal honneur  des  collections  de  Bourges.  Mais,  avant 
de  passer  en  revue  ces  differentes  series,  avant  d'insister 
sur  les  ressources  que  les  descriptions  de  I'inventaire 
peuvent  offrir  aux  etudes  archeologiques,  il  convient 
de  dire  quelques  mots  de  Torigine  des  merveilles  rcunies 
par  notre  prince. 
Originc  L'inventaire  de   141 3  assi^ne  trois  provenances  dis- 

ctes  collections       _  . 

dejoyaitx     tiuctes    aux    jovaux   et    aux    livres    confies    a    Robinet 

et  de  livres.  _  '    -' 

d'Etampes ;  sur  cette  distinction  repose  toute  I'econo- 
mie  du  compte.  La  premiere  division ,  reservee  aux 
articles  figurant  deja  sur  les  precedents  inventaires,  ren- 
ferme  par  consequent  tous  les  objets  portes  au  ma- 
nuscrit  de  1401.  Les  objets  decrits  en  1401  qui  ne 
reparaissent  pas  en  141 3,  avaient  ete,  dans  I'intervalle 
de  ces  deux  dates,  soit  donnes  a  la  Sainte-Chapelle 
de  Bourges  ou  a  divers  personnages,  soit  detruits  ou 
perdus.  Parmi  les  joyaux  ou  autres  articles  disparus 
entre  1401  et  141 3,  une  trentaine  environ  proviennent 
de  dons  anterieurs  au  quinzieme  siecle.  Sur  la  liste 
de  donateurs,  le  roi  de  France  figure  pour  quatre  arti- 
cles  (i);   le  due   d'Orleans,  pour   un   seul  (2);  le   due 

(i)  Art.  5o,  129,  i3i,  iio3. 
(2)  Art.  47. 


INTRODUCTION  XXXVIl      ' 

dc  Bourgognc,  pour  six(i);  la  duchesse  de  Berry,  pour  uonsanteneurs 
deux  (2) ;  I'eveque  de  Poitiers,  chancelier  du  Due,  egale-  "^  ^'*°°' 
ment  pour  deux  (3),  ainsi  que  le  pape  Clement  VII  (4). 
Raymond  de  Turenne  a  offert  trois  morceaux  d'une 
etotfe  cnrichie  de  broderie  (5).  Enfin  la  reine  de  France, 
le  connetable  Olivier  de  Clisson,  le  grand  maitrede  Rho- 
des, I'empereurde  Constantinople,  levicomtede  Thenars, 
Guillaume  Bie,  Casin  de  Serenviller,  Baude  de  Guy,  la 
femme  de  Raymond  de  Turenne,  sont  cites  chacun  une 
fois  en  qualite  de  donateurs  (6).  Cette  e'numeration 
ne  comprend,  il  ne  faut  pas  I'oublier,  que  les  person- 
nages  dont  les  presents  n'existent  plus  en  nature  lors  de 
la  redaction  de  141 3. 

Le  registre  de  Robinet  d'Etampes  ne  signale  que  les  Don,dci4oi 
dons  posterieurs  a  1401.  Le  rapprochement  des  men-  '^  ''^"'' 
tions  eparses  dans  ce  manuscrit  nous  apprend  que,  pen- 
dant une  periode  de  quinze  annees  a  peine  (decembre 
1401-16  juin  1416,  date  de  la  mort  du  due  de  Berry,) 
cent  trente-six  personnages  firent  present  a  notre  prince 
de  trois  cent  cinquante  joyaux,  pierres  precieuses,  ma- 
nuscrits  et  objets  divers.  II  faut  encore  Joindre  a  ce 
total  huit  articles  provenant  de  dons,  mais  sans  noms 
d'auteurs, 

C'est  d'abord  la  famille  du  Due,  sa  femme,  ses  filles,        Dons 
gendres,  freres,  neveux  et  cousins.  ''JJIdhc!'"^ 

Le  nom  de  la  duchesse  de  Berry  revient  cinq  fois  sur 
cette  liste  de  liberalitcs  (7),  le  plus  souvent  a  I'occasion 
des  ctrennes. 


(1)  Art.  46,  124,  127,  128,  188,  1081. 
{2)  Art.  180,  194. 

(3)  Art.  956,- 1062. 

(4)  Art.  222,  949. 

(5)  Art.  i3o2,  i3o3,  i3o4. 

(6)  II   sera  facile,   avec   la  table,   de  sc  reporter   aux    articles  ou  ces 
personnages  sont  nommes. 

(7)  Art.  12,  354,  358,  396,  696,  de  I'lnventaire  dc  141 3,  tome  I. 


XXXVIII  INTRODUCTION 


La  duchesse  de  Bourbon  reparait  six  fois  (i)comme 
donatrice,  la  comtesse  d'Armagnac  quatre  fois  (2),  et 
tOLijours,  a  une  ou  deux  exceptions  pres,  a  propos  du 
nouvel  an.  Leurs  maris,  le  due  de  Bourbon  et  le  comte 
d'Armagnac,  ne  se  montrent  pas  moins  empresses  a  flat- 
ter les  gouts  de  leur  beau-pere.  C'est  encore  a  I'epoque 
des  etrennes  que  le  premier  offre  les  huit  joyaux  (3)  men- 
tionncs  avec  son  nom  dans  I'inventaire,  ou  le  comte 
d'Armagnac  figure  quatre  fois  (4).  N'oublions  pas  Char- 
les d'Artois,  comte  d'Eu,  fils  de  Philippe  d'Artois,  con- 
netable  de  France,  le  deuxieme  mari  de  Jeanne  de 
Beny.  Le  due  de  Berry  parait  avoir  temoigne  a  ce  petit- 
fils  une  affection  particuliere,  justifiee  par  les  qualites 
remarquables  de  ce  prince.  II  lui  laissa  par  testament 
une  somme  de  20,000  livres  pour  le  paj^ement  de  sa 
rancon,  apres  qu'il  eut  ete  fait  prisonnier  a  Azincourt ;  ce 
qui  n'empecha  pas  le  comte  d'Eu  de  passer  plus  de  vingt 
annees  en  captivite  (5).  D'autre  part,  le  comte  d'Artois 
ne  laisse  jamais  passer  la  date  du  i*^'""  Janvier  sans  prou- 
ver  a  son  aieul  sa  deference  et  son  affection.  Plusieurs 
articles  temoignent  de  ses  sentiments  (6). 
.  ^P°"f  ,'r       Parmi  les  nombreux  presents,  —  nous  n'en  comntons 

de  Charles  17.  ^  '  ^ 

pas  moins  dc  quinze  consistant  en  picrres  precieuses  ou 


(i)  Art.  io3,  33o,  807,  1 126,  1 134,  12  1 3. 

(2)  Art.  321,  417,  664,  671. 

(3)  Art.  68,  324,  389,  395,  606,  689,  1 169.  1209. 

(4)  Art.  72,  687,  691,  223. 

(5)  Le  P.  Anselme  (tome  I,  p.  390)  cxpliquc  ainsi  la  cause  dc  ccttc 
longue  detention  :  «  Le  roy  d'Angleterre  Henry  V  avait  une  telle  opinion 
«  de  sa  valeuret  de  son  courage  qu'en  mourant  au  chateau  de  Vincennes, 
«  en  1422,  il  ordonna  que  ce  prince  ne  fut  dclivrc  jusqu'a  ce  que  le 
«  jcune  Henry,  son  tils,  \'I=  du  nom,  eut  I'age  necessaire  pour  gouverner 
«  sesEtatsjde  sorle  qu'il  y  demeura  vingt-trois  ans  et  ne  fut  mis  en 
«  liberie  qu'en  1438,  en  echange  du  comte  de  Somerset,  prisonnier  du 
0  due  de  Bourbon.  »  Le   comte   d'Eu   etait  ne  vers   1394. 

(6)  Art,  35 1,  602,  611,  693,  1 161,  1 189. 


INTRODUCTION  XXXIX 

en  manuscrits  (i),  —  que  le  Due  recut  de  son  neveu,  le 
roi  Charles  VI,  il  en  est  un  qui  merite  une  mention 
speciale.  C'est  le  rubis  balai  pay6  dix-huit  mille  ecus 
d'or  et  mentionne  sous  le  n''  36().  La  somme  etait  consi- 
derable, meme  pour  le  tresor  royal.  Aussi  Robinet 
d'Etampes  prend-il  soin  de  noter  qu'elle  representait 
les  etrennes  des  trois  annees  i-|02,  1408  el  1404.  Encore 
le  Roi  ne  paya-t-il  pas  tout  le  prixde  cette  pierre  exception- 
nelle,  une  des  plus  belles,  sans  contredit,  de  la  collection. 
Charles  VI  donna  quatorze  mille  livres;  le  surplus  fut 
acquitte  par  le  due  de  Berry.  Le  detail  n'est-il  pas  pi- 
quant? La  note  inscrite  en  marge  de  I'article  nous  fait 
savoir  que  ce  rubis  merveilleux,  enchasse  dans  une  croix 
ornee  de  pierres  du  plus  grand  prix,  fit  retour  au  roi  de 
France  en  vertu  du  don  fait  par  le  due  de  Berry  peu  de 
jours  avant  sa  mort. 

Parmi  les  donateurs  les  plus  genereux,  les  deux  dues  ^^^^  ^^^,^  ^^^^^ 
de  Bourgogne  tiennent  naturellement  le  premier  rang.  ^-^ ^onrgogne. 
Les  extraits  des  comptes  de  Dijon,  publics  par  M.  Petit, 
viennent  utilement,  a  ce  sujet,  completer  les  inven- 
taires.  Les  comptes  de  Philippe  le  Hardi,  reproduits 
dans  les  Additions  de  notre  deuxieme  volume,  enume- 
rent,  annee  par  annee,  la  nature  et  souvent  la  valeur  des 
presents  oficrts  au  due  de  Berry  a  I'occasion  du  i"'  Jan- 
vier, de  1887  ^  1403.  La  publication  que  prepare  M.  Ber- 
nard Prost  sur  les  comptes  des  dues  de  Bourgogne  nous 
apportera  de  nouvelles  lumieres  sur  ce  point.  Deja, 
grace  a  M.  Petit,  nous  pouvons  constater  avec  quelle  rapi- 
dite  les  joyaux  precieux  sortaient  des  collections  ou  ils 
venaient  d'entrer.  Certaines  images  d'or  offertes  au  due 
de  Berry  en  iSgS  ou  meme  les  annees  suivantes  ne  font 
deja  plus  partie  de  son  tresor  lors  de  la  redaction  de  I'in- 
ventaire  de  1401. 

(i)  Art.  366,  3S4,  392,  439,  454,  476,  607,  608,  gio,  904,  941,  946,  1 188 
1241,  1247. 


INTRODUCTION 


L'inventairc  de  1413  complete  les  indications  fournies 
par  les  textes  publies  dc  M.  Petit.  Des  picrres  de  grand 
prix,  rubis  et  saphirs,  ont  ete  donnees  au  due  de  Berr}^ 
par  son  frere  de  Bourgogne.  Notre  prince,  qui  semble 
avoir  eu  la  manie  de  baptiser  de  noms  caracteristiques 
non  seulement  les  animaux  preferes  de  sa  menagerie, 
mais  encore  les  objets  inanimes  d'une  haute  valeur, 
prend  plaisir  a  designer  deux  rubis  exceptionnels  qu'il 
tenait  de  son  frere,  I'un  par  le  sobriquet  de  Bonhomme  [i), 
I'autre  sous  le  nom  de  Coeiir  de  France  (2).  Puis,  ce  sont 
des  saphirs  (3),  notamment  \q.  grand  saphir  dc  Bourgo- 
gne. Signalons  enfin  un  manuscrit  enrichi  de  belles  en- 
luminures  (4).  Parmi  les  cinq  presents  oflerts  par  Jean 
sans  Peur  a  son  oncle  (5),  il }'  a  lieu  de  remarquer  la  petite 
croix  d'or  ornee  d'un  fermaillet,  representant  un  rabot  (6), 
cet  attribut  fameux  du  terrible  due,  dont  les  comptes  de 
Bourgogne  nous  ont  conserve  une  bicn  curieuse  descrip- 
tion (7).  Faut-il  admettre,  avec  un  ecrivain  contemporain, 
que  le  rabot  etait  d'invention  rccente  en  1400,  et  expli- 
quer  par  la  le  choix  singulier  de  Jean  sans  Peur?  Nous 
laissons  aux  archeologues  le  soin  de  decider  la  question. 

Le  frere  cadet  de  Jean  sans  Peur,  devenu  due  de 
Nevers  apres  la  mort  de  Philippe  le  Hardi,  et  le  comte 
de  Charolais,  fils  aine  du  due  Jean,  figurent  aussi  sur 
la  liste  des  donateurs  (8).  Ce  sont  generalement  des 
anneaux  d'or  enrichis  de  pierres  precieuses  qui  font  les 
frais  de  ces  cadeaux. 


(i)  Art.  340. 

(2)  Art.  35o. 

(3)  Art.  369,  377. 

(4)  Art.  933. 

(5)  Art.  10,  391,  83  I,  ioo5,  i  i4<S. 

(6)  Art.  10. 

(7)  Voy.  notrc  tome  I,  p.   i3,  note  3. 

(8)  Pour  Ic  comtc  dc  Nevers,  voycz  les  art.  3N8,  393  et  457;  pour   Ic 
comte  de  Charolais,  le  n°  356;  pour  la  comtcssc  de  Charolais,  Ic  n"  461, 


INTRODUCTION  XL! 

Les   allies   du   due   de  Berr}^  dans    sa    luttc    contrc  Dons  d-Y!<c7beau 
la  maison  de  Boursosne,  i  ai  nomme  la  reine  Ysabeau        ct  du 

o    '-J  '  ^  clue  d'Orlcans. 

dc  Bavierc  et  Ic  due  d'Orleans,  ne  pouvaient  man- 
quer  de  compter  parmi  les  personnages  empresses  a 
flatter  les  gouts  de  Tillustre  amateur.  Aussi  le  nom 
de  la  reine  revient-il  huit  ou  neuf  fois  dans  Tlnven- 
taire  (i),  tandis  que  celui  du  due  d'Orleans  reparait 
dans  quatre  articles  (2).  Les  presents  d'Ysabeau  de 
Baviere  sont  generalement,  le  detail  vaut  la  peine  d'etre 
note,  assez  modestes ;  ils  consistent  en  gobelets,  en 
vases  de  eristal  ou  de  jaspe.  A  peine  le  due  de  Berry 
les  a-t-il  en  sa  possession,  qu'il  les  enriehit  de  belles 
montures  d'or,  emaillees  a  ses  armes  (3).  Parmi  les 
eadeaux  du  due  d'Orleans,  on  remarque  un  Breviaire 
manuscrit  dont  I'histoire  ne  laisse  pas  que  d'etre  pi- 
quante.  Donne  par  le  due  de  Berry  a  son  neveu,  ce  livre 
se  retrouve  dans  la  succession  de  la  duchesse  d'Orleans 
lors  de  sa  mort,  et  le  due  de  Berry  s'empresse  sans  ver- 
gogne  de  le  reclamer  et  de  se  le  faire  rendre. 
Nous  sommes  loin  d'avoir  epuise  la  liste  des  parents  Dons  dc  divers 

.  ^.  parents  et  allies 

du  due  Jean  qui  figurcnt  dans  1  Inventaire.  Signalons 
encore  le  roi  et  la  reine  de  Sicile,  heritiers  des  pretentions 
du  due  d'Anjou.  Quelques-uns  de  leurs  presents  (4) 
offrent  un  interet  exeeptionnel  :  d'abord  les  deux  dia- 
mants  tallies  en  forme  d'E  et  de  V,  ces  deux  initiales 
mysterieuses  traces  sur  nombre  de  volumes  manuscrits 
de  la  librairie  ducale  et  dont  on  n'est  pas  encore  parvenu 
a  determiner  le  sens;  puis  les  Heures  manuscrites  sur 
lesquelles  le  roi  Jean  avait  appris  a  lire,  veritable  relique 
de  famille  que  le  due  de  Berry  s'empressait  d'orner  de 
riches  fermoirs  en  or. 


(i)  Art.  36 1  ct  455,  462,  8og,  810,811,812,  8i3,  823. 

(2)  Art.  3 14,  352,  947,  965. 

(3)  Voy.  les  art.  809  a  8i3. 

(4)  Art,  164,  3S7,  442,  443,  (376,  686,  968. 


INTRODLXTION 


La  nombreuse  famillc  du  due  dc  Berry  compte  bien 
d'autres  donatcurs  :  d'abord,  sa  bru,cette  Anne  de  Bour- 
bon qui  epousa  successivement  Jean  de  Berry,  comte  de 
Montpensier,  puis  Louis  III,  due  de  Baviere,  frere  de 
la  reinc  de  France.  La  comtesse  de  Montpensier  est  citee 
a  trois  reprises  (i).  Son  second  mari,  lui  aussi,  ne  cesse 
d'entretenir  avec  le  due  de  Berry  jusqu'au  dernier  jour, 
les  plus  cordiales  relations  (2). 

Puis,  c'est  le  fils  du  due  de  Bourbon,  le  comte  de  Cler- 
mont, qui  cherche  a  gagner  les  bonnes  graces  de  son 
grand-pere  en  lui  offrant  un  rcliquaire  et  un  diamant  de 
prix  (3). 

Les  fils  de  Charles  le  Mauvais  ne  sont  pas  les  der- 
niers  a  faire  leur  cour  a  leur  oncle  de  Berry.  Parmi  les 
presents  de  Charles  le  Noble,  fils  aine  et  sueeesseur 
du  roi  de  Navarre  (4),  on  remarque  une  corne  d'uni- 
corne  ou  de  narval,  objet  fort  recherche  au  moyen  age, 
moins  encore  a  cause  de  sa  rarete  qu'en  raison  de  la 
vertu  attribute  a  cette  matiere  de  reveler  la  presence 
ou  de  neutraliser  les  effets  du  poison.  Pierre  de  Na- 
varre, frere  de  Charles  le  Noble,  ne  se  montre  qu'une 
fois  sur  la  liste  des  donateurs  (5);  mais  sa  femme,  Ca- 
therine d'Alencon ,  remariee  en  secondes  noces  avec 
Louis  de  Baviere,  veuf  lui-meme  de  la  belle-fille  du  due 
de  Berry,  ne  cesse  d'entourer  son  oncle  par  alliance  de 
soins  et  de  prevenances.  Deux  manuscrits  et  deux  joyaux 
d'or  en  fournissent  la  preuve  (6). 

Dans   les  dernieres  annees    de   sa    longue    earriere, 


(i)  Art.  316,674,  827. 

(2)  Les  articles  de  I'lnvcntaire    provcnant  du  due   dc    Baviere   sont 
inscrits  sous  les  n'^  459,  1208  ct  12 38. 

(3)  Art.  1 125,  1 196. 

(4)  Art.  100,  162,  309,413,  469,  470,  598,  399,68?. 

(5)  Art.  390. 

(6)  Art.  998,  999,  1 108,  1109. 


INTRODUCTION 


le  due  Jean,  considcrc  commc  Ic  patriarche  dc  la 
famillc,  est  accablc  d'attentions  de  toutes  sortes  par  ses 
nombrcux  petits-cnfants  et  petits-neveux.  Signalons  rapi- 
dcment  Ics  presents  offerts,  le  plus  souvent  a  la  date  du 
i"  Janvier,  par  le  due  et  la  duchesse  de  Guienne  (i),  fils 
et  bru  du  roi  Charles  VI,  et  par  le  comte  de  Ponthieu  (2), 
frere  du  precedent,  par  les  deux  fils  du  due  Louis  d'Or- 
leans,  Charles  d'Orleans  (3),  et  le  comte  de  Vertus  (4), 
par  la  comtesse  de  Nevers  (5),  fille  du  comte  d'Eu  et 
arriere  petite-fiUe  du  due  de  Berry,  enfin  par  le  comte 
d'Alencon  (6),  le  comte  et  la  comtesse  de  la  Marche  (7). 
Non  content  d'avoir  fait  hommagc  a  son  grand-oncle 
de  pierres  renommees,  telles  que  Riibis  de  Guienne  (8)  et 
le  Balaf  de  la  Chasteigne  (9),  le  due  de  Guienne  lui 
leguait  en  mourant  quelques-uns  de  ses  joyaux  les  plus 
precieux,  deux  tableaux  d'or  de  travail  italien  ou  orien- 
tal (10),  deux  magnifiques  perles,  la  grosse  Perle  de 
Berry  et  la  grosse  Perle  de  Ncwarre  (11)  et  un  manu- 
scrit  riehement  enlumine  (12).  Ces  deux  perles  furent 
evaluces,  dans  I'inventaire  apres  deces,  la  premiere  qua- 
tre  mille  livres  et  I'autre  deux  mille.  Or,  on  I'a  deja 
constate,  ces  estimations  devaient  etre  bien  infericures 
a  la  valeurreelle  des  jo3'aux. 

Les  grands  offieiers  du    royaume,  les   membres  du  oonsdes^n-ands 
clerge,  les  chefs  de  1  armee,  les  personnages  remplissant   du  royaume. 
de  hautes  fonetions   administratives  ou  judiciaires    se 
disputaient  a  Tenvi    les   bonnes    graces   de   I'oncle   du 
Roi.     Nul    mo3'en   n'etait    plus    sur    pour    parvenir    a 


(i)  Art.  453  ,  456,  972,  973, 1006,  (7)  La  comtesse  olTrit  les  a"' 78 

1 1 52,  1 1 63,  1 182.  et683  ;  le  comte  le  n^  1 190. 

(2)  Art.  I  1 36.  (8)  Art.  11 52. 

(3)  Art.   ii5i.  (9)  Art.  1 1 63. 

(4)  Art  1 149.  (10)  Art.  I  io5,  1 106. 

(5)  Art.  1 135,  1 183.  (i  i)  Art.  1200, 1201. 

(6)  Art. -3,  102.  (12)  Art.   i2  5o. 


XLIV  INTRODUCTION 

cc  but  que  dc  flatter  ses  gouts  bien  connus.  On  le 
savait  et  on  agissait  en  consequence.  Aussi  rencontre-t- 
on, parmi  ceux  qui  contribuerent  a  augmenter  les  tresors 
de  Bourges,tous  les  hauts  dignitaires  de  I'Eglise,  les  sei- 
gneurs les  plus  marquants,  les  conseillers  et  les  ministres 
du   souverain. 

A  cote  du  connetable  d'Albret  (i),  du  connetable  de 
Saint-Pol  (2),  on  rencontre  leur  predecesseur,  le  vaillant 
Louis  de  Sancerre  (3).  Nul  doute  que  le  present  de  ce  der- 
nier ne  fut  particulierement  sensible  au  coeur  du  due  de 
Berry,  En  effet,  c'est  un  diamant  venant  de  sa  mere- 
Voici  maintenant  des  souvenirs  du  marechal  Bouci- 
caut  (4),  le  brave  defenseur  de  Constantinople  contre 
les  Turcs,  et  de  son  compagnon  d'aventures,  le  sieur 
de  Chasteaumorant  (5).  Ces  intrepides  champions  de 
la  croix  n'ont  guere  rapporte  que  la  misere  de  leurs 
expeditions  lointaines  ;  aussi  leurs  offrandes  sont-elles 
des  plus  modestes.  Elles  consistent  en  fruits  de  TOrient, 
en  antidotes  contre  le  vcnin,  en  reliques  trouvees 
a  Constantinople  avec  inscriptions  en  caracteres  grecs. 
Olivier  de  Clisson,  on  ne  I'a  pas  oublie,  paraissait 
sur  le  premier  inventaire  du  Due.  Notons  encore  I'ami- 
ral  dc  France,  Jacques  de  Chatillon  (6),  ainsi  que  plu- 
sieurs  pcrsonnages  qui  se  succederent  dans  une  des  pre- 
mieres charges  de  la  cour,  celle  de  grand  maitre  de  Thotel 
du  Roi  :  en  premier  lieu,  1  'infortune  Jean  de  Montaigu, 
seigneur  de  Marcoussis,  vidame  dc  Laonnois,  envoye  au 
supplice  en  1409  (7).  En  vain  avait-il  cherche  a  gagner 
par  de  riches  presents  la  protection  du  due  de  Berry. 
Pierres  de  grande  valeur,  manuscrits  precieux,  tout  cc 
qui  pouvait  rentrer  dans  les  gouts  d'un  fervent  connais- 

(i)  Art.  448,  668.  (3)  Art.  9,  loi,  i33,  iIh,  i35. 

(2)  Art.  74,  8o3.  (6)  Art.  71. 

(3)  Art.  436.  (7)  Art.   353,  383,  478,  785,  818, 

(4)  Art.  594.  948,  966,972,  975. 


INTRODUCTION  XLV 


seur  lui  avait  etc  olTert.  La  dame  de  Montaigu  s'etait 
associee  aux  largesses  de  son  mari  (i);  ce  qui  n'eni- 
pecha  pas  Ic  Due  de  faire  son  choix  dans  les  tresors 
de  I'infortune  grand  maitre  apres  son  execution  et  de 
s'emparer  avidement  de  I'objet  de  ses  convoitises.  II 
ordonna,  toutcfois,  par  son  testament,  de  rendre  a  la 
famille  ces  biens  mal  acquis  (2).  On  verra  comment  les 
ministres  de  Charles  VI  eurent  egard  acette  recomman- 
dation.  Les  successeurs  de  Jean  de  Montaigu  dans  la 
charge  de  grand  maitre  de  Thotel,  Guichart  Dauphin, 
sieur  de  Jalligny  (3),  et  monseigneur  de  Vend6me(4),  ne 
se  montrerent  pas  moins  empresses  a  flatter  la  passion 
de  I'oncle  du  Roi. 

On  lit  encore  sur  cette  longue  liste  de  donateurs 
les  noms  de  Beraud ,  dauphin  d'Auvergne  (5),  de 
Lhermitte  de  la  Faye  (6),  chambellan  du  Roi  et  se- 
nechal  de  Beaucaire,  de  Philippe  de  Corbie  (7),  maitre 
d'hotel,  fils  du  venerable  Arnaud  de  Corbie,  premier 
president  du  Parlement  et  chancelier  de  France,  de 
Pierre  de  I'Esclat  (8),  maitre  des  requetes  de  I'hotel,  de 
Gontier  Col  (9),  notaireet  conseiller  du  Roi,  de  Fruitier, 
dit  Salmon (10), secretaire  du  Roi,de  Robert  Mauger(i  i), 
nomme  premier  president  du  Parlement  de  Paris  en 
1418,  d'Olivier  de  Mauny  (12),  capitaine  de  Saint-Malo, 
puis  bailli  de  Caen,  du  prevot  de  Paris,  messire  Guil- 
laume  de  Tignonville  (i3)  et  de  Raoul  d'Auqueton- 
ville  (14),  ce  felon  chevalier  normand  qui  trempa  ses 
mains  dans  le  sang  du  due  d'Orleans.   A  tous  ces  noms 


(0  Art.  75,  670.  (8)  Art.  ii33. 

(2)  Voy.  tome  II,  p.  3o2.  (9)  Art.  986. 

(3)  Art.  394,  612,  1207.  (10)  Art.  964. 

(4)  Art.  120,  322,684,  1 1 17,  1 119.  (11)  Art.  1242. 

(5)  Art.  672,  682,825,  1246.  (12)  Art.  816. 

(6)  Art.  693,  694.  (i3)  Art.  993,  996. 

(7)  Art.  688,  974.  (14)  Art.  854. 


XLVI 


INTRODUCTION 


Donaleiirs 
clransrers. 


Donateurs 

ecclesiastiques. 


il  faut  encore  ajouter  ceux  du  sire  de  Thouars  (i),  du 
seigneur de  la  Croisette  (2),  de  lacomtcsse  de  Mortain  (3) 
et  de  la  dame  de  Saint-Just  (4). 

Les  relations  du  due  de  Berry  s'etendaient  aux  pays 
etrangers;  aussi  ne  doit-on  pas  s'etonner  de  trouver 
parmi  les  personnages  qui  entretenaient  avec  lui  des  re- 
lations cordiales  la  reine  d'Angleterre  (5),  fille  de 
Charles  le  Mauvais  et  par  consequent  niece  de  Jean, 
le  due  d'York  (6),  Charlotte  de  Bourbon,  reine  de  Chy- 
prc  (7),  la  duchesse  de  Gueldre  (8),  le  comte  de  Tri- 
poli (9),  frereduroi  deChypre,et  jusqu'a  desAllemands 
designes  en  termes  tres  vagues,  comme  une  dame 
d'Allemagne  (10),  un  chevalier  d'Allemagne  (11).  Une 
habitante  de  la  ville  de  Cologne,  Catherine  de  Lizen- 
beke  ou  de  Liskerke,  avait  envoye  au  Due,  avant  1401, 
une  serie  de  reliques  qu'il  s'empressa  de  dc'poser  a  la 
Sainte-Chapelle  de  Bourges  (12). 

Les  princes  de  I'Eglise  contribuerent,  plus  que  tons 
autres,  a  augmenter  les  collections  de  Bourges.  Plusieurs 
articles  de  nos  inventaires  portent  les  armes  du  pape 
Clement  VII  avec  qui  le  Due  n'avait  cesse  d'entretenir 
des  rapports  amicaux.  Les  divers  presents  envoyes  en 
Berry  par  le  pape  Jean  XXII  (i3),  montrent  que  les 
bonnes  relations  du  prince  avec  le  Saint-Siege  ne 
cesserent  qu'avec  sa  vie.  Les  prelats  francais  s'em- 
pressent  de  suivre  Texemple  du  chef  de  I'Eglise.  Parmi 
ceux  dont  le  nom  revient  le  plus  souvent  sur  I'lnven- 
taire,  signalons  deux  des  officiers  de  Tcntourage  imme- 


(i)  Art.  3o6. 

(2)  Art.  317. 

(3)  Art.  80. 

(4)  Art.  600,  609. 

(5)  Art.  ii85. 

(6)  Art.  1 1 28. 

(7)  Art.  76,  I  i3i,  1 137. 


(8)  Art.  1 181. 

(9)  Art.   I  1 55. 
(lo)Art.  i36. 

(11)  Art.  822. 

(12)  Inv.  B.  art.  317. 

(1 3)  Art.  447,  83o,   11 39. 


INTRODUCTION  XLVII 

diat  du  prince  :  d'abord,  son  ancien  tresorier  general, 
Martin  Gouge  deCharpaignes,  eveque  de  Chartres,  puis 
de  Clermont,  ensuite  Guillaume  Boisratier,  archeveque 
de  Bourges,  un  des  conseillers  les  plus  ecoutes  du  Due 
dans  les  dernieres  annees  de  sa  vie.  Ces  deux  prelats  ne 
laissent  pas  echapper  une  occasion  de  lui  temoigner  leur 
attachement.  Soit  au  i"  Janvier,  soit  en  d'autres  circons- 
tances,  Martin  Gouge  n'offre  pas  moins  de  dix-sept 
joyaux  ou  manuscrits  (i).  Au  nombre  de  ces  objets,  on 
remarque  une  aiguiere  d'or  avec  une  inscription  rap- 
pelant  qu'elle  avait  appartenu  au  roi  saint  Louis ;  peut- 
etre,  I'eveque  avait-il  enleve  cette  precieuse  relique  du 
tresor  de  son  eglise,  sachant  qu'elle  serait  particuliere- 
ment  agreable  a  son  protecteur.  En  effet,  c'est  peu  de 
temps  apres  sa  nomination  au  siege  de  Chartres  que 
Martin  Gouge  enrichissait  de  cette  venerable  aiguiere  les 
collections  ducales.  Le  i"  Janvier  141 6,  Martin  Gouge 
s'associe  avec  Guillaume  Boisratier  pour  faire  present 
c^  son  maitre  d'une  paix  d'or  (2).  Le  nom  de  I'arche- 
veque  de  Bourges  figure  encore  a  six  reprises  parmi 
ceux  des  donateurs  (3). 

Si  ces  deux  prelats  se  montrent  parmi  les  plus  em- 
presses a  se  rappeler  en  toute  circonstance  au  souvenir 
de  leur  maitre,  les  autres  dignitaires  ecclesiastiques  sui- 
vent  a  I'envi  leur  exemple.  C'est  Jean  et  Gerard  de 
Montaigu,  les  freres  de  I'infortune  grand  maitre  de 
I'hotel  du  Roi ;  le  premier  etait  archeveque  de  Sens  (4), 
le  second  fut  eveque  de  Poitiers,  puis  de  Paris  (5) ;  Pierre 
de  Savois}',  eveque  de  Beauvais  ((5) ;  Simond  de  Cramand, 

(i)  Art.  193,  3ii,  (366,677,  "^06,  808,  814,  8i5,  S32,  936,  937,969, 
993,  iiio,  1121,  1122,  1124. 

(2)  Art.  1 122. 

(3)  Art.  938,  944,  967,  1 120,  1 170,  12  19. 

(4)  Art.  992. 

(5)  Art.  443,  667. 

(6)  Art.  673. 


INTRODUCTION 


patriarchc  d'Alexandrie,  archevcquc  dc  Reims  (i);  Pierre 
Neveu,  eveque  de  Lavaur,  puis  d'Alby,  qui  scrvit  d'in- 
termediaire  a  diverses  reprises  entre  le  pape  et  le  due 
Jean  (2);  le  cardinal  d'Armagnac,archeveque  d'Auch  (3); 
Gerard  du  Puy,  eveque  de  Saint-Flour  (4)  ;  Michel 
Leboeuf,  eveque  de  Lodeve  (5);  Leger  d'Eyragues, 
eveque  de  Gap  (6);  Hugues  de  Magnac,  eveque  de 
Limoges  (7)  ;  enfin  Louis,  cardinal  de  Bar,  eveque  de 
Chalons  (8). 

Bien  d'autres  personnages  appartenant  au  mondc  reli- 
gieux  viennent  grossir  la  foule  des  courtisans  du  pou- 
voir.  Nous  trouvons  ca  et  la  les  noms  de  Philibert  de 
Naillac,  grand  maitre  de  Rhodes  (9),  du  cardinal  de 
Pise(io),  de  Raymond  de  Lescure,  grand  prieurde  Tou- 
louse (i  i),  de  I'abbe  de  Saint-Guillaume  (i2),de  Jacques 
Legrand,  religieux  Augustin  (i3),  fameux  predicateur, 
tout  devoue  au  parti  d'Armagnac  ;  d'Asselyn  Roine, 
tresorier  de  Saint-Hilaire  de  Poitiers,  confesseur  du 
Due  (14);  de  I'abbe  de  Deols  (i5)  et  de  I'abbe  de  Bru- 
ges (16). 

Les  chapitres  des  eglises  ne  se  montraient  pas  moins 
empresses  a  condescendre  aux  caprices  du  prince  dont 
ils  avaient  besoin  de  se  menager  la  protection.  Ainsi,  les 
chanoines  de  Teglise  de  Chartres  offrent  un  tableau  d'or 
avec  un  fragment  du  bois  de  la  vraie  croix(i7);  cette 
relique  fit  retour  au  chapitre  apres  la  mort  du  due  de 
Berry.  Les  memes  font  encore  don  d'un  gros  diamant, 

(i)  Art.  678.  (10)  Art.  12 lo. 

(2)  Art.  811,  812,  11G2.                          (II)  Art.  819,  820,  821,  842. 

(3)  Art.  67,  669.  (12)  Art.  95. 

(4)  Art.  950,  976.  (i3)  Art.  991. 

(5)  Art.  1 129.  (14)  Art.  680. 

(6)  Art.  1240.  (i5)  Art.  824. 

(7)  Art.  94.  (16)  Art.  935. 

(8)  Art.   1248.  (17)  Art.  69. 

(9)  Art.  1 3,  334,  692. 


INTRODUCTION  XLIX 

dit  \q  Diamant  de  Char/res  (i),  qui  ne  rcsta  pas  long- 
temps  dans  le  tresor  de  Bourges. 

II  est  au  moins  douteux  que  les  gardiens  naturels  du 
tresor  de  la  Saintc-Chapelle  de  Paris  eussent  donne  dc 
leur  plein  gre  les  reliques  du  sang  du  Christ  et  du  lait 
de  Notre  Dame,  que  le  Ducenferma  dansunmagnifique 
tabernacle.  L'inventaire  contient  a  leur  sujet  ce  precieux 
aveu  :  «  prins  en  la  Sainte-Chapelle  du  Palais  a  Paris  (2)  ». 
D'ou  il  est  permis  de  conclure  que  nul  moyen  ne  repu- 
gnait  a  I'ardent  amateur  quand  ses  convoitises  rencon- 
traient  quelque  obstacle. 

Le  chapitre  de  Bourges  fit  moins  de  difficultes  II  ne 
s'agissait,  il  est  vrai,  que  d'un  vase  d'agathe  (3). 

Robinet  d'Etampes  porte  sur  son  registre  tout  ce  qui 
se  rencontre  dans  les  coffres  de  son  maitre,  sans  s'in- 
quieter  outre  mesure  de  la  provenance  et  du  veritable 
proprietaire.  C'est  ainsi  qu'il  inscrit  parmi  les  livres  de 
la  librairie  un  manuscrit  des  Chroniques  de  France  (4) 
prete  par  I'abbaye  de  Saint-Denis  et  que  le  due  Jean 
avait  demande  pour  le  faire  copier.  Les  religieux  recla- 
merent  leur  bien  en  1416  et  se  le  firent  restituer. 

II  nous  reste  a  parler  d'une  derniere  classe  de  dona-    oomoferts 

par  les  officiers 

teurs  particulierement  mteresses  a  se  menager  les  bonnes  du  Due. 
dispositions  du  prince.  Nous  voulons  parler  des  officiers 
de  samaison,  de  ses  serviteurs  et  des  marchands  en  rela- 
tions d'affaires  avec  lui.  Ce  ne  sont  pas  les  articles  les 
moins  curieux  de  Tinventaire,  et  cela  se  concoit.  Nous 
penetrons  avec  ces  familiersde  la  petite  cour  de  Bourges 
dans  la  vie  intime  du  due  Jean.  Voici,  par  exemple,  un 
«  livre  contrefait  d'une  piece  de  bois  paincte  en  sem- 
blance d'un  livre,  ou  il  n'a  nuls  feuillets  ne  rien  escript  » 
offert  par  Pol  de   Limbourg  et   ses  deux  frcres  (5).  Ce 

(i)  Art.  441.  (4)  Art.  1249. 

(2)  Art.  1 1 1 1.  (5)  Art.  994. 

(3)  Art.  663. 


INTRODUCTION 


present  facetieux  montre  qu'on  aimait  a  rire  dans  Ten- 
tourage  du  prince,  et  que  lui-meme  comprenait  et  goutait 
au  besoin  la  plaisanterie.  C'etait  une  espieglerie  toleree 
chez  des  favoris,  et,  plus  que  tout  autre,  Pol  de  Lim- 
bourg  pouvait  fairc  accepter  de  pareilles  faceties.  Son 
talent  comme  miniaturistc,  sa  reputation  universelle- 
ment  reconnue  lui  donnaientaupres  d'un  grand  seigneur 
passionne  pour  les  arts  certaines  libertes  que  nul  autre 
ne  se  fut  permises.  Aussi,  parait-il  probable  que  la  farce 
du  «  livre  contrefait  d'une  piece  de  bois  »,  amusa  fort 
le  bon  due  de  Berr}'. 

Si  Pol  de  Limbourg  est  reellement,  comme  I'admet 
M.  Delisle  avec  toute  vraisemblance,  I'auteur  des  grandes 
miniatures  decorant  le  calendrier  du  superbe  livre 
d'Heures  de  Chantilly,  il  merite  une  place  parmi  les 
plus  grands  artistes  du  mo3^en  age  ;  ces  peintures  exqui- 
ses  peuvent  en  effet  soutenir  la  comparaison  avec  les 
chefs-d'ceuvre  les  plus  vantes  d'Andre  Beauneveu  et  de 
Jean  Fouquet. 

Le  present  du  livre  figure  est  de  I'annee  1410.  Or, 
un  nouveau  venu  ne  se  serait  guere  laisse  aller  a  une 
pareille  licence.  Pol  de  Limbourg  serait  done  reste  une 
dizaine  d'annees  au  moins  au  service  de  son  Mecene. 
11  travailla  probablement  pour  lui  jusqu'a  ses  derniers 
moments  ;  car,  le  i'^'"  Janvier  141  5,  il  faisait  hommage  a 
son  protecteur  d'une  petite  saliere  d'agate,  garnie  d'or 
et  de  pierres  (i). 

De  Pol  de  Limbourg  rapprochons  le  peintre  Jean 
Grancher,  dit  Jean  d'Orleans;  celui-ci  etait  occupe  vers 
la  meme  epoque  par  le  due  de  Berry  (2).  Ce  sont  les  seuls 
noms  d'artistes  cites  dans  I'lnventaire;  les  comptes  et 
autres  documents  authentiques  ont  garde  le  souvenir  de 


(i)  Art.  12  I  r. 

(2)  Art.  328. 


INTRODL'CTION  LI 

plusieurs  autrcs  pcintres  du  Due  dont  on  parlcra  plus 
loin. 

Les  medccins  ne  pouvaicnt  manqucr  d'cxercer  un 
certain  empire  sur  un  hommc  age.  Simon  Allegret,  le 
ph3-sicien  ordinaire  du  Due,  ne  neglige  aueune  oeeasion 
de  lui  faire  sa  eour,  et  n'oublie  pas  surtout  de  se  rap- 
peler  a  son  souvenir  lors  du  i'^'"  Janvier  (i).  II  ne  sortait 
pas  d'ailleurs  de  ses  attributions  quand  il  presentait,  aux 
etrennes  de  141 3,  un  livre  de  medecine  traitant  de  la 
vertu  des  herbes  et  des  betes  (2). 

II  eonvient  de  eiter  eneore  les  presents  d'Arnoul 
Belin  (3),  tresorier  de  la  Sainte-Chapelle  de  Bourges, 
de  Maee  Heron  (4),  tresorier  general  du  Due,  de  Jean 
Gouge  (5),  autre  tresorier,  mort  avant  141 3,  de  Jean  de 
la  Barre  (6),  receveur  general  de  toutes  les  finances  en 
Languedoe  et  Guienne,  dont  le  nom  revient  cinq  fois  dans 
le  compte,  —  sa  femme  y  figure  aussi  (7),  —  du  garde 
des  joyaux,  Robinet  d'Etampes  (8)  et  de  sa  femme  (9),  de 
Jeanl'Archeveque  (10),  seigneur  de  Parthenay,  senechal 
du  Poitou,  de  Pierre  Culon  (11),  receveur  des  aides  en 
Berry,  du  chambellan  Guillaume  de  Lodde  (12),  de  Thi- 
baut  Portier  (i3),  du  sire  d'Allegre  (14),  de  Christophe 
de  la  Mer(i5),  conseiller,  puis  tresorier  general,  de  Guil- 
laume de  Ruilly  (16),  controleur  de  la  depense,  des 
conseillers  Guillaume  de  Champeaux  (17)  et  Nicolas 
Viaut  (18),  de  Thevenin  de  Montigny,  valet  de  cham- 


(i)  Art.  41S,  ioo3,  1 167,  1243.  (10)  Art.  596,  597. 

(2)  Art.  ioo3.  (11)  Art.  11 72. 

(3)  Art.  307,  333,  1244,  1245.  (12)  Art.  3i3,  679,  829,  833, 

(4)  Art.  149,695,  1 1 38,  1 193.  ii5o,  1212. 

(5)  Art.  675.  (1 3)  Art.  386,  662,  804. 

(6)  Art.  449,458,  940, 1 153, 1220.  (14)  Art.  3io,  1 127. 

(7)  Art.  319.  (i5)  Art.  3i5,  648,  826. 
(S)  Art.  3i2,  335,  451,  460,  997,  (16)  Art.  681. 

ii3o,  1 184,  1 195.  (17)  Art.  1 168. 

(9)  Art.  332.  (18)  Art.  665. 


INTRODUCTION 


bre  (i),  enfin  des  secretaires  Pierre  de  Gynes  (2),  Michel 
Le  Beuf,  Erart  Moriset,  Jean  de  Cande,  Regnier  dc 
Boulegny  ct  Oudart  de  la  Barre  (3).  Toute  la  maison 
officielle,  dont  nous  possedons  I'etat  complet  a  la  date 
de  1 41 6  dans  le  manuscrit  de  Sainte-Genevieve,  figure 
sur  cette  liste,  sans  compter  un  certain  nombre  d'indi- 
vidus  dont  les  fonctions  ne  sont  pas  specifiees,  lis  se 
nomment  Geoffroy  Robin  (4),  Jamet  de  Nesson  (5), 
Gauchier  de  Passac  (6),  Jean  Dompne  (7),  Guillaume 
Lurin  (8),  Geoffroy  de  Damart  (9),  Jacques  Couran  (10), 
Guy  de  la  Roche  (11),  Jehannin  Henon  (12),  Bureau 
de  Dammartin  (i3),  Pannier  (14),  Poulain  (i5),  Raymond 
Christofle  (16). 

L'examen  de  certains  articles  de  cette  longue  liste,  si 
nous  avions  le  loisir  de  I'entreprendre,  donnerait  lieu  a 
des  remarques  piquantes.  Ainsi,  les  secretaires  du  Due 
qui  se  reunissent  au  moment  des  etrennes  pour  offrir 
coUectivemcnt  un  present  de  plus  grande  valeur,  restent 
dans  la  sphere  de  leurs  attributions  quand  ils  font  hom- 
mage  d'un  encrier  d'argent  (i7),ou  encore  d'une  table  k 
jeu  (18). 
Dons offcrts par  Daus  fenumeration  qui  precede  figuraient  les  femmes 
lesjemmes.    ^^  j^^^  ^^  ^^  g.^j,j.^  ^^  ^^  Robiuet  d'Etauipes.  A  celles- 

la  il  faut  joindre  un  certain  nombre  d'autres  noms, 
telles  que   les    femmes  de   Francois  de  Neisly  (19),  de 


( I ;  Art.  1 1  54,  1 1 87,  II 94.         ( I  o)  Art.  9 1 1 ,  942 . 

(2)  Art.  1 1 18.  (11)  Art.  1191. 

(3)  Art.  79,  3i8,  323,  329,  33i.  (12)  Art.  192. 
939,  1140.  (1 3)  Art.  834. 

(4^  Art.  8o5,  951.  (14)  Art.  610. 

(5)  Art.  1 1  59.  (i5)  Art.  6o5. 

(6)  Art.  326.  (16)  Art.  320.  414. 

(7)  Art.  385.  (i7)Art.  323,  1140. 

(8)  Art.  444,  446.  (18)  Art.  33 1. 

(9)  Art.  595.  (19)  Art-  "8(3. 


INTRODUCTION  LIII 


David   de   Brimeu  (i),  de  Pierre   le  Biernois  (2),  et  de 
Regnier  de  BouUegny  (3),  le  secretaire  du  prince. 

On  doit  une  mention  particuliere  a  une  personne  j/ji'/^'^^^^'l^i 
illustre  dans  les  lettres,  dont  les  relations  avec  Ic  due  ^••■^  «"]^';;^f  ^  "« 
de  Berry  sont  attestees  par  les  articles  de  nos  inven- 
taires.  Sur  sept  manuscrits  presentes  par  Christine  de 
Pisan  (4)^  quatre  ou  cinq  contenaient  diverses  oeuvres 
d'elle.  On  salt  que  la  femme  poete  dedia  la  plupart 
de  ses  ouvrages  soit  au  due  de  Berry  soit  au  due  de 
Bourgogne.  C'etait  une  maniere  indirecte  de  solliciter 
la  protection  et  les  liberalites  de  ces  princes  riches  et 
magnifiques. 

II  ne  reste  plus  guere  a  signaler  que  les  marchands  ^^^^  „STcL«is. 
genois,  venitiens  ou  florentins  qui,  en  offrant  a  leur 
noble  client  quelques  objets  curieux,  savaient  bien  que 
leurs  depenses  constituaient  un  excellent  placement.  Ces 
marchands  se  nomment  Janus  de  Grimault  (5),  Constan- 
tin  de  Nicolas  (6),  Loys  Gradenigo,  de  Venise  (7),  Baude 
de  Guy  (8),  Nicolas  Pigace  (9).  Tons  font  partie  des 
notables  commercants  installes  a  Paris;  leurs  noms  se 
retrouvent  frequemment  dans  les  documents  de  I'epo- 
que.  Quelquefois,  ils  jouent  le  simple  role  d'interme- 
diaires.  C'est  ainsi  que  Constantin  de  Nicolas  apporte 
a  Bourges  le  corps  d'un  Innocent  dans  un  petit  coffret 
de  la  part  du  doge  de  Venise  (10),  et  qu'on  voit  Andre 
Raponde  remettre,  en  juin  iqiijUn  anneau  d'or  orne 
d'un  petit  rubis,  oftert  par  la  ville  d'Avignon  (11).  Toute- 
fois,  si   ces  marchands  paraissent  de  temps  en  temps 

(i)  Art.  i25i.  C'est  le  dernier  ar-  (5)  Art.  70. 

ticlede  I'lnventaire.  Le  manuscrit  (6)  Art.  327,  1192. 

inscrit  sous  ce  numero  fut  ofFcrt  le  (7)  Art.  357. 

I"  Janvier  1416.  (8)  Art.  41 5,  437,  450,  392. 

(2)  Art.  247.  (9)  Art.  438. 

(3)  Art.  601.  (10)  Art.  i38. 

(4)  Art.  932,  943,  949,  952,977'  ('0  Art.  355. 
1004,  1239. 


LIV  INTRODUCTION 


parnii  les   donatcurs,  leurs  noms  revicnncnt  bien  plus 
souvent  dans  le  chapitre  des  achats. 

Quel  que  fut  le  soin  de  Robinet  d'Etampes  a  se  rensei- 
gner  et  a  tenir  bonne  note  de  la  provenance  des  objets 
confies  a  sa  garde,  il  en  est  un  certain  nombre  sur 
lesquels  il  n'a  pu  recueillir  que  des  indications  vagues 
ou  incompletes.  L'ignorance  du  garde  des  jo^vaux  s'expli- 
que  du  reste  par  la  valeur  insignifiante  de  ces  presents, 
oflferts  sans  doute  par  quelque  officier  subalterne.  D'ail- 
leurs,  le  nombre  de  ces  dons  anon3'mes  est  assez  res- 
treint,  puisqu'on  n'en  compte  que  sept  en  tout  (i). 

Les  trois  cent   cinquante-six  objets  de  toute  nature 
que    de  nombreux   donateurs  avaient  fait  entrer  dans 
les  collections    du    due    de    Berry  en    I'espace    d'une 
quinzaine  d'annees  ont  leur  contre-partie  dans  les  pre- 
sents que    le   prince  etait    oblige    d'offrir  aux   person- 
nes  de  sa  famille  et  de  son  entourage.  Les  etats  successifs 
du  tresor  de  Bourges,  si  differents  les  uns  des  autres, 
donnent  une  idee  de   la  rapidite  avec   laquelle  se  for- 
maient  et  se  dispersaient  alors  les  collections  les  plus  pre- 
cieuses.  Nul  document  n'est  plus  significatif  a  cet  egard 
que  le  compte  de  Robinet  d'Etampes,  car  nous  ne  con- 
naissons  aucun    inventaire    contenant   des    indications 
aussi  minutieuses  sur  I'origine  de  chaque  article  et  sur 
son   sort  ulterieur  apres  la  mort  du  proprietaire.  Ces 
additions   ajoutent  done  aux  descriptions  detaillees  de 
chaque  jo3'au  et  de  chaque  manuscrit  un  prix  inestima- 
ble. Combien  il  est  regrettable  que  nous  ne  soyons  pas 
renseignes  d'une  facon  aussi  precise  sur  les  collections 
du  roi  Charles  V  ! 

L'inventaire  de  1401  est,  a  ce  point  de  vue,  bien 
inferieur  au  compte  de  141 3.  C'est  a  peine  s'il  nous 
apprend  I'origine  d'une  trentaine  d'articles   provenant 


(i)  Art.  194,  32  5,  336,  416,  440,  Sgi,  Go3. 


INTRODUCTION 


de  hauls  personnages  ou  de  familiers  du  Due,  dont  on  a 
dejii  presente  ci-dcssus  une  enumeration  complete  (i). 


(i)  Voy.  plus  haut,  pages  xxxvi  ct  xxxvii. 

Pour  en  finir  avec  cettc  question,  nous  avons  dress6  une  liste  par 
annee  de  tous  les  articles  de  I'lnventaire  de  141 3  provenant  de  dons,  en 
ayant  soin  de  distinguer  par  une  asterisque  ceux  qui  ne  furent  pas 
offerts  b.  I'occasion  des  etrcnnes. 

1401  :  Un  seul  article  :  436.  Les  autres  dons  de  1401  tiguraient  dcja 
sur  le  premier  inventaire. 

1402  :  Dix-huit  articles,  dont  sept  aux  ctrenncs  (67,  *Joi,  *i33, 
*i34,  *i35,  3o6,  307,  366  (i),  384,  *385,  *437,  591,  *592,  *595,  *662, 
*663.  *675,  8o3)  et  deux  manuscrits  (911,  *9i2). 

1403  :  Sept  articles,  dont  cinq  aux  ctrennes  (68,  120,  *i92,  386, 
*438,  664,  8o5)  et  six  manuscrits  (*932,  *933,  *934,  *935,  *936,  *937). 

1404  :  Quatorze  articles^  dont  quatre  aux  etrennes  (g5,  *3o8,  *3og 
*3io,  *3ii,  *35o,  *4i3,  *476,  *593,  *594,  665,  666,  *667,  674)  ct  six 
manuscrits  (938,  939,  *940,  *94i,  *942,  *952). 

1405  :  Seize  articles,  dont  huit  aux  etrennes  (79,  *ioo,  *i62,3i2,  3i3, 
3 1 5,  *439,  *596,  *597,  *598,  *599,  668,  669,  *67o,  690,  804)  et  deux 
manuscrits  (943,  *944). 

1406  :  Seize  articles,  dont  treizc  aux  etrennes  (*69;,  94,  164,  3i6j  317, 
3 18,  319,  *320,  387,  414,  600,  607,  671,  672,  673,  *677),  et  deux  manu- 
scrits (gbo,  gbi). 

1407  :  Douze  articles,  dont  neuf  aux  etrennes  (32i,  322,  323,  601, 
676,  678,  679,  687,  816,  *8i9,  *82o,  *82i),  et  quatre  manuscrits  (*965, 
*966,  *967,  *968). 

1408:  Tente-un  articles  dont  dix-huit  aux  ctrennes  (70,  *yi,  102,  324, 
*328,  388, 389,  390,  415,  416,  442,  *469,  602,  6o3, 604,  *6o5,  680,  681, 
682,  683,  *8o7,  808,  *8o9,  *8io,  *8ii,  *8i2,  *8i3,  *8i4,  *8i5,  *823, 
842),  et  deux  manuscrits  (969,  970). 

1409:  Douze  articles,  dont  sept  aux  ctrennes  (12,  *i9i,  *i93,  329, 
391,  392,  444,  470,606,  *684,  *685,  *688;,  et   trois  manuscrits  (*9734 

1410  :  Vingt-un  articles,  dont  dix-scpt  aux  etrennes  (i3,  72,  73,  74, 
75,  76,  187,  194,  33o,  33i,  *334,  35i,  393,  394,  446,  *447,6io,  686,  689, 
*692,  *83o),  et  quatre  manuscrits  (976,  977,  *99i,  *992). 

141 1  :  Treize  articles,  dont  douze  aux  etrennes  (78,  149,  332,  333, 
354,  355,  417,  448,  449,  45o,  45i,  *452,  829),  ct  deux  manuscrits  (993, 
994)- 

141  2  :  Six  articles,  dont  cinq  aux  ctrennes  (335,  358,  395,  418,  *453, 
693),  et  cinq  manuscrits  (*995,  *996,  *998,  *999,  *ioo6). 

(i)  Ce  balai  qui  couta  18000  ecus  d'or  devait  compter  pour  les  etrennes  de  trois 
anne'es  (1402-140^). 


1402  a  1416. 


LVI  INTRODUCTION 

Achats  En  poursuivant  I'examen   des  origines  dc  la  collec- 

dc  tion,  on  remarque   que,  pendant  la  periode  de  quinze 

annees  s'etendant  de  1402  a  1416,  le  total  des  acquisi- 
tions s'eleve  a  cent  dix-neuf  articles ;  soit,  en  tout,  environ 
quatre  cent  quatre-vingts  objets  de  toute  nature  venant 
remplacer  les  jo3^aux  ou  manuscrits  du  premier  inven- 
taire,  livres  a  la  Sainte-Chapelle  de  Bourgcs  ou  sortis 
du  tresor  pour  divers  motifs.  Le  surplus  avait  etc  inscrit 
deja  sur  I'inventaire  de  1402. 

Ainsi,  plus  d'un  tiers  des  articles  enumeres  dans  le 
compte  de  Robinet  d'Etampes  fut  acquis  en  moins 
d'une  quinzaine  d'annees.  Pendant  ce  temps,  un  nombre 
a  peu  pres  egal  de  joyaux  ou  de  manuscrits  etait  sorti  du 
tresor.  Tous  ces  changements  sont  soigneusement  rele- 
ves  par  les  gardiens  responsables  de  ces  richesses.  II  ne 
faut  pas  oublier  que  quantite  d'objets  d'une  reelle 
valeur  ne  furentpasconsignessurles  inventairesque  nous 
possedons,   ainsi    que   le  prouve    la  liste    des  presents 

141 3  :  Vingt-six  articles,  dont  vingt-un  aux  etrennes  (80,  io3,  356, 
357,  454,  455,  456,  457,  458,  459,  460,  461,  61 1,  612,  694,695,  696,  83i, 
832,  833,  834,  *ii28,  *ii48,  *ii8i,  *i209,  *i2i9),  et  quatre  manuscrits 
(ioo3,  1004,  ioo5,  *i24i). 

1414  :  Vingt-un  articles,  dont  seize  aux  etrennes  (1108,  11 17,  11 18, 
1125,  1126,  1127,  *ii29,  1149,  ii5o,  *ii52,  1161,  1167,  *ii70,  1182, 
ii83,  1184,  *ii85,  *ii88,  1207,  1223,  1224),  et  quatre  manuscrits  (1 238, 

1239,    1240,  *I242). 

141  5  :  Trente  articles,  dont  vingt-cinq  aux  etrennes  (i  109,  11 10,  11 19, 
1 120, 1 121,  I  i3o,  1 1 33,  ii34, ii35, *ii3g,  1 140,  i i5i, 1 153,  1 162, 1 163, 
1 168,  1 169,  *i 171,  1 172,  *ii86,  *ii87,  1 189,  1 190,  1 191,  1 192,  *  1 193, 
1208,  1 2 10,  121 1,  12 1 2),  et  deux  manuscrits  (1243,  1244). 

1416  :  Dix  articles,  dont  neuf  aux  etrennes  (i  122,  ii3i,  ii36,  1137, 
ii38,  *ii55,  1 194,  1 195,  i2i3,  1220),  et  quatre  manuscrits  (1245, 
*i246,  *i247,  i25i). 

Soit,  en  tout,  trois  cent  sept  cadeaux  d'ctrcnncs,  tant  joyaux  que  ma- 
nuscrits. Le  nombre  des  livres  offerts  au  due  dc  Berry  s'eleve  au  chif- 
fre  dc  cinquante-trois.  Le  total  de  cettc  listc  chronologique  ne  corres- 
pond pas  cxactement  a  celui  des  dons  re^us  par  le  due  dc  Berry;  ccla 
vient  de  ce  qu'un  certain  nombre  d'objets  prescntes  a  des  dates  indeter- 
minees  n'y  figurcnt  pas. 


INTRODUCTION  LVII 

offerts  par  Ic  due  dc  Bourgogne  lors  du  nouvcl  an.  On  ne 
connaitra  done  jamais  exactemcnt  la  quantite  et  la  nature 
de  routes  les  richesses  possedees  par  le  due  de  Berry 
pendant  le  eours  de  sa  longue  existenee.  II  est  egale- 
ment  impossible  de  dresser  un  etat  eomplet  de  ee  tresor 
soumis  a  des  modifieations  quasi  quotidiennes.  C'est 
un  eote  de  la  question  qu'il  importe  de  ne  jamais  perdre 
de  vue. 

Independamment  des  dons  et  des  aehats,  le  due  de 
Berry  renouvelait  ineessamment  ses  joyaux  par  des 
eommandes  a  ses  orfevres  attitrcs.  Comme  la  realisa- 
tion de  pareils  eaprieesetait  fort  onereuse,  on  employait 
a  la  fabrieation  des  nouveaux  ehefs-d'oeuvre  la  matiere 
des  objets  tombes  en  defaveur.  Robinet  d'Etampes  a 
consacre  plusieurs  artieles  (i),  dans  le  ehapitre  des 
pierres  preeieuses,  al'enumeration  des  rubis,des  saphirs, 
des  diamants,  ete.,  provenant  d'images  et  de  tableaux 
d'art,  de  portepaix  et  autres  objets  detruits  sur  les  ordres 
de  son  maitre. 

Apres  avoir  note  avee  tant  de  sollicitude  la  provenanee 
des  tresors  eonfies  a  ses  soins,  le  serupuleux  Robinet 
.  d'Etampes  n'avait  garde  d'omettre  la  mention  de  ee 
qui  sortait  de  ses  mains  pour  un  motif  queleonque.  II 
inserivait  en  marge  de  son  registre,  avee  une  ponetualite 
rigoureuse,  les  dates  et  les  eireonstanees  de  ees  aliena- 
tions ;  e'etait  pour  lui  le  seul  moyen  d'eviter  de  gra- 
ves responsabilites.  Ces  notes  marginales,  reproduites  iei 
en  petit  texte  a  la  suite  de  ehaque  artiele,  nous  font  eon- 
naitre  tous  les  objets  de  la  eolleetion  donnes  ou  engages 
par  le  due  de  Berry  depuis  1402,  date  de  la  remise  des 
joyaux  a  Robinet  d'Etampes,  jusqu'en  1416. 

II  resulte  de  ees  annotations  que  deux  eent  trente-un      Dons  fans 
articles,  portes  sur  I'lnventaire  de  141 3,  furent  ofterts  a  due  dc  Berry. 


(i)  Inv.  A,  art.   359,  36i,  SGy,  397,  46: 


INTRODLXTION 


diffcrcnts  personnages  du  vivant  du  due  de  Berry.  Sin- 
ce nombre,  trois  seulement  sont  attribues  a  des  servi- 
teurs  du  prince  dont  le  nom  n'est  pas  mentionne  (i). 
Le  garde  des  joyaux  avoue  en  outre  la  perte  de  douze 
numeros    (2),    en    relatant   soigneusement    les    circon- 
stances  de  nature  a  couvrir  sa  responsabilite.  Au  sur- 
plus, les  articles  ainsi  disparus  sont  generalement  de 
minime  valeur.  Robinet  d'Etampes  declare  aussi  qu'un 
objetavait  ete  vole  (3).  C'cst  un  des  deux  encriers  d'ar- 
gent  offerts  par  les  secretaires.   II  avait  ete  derobe  au 
■chateau  de  Nesle,  dans  le  bureau  meme  du  prince.  Rap- 
pelons  encore  que  deux  des  articles  inscrits  sur  I'inven- 
taire,  le  reliquaire  contenant  un  morceau  du  bois  de  la 
vraic   croix  et  le  manuscrit  des  Chroniques  de  France, 
n'appartenaient  pas  au  due  de  Berry.  lis  avaient  ete  pre- 
tes  par  les  chapitres  de  Chartres  et  de  Saint-Denis   qui 
les  reclamerent  des  que   I'occasion  s'offrit  de  les  recou- 
vrer.  Les  12b i  numeros   de  I'inventaire  A  se  trouvent 
ainsi  reduits,  par  suite  de  dons,  de  pertes,  de  vols  ou  de 
restitutions,  a  un  millier  d'articles,  auxquels  il  convient 
d'ajouter  les  tapisseries,  le  linge,  les  ornements  d'eglise, 
les  vetements,  toutes  choses  dont  Robinet  d'Etampes 
n'avait  pas  a  s'inquieter. 

Sans  entrer  dans  I'examen  minutieux  des  libera- 
lites  qui  diminuerent,  comme  on  vient  de  le  dire,  le 
tresor  de  Bourges,  nous  allons  dresser  une  nomenclature 
succincte  des  personnages  qui  recurent  ces  dons,  en 
insistant  sur  les  particularites  dignes  d'attention.  Ainsi, 
des  quinze  articles  (4)  abandonnes  en  tout  ou  en  partie 


(i)  Art.  444,  496,  (33  1. 

(2)  Art.   64,    704,  797,  833,  844,  847,  848,  849,    1027,    iu5o,    10.-) i, 
1221. 

(3)  Art.  323. 

(4)  Art.  162,  339,  359,  36o,  363,  364,    366,    371,    392,429,  449,  4()7, 

776,  1 160,  1 163. 


INTRODUCTION 


au  roi  Charles  VI,  le  plus  grand  nombre  (i)  est  relatif      Dons  au 

V       ,  «      J  1  ^   I  ■  r  roi  Charles  VI. 

a  des  gemmes  ou  a  des  perlcs  ornant  la  magninquc 
croix  offerte  au  Roi  par  le  Ducpeu  de  jours  avant  sa  mort. 
II  est  frequemment  question  de  cette  croix,  nomniee 
pulchevrima  crux,  dans  le  compte  de  Robinet  d'Etampes; 
mais  on  y  chercherait  vainement  une  description  quel- 
que  peu  detaillee  de  ce  joyau  exceptionnel.  Heureuse- 
ment,  un  manuscrit,  deja  mentionne  plus  haut,  nous  a 
conserve  I'enumeration  (2)  des  emaux  et  des  nombreuses 
pierres  qui  le  decoraient ;  dans  le  nombre  se  retrouve 
le  gros  balai  paye  a  Janus  de  Grimault,  en  1408  (3), 
seize  mille  ecus  d'or.  D'apres  ce  manuscrit,  I'execution 
de  la  croix  aurait  ete  confiee  a  Herman  Rainsse,  un  des 
plus  habiles  orfevres  parisiens,  et  il  semble  bien  resul- 
ter  de  la  description  que  les  pierres  livrees  au  joaillier 
pour  sa  decoration  n'etaient  pas  encore  mises  en 
oeuvre  lors  de  la  mort  du  due  de  Berry.  Si  nous  con- 
naissons  ces  particularites,  c'est  seulement  par  suite  de 
cette  circonstance  que  la  croix  fut  detruite  quelques 
semaines  a  peine  apres  la  mort  de  celui  qui  I'avait  com- 
mandee.  C'est,  en  effet,  dans  la  liste  des  objets  d'or  et  d'ar- 
gent  envoyes  a  la  Monnaie  pour  solder  les  troupes  fran- 
caises  que  cette  mention  precieuse  a  ete  conservee. 
Elle  nous  apprend  que  la  croix,  entouree  de  petits  anges 
en  relief,  emailles  de  couleur  bleue,  pesait  pres  de  cin- 
quante  marcs,  sc/it  a  peu  pres  douze  kilogrammes  d'or. 
On  comprend  que  le  due  de  Berry  ait  voulut  rehausser 
cette  piece  unique  avec  les  plus  belles  pierres  de  son 
tresor. 

II   n'y    a  rien  a  dire   de  deux    diamants  pointus  (4) 

(i)  Douze  articles  sur  quinze.   Les  trois  autrcs   sont  les  11°''  429,.  449, 

776. 

(2)  Voyez  tome  II,  p.  340. 

(3)  Art.  162. 

(4)  Art.  4i'9,  449. 


LX  INTRODUCTION 

offcrts  a  Charles  VI ;  mais   il  convient  de  signaler  ce 
hanap  d'or   d'ancienne   facon   (i)  dont   I'etrange  deco- 
ration   a  paru   au    garde   des   joyaux  meriter  une  des- 
cription minutieuse.   On  rencontre   rarement  dans  les 
inventaires  du  temps  une  piece  aussi  singuliere.  Quels 
sont  ces  personnages  que  le  texte  nomme  Marcus  Emi- 
lius,  Sempronius  Gallus,  Celius  Servilius,  Publius  Clau- 
dius, Lucius  Cantulius,  Lucius  Simius?  Sous  leur  desi- 
nence  latine,    ces  noms   etranges    ne   designeraient-ils 
pas  de  fameux  magiciens,  reputes  pour  leurs  connaissan- 
ces  dans  les  sciences  occultes?  Les  inscriptions  inintel- 
ligibles,   peut-etre    de    dessein   premedite,   reproduites 
dans  le  texte  de  I'lnventaire,  semblent  se  rapporter  a  des 
pratiques  mysterieuses,  a  une  destination  cabalistique. 
En  vain  avons-nous  cherche  I'explication  de  ces  enigmes, 
en  vain  avons-nous  consulte  les  personnes  versees  dans 
I'etude    de   I'antiquite;  nous  n'attendons   plus  que  du 
hasard  ou  de  quelque  rencontre  fortuite  la   solution  du 
probleme. 
Dons  aux         Si  Ic   Roi   recevait   les  pieces  capitales  du  tresor  de 
^'e?ftr{7g"'rs!'  Bourges,  uue  large  part  etait  faite  a  tons  les  princes  de 
la  maison  de  France,  ainsi  qua  plusieurs   souverains 
etrangers. 

Le  nom  du  due  de  Guienne,  fils  aine  de  Charles  VI, 
mort  en  141 5,  revient  jusqu'a  douze  fois  (2)  dans  ces 
annotations  de  Robinet  d'Etampes;  celui  de  sa  soeur, 
Marie  de  France,  religieuse  a  Poissy,  reparait  dans  deux 
articles  (3).  Le  due  de  Berry  avait  donne  a  sa  petite  niece 
le  superbe  manuscrit  en  deux  volumes  connu  sous  le 


(i)  Art.  776. 

(2)  Art.  56,  162,  342,  43i,  441,  452,  469,  696,  785,  832,  1809,  1112. 
Ces  dons  comprenncnt  surtout  des  pierrcries  de  grande  valeur,  cuinir.e 
le  Diamant  de  Chartres  de  I'article  441.  Un  autre  diamant  (n°  452), 
donne  par  le  due  de  Guienne  en  1410,  lui  est  restituc  deux  ans  apres. 

(3)  Art.  80,  963. 


INTRODUCTION 


titre  d^Heures  de  Belleville  (i),  une  des  merveilles  de  la 
calligraphic  au  xiv<^  siecle,  qui  avait  passe  par  la  librairie 
de  Charles  V  avant  de  venir  en  la  possession  de  son  frere. 
On  en  trouvera  plus  loin  la  des-cription. 

Parmi  les  personnages  de  marque  inscrits  sur  la 
liste  des  donataires,  figurent,  au  premier  rang,  TEm- 
pereur  (2),  le  pape  (3),  —  il  s'agit  probablement  de 
Jean  XXIII,  —  le  roi  (4)  et  la  reine  (5)  d'Espagne,  le  roi 
d'Angleterre  (6),  le  roi  des  Romains  (7),  le  roi  de 
Sicile  (8),  le  roi  de  Chypre  (9). 

La  plupart  de  ces  princes  recoivent  des  reliques,  des 
pierres  fines,  des  anneaux  d'or  avec  diamants,  tons  objets 
oil  I'art  de  I'orfevre  ne  joue  qu'un  role  accessoire.  Les 
diamants,  les  rubis,  les  saphirs,  les  perles  constituent  la 
monnaie  courante  de  ces  echanges  officiels  entre  souve- 
rains  et  grands  personnages. 

La  famille  du  Due  ne  pouvait  manquer  d'avoir  une 
part  importante  dans  ces  liberalites.  Les  notes  du 
garde  des  joyaux  mentionnent  en  eftet  un  certain  nombre 
de  cadeaux  offerts  a  la  duchesse  de  Berry  (10),  au  due  de 
Bourgogne  (i  i),  a  la  duchesse  de  Bourbon  (12)  et  a  sa 
fille  (i  3),  au  comte  (14)  et  a  la  comtesse  (i  5)  d'Armagnac,  a 
Bernard  d'Armagnac  (16),  leur  fils,  au  comte  d'Eu  (17), 

(i)  Art.  963.  (7)  Art.  354,  '  i23. 

(2)  Art.  1 166;  le  don  est  de  peu  (8)  Art.  777. 

d'importance  :  un  simple  saphir.  (9)  Art.  11 36,  i2o3. 

(3;  Art.  344,  396,  434,  439,  695,  (10)  Art.  1009,  1022,  1024,  102G, 

814.  La  date  d'une   partie  de  ces  io3o,  io32,  io38. 
dons  n'est  pas   mentionnee,  mais  (11)  Art.  340,972. 

ceux  dent   Tindication  est  accom-  (12)  Art.  357,  471,831,966,  i  F04, 

pagnee   d'une   date    furent   offerts  11 10. 
apres   I'avenement  de  Jean  XXIII,  (i3)Art.  11 33. 

qui,  comme    on    I'a  vu  ci-dessus,  (14)  Art.  594,  1193. 

avait    envoye    plusieurs    fois    des  (i5)  Art.  i25i. 

presents  a  notrc  prince.  (i6)Art.  938,   1216. 

(4)  Art.  1006.  (17)  Art.  359,   1044,   ii3o,  1145, 

(5)  Art.  17,  139.  1  i5o. 

(6)  Art.  401,  598. 


INTRODUCTION 


au  comte  de  la  Marche  (i),  au  comte  de  Mortain  (2),  au 
connetable  d'Albret  (3). 

Le  due  d'York  (4),  le  due  de  Clarence  (5),  avec  la 
duchesse  de  Gueldre  (6),  le  marechal  du  roi  de  Hon- 
grie  (7),  Louis  Dupre,  ecuyer  du  pape  (8),  sont  cites 
aussi  sur  la  liste  des  munificences  ducales  ;  puis  les 
grands  dignitaires  de  I'Eglise,  les  archeveques  de  Bour- 
ges  (9),  de  Tours  (10),  de  Reims  (11),  les  eveques  de 
Chartres(i2),de  Paris  (i3),deSarlat  (14), de  Lodeve  (i5), 
de  Coutances  (16),  de  Carcassonne  (17),  de  Domno  (18); 
le  cardinal  de  Bar  (19),  I'abbe  de  Bruges  (20). 
DonsauxegHses  La  solHcitudc  du  Duc  pour  la  Sainte-Chapelle  de 
Bourges  ne  se  dementit  pas  jusqu'aux  derniers  mo- 
ments de  sa  vie.  Douze  articles  (21)  sont  ajoutes  a 
ceux  qui  constituaient,  avant  141 3,  le  tresor  de  ce 
sanctuaire.  Car,  on  ne  I'a  pas  oublie,  il  n'est  pas  ques- 
tion ici  de  joyaux  sortis  des  collections  ducales 
anterieurement  a  141  2.  Ainsi,  les  deux  cent  quarante- 
cinq  articles  dont  Robinet  d'Etampes  constate  Tabsence, 
furent  alienes  dans  un  espace  de  trois  ou  quatre  annees. 
Cette  remarque  s'applique  specialement  aux  dons  faits 
a  la  Sainte-Chapelle.  lis  appartiennent  tous  aux  annees 
1414,    141 5   et  141(3.    Le   dernier   preceda   la   mort  du 


(i)  Art.  797.  cles  410,  447,  453,  469,  997,  1002, 

(2)  Art.  307.  1 153,  1 162,  1 176,  1 179,  1 186. 

(3)  Art.  4i3.  (i3)  Art.  j23o,  232. 

(4)  Art.  62,  3o5,  424,  799.  (14)  ^^I't-  490- 

(5)  Art.  149,  442.  (i5)  Art.  1166. 

(6)  Art.  1 142.  (iG)  Ibidem. 

(7)  Art.  1 1  57.  (17)  Art.  1168. 

(8)  Art.  454.  (18)  Art.  584. 

(9)  Art.  23o,  232,  359,  384,  391,  (19)  Art.  486,  6o5. 
398,  592,  992,  1246.  f2o)  Art.  578. 

(10)  Art.  1 170.  (21)  Art.  3,  55,  io3,  i32,  227, 
(i  i)  Art.  1 165.  1003,1106,1117,1119,1217,1244, 
(12)  Martin  Gouge. — Voy.lcsarti-       1245. 


INTRODUCTION 


Due  de  vingt  jours  a  peine;  il  est  du  2(3  mai  1416  (i). 
Certains  joyaux  meme  ne  furent  livres  au  sanctuaire  de 
Bourges  que  par  les  executeurs  testamentaires,  confor- 
mement  aux  intentions  du  dcfunt.  Mentionnons,  en 
passant,  le  manuscrit  donne  au  tresorier  de  la  Sainte- 
Chapelle,  Arnoul  Belin  (2). 

Les  chroniqueurs  contemporains  exaltent  a  I'envi  la 
generosite  du  prince  pour  les  eglises,  et  pourtant  I'in- 
ventaire  de  Robinet  d'Etampes  ne  signale  parmi  les 
donatairesque  Notre-Dame  de  Paris  (3).Cette  apparente 
contradiction  pent  s'expliquer.  Les  joyaux  offerts  aux 
tresors  religieux  furent  acquis  pour  cette  destination 
speciale;  ils  ne  sauraient  done  figurer  sur  les  inventaires. 
C'est  par  exception  que  nous  y  rencontrons  la  designa- 
tion des  reliques  donnees  a  I'eglise  de  Paris,  et  aussi  de 
cette  magnifique  table  de  broderie  de  I'inventaire  de 
1 40 1  (4),  conservee  jusqu'a  la  Revolution  de  1789  dans 
le  tresor  de  Notre-Dame  de  Chartres. 

Par  contre,  nous  ne  trouvons  nulle  trace,  ni  dans 
les  comptes  ni  dans  les  inventaires,  du  fameux  reli- 
quaire  du  chef  de  saint  Philippe,  non  plus  .que  du 
grand  reliquaire  d'orappele  le  tableau  de  saint  Sebastien 
ni  de  la  medaille  de  saint  Michel,  en  or  emaillc,  donnes 
tous  trois  par  notre  prince  au  tresor  de  Notre-Dame  de 
Paris,  et  longuement  decrits  par  un  auteur  du  siecle 
dernier  (5).  Ces  precieux  joyaux  ont  duetrc  specialement 
executes  pour  le  tresor  qui  les  a  precieusement  garde's 
durant  plusieurs  siecles. 

Nous  avons  nomme  les  hauts  dignitaires  de  I'Eglise 
qui  eurent  part  aux  liberalites  de  Jean  de  Berry;  il 
faut    signaler  maintenant  une   serie    de  noms  plus  mo- 

(i)  Art.  1 106.  {5)  Yoy.  Description  des  ciiriosi- 

(2)  Art.  999.  te^  de  I'eglise  de  Paris.  Paris,  C- 

(3)  Art.  20,  36i.  P.  Gueffier,     1763,    in-8,    p.     267, 

(4)  Inv.  B.  n"  i3i7.  292,  293. 


LXIV  INTRODUCTION 


dcstes,  appartenant  pour   la  plupart   a  I'cntourage  du 

prince  et  figurant  sur  les  listes  des  officiers  de  sa  maison. 

Dons  du  Due    Est-il  besoio  d'aiouter  que   Timportance  et   le  nombre 

a  ses  officiers  et  ;  i  i 

serviteurs.  ^^g  ^cs  prcscnts  iTiarqucnt  le  degre  de  faveur  du  ser- 
viteur  recompense  ?  Ainsi,  Thevenin  de  Montigny  et 
Guillaume  Lurin,  valets  de  chambre,  paraissent  posse- 
der  des  titres  exceptionnels  aux  bonnes  graces  de  leur 
maitre.  Le  premier  n'est  pas  cite  moins  de  dix  fois  (i) 
et  le  second  moins  de  six  fois  (2)  dans  les  annotations 
de  Robinet  d'Etampes. 

Le  nom  du  barbier  Gervais  Merlin,  (3)  revient  a  cinq 
reprises.  Ces  multiples  cadeaux  prouvent  le  cas  que 
Ton  faisait  des  talents  de  ce  serviteur  modeste.  Et  ce  ne 
sont  pas  des  objets  insignifi^ants  qu'il  tient  de  la  muni- 
ficence de  son  maitre,  mais  des  anneaux  d'or  avec  dia- 
mants  et  saphirs.  II  figure  parmi  les  mieux  traites  entre 
tous  les  familiers  de  la  maison.  Le  chapelain  Jacques 
Carite  n'est  nomme  lui-meme  sur  cette  liste  de  libera- 
lites  que  cinq  fois  {4),  tout  comme  le  barbier  Gervais 
Merlin. 

Viennent  ensuite  les  chambellans  Guillaume  de 
Lodde  (5)  et  Jean  Barre  (6),  cites  dans  trois  articles  comme 
le  garde  des  joyaux  lui-meme  (7).  Les  valets  de  chambre 
ne  sont  pas  moins  bien  recompenses.  L'un  d'eux,  Jean  de 
Riom  (8),  recoit  seul,  pour  sa  part,  un  rubis,  un  anneau 
d'or  avec  un  saphir  et  deux  autres  anneaux  avec  dia- 
mants.  II  balance  presque  la  faveur  de  Thevenin  de  Mon- 
tigny et  de  Guillaume  Lurin.  Les  autres  valets  de  cham- 


(i)  Art.  189,  355,  42G,  1 142,     (4)  Art.  428,  437,  445,  1149, 

M44,  1 146,  1 1 57,  1 1 78,  1 180,   1 190. 

1 191.  (5)  Art.  187,  352,  448. 

(2)  Art.  189,  404,  440,  475,  936,  (6)  Art.  473,  1206,  1208. 

1 107.  (7)  Art.  1 107,  1 157,  1 189. 

(3)  Art.  379,  390,  460,  1169,     (8)  Art.  346,  393,425,  1 183. 
1 195. 


INTRODUCTION 


brc,  Martin  Rainc  (ii,    Pol  de   Linibourg  (2),  ont  Icur 
part  dans  ces  largesses. 

Voici  maintcnant  Ics  secretaires  tout  a  Theurc  si 
empressc's  a  flatter  les  gouts  dc  leur  maitre  et  a  se 
se  reunir  pour  celebrer  le  T'  Janvier  :  Mace  Sarre- 
bourse  (3),  Michel  Le  Bceuf  ou  Bceuf  (4),  la  femmc  de 
Regnier  de  Boullegny  (5).  Les  autres  officiers  de  la 
maison  ducale  ont  leur  tour  :  le  tresorier  general,  Mace 
ou  Mathieu  Heron  (6)  avec  sa  femme  (7) ;  le  controleur 
de  I'hotel,  Jean  Lebourne  (8);  I'echanson,  Thomas  de 
Rancon  (9);Ie  pannetier,  Heliot  de  la  Fleute(io);  le  som- 
melicr  d'echansonnerie,  Pierre  Lestringal  (i  i) ;  I'ecuyer, 
Guillaume  de  la  Have  (i  2);Guillaume  de  Champeaux(i  3), 
conseiller  du  prince;  un  autre  chambellan,  le  sire  de 
Groslee(i4);  Jean  d'Etampes  (i5),  fils  de  Robinet;  le 
receveur  des  finances  de  Languedoc,  Jean  de  la  Barre  (i(5) 
qui  revient  plusieurs  fois  sur  la  liste  des  donateurs.  II 
n'est  pas  jusqu'a  I'epicier  du  Due,  Jean  Dupre  (17),  qui 
n'ait  part  a  ces  distributions.  Puis,  c'est  un  conseiller  a 
la  Chambre  des  comptes,  charge  de  veiller  a  Texecution 
du  testament,  Nicolas  Despres  (18);  le  veterinaire  du 
Due,  nomme  Milet  (19);  I'habile  calligraphe,  Jean  Fla- 
mel  (20),  qui  a  inscrit  son  nom  sur  tant  de  precieux  vo- 
lumes de  la  librairie  de  Bourges.  Voici  encore  d'autres 


(i)  Art.  388,  ii5i.  (i3)Art.  4?:. 

(2)  Art.  421,  457.  (14)  Art.  1018.  II  partagc  cc  pre- 

(-V  ^^'"t-  2,  2j:>.  sent   avec   le   seigneur  dc  Lopiat, 

(4)  Art.  G12.  un  des  representants  des  heriticrs 

(5)  Art.  461.  pour  Fexecution  du  testament. 

(6)  Art.  358,  11 57.  (i5)  Art.  1240. 

(7)  Art.  356.  (16)  Art.  1004. 

(8)  Art.  35  r.  (,7)  Art.  208,  11 74. 

(9)  Art.  1 167.  (18)  Art.  25 1,  749. 

(10)  Art.  1 192.  (19)  Art.  438. 

(11)  Art.  797.  (20)  Art.  446. 

(12)  Art.  1 2  14. 


LXVI  INTRODUCTION 

pcrsonnages  en  relation  avec  le  prince  a  divers  titres  : 
la  fcmmc  dc  Thevenin  de  Bon  Puits  (i),  echevin 
de  Paris ;  les  j^revots  des  marchands,  Jean  Jouvenel 
des  Ursins  (2)  et  Pierre  des  Essarts  (3);  la  femme 
de  Charles  Culdoe  (4),  autre  prevot  des  marchands; 
Jean  de  Nielles  (5),  chancelier  du  due  de  Guienne. 
Ceux-ci  entin,  dont  les  noms  se  retrouveraient  au 
besoin  sur  les  comptcs  de  depenses  ou  sur  les  etats  de 
la  maison  du  Due  :  le  frere  Hennequinet  (6),  Jean 
Pigrez  (7),  la  lille  de  Raoul  de  Presles  (8),  le  chevalier 
Olivier  de  Mauny  (9),  capitaine  de  Saint-Malo,  maitre 
Milon  le  Cavelier  (10),  le  sire  de  Gaucourt(i  i),  Jacques 
de  Lilliers  (12),  Alvaro  Quaralle  (i3),  la  femme  de  Pierre 
Perron  (14),  enfin  trois  autres  individus  dont  Robinet 
d'Etampes  a  neglige  de  mentionner  les  noms. 
Dons  A  une  categoric  speciale  appartiennent  les  orfevres  et 

el  marchands  ordinaires  du  Due,  dont  il  veut  rc'compen- 

\7ix  marchands. 

ser  les  services.  C'est  Bureau  de  Dammartin  (i5)  et  sa 
femme  (16),  Herman  Rainsse  (i7),Baude  de  Guy  (18)  et 
sa  femme  (19),  JeanTarenne  (2o).Tous  sont  en  relations 
d'affaires  avec  Topulent  amateur;  tous  prennent  part  a 
ses  generosites. 

Nous  n'aurions  garde  d'omettre  «  ce  hochet  de  bro- 
dure,  pour  ebattre  petis  enfants  »  enrichi  de  perles  et  dc 
quatre  ecussons  «  donne  a  Bourges,  si  comme  on  dit, 
a  un    petit  enfant  (21)  ».   II  est  regrettable  que  Robinet 

(i)  Art.  52  1.  (12)  Art.  460. 

(2)  Art.  io83.  (1 3)  Art.  833. 

(3)  Art.  1000.  ■  (14)  Art.  455. 

(4)  Art.  456.  (i5)Art.   1157,1199. 

(5)  Art.  294.  (iG)  Art.  406. 

(6)  Art.  II 85.  (17)  Art.  206,  11 57. 

(7)  Art.  414.  (18)  Art.  164. 

(8)  Art.  458.  (19)  Art.   i  182. 

(9)  Art.  I  194.  (20)  Art.   i()63. 
(in)  An.  12117.  (21)  Art.  23i. 
(11)  An.  1218. 


INTRODUCTION  LXVII 

d'Etampcs  n'ait  pas  note  le  nom  du  bamhin  qui  sut  sans 
doute  charmer  le  prince  par  sa  gentillesse.  G'etait  pro- 
babiementrenfantd'unhommedu  peuple  dont  le  souve- 
nir ne  meritaitpas  Thonneur  d'une  mention.  Et  Robi- 
net  se  borne  a  constater  avec  un  certain  dedain  que  ce 
jouet  (c  estoit  tres  viel  et  rompu  ». 

La  plupart  de  ces  dons  etaient  de  faible  valeur,  nous 
I'avons  deja  remarque.  Le  due  de  Berry,  comme  tous 
les  fervents  amateurs,  se  separait  a  regret  du  plus  mo- 
deste  objet  de  ses  collections;  aussi  consentait-il  diffi- 
cilement  a  laisser  sortir  de  ses  cotfres  un  joyau  vraiment 
rare.  Les  rubis,  les  diamants,  les  anneaux  d'or  se 
remplacent  facilement.  C'est  done  la  collection  de  pier- 
res,  une  des  plus  riches  d'ailleurs  de  I'epoque,  qui  sera 
mise  a  contribution  quand  il  s'agira  de  recompenser  un 
service,  de  repondre  a  une  gracieusete. 

Comme  on  I'a  vu,  le  Due  avait  des  relations  suivies        ^^/,^^ 
avec  les  marchands  francais  ou  etrangers  qui  affluaient     "-'J'^y^"^- 
alors  a  Paris,  siege  de  la  cour  la  plus  fastueuse  et  la  plus 
magnifique  de  I'Europe.  Les  details  fournis  par  le  manu- 
scrit  des  Archives  rendent  ces  acquisitions  des  plus  inte- 
ressantes  a  etudier.  En  effet,  ces  articles  contiennent  la 
mention  de  nombreux  orfevres  ou  marchands,  etrangers 
pour  la   plupart,  fixes  a  Paris  au  debut  du  xv-^  siecle. 
Quelques-uns   d'entre   eux    etaient   deja    celebrcs ;    on  . 
connaissait,   par   d'autres   temoignages  contemporains, 
leur  haute  situation  dans  le  monde  commercial  de  I'epo- 
que. II  ne  sera  pas  sans  interet  de  rappeler  ici  les  noms 
de  ces  fournisseurs  attitres  des  princes  de  France,  car 
ces  noms   reparaissent   frequemment    sur  les  comptes 
royaux  et  sur  ceux  des  grands  seigneurs  de  la  cour. 

Le  souvenir  du  premier  en  date  de  ces  orfevres  a  ete     or/cvresdu 
conserve    par  une  circonstance  assez  singuliere.  II  se  jamin  Bcguin. 
trouva  mele  a  une  bagarre  ou  I'un  des  adversaires  recut 
une   blessure  mortelle.    La  victime   se  nommait  Jean 


LXVIII  INTRODUCTION 


de  Dammartin  ct  cxercait  tres  probablemcnt  le  metier 
d'orfevre.  II  n'y  a  pas  de  temerite  a  supposer  qu'il  etait 
parent  du  Bureau  et  du  Symonnet  de  Dammartin  cites 
a  plusieurs  reprises  dans  les  comptes  du  due  de  Berry. 
L'affaire,  ayant  cte  suivie  de  mort  d'homme,  pouvait 
entrainer  des  consequences  facheuses  pour  les  vain- 
queurs;  aussi,  cliacun  d'eux  s'empressa-t-il  de  fairc  agir 
des  influences  puissantes.  Par  I'intervention  du  due  de 
Berry,  Jamin  Beguin,  son  orfevre,  obtint,  en  mars  1364 
(anc.  St.),  une  lettre  de  remission  (i)  ou  toute  I'aventure 
est  longuement  racontec,  mais  dont  le  principal  interet 
est,  a  nos  yeux,  de  donner  le  nom  du  plus  ancien  orfevre 
de  notre  prince.  Apres  lui,  les  textes  font  defaut  pendant 
un  long  intervalle  de  temps. 
Jean  chenu.        \\   faut  aiTiver  aux   dernieres   annces  du    xiv'^   siecle 

orfevre. 

pour  rencontrer  un  orfevre  en  relations  regulieres  avec 
la  cour  de  Bourges.  Get  habile  homme  se  nommait  Jean 
Chenu.  Suivant  un  usage  assez  frequent  alors,  on  le 
designe  constamment  par  le  diminutif  familier  de 
Jehannin. 

On  a  deja  vu  qu'il  eut  une  part  serieuse  dans  les  libe- 
ralites  du  Due.  Avant  1402,  nous  le  trouvons  a  son  ser- 
vice, car  le  premier  de  nos  inventaires  le  cite  a  diverses 
reprises.  Signalons  notamment  la  description  d'un  taber- 
nacle d'argent  servant  de  reliquaire,  de  la  facon  de 
Jean  Chenu  (2);  cette  piece  faisait  partie  des  joyaux 
attribues  a  la  Sainte-Chapelle  de  Bourges.  Dans  le 
comptc  de  Robinet  d'Etampes,  notre  orfevre  est  cite 
plusieurs  fois.  Tantot,  il  est  simplement  charge  de 
donner  son  avis  sur  la  valeur  d'objets  precieux  acquis 
parle  prince  (3);  tantot,  il  est  employe  a  des  ouvrages  de 


(i)  Arch.  Nat.,JJ  cjG,  n"422. 

(2)  Tonic  II,  Inv.  P),  art.  710. 

(3)  Tome  1,  Inv.  A,  art.  785,  786. 


INTRODUCTION  LXIX 


son  metier  :  c'est  un  pied  d'argent  dore,  decore  de 
diverses  figures  pour  la  Croix  aiix  cmeraudes  (i);  c'est 
un  relic]uaire  d'or,  richement  travaille  et  estimc  2,000 
francs  lors  de  I'ouverture  de  la  succession  (2) ;  c'est 
encore  une  saliere  d'agathe  aux  armes  ducales,  fabri- 
quee  avec  un  joj^au  donne  par  I'cglise  de  Bourges  (3). 
Jean  avait  recu  ce  present  en  1402;  quelques  annees 
s'etaient  a  peine  ecoulees  qu'il  le  faisait  convertir  en 
saliere  par  son  orfevre  ordinaire. 

Au  titre  d'orfevre  Tun  des  emules  de  Jean  Chenu  joint  victor  wienx, 
celui  de  valet  de  chambre  (4).  On  le  nomme  Victor  Wie- 
ric  ou  Wierix ;  celui-ci,  a  coup  sur,  est  un  etranger,  un 
homme  du  Nord.  II  n'est  d'ailleurs  question  de  lui  qu'une 
seule  fois. 

On  en  sait  davantage  sur  Herman  Rince,  Rainsse  ou  Herman 
Rinssel.  Get  habile  artisan  etait  fort  employe  par  la  reine  o?-/evre. 
Isabeau  comme  par  le  due  de  Berry.  A  ce  dernier  il  livre 
un  fermaillet  d'or  enrichi  de  pierreries  (5),  un  pied  d'ar- 
gent dore  pour  une  croix  d'or  (6),  un  collier  d'or  seme 
d'ours  emailles  (7),  sans  parler  des  pierres  precieuses  et 
aussi  des  joyaux  qui  lui  sont  achetes  a  diverses  epo- 
ques  (8).  Aussi,  le  titre  d'orfevre  du  Due  est-il  souvent 
joint  a  son  nom  (9)  qui  revient  a  deux  ou  trois  reprises 
dans  le  compte  de  I'execution  testamentaire  (10). 

Les  orfevres,  on  vient  de  le  montrer  par  plusieurs 
exemples,  ne  se  contentaient  pas  de  mettre  en  oeuvre  les 
matieres  precieuses.  Leurs  attributions  comprenaient 
aussi  bien  la  vente  des  pierres  fines  et  des  pedes  que  les 
travaux  de  fonte,  de  ciselure  ou  d'emaillerie.  Aussi  cst-il 


(0  Art.  II.  (y)  Art.  ii23. 

(2)  Art.  66.  (8)  Art.  410,  421,  i2o5. 

(3)  Art.  663.  (g)  Art.  ii.Sy. 

(4)  Art.  773.  (10)  Inv.  S  G,  art.  1077,  i3i4  et 

(5)  Art.  162.  injlne. 

(6)  Art.  1 1 01. 


LXX  INTRODUCTION 

souvcnt  malaise  dc  distingucr  Ics  orfevres  proprcment 
dits  dcs  simples  marchands  dans  la  longue  liste  dcs 
fournisseurs  attitres  du  Due.  Nous  en  avons  compte 
plusde  soixantedans  le  seul  registre  de  Robinet  d'Etam- 
pes.  Beaucoup  d'entre  eux  sont  deja  connus  par  d'autres 
textes  contemporains  et  figurent  parmi  les  membres  les 
mieux  poses  de  la  bourgeoisie  parisienne  au  debut  du 
xv^  siecle.  D'autres  paraissent  ici  pour  la  premiere  fois. 
Ceux-ci  appartiennent  aux  nationalites  les  plus  diverses, 
bien  que,  pour  la  plupart,  ils  eussent  a  Paris  leur  resi- 
dence habituelle. 
orfevrc  L'un  d'cux, Willeouin  Bonnin,  est  dit  orfevre  de  Bour- 

dc  Bonrgcs,  '  ^ 

ges.  C'est  un  artisan  fort  habile,  a  en  juger  d'apres  les 
descriptions  du  beau  hanap  d'or  rehausse  d'emaux  dont 
I'execution  fut  confiee  a  son  talent.  II  recut  pour  son 
travail  la  somme  elevee  de  760  francs  (1). 

orfcvrc.t  Lcs  orfcvrcs  ou  marchands  Parisiens  sont  nombreux. 

Parisiens.  La  plupart  de  ceux  que  nous  avons  rencontres  sont  deja 
connus  par  le  livre  de  Le  Roux  de  Lincy  et  Tisserand 
sur  Paris  et  ses  historiens.  Enumerons  rapidement  Albert 
du  Moulin  (2),  Michaut  de  Lalier,  Julien  Simon,  Bureau 
et  Symonnet  de  Dammartin,  Jean  Tarenne,  Jehannin 
d'Orleans,  Baude  de  Guy,  Second  Falet,  Sendre  Bliot, 
Jean  Sac,  Nicolas  Pigasse,  Jean  Pannier,  Jean  de 
Nimegue,  Aubertin  Boullefeves,  Guillemin  Sanguin, 
Andre  Raponde,  Macaye,  Jean  de  Calvalnay,  Renne- 
quin  de  Harlem,  Jean  Rataillac,  Charles  de  Vivant, 
Barthelemy  de  Francois,  Ponon  Le  Large,  Gauvain 
Trente,  Francois  de  Nerly,  Octoblanc,  Jean  Boisel,  Bar- 
thelemy Rust,  Michel  de  Bolduc,  le  grand  Allebret,  Per- 
rin  de  Ladehors,  Georges  Principe,  Jean  Broquiers, 
Francequin  Palingre,  JeanChambon,  Kirigo  des  Vignes, 


(i)  Art.  785. 

(2)  Sur  tous  CCS  noms  voir  la  tabic  alphabctiquc  a  la  tin  du  tome  II. 


INTRODUCTION  LXXI 


Julian  Symon,  Guillaume  Crochet,  Audcbcrt  Catin, 
Denisot  Le  Brethon.  Les  uns  sont  qualifies  orfevres, 
les  autres  changeurs,  d'autres  prennent  modestement  le 
titrc  de  marchands.  Nous  n'affirmerions  pas  que  tous  ces 
commercants,  dont  plusieurs  portent  des  noms  d'aspect 
exotique,  fussent  Parisiens.  La  liste  qui  precede  com- 
prend  tous  les  individus  dont  la  nationalite  n'cst  pas 
formellement  specifiee.  Aussi,  n'y  avait-il  pas  lieu  d'in- 
tercalcr  dans  cette  enumeration  Jean  le  Franquis, 
marchand  de  Poitiers,  et  Bernard  Vidal,  marchand  de 
Limoges,  nommes  Tun  et  I'autre  dans  I'inventaire  de 
1402. 

Les  etrangers  appartiennent  presque  tous  a  I'ltalie.  Marcimnds 
Les  uns  viennent  de  Genes,  comme  Janus  de  Grimault, 
Thomas  Sophie,  dit  Rollant,  Barthelemy  Sac,  Pierre 
Fatinant  et  Cosme  Picamel  nomme  dans  I'inventaire  de 
1402;  d'autres  accusent  une  origine  florentine;  ceux-Ia 
s'appellent  Antoine  Manchin  (Mancini?),  Michel  de  Paxi 
(Pasti?),  Constantinde  Nicolas,  Andre  Succre,  dit  Mas- 
say,  Forest  de  Corbechy.  Loys  Gradenigo  a  le  siege  de 
son  commerce  a  Venise.  Un  certain  Agapt  se  dit  Alle- 
mand.  Nous  sommes  moins  exactement  renseignes  sur  le 
lieu  d'origine  d'autres  etrangers,  tels  que  Nicolas  Spinole 
(Spinola?),  Nicolas  Cosmy,  marchand  de  draps  d'or  et 
de  sole. 

Signalons  a  part  deux  tailleurs  de  pierreries  :  Tun,  dit  crayeurs  ai 
le  petit  Hermant,  deja  signale  par  M.  de  Laborde  (i);  p"-"''^^- 
I'autre  appele  Cerveil,  dont  le  nom,  cro3^ons-nous,  parait 
ici  pour  la  premiere  fois.  Quant  a  Scapessonal,  charge 
par  Baude  de  Guy  de  graver  un  saphir  (2),  il  devra  prendre 
place  desormais  parmi  les  rares  graveurs  en  pierres  fines 
du  moyen  age  dont  le  nom  est  venu  jusqu'a  nous. 


[i)  Glossaire  des  Emaiix,  p.  25o. 
[2)  Art.   1099. 


LXXII  INTRODUCTION 


Lcsycintres  On  s'ctonncra  pcut-ctrc  de  nc  rcncontrcr,  a  cote  dc 
due  dc  Berry,  cc  luxc  dc  rcnscignemcnts  sur  les  orfcvres,  les  lapidaires 
et  les  marchands,  que  quatre  ou  cinq  noms  de  peintres 
ou  d'autres  artistes.  Cette  anomalie  s'explique  cepen- 
dant.  Tandis  (\ue  les  marchands  de  joyaux  exercent  un 
commerce  lucratif,  les  enlumineurs,  les  imagiers  sent 
gens  de  condition  plus  humble  et  de  moindre  fortune; 
aussi  n'echappent-ils  a  I'oubli  que  lorsqu'ils  s'elevent 
au-dessus  de  la  foule  de  leurs  rivaux.  Les  peintres  et 
les  sculpteurs  signales  dans  les  inventaires  du  due  de 
Berry  doivent  par  la  meme  etre  regardes,  en  toute 
confiance,  comme  des  artistes  eminents.  II  y  a  done  lieu 
de  s'arreter  quelques  instants  a  leurs  oeuvres;  d'autant 
plus  que  certains  de  leurs  travaux  pour  le  due  de  Berry, 
sont  parvenus  jusqu'a  nous. 
jacqucmin  Jacqueiiiiu  Bonuebroque  OU  Bonnebroche,  le  seul  bro- 
^"'brodcur!'^  '-^cur  citc  daus  les  inventaires,  merite-t-il  une  place 
parmi  ces  artistes  marquants  ?  La  reponsc  n'est  pas 
douteuse.  En  effet,  la  broderieest,  a  cette  c'poque,  un  art 
veritable,  et  comme  Jacquemin  reste  au  service  du  Due, 
au  moins  depuis  1402  jusqu'a  la  mort  de  son  maitre, 
comme  il  recoit  dc  lui  des  preuves  non  equivoques  de  sa 
bienveillance  (i),  comme  ses  ouvrages  sont  prises  par 
les  experts  de  la  succession  au  prix  tres  eleve  de  45o  li- 
vres  pour  deux  tableaux  de  broderie,  il  est  permis  de  le 
considerer  comme  un  des  artistes  les  plus  habiles  de  sa 
specialite.  Les  inventaires  lui  attribuent  la  broderie  de 
plusieurs  tetes  de  Veronique  (2).  C'est  tout  ce  qu'on 
salt  de  lui. 
Andre  Nous  souimes  mieux  renseignes  sur  la  vie  et  les  ceuvres 

sciiipteiir      a  Andre  Beauneveu.  rroissart  porte  sur  lui  un  jugement 

et  pcintrc.         ,  ,  .  .   .  ^  . 

des  plus  entliousiastes  et  le  met  tout  a  lait  au  premier 


(i)  Invent.  B,  art.  56g. 

(2)  Invent.  A,  art.  44,  i65,  et  Invent.  B,  art.  208. 


INTRODUCTION  LXXIII 

rang  des  imagiers  dc  son  temps.  Deja  cite  maintes  fois,le 
passage  de  Thistorien  doit  trouvcr  place  ici, car  il  constate 
les  rapports  de  notre  prince  avec  le  grand  artiste. 
«  Encores,  dit  Froissart  (i),  se  tenoit  le  due  a  Meun  sur 
«  Yevre,  et  s'y  tint  plus  de  trois  sepmaines,  et  devisoit 
«  au  maistre  dc  ses  ceuvres  de  taille  et  de  peinture, 
«  maistre  Andrieu  Beauneveu,  a  faire  nouvelles  3'mages 
«  et  peintures  ;  car  en  telles  choses  avoit-il  grandement 
«  sa  fantasia  de  tousjours  faire  ouvrer  de  taille  et  de  pein- 
«  ture;  et  il  estoit  bien  adressie,  car  dessus  ce  maistre 
«  Andrieu  dont  je  paroUe,  n'avoit  pour  lors  meiileur  ne 
«  le  pareil  en  nulles  terres,  ne  dequi  tant  de  bons  ouvra- 
«  ges  feust  demeure  en  France  ou  en  Haynnau,  dont  il 
«  estoit  de  nacion,  et  ou  royaume  d'Angleterre.  » 

Deux  points  essentials  ressortent  de  ce  textc  :  Andre 
Beauneveu,  a  la  fois  sculpteur  et  peintre,  etait  considere 
comme  le  premier  artiste  de  son  temps.  Puis,  il  etait 
en  relations  constantes  avec  le  due  de  Berry  qui  Tavait 
nomme  maitre  de  ses  o^uvres  et  se  plaisait  a  s'entretenir 
avec  lui  et  a  lui  commander  statues  et  tableaux.  Depuis 
les  decouvertes  d'Alexandre  Pinchart  (2)  etde  M.  Leopold 
Delisle  (3),  M.  I'abbe  Dehaisnes  a  resume,  en  ajoutant 
a  sa  biographic  des  details  nouveaux,  tout  ce  qu'on 
savait  jusqu'ici  de  cet  artiste  eminent  (4). 

Sans  entrer  dans  des  developpements  trop  longs  pour 
trouver  place  ici,  rappelons  que  Beauneveu,  originaire 


(i)  Chruniqiies,  liv.  IV,  ch.  14;  cf.  Dclislc,  Cabinet  des  manuscrits,  t.  I, 
p.  63. 

(2)  Archives  des  sciences,  arts  et  lettres  (tome  II,  p.  415)  contcnant 
des  ducumcnts  sur  Ic  tombeau,  commande  a  Beauneveu  par  le  comte  de 
Flandre  Louis  de  Male,  pour  I'eglise  de  Notre-Dame  de  Courtrai. 

(3)  Sur  la  tombc  de  Charles  V  {Cabinet  des  manuscrits,  tome  I, 
p.  62,  note).  Cf.  Catalogue  raisonne  die  Miisee  de  sculpture  comparee 
du  Trocadero,  gr.  in-S",  Imp.  Nat.  1892,  p.  37. 

(4)  Histoire  de  I'art  dans  la  Flandre,  fArtois,  le  Hainaut,  tome  I, 
P-  242-257. 


LXXIV  INTRODUCTION 

dc  Valenciennes,  est  cite,  dcs  i364,  parmi  les  sculpteurs 
travaillant  aux  tombeaux  de  Saint-Denis  (i).  II  etait 
mort  avant  1413,  puisque  Robinet  d'Etampes  I'appelle 
((  feu  maistre  Andre  Beaunepveu  (2)  ».  II  lui  attribue 
Texecution  d'une  serie  de  miniatures  placees  en  tete 
d'un  des  plus  beaux  manuscrits  de  Bourges.  Nous 
ne  connaissons  guere,  pour  notre  part,  de  peinture  pou- 
vant  e.tre  comparee,  pour  I'elevation  du  style  et  la  deli- 
catesse  du  dessin,  a  ces  figures  alternees  de  Prophetes 
et  d'Apotres  qui  occupent  les  premiers  feuillets  de  ce 
Psautier  (3).  On  possede  done  un  temoignage  authen- 
tique  du  talent  magistral  de  I'enlumineur.  De  plus,  le  ca- 
ractere  trcs  particulier  de  cette  peinture,  Texecution  des 
tetes  presque  traitees  en  camaieu  dans  un  ton  legere- 
mcnt  ambre,  la  simplicite  voulue  des  draperies  et  des 
fonds,  trahissent  la  main  du  sculpteur.  Beauneveu  a 
marque  ses  oeuvres  de  I'empreinte  d'un  style  tres  per- 
sonnel. Aussi  MM.  Delisle  et  Tabbe  Dehaisnes  ont-ils  pu, 
avec  toute  certitude,  attribuer  a  Beauneveu  les  deux 
grandes  miniatures  representant  la  Vierge  et  le  due  de 
Berr3'intercalees  dans  un  magnifique  livre  d'Heures  (4), 
conserve  aujourd'hui  a  Bruxelles,  apres  avoir  fait  par- 
tie  de  la  bibliotheque  des  dues  de  Bourgogne.  Bien 
que  Tarticle  ou  il  est  question  de  ce  volume  (5) 
en  attribue  I'enluminure  au  seul  Jaquemart  de  Odin 
ou  de  Hesdin,  on  constate  une  telle  difference  entre 
le  caractere  des  autres  miniatures  et  celui  des  peintures 
de  la  Vierge  et  du  due  de    Berry,    on    remarque   en 


(i)  Delisle,  Mandements  dc  Charles  V  ct  Cabinet  des  nuDiiiscrits 
(t.  I,  p.  62,  note  8).  Voycz  aussi  Revue  univevsellc  des  Arts,  article  de 
M.  le  baron  de  la  Fons  Melicoq,  toine  XI,  p.  5o. 

(2)  Art.  906. 

(3)  N°  i3ogi  du  foods  frani;ais  a  la  Bibliotheque  Nationale. 

(4)  N"  1 1060  des  manuscrits  de  Bruxelles. 

(5)  Inv,  B,  art.  io5o. 


INTRODUCTION  LXXV 

meme  temps  unc  telle  analogic  de  ton  et  de  dessin  entre 
ces  figures  et  les  Prophetes  ou  Apotres  du  Psautier  signale 
plus  haut,  que  nous  n'hesitons  pas  a  nous  ranger  a  I'avis 
de  MM.  Delisle  et  Dehaisnes  et  a  faire  honneur  de  ce 
chef-d'ceuvre  au  talent  de  Beauneveu.  C'est  aussi  I'opinion 
d'un  artiste  delicat  qui  a  pu  examiner  les  deux  manus- 
crits  a  peu  de  jours  d'intervalle.  Ainsi,  Ton  possede,  dans 
le  manuscrit  de  Bruxelles,  une  admirable  representation 
du  zele  protecteur  des  arts  au  moyen  age.  Cette  image, 
oeuvre  du  plus  grand  peintre  de  I'epoque,  peut  etre  pla- 
cee  sur  le  meme  rang  que  le  fameux  portrait  de  Charles  V 
du  manuscrit  de  La  Haye.  Beauneveu  nous  semblc  un 
digne  precurseur  de  Jean  Fouquet;  ses  peintures  sou- 
tiendraient  sans  desavantage  la  comparaison  avec  celles 
de  I'illustre  Tourangeau. 

Nos  inventaires  signalent  une  autre  production  de 
Beauneveu(i).  On  ignore  malheureusement  le  sort  de  cc 
volume.  Peut-etre  avait-il  tente  quelque  amateur  peu 
scrupuleux;  car,  d'apres  une  note,  il  c'tait  perdu  avant 
I'entree  en  fonctions  de  Robinet  d'Etampes. 

On  vient  de  constater  que  Jaquemart  de  Hesdin  avait,  jacqucmart 
dans  certains  cas,  collabore  avec  Beauneveu.  Cette  seule  '\xintrc!' 
circonstance  suffirait  pour  donner  une  idee  fort  avan- 
tageuse  de  son  talent,  meme  si  nous  n'avions  pas 
le  manuscrit  de  Bruxelles  pour  nous  edifier  sur  son 
merite .  Un  autre  ouvrage  de  Thabile  enlumineur 
occupe  une  place  d'honneur  parmi  les  plus  beaux  livres 
a  miniatures  de  la  Bibliotheque  Nationale  (2).  Les  con- 
temporains  le  tenaient  en  grande  estime,  car,  de  tous 
les  manuscrits  de  la  librairie  de  Bourges,  c'est  celui  que 
les  experts  priserent  au  plus  haut  prix  en  lui  assignant 
une  valeurde  4,000  livres.  II  est  vrai  que  les  «  histoires  » 


(i)  Inv.  B,  art.  944. 

(2)  Invent,  A,  art.  961  —  fonds  lat.  no  919 


LXXVI  INTRODUCTION 

de  ce  volume  sont  de  plusieurs  mains,  I'lnvcntaire  le  dit 
expressement;mais  Jaquemartest  seul  nomme,ses  auxi- 
liaires  sont  dcdaigneusement  designes  par  ces  mots  : 
«  et  autres  ouvriers  de  Monseigneur  ».  II  ne  serait  pas 
impossible,  a  I'aide  des  Hcures  de  Bruxelles,  de  deter- 
miner la  part  personnelle  de  Jaquemart  dans  le  manu- 
scrit  de  Paris.  Nous  n'avons  pas  le  loisir  d'entreprendre 
ici  cette  etude.  Et  cependant,  de  ce  travail  sortiraient 
peut-etre  plusieurs  decouvertes  curieuses.  Quand  on 
aura  fixe  les  traits  distinctifs  du  talent  de  Jaquemart, 
on  arrivera  sans  doute  a  reconnaitre  sa  part  dans  d'au- 
tres  travaux  executes  en  collaboration.  II  a  du  beau- 
coup  produire  puisqu'il  entra  au  service  du  Due  des 
1 384  (1).  En  1400,  le  messager  Etienne  Turpin  lui 
apportait  a  Bourges  une  lettre  de  son  maitre  alors 
residant  a  Paris  (2).  Jaquemart  vivait  encore  en  iqiS. 
C'est  done  un  contemporain  d'Andre  Beauneveu,  seule- 
ment  un  peu  plus  jeune,  car  il  mourut  quelques  annees 
apres  lui.  Peut-etre  avait-il  recu  ses  conseils  et  ses 
lecons.  Toujours  est-il  que  Jaquemart  travailla  con- 
stamment  pour  le  Due  de  1384  a  1413. 
Jean  d-oricans,      Le   peiutre  Jehannin   d'Orleans    qui  ornait    de    ses 

pcintrc.  ,,       ,  . 

images  une  pomme  de  muse  pour  1  ollrir  au  due  de 
Berr}^  en  decembre  1408  (3),  est-il  le  meme  que  le  Jean 
Grancher  ou  Granchier,  dit  d'Orleans,  dont  M.  Louis 
Jarry  a  decouvert  le  veritable  nom  et  esquisse  la  biogra- 
phic (4)?  C'est  possible.  II  avait  encore  peint  pour  le 

(i)  Delislc,  Cabinet  des  manuscrits,  t.  I,  p.  62,  note  3.  11  s'agit  d'unc 
somme  dc  3o  livres  tournois  comptcc  a  Jaquemart  «  pour  soy  vestir 
en  river,  commc  pour  lui  dctTraier  d'aucuns  dcspcns  que  lay  ct  sa 
femmc  firent  en  la  ville  de  Bourges,  avant  qu'il  preist  aucuns  gaiges  ou 
salaire  de  Monseigneur  ». 

(2)  Arch.  Nat.,  KK  253,  fol.  78  v°. 

(3)  Invent.  A,  art.  328. 

(4)  L.  Jarry,  Jean  Granchei-  de  Trainon,  dit  Jean  d'Orliians,  pcinlre 
des  rois  dc  France  ct  du  due  de  Berry.  Orleans,  1886,  in-8,  iG  pagas. 


INTRODUCTION 


Meccnc  de  Bourgcs  unc  image  en  camaieu  de  la  ^'ie^ge 
tenant  son  enfant.  Get  ouvragc  scrait  de  decembre 
i4oq.  Toutefois  cet  artiste  a  une  inferiorite  marquee  sur 
plusieurs  de  ses  contemporains  :  aucune  de  ses  ceuvres 
ne  nous  est  connue.  M.  Raynal  assure  qu'il  survecut 
a  son  protecteur,  car  il  fut  charge  de  decorer  de  pein- 
tures  et  d'ecussons  la  chapelle  funeraire  du  due  de 
Berry,  d'abord  a  Paris,  puis  a  Bourges  (i).  Un  manuscrit 
appartenant  actuellement  a  M.  le  baron  Adolphe  de 
Rothschild,  renferme  une  representation,  d'ailleurs  assez 
mesquine,  de  ces  funerailles.  Nous  aurions  quelque 
peine  a  donner  cette  peinture  a  Jean  d'Orleans.  II  nous 
semble  egalement  bien  difficile  d'admettre  que  le  Jean 
d'Orleans  employe  aux  pompes  funeral  res  du  Due  soit 
le  meme  que  celui  a  qui  fut  fait,  le  6  aout  iSGg,  un 
paiement  de  loo  francs  par  le  due  de  Berr}^  «  en  deduc- 
tion d'une  somme  plus  forte  due  pour  certains  tableaux 
a  images  achetes  par  le  prince  pour  mettre  en  sa  cha- 
pelle (2). ))  Comment  le  peintre  de  1869  pourrait-il  avoir 
preside  aux  decorations  du  service  de  son  maitre  en  141 6, 
quarante-sept  ans  plus  tard  ?  L'ecart  est  vraiment  bien 
grand  et  fait  concevoir  des  doutes  serieux  sur  Tidentite 
des  noms  cites  a  des  dates  si  eloignees.  D'ailleurs,  I'his- 
toire  des  peintres  qui  ont  porte  le  nom  de  Jean  et  de 
Gerard  d'Orleans  est  loin  d'etre  definitivement  elucidee. 

Pol  de  Limbourg  et  ses  freres  jouissent  d'une  faveur  PnijcUmhour 

1  •  V  ,      1  IT-.  1        /:         J       1  ■         et  ses  freres. 

particuliere  a  la  cour  de  Bourges  vers   la  nn  de  la  vie      pehures. 
du    prince.  En  est-il  besoin  d'autres   preuves    que    les 
nombreux  presents  faits  par  le  Due  a    I'artiste  (3),  ou 
meme  le  facetieux  cadeau  dont  nous  avons  deja  parle, 
et  que,  seule,  pouvait  autoriscr  une  longue  intimite? 

(i)  Raynal,  Histoirc  du  Berry,  tnnic   II,  p.  5o6, 

(2)  Bib.  Nat.   fr.  23902.  Nous  devons  a  M.  A.  Thomas  I'indication  de 
ce  passage,  ignore  jusqu'ici. 

(3)  Art.  349,  415,  421,  457. 


LXXVIII  INTRODUCTION 

Un  compte  de  141 3  (i)  mcntionne  dcs  gages  pa3'es  a 
Pol  de  Limbourg  comme  valet  de  chambre  «  pour 
soy  vestir,  ordonner  et  estrc  plus  honnestement  en  son 
service...  »  Tirer  de  cet  article  la  conclusion  que  Pol 
de  Limbourg  etait  depuis  peu  de  temps  au  service  du 
Due  serait  peut-etre  aller  trop  loin,  car  son  nom  figure 
deja  sur  I'inventaire  de  1402  (2).  Par  une  singularite 
inexplicable,  Robinet  d'Etampes,  qui  park  plusieurs 
fois  de  lui,  ne  signale,  dans  I'enumeration  de  la  librairie, 
aucune  reuvre  authentique  de  ce  peintre.  Mais,  si  les 
premiers  feuillets  du  beau  manuscrit  de  Chantilly, 
comme  I'a  etabli  M.  Delisle  avec  un  grand  luxe  de  preu- 
ves,  sont  bien  ceux  du  volume  inacheve,  inscrit  dans  le 
compte  des  executeurs  testamentaires  sous  le  n"  1 1G4,  les 
auteurs  de  ces  miniatures,  c'est-a-dire  Pol  de  Limbourg 
et  ses  freres,  meritent  d'etre  places  tout  a  fait  a  la  tete  des 
artistes  de  leur  temps,  a  cote  d'Andre  Beauneveu,  dont 
lis  se  montrent  les  dignes  continuateurs. 

Dans  tons  les  cas,  Pol  de  Limbourg  et  ses  freres  (3) 
arriverent  a  Bourges  alors  qu'Andre  Beauneveu  etait 
sur  son  declin  et  touchait  a  la  fin  de  sa  carriere.  lis  le 
remplacerent  sans  le  faire  oublicr,  car  les  premiers 
feuillets  du  manuscrit  de  Chantilly,  sur  lesquels  on  re- 
connait  la  vue  de  divers  chateaux  royaux,  doivent  etre 
comptes  parmi  les  chefs-d'oeuvre  de  I'art  de  la  minia- 
ture parvenue  a  son  complet  epanouissemcnt. 

La  plupart  des  artistes  cites  dans  les  pages  prece- 
dentes  etaient  originaires  des  Flandres  ou  des  provinces 
voisines.  Cette  riche  et  laborieuse  region  etait  alors  la 
grande  pourvoyeuse  de  toutes  les  cours  de  I'Europe.  Sur 
ce  point,  les  indications  fournies  par  les  inventaires  du 


(i)  Arch.  Nat.,  KK  25o,  fol.  25  v^. 

(2)  Pour  un  don   insignitiant,  il  cstvrai.Voy.  Inv.  R,  art.  12: 

(3)  Ces  freres  sc  nommaient  Herman  et  Jannequin. 


INTRODUCTION  LXXIX 

due  de  Berry  sent  d'accord  avec  les  assertions  dc 
M.  I'abbe  Dehaisnes.  D'ecole  bourguignonne,  il  n'}'  en 
avait  pas  encore,  s'il  en  a  jamais  existc  line  bien  distincie 
de  Tecole  flamande,  ce  qui  n'est  pas  etabli.  Au  debut 
du  xv'  siecle,  I'art  du  Nord,  concentre  surtout  dans  les 
Flandres,  I'Artois  et  les  provinces  cnvironnantes,  rayonne 
sur  les  pays  voisins.  Le  due  de  Berry  a  bien  autour  de 
lui  quelques  peintres  d'origine  francaise ;  mais  il  ne  parait 
pas  avoir  grande  confiance  en  leur  habilete,  car  il  ne  les 
charge  guere  que  de  travaux  peu  importants,  comme 
ceux  que  Jean  d'Orleans  fut  charge  d'executer. 

L'un  des   erudits  les  plus  competents   sur    I'histoire         Jean 

'-  *■  dc  Camhray. 

des  artistes  francais  du  moyen  age  (i)  n'a  releve  qu'un  ima^ier. 
seul  nom  d'artiste  sur  les  etats  de  la  maison  du  due 
de  Berry;  e'est  celui  de  Jean  de  Cambray,  encore  un 
homme  du  Nord,  imagier  du  Due  en  1401-1402.  Les 
comptes  et  les  inventaires  permettent  d'augnienter  sin- 
gulierement,  sinon  de  completer,  cette  liste. 

S'il  est  malaise,  faute  de  preuves  authentiques,  de  rat- 
tacher  Jean  Coste,  le  peintre  attitre  du  roi  Jean  et  de 
Charles  V  (2),  a  la  cour  de  Bourges,  voici  quelques  men- 
tions formelles,  extraites  des  comptes  aneiens  : 

/v  •  V         r    •     -r^    •  Etienne 

En  1 369  (19  aout),  parait  pour  la  premiere  tois  htienne  Lanneuer. 
Lannelier,  avee  le  titre  de  peintre  du  due  de  Berry  (3);  il 
s'agit  simplement  ici  d'un  paiement  de  gages  s'elevant  a 
12  francs.  Un  peu  plus  tard,  le  19  mars  1372,  le  meme 
artiste  prend  le  titre  de  peintre  et  valet  de  chambre  du 
prince;  cette  fois  I'article  est  plus  interessant  et  plus 
explieite.  II  porte  mention  d'un  payement  de  5o  livres 

(i)  Archives  historiqiies.  artistiqiies  et  litte'raires,  1889-90,  in-8",  t.  I, 
p.  425-437. 

{2)  Archives  de  Vart francais,  tome  II,  p.  33 1-342  et  Archives  histo- 
riqites,  etc.  tome  II,  p.  37-40. 

(3)  G'est  encore  a  M.  A.  Thomas  que  nous  devons  la  communication 
de  cet  article  tire  du  mcme  manuscrit  que  ['article  concernant  Jean  d'Or- 
leans en  1369,  reproduit  plus  haut. 


I^XXX  INTRODUCTION 

tournois  «  a  cause  dcs  painctures  ct  ouvrages  dc  son 
mestier  qu'il  a  faiz  et  fera  ou  pais  de  Berry  (i)  ». 
jccin  ic  Noh:  Lc  8  octobre  1372,  Jean  le  Noir,  enlumineur,  est 
gratifie  de  huit  aunes  et  demi  de  drap,  valant  lo  livres 
1 2  sous  0  dcniers,  pour  se  vetir,  et  en  outre  de  pannes 
pour  fourrer  sa  robe,  d'une  valeur  de  3o  sous  tour- 
nois (2). 

Le  meme  artiste  touche  lo  livres  tournois,  en  Janvier 

1375  (n.  St.),  comme  etant  encore  au  service  du  Due  (3). 

Richard  Puis.c'cst  Richart  le  peintre  et  son  fils,  dont  les  noms 

lc  pcintre  ,  ,-,     ^ 

ct  son  jiis.  reviennent  frequemment  dans  les  comptes  de  i373  et 
des  annees  suivantes.  Voici  quelques-uns  de  ces  articles  : 
1 373  :  4  livres  5  deniers  tournois  pour  ecussons  et  autres 
choses  pour  Tobseque  de  Madame  de  Vertuz  (4),  —  1 385, 
autre  payement  pour  journees  employees  a  peindre  les 
carreaux  aux  amies  et  devises  de  Monseigneur,  a  raison 
de  5  sous  6  deniers  par  jour  (5).  Le  fils  n'est  pa3^e  que 
2  sous  6  deniers. 
Autres pcintrcs  En  1 374,  parait  un  autre  artiste,  designe  simple- 
''"  ^"^'      ment  sous   I'appellation  vague  de  Pierre  le  peintre  (6). 

En  octobre  iSjb,  un  payement  de  60  sous  tournois 
est  fait  a  Guillemin  Deschamps,  peintre  de  Monseigneur, 
«  pour  poindre  la  teste  du  cerf  qui  est  emptee  en  la  che- 
minee  de  la  chambre  a  parer  de  Monseigneur, a  Mehun  ». 

Autre  somme  de  60  sous  tournois  a  lui  baillee  a 
Issoudun,  pour  ouvrages  non  specifies  (7).  " 

En  1 40 1,  Bose,  peintre  du  Due,  recoit  22  sous  6  deniers 
des  mains  de  Guillaume  de  Ruilly  (8). 

(i)  Arch.  Nat.,  KK   25i,  fol.   77. 

(2)  Ibid.,  fol.  98  v°  et  99. 

(3)  Arch.  Nat.,  KK  252,  fol.  82. 

(4)  Arch.  Nat.,  KK  2  5i,  fol.  i33. 

(5)  Arch.  Nat.,  KK  256-257,  fol.  44  ct  4G. 

(6)  Arch.  Nat.,  KK  252,  fol.  20  v". 

(7)  Arch.  Nat,,  KK  252,  fol.  GG,  v". 

(8)  Arch.  Nat.,  KK  25^,  fol.  i38,  v". 


INTRODUCTION 


En  1413-14,  pa\'ement  de  i3  livres  10  sous  a  Jean  de 
Hanons,  peintre,  «  pour  une  livre  de  fin  azur  que  mon- 
dii  seigneur  a  fait  prendre  pour  luy  (i)  «. 

Jehan  .Nare,  peintre,  demeurant  a  Paris  «  pour  avoir 
point  aux  amies  de  mondit  seigneur  et  d'autres  sei- 
gneurs de  son  hostel,  liuict  cierges  de  cire  vierge  blan- 
che pour  le  jourde  la  feste  de  la  Chandeleur  141 3  (1414 
n.  St.)  )),obtient  9  livres  tournois  (2). 

Enfin,  le  peintre  de  Bourges  Mile  Le  Cavelier  figure 
dans  le  preambule  de  I'execution  testamentaire  (3).  II 
etait  vraisemblablement  un  des  habitues  de  la  maison 
ducale. 

Mais  I'artiste  dont  lenomrevient  constammentdurant  hUchcict  sau- 

,  J  .  ,  '  1       1  •  man,  peintre. 

les  dernieres  annees  de  la  vie  du  due  de  Berry  est  ce 
Michelet  Saumon,  dont  M.  Raynal  avait  deja  signale 
I'existence.  On  le  voit  obtenir,  dans  le  cours  de  quelques 
mois,en  1414,  des  dons  importants  s'elevant  a  460  livres, 
a  220  livres,  a  337  livres   10  sous  (4). 

Notons  en  passant  que  I'ecrivain  Jean   Flamel  n'est    Jean  Fiamei. 
pas  moins  bien  traite;  de  grosses  gratifications  lui  sont 
allouees. 

Pour  terminer,  mentionnons  un  article  plus  precis 
concernant  Michelet  Saumon  :  «  A  Thierry  Theroude, 
orbateur,  pour  quatre  papiers  de  fin  or  battus,  delivres 
a  Michelet  Saumon,  peintre  de  mond.  Seigneur,  le 
14  fevrier  141 5  (5):  i3  livres.  »  M.  Ra3'nal  cite  plu- 
sieurs  autres  ouvrages  du  meme  peintre,  dont  il  a 
sans  doute  recueilli  I'indication  dans  les  Archives  de 
Bourges. 

Bien  que  cette  digression  sur  les  artistes  de  lacour 


ccrivain. 


(i)  Arch.  Nat.,  KK  25o,  fol.  76  v°. 

(2)  Ibid.,  fol.   78  v°. 

(3)  Voy.  tome  II,  p.  293. 

(4)  Arch.  Nat.,  KK  25o,  fol.  99  v",   loi  v",  109  v' 
(3)  Ibid.,  fol.  73  V". 


INTRODUCTION 


ducale  soit  longue  deja,  on  nous  permettra  de  la  com- 
pleter en  enumerant  brievement  les  maitrcs  de  I'ceuvre, 
on  dirait  architectes  aujourd'hui,  et  les  iniagiers  ou 
sculpteurs  qui  prirent  une  part  active  aux  grands  tra- 
vaux  executes  sur  les  ordres  du  due  de  Beny. 
Chateaux  du        Avaut  de  di'esser  cette  liste,  il  nous  parait  indispcn- 

duc  de  Beny.  , 

sable  de  presenter  un  etat  sommaire  des  nombreux  cha- 
teaux ou  logis  que  le  Due  possedait,  soit  a  Paris  et  aux 
environs,  soit  dans  le  Berry  et  dans  d'autres  provinces, 
chateaux  que  ses  macons  et  imagiers  avaient  la  charge 
d'entretenir  ou  de  decorer. 

Les  chateaux  de  Bourges  et  de  Mehun  sur  Yevre  (i) 
sont  trop  connus  pour  qu'il  soit  besoin  de  nous  y  arreter. 

Quand  il  sejournait  a  Paris,  le  prince  habitait  ordi- 
nairement  I'hotel  de  Nesle,  dont  Charles  VI  lui  avait 
confere  la  pleine  propriete,  le  25  octobre  i38o  (2),  et 
dont  il  avait,  en  i386,  augmente  les  dependances  par 
I'acquisition  de  tuileries  situees  le  long  de  la  Seine, 
pres  le  Pre  aux  Clercs  (3). 

Par  le  meme  acte,  le  Roi  octroyait  a  son  oncle,  sa 
vie  durant,  la  jouissance  de  la  maison  royale  du  Val  la 
Royne,  ou  Vaux  la  Reine,  situee  sur  la  commune  de 
Combs  la  Ville  (4),  et  dont  I'existence  remontait  au 
moins  a  1260.  Comme  on  ne  trouve  pas  trace,  par  la 
suite,  de  ce  domaine  dans  les  comptes  du  Due,  il  serait 
possible  qu'il  Teut  vendu  ou  echange  contre  le  chateau 
de  Vincestre,  ancien  nom  de  Bicetre.C'est  a  Bicetre  que 
notre  prince  avait  reuni  les  precieuses  collections  qui 
furcnt  entierement  aneanties  en    141 1,  dans  I'incendie 


(i)  Le  due  de  Berry  avait  donne,  en  1414,  son  chateau  de  Mehun  sur 
Yevre  au  due  de  Guyenne,  ills  de  Charles  VI ;  mais  ce  prince  inourut 
I'annee  suivante  (Raynal,  tome  II,  p.  496). 

(2)  Arch.  Nat.,  J  i85,  n°  5o. 

(3)  Arch.  Nat.,  J  186,  n"  57,  i3  Janvier  i385  (anc.  st.) 

(4)  Entre  Lieusaint  et  Melun,  dcpartement  de  Scine-et-Marne. 


INTRODUCTION  LXXXIII 

allumc  par  les  Parisiens  au  debut  de  la  luttc  entre  Ics 
Armagnacs  et  les  Bourguignons  (i). 

Un  acte  du  mois  de  juillet  i386  relate  la  vente  d'un 
hotel  a  Saint-Marcel-lez-Paris,  consentie  au  due  de  Beny 
par  Miles  de  Dormans,  eveque  de  Paris.  Ainsi  s'aug- 
mentait  chaque  jour,  par  dons  et  achats,  cette  immense 
fortune  territoriale  (2). 

Dans  les  environs  de  lacapitale,  le  Due  possedait  les 
chateaux  de  Dourdan  et  d'Etampes.  Ces  demeures  sei- 
gneuriales,  se  trouvant  sur  le  chemin  du  Berry,  servaient 
sans  doute  d'etapes  lors  des  frequents  voyages  entre 
Bourges  et  Paris.  Elles  avaient  appartenu  au  comte 
d'Etampes,  acquis  par  le  Due,  lors  de  la  mort  de  Louis 
d'Anjou,  en  echange  de  la  principaute  de  Tarente. 

En  Auvergne,  le  prince  residait  frequemment  au  cha- 
teau de  Nonette,  qui  passait  pour  un  des  plus  forts  de 
la  province  ;  cette  demeure  feodale  fut  demolie  sous 
Louis  XIIL  Certains  indices  donneraient  a  supposer  que 
le  chateau  de  Lusignan  en  Poitou,  plusieurs  fois  pris 
et  reprisdans  les  luttes  contre  les  Anglais,  faisait  ega- 
lement  partie  du  domaine  du  due  Jean. 

Les  comptes  des  batiments,  dont  nous  ne  nous  posse- 
dons  qu'un  fragment  pour  la  periode  comprise  entre 
1 382  et  1 387,  mentionnent  des  travaux  executes  au  cha- 
teau de  Poitiers.  Le  Due  en   avait  done  garde  la  pro- 


(i)  Un  registre  de  cens  dus  au  chapitre  de  Paris  a  cause  du  chateau  de 
Bicetre  renferme  a  la  premiere  page  une  curieuse  vue  a  vol  d'oiseau 
des  tours  de  ce  chateau.  Mais  ce  dessin,  datant  de  1474,  ne  donnerait 
par  consequent  I'etat  du  chateau  qu'apres  I'incendie  et  la  restauration 
(Arch.  Nat.,  S  543). 

(2)  Arch.  Nat.,  J  187,  n"  14.  —  Cf.  J  i85,  no  41  et  J  186,  n"  70,  71,  72 
constatant  d'autres  acquisitions  de  biens  au  meme  endroit,  en  1387  et 
i388.  Le  16  mai  1402,  Pierre  d'Orgemont,  eveque  de  Paris,  vendait  au 
Due  I'hotel  des  Tournelles,  sis  a  Paris  pres  le  chateau  et  la  bastide 
Saint-Antoine  (Delisle,  Les  Collections  de  Bastard  d'Estang.  i885 
in-8). 


LXXXIV  INTRODUCTION 

prictc  quand  il  cchangca  Ic  comte  dc  Poitou  contre  Ic 
duche  de   Berty. 

Un  article  de  ces  comptes  nous  apprend  encore  que 
Jean  possedait  une  demeure  dans  la  ville  dc  Rouen; 
mais  nous  avons  vainement  cherche  quelque  indication 
precise  sur  cette   residence. 

Enfin,  dansun  des  registres  dont  on  vient  de  parlcr, 
so  trouve  I'article  suivant  :  «  A  Monseigneur,  le  17 
«  novembre  1897,  4'-^'^^  ^^^  faire,  en  son  hostel  a  la 
«  Grange,  I'obseque  de  feu  Monseigneur  de  Montpen- 
«  sier,  pour  offrir,  xx  sous  tournois  »  (i). 

De  ce  passage,  il  semble  resulter  que  le  due  de  Berry 
possedait  une  demeure  en  un  lieu  dit  La  Grange;  mais 
ce  nom  etant  fort  commun,  il  est  difficile,  en  I'absence 
de  document  explicite,  de  determiner  I'emplacement  de 
ce  chateau  (2). 

Voici  environ  une  douzaine  de  residences  differentes, 
tant  a  la  ville  qu'a  la  campagne.  II  est  probable  qu'avec 
ses  gouts  changeants,  le  due  de  Berry  n'habita  que  fort 
peu  certaines  de  ces  demeures.  II  se  plaisait  surtout 
a  Mehun-sur-Yevre,  a  Bourges,  a  Nonette,  a  Bicetre, 
a  Dourdan,  en  son  hotel  de  Nesle.  II  n'etait  pas  inutile 
de  signaler  ces  multiples  habitations,  dont  nous  n'avons 
pas  le  loisir  d'etudier  a  fond  I'histoire,  car  certaines 
d'entre  elles  sont  probablement  representees  sur  les 
premieres  pages  du  manuscrit  de  Chantilly.  Ces  mer- 
veilleuses  miniatures  figurent,  on  le  salt,  douze  chateaux 
importants.  Tous  n'appartenaient  pas  au  due  de  Berry, 
puisque  sur  deux  d'entre  elles  on  reconnait  le  Louvre  et 
le  chateau  de  Vincennes.  II  ne  reste  pas  moins  fort  pro- 

(i)  Arch.  Nat.,  KK  253,  fol.  ii  ct  i8. 

(2)  Pcut-iitrc  La  Grange  Bleiieau  dans  la  Brie,  pres  Courpalais.  II  y 
avail  aussi  un  cliatcau  dc  La  Grange  aux  environs  dc  Dourdan  ct  un 
autre  pres  dc  Ncautle.  <m  mourut,  coninic  on  Ta  vu,  la  grand'inure  de 
notrc  prince. 


INTRODUCTION 


bable  que  le  prince  prit  plaisir  a  voir  peindre  dans  ce 
volume  plusieurs  de  ses  habitations  preferees ;  peut-etre 
arrivera-t-on,  au  prix  de  patientes  recherches,  a  identifier 
les  chateaux  dessines  sur  les  premiers  feuillets  du  livre 
d'Heures  de  Chantiliy(i). 

Le  premier  architecte  emplo3^e  par  le  due  de  Berry, 
dont  on  rencontre  le  nom  dans  les  documents,  serait,  Archuectes 
d'apresM.  G.  Ledos,  Gui  de  Dammartm,  nomme  general  voeuvre. 
maitre  des  ceuvres  du  Due  vers  iSGy.  II  aurait  eu  pour 
successeur  Jean  de  Terna}'.  Quant  a  determiner  la  part 
de  chacun  d'eux  dans  les  grands  travaux  de  Poitiers  ou 
de  Bourges,  c'est  une  tache  a  peu  pres  impossible  a 
mener  a  bien. 

Jean  Guerart,  maitre  des  oeuvres  de  maconnerie,  fut 
a  la  fois  un  architecte  distingue  et  un  serviteur  de  con- 
fiance  ayant  I'oreille  de  son  maitre.  Sans  cesse  occupe 
par  le  prince  de  1384  a  1414,  non  seulement  il  donne  les 
plans  des  constructions  projetees,  mais  il  prend  part  a 
des  negociations  delicates.  En  141 4,  il  part  pour  I'An- 
gleterre  avec  Tarcheveque  de  Bourges,  chancelier  de 
Berry  (2).  Comme  on  le  trouve  employe  a  Bourges  pen- 
dant une  trentaine  d'annees,  M.  Raynal  (3)  lui  attribue 
les  plans  de  la  Sainte-Chapelle  qu'il  aurait  edifiee  avec 
le  concours  de  Guillaume  deMarcill}^,  maitre  des  osuvres 
de   charpenterie. 

C'est  a  peu  pres  le  seul  artiste  berrichon,  avec  le  pein- 
tre    Michelet   Saumon,  dont   le  baron  de    Girardot  ait 


(i)  Dans  cctte  occurrence,  le  due  de  Berry  se  trouve  en  quclque  sortc 
le  precurseur  de  Louis  XIV  qui  fit  peindre,  comme  on  sait,  douzc  resi- 
dences royales  pour  servir  de  modeles  aux  tapissiers  des  Gobelins,  et  sc 
plut  il  envoyer  cette  suite  famcuse  en  Europe  ct  dans  les  regions  loin- 
taines  afin  de  repandre  partout  I'idce  de  sa  puissance  et  de  sa  gran- 
deur. 

(2)  Arch.  Nat.,  KK  25o,  fol.  27. 

(3)  Tome  II,  p.  442. 


LXXXVI  INTRODUCTION 

relcve  le  nom,  pour  le   commencement  du   xiv'  siecle, 
dans  sa  monographic  des  artistes  de  Bourges. 

Les  comptes  citent  deux  maitres  des  oeuvres  de 
charpenterie  anterieurs  a  Guillaume  de  Marcilly  :  Colin 
de  Villars  qui  travaillait  en  1870  aux  reparations  de 
rhotel  habite  par  I'archeveque  de  Bourges  (i),  et  Jean 
Mace,  occupe,  en  iSyS,  avec  une  equipe  de  charpentiers, 
a  la  bastide  de  Lusignan  (2). 

Un  verrier,  mentionne  dans  les  textes  sous  le  nom  de 
Pierre  le  Verrier,  est  employe  en  1870  «  a  appareiller  les 
verrieres  de  I'hotel  dudit  archevesque  «  (3). 
imagicrs.  Les  documcnts  nous  ont   revele  un  certain  nombre 

d'imagiers  inconnus  jusqu'ici.  Le  i5  octobre  1370,  le  due 
de  Berry  va  voir  «  certains  ymagesd'alabastre  »  executees 
par  Jacques  le  Macon ;  il  fait  payer,  a  cette  occasion,  une 
gratification  de  40  sous  pour  le  vin  des  valets  (4). 

La  meme  annee,  Jean  Bertaut,  macon,  recoit  20  li- 
vres  pour  le  prix  de  «  quatre  grans  pierres  de  Chailli 
«  que  mondit  Seigneur  a  fait  achater  de  luy  pour  fere 
«  ymages  pour  la  chapclle  que  mondit  Seigneur  afondee 
«  en  la  grant  eglise  de  Bourges  ».  Puis,  c'est  une  somme 
de  20  sous,  remise  au  meme  «  pour  la  facon  d'un  chaffaut 
«  qu'il  a  fait  pour  asseoir  une  ymage  de  Nostre  Dame 
«  en  la  meme  chapellc  (5)  ». 

En  1 37 1,  Jacques  Collet,  «  ymager  de  Monseigneur  », 
touche  20  livres  tournois  a  valoir  sur  ses  gages  (6). 

Un  compte  de  i383  contient  ce  curieux  article  :  «  A 
«  Regnaudin  de  Bossut,  ouvrer  de  ymaginerie,  sur  son 
«  marche  de  tailler  en  boys  une  dozenne  de  testes  de 


(i)  Arch.  Nat.,  KK  25 1,  fol.  3  5. 

(2)  Ibid.^  fo'l.  102  v°. 

(3)  Ibid.,  fol.  35. 
(4)7^/^.,  fol.  28  v. 

(5)  Ibid..,  fol.  34  v". 

(6)  Ibid.,  fol.  22  vo. 


INTRODUCTION 


((  cerfs  a  tout  Ic  coul  et  pestrine  hors  du  mur  oil  elles 
«  seront,  assavoir  chascune  teste  pour  le  prix  de  6  li- 
ce vres  (i).  ))  Une  note  ajoutee  en  marge  constate  que 
Regnaudin  n'a3'ant  termine  que  trois  tetes,  n'eut  que 
iX  livres,  suivant  les  conventions  du  marclie.  Gette  de- 
coration se  retrouve  dc  tout  temps  dans  les  chateaux 
^itues  a  proximite  de  chasses  giboyeuses,  comme  Fon- 
taineblcau  et  Versailles. N'est-elle  pas  encore  en  honneur 
aujourd'hui  chez  les  riches  proprietaires  passionnes 
pour  les  exploits  cynegetiques  ? 

En  fevrier  1 386,  2 1  livres  sont  allouees  a  «  Arnol  Athe- 
non,  ymager  »,  pour  avoir  decorc  «  de  testes  d'anges  le 
((  grand  batel  que  Monseigneur  avoit  ordonne  estre  fait 
(c  pour  son  esbat  aupres  de  son  chastel  de  Poictiers  » 
et  avoir  modele  «  une  grant  teste  de  cerf  pour  la  lence 
«  dud.  bastel  (2)  ». 

Enfin,  au  mois  d'aout  1400,  Timagier  Dammartin, 
rccoit  du  due  de  Berry  un  message,  apporte  de  Paris  a 
Aubigny  par  le  chevaucheur  Petit  Barre  (3).  Nous  igno- 
ron  naturellement  I'objet  de  cette  lettre.  Peut-etre  cet 
imager  est-il  le  meme  individu  que  Dreux  de  Dammartin, 
nomme  dans  un  autre  article  du  meme  compte,  a  cote 
du  peintre  Jaquemart  de  Hodin  (4). 

Le  tombeau  du  due  de  Berry  et  de  Jeanne  de  Bou- 
logne, sa  seconde  femme,  erige  par  les  soins  du  roi  Char- 
les VII  et  aujourd'hui  conserve  dans  la  chapelle  souter- 
raine  de  la  cathedrale  de  Bourges,  etait  I'ceuvre  d'un 
fort  habile  imagier;  mais  cette  tombe  ne  fut  mise  en 
place  dans  la  Sainte-Chapelle  que  longtemps  apres  la 
mort  du  prince.  Le  musee  de  Bourges  a  garde  huit  des 


(i)  Arch.  Nat.,  KK  256-257,  fol.  Sy  v".  Cf.  I'article  de  Guillaume  Des- 
champs  charge  de  peindre  une  tete  de  cerf  en  iSjg  (p.  lxxx  ci-dessus), 

(2)  Ibid.,  fol.  38  yo. 

(3)  Arch.  Nat.,  KK  2  53,  fol.  80  V. 

(4)  Ibid.,  fol.  78  vo. 


Joy 


LXXXVIII  INTRODUCTION 

quarante  statues  de  pleurcurs  qui  entouraicnt  Ic  monu- 
ment a  Torigine  ct  qui  rappellent  les  iigures  des  torn- 
beaux  de  Dijon. 

En  poursuivant  nos  recherches  nous  aurions  sans 
doute  plus  d'un  nom  nouveau  a  joindre  a  ceux  qui  vien- 
nent  d'etre  cites  ;  mais  ce  serait  donner  trop  de  develop- 
pement  a  une  digression  queique  peu  etrangere  aux 
inventaires,  objet  essentiel  de  notre  travail. 

Dans  une  recente  etude  sur  les  rapports  du  due  de 
Berry  avec  I'ltalie  et  Tart  italien  (i),  relations  dont  nos 
propres  investigations  ont  fourni  plus  d'un  temoignage 
curieux,  I'auteur,  s'appuyant  sur  une  lettre  de  Pierre  le 
Fruitier,  dit  Salmon,  sorte  de  factotum  du  due  de  Berry, 
plusieursfois  nomme  dans  nos  inventaires,  arrive  a  cette 
conclusion  que  le  prince  avait  fait  venir  de  la  peninsule, 
sur  les  conseils  de  son  correspondant,  un  «  intarsiatore  « 
fameuxde  Sienne,  nomme  Domenico  di  Niccolo.  La  let- 
tre de  Pierre  le  Fruitier  est  datee  de  Janvier  1408;  or, 
precisement  a  cette  epoque,  on  perd  la  trace  de  Dome- 
nico en  Italie.  Le  grand  polyptique  du  Louvre,  decore 
de  bas-reliefs  en  os  et  venant  de  I'abbaye  de  Poissy,  ne 
pourrait-il  pas  lui  etre  attribue?  Les  preuves  manquent; 
mais,  dans  tous  les  cas,  le  gout  prononce  du  grand 
amateur  pour  les  productions  de  I'art  transalpin  rend 
rh3^pothese  de  M.  de  Champeaux  assez  plausible. 

■at,x  du  due      Apres  avoir  nasse  en  revue  les  nombreuses  personna- 

dc  Berry.  ^  ^ 

'1)  A.  de  Champeaux,  Les  relations  du  due  de  Berry  avec  I'art  ita- 
lien, dans  la  Gazette  des  Beaux-Arts,  annee  1888,  tome  XXXVllI, 
p.  409-415.  Dans  Ic  mcime  article,  i'auteur  cite  un  portrait  du  due  de 
Berry  en  miniature  ,  inserc  dans  le  livre  ou  Salmon  raconte  son 
voyage  en  Italie,  manuscrit  conserve  a  la  Bibliotheque  Nationalc.  Sur 
cette  miniature  le  Due,  debout,  a  cote  de  Charles  VI,  dans  une  salle 
de  I'hotel  de  Saint-Pol,  refoit  la  relation  du  voyage  de  Salmon.  — 
Voyez  aussi,  sur  le  livre  de  la  Cite  de  Dieu,  reclame  apres  la  mort  du 
Due  par  Pierre  le  F'ruicticr  et  a  lui  rcstitue,  notre  tome  II,  page  3o2. 


INTRODUCTION 


litcs  citces  a  des  titrcs  divers  dans  Ic  registre  de  Robinet 
d'Etampes,  donateurs,  donataires,  orfevres,  marchands, 
peintres,  nous  allons  nous  occuper  maintenant  des 
joyaux  et  autres  objets  enumeres  dans  notre  texte.  II  est 
indispensable,  pour  plus  de  clarte,  de  diviser  ces  articles, 
suivant  leur  nature,  en  un  certain  nombrede  categories. 
Nous  examinerons  done  successivement  les  pierres  pre- 
cieuses,  les  joyaux  de  chapelle,  les  joyaux  de  corps,  les 
curiosites  diverses,  les  tapisseries  et  broderies,  le  linge  et 
les  vetements  ;  on  terminera  par  les  manuscrits. 

Le  marquis  de  Laborde  qui  a  tire  un  si  grand  parti 
de  I'inventaire  du  due  de  Berry  pour  son  Glossairc 
des  Emaiix,  a  fait  deux  remarques  essentielles  :  au 
moyen  age,  la  pierre  la  plus  estimee  est  le  rubis;  il  est 
prise  bien  au-dessus  du  diamant.  En  second  lieu,  le  due 
de  Berry  a  possede  la  plus  riche  collection  de  rubis  qui 
existat  de  son  temps,  la  plus  belle  peut-etre  qui  ait  jamais 
ete  reunie. 

Autrefois  comme  aujourd'hui,  les  pierres  exception- 
nelles  recevaient  une  denomination  earacteristique,  tirce 
de  leur  forme,  de  leur  origine,  de  leur  possesseur,  ou 
de  quelque  particularite  notable.  L'inventaire  de  141 3 
offre  de  nombreux  exemples  de  cette  coutume. 

Le  due  de  Berry  n'a  pas  moins  de  quatorze  rubis  et  Rubis  a  bauns. 
six  balais  juges  dignes  par  leur  grosseur,  leur  eclat, 
leurs  qualites  exceptionnelles ,  de  reeevoir  un  nom. 
Sous  le  terme  de  rubis  balai  etaient  comprises,  comme 
on  salt,  les  pierres  d'un  rouge  un  peu  moins  vif  que 
les  rubis  proprement  dits  ou  rubis  d'Alexandrie.  C'est 
done  une  vingtaine  de  rubis  baptises  d'un  titre,  tandis 
que  la  collection  ducale  ne  renferme  que  cinq  autres  pier- 
res, soit  deux  diamants,  deux  saphirs  et  une  emeraude, 
et  en  outre  deux  perles,  designees  par  un  sobriquet  spe- 
cial. Ces  pierreries,  d"une  importance  et  d'une  valeur 
singulieres,  ont  souvent  change  de  proprietaire  depuis 


INTRODUCTION 


le  due  dc  BeriT ;  mais  serait-il  trop  temcraire  de  suppo- 
serque  leurmerheparticulier  a  preserve  certaines  d'entre 
elles  de  la  destruction  ?  Une  pierre  d'un  prix  aussi  eleve 
n'est  jamais  detruite  que  par  accident;  elle  se  perd  rare- 
ment.  On  garde  avec  un  soin  jaloux  un  bijou  qui  vaut 
une  fortune.  Sans  doute,  les  descriptions  de  I'inventaire 
sont  en  general  trop  succinctes  pour  permettre  d'iden- 
tifier  avec  entiere  certitude  ces  gemmes  mervei Ileu- 
ses. Toutefois,  ne  serait-il  pas  possible  a  un  lapidaire 
exerce,  connaissant  bien  les  pierres  renommees  existant 
dans  les  grandes  collections  de  TEurope,  d'y  retrouver 
et  de  reconnaitre  quelques-uns  des  plus  beaux  jo3^aux  du 
tresor  de  Bourges  ? 

La  plupart  de  ces  pierres  magnifiques  provenaient 
d'achats.  Fort  au  courant  des  gouts  du  prince  francais, 
les  marchands  s'empressaient  de  lui  presenter  ce  qu'ils 
pouvaient  decouvrir  de  plus  rare .  Presque  tons  les 
rubis  venaient  d'Orient,  d'ou  le  nom  de  rubis  d'Alexan- 
drie  qu'on  leur  voit  souvent  attribue.  Ce  commerce  etait 
surtout  entre  les  mains  des  Italiens  ou  des  Juifs.  C'est 
un  Venitien,  Louis  Gradenigo,  qui  vend  a  notre  prince 
le  rubis  de  lafossette  et  le  rubis  dit  le  grain  d'orge  (i), 
moyennant  le  prix  de  3,ooo  ecus  d'or  chacun.  Du  meme 
marchand  le  due  de  Bourgogne  Jean  Sans  Peur  tenait 
la  magnitique  pierre  qu'il  donnait  a  son  oncle  au  mois 
de  juillet  141 3  (2)  et  que  le  due  de  Berr}'  avait  baptisee 
du  nom  significatif  de  roi  des  rubis,  avant  de  le  rendre, 
en  14 1 6,  au  marchand  venitien,  probablement  pour 
eteindre  quelque  dette  criarde.  L'examen  attentif  des 
comptes  des  dues  de  Bourgogne  fera  peut-etre  con- 
naitre  un  jour  la  valeur  de  ce  rubis  exeeptionncl. 

Un    autre    marchand    italien,    le    Florentin    Andre 


(i)  Invent.  A,  art.   348  et  849. 
(2)  Art.   1 148. 


INTRODUCTION  XCI 


Sucre,  dit  Massa}-,  vend,  en  juin  1409,  pour  la  somme 
enorme  de  7,3oo  ecus  d'or,  le  r^iibis  dc  la  nite  (i).  II 
est  vrai  que  deux  autres  pierres  etaient  comprises  dans 
le  marche;mais  elles  comptaient  pour  bien  peu. 

Le  riibis  de  la  montagne  est  paye  5, 000  ecus  d'or  a 
Jean  Sac,  en  1406  (2) ;  le  rubis  de  Berrj,  vendu  par  Baude 
de  Guy  (3)  en  1408,  coute  1,200  ecus. 

En  comparantces  chiffres  eleves  aux  prix  d'estimation 
fixes  par  les  executeurs  testamentaires,  on  constate  une 
depreciation  considerable  en  fort  peu  de  temps.  Ainsi,  le 
rubis  de  la  montagne,  paye  5, 000  ecus  en  1406,  n'est  plus 
cote,  onze  ans  plus  tard,  que  i,5oo  livres,  soit  environ 
le  dixieme  de  son  prix  d'achat.  Le  rubis  de  la  fossette 
tombe  de  3, 000  ecus  a  400  livres;  le  rubis  de  la  nue  de 
7,3oo  ecus  a  1,1 25  livres.  Parfois,  cependant,  revalua- 
tion se  rapproche  davantage  du  chiffre  d'acquisition. 
Le  rubis  de  Berry ,  acquis  pour  1,200  ecus  en  1408  (4), 
est  encore  estime  1,687  livres  10  sous  en  141 6  ;  c'est 
la  une  exception  due  sans  doute  a  des  circonstances 
particulieres.  La  regie  generale  est  une  diminution 
enorme,  depassant  parfois  les  neufdixiemes.  Comment, 
en  presence  de  pareilles  variations,  poser  des  regies 
meme  approximatives  pour  ramener  les  anciens  prix  au 
pouvoir  actuel  de  I'argent? 

La  passion  de  notre  prince  etant  universellement  con- 
nue,  chacun  s'empressait  a  I'envi  de  la  satisfaire.  Le  due 
d'Orleans  offre  a  son  oncle  le  rubis  de  la  poule  (5),  qui 
devient  bientot  I'objet  d'un  singulier  trafic.  Donnee, 
sans  doute  en  payement,  a  Guillaume  de  Lodde,  cette 
pierre  fut  rachetee    de    ses    heritiers    par    le    due    de 


(i)  Invent.  A,  art.  347. 

(2)  Art.  343. 

(3)  Art.  345. 

(4)  Art.  345. 

(5)  Art.  352. 


XCII  INTRODUCTION 

Berry  (i)  qui  nc  s'en  etait  probablement  defait  qu'a  son 
corps  defendant.  II  la  paya  cette  fois  700  francs.  Or,  elle 
figure  dans  son  inventaire  apres  deces  pour  la  somme 
de  1,125  livres  tournois.  Le  due  de  Berry  n'a  certes 
jamais  realise  une  autre  operation  aussi  brillante. 

Philippe  le  Hardi  en  mourant  avait  legue  a  son  frere 
un  rubis  dit  le  canir  de  France,  estime  800  livres  en 
1416  (2). 

Le  due  de  Guienne,  fils  de  Charles  VI,  se  montre 
aussi  fort  empresse  a  se  mettre  dans  les  bonnes  graces 
de  son  grand-oncle.  II  lui  fait  don,  en  141 4,  du  riibis  de 
Guienne  (3),  prise  2,260  livres  par  les  executeurs  testa- 
mentaires .  C'est  encore  de  son  neveu  que  le  due  de 
Berry  recoit,  le  i""  Janvier  141  5,  le  balai  de  la  chdtai- 
i^'ue  (4)  qu'il  fait  entrer  dans  la  decoration  de  la  fameuse 
croix  destinee  au  Roi  de  France,  a  laquelle  il  eonsacrait 
ses  plus  beaux  joyaux,  et  dont  la  monture  n'etait  pas 
achevee  au  moment  de  sa  mort. 

Le  rubis  teigneux  el  le  rubis  de  roirille  (5)  avixiem  servi 
I'un  et  I'autre  a  enrichir  un  reliquaire  abandonne  a  Guil- 
laume  de  Lodde  pour  eteindre  une  dette. 

Deux  autres  pierres,  le  rubis  de  la  caille  (6)  et  le  rubis 
de  Glocester  (7)  n'appartenaient  deja  plus  au  tresor  de 
Bourges  quand  Robinet  d'Etampes  en  devint  le  gardien. 
Avant  1413,  le  premier  avait  ete  offert  au  roi  de  France 
et  le  second  avait  passe  entre  les  mains  de  Guillaume 
de  Lodde. 

Bien  que  d'une  couleur  moins  vive  que  le  rubis  pro- 


(i)  Invent.  A,  art.   1 147. 

(2)  Art.  35o. 

(3)  Art.  1 1 52. 

(4)  Art.  1 1 63. 

(5)  Art.  187. 

(6)  Invent.  B,  art.  126. 

(7)  Ibid.,  Art.  i3o. 


INTRODUCTION  XCIII 

prement  dit,  et  par  consequent  moins  estime  par  les  con- 
naisseurs,  le  rubis  balai  atteignait  cependant  parfois  une 
valeur  enorme.  En  faut-il  d'autre  preuve  que  le  prix 
du  fiTos  balay  de  V2nise,  paye  18,000  francs,  en  Jan- 
vier 1408,  a  la  duchesse  d'Orleans  (i).  Le  due  de  Berry 
le  consacra,  comnie  le  balai  de  la  chdtaigne,  a  I'or- 
nement  de  sa  belle  croix  donnee  au  roi  de  France.  II 
fit  le  meme  usage  du  balai  d' Orange  (2),  achete,  en 
1408,  2,000  ecus  d'or,  de  deux  anciens  serviteurs 
du  Roi. 

Rarement,  I'lnventaire  donne  le  poids  de  ces  pierres 
exceptionnelles;  c'est  fort  regrettable  a  coup  siir,  car  ce 
serait  un  des  signes  distinctifs  les  plus  propres  a  les 
faire  reconnaitre.  Notons  avec  soin  I'exception  faite  pour 
le  balai  du pape  et  le  balai  de  la  crete  de  coq  (3).  Le  pre- 
mier, rond,  perce  et  «  glaceux  »  par  endroits,  pesait  240 
carats;  le  second,  long  et  perce  dans  le  sens  de  la  lon- 
gueur, etait  du  poids  de  170  carats. 

Quand  nous  aurons  rappele  le  J'libis  de  Boiirgogne, 
legue  au  roi  de  France  et  incidemment  cite  dans  une 
note  de  Robinet  d'Etampes  (4),  et  le  balai  de  David,  mis 
en  gage,  apres  141 3,  pour  une  somme  de  pres  de 
8,000  livres,  et  prise  par  les  executeurs  testamentaires 
5,5oo  livres  (5),  nous  aurons  passe  en  revue  tons  les 
rubis  remarquables  de  la  collection. 

Peu  de  chose  a  dire  des  autres   pierres.  Des  deux  sa-       Sapiurs. 
phirs  juges  dignes  de  recevoir  un  nom  distinctif,  le  pre- 

(i)  Invent.  A,  art.  363. 

(2)  Art.  364. 

(3)  Art.  359. 

(4)  Art.  429. 

(5)  Nous  possedons  un  autre  tcmoignage  de  la  haute  valeur  du 
balai  de  David.  Un  acte  de  procedure,  redige  en  141 3  pour  obtenir  que 
la  garde  de  ce  joyau  fiit  contiee  a  Bureau  de  Dammartin,  tresorier  de 
France,  constate  que  le  Parlement  portait  a  7,000  ecus  d'or  d'cstimation 
du  balai  de  David  (Arch.  Nat.,  KK  25o,  fol.  77  v"). 


XCIV  INTRODUCTION 

mier,  le  saphir  de  Melun  (i),  est  employe  a  la  decoration 
de  la  belle  croix  executee  pour  le  Roi ;  I'autre,  baptise  le 
grant  saphir  de  Bourgogne  (2),  en  raison  de  sa  prove- 
nance sans  doute,  presente  cette  particularite  remarqua- 
blc  qu'il  portait  une  tete  d'homme  gravee  en  creux.  Etait- 
ce  une  intaille  antique?  Les  experts  charges  de  revalua- 
tion des  biens  I'estimerent  i,5oo  francs. 
Emeraudcs.        Le  duc  de  Berry    semble  avoir  fait   peu    de  cas  des 
emeraudes.  La  bonne  emeraude,  la  seule  qui  porte   un 
nom  determine,  est  prisee,  en   1416,  i5  livres  (3).   Les 
autres  pierres  de  meme  nature  n'ont  guere  plus  de  prix. 
Diamants.         Le  diamant  dit  diamant  de  saint  Louis  devait  offrir  a 
un  prince  de   la  maison  de  France  une  valeur  inappre- 
ciable, s'il  avait  reellement  appartenu  au  fils  de  Blan- 
che de  Castille  (4).  En  1408,  le  duc  de  Berry   le  paya 
3oo  ecus  d'or  aux  individus  qui  lui  vendirent  le  balai 
d'Orange.  Huit  ans  plus  tard,  lors  de  la  mort  de  son 
possesseur,  le  diamant  de  saint  Louis  est  encore  prise 
337  livres  10  sous. 

Le  diamant  de  Chartres  (5),  offert  par  le  chapitre  de 
cette  eglise  auduc  de  Berry,  passa  peu  apres  en  la  pos- 
session du  duc  de  Guienne,  auquel  il  fallait  bien  olfrir 
quelque  joyau  en  retour  des  nombreux  presents  que 
notre  prince  ne  cessait  de  recevoir  de  lui.  C'est  encore 
le  duc  de  Guienne  qui  leguait  par  son  testament  a  son 
pcries.  grand-oncle  deux  des  plus  belles  perles  du  tresor  de 
Bourges  :  la  grosse  perk  de  Berry,  evaluee,  en  141 6, 
4,000  livres  tournois  (6),  et  la  grosse  perle  de  Na- 
varre (7),  cotee  2,000  livres  a  la  meme  date. 

(i)  Invent.  A,  art.  Syi. 

(2)  Art.  377. 

(3)  Art.  41 1. 

(4)  Art.  427. 

(5)  Art.  441. 

(6)  Art.   1200. 

(7)  Art.  1 201. 


INTRODUCTION  XCV 

On  pourrait  relcver  ca  et  la  bien  d'autres  particula- 
rites  curieuses  et  signaler  nombre  de  pierres  d'une  grande 
valeur,  telles  que  Ic  diamant  de  5,ooo  ecus  et  les  trois 
perles  de  2,000  ecus  (i),  qui  furent  affectees  a  la  rancon 
du  comte  d'Eu  ;  mais  les  details  qui  precedent  suffisent 
pour  donner  un  apercu  de  la  composition  de  cette  col- 
lection unique. 
Arrivons  maintenant  aux  joyaux  proprement  dits. 
Avant  1404,  c'est-a-dire  avant  la  donation  de  ses  plus    ^/^j]'^:!'^^^^ 
precieux  tresors  a  la  Sainte-Chapelle  de  Bourges,  le  Due 
possedait  un  ensemble  d'images,  de  croix,  de  calices,  de 
tableaux  d'autel,  de  reliquaires,  de  portepaix  et  d'autres 
ornements  religieux,  la  pluparten  or,  d'une  magnificence 
inouTe.  A  quelques-unes  de  ces  pieces  d'orfevrerie  reli- 
gieuses  avait  ete  attribuee  une  designation  significative, 
comme  celles  de  croix  aux  emeraiides,  petite  croix  aux 
emeraudes,  croix  des  emaux  de  petite,  ct^oix  de  Blois  (2), 
ces  dernieres  donnees  a  la  Sainte-Chapelle.  Une  croix 
appelee  la  croix  de  Bourgogne  (3)  n'existait  deja  plus 
en    I4i3;   ses    debris  figurent  en    divers  chapitres   du 
compte  de  Robinet  d'Etampes.  Une  autre  croix,  dite  le 
V02U  de Lucques[X),  passa  de  bonne  heure  entre  les  mains 
de  Guillaume  de  Lodde. 

Toute  cette  riche  orfevrerie  d'eglise,  inscrite  sur  les 
premieres  pages  de  I'inventaire  de  1404,  ne  tarda  pas  a 
etre  remplacee  par  d'autres  pieces  presque  aussi  remar- 
quables.  Si  les  croix  et  les  figures  d'or  paraissent  moins 
nombreuses  dans  le  compte  dc  Robinet  d'Etampes  que 
dans  le  precedent  inventaire,  on  y  trouve  par  centre  des 
morceaux  d'un  interet  capital.   Tel  est  ce  grand  joyau 


(i)  Invent.  S  G,  art.  773  ct  i335. 

(2)  Invent.  B,  art.  8,  23,  27,  49. 

(3)  Invent.  B,  art.  25  et  Invent.  A,  art.  35g. 

(4)  Invent.  B,  art.  28. 


XCVI  INTRODUCTION 

d'or(i),  de  troispieds  et  demi  de  haut,  decore  des  figures 
de  la  Trinitc,  de  TAnnonciation,  de  saint  Georges  et  de 
saint  Michel,  de  deux  anges  et  aussi  des  images  du  due  et 
de  la  duchesse  de  Berry;  le  tout  garni  de  soixante-quatre 
balais,  quarante-sept  saphirs,  deux  rubis,  deux  diamants 
et  deux  cent  vingt-six  perles.  L'or  de  ce  joyau  magnifi- 
que  pese  129  marcs  7  onces.  Sa  valeur  meme  devait  cau- 
ser sa  perte.  D'abord  mis  en  gage  chez  Bureau  de  Dam- 
martin,  marchand  parisien,  comme  garantie  d'un  pret  de 
18,023  livres,  iq  sous,  9  deniers,  le  grand  joyau  d'or  sor- 
tait  du  tresor,  vers  la  fin  de  I'annee  141 5,  probablement 
pour  aller  a  la  fonte.  C'etait,  d'ailleurs,  le  sort  reserve 
a  toute  cette  splendide  orfevrerie  d'eglise  ;  elle  cons- 
tituait  reellement  une  sorte  d'epargne  ou  de  reserve 
pour  les  cas  de  supreme  nc'cessite,  et  les  princes  du 
sang,  aussi  bien  que  les  rois  de  France,  ne  se  firent  pas 
faute  d'y  puiser  quand  le  besoin  les  y  contraignit,  Les 
notes  de  nos  inventaires,  et  aussi  le  compte  de  Char- 
les VI  deja  cite,  etablissent  que,  moins  d'un  an  apres 
lamortdu  due  de  Berry,  bien  peu  de  chose  subsistait 
des  immenses  tresors  amasses  par  notre  prince,  si  on 
en  excepte  les  ornements  donnes  a  la  Sainte-Chapelle  de 
Bourges  ou  a  diverses  eglises. 

Sur  les  dons  faits  a  la  Sainte-Chapelle  nous  n'avons 
pas  a  insister,  le  texte  des  inventaires  cotes  ici  A  et  D 
contenant  a  ce  sujet  les  details  les  plus  complets;  mais 
nous  dirons  quelques  mots  des  joyaux  qui  entrerent 
dans  les  tresors  des  chapitres  de  Paris  et  de  Chartres. 
Dons  offerts  a       II  est  assez  singulicr  que,  parmi  les  obiets  offerts  a 

Vcglisede  Paris.     ^  ^      .  .  , 

I'eglise  de  Paris,  d'apres  nos  documents  (2),  ne  figure 
nulle  part  cette  precieuse  relique  du  chef  de  saint  Phi- 
lippe que  le  due  de  Berr}^  avait  enfermee  dans  un  rcli- 


(i)  Invent.  A,  art.   14. 
(2)  Art.  20,  36o. 


INTRODUCTION  XCVII 

quaire  d'or  enrichi  dcpierres  prccicuses,  pour  le  donncr 
a  I'eglise  de  Notre-Dame  en  1400.  Charles  IX  fit  fondre 
ce  Joyau  pendant  les  guerres  de  religion,  et,  quelques 
annees  plus  tard,  en  i58o,  le  chapitre  remplacait  parun 
nouveau  chef  en  or  le  magnifique  reliquaire  venant  du 
due  de  Berry  (i). 

La  meme  eglise  a  conserve  Jusqu'a  la  fin  du  xvnf  siecle 
un  grand  reliquaire  d'or,  appele  le  tableau  de  saint  Sebas- 
tien,  donne  par  notre  prince  en  141 3  (2).  Ce  tableau  ren- 
fermait  les  ossements  d'un  grand  nombre  de  saints 
enumeres  par  les  historiens  du  tresor.  C'est,  selon  toute 
probabilite,  le  reliquaire  auquel  il  est  fait  allusion  dans 
une  note  (3)  et  que  le  due  Jean  reprit  a  la  Sainte-Chapelle 
de  Bourges  pour  I'offrir  a  I'eglise  de  Paris. 

Le  reliquaire  d'oravec  une  dent  de  lait  de  laVierge(4), 
que  Robinet  d'Etampes  declare  avoir  ete  concede  a  la 
meme  eglise,  n'est  pas  mentionne  sur  les  inventaires  du 
tresor  de  Notre-Dame  de  Paris;  mais  le  livre  de  Gueffier 
signale  une  medaille  de  saint  Michel,  d'or  emaille,  pro- 
venant  d'un  don  de  1406. 

Le  magnifique  reliquaire  d'or  du  chef  de  saint  Phi- 
lippe nous  fournit  encore  la  preuve  formelle  que  les 
divers  inventaires  sont  loin  de  comprendre  tous  les 
joyaux  ayant  appartenu  au  Due  ou  executes  sur  ses  or- 
dres.  Cette  nomenclature  demeurera  toujours  forcement 
incomplete.  En  ce  qui  concerne  du  moins  le  superbe 
chef  de  saint  Philippe,  les  textes  et  les  descriptions 
abondent.  M.  Francois  Delaborde  (5)  a   raconte   recem- 


(i)  C.  p.  Gueffier,  Description  des  ciiriosites  de  I'eglise  de  Paris,  1763, 
in-S",  p.  267. 

(2)  Ibid.,' p.  292. 

(3)  Invent.  A,  art,  36 1. 

(4)  Ibid.,  art.  20. 

(5)  Le procds  du  chefde  saint  Denis,  daw?,  les  Me'moires  de  la  Socie'te 
de  I'histoire  de  Paris  et  de  Vile  de  France,  tome  XI,  1884,  p.  297-409. 
II  a  ete  fait  un  tirage  a  part  de  ce  Memoire. 

g 


XCVIII  INTRODUCTION 

ment,  avec  un  grand  luxe  de  details  piquants,  I'liistoire 
de  ce  joyau  rare,  offert  au  chapitre  de  Notre-Dame,  au 
debut  de  I'annee  1406,  en  echange  d'une  parcelle  du 
crane  de  saint  Denis,  relique  dont  les  Religieux  de  Saint- 
Denis  niaient  energiquenient  I'authenticite.  Cette  contes- 
tation aboutit  meme  a  un  proces  dont  les  ctranges  peri- 
peties  ont  ete  resumees  par  I'auteur  du  memoire  cite 
plus  haut.  Nous  n'en  parlons  ici  qu'en  raison  du  role 
joue  dans  cette  affaire  par  le  due  de  Berr}^  Aussi  bien, 
fut-il  contraint  de  se  rendre  ii  I'evidence  des  preuves  pro- 
duites  par  les  Religieux,  et  de  renoncer  a  la  satisfaction 
de  posseder  un  fragment  des  restes  de  I'apotre  venere 
des  Gaules.  La  negligence  avec  laquelle  une  si  fameuse 
relique  est  abandonnee  dans  une  saliere  de  cristal  (i) 
laisse  assez  entendre  que  le  due  de  Berry  avait  perdu 
toute  confiance  en  son  authenticite. 

L'eglise  de  Chartres,  moins  scrupuleuse  que  les  Reli- 
gieux de  Saint-Denis  qui,  eux,  n'avaient  consenti,  sous 
aucune  condition,  a  se  dessaisir  de  la  moindre  parcelle 
des  ossements  de  leur  glorieux  patron,  fit  abandon  d'un 
tableau  d'or  (2)  contenant  un  morceau  de  la  vraie  croix, 
conserve  depuis  un  temps  immemorial  dans  son  tre- 
sor.  Sans  doute,  les  chanoines  ne  s'etaient  rendus 
qu'a  la  derniere  extremite;  car,  peu  de  temps  avant  sa 
mort,  le  Due,  pris  sans  doute  de  remords,  ordonna  de 
restituer  I'insigne  relique  a  l'eglise  de  Chartres,  ce  qui 
ne  souffrit  aucune  difficulte. 

C'est  un  scrupule  de  meme  nature  qui  fit  rentrer  I'ab- 
baye  de  Saint-Denis  en  possession  du  manuscrit  des 
Chroniques  de  France  (3),  prete  au  due  de  Berry  pour  en 
prendre  copie  et  reste  dans  sa  librairie  jusqu'au  jourde 


(i)  Invent.  A,  art.  i32. 

(2)  Art.  69. 

(3)  Art.  1249. 


INTRODUCTION 


sa  mort.  II  semblerait  meme,  d'apres  la  note  qui  relate 
cette  particularite,  que  le  confesseur  du  prince  dut  inter- 
venirpour  obtenir  cette  restitution. 

Dans  I'inventaire  du  tresor  de  Chartres,  M.  de  Mely  Dons  oferts 
signale  (i),  comme  provenant  des  liberalites  du  due  '  c/iartres. 
Jean,  une  Vierge  d'ambre  gris.  Peut-etre  ce  don  serait- 
il  d'une  date  anterieure  a  1401,  car  cette  figure  ne 
parait  sur  aucun  inventaire.  Le  tableau  d'or  pose  sur 
huit  ours,  detail  qui  vaut  bien  un  certificat  d'origine 
authentique,  et  contenant  du  bois  de  la  vraie  croix  avec 
d'autres  reliques,  donne  a  I'eglise  de  Chartres  en  1406  (2), 
n'est  pas  mentionne  non  plus  sur  le  premier  de  nos 
inventaires.  Au  surplus,  les  nombreuses  liberalites  (3) 
du  frere  de  Charles  V  au  sanctuaire  venere  de  Chartres 
sont  officiellement  constatees  dans  la  lettre  de  remerci- 
ment  ecrite  par  le  Chapitre,  le  8  aout  1406,  probablement 
a  la  suite  de  la  reception  du  reliquaire  porte  sur  des  ours. 
L'inventaire  du  tresor  de  Chartres  nous  fait  ainsi  con- 
naitre  de  precieux  Jox^aux  qui  n'ont  jamais  figure  sur 
la  liste  des  tresors  du  prince. 

Jusqu'au  dernier  moment  de  sa  vie,  notre  fervent  col- 
lectionneur  ne  cessa  d'augmenter  le  nombre  des  joyaux 
amasses  dans    le    tresor  de  Bourges   (4).  A  vrai  dire. 


(i)  Page  12. 

(2)  Page  53  de  l'inventaire  publie  par  M.  de  Mely.  Les  reliques  jointes 
au  morceau  de  la  croix  consistaient  en  parcelles  de  la  sainte  couronne, 
de  la  sainte  pierre,  des  raclures  du  saint  clou,  des  morceaux  du  saint 
linceul,  de  la  robe  de  pourpre,  de  la  serviette  dont  Notre-Seigneur  se 
ceignit  pour  iaver  les  pieds  des  Apotres,  de  la  ceinture  de  la  Vierge,  des 
langes  sacrees.  Une  longue  inscription,  citee  par  I'auteur  du  Tresor  de 
Chartres,  rappelait  tons  ces  details. 

(3)  D'apres  M.  de  Mely  (p.  i5),  le  Due  aurait  offert  a  cette  eglise  le  reli- 
quaire contenant  des  cheveux  de  la  Vierge,  a  lui  donne  par  le  pape 
Clement  VII,  lors  de  son  voyage  a  Avignon.  La  statue  d'or  avec  un 
manteau  bleu,  qui  portait  le  nom  de  Vierge  bleue,  viendrait  aussi  de 
notre  prince. 

f4)  Voy.  Invent.  A,  p.  288,  art.  1 100  et  suivants. 


C  INTRODUCTION 

beaucoup  d'objets  acquis  en  1413  et  les  annecs  suivan- 
tes  proviennent  de  dons  ou  de  legs.  D'autres  sent  retires 
des  mains  des  marchands  auxquels  ils  avaient  ete  confies 
en  garantie  de  sommes  pretees. 

A  cette  categorie  appartient  la  croix  aiix  cristaux, 
estimee  8,000  fr.  et  vendue  10,000  fr.  en  1416(1).  Quant 
au  joy  an  dii  niont  de  Calvaire  {2),  mis  en  gage  chez  Guil- 
laume  de  Lodde,  a  la  croix  au  rubis  [?>),  deposee  chez 
Jean  Tarenne,  a  la  croix  au  camahieu  (4),  confiee  a 
Bureau  de  Dammartin,  il  ne  semble  pas  que  le  due  de 
Berry  ait  trouve  le  moyen  de  les  retirer  des  mains  des 
preteurs  avant  sa  mort. 

Signalons  encore  deux  articles  consacres  a  des  oeuvres 
d'art  exceptionnelles  :  la  cro/x  au  serpent  (5)  et  la  croix 
de  Balthasar  (6).  Encore  cette  derniere  n'existe-t-elle  plus 
lors  de  I'entree  en  charge  de  Robinet  d'Etampes  ;  les 
joyaux  en  avaient  ete  retires,  et  c'est  par  la  mention  de 
sa  destruction  que  son  souvenir  et  son  nom  ont  ete  con- 
serves. 

On  ne  saurait  trop  insister  sur  ce  point  qu'il  est  a  peu 
pres  impossible  de  suivre  dans  leurs  incessantes  meta- 
morphoses les  pieces  capitales  de  la  collection  de  Bour- 
ges.  Le  caprice  du  Due  se  plaisait  a  des  remaniments 
perpetuels,  et,  sous  ce  rapport,  les  articles  (7)  contenant 
I'enumeration  des  pierres  provenant  de  joyaux  detruits 
ne  sont  pas  les  moins  curieux  ni  les  moins  instructifs. 
Parmi  les  objets  a  la  transformaiion  desquels  nos  textes 
nous  font  pour  ainsi    dire  assister,  figurent   des   sta- 


(i)  Inv.  A,  art.  1070,  io85  et  iioo. 

(2)  Art.  1074. 

(3)  Art.  1084. 

(4)  Art.  359  et  1086. 

(5)  Art.  7. 

(6)  Art.  66. 

(7)  Voy.  surtout  les  articles  36 1,  367,  419  et  462  de  I'lnventaire  A. 


INTRODUCTION  CI 


tuettes  en  or  de  Dieu  le  perc,  de  Notre-Dame,  de  saint 
Jean-Baptiste,  de  saint  Paul,  de  saint  Pierre,  de  saint 
Denis,  de  saint  Thomas,  de  saint  Charlemagne,  de  saint 
Louis,  un  bapteme  du  Christ,  et  quantite  d'autres  pieces 
de  grand  prix,  dont  plusieurs  sont  des  cadeaux  offerts  au 
due  de  Berry  par  son  frere  de  Bourgogne  ou  par  son 
neveu   d'Orleans. 

Au  nombre  des  raretes  qui  excitaient  au  plus  haut  saintcs  reUques 
point  les  convoitises  de  notre  prince,  il  faut  mettre  en 
premiere  ligne  les  reliques  des  martjTs  et  des  saints.  Rien 
ne  lui  coutait,  comme  on  vient  de  le  montrer  par  I'his- 
toire  de  I'os  du  crane  de  saint  Denis,  pour  se  procurer 
quelque  parcelle  d'une  relique  insigne. 

Les  chevaliers  qui  avaient  accompagne  Boucicaut  dans 
I'expedition  de  Constantinople,  en  particulier  le  sire  de 
Chateaumorant,  s'etaient  empresses  de  satisfaire  a  ce 
caprice  de  collectionneur  en  rapportant  de  leur  voyage 
quantite  de  pieux  souvenirs  a  I'intention  du  prince  dont 
la  faveur  etait  fort  recherchee.  Les  inventaires  ne  men- 
tionnent  pas  moins  d'une  quinzaine  de  croix,  reli- 
quairesou  autres  joyaux  (i)contenant  des  parcelles  de  la 
vraie  croix.  L'un  de  ces  fragments,  le  plus  considerable 
sans  doute,  venait  de  I'Empereur  de  Constantinople,  avec 
qui  notre  prince  etait  en  relations  assidues.  Un  autre 
avait  ete  apporte  en  France  par  le  sire  de  Chateaumo- 
rant. 

La  liste  des  autres  reliques  presente  de  bien  singulieres 
particularites. 

Ainsi,  dans  la  a^oix  des  emaux  de  pelite  (2),  a  cote 
d'une  parcelle  de  la  vraie  croix,  sont  enfermes  divers 
fragments  de  la  robe  de  Jesus-Christ,  des  courroies  qui 
servirent  a  I'attacher,  de  I'eponge,  et   un  des  clous  de 

(i)  Invent.  B,  art.  5,  8,  12,  25,  49,  182,  214,  2i5,  Sgy,  1081  ct  Invent. 
A,  art.  8,  9,  10,  iioo,  iioi,  iiii. 
(2)  Invent.  A,  art.  49 


INTRODUCTION 


la  Passion.  Ailleurs,  c'est  une  des  pierrcs  que  Ic  Christ 
cliangea  en  pain  dans  le  desert  (i);  une  piece  du  man- 
teau  d'Elie  (2);  le  chef  d'une  des  onze  milleVierges  (3); 
les  jambes  d'un  des  Innocents  mis  a  mort  par  Herode  (4). 
D'autres  articles  citent  certaines  reliques  de  moindre 
valeur,  mais  aussi  etranges  (5).  Quelques-uns  de  ces 
objets  ne  laissent  pas  que  de  poser  des  problemes  diffi- 
ciles  a  resoudre.  Ainsi  avons-nous  vainement  cherche 
a  nous  renseigner  sur  la  legende  a  laquelle  fait  allusion 
cette  relique  «  du  fust  de  la  porte  de  Teglise  que  saint 
Pierre  fist  bastir  a  Rome  par  I'Ennemi  (6)  ». 

Le  due  de  Berr}^  n'etait  pas  plus  credule  que  ses  con- 
temporains;mais  il  partageait  le  gout  de  son  temps  pour 
le  surnaturel  et  le  merveilleux.Peut-etre,  et  certains  indi- 
ces sembleraient  Tindiquer,  n'etait-il  qu'a  moitie  dupe  de 
toutes  ces  designations  pretentieuses.  II  dissimulaitpour- 
tant  ses  sentiments  intimes  et  paraissait  admettre  sans 
difliculte  I'authenticite  de  ces  tresors  suspects,  recom- 
mandes  surtout  par  leur  origine  exotique. 

Qu'est-il  advenu  de  toute  cette  orfevrerie  d'eglise,  de 
ces  innombrables  reliques?  Beaucoup  ont  disparu,  soit 
pendant  la  guerre  contre  les  Anglais,  soit  au  milieu  des 
convulsions  qui  bouleverserent  la  France  dans  la  seconde 
moitie  du  seizieme  siecle.  Le  due  de  Berry  lui-meme  ne 
se  fit  pas  scrupule,  dans  les  cas  de  pressante  necessite,  de 
porter  la  main  sur  les  objets  voues  aux  usages  sacres  ; 
C'est  ainsi  que,  lors  du  siege  de  Bourges,  les  vases  pre- 
cieux  et  autres  ornements  de  la  Sainte-Chapelle  furent 
engages  ou  fondus.    On  a  vu  ce  qu'il  etait  advenu   au 


(i)  Invent.  A,  art.  54. 

(2)  Art.  274. 

(3)  Art.  .11 6,  317,  438. 

(4)  Art.  3ig,  32o. 

(5)  Voy.  Invent.  A,  art.  643,  910,  911,  912,  913  et  Invent.  B,  n°  60. 

(6)  Invent.  A,  art.  910. 


INTRODUCTION  CIII 

xvi^  siecle  du  chef  d'or  de  saint  Philippe  appartenant  a 
Notre-Dame  de  Paris.  Nul  doute  que  le  sort  de  ce  precieux 
joyau  n'ait  ete  partage  a  la  meme  epoque  par  les  tresors 
de  beaucoup  d'autres  eglises.  II  existe  encore  un  nombre 
suffisant  de  proces-verbaux  de  destructions  operees  soit 
par  les  Huguenots,  soit  par  les  catholiques,  pour  en  con- 
clure  que  bien  peu  de  sanctuaires,  parmi  les  plus  veneres, 
furent  alors  epargnes. 

Le  musee  de  Bourges  possede  une  coupe  de  marbre 
jaune,  veine  de  rouge,  en  forme  de  coquille  a  douze  cotes, 
qu'une  vieille  tradition  pretend  avoir  figure,  avec  le  Sacro 
Catino,  aux  noces  de  Cana  (i).  Meme  si  on  n'ajoute 
qu'une  mediocre  confiance  a  cette  legende,  le  vase  en 
question  offrirait  encore  un  interet  exceptionnel,  comme 
etant  une  des  dernieres  epaves  du  riche  tresor  de  la 
Sainte-Chapelle.  II  aurait  ete  oifert  par  le  Due  avec  une 
epine  de  la  Sainte  Couronne,  actuellement  conservee 
chez  les  dames  de  Saint-Laurent,  a  Bourges. 

De  tous   les   ornements  d'eglise   provenant  de  notre 
prince  et   encore   existants,    I'un  des  plus    importants 
est,  sans   contredit,  le  grand  retable  d'autel  decore  de 
vingt-quatre  scenes  de  la  vie  du  Christ,  dix-huit  sujets 
de  la  legende  de  saint  Jean-Baptiste  et  autant  de  tableaux 
tires  de  celle  de  saint  Jean  I'Evangeliste.  Ce  retable  en 
OS  sculpte,  expose  dans  les  galeries  du  Louvre,  fut  offert 
a  I'abbaye  de  Poissy  par  le  due  de  Berry,  dont  la  figure 
agenouillee,  accompagnee  de  celle  de  sa  femme,  appa- 
rait   dans   un   coin    du   tableau    avec    I'ecu   de    France 
engrele  de  gueules.  Comment  se  fait-il  que  ce  monument 
precieux  de  I'art  du  xiv'  siecle  ne  soit  mentionne  dans 
aucun  de    nos    Inventaires?  II    appartiendrait  done  a 
cette  serie  d'objets  commandes  pour  les  abbayes  ou  les 
eglises  et  qui  valurent  au  prince  une  reputation  de  pieuse 


(i)  Interme'diaire   du    25   septembrc   1888,  p.    SyS. 


CIV  INTRODUCTION 

liberalite,  celebree  dans  les  Chroniques  contcmporai- 
nes  (i);  mais,  il  faut  bien  le  reconnaitre,les  joyaux  du 
due  de  Berry  qui  ont  echappe  a  la  destruction  sontd'une 
extreme  rarete.  Leur  valeur  intrinseque  causa  leur  perte. 
Seuls,  les  manuscrits  histories,  ont  survecu  pour  por- 
ter temoignage  des  gouts  raffines  de  leur  ancien  posses- 
seur. 
Joyaux  de  corps.  La  liste  des  jo3^aux  d*un  usage  profane,  dits  joyaux  pour 
le  corps  de  Monseigneur  le  Due  (2),  abonde  en  details 
curieux  sur  le  costume  du  temps .  Chapeaux  ornes 
de  pedes  ou  de  pierres  precieuses,  ceintures  garnies 
d'or,  couronnes  et  colliers  d'or,  toutes  ces  parures  don- 
nent  une  idee  saisissante  du  luxe  inoui  de  la  cour  de 
France  peu  d'annees  avant  le  desastre  d'Azincourt.  Les- 
fermails  ou  fermaillets  d'or,  rehausses  de  pierres  pre- 
cieuses, sont  de  la  plus  grande  richesse.  L'art  de  Torfe- 
vre  se  donne  libre  carriere  sur  cette  piece  capitale  de  la 
parure,  Le  due  de  Berry  possedait  un  fermaillet  deeore 
des  plus  beaux  joyaux  de  sa  collection  (3),  notamment 
de  ce  balai  paye  16,000  ecus  a  Janus  de  Grimault, 
de  deux  diamants  achetes  6,000  ecus,  de  deux  autres 
diamants  valant  2,800  livres,  enfin  d'un  cinquieme  dia- 
mant  du  prix  de  7,800  ecus;  soit  plus  de  3o,ooo  ecus 
employes  a  la  decoration  d'un  seul  bijou  (4) !  II  nous 
semble  bien  que  certains  artistes,  charges  de  peindre  le 
portrait  du  Due,  ont  voulu  le  representer  avee  ee  fermail. 
Inutile  d'insister  sur  les  anneaux  d'or  enrichis  de 
rubis,  de  saphirs,  de  diamants,  d'emeraudes  et  de  perles. 


(i)  Bellaguet,  Clironique  du  Religieux  dc  Saint-Denis,  iomc  VI,  p.  29. 
—  Voy.  aussi  La  Thaumassicre,  Histoirc  du  Berry. 

(2)  Invent.  A,  art.  140  et  suivants. 

(3)  Ibid.,  art.  162. 

(4)  Ce  fermaillet  est  mentionnc  a  la  fin  de  I'lnventaire  S  G,sous  le 
n°  1 335.  II  ctait  alors  engage  chez  le  changeur  parisien  Renaud  Pis- 
d'Oue. 


INTRODUCTION  CV 

lis  sontnombreux  dans  les  inventaires,  et  cela  se  concoit 
aisement.  Ces  anneaux  sont  comme  la  monnaie  courante 
des  cadeaux  entre  grands  seigneurs.  Ici,  la  valeur  de  la 
pierre  constitue  a  peu  pres  tout  le  prix  du  bijou,  et, 
grace  aux  estimations  du  dernier  inventaire,  on  a  des 
renseignements  precis  sur  chacun  de  ces  objets. 

Certains  details  meriteraient  une  attention  particu- 
liere.  Tel  est  ce  camahieu  en  un  annel  d'or  «  fait  a  la 
semblance  du  visage  de  Monseigneur  (i).  »  C'est  evi- 
demment  un  portrait  du  Due  grave  sur  pierre;  mais  ce 
camahieu  doit-il  etre  pris  pour  un  camee  au  sens  mo- 
derne  du  mot,  comme  Ta  suppose  M.  de  Laborde,  ou  ce 
terme  ne  designe-t-il  pas  plutot  une  intaille  ?  La  meme 
incertitude  se  produit  au  sujet  d'un  article  analogue, 
mentionnant  «  un  annel  d'or  ouqucl  est  le  visage  de 
Monseigneur  le  Due  contrefait  d'une  pierre  de  cama- 
hieu (2)  )).  Notre  prince  aimait  a  voir  sa  figure,  si  peu 
plaisante  qu'elle  fut,  reproduite  sous  tons  les  aspects, 
dans  toutes  les  matieres.  C'est  une  faiblesse  qu'on 
retrouve  chez  beaucoup  d'amateurs  eminents.  La  table 
qui  termine  cette  publication  contient  la  liste  de  ces  por- 
traits soit  en  peinture,  soit  en  gravure,  representant  le 
Due  seul  ou  accompagne  de  sa  femme. 

Les  inventaires  ne  contiennent  sur  les  vetements  per-  vetemcnts  et 
sonnels  et  le  linge  de  maison  que  des  indications  sommai-  '"^'^' 
res.  Seul,  le  compte  de  Texecution  testamentaire  consa- 
cre  un  chapitre  special  a  cette  nature  d'objets(3).  Encore 
ne  parle-t-il  que  des  robes  et  houppelandes  doublees  de 
fourrure  et  ofFrant  une  certaine  valeur.  Robinet  d'Etam- 
pes,  garde  des  joyaux,  n'avait  pas  a  s'en  occuper ;  aussi 
n'est-il  jamais  question  dans  son   registre  ni  de    vete- 


(i)  Invent.  A,  art.  606. 

(2)  Art.  611. 

(3)  Tome  II,  Invent.  SG.,  art,  666  et  suivants. 


CVI  INTRODUCTION 


ments,  ni  de  linge,  non  plus  que  de  tapisseries  ou  de 
broderies. 

Dans  I'invcntaire  de  1402,  on  trouve  quantite  de 
details  precis  sur  des  draps  d'or  et  de  soie  (i)  et  sur  d'au- 
tres  ornements  de  chapelle  richement  decores,  tels 
que  chapes,  tuniques,  dalmatiques,  frontiers,  dossiers, 
tables  d'autel,  etc.,  etc.  La  description  de  ces  articles, 
donnes  presque  tous  au  tresor  de  la  Sainte-Chapelle, 
abonde  en  termes  techniques  dont  le  sens  precis  nous 
echappe  souvent.  Quelle  difference  y  a-t-il  entre  le  drap 
d'or  soudanis,  le  drap  de  Damas,  le  drap  d'or  de  Luc- 
ques?  Qu'est-ce  qu'une  broderie  d'ouvrage  de  Florence? 
Broderies.  Comment  distinguer  celle-ci  de  la  broderie  de  la  facon 
d'Angleterre  ?  Tout  a  la  fin  de  I'inventaire  de  1402  se  lit 
une  enumeration  de  broderies  des  plus  remarquables. 
Beaucoup  de  ces  ouvrages  representent  des  saints  et  des 
saintes,  veritables  peintures  a  I'aiguille,  dont  le  chef- 
d'oeuvre  etait  incontestablement  cette  table  d'autel  d'ou- 
vrage de  Florence,  en  plusieurs  pieces,  decrite  sous  le 
n°  i3i7  et  dernier  du  registre.  On  a  vu  que  ce  parement 
d'autel,  d'un  si  merveilleux  travail,  resta  jusqu'a  la  Revo- 
lution dans  le  tresor  de  Chartres.  A  la  fin  du  xvui*^  siecle, 
il  tombait  en  lambeaux.  II  n'en  subsisteplus  rien  aujour- 
d'hui;  seuls,  les  dessins  imparfaits  de  Montfaucon  peu- 
vent  donner  une  vague  idee  de  son  ornementation  (2). 
Tapis  et  tapis-  Quaut  aux  tapis  ou  tapisseries  proprement  dites,  on 
doit  en  chercher  la  liste  dans  Tinventaire  de  141 6  (3).  Les 
tentures  etant  confiees  aux  soins  d'un  gardien  special, 
il  n'en  est  jamais  question  dans  le  registre  de  Robinet 
d'Etampes.  A  considerer  I'ensemble  des  tapisseries  a 
personnages  du  due  de  Berry,  on  serait  presque  surpris 

(i)  Invent.  B,  art,  1188. 

(2)  Voyez  I'article  dc  M.  dc  Mcly  cite  dans  la  note  de   la  page  1G6  du 
tome  II. 

(3)  Invent.  SG,  art.   1-142  et  53i-556. 


series. 


INTRODUCTION  CVII 

qu'un  prince  aussi  magnifique  ne  possedat  pas  de  series 
plus  importantes  et  plus  riches. 

Nous  ne  nous  arreterons  pas  aux  chambres  de  sole 
et  de  drap  d'or,  bien  qu'elles  soient  nombreuses  et  que 
certaines  meritent  attention,  comme  cette  chambre  aux 
cygnes  (i)  et  cette  chambre  aux  enfants  (2)  decrites  avec 
force  details,  et  attributes,  lors  du  partage  de  la  succes- 
sion, aux  deux  fiUes  du  Due. 

D'autres  pieces  presentent  diverses  particularites 
dignes  de  remarque,  citons  la  chambre  aux  palii  (3), 
portant  une  inscription  allemande,  et  encore  le  dossiel  de 
drap  de  laine,  orne  de  betes,  oiseaux  et  fleurettes,  d'ou- 
vrage  de  Grece,  envoye  a  notre  prince  par  I'Empereur 
de  Constantinople  (4). 

Les  tapis  velus  abondent;  leur  ornementation  ordi- 
naire consiste  en  armoiries,  quelquefois  sommairement 
decrites.  Les  tentures  de  cuir  constituent  egalement  un 
mode  de  decoration  fort  usite  (5).  Le  Due  en  possede  un 
beau  choix  ;  plusieurs  d'entre  elles  sont  armoriees  des 
ecussons  de  Castille  et  d'Aragon.  II  s'agit  done  de  cuirs 
provenant  d'Espagne,  connus  de  longue  date  sous  le 
nom  de  cuirs  de  Cordoue. 

Si  Ton  rapproche  la  liste  des  tapisseries  a  personnages 
du  due  de  Berry  de  I'enumeration  des  tentures  apparte- 
nant  a  ses  freres,  on  retrouve  ici  les  memes  sujets  que 
dans  les  inventaires  de  Charles  V,  de  Philippe  le  Hardi 
et  de  Louis  d'Anjou. 

Voici  d'abord  la  serie  des  scenes  tirees  de  Thistoire  reli- 
gieuse  :  le  Trepassement  de   Notre  Dame  (6),  le  Cou- 


(i)  Invent.  SG,  art.  27-43. 

(2)  Art.  44-58. 

(3)  Art.  781. 

(4)  Art.  791. 

(5)  Art.  125-142. 

(6)  Art.  I. 


CVIII  INTRODUCTION 

ronnement  de  Notre  Dame  (i),  V Apocalypse  {2)  dont  le 
sujet  rappelle  la  magnifique  tenture  d'Angers,  comman- 
dee  par  le  due  Louis  d'Anjou  au  tapissierparisien  Nico- 
las Bataille;  puis  deux  pieces  sur  la  Trinite{3),  un  tapis 
de  la  Madeleine  (4),  une  Vie  de  saint  Andre  [5],  une 
Histoire  de  saint  Jean  (6),  deux  tapis  du  Credo  (7). 

Une  autre  categorie  renferme  les  allegories  ou  mora- 
lites.  A  cette  classe  appartiennent  les  trois  tapis  de 
Fama  (8)ou  de  Bonne  Renommee,  concus  sans  doute  dans 
I'esprit  des  tapisseries  de  Nancy,  un  tapis  des  Sept  j'ices{q), 
c'est-a-dire  des  sept  peches  capitaux,  une  histoire  d'Es- 
perance  et  de  Confusion  {10),  allegorie  obscure  dans  le 
gout  de  Tepoque,  enfin  certains  tapis  du  Pelerinage  [i  i ), 
dont  le  titre  n'indique  qu'insuffisamment  le  sujet  et  dont 
leducde  Berry  possedaitau  moins  deux  exemplaires(i2). 

Les  scenes  tirees  des  legendes  de  Charlemagne  et  de 
Girart  de  Vienne  (i3)  de  Begue  de  Belin  (14),  le  frere  de 
Garin  le  Lorrain,  font  partie  de  la  meme  serie  que  les 
sujets  legendaires  des  Neuf  Preux  ( 1 5).  Le  tapis  de  Gode- 
froy  de  Bouillon  (i(5)  sert  de  transition  entre  la  fiction  et 
les  scenes  historiques.  Avec  les  trois  tentures  du  roi  Ri- 
chart  (17), —  il  s'agit  sans  doute  de  Richard  Coeur  de 
Lion,  —  nous  voici  dans  le  domaine  de  I'histoire. 

II  ne  semble  pas,  d'apres  les  inventaires,  que  notre 
prince,  bien  que  grand  admirateur  de  Bertrand  Du 
Guesclin,  ait  possede,  comme  Charles  VI,  un  tapis  cele- 
brant le  heros  de  la  lutte  contre  les  Anglais. 


(i)  Invent.  SG,  art.  i8.  .(lo)  Art.  548. 

(2)  Art.  6.  (11)  Art.  i5,  774. 

(3)  Art.  19.  (12)  Voy.  notre  tome  II,  p.  208, 

(4)  Art.  23.  note  2. 

(5)  Art.  553.  (i3)  Art.  24. 

(6)  Art.  55o.  (14)  Art.  23. 

(7)  Art.  i3,   14.  (i5)Art.   17. 

(8)  Art.  2,  3,  4.  (16)  Art.  22. 

(9)  Art.  5.  (17)  Art.  20,  21. 


INTRODUCTION 


Si  nous  ignorons  a  quelle  aventure,  a  quelle  legende 
fait  allusion  le  tapis  dit  de  Robert  le  Fuzelier  (i);  les 
sujets  du  tapis  de  Vechiqiiier  (2)  et  du  tapis  de  la  chasse 
a  ['usage  de  Rome{3)  s'expliquent  assez  clairement  par  le 
titre.  Quant  au  tapis  du  Roman  de  la  Rose  {4),  il  n'apprcnd 
rien  de  nouveau  surla  vogue  immense  du  poeme.  Certes, 
une  des  tentures  qui  nous  interesseraient  le  plus  aujour- 
d'hui  serait  une  de  ces  six  pieces  de  VHistoire  du  grand 
Khan  (5),  inspirees  evidemment  par  les  recits  merveil- 
leux  de  Marco  Polo.  Le  due  de  Berry,  qui  avait  recueilli 
plusieurs  exemplaires  manuscrits  des  recits  du  voya- 
geur,  prenait  plaisir  a  en  faire  reproduire  les  scenes  sur 
les  tentures  de  ses  chateaux.  Est-il  besoin  d'ajouter  qu'il 
ne  reste  plus  rien  de  ces  ceuvres  curieuses  ?  II  y  a  plus  : 
jamais,  au  cours  de  nos  recherches  sur  la  tapisserie,  nous 
n'avons  rencontre  de  piece  avec  I'ecu  de  France  engrele  de 
gueules,  ni  avec  la  devise  le  temps  piendra,  devise  et  armoi- 
ries  si  souvent  reproduites  par  la  navette  ou  le  pinceau 
sur  les  tentures  et  les  manuscrits  du  due  de  Berry. 

Presque  toutes  les  tapisseries  enumerees  dans  I'inven- 
taire  sont  dites  de  I'ouvrage  d'Arras  ;  faut-il  prendre  ce 
terme  a  la  lettre  et  admettre  que  tous  les  articles  por- 
tant  cette  mention  provenaient  des  ateliers  de  I'Artois? 
Ce  serait  peut-etre  preter  a  cette  denomination  un  sens 
bien  etroit.  Nous  savons  pertinemment  que  le  due  de 
Berry  fit  travailler  le  fameux  ouvrier  parisien  Nicolas 
Bataille(6).Il  fut  done  en  relations  avec  d'autres  tapissiers 


(i)  Invent.  SG,  art.  549. 

(2)  Art.  16. 

(3)  Art.  55 1. 

(4)  Art.  26. 

(5)  Art.  7-12. 

(6)  La  mention  de  Nicolas  Bataille  se  trouve  dans  le  regislre  de  Barthe- 
lemi  de  Noces  (1374-1377),  recemment  publie  par  M.  E.  Teilhard  de 
Chardin  dans  la  BibliotMque  de  I'Ecole  des  Chartes  (1891,  p.  5 18). 


ex  INTRODUCTION 

que  ceux  d'Arras.  II  scmblerait  que  le  termc  «  ouvrages 
d'Arras  »  applique  le  plus  souvent  a  des  pieces  rehaus- 
sees  d'or,  d'argent  et  de  sole,  etait  employe  particulie- 
rement  pour  les  tapisseries  de  haute  lisse.  L'expression 
meme  de  haute  lisse  n'apparait  que  par  exception  et 
dans  de  tres  rares  articles,  dans  la  description  de  la 
chambre  mix  enfants,  par  exemple.  Quand  il  s'agit  de  ces 
questions  techniques,  on  fait  bien  de  proceder  avec  la 
plus  extreme  circonspection  et  de  n'attacher  qu'une 
importance  secondaire  aux  locutions  adoptees  par  des 
scribes  qui  ignoraient  parfois  la  valeur  des  mots  dont 
ils  se  servaient. 

Les  dimensions  de  chaque  piece  sont  le  plus  sou- 
vent  rapportees  avec  precision.  Or,  I'etendue  de  beau- 
coup  de  ces  tapisseries  depasse  sensiblement  les  mesures 
usitees  dans  les  siecles  suivants.  Les  panneaux  de 
II  aunes  de  longueur  sur  4  aunes  1/4  sont  communs; 
cela  fait  environ  1 3  metres  de  cours  sur  5  metres  de  hau- 
teur ou  65  metres  carres.  Les  plus  grandes  tapisseries 
de  Bruxelles  ou  des  Gobelins  n'atteignent  jamais  de 
pareilles  proportions.  Elles  rendaient  les  tentures  du 
moyen  age  extremement  lourdes  et  peu  maniables. 
Aussi  a-t-on  releve  ce  detail  typique  que  le  due  de 
Bourgogne  avaitdu  faire  couperen  trois  pieces  un  grand 
sujet  representant  la  bataille  de  Roosebeke,  en  raison 
des  inconvenients  de  sa  taille  demesuree. 

Chez  le  due  de  Berry  on  rencontre  des  tapis  de  17,  18, 
19,  et  meme  21  et  3o  aunes  de  longueur,  sur  5  aunes  de 
hauteur  et  davantage  ;  soit  plus  de  100  ou  i3o  metres 
superficiels  (i).  On  dut  renoncer  de  bonne  heure  a  de 
pareilles  exagerations  qui  expliquent,  dans  une  certaine 
mesure,  la  rapidite  avec  laquelle  ces  vieilles  tapisseries 
se  deterioraient. 

(i)  Ct".  les  tapis  des  Sept  vices  et  de  V Apocalypse,  de  Bcgiie  de  Belin 
et  de  Ciiarlemagne. 


INTRODUCTION  CXI 


L'inventaire  fournit  encore  un  appoint  d'une  reelle 
valeur  pour  I'histoire  de  la  tapisserie  en  donnant  sou- 
vent  I'estimation  des  tentures.  Cette  evaluation  varie  de 
lo  a  20  livres  I'aune  carree  pour  les  pieces  les  plus 
riches  et  les  plus  soignees;  elle  n'est  plus  que  de  4  a  5  li- 
vres pour  les  tissus  plus  communs,  comportant  toutefois 
un  peu  d'or;  puis,  elle  tombe  a  2  livres  pour  les  tapis  de 
laine  pure.  Ces  chiffres  sont  conformes  a  ceuxqui  ont  ete 
releves  ailleurs,  notamment  aux  prix  payes  pour  I'Apoca- 
lypse  du  due  d'Aniou  et  divers  autres  travaux  de  Nicolas 
Bataille.  Au  surplus,  toutes  les  tapisseries  du  due  de 
Berry  echurent  a  ses  fiUes ;  elles  firent  partie  du  lot  qui 
leur  fut  attribue.  Ce  serait  done  dans  les  vieux  manoirs 
du  Bourbonnais  ou  du  Midi  qu'il  y  aurait  encore  chance 
de  decouvrir  un  fragment  des  tentures  du  due  de  Berry, 
s'il  en  existe  encore  par  miracle. 

La  piece  cotee  le  plus  haut,  soit  20  livres  tournois 
I'aune,  et  en  tout  1,710  livres  tournois,  est  le  tapis  des 
Sept  vices  «  fait  a  grans  ymages  batus  a  or  ».  Ne  serait-ce 
pas  la  tapisserie  portee  sous  le  n*"  8679  dans  l'inventaire 
de  Charles  V  avec  la  designation  de  «  Tappr^  des  sept 
pechei  mortels  »  ?  En  rapprochant  les  documents  de  la 
tin  du  xiv'^  siecle  et  du  commencement  du  xv%  on  arrive- 
rait  peut-etre  a  suivre  chez  leurs  differents  proprietaires 
les  tentures  les  plus  fameuses. 

II  ne  faut  pas  negliger  certaines  mentions  fort  importan- 
tes  au  point  de  vue  de  I'histoire  des  industries  parisien- 
nes.  Si  la  plupart  des  suites  de  grand  prix  sont  dites 
«  de  I'ouvrage  d'Arras  »,  quelques-unes  cependant  par 
exception  sont  formellement  accompagnees  de  la  mention 
«  de  I'ouvrage  de  Paris  ».  II  est  vrai  que  les  sept  ou  huit 
articles  dont  nous  voulons  parler  sont  traites  avec  une 
dedaigneuse  indifference.  Tous,  vieux  et  uses,  dechires 
et  rompus,  sont  declares  sans  valeur.  Cependant,  quatre 
de  ces  tapisseries  representaient  des  batailles;  les  autres 


CXII  INTRODUCTION 

avaient  pour  ornement  un  semis  de  fleurs.  Dans  tous  les 
cas,  on  trouvera  dans  nos  documents  plusieurs  mentions 
a  joindre  aux  specimens  deja  signales  de  I'art  textile  dans 
le  cours  du  xiv'  siecle. 

11  est  temps  de  passer  a  un  autre  chapitre  de  I'inven- 
taire,  et  d'accorder  I'attention  qu'elles  meritcnt  aux 
curiosites  de  toute  espece  que  le  due  de  Berry  rechercha 
passionnement  jusqu'a  son  dernier  jour.  II  s'agit  des 
menus  objets  d'usage  quotidien,  des  pieces  de  coUection- 
neur  ou  des  singularites  naturelles  qui  se  rencontrent 
dans  de  nombreux  articles  de  nos  registres. 
MedaiUes.  Nous  avous  eu  I'occasion  de  montrer,  a  propos  des 
medailles  d'Auguste,de  Tibere,  de  Constantin  et  d'Hera- 
clius(i),  tout  le'parti  qu'ily  aurait  atirer,  pour  la  solution 
de  certains  problemes  archeologiques  longtemps  contro- 
versesjdes  indications  ponctuelles  de  Robinetd'Etampes 
et  de  ses  coUegues.  Leurs  inventaires  prouvent  que  la 
date  de  ces  medailles,  a  propos  de  laquelle  se  sont  exer- 
cees  la  verve  et  I'erudition  de  nombreux  savants  et  de 
Du  Cange  en  particulier,  doit  etre  fixee  desormais  aux 
environs  de  I'an  1400.  Tout  n'est  pas  dit  d'ailleurs  sur  la 
question,  et  il  reste  a  determiner  le  pays  d'origine  de 
ces  petits  monuments;  car  aucune  preuve  serieuse, 
definitive,  n'a  ete  fournie  par  les  erudits  qui  se  sont 
meles  recemment  a  ce  debat. 

Les  medailles  de  Constantin  et  d'Heraclius,  si  minu- 
tieusement  decrites  ici,  furent  connues  de  tous  les  anti- 
quaires  du  xvi''  siecle.  Aucun  d'eux  ne  parle  des  medall- 
ions d'Octave  et  de  Tibere.  II  y  a  done  lieu  de  craindre 
qu'aucun  exemplaire  de  ces  deux  dernieres  pieces 
n'existe  plus  depuis  longtemps,  puisque  personne  n'en 
a  signale  un  seul  depuis  la  mort  du  due  de  Berry. 
Moins  facile  a  identifier  serait  ce  denier  d'or  «  ouquel 

(i)  Invent.  xV,  art.  197-202. 


INTRODUCTION 


est  contrefait  au  vif  Ic  visaige  de  Julius  Cesar,  pcndu  a 
une  chaine.  »  II  s'agit  bien  probablement  d'une  contre- 
facon  de  piece  antique,  executeeau  moyen  age.  Gette  fois, 
la  description  est  trop  vague  pour  qu'il  soit  aise  de 
reconnaitre  le  bijou  ayantfait  partie  dutresorde  Bourges. 

Nous  rappellerons  en  passant,  et  sans  insister,  les 
conclusions  que  nous  a  fournies  Tarticle,  de  prime  abord 
sans  interet,  relatif  a  I'empreinte  en  plomb  d'une  me- 
daille  de  Carrare  (i).  Get  exemple  demontre  comment  les 
indications,  en  apparence  les  plus  vagues  et  les  plus  insi- 
gnifiantes,  viennent  parfois  donner  une  confirmation 
imprevue  a  des  theories  ingenieuses,  mais  depourvues 
d'arguments  peremptoires,  c'est-a-dire  de  preuves  au- 
thentiques.  II  y  a  done  un  interet  capital  a  publier  sans 
aucun  retranchement  et  a  etudier  dans  leurs  moindres 
details  des  inventaires  aussi  soigneusement  rediges  et 
aussi  scrupuleusement  annotes  que  les  notres.  Bien  peu 
de  textes,  en  effet,  nous  sont  parvenus  avec  un  pareil  luxe 
de  descriptions  et  de  commentaires. 

Gombien  de  problemes  obscurs  y  sont  poses,  dont  on  Vases  byx 
ne  trouvera  pas  de  longtemps  I'explication !  Ainsi,  ces 
deux  hanaps  d'or,  dits  d'ancienne  facon  (2),  histories  de 
figures  accompagnees  de  mysterieuses  legendes  latines 
d'une  forme  si  barbare,  nous  ont  longtemps  intrigue. 
En  vain  avons-nous  cherche  avec  perseverance,  avons- 
nous  demande  partout  le  mot  de  I'enigme.  Nousn'atten- 
dons  plus  maintenant  que  du  hasard  la  reponse  au  point 
d'interrogation  pose  par  ces  inscriptions  etranges. 

Les  relations  assidues  des  princes  francais  avec  les 
derniers  empereurs  de  Byzance  avaient  fait  affluer  en 
Occident  quantite  d'objets  de  fabrication  orientale.  G'est 


an- 
tin's. 


(i)  Voy.  Revue  de  numismatique  de  1891  :  les  Medailles  des  Can-are, 
seigneurs  de  Padoue,  execiitees  vers  i3go,  lo  pages  in-S"  et  une  planche. 
(2)  Invent.  A,  art.  776,  777. 


CXIV  INTRODUCTION 

ce  qui  explique  la  presence  dans  rorfevrerie  ducale  de  ces 
nombreux  vases  d'argent  a  inscriptions  grecques.  Plus 
de  trente  articles  prouvent  par  leurs  legendes  grecques 
leur  origine  exotique ;  parmi  eux  se  rencontrent  les  objets 
les  plus  varies,  notamment  des  tableaux  d'or  avec  une 
image  de  Notre-Dame  (i)  ou  de  saint  Jean-Baptiste  rap- 
pelant  les  types  consacres  des  Vierges  byzantines  et  des 
saints  veneres  en  Orient.  Le  vieux  tableau  d'or  du  chapi- 
tre  de  Chartres  (2),renfermant  du  bois  de  la  vraie  croix, 
n'etait  probablement  pas  autre  chose  qu'une  de  ces  ima- 
ges si  communes  dans  le  Levant.  Parfois,  le  due  de  Berry 
a  fait  ajouter  ses  amies  sur  ces  ouvrages  etrangers  (3). 

A  cote  des  images  religieuses  paraissent  des  joyaux  en 
matiere  precieuse,  a  usage  profane,  tels  qu'un  hanap  de 
jaspe,  garni  d'or  et  de  pierres  (4),  un  camahieu  blanc  en- 
chasse  en  argent  (5)  et  autres  objets  de  moindre  valeur(6). 

Enfin,  beaucoup  de  ces  importations  consistent  en  bas- 
sinsou  en  vases  d'argent,  parfois  histories  de  figures  enig- 
matiques,  comme  celles  d'  «  un  homme  nu  sur  un 
cheval  volant,  et  un  lion  soubz  ledit  cheval  (7).  »  Quel- 
quefois  le  metal  a  ete  rehausse  d'emaux  ;  c'est  le  cas 
de  ce  drageoir  d'argent  dore,  «  ache  de  lettres  grecques, 
et  ou  milieu  esmaille  d'un  homme  d'armes  et  d'un 
homme  sauvaige  (8)  ». 

Ces  citations  suflQsent  pour  demontrer  que  les  rap- 
ports de  I'Orient  avec  I'Occident  avaient  introduit  en 
France  quantite  d'objets  de  style  byzantin.    D'ailleurs 


(i)  Invent.  A,  art.  54,  55,  58.  —  Inv.  S.  G,  art.  1061. 

(2)  Invent.'A,  art.  69. 

(3)  Invent.  B,  art.  683. 

(4)  Ibid.,  art.  936 

(5)  Invent.  A,  art.   167. 

(6)  Voir  la  table  au  mot  :  Inscriptions  en  lettres  grecques. 

(7)  Invent.  B,  art.  857. 

(8)  Ibid.,  n<'862. 


INTRODUCTION  CXV 

les  comptes  prouvent  que  le  due  dc  Berry  se  montra 
toujours  fort  secourable  aux  voyageurs  arrivant  de 
ces  regions  lointaines  (i).  II  se  procurait  ainsi  des  rela- 
tions veridiques  sur  ces  pays  mysterieux  et  des  interpre- 
tes  capables  d'expliquer  les  textes  graves  sur  les  mc- 
dailles  et  Torfevrerie  orientales  de  ses  collections.  Nous 
avons  constate  naguere  que  la  legende  grecque  inscrite 
sur  la  medaille  d'Heraclius  avait  ete  assez  iidelement 
traduite  en  francais  sur  I'inventaire  de  1402  ou  Robinet 
d'Etampes  n'avait  eu  qu'a  en  copier  la  description. 

D'ailleurs,  le  due  de  Berry  se  plut  toute  sa  vie  en  la 
societe  des  lettres  et  des  savants;  il  aimait  a  s'entourer 
d'hommes  doctes  et  de  poetes.  Lui-meme,  les  historiens 
contemporains  le  constatent,  avait  des  droits  serieux 
a  la  reputation  d'orateur  habile  et  de  versificateur,  sinon 
de  poete. 

Parmi  les  autres  objets  singuliers  de  I'inventaire,  les  Portraits  du 
portraits  ou  le  Due  est  represente,  tantot  scul,  tantot 
accompagne  de  Jeanne  de  Boulogne,  sa  femme,  meritent 
une  attention  partieuliere.  Qu'il  se  fit  illusion  sur  ses 
avantages  physiques,  c'est  une  hypothese  difficile  a  con- 
cevoir,  bien  que  pareil  travers  se  comprenne  chez  un 
prince  puissant,  entoure  de  flatteurs.  Mais  on  admettra 
plutot  qu'il  etait  possede  d'une  manie  frequente  chez  les 


(i)  Une  grosse  partie  de  la  depense  du  due  de  Berry  est  consacree  a 
des  aumones.  Voici  quelques  articles  relatifs  aux  secours  donnes  a  des 
Grecs  et  a  d'autres  voyageurs  venus  de  pays  lointains  :  Le  lo  juillet  iSgg, 
je  due  de  Berry  fait  remettre  67  sous  6  deniers  tournois,  «  a  ung  povre 
evesque  de  Gresse  »  (Arch.  Nat.  KK  264,  fol.  19).  —  Le  23  mars  1401, 
un  Grec  refoit  4  livres  tournois  «  pour  Dieu  et  en  aumosne  »  {Ibid. 
fol.  108  yo).  —  En  I  Syr,  don  de  20  sous  tournois  «  a  ung  pouvre  homme 
et  une  pouvre  feme,  lesquelz  venoient  de  pelerinage  du  Saint-Sepulcre, 
si  comme  ilz  disoient  »  (KK25i,  fol.  70).  —Puis  c'est  un  don  de  40  sous 
a  deux  pauvres  gentilshommes  arrivant  de  Hongrie  (26  juillet  iSgg: 
KK  254,  fol.  19);  de  60  sous  a  deux  pauvres  voyageurs  et  une  femme 
nouvellement  baptises,  venant  d'AUemagne  (16  octobre  1870  :  KK  25 1, 
fol.  28). 


CXVI  INTRODUCTION 

plus  illustres  amateurs;  quoi  qu'il  en  soit,  le  due  Jean 
prenait  plaisir  a  voir  ses  traits  reproduits  de  toute  facon, 
sous  toutes  les  formes.  Aussi,ses  portraits  sont-ils  nom- 
breux,  et  il  en  subsiste  plusieurs  d'un  interet  capital.  Je 
ne  parle  pas  de  ces  effigies  sigillaires  ou  I'artiste  dispose 
de  ressources  insuffisantes  pour  donner  la  ressemblance 
a  la  tete  du  personnage.  Tout  au  plus,  ces  representa- 
tions permettent-elles  de  conjecturer  que  le  Due  modifia 
souvent  sa  coiffure,  tantot  laissant  croitre  cheveux 
et  barbe,  tantot  se  montrant  completement  tondu  et 
glabre.  Signalons  sans  nous  y  arreter  les  figures  age- 
nouillees  des  vitraux  de  Bourges  et  du  grand  tableau 
d'ivoire  du  Louvre.  II  serait  malaise  de  degager  de  ces 
representations  quelque  peu  conventionnelles  le  tj-pe  du 
personnage.  Le  portrait  le  plus  vivant,  et  sans  doute  le 
plus  exact  qui  nous  soit  parvenu,  est,  sans  contredit,  la 
belle  miniature  du  manuscrit  de  Bruxelles,  oeuvre  d'un 
grand  artiste,  qui  ne  serait  autre,  au  dire  de  tous  les  con- 
naisseurs,  que  le  peintre  sculpteur  Andre  Beauneveu. 
Cette  peinture  rend  avec  une  puissance  etonnante  cette 
tete  ronde  de  paysan  madre,  au  nez  camard,  aux  pom- 
mettes  saillantes  et  aux  petits  yeux  petillants  de  malice  et 
de  finesse.  C'est  bien  I'homme  que  nous  voyons  reparaitre 
avec  une  intensite  de  vie  extraordinaire  dans  le  magistral 
dessin  du  musee  de  Bale,  dans  lequel  Hans  Holbein  a 
reproduit  la  figure  agenouillee,  placee  a  Bourges  sur  le 
tombeau  du  Due.  Jeanne  de  Boulogne,  dont  les  traits 
ont  ete  egalement  conserves  par  le  crayon  du  grand  por- 
traitiste,  ne  semble  guere  plus  seduisante  que  son  mari. 
Les  inventaires  mentionnent  un  certain  nombre  d'au- 
tres  figurations  du  Due  et  de  sa  femme.  Tantot,  nos 
deux  personnages  apparaissent  au  bas  d'un  joyau  sous 
forme  de  donateurs  agenouillc's  (i);  c'etait  la  certaine- 

(i)  Invent.  A,  art.  14. —  Invent.  B,  38o,  iiSg. 


INTRODUCTION  CXVII 

ment  dcs  portraits  approximatifs  commc  ressemblance, 
reconnaissables  seulement  aux  insignes  et  aux  armoiries. 
Tantot,  le  prince  parait  seul,  a  mi  corps,  comme  dans  le 
joyau  d'or  achete  du  peintre  Michelet  Saumon(i).  Une 
autre  fois,  un  caprice  bizarre  lui  fait  mettre  son  image 
sur  unc  patene,  a  genoux  devant  Dieu  le  pere  (2).  Mais 
ces  effigies  ne  devaient  rappeler  que  tres  vaguement 
les  traits  du  due  de  Berry,  aussi  bien  que  les  represen- 
tations en  broderie  mentionnees  dans  divers  articles  (3). 
La  matiere  et  aussi  les  dimensions  se  pretaient  peu  a 
une  exactitude  scrupuleuse. 

Le  graveur  charge  de  «  contrefaire  au  vif  le  visage  de 
Monseigneur  sur  un  signet  d'or  (4)  »,  dut  apporter  plus 
de  scrupule  a  se  rapprocher  de  la  nature.  Deux  autres  figu- 
res «  a  la  semblance  du  visaige  de  Monseigneur  »  avaient 
ete  taillees  sur  «  une  pierre  de  cama3'-eu  « ;  c'etait  un 
cadeau  de  deux  de  ses  parents  (5).  Sans  nul  doute  le  gra- 
veur sur  pierres  s'etait  inquiete  de  la  ressemblance.  Mais 
nous  savons  de  reste  par  les  sceaux  a  quel  point  ces  por- 
traits donnent  une  idee  insuffisante  de  I'original.  C'est 
done  a  la  peinture,  a  la  peinture  seule,  qu'il  faut  se 
reporter  pour  avoir  I'image  fidele  du  due  de  Berry  et 
aussi  celle  de  Jeanne  de  Boulogne. 

Le  prince  se  fit  peindrc  parfois  sur  des  tableaux  d'au- 
tel  en  compagnie  de  son  pere  (6)  ou  de  sa  femme  (7),  et 
il  dut  exiger  alors  une  exactitude  scrupuleuse;  mais 
ces  effigies  ont  le  plus  grave  des  defauts,  comme  toutes 
les  images  eonfiees  au  metal  ou  a  la  pierre  :  elles  ont  dis- 


(i)  Invent.  SG,  art.  234. 

(2)  Invent.  B,  art.  42. 

(3)  Ibid.,  art.  i3oi,  I'ioS,  etc. 

(4)  Invent.  A,  art.  472. 

(5)  Art.  606,  611. 

(6)  Art.  35. 

(7)  Invent.  B,  art.  934. 


CXVIII  INTRODUCTION 

paru  depuis  longtemps,  tandis  que  le  manuscrit  de 
Bruxelles,  avec  Ic  chef-d'oeuvre  de  Holbein,  nous  ont 
conserve  un  type  inoubliable,  auquel  on  peut  comparer 
les  nombreux  portraits  du  prince  epars  dans  les  orne- 
ments  des  livres  de  priere  executes  par  ses  ordres  (i). 

Curieux,  le  due  de  Berry  I'etait  au  plus  haut  degre,  et 
dans  I'acception  la  plus  large.  Aussi,  la  variete  des  ob- 
jets  de  toute  nature  amasses  dans  le  cours  de  sa  longue 
carriere  semble-t-elle  defier  toute  classification.  Les  gar- 
diens  de  ses  tresors  ont  renonce  a  mettre  un  ordre  me- 
thodique  dans  I'enumeration  de  ces  mille  articles  varies 
qui  prouvent  les  gouts  les  plus  eclectiques.  Nous  allons 
tenter  cependant  de  grouper,  d'apres  leur  matiere  ou 
suivant  leur  destination,  certains  objets  heteroclites  epars 
dans  les  inventaires. 
Reiiqucs  de        Vo'ic'i  d'abord  les  reliques  de  famille  :  un  anneau  d'or 

fajtiille.  ,  ,  . 

contenant  «  une  teste  d  araent  en  la  semblance  du  roi 
Jean  (2) ».  Nous  avons  cite  tout  a  I'heure  un  tableau  d'autel 
ou  le  roi  Jean  etait  represente  en  compagnie  de  son  fils. 
Nous  le  retrouvons  sur  une  autre  peinture,  avec  le  roi 
Charles  V,  Edouard  d'Angleterre  et  I'Empereur  (3).  Un 
grand  hanap  d'or  emaille  aux  armes  de  France,  provenant 
du  roi  Jean,  avait  aussi  ete  recueilli  par  son  fils  (4)  qui  ne 
parait  pas  d'ailleurs  I'avoir  plus  respecte  que  nombre 
d'autres  souvenirs  de  famille.  Signalons  encore  le  pre- 
cieux  livre  d'Heures  sur  lequel,  d'apres  I'inventaire,  le  roi 
Jean  aurait  appris  a  lire;  c'etait  un  don  du  roi  de  Sicile 
a  son  oncle  (5).  La  noble  figure  de  saint  Louis  ne  cessa 

(i)  Voyez  notamment  le  Psautier  portant  le  n°  919  du  fonds  latin,  les 
Heures  inscrites  sous  le  no  18014  du  fonds  fran?ais,  et  le  n°  23279  '^^ 
meme  fonds,  contenant  les  portraits  du  Due  et  de  Charles  VI  (fol.  53). 

(2)  Invent.  A,  art.  485. 

(3)  Invent.  SG,  art.  1077. 

(4)  Invent.  B,  art.  114. 

(5)  Invent.  A,  art.  968. 


INTRODUCTION  CXIX 

d'etre  en  veneration  singuliere  durant  tout  le  moyen 
age  aupres  des  princes  de  la  maison  de  France.  Notre 
fervent  collectionneur  ne  manqua  pas  de  rechercher  avec 
passion  tout  ce  qui  se  rapportait  a  cet  illustre  aieul. 
Voici  une  image  du  saint  roi  en  emaux  de  pelite  sur  un 
tableau  d'or  (i);  une  autre  image  «  qui  a  le  visage  d'un 
balai  (2)  » ;  enfin,  une  image  d'or  (3),  ou  le  pieux  monar- 
que  apparait,  comme  dans  la  precedente  effigie,  tenant 
en  I'une  de  ses  mains  un  cedre,  attribut  avec  lequel  il 
etait  souvent  represente. 

Le  due  de  Berry  possedait  deux  souvenirs  de  son 
ancetre  plus  precieux  encore  :  le  diamant  de  saint 
Louis  (4),  ainsi  appele  sans  doute  en  raison  de  sa  pro- 
venance, et  une  aiguiere  d'or,  toute  unie,  sur  le  pied  de 
laquelle  une  inscription  gravee  rappelait  qu'elle  avait 
appartenu  au  fils  de  Blanche  de  Castille  (5).  Ce  vase 
etait  un  present  de  I'eveque  de  Chartres. 

De  ces  reliques  de  famille  il  faut  rapprocher  la  nef 
d'or  portant  les  figures  des  douze  pairs  de  France  avec 
une  image  de  saint  Louis,  dont  la  vie  etait  retracee  en 
haute  taille  sur  les  bordages  du  vaisseau  (6).  Rien  ne 
saurait  donner  une  meilleure  idee  du  culte  du  due 
de  Berry  pour  son  aieul  que  ce  riche  jo3^au  dont,  par 
malheur,  la  provenance  n'est  pas  relatee.  Pour  quelles 
raisons  fut-il  condamne  a  la  destruction  ?  On  I'ignore  ; 
mais,  avant  141 3,  les  pierres  en  avaient  ete  arrachees, 
le  metal  etait  fondu,  et  la  belle  nef  d'or  de  saint  Louis 
avait  cesse  d'exister. 

Plusieurs  pieces  de  I'orfevrerie  de  Bourges  se  recom- 


(i)  Invent.  A,  art.  71. 

(2)  Invent.  B,  art.  Syy. 

(3)  Ibid.,   art.  i  i6o. 

(4)  Invent.  A,  art.  427. 

(5)  Ibid.,   art.  832. 

(6)  Invent.  B,  art.  784. 


INTRODUCTION 


Bcrtrand  dii    mandaicnt  par  les  souvenirs  historiqucs  qu'elles  rappe- 

Giiescltn,  '■  ±  i  ±  i 

'"  ^Prcifses  ''^^  laient.  Sur  Tun  des  bassins  dores  ct  godronnes  de  sa  vais- 
selle,  le  Due  avait  fait  rcpresenter  Bertrand  du  Guesclin 
comme  pendant  a  Hector  le  Troj^en  (i),  temoignage  tou- 
chant  de  la  popularite  du  heros  de  la  guerre  contre  les 
Anglais.  Sur  d'autres  vases,  nous  voyons  les  neuf  Preu- 
ses  (2),  ces  heroines  fabuleuses  qu'un  esprit  ingenieux  de 
la  fin  du  xiv^  siecle,  peut-etre  le  due  de  Berry  lui-meme, 
avait  assignees  comme  compagnes  naturelles  aux  Preux 
legendaires.  Nous  trouvons  cette  double  suite  de  heros 
et  de  heroines  reunie  sur  des  emaux  d'or  (3)  emailles  de 
rouge  clair,  estimes  1800  livres.  Un  detail  a  noter  :  cette 
fois  encore  les  Preuses  ont  pour  pendant  dix  Preux, 
c'est-a-dire  les  neuf  personnages  aticiens  avec  un  guer- 
rier  plus  moderne  qui  ne  saurait  etre  que  Bertrand 
du  Guesclin.  On  a  vu  plus  haut  que  la  serie  des  Preux 
decorait  une  des  tentures  du  due  de  Berry,  et  on 
pourrait  a  juste  titre  s'etonner  de  ne  pas  rencontrer  sur 
les  inventaires  le  corollaire  oblige  des  Preux,  e'est-a-dire 
les  Preuses,  car  une  tenture  en  trois  pieces  de  ces  he- 
roines, mentionnee  sur  un  inventaire  de  Charles  VI, 
est  accompagnee  d'une  mention  constatant  que  ces  pan- 
neaux  portaient  les  armes  du  due  de  Berry. 

On  a  deja  parle  des  deux  etranges  hanaps  d'or,  dits 
d'aneienne  facon,  rehausses  de  si  singulieres  figures  de 
personnages  romains,  avec  legendes  plus  extraordinaires 
encore  (4).  Ne  scmble-t-il  pas  que  ces  noms,  ces  orne- 
ments,  ces  mots  obseurs  se  referent  a  quelque  oeuvre 
mysterieuse,  a  quelque  invocation  magique?Que  signifie 
aussi  cette  figure  de  Constantin,  assise  sur  un  eheval 
volant  aupres  d'un  lion  endormi,  avec  inscription  en  ca- 

(i)  Invent.  A,  art.  702. 

(2)  Ibid.,    art.  540. 

(3)  Invent.  SG,  art.  ii83. 

(4)  Invent.  A,  art.  776,  777. 


INTRODUCTION 


ractcres  grecs  (i)?  Faut-il  chercher  I'explication  de  cette 
scene  bizarre  dans  quelque  vieille  legende  byzantine? 

Ainsi,nos  inventaires  posent  a  chaque  ligne  des  points 
d'interrogation,  aiixquels  il  est  bien  souvent  difficile  de 
repondre  d'une  maniere  satisfaisante.  Combien  de  fois 
a-t-on  essaye  deja  de  determiner  la  nature  de  ces  emaux  ^"'f/?'^/^ 
de  pelite  dont  la  mention  revient  si  frequemment  ?  Un 
seul  article  en  cite  trois  cent  cinquante-deux  deposes 
dans  une  boite  (2).  lis  se  demontaient  done  facilement 
ou  se  fabriquaient  d'avance  avant  d'etre  employes.  Un 
autre  passage  parle  d'emaux  de  pelite  a  jour  (3),  indi- 
cation bonne  a  retenir. 

L'explication  des  mots  niellure,  marqueture,  pcinture 
d'ancienne  facon,  ne  presente  pas  de  difficulte  serieuse. 
II  en  est  autrement  des  termes  camahieu  et  porcelaine. 
Si  Ton  etudie  attentivement  en  Ics  rapprochant  les  nom-  camahieu. 
breux  passages  ou  il  est  question  d'images  de  camahieu, 
on  acquiert  la  conviction  que  ce  mot  designe,  ainsi  que 
I'a  demontre  Leon  de  Laborde,  des  pierres  gravees,  in- 
tallies  ou  camees. 

Quant  au  mot  porcelaine,  signifie-t-il  exclusivement  porceiame. 
au  moyen  age  la  nacre  de  perle,  comme  le  veut  I'auteur 
du  Glossaire  des  Emaux,  et  ne  s'appliquerait-il  pas 
parfois  a  des  pieces  de  ceramique  orientale  ?  Si  des 
images  religieuses  ou  des  tableaux  de  porcelaine  (4) 
peuvent  fort  bien  n'etre  que  de  la  nacre  sculptee  ou 
gravee,  il  parait  plus  difficile  d'accepter  I'opinion  du 
savant  auteur  du  Glossaire  dans  les  cas  ou  il  est  ques- 
tion des  pots  en   pourcelaine,  avec  anse    d'argent  (5), 


fi)  Invent.  D,  art.  23o. 

(2)  Invent.  B,  art.  622.  —  Voy.  aussi  Invent.  A,  art.  263  et  5oi . 

(3)  Ibid.,   art.  gSS. 

(4)  Invent.  A,  art.  33,  46. 

(5)  Ibid.,  art.  730,  73 1. 


CXXII  INTRODrCTION 

ou  bien  dc  plats   et   d'ecuelles  de  pourcelaine  (i).  Sans 
doute,M.  de  Laborde  a  repondu  par  avance  a  notre  objec- 
tion; mais  son  raisonnement  n'est  pas,  semble-t-il,  abso- 
lument  convaincant. 
curiosites         SuF  la  signification  du  mot  madre  ou  sur  celui  de  corne 

diverses.  .  •        ^        -k-,  ■      \-         > 

d'unicorne,  point  d  incertitude.  Nous  avons  indique  en 
note  les  opinions  generalement  admises  aujourd'hui  sur 
la  nature  de  ces  substances. 

Les  matieres  les  plus  diverses  furent  mises  en  ceuvre 
par  les  artisans  de  I'epoque  qui  nous  occupe.  L'ambre, 
I'ivoire,  le  jais  reparaissent  frequemment,  ce  qui  n'a  rien 
de  surprenant.  Mais  voici  des  objets  plus  singuliers  :  c'est 
un  grand  tableau  religieux  en  pierre  de  touche  (2),  une 
tete  taillee  dans  une  pierre  appelee  ycle  (3),  mot  dont  le 
sens  reste  a  determiner;  enfin  cent  raretes  differentes  qui 
montrent  la  curiosite  du  due  de  Berr^^s'etendant  atoutes 
les  branches  des  connaissances  de  son  temps.  Son  cabinet 
d'histoire  naturelle,  si  on  pent  employer  ici  une  pareille 
expression,  reunit  des  noixd'Inde  servant  de  burettes  (4), 
des  patenotres  en  coquilles  de  mer  (5),  des  pieces  nom- 
mees  paviot,  de  couleur  verte  et  devenant  vermeil  quand 
on  les  regarde  en  transparence  (6),  des  pierres  de  cristal  et 
de  jaspe  (7),  des  ceils  de  chat  (8),  des  pierres  d'aimant  (9), 
enfin  une  pierre  qui  a  la  vertu  de  preserver  de  la  soif(io), 
et  nombre  d'autres  curiosites  de  meme  ordre  (11). 


1 )  Invent.  A.,  art.  217,  249. 

2)  Art.  74. 

3)  Art.  576. 

4)  Art.  1 01. 

5)  Art.  182. 

6)  Art.  184  et  Invent.  B,  art.  21 5. 

7)  Art.  288, 

8)  Art.  491,  5o4,  6o5. 

9)  Art.  499. 

10)  Art.  497. 

11)  Art.  546,  547,  548,  553,  554,  56i.  —  invent.  SG,  art.  763. 


INTRODUCTION 


Le  regne  animal  a  ete  mis,  lui  aussi,  a  contribution;  Aninmux  sin- 
il  a  fourni  les  objets  les  plus  varies.  On  rencontre  pele- 
mele  des  oeufs  d'autruche  (i),  une  machoire  de  ser- 
pent (2),  des  defenses  de  sanglier  (3),  un  herisson  de 
mer  (4),  un  aiguillon  de  pore-epic  (5),  un  os  d'oiseau 
conserve  a  cause  de  sa  legerete  (6),  une  coquille  de  lima- 
con,  un  poisson  appele  gornaut  (7),  une  macheliere  de 
geant  (8),  c'est-a-dire  probablement  une  molaire  d'ele- 
phant,  enfin  une  dent  de  baleine  (9),  une  peau  d'ours 
blanc  (10).  Pour  completer  ce  petit  musee  de  toutes  les 
productions  naturelles,  voici  des  echantillons  de  mineral 
d'or  et  d'argent  et  des  grains  d'or  (i  i). 

A  la  fin  du  xiv^  siecle,  le  gout  de  la  numismatiquc  Mcdaiiics 
commencait  a  se  repandre.  (Jn  peut  citer  des  collections 
de  monnaies  antiques  formees  par  des  personnages 
illustres;  parmi  les  adeptes  de  la  science  nouvelle,  le 
nom  de  Petrarquc  brille  au  premier  rang.  Le  due 
de  Berry  ne  pouvait  manquer,  avec  son  esprit  toujours 
en  eveil,  de  porter  un  vif  interet  a  ces  revelations  sur 
I'antiquite.  Aussi,  a  cote  des  medailles  d'Auguste,  de 
Tibere,  de  Constantin  et  d'Heraclius,  dont  nous  avons 
longuement  parle  plus  haut,  a  cote  de  la  medaille 
de  Padoue  deja  signalee,  voyons-nous  paraitre  certaines 
monnaies  que  leur  description  trop  succincte  ne  permet 
pas  de  reconnaitre.  A  cette  categorie  appartiennent  «  le 


(i)  Invent.  A,  art.  227. 

(2)  Art.  266,  562. 

(3)  Art.  558,  SSg. 

(4)  Art.  617. 

(5)  Art.  55g. 

(6)  Art.  570. 

(7)  Art.  i2o5. 

(8)  Art.  571. 

(9)  Invent.  SG,  art.  i265. 

(10)  Ibid.,  art.  1 199. 

(11)  Invent.  A,  art.  549-552,  et  Invent.  B,  art.  295. 


CXXIV  INTRODUCTION 

grant  denier  d'or,  bien  pesant,  de  Julius  Cesar  (i)  »  et 
aussi  les  nombreuses  monnaies  d'or  et  d'argent  enume- 
rees  sommairement  en  divers  articles  (2),  sans  que  le 
garde  des  jo3^aux  prenne  la  peine  de  specifier  s'il  s'agit  de 
pieces  antiques  ou  modernes.  Le  seul  point  qui  resulte 
formellement  des  articles  de  I'inventaire,  c'est  que  les 
pieces  reunies  par  le  due  de  Berry  etaient  bien  des  mon- 
naies et  constituent  ainsi  une  des  premieres  collec- 
tions de  numismatique  qui  aient  ete  formees  par  un 
amateur. 

II  est  impossible,  on  le  concoit,  de  passer  en  revue 
toutes  les  curiosites  de  cet  incomparable  musee.  Ce- 
pendant,  nous  ne  pouvons  resister  au  desir  de  signaler 
encore  quelques  articles  d'une  singularite  exception- 
nelle.  Si  la  chemise  de  Notre-Dame  de  Chartres  (3) 
rappelle  une  insigne  relique  dont  il  est  souvent  question 
dans  les  ecrivains  hagiographiques,  si  «  le  calice  ou  Nos- 
tre  Seigneur  beut  a  la  Gene  (4)  »,  estime  24  livres  seu- 
lement  a  la  mort  de  son  possesseur,  avait  ete  mentionne 
dejapar  divers  auteurs,  I'anneau  «  dont  Joseph  espousa 
Nostre-Dame  (5)  »  parait  une  relique  plus  originale  et 
moins  connue.  Le  due  de  Berry,  sans  discuter  la  tra- 
dition ou  les  legendes,  semble  n'avoir  en  ces  reliques 
extraordinaires  qu'une  confiance  limitee.  Apres  la  men- 
tion de  I'alliance  de  la  Vierge,  Robinet  d'Etampes 
s'empresse  d'ajouter  cette  phrase  pleine  de  sous-en- 
tendus  «  si  comme  disoit  la  dame  de  Saint-Just  qui 
donna  ledit  annel  a  mondit  Seigneur  aux  etrennes  (de 


(i)  Invent.  A,  art.  igS. 

(2)  Art.  2o3,  204,  et  Invent.  B,  art.  122,  218,  1107-1110.  La  prove- 
nance d'une  seule  de  ces  pieces  est  indiquee;  c'est  une  monnaie  de 
Castille. 

(3)  Invent.  A,  art.  226. 

(4)  Art.  i3o. 

(5)  Art.  600, 


INTRODUCTION  CXXV 

1406)  )).  La  galanterie  interdisait  peut-etre  au  due  de 
Berry  d'elever  un  doutc  sur  les  affirmations  de  la  gra- 
cieusc  donatrice? 

Parmi  les  singularites  de  cette  collection  heteroclite, 
on  voit  figurer  plusieurs  de  ces  chefs-d'ceuvre  de  tra- 
vail microscopique  pour  lesquels  les  amateurs  de  toutes 
les  epoques  ont  montre  une  passion  qui  ne  fait  pas 
toujours  I'eloge  de  leur  gout.  A  ce  genre  de  curiosites 
appartiennent «  I'Evangile  de  saint  Jehan,  ecrit  de  menue 
lettre  en  parchemin,  de  la  grandeur  d'un  blanc  »  (i),  et 
aussi  les  «  deux  pommes  de  voire,  en  Tune  desquelles  a 
au  dedens  un  crucifix,  et  en  I'autre  un  homme  et  une 
femme  jouans  aux  eschecs  (2).  » 

N'oublions  pas  les  horloges  ou  cadrans  horaires  (3), 
la  Vierge  noire  en  jais,  tenant  un  enfant  Jesus  d'ivoire 
blanc  (4),  singulier  caprice  d'artiste  cherchant  les 
oppositions  brutales,  a  moins  que  ce  contraste  de 
couleurs  ne  se  rattache  a  quelque  legende  oubliee; 
puis  ce  sont  des  diamants  tallies  en  forme  de  E  et 
de  V  (5),  ces  deux  initiales  mysterieuses,  multipliees 
a  I'infini  dans  les  decorations  des  manuscrits  de  notre 
prince  et  dont  une  explication  plausible  reste  encore  a 
fournir. 

Le  collier  de  levrier  (6)  portant  la  devise  yl  J7ia  pie,  rap-   Les  ^j^"'jj^'^, 
pelle  la  passion  bien  connue  du  Due  pour  les  chiens  de 
toute  espece  et  de  toute  taille.  Les  chiens  courants  du 
Berry  etaient  celebres  ;  il  y  a  longtemps  que  M.  Raynal 
a  constate  leur  vieille  reputation  (7).  On  les  voit  souvent 


(i)  Invent.  A,  art.  208. 

(2)  Art.  564. 

(3)  Art.  3o3  et  Invent.  SG,  art.  45o. 

(4)  Invent.  B,  art.  364 

(5)  Invent.  A,  art.  442,  458. 

(6)  Invent.  B,  art.  283. 

(7)  Histoire  du  Berry,  t.  II,  p.  427. 


CXXVI  INTRODUCTION 

apparaitre  dans  les  comptes  (i)  a  cote  de  levriers  (2), 
d'epagneuls(3),  de  matins  (4)  et  d'animaux  de  petite  race, 
comme  celui  qui  est  cite  dans  I'article  suivant  :  «  A 
Fauconnier,page  de  Monsg""  de  Revel,  lequel  avoittrouve 
un  des  petits  chiens  de  Monseigneur,  appele  Lion, 
45  sous  tournois  (5)  ».  Dans  la  menagerie  intime  du 
due  de  Berry,  et  on  sait  si  elle  etait  nombreuse,  la  race 
canine  occupe  une  place  d'honneur.  Aussi,  ses  represen- 
tants  sont-ils  baptises  de  noms  qui  denotent  des  person- 
nages  jouissant  d'une  grande  consideration.  On  vient  de 
faire  connaissance  avec  Lion;  un  de  ses  compagnons 
s'appelle  Ghapelain  ((3).  A  une  epoque  anterieure,un  chien 
envoye  par  I'Empereur  repondait  au  nom  de  Prince  (7). 
On  n'a  garde  d'epargner  les  soins  a  ces  favoris;  ils 
coutent  cher  en  achats  d'onguents  et  d'emplatres,  quand 
ils  tombent  malades  ou  deviennent  rogneux  (8).  Sont-ils 
mordus  par  un  autre  chien  soupconne  d'etre  enrage,  on 
ne  rccule  pas  devant  la  depense  d'un  voyage  a  la  mer  (9), 
a  laquelle    on   attribuc   une   vertu   souveraine    pour  la 


(i)  «  II  fevrier  iSyS  :  a  Perrin  Charruel,  vallet  des  chiens  de  Monsei- 
gneur  pour  mener  de  Paris  a  Bourges  deux  allans  (chiens  courants)  de 
Monseigneur,  40  sous  t.  »  (Arch.  nat.  KK  25 1,  fol.  100)  —  Puis  ce  sont 
des  gratifications  a  divers  valets  qui  amenent  des  chiens  courants  de  la 
part  du  sire  de  Parthenay,  du  comte  d'Armagnac,  du  due  de  Bour- 
gogne,  en  i3yb  et  les  annees  suivantes  (Arch.  nat.  KK  232,  fol.  63  v°, 
84  v°  et  1 34  v°). 

(2)  «  A  Cot,  valet  de  Cornuaille,  qui  a  presente  a  Monseigneur  des 
levriers,  ars  et  fleches  »  (Arch.  nat.  KK  253,  fol.  16,  annee  iSgy)  — Voy. 
aussi  KK  252,  fol.  28  et  67  v",  et  KK  254,  fol.  28. 

(3)  «  A  la  femme  Jehan  Paris,  d'Etampes,  pour  avoir  apporte  les  espai- 
gneux  du  comte  d'Estampes,  qu'elle  gardoit,  4  livres  10  s.  »  —  29  mai 
1400  (Arch.  nat.  KK  254,  fol.  gb  v). 

(4)  Arch.  nat.  KK.  252,  fol.  106  v°  (1376)  et  i35  v". 

(5)  ig  novembre  1398  — Arch.  nat.  KK  254,  fol.  57  v". 

(6)  Arch.  nat.  KK,  253,  fol.  49. 

(7)  Arch.  nat.  KK  252,  fol.  167. 

(8)  Arch.  nat.  KK254,  fol.  5i  et  i36v°. 

(9)  Ibid.,  fol.  3i. 


INTRODUCTION  CXXVII 

guerison  dc  la  rage.  S'ils  sont  perdus  ou  voles,  celui  qui 
les  retrouve  et  les  ramene  a  leur  maitre  est  assure 
d'une  bonne  recompense  (i). 

Les  inventaires  ne  mentionnent  qu'un  tres  petit  nom-  ^rmes. 
bre  d'armes,  ce  qui  ne  laisse  pas  que  de  surprendre  un 
peu.  Qu'est-ce  que  I'epee  appelee  epee  de  saint  Geor- 
ges (2)?  Par  quelle  particularite  notable  avait-elle  meri- 
tee  son  entree  dans  le  tresor  de  Bourges  ainsi  que  son 
nom?  Voici  encore  une  vieille  epee  a  fourreau  d'argent 
emaille  de  personnages  et  de  betes  (3).  Du  moins  sommes- 
nous  mieux  edifies  sur  les  vertus  de  ce  couteau,  appele 
le  coutel  Donogo  qui  possedait,  si  on  en  croit  notre 
texte,  la  propriete  de  trancher  le  fer  (4). 

Les  deux  sacs  de  cuir  contenant  de  I'azur  (5)  rap-  ^i""''- 
pellent  que  la  couleur  bleue,  nommee  outremer  et  tiree 
du  lapis-lazuli  reduit  en  poudre,  etait,  jusqu'a  une  date 
recente,  une  matiere  des  plus  rares  et  des  plus  coia- 
teuses.  Le  Due  en  avait  fait  provision  pour  les  besoins 
des  peintres  attaches  a  sa  personne  ;  il  la  distribuait  avec 
parcimonie  a  ses  miniaturistes  et  enlumineurs.  Get  arti- 
cle est  d'autant  plus  digne  de  remarque  qu'il  n'est  ques- 
tion nulle  part  de  feuilles  d'or  battu.  G'est  que  I'azur 
importe  d'Orient  etant  fort  rare;  on  ne  s'en  procurait 
pas  a  volonte,  meme  en  le  payant  cher,  tandis  que 
Tor  en  feuilles,  s'il  etait  d'un  prix  eleve,  se  trouvait  du 
moins  chez  tous  les  batteurs  d'or. 

II  resterait  encore  bien  des  objets  curieux  a  signaler, 
comme  cette  «  poire  d'or  »  pour  donner  a  boire  aux 
malades  (6);  le  diamant  provenant  de  Bonne  de  Luxem- 


(i)  Arch.  nat.  KK  252,  tbl.  167. 

(2)  Invent.  B,  art.  1089. 

(3)  Invent.  SG,  art.  1040. 

(4)  Invent.  A,  art.  206. 

(5)  Invent.  B,  art.  210. 

(6)  Ibid.,  art.  1 156. 


CXXVIII  INTRODUCTION 

bourg,  la  mere  du  due  de  Berry  (i);  les  plats  decores  de 
peinture  (2)  et  les  vingt-deux  tasses  emaillees  au  fond 
chacune  d'une  lettre  de  I'alphabet  (3) ;  mais  on  n'en 
finirait  pas  si  on  devait  relever  toutes  les  singularites 
qui  sollicitent  I'attention. 

Toutefois,  nous  ne  saurions  passer  sous  silence  cer- 
taines  categories  d'objets  qui  font  penetrer  dans  la  vie 
intime  du  temps  ou  qui  servaient  a  Tusage  particulier 
du  prince.  II  s'agit  de  ses  sceaux  et  signets,  des  jeux  de 
differentes  sortes,  des  ustensiles  de  table  ou  des  acces- 
soires  de  toilette,  des  parfums,  des  antidotes  employes 
pour  prevenir  ou  pour  combattre  I'effet  du  poison,  enfin 
de  ces  legendes  et  de  ces  animaux  symboliques  qui  sont 
comme  une  marque  de  propriete  apposee  sur  le  mobi- 
lier  usuel  et  les  manuscrits  du  due  de  Berr3^ 
Signets  Les  signets  ou  cachets  sont  groupes  dans  un  meme 

et  cachets.  /  , 

chapitre  par  Robinet  d  Etampes  (4).  1  ous  sont  en  or  et 
en  pierres  precieuses.  Nous  ne  parlous  point  des  sceaux 
pfficiels;  ceux-ci  sont  bien  connus,  et  notre  texte  n'en 
dit  mot.  II  ne  fait  mention  que  des  signets  secrets,  gar- 
des dans  le  tresor  particulier,  tandis  que  le  grand  sceau 
etait  entre  les  mains  du  chancelier.  Encore  est-il  dou- 
teux  que  les  cachets  decrits  ici,  meme  celui  sur  lequel 
on  voit  le  portrait  du  due  de  Berry,  aient  jamais  ete 
employes  a  sceller  des  actes  prives  ou  des  lettres  missi- 
ves. Ces  signets  ont  toute  I'apparence  d'une  collection 
d'objets  rares,  plutot  que  d'une  serie  d'instruments 
usuels.  Plusieurs  des  pierres,  montees  en  anneaux,  sont 
gravees  d'un  ours 
L'ours  II  y  aurait  une  curieuse  etude  a  faire  sur  le  symbole 

et  le  cygne.       ,      ,,  ,  t-.  i  i 

de  1  ours  et  du  cygne.  Partout  on  les  retrouve  :  sur  les 

(1)  Invent.  A,  art.  436. 

(2)  Art.  1020. 

(3)  Invent.  B,  art.  112. 

(4)  Invent.  A,  art.  471  k  479. 


INTRODUCTION  CXXIX 

huit  Oil  dix  sceaux  ou  contre-sceaux  de  la  collection  dcs 
Archives  nationales,  sur  quantite  de  joyaux,  de  pieces 
d'orfevrerie  et  de  pierres  gravees,  sur  les  marges  des 
manuscrits  de  Bourges.  Tantot,  ils  servent  de  supports  a 
Tecu  de  France  engrele  de  gueules;  tantot,  il  se  dressent 
casques  d'un  heaume,  tenant  un  etendart,  un  collier  au 
cou  ;  tantot,  ils  se  jouent  dans  les  attitudes  les  plus  natu- 
relles  et  les  plus  comiques  autour  de  I'ecu  de  leur  maitre. 
Quelquefois  T'ours  est  blanc;  mais,  le  plus  ordinaire- 
ment,  quand  il  decore  des  jo3^aux,  il  est  emaille  de  noir; 
parfois,  il  porte  un  rubis  sur  I'epaule  ( i ).  Des  1 879,  il  pa- 
rait  sur  les  sceaux  de  Berry,  quoique  sa  presence  ne  soit 
signalee  dans  les  comptes  que  beaucoup  plus  tard.  Le 
plus  sou  vent,  I'ours  est  seul ;  quand  le  cygne  se  montre, 
il  est  presque  toujours  escorte  de  son  compere  a  quatre 
pattes.  Cependant  le  cygne  figure  quelquefois  seul  sur  les 
sceaux  ou  sur  les  pieces  d'orfevrerie.  Ne  serait-ce  pas 
dans  ce  cas  Tembleme  de  laduchesse?  Sur  une  nef  riche- 
ment  decoree  est  represente  un  cygne  portant  au  col  un 
ecu  en  lozange(2);  c'etait,  on  le  sait,  la  forme  heraldique 
de  I'ecusson  feminin.  Ailleurs,  le  cygne  tient  une  ban- 
derole historiee  a  la  legende  ducale  :  le  terns  veiira. 

Certains  esprits  ingenieux,  trop  ingenieux  peut-etre, 
ont  propose  une  explication  un  peu  compliquee  :  ours  et 
cygne  formeraient  ensemble  un  rebus  dissimulant,  en  le 
laissant  deviner,  le  nom  d'une  femme  aimee,  nommee 
Oursine.  Cette  conjecture  ne  repose  sur  aucune  base  se- 
rieuse.  Autant  chercher  une  allusion  au  fief  de  Lour- 
cine  dont  le  nom  s'est  perpetue  jusqu'a  nous  dans  la 
banlieue  de  Paris.  Au  surplus,  sans  preter  au  due  Jean 
des  scrupules  de  conscience  excessifs,  il  semble  avoir 
mene  une  vie  plus  reguliere  que  beaucoup  de  ses  con- 


(i)  Invent.  B,  art.  124,  180. 
(2)  Ibid.,  art.  56. 


CXXX  INTRODICTION 

temporains.  L'union  regna  de  tout  temps  dans  son  me- 
nage. S'il  aimait  a  s'entourcr  de  joueurs  de  farces  et  de 
gobelets,  on  nc  saurait  en  inferer  que  son  gout  pour  le 
plaisir  ait  jamais  depasse  les  limites  permises. 

D'autre  part,  il  ne  faut  pas  oublier  que  saint  Ursin 
est  le  patron  du  Berry.  Peut-on  rappeler  enfin  que  le  mot 
Bchr  signifie  ours  dans  plusieurs  langues?  Ainsi,  pour  de 
multiples  motifs,  et  peut-etre  tout  simplement  par  suite 
d'une  predilection. innee,  le  souvenir  et  I'image  de  Tours 
s'imposaient  au  due  de  Berr}^  Quelle  que  fut  la  raison 
de  ses  preferences,  graveurs  et  peintres  ont  su  tirer,  dans 
mainte  circonstance,  un  parti  charmant  de  I'animal  de 
son  choix. 

Cette  passion  se  trouve  confirmee  par  de  nom- 
breux  articles  des  comptes.  Le  due  entretenait  dans  ses 
chateaux  toute  une  collection  d'animaux  rares  a  cote  des 
chiens  de  chasse  ou  autres  dont  nous  avons  parle  plus 
haut.  G'etait  encore  un  gout  qu'il  partageait  avec  son 
frere,  le  roi  Charles  V.  Celui-ci  n'avait-il  pas  heberge  dans 
le  voisinage  de  I'hotel  Saint-Paul  quantite  de  betes  rares, 
venues  de  pays  lointains,  et  jusqu'a  des  lions.  Nous 
ignorons  si  le  due  de  Berry  a  jamais  possede  des  echan- 
tillons  de  cette  race;  mais  toutes  les  especes  d'oiseaux 
figurent  dans  sa  menagerie  domestique.  A  cote  des  cygnes 
occupant  naturellement  une  place  d'honneur,  il  nourrit 
des  faucons,  des  etourneaux,  un  chardonneret,  des  cail- 
les  de  mer,  des  paons,  des  tourterelles,  des  rossignols, 
des  perdreaux,  independamment  de  I'autruche  et  du 
dromadaire  ( i )  qui  exigent  les  soins  d'un  gardien  special. 
Au  milieu  de  ces  botes  exotiques.  Tours  reste  leprefere. 
Non  content  d'en  nourrir  plusieurs  aupres  de  lui,  j'allais 
dire  a  sa  cour,  le  due  de  Berry  se  fait  accompagner  par 
ses  ftivoris  dans  ses  frequents  deplacements.  Leur  com- 

(ly  Arch.  Nat.,  KK  254,  ful.  ii5  v",  I'iS  v°,  139.  etc.,  etc. 


INTRODUCTION  CXXXI 

pagnie  lui  devient  un  besoin ;  leurs  ebats  sont  sa  meil- 
leure  recreation.  Au  surplus,  ne  soyons  pas  trop  surpris 
de  ce  caprice;  quiconque  a  pu  assister  auxgracieux  ebats 
des  jeunes  oursins  de  Berne  comprendra  le  gout  singu- 
lier  d'un  prince  jovial,  ami  du  rire  et  de  la  gaiete.  Le  Due 
change-t-il  de  residence,  vient-il  a  quitter  le  chateau  de 
Mehun  pour  le  palais  de  Bourges,  ses  compagnons  de 
predilection  le  suivent  enfermes  dans  une  charrette, 
sous  la  conduite  de  leur  gardien,  Colin  de  Bleron, 
ou  de  quelque  autre  serviteur  de  confiance  (i).  Si 
bien  eleve  que  soit  ce  personnage  admis  dans  la 
familiarite  d'un  prince,  son  naturel  reparait  par  instants, 
et  les  voisins  se  ressentent  quelquefois  de  ses  instincts 
brutaux.  Ainsi  Lorin  I'archer  recoit  45  sous  tournois  en 
1898,  pour  se  faire  guerir  de  la  blessure  qu'il  a  recue 
de  I'ours  de  Monseigneur  (2). 

Nous  n'insisterons  pas  davantage  sur  la  place  consi- 
derable que  I'ours  occupe  a  la  cour  de  Bourges.  Notre 
table  donne  la  liste  complete  des  joyaux  agrementes 
de  I'animal  symbolique.  Malheureusement,  toutes  ces 
fantaisies  charmantes,  dont  la  description  ne  saurait 
donner  qu'une  idee  bien  vague,  n'existent  plus;  seuls 
aujourd'hui,  quelques  sceaux,  certaines  pages  des  manu- 
scrits  que  nous  possedons  et  les  vitraux  de  Bourges 
montrent  les  ressources  infinies  que  les  dessinateurs  et 
les  orfevres  comme  les  verriers  avaient  su  tirer  des 
graces  massives  du   favori. 

L'examen  des  comptes  fournit  sur  le  caractere  intime        jeux. 
du  due  dc  Berry  des  indications  caracteristiques.  Beau- 
coup  d'articles  nous  le  montrent  constamment  en  fete  et 
en  rejouissances,  fort  adonne  au  jeu  et  aux  distractions  de 


(i)  Arch.  Nat.,  KK  253,  fol.   53  v",  76,  84,  et  254;  fol.  ii5  v",  i38  v". 
(2)  Ibid.,  fol.  53  vo. 


CXXXII  INTRODUCTION 

toute  nature.  Ses  livres  dc  depenscs  portent  de  frequen- 
tes  mentions  dc  sommes  avancees  par  les  serviteurs 
pour  le  reglement  des  dettes  de  jeu,  depenses  qui  d'ail- 
leurs,  empressons-nous  de  le  dire,  ne  font  aucun  tort  aux 
aumones,  toujours  nombreuses  et  fort  larges.  Les  inven- 
taires  gardent,  eux  aussi,  le  souvenir  d'un  gout  tres  vif 
pour  tous  les  divertissements  alors  en  faveur.  Les  meu- 
bles  destines  aux  plaisirs  du  prince  sont,  comme  il 
convient,  d'une  extreme  recherche.  Les  echecs,  les  jeux 
de  dames  et  de  trictrac  semblent  avoir  ete  fort  repandus 
a  la  fin  du  xiv'  siecle.  Le  tablier  ne  va  guere  sans  Techi- 
quier,  avec  pieces  assorties.  II  y  en  a  d'argent  dore  et 
de  cristal  (i),  de  bois  de  cipres  orne  marqueterie  ou 
d'ivoire,  avec  echecs  en  ivoire  et  en  bois  noir  (2);  d'au- 
tres  sont  en  jaspe  et  en  cristal  (3),  d'autres  encore  en 
noix  muguetes  (4).  Au  jeu  de  tables  ou  tablier  est  sou- 
vent  joint  un  marelier,  probablement  une  sorte  de  tric- 
trac (5).  Les  inventaires  mentionnent  un  anneau  d'or 
orne  d'un  camayeu  ou  etaient  representees  deux  femmes 
jouant  aux  tables  (6).  Les  tables  repondent  done  bien, 
comme  on  le  voit,  a  ce  que  nous  appelons  aujourd'hui 
le  jeu  de  dames. 

Les  secretaires  veulent-ils  faire  leur  cour  en   oftVant 

au  i'''  Janvier  un  objet  agreable  a  leur  maitre?  C'est  a 

un  tablier  d'argent  dore,  garni  de  pieces  de  nacre,  qu'ils 

songent  tout  d'abord  (7). 

Usteiisiies         Les  ustensiles  employes  aux  repas  donneraient  lieu  a 

cVc-  table.  ,  , ,  . 

plus  d  une  remarque  piquane.  Si  Ton  s'en  rapporte  aux 


(i)  Invent.  A,  art.  296. 

{2)  Ibid.,  an.   3oi,  326  1018. 

(3)  Ibid.,  art.  336. 

(4)  Invent.  B,  art.  63o,  63 1. 

(5)  Ibid.,  art.  63 1  et  Invent.  C,  art.  1298. 

(6)  Ibid.,  art.  555. 

(7)  Invent.  A,  art.  33 1. 


INTRODUCTION  CXXXIII 


temoignages  contemporains,  aux  manuscrits  notamment, 
le  luxe  dans  les  festins  etait  pousse  a  un  tres  haut  degre 
sous  le  regne  de  Charles  VI.  Les  chercheurs  qui  ont 
feuillete  les  comptes  anciens  le  savent  de  reste.  Nos 
inventaires  parlent  de  vases  a  faire  rafraichir  le  vin  (i), 
d'entonnoir  d'or  (2),  de  broches  de  cristal  montees  en  or 
ou  en  argent  pour  manger  les  fraises  (3).  Les  person- 
nages  qui  avaient  porte  la  recherche  du  luxe  a  un  tel 
point  n'ignoraient  certes  pas  I'usage  de  la  fourchette. 
Et,  de  fait,  si  les  fourchettes  se  montrent  plus  rarement 
que  les  cuillers,  elles  tigurent  en  suffisante  quantite 
pour  prouver  que  leur  emploi  etait  alors  d'un  usage 
fort  repandu,  au  moins  dans  la  maison  des  princes  et 
des  grands  seigneurs.  Parfois,  c'est  un  convert  en  or, 
reunissant  fourchette,  cuiller  et  cure-dent  (4).  D'autres 
necessaires  de  table  sont  plus  complets  encore,  car  ils 
comprennent  en  outre  un  couteau  et  un  poincon  avec 
un  cure-oreille  (5).  Passe  encore  pour  le  cure-dent; 
mais  la  presence  de  I'autre  ustensile  dans  un  necessaire 
de  table  ne  laisse  pas  que  de  sembler  etrange.  Ces  instru- 
ments servant  a  manger  sont  fabriques  avec  les  matieres 
les  plus  diverses  :  il  y  a  des  fourchettes  d'or,  d'autres 
en  argent  a  manche  de  cristal  (6),  d'autres  en  picrre  ser- 
pentine garnie  d'or  (7),  d'autres  enfin  en  or  et  en  cris- 
tal (8).  Bien  plus  nombreuses  d'ailleurs  sont  les  cuillers 
enumerees  ici,  qu'elles  soient  d'or,  de  cristal,  de  pierre 


(i)  «  Un  reffroidouer  a  vin,  de  cuivre  a  oeuvre  de  Damas.  »  Invent.  A, 
art.  225. 

(2)  Invent.  A,  art.  240. 

(3)  Ibid.,  art.  627,  628,  et  629. 

(4)  Art.  646. 

(5)  Art.  656. 

(6)  Art.  657. 

(7)  Art.  65o- 

(8)  Art.  69U. 


INTRODUCTION 


serpentine  ou  de  cornaline  (i).  Est-il  besoin  d'ajouter 
que,  seuls,  les  objets  dc  table  en  matieres  precieuses 
sent  confies  au  garde  du  tresor?  Les  cuillers  comme  les 
foLirchettes  en  metal  commun  n'ont  aucune  raison  de 
tigurer  ici.  Notons  cependant  la  mention  d'une  cuiller 
de  corne;  encore  Tetui  est-il  garni  d'argent  (2). 

Les  couteaux  offrent  de  grandes  varietes.  On  vient 
d'en  citer  plusieurs  renfermes  dans  un  necessaire  avec 
le  couvert.  Parfois,  une  gaine  ne  contient  qu'un  jeu 
de  couteaux  de  differentes  grandeurs  (3).  Que  veut 
dire  le  terme  de  couteau  tournant  a  vis  (4)  ?  A-t-on 
voulu  parler  d'une  lame  se  repliant  dans  le  manche 
de  mahiere  a  se  mettre  dans  la  poche  ?  Le  coutel  dit 
«  de  Castille  (5)  »  fait  souvenir  de  la  vieille  reputation 
des  epees  espagnoles  et  des  lames  de  Tolede.  Cette  gibe- 
ciere  avec  ceinturede  cuirblanc,  a  laquelle  pendent  «  trois 
couteaux  a  manches  d'os  appele  rouart,  qui  tost  la 
soif(6))),  a  tout  I'air  d'un  attirail  de  chasseur;  le  manche 
qui  a  la  vertu  d'apaiser  lasoif  est  bien  de  nature  a  nous 
confirmer  dans  cette  conjecture, 
Saiicrcs.  Nous  uc  uous  arrcterons  pas  aux  salieres  si  nombreu- 

ses  et  si  elegamment  ornees  dont  la  description  remplit 
des  pages  entieres.  La  saliere,  on  I'a  deja  fait  remarquer, 
n'est  pas  seulement  un  recipient  pour  le  sel  et  le  poivre; 
elle  renferme  encore  les  epices  de  toute  sorte  dont  on 
faisait  alors  grand  usage;  aussi  atteint-elle  des  propor- 
tions exceptionnelles,  comme  lanef,  ce  qui  lui  permet  de 
recevoir  une  decoration  aussi  riche  que  compliquee. 
La  saliere   du    pavilion  (7)  pent  etre   citee  comme  un 

(i)  Invent.  A,  art.  621,  645,  660,  661,  691,  1209. 

(2)  Ibid.,   art.  488. 

(3)  Art.  211,  212. 

(4)  Art.  222. 

(5)  Art.  1054. 

(6)  Invent.  B,  art.  3i5. 

(7)  Invent.  A,  art.  649. 


INTRODUCTION  CXXXV 

des  specimens  les  plus  caracteristiques  de  ces  ceuvres 
d'art  oLi  le  talent  de  I'orfevre  se  donnait  libre  carriere. 
Quand  la  saliere  atteint  un  pareil  developpement,  elle 
constitue  seule  un  veritable  surtout  de  table. 

Deux  articles  etranges  meritent  d'etre  signales  parmi 
les  objets  de  table  :  d'abord  ces  cornes  de  cerf-volant, 
garnies  d'argent  dore  (i),  dent  I'usage  ne  s'expliquerait  • 
guere  si  elles  n'etaient  destinees  a  servir  de  cure-dent. 
C'est  encore  un  indice  du  gout  prononce  du  Due  pour 
toutes  les  curiosites  naturelles.  Enfin,  la  poire  d'or  pour 
donner  a  boire  aux  malades  (2)  prouve  que  I'imagination 
des  orfevres  s'etendait  aux  moindres  details  de  la  vie 
intime. 

II  serait  sans  interet  de   passer  en  revue  la  serie  des  Piats,  bassins^ 

'-  hanaps,  etc. 

plats,  des  bassins,  des  vases,  des  tasses,  des  flacons,  des 
barillets,  des  hanaps,  des  aiguieres  d'argent  ou  de  cristal, 
et  des  tranchouers  ou  plateaux  servant  a  decouper  les 
viandes.  L'orfevrerie  de  table  du  due  de  Berry  est  en  rap- 
port avec  toutes  les  autres  somptuosites  de  la  maison.  II 
ya  la  des  pieces  du  plus  haut  interet  et  d'une  valeur 
immense. 

Dans  les  inventaires  figurent  differents  objets  de  bu-  ^i^l^^i^^^^ 
reau  destines  sans  doute  a  I'usage  particulier  du  prince. 
Ces  articles  suggerent  quelques  observations.  A  plu- 
sieurs  reprises  (3),  il  est  question  d'une  petite  boite  d'ar- 
gent dore  pour  mettre  vernis.  On  salt  par  un  de  ces  arti- 
cles que  cette  boite  dependait  d'un  comptoir  ou  d'un 
bureau;  mais  ce  detail  ne  nous  fixe  guere  sur  I'emploi  du 
vernis.  Un  autre  passage  (4)  se  montre  plus  explicite  : 
il  nous  apprend  qu'on  passait  ce  vernis  sur  I'ecriture  soit 
pour  la  fixer,   soit  pour  la  rendre  brillante.  Les  ecri- 

(i)  Invent.  A,  art  Dog. 

(2)  Invent.  B,  art.  1 1  56. 

(3)  Invent.  A,  art.  209,  286. 

(4)  Ibid.,  art.  274. 


de  bureau. 


CXXXVI  INTRODUCTION 


toires  avec  garniture  complete  de  plumes,  dc  ganivets, 
de   ciseaux,  reparaissent  maintes  fois  (i).  Ces  ecritoires, 
richement  decorees  et  ornees  souvent  de  pierres  fines  et 
d'emaux,  disent  assez  le  luxe  introduit  dans  les  moin- 
dres  details  du  mobilier  personnel.  Parfois  des  balances, 
des  poids,  et  meme  le  fusil  pour  faire  jaillir  I'etincelle  qui 
allume  le  feu,  font  partie  de  la  garniture  de  bureau  (2). 
Ailleurs,  il  n'est  question   que  d'un  simple  encrier  en 
argent,  sans  plume,  sans  ganivet ;  tels  sont  les  grands 
encriers    ronds  pour  comptoir  dont   les   secretaires  de 
Monseigneur  lui  font  present  aux  etrennes  de  1407  et  de 
141 5  (3).  L'un  des  plus  riches  parmi  ces  petits  meubles, 
est,  sans  contredit,  I'ecritoire  agrementee  d'ours  et  de 
cygnes,  des  armes  du  Due  en  email,  et  aussi  des  myste- 
rieuses  initiales  E  V  (4), 

N'oublions  pas  les  quatre  compas  d'argent  blanc  et 
d'argent  vere  renfermes  dans  un  etui  de  cuir  noir  (5). 
Tous  ces  menus  objets  d'un  usage  courant  passent 
constamment  de  main  en  main.  Le  due  de  Berry  en 
avait  recu  plusieurs  de  ses  secretaires;  il  en  distribuait 
a  toute  occasion  dans  son  entourage. 
Objets  Si  nous  arrivons  maintenant  aux  articles  de  toilette, 

'3  toilette,  .  .  ^  J  'i'  T 

miroirs.  les  observations  piquantes  ne  teront  pas  deiaut.  l^es 
miroirs  sont  nombreux :  miroirs  de  toute  nature  et  de 
toute  dimension,  miroirs  d'acier  (6),  miroirs  d'argent 
dore  (7),  miroirs  a  une  ou  a  deux  lunettes  (8),c'est-a-dire 
probablement  formes  de   deux  disques  se  repliant  l'un 


(i)  Invent.  A,  art.  275,  282,  286,  298,  1140. 

(2)  Art.  285. 

(3)  Art.  323,  1 140. 

(4)  Invent.  B,  art.  1077. 

(5)  Invent.  A,  art.  248. 

(6)  Art.  2  10- 

(7)  Art.  221,  3  1 3. 

(8)  Art.  244,  245,  283,  3i3. 


INTRODUCTION  CXXXVII 

sur  raiitrc;  petits  miroirs  de  poche  ct  grands  miroirs  a 
pied,  decores  de  figures  emaiUees  de  personnages  reli- 
gieux  (i)  ou  de  heros  mythologiques  tels  que  Pj^rame  et 
Thisbe  (2).  Le  texte  ne  dit  pas  si  le  corps  meme  du 
miroir  est  forme  d'une  plaque  de  metal  ;  mais  cela  ne 
semble  pas  faire  de  doute,  Quand  il  est  question  de 
miroirs  d'argent  ou  d'or,  on  veut  parler  evidemment  de 
la  monture  ;  seule,  elle  donne  du  prix  a  I'objet.  Le  miroir 
d'acier  dans  une  bourse  de  sole,  estime  40  sous  tournois, 
est,  selon  toute  vraisemblance,  compose  d'une  simple 
plaque  d'acier  poli  servant  de  miroir  de  poche. 

Dans  leur  mobilier  personnel,  nos  ancetres  possedaient  chaujfaxttcs. 
de  petites  chaufferettes  a  mains,  affectant  la  forme  de 
pommes  ou  de  rouleaux  (3),  qu'on  remplissait  d'eau 
chaude  ou  de  charbons  ardents.  Notre  inventaire  en 
signale  plusieurs.  Le  musee  de  Cluny  possede  encore 
deux  chauffe-mains  presentant  I'aspect  de  boules  percees 
de  trous,  datant  du  xiv-'  ou  du  xv-'  siecle.  Mais,  de  tous 
les  meubles  d'usage  intime,  le  plus  singulier,  sans  con- 
tredit  est  le  «  petit  orinal  de  voirre  garni  et  pendant  a 
no  chaiennes  d'or  (4)  )>.  Quel  etrange  bijou  ! 

Parmi  les  accessoires  de  toilette  peuvent  prendre  place  par/ums. 
les  nombreux  parfums  cites  dans  les  textes.  Ce  gout 
des  odeurs  venait  a  coup  sur  de  I'Orient  ou  il  s'est  con- 
serve. Le  plus  repandu  de  ces  parfums  recevait  souvent 
i'aspect  d'un  oiseau,  d'oii  le  nom  d'  «  oisellez  de  Gh3'pre  ». 
Les  recipients  destines  a  contenir  ces  substances  a  fumi- 
gations affectaient  les  formes  les  plus  diverses.  Les  oise- 
lets  de  Chypre  etaient  enfermes  dans  des  cages  (5),  places 


(i)  Invent.  A,  art.  283. 

(2)  Invent.  B,  art.  bi-j  et  5i8.  —  Voir  aussi  Invent.  SG,  art.  7G8. 

(3)  Invent.  A,  art.  207,  25o. 

(4)  Art.  265. 

(5)  Art.  289,304. —  Invent.  B,  art.  52,  290,  3o5,  1148,  11 57. 


CXXXVIII  INTRODUCTION 


dans  des  chandeliers  ou  des  encensoirs  (i),  loges  dans 
des  ours,  des  moutons,  des  fleurs  de  lis  (2).  Si  le  parfum 
designe  sous  le  nom  d'oiselet  de  Ch3^pre  etait  plus  usite 
que  tout  autre  a  la  cour  de  Bourges,  on  ne  negligeait 
aucun  des  produits  naturels  propres  a  embaumer  I'air 
des  appartements.  Plus  une  odeur  est  forte,  penetrante, 
plus  elle  a  de  vogue.  Ainsi,  le  muse  partage  la  faveur  des 
oiselets  de  Chj'pre  ;  on  le  met  dans  des  pommes  d'or 
enrichies  de  pierres  precieuses  (3).  L'ambre  (4)  est  aussi 
d\in  usage  assez  frequent  dans  les  fumigations;  on  le 
melange  souvent  avec  le  muse. 

Parmi  les  parfums  en  honneur  chez  le  due  de  Berr}', 
citons  encore  la  lavande  (5),  le  baume  (6),  la  civette  (7). 
II  est  aussi  question  de  pierres  pour  faire  fumigations  (8), 
dont  la  nature  n'est  pas  specifiee.  Bien,  entendu,  toutes 
ces  substances  ne  sont  qu'incidemment  mentionnees 
dans  les  inventaires,  et  seulement  a  cause  des  boites  et 
des  recipients  precieux  ou  on  les  faisait  bruler.  «  Les  poi- 
lettes  ))  ou  palettes  d'argent  blanc  a  mettre  feu  pour  faire 
fumigations  renseignent  encore  sur  un  des  precedes  en 
usage  pour  parfumer  les  appartements  (9). 
coiurc-foisons.  Nous  u'avons  encore  dit  que  peu  de  mots  d'une  na- 
ture d'objets  tenant  une  place  considerable  dans  les 
preoccupations  des  grands  seigneurs  du  moyen  age.  On 
recherchait  alors  avec  empressement  toutes  les  matieres 
animales  ou  minerales  auxquelles  etait  attribuee  la  vertu 


(i)  Invent.  A,  art.   104,  114,  iicS. 

(2)  Art.  3 16,  33o,  et  Invent.  B,  art.  523. 

(3)  Invent.  A,  art.  21  3,  255-262,  307,  3 18,  etc.,  etc. 

(4)  Art.  254,  334. 

(5)  Art.  214. 

(6)  Art.  23o,  232. 

(7)  Art.  299,  et  Invent.  B,  art.  173. 

(8)  Invent.  A,  art.  273. 

(9)  Art.  3o2,  et  Invent.  SG,  art.  586. 


INTRODUCTION  CXXXIX 


soit  de  reveler  la  presence  du  poison  soit  de  conjurer  ses 

etfeta. 

Sans  doute,  les  tentatives  criniinelles  etaient  bien  fre- 
quentes  alors  puisqu'on  prenait  un  tel  souci  de  se  procurer 
des  antidotes  energiques.  C'est  la  un  trait  de  moeurs  des 
plus  caracteristiques.  Nombre  de  ces  pierres  contre  venin, 
de  ces  langues  de  serpent,  de  ces  crapaudines,  sont  join- 
tes  aux  salieres,  ce  qui  semblerait  indiquer  que  le  poison 
etait  introduit  le  plus  souvent  dans  les  epices  ou  dans 
le  sel.  Si  Ton  admet  cette  hypothese,  elle  conduit  a 
supposer  que  Tarsenic  etait  alors  un  des  poisons  les  plus 
rcpandus.  II  se  melange  plus  facilenient  qu'aucun  autre 
avec  le  sel  marin.  Aussi  trouve-t-on  peu  de  salieres  sans 
leur  garniture  de  langues  de  serpent. 

Le  due  de  Berr}^  apres  avoir  ete  en  butte,  comme 
son  frere  Charles,  a  plusieurs  tentatives  d'empoison- 
nement,  ne  crut  jamais  prendre  assez  de  precautions 
contre  ce  peril.  II  recherche  de  tons  cotes  les  pier- 
res  contre  venin  (i),  les  pierres  de  chapon  (2),  la  pierre 
.nommee  bezoard  (3).  Toutefois,  c'est  la  matiere  dite 
langue  de  serpent  (4)  et  la  corne  d'unicorne  ou  de 
licorne(6),  formee  de  la  defense  du  narval,  qui  servent 
le  plus  souvent  aux  epreuves.  Le  due  Jean  ne  possedait 
pas  moins  de  quatre  defenses  de  narval,  dont  I'une  lui 
avait  ete  envoyee  par  le  pape  Jean  XXII,  ce  qui  don- 
nerait  a  entendre  que  I'Eglise  partageait  sur  ce  point  les 
prejuges  de  la  foule.  Au  moment  de  sa  mort,  notre 
prince  a  grand  soin  de  repartir  entre  ses  filles  ces  precieux 
antidotes  et  de  laisser  a  chacune  d'elles  une  corne  d'uni- 
corne. 


(i)  Invent.  A,  art.  279,496,  5ii,  619.—  Invent.  B,  art.  169. 

(2)  Invent.  A  ,art.  582. 

(3)  Art.  594.  —  Invent.  B,  art.  i65,  181^  1097. 

(4;  Invent.  A,  art.  614,  533,  534,535,  625,  641,  643,  644,  655,  etc. 
(5)  Art.  309,  63o,  11  38,  11 39. 


CXL  INTRODUCTION 

Lcs  inanuscrits.  Arretons-noLis  pour  terminer  a  la  scrie  la  plus  merveil- 
leuse  des  collections  de  Bourges ;  il  s'agit,  bien  entendu, 
des  manuscrits.  Si  la  plupart  des  joyaux  de  grand  prix, 
dont  on  lit  ici  les  fastueuses  descriptions,  furent  condam- 
nes  par  leur  nature  meme  et  par  leur  valeur  intrinseque  a 
une  prompte  destruction,  si  nous  ne  possedons  pour 
ainsi  dire  aucune  des  merveilles  d'orfevrerie  qui  faisaient 
la  gloire  des  tresors  du  due  de  Berr}^,  par  contre,  les 
principaux  manuscrits  a  peintures  ont  ete  sauves  en 
raison  de  leurexceptionnelle  beaute,  en  sorte  qu'on  pent 
les  suivre  dans  les  differentes  mains  auxquelles  ils 
ont  appartenu  a  travers  les  siecles.  D'ailleurs,  le  Due  a 
marque  d'une  empreinte  personnelle  et  ineffacable  les 
ouvrages  qui  ont  passe  par  ses  mains,  de  sorte  qu'il  est 
difficile  de  ne  pas  les  reconnaitre. 

Ces  incomparables  manuscrits  ont  sollicite  Tattention 
de  quantite  d'erudits  et  des  bibliophiles  les  plus  emi- 
nents.  De  nombreux  travaux  ont  ete  consacres  a  leur 
description  depuis  LeLaboureur  (i)  et  Barrois(2)  jusqu'a 
MM.  Paulin  Paris  (3),  de  Bastard  (4),  Leon  Lacabane  (5), 
Douet  d'Arcq  (6)  et  Hiver  de  Beauvoir  (7).  Inutile  de 
revenir  sur  ces  recherches  deja  anciennes  depuis  que  la 
magistrale  etude  d'ensemble,  publiee  par  M.  Leopold 
Delisle,  les  a  toutes  resumees  et  completees.  Pourquoi 
recommencer  ce  qui  a  ete  fait  d'une  facon  definitive? 

Le  nombre  des  livres  du  due  de  Berry  monterait, 
d'apres  les  recherches  de  M.  Delisle,  a  trois  cents  volumes 

(i)  Histoire  de  Charles  VI,  Introduction,  p.  yb. 
(2)  Bibliotheque  protypographiqiie,  p.  89  a  100;  n""  5o5  a  604. 
{3)  Bulletin   du  Bibliopliile,  2°  serie,   p.   601-614.  —   Les    manuscrits 
francais. 

(4)  Bulletin  du  Comite,  annee  1857,  t.  IV,  p.  42c). 

(5)  Bibliotlieque  de  I'Ecole  des  Cliartes,  i^c  scric,  t.  II.  p,  71. 

(6)  Revue  arche'ologique,  t.  VII,  p.  145-168  ct  224-233. 

(7)  La  librairie  de  Jean  due  de  Berry  au  chateau  de  Mehun-sur-Ycvre 
(1416).  Paris,  Aubry,  i860,  pet.  in-8°. 


INTRODUCTION  CXLI 


environ.  C'est  la  somme  totale  des  articles  fournis  par 
quatre  inventaires  de  dates  ditYerentes,  dont  chacun  nien- 
tionne  des  ouvrages  non  cites  dans  les  autres.  Comme 
les  joyaux,  les  manuscrits  etaient  un  objet  continuel  d'e- 
changes  et  de  presents  entre  princes  et  grands  seigneurs, 
Le  due  de  Berry  en  a  recu  et  donne  jusqu'a  son  dernier 
jour.  II  est  done  a  peu  pres  impossible  de  fixer  d'une 
maniere  definitive  le  chitfre  deses  manuscrits.  M.  Delisle 
en  a  bien  decouvert  qui,  tout  en  portant  la  signature  et 
les  emblemes  de  notre  prince,  ne  figurent  sur  aucun 
de  ses   inventaires. 

La  librairie  de  Bourges  etait  certainementmoins  riche, 
au  moins  sous  le  rapport  du  nombre,  que  celle  du  Lou- 
vre (i).  Mais,  si  on  tient  compte  surtout  de  la  qualite  des 
manuscrits,  de  la  beaute  des  miniatures,  de  larichesse 
des  reliures,  dont  malheureusement  il  ne  reste  rien  au- 
jourd'hui,  la  collection  du  due  de  Berry  I'emporte  a  coup 
sur  sur  toutes  ses  rivales.  Cette  superiorite  n'a  jamais 
ete  contestee  par  personne,  et  ce  fut  de  tout  temps  un 
titre  d'honneur  pour  un  livre  d'avoir  appartenu  a  celui 
qu'on  pourrait  nommer  le  prince  des  bibliophiles 
francais. 

Comme  il  est  naturel,  la  serie  la  plus  nombreuse  est       Nature 

des  manuscril 

celle  des  livres  religieux.  EUe  se  compose  de  quatorze 
Bibles,  seize  Psautiers,  dix-huit  Breviaires,  quinze  livres 
d'Heures,  six  Missels,  trois  Oraisons,  trois  livres  des 
Epitres  ou  des  Evangiles,  huit  Vies  de  saints  ou  de  salu- 
tes, quatre  Homelies  et  Dialogues  de  saint  Gregoire, 
enfin  trente  autres  traites  et  ouvrages  de  piete. 

La  philosophic  et  la  politique  sont  representees  par 
quinze  ouvrages  ;  le  droit  par  trois.  Les  compilations 
historiques  semblent  avoir  ete  une  des  lectures  favorites 


(i)  Les   douze   cents   volumes   enumeres  par  M.  Delisle  comprennent 
d'ailleurs  les  collections  de  Charles  VI  et  de  Charles  VII. 


CXLII  INTRODUCTION 


du  prince ;   il   ne   possedc  pas   moins   de    quarante-un 
volumes  de  chroniques,  dont  il  faut  rapprocher  trentc- 
huit  remans  de    chevalerie.   L'histoire,  au  moyen  age, 
a  bien  souvent,  on  le  salt,  les   allures   du   roman.  On 
compte  vingt-quatre  manuscrits  de  sciences  et  arts,  en  y 
comprenant  les  mappemondes  et  un  traite  des  sept  pla- 
netes,  ou  livre  de  magie;  enfin,  un  ouvrage  sur  les  jeux. 
La  litterature,  elle  aussi,  est   largement  representee 
dans  cettebibliotheque  encyclopedique  qui  offre  comme 
un  abrege  de  toutes  les   connaissances   humaines.  On 
vient  de  constater  que  la  librairie  de  Bourges  ne  contenait 
pas  moins  de  trente-huit  romans  de  chevalerie.  Nous  y 
trouvons  en  outre  six  ouvrages  de  Christine  de  Pisan, 
sept  exemplaires  de  la  Cite  de  Dieu,  quatre  de  Boece,  un 
Bestiaire,  deux  volumes  de  Boccace,  et,  parmi  les  auteurs 
anciens,  cinq  volumes  d'Ovide,  un  de  Virgile,  deux  de 
Terence,  quatre  de  Tite-Live,  trois  de  Valere-Maxime, 
deux  de  Lucain,    les  livres  de    Pline,   de   Seneque,    de 
Suetone,de  Vegece,  de  Frontin,  de  Machaut,  sans  comp- 
ter cinq  ou  six  autres  ecrivains  plus  obscurs  et  diverscs 
compilations  reunissant  les  matieres  les  plus  diverses. 
Le  due  de  Berry    s'attachait,    on    le    voit,    a    posseder 
des  ouvrages  tres  varies,  a  se  procurer  tous  les  auteurs 
en  reputation.  Avions-nous  tort  de  dire  que  sa  librairie 
presentait  comme  une  encyclopedie  resumee  des  con- 
naissances de  son  temps. 

Au  surplus,  la  classification  qui  precede  serait  sujette 
a  examen  eta  revision;  nous  ne  I'avons  etablie  que  pour 
donner  une  idee  de  I'extreme  diversite  des  matieres 
qu'embrassait  la  librairie  du  prince. 
Prorcancc  Si  I'on  veut  connaitre  les  origines  de  cette  belle 
bibliotheque,  les  difterents  inventaires  tourniront  sui 
quantite  d'articles  de  precieuses  indications.  Soi- 
xante -dix-huit  ouvrages  proviennent  de  dons  ou 
d'echanges,  trcnte-deux  d'achats;   trois  furent  executes 


INTRODUCTION  CXLIII 

sur  les  ordres  du  prince  (i).  A  cette  derniere  classe 
appartiennent  les  plus  beaux  livresd'Heures  decrits  dans 
nos  textcs,  en  particulier  les  grandes  Heures  de  Berry 
qu'onpeut  encore  admirer  au  Cabinet  des  manuscrits  (2) 
et  qui  ne  furent  pas  prisees  moins  de  4,000  livres  par 
les  executeurs  testamentaires ;  ce  fut  le  chiffre  le  plus 
eleve  de  Texpertise  des  manuscrits. 

Nous  venons  de  parler  d'echanges;  cette  categorie  se 
reduitaux  Heures  que  le  due  de  Berry  recut  de  Robinet 
d'Etampes  centre  un  autre  livre  identique  (3).  Mais  on 
salt  par  plus  d'un  exemple  que,  des  que  le  Due  rencontrait 
I'occasion  de  rentrer  en  possession  d'un  ouvrage  donne 
par  lui,  il  ne  la  laissait  guere  echapper.  C'est  ainsi  qu'il 
s'empresse  de  reprendre,  apres  I'assassinat  du  due  d'Or- 
leans,  un  livre  des  Sept  Arts,une  Bible  et  un  Breviaire  (4) 
dont  il  avait  fait  present  a  son  neveu  peu  d'annees  aupa- 
ravant. 

On  a  vu  que  le  due  Jean  avait  trouve  le  moyen 
de  s'approprier  une  partie  des  biens  de  Jean  de  Mon- 
taigu,  apres  le  supplice  de  ce  personnage.  Dans  cet  heri- 
tage confisque  il  y  avait  un  Miroir  historial  (5)  de  Vin- 
cent de  Beauvais,  en  trois  volumes,  que  le  due  Jean  avait 
offert  lui-meme  a  I'infortune  grand-maitre  de  I'hotel  quel- 
ques  annees  auparavant.  II  s'en  empara  sans  scrupule. 
Peu  de  temps  apres,  le  Due  faisait  don  du  meme  exem- 
plaire  a  son  neveu  le  due  de  Bourgogne.  On  voit  avec 
quelle  rapidite  les  livres,  comme  les  joyaux  les  plus 
precieux,  passaient  de  main  en  main.  Cependant  le  due 
de  Berry  ne  parait  s'etre  jamais  defait  des  livres 
d'Heures  executes   sur  ses   ordres. 


(i)  Invent.  A,  art.  gSS,  960,  961. 

(2)  Fonds  lat.,  919. 

(3)  Invent.  A,  art.  997. 

(4)  Art.  957,  958,971. 

(5)  Art.  972. 


INTRODUCTION 


Dans  les  listcs  de  la  librairie  de  Bourges  figurent  plu- 
sieurs  manuscrits  presentes  par  les  auteurs.  Chris- 
tine de  Pisan  rechercha  les  bonnes  graces  de  notre 
prince  en  lui  faisant  hommage,  de  1408  a  141 4,  de 
la  plupart  de  ses  oeuvres  (i),  auxquelles  elle  joignit  un 
livre  de  Psaumes,  traduitet  comniente  par  elle  (2).  Pour 
reconnaitre  ce  beau  cadeau,  le  due  de  Berry  achetait 
a  la  femme  poete  son  livre  de  ballades,  lais  et  virelais, 
connu  sous  le  titre  de  Dictiez,  et  le  lui  payait  200  ecus. 
II  est  a  presumer  que  sa  generosite  ne  s'en  tint  pas  la 
et  que  Christine  de  Pisan  recut  d'autres  effets  de  la  libe- 
ralite  de  son  Mecene. 

On  connaissait  partout  la  passion  du  Due  pour  les 
volumes  richement  histories.  Et  non  seulement  le  Roi, 
le  due  de  Bourgogne,  les  grands  personnages ;  mais 
encore  les  officiers  de  la  cour  de  Bourges,  et  jusqu'aux 
secretaires  du  Due  saisissent  toutes  les  occasions  d'en- 
riehir  sa  librairie.  Quelquefois  meme,  comme  on  I'a  vu, 
ils  se  permettent  d'innocentes  plaisanteries  (3)  autori- 
sees  par  la  bonhomie  du  prince,  la  simplicite  de  ses 
manieres,  et  montrant  bien  sur  quel  pied  d'intimite  il 
permettait  a  ses  familiers  de  vivre  avee  lui. 
Prix  Les  achats   du  due  de  Berry  aux  personnes  de  son 

des  manuscrits.  _  _  . 

entourage  ou  aux  libraires  contiennent  de  precieux  ren- 
seignements  sur  le  prix  des  manuscrits  au  debut  du  xv'= 
siecle.  Si  le  Due,  entraine  parses  gouts,  se  laissait  aller 
a  payer  ses  acquisitions  fort  cher,  nous  avons,  pour 
fairc  contre-poids  a  cette  exageration  et  retablir  une 
moyenne,  Testimation  des  executeurs  testamentaires. 
Entre  les  deux  chiifres  se  trouve  la  valeur  a  peu  pres 
exacte  des  manuscrits. 

(i)  Invent.  A,  art.  9^2,  943,  949,  932,  1239. 

(2)  Art.  977. 

(3)  Art,  994  :  «  Un  livre   contrefait   d'unc  piece  de  bois  peinte  en  sem- 
blance d'un  livre...  ». 


INTRODUCTION  CXLV 

Ainsi,  la  Chroniqiie  de  Burgues,  vendue  au  Due  en 
1402  (i)  par  Hennequin  de  V^irela}',  demeurant  rue  Neu- 
ve-Nostre-Dame,  au  prix  de  200  ecus  d"or,  est  esti- 
mee,  en  1416,  100  livres  tournois  ;  en  prenant  la  moitie 
de  I'ecart,  on  arrive  a  i5o  ou  160  livres.  Quelquefois,  les 
livres  sont  cedes  au  prince  par  celui  meme  qui  les  a 
transcrits.C'est  ainsi  qu'il  achete  de  Jean  le  Moustardier, 
ecrivain  de  forme,  en  fevrier  1404,  le  livre  appele  Cy 
nous  dit. 

Parmi  les  fournisseurs  du  prince,  il  en  est  un  dont    Marchands 

1  .  J.    ,  IT-  -1  libraircs. 

le  nom  revient  irequemment  dans  les  inventaires,  c  est 
le  libraire  parisien  Regnauld  du  Montet.  En  1404,  ce 
marchand  vend  un  gros  rccueil  de  divers  traites  anciens  et 
modernes,  entre  lesquels  figure  leF/a/zcif/erdeTaillevent, 
pour  la  somme  de  200  ecus  d'or  (2) ;  I'annee  suivante, 
c'est  un  Lancelot  du  Lac,  du  prixde  3oo  ecus  (3);  en  141  o, 
il  cede  un  livre  de  VInformation  dcs  rois  et  des  prin- 
ces (4),  prise  (5  livres  5  sous  seulement  six  ans  plus  tard. 
Dans  le  cours  des  annees  suivantes,  Regnauld  du  Mon- 
tet fait  de  nombreuses  affaires  avec  son  riche  client.  C'est 
une  Vie  des  Peres  (5),  evaluee  12  ecus;  un  livre  des 
Merveilles  du  Monde,  100  ecus  ;  un  Missel,  100  ecus  ;  un 
livre  d'Heures,  3o  ecus  (G;.  Durant  les  dernieres  annees 
de  la  vie  du  prince,  son  libraire  ordinaire  fait  encore  en- 
trer  dans  sa  collection  six  ou  sept  manuscrits  a  des  prix 
minimcs  (7). 

Les    autres    libraires    en    relations    avec    le    due    de 
Berry  se   nomment    Colin    Beaucousin    (8),   Baude    de 

(i)  Invent.  A,  art.  yiS. 

(2)  Art.  919;  estime  yS  livres  tournois  en   141G. 

(3)  Art.  920;  prise  i25  livres  tournois  en  141G. 

(4)  Art.  989. 

(5)  Art.  990. 

(6)  Art.  1000,  Tooi,  1002. 

(7)  Art.  1228,  1229,  1234,  1235,  1236,  1237. 

(8)  Art.  921. 


CXLVI  INTRODUCTION 

Guy  (i),  Bureau  de  Dammartin  (2),  Jean  Colin  (3). 
Quelques-uns  de  ceux-ci  faisaient  en  meme  temps  le 
commerce  des  joyaux  et  des  livres.  Jean  Flamel,  I'ecri- 
vain  qui  a  laisse  de  si  belles  inscriptions  sur  les  manuscrits 
de  son  maitre,  lui  cede  pour  3o  francs  le  roman  des  Qiiatre 
fils  Aymon  (4).  Jean  de  la  Cloche,  tresorier  de  France,, 
consent  a  se  dessaisir  des  Decades  de  Tite-Live  (5),  sur 
la  sollicitation  de  I'insatiable  bibliophile.  Le  prix  de 
vente  n'est  pas  porte  a  I'inventaire.  II  devait  atteindre 
un  chiffre  assez  haut,  a  en  juger  par  I'estimation  des  exe- 
cuteurs  testamentaires,  qui  s'eleve  a  SyS  livres  tournois. 
Dispersion         H  cu  fut  de  la  Hbraide  de  Jean  comme  de  son  tresor. 

de    la    librairie  tt  i 

du  Due.  Une  bonne  partie  des  livres  se  trouva  dispersee,  du 
vivant  meme  de  leur  possesseur,  par  suite  de  diverses 
liberalites.  Le  chapitre  de  la  Sainte-Chapelle  de  Bourges 
obtint  la  plus  grosse  part  de  la  collection.  Sur  quatre- 
vingt-dix-sept  manuscrits  alienes  avant  la  mort  du  prince, 
la  Sainte-Chapelle  n'en  avait  pas  recu  moins  de  cin- 
quante,  dont  un  certain  nombre  n'est  connu  que  par 
I'etat  des  dons  ofFerts  au  chapitre  de  Bourges. 

Un  volume  porte  sur  le  premier  inventaire  avait  ete 
perdu  avant  141 3  (6),  d'apres  une  note  du  garde  des 
joyaux.  On  a  signale  ci-dessus  plusieurs  ouvrages  qui  ne 
sortirent  de  la  librairie  de  Bourges  que  pour  y  rentrer 
quelque  temps  apres,  par  suite  de  la  mort  du  due  d'Or- 
leans  (7). 

Parmi  les  personnages  qui  se  partagerent  les  epaves 
de  la  bibliotheque  ducale  figurent  des  gens  de  tout  rang 


(i)  Invent.  A,  art.  922  et  suivants. 

(2)  Art.  929. 

(3)  Art.  962. 

(4)  Art.  954. 

(5)  Art.  i23o. 

(6)  Invent.  B,  art.  944. 

(7)  Ibid.,  art.  957,  958,  972. 


INTRODUCTION  CXLVII 

et  de  toute  condition.  La  femme  et  le  fils  de  Robinet 
d'Etampes(i),  Guillaume  Lurin  (2),  Pierre  des  Essarts, 
prevot  de  Paris  (3),  Jean  de  la  Barre  (4),  paraissent  sur 
cette  li"§te  h  cote  de  Marie  de  France,  religieuse  a  Poissy 
et  niece  du  Due,  a  qui  echut  le  fameux  Breviaire  de  Belle- 
ville (5),du  due  de  Bourgogne  Jean  sans  Peur  (6),  de  I'ar- 
cheveque  de  Bourges  (7),  des  eveques  de  Clermont  (8)  et 
deChartres  (9),  du  roi  deCastille  (10).  On  a  ditplus  haut 
comment  le  manuscrit  des  Chroniques  de  France  (11), 
avait  ete  rendu  aux  Religieux  de  Saint-Denis  apres  la 
mort  du  detenteur. 

Les  filles  du  due  de  Berry  avaient  recu  de  son  vi- 
vant  quelques  livres  de  sa  riche  librairie  (12);  elles 
se  partagerent,  apres  sa  mort,  les  plus  beaux  volumes 
de  la  succession.  Ces  manuscrits  furent  compris  dans 
le  lot  attribue  a  chacune  d'elles  en  payement  de  leur 
dot.  La  duchesse  de  Bourbonnais  obtint  pour  sa  part 
quarante-un  manuscrits;  la  comtesse  d'Armagnac  en 
garda  cinq  (i3).  Certains  parents  du  prince  se  firent 
une  part  dans  ses  riches  depouilles  :  le  due  de  Tou- 
raine  fit  demander  un  Breviaire  dont  on  negligea  de  lui 


(i)  Invent.  A,  art.  85 1,  1240. 

(2)  Art.  g36. 

(3)  Art.  1000. 

(4)  Art.  1004. 

(5)  Art.  963. 

(6)  Art.  972. 

(7)  Art.  992,  1246. 

(8)  Art.  997. 

(9)  Art.  ioo2» 

(10)  Art.  1006. 
(i  i)  Art.  1249. 

(12)  Au  due  ou  a  la  duchesse  de  Bourbon  Particle  963  de  I'inventaire  B ; 
a  la  duchesse  d'Armagnac  le  n"  975  du  mSme  inventaire. 

(i3)  Les  numeros  de  ces  articles  sont  enumeres  a  la  page2  94  de 
notre  tome  II. 


CXLVIII  INTRODUCTION 

reclamer  le  piix  (i);  la  reine  de  Sicilc  pa}^^  3oo  livres 
tournois  un  livre  d'Heures  estime  700  livres  (2).  Le  garde 
de  la  librairic  du  Roi  revendiqua  une  Bible  francaise, 
indument  gardee  par  le  due  de  Berry  (3).  Les  commis- 
saires  charges  de  regler  la  succession  du  due  de  Guienne 
qui  parait  avoir  laisse  des  aifaires  aussi  embarrassees 
que  son  grand-oncle,  se  firent  restituer  un  Terence  et  un 
Breviaire  que  le  due  de  Berry  s'etait  appropries  dans 
les  dernieres  annees  de  sa  vie  (4).  C'est  encore  a  titre  de 
restitution  que  le  secretaire  du  Roi,  Pierre  le  Fruictier, 
dit  Salmon,  reclame  et  obtient  un  volume  de  la  Cite  de 
Dieii,  qu'il  declare  avoir  simplement  prete  au  defunt  qui 
I'avait  garde.  Enfin,  un  livre  d'Heures  fut  abandonne  a 
Jean  Gaucher,  ancien  clerc  des  joyaux,  en  recompense 
de  ses  services.  C'est  tout  pres  de  cent  cinquante  articles 
dont  nous  suivons  les  destinees  apres  la  mort  de  leur 
proprietaire.  Le  surplus,  c'est-a-dire  la  moitie  a  peine  de 
lincomparablc  collection,  fut  vendu  pour  pa3Tr  les 
dettes  (5). 
Langue  Si  uous  examinous  a  un  point  de  vue  different  la  col- 

des  mamiscrits-  ...  ,  ,  i  -  i 

lection  qui  nous  occupe,  nous  releverons  la  presence  de 
cent  trente-trois  manuscrits  francais  et  soixante-dix-sept 
ouvrages  en  latin.  Trois  seulement  sont  rediges  en  une 
langue  etrangere :  ce  sont  les  deux  livres  de  Magique  (6) 
«  escrips  en  espagnol  »,  et  le  livre  ancien  «  escript  en 
grec  «,  dont  le  titre  n'est  pas  indique,  parce  que  pro- 
bablement  le  scribe   n'entendait  pas   le  grec  (7).   Pour 

(i)  Tome  II,  p.  298. 

(2)  Ibid.,  p.  299. 

(3)  Ibid.,  p.  3oo. 

(4)  Tome  III,  p.  3oi. 

(5)  M.  Delisle  a  constate  qu'unc  Bible  avait  etc  acqiiisc  par  Galcas 
Pinel,  un  Breviaire  par  I'evi^que  de  Paris,  ct  le  Priscicn  par  Jean  Coin- 
gnet.  [Cab.  des  man.,  t.  I,  p.  63.) 

(6)  Invent.  A,  art.  909. 

(7)  Invent.  SG,  art.  324. 


INTRODUCTION  CXLIX 

bon  nombre  de  manuscrits,  la  description  ne  specific 
pas  la  langue  dans  laquelle  ils  sent  ecrits.  Parfois,  il  est 
facile  de  suppleer  a  ce  silence.  Commc  de  juste,  la  plu- 
part  des  livres  d'eglise  sent  en  latin,  tandis  que  beaucoup 
d'auteurs  anciens  ne  sent  representes  chez  le  due  de 
Berry  que  par  des  traductions  francaises. 

Cent  vingt-un  des  ouvrages  mentionnes  aux  inventaires 
etaient  enrichis  de  miniatures  ;  il  y  en  avait  peut-etre  un 
plus  grand  nombre ;  mais  les  descriptions  trop  sommaires 
nous  laissent  parfois  dans  le  doute.  Quelques-uns  de  ces 
volumes  histories  sont  ornes  de  peintures  dites  d'ouvrage 
romain  ou  d'ouvrage  lombard  (i).  Ces  deux  termes  sont- 
ils  synonymesPNous  le  pensons.  On  designait  probable- 
ment  ainsi  des  miniatures  dans  le  gout  italien  ;  ces  en- 
luminures  se  distinguent  aisement  par  leur  style  des 
peintures  francaises  ou  flamandes. 

La    minutieuse    description   des    manuscrits    fournit      Ecriun-c 

^  .  ,         des  manuscrits. 

encore  bien  d'autres  details  curieux.  Si  on  considere 
la  forme  des  caracteres,  les  manuscrits  peuvent  se  clas- 
ser  en  deux  grandes  categories  bien  distinctes  :  livres 
ecrits  de  lettre  de  court  ou  de  lettre  courante ;  livres 
en  lettre  de  forme.  Pour  les  premiers,  au  nombre  de 
cinquante-cinq,  I'ecrivain  s'est  servi  de  I'ecriture  cou- 
rante ou  cursive,  usitee  pour  les  chartes  ou  les  regis- 
tres  de  comptes ;  tandis  que  la  lettre  de  forme,  on 
dirait  aujourd'hui  la  lettre  moulee,est  reservee  aux  livres 
soigneusement  calligraphies.  Soixante-dix  manuscrits 
sont  dits  en  lettre  de  forme;  ce  sont  pour  la  plupart  des 
volumes  enrichis  d'histoires  ou  de  miniatures.  Dans  cete 
categorie  rentrent  sept  articles  ecrits,  suivant  I'lnven- 
taire,  de  grosse  ou  de  trcs  grosse  lettre  de  forme  (2).  Ce 


(i)  Invent.  A,  an.  958,963;  Invent.  B,  art.  qS?,  1002,  iu53;  Invent.  D, 
art.  175^  176. 
(2)  Invent.  A,  art.  874,892,  931,  974,  i238,  1245,  1249. 


CL  INTRODUCTION 

ne  sont  pas  tous,  commeon  le  supposerait,  des  Psautiers 
ou  des  livres  d'eglise.  A  cette  classe  appartiennent  notam- 
ment  les  Chroniques  de  France  de  I'abbaye  de  Saint- 
Denis. 

D'autres  manuscrits  sontdits  de  lettre  boulonnaise  ou 
de  Bologne,  de  lettre  ronde,  de  lettre  gasconne,  de  lettre 
francaise  et  de  lettre  lombarde. 

Pour  Tecriture  boulonnaise  ou  de  Bologne,  pas  de 
difficulte.  II  s'agit  tres  probablement  de  ce  qu'on  appelle 
encore  I'ecriture  italique.  Le  terme  de  lettre  lombarde  (i) 
avait  sans  doute  une  signification  analogue.  L'expression 
lettre  ronde  (2)  s'explique  assez  d'elle-meme.  Quant  a  la 
lettre  francaise  (3)  et  a  la  lettre  gasconne  (4),  nous  serions 
plus  embarrasse  depreciser  le  sens  de  ces  termes;  mais, 
comme  on  possede  encore  la  Bible  en  lettre  francaise,  on 
pent  aisement  la  comparer  aux  autres  volumes  en  lettre 
de  forme  et  determiner  les  differences  essentielles  qui 
les   distinguent. 

Notons   encore   que   le  texte   prend    soin   d'indiquer 
parfois  si  le  manuscrit  est  ecrit  sur  papier  ou  sur  par- 
chemin. 
Reiiurcs.  Eufiu,  la  rcliurc  de  ces  volumes  a  ete  I'objet  d'un  soin 

luxueux  dont  on  ne  pent  se  faire  une  idee  que  par  la 
lecture  attentive  des  inventaires,  car  aucun  des  livres 
du  due  de  Berry  actuellement  connus  n'a  garde  son  an- 
cienne  parure  de  sole,  avec  ses  fermoirs  d'or  ou  d'argent 
dore,  rehausses  d'emaux,  de  pierres  fines  et  de  pedes. 
On  ne  compte  pas  moins  de  vingt-quatre  ou  vingt-cinq 
livres  ^d'Heures,  ou  autres  ouvrages  enrichis  de  fer- 
moirs d'or,^rehausses  de  figures  en  relief,  de  scenes  reli- 
gieuses,  ou  encore  de  petits  ours  et  de  cignes  servant  de 

(i)  Invent.  D,  art.  172. 
(2)  Invent.  A,  art.  926,  927,  991. 
[3yibid.,  art.  854:  Ms  fr.   ibg. 
(4)  Ibid.,  art.  902. 


INTRODUCTION  CLI 

supports  aux  armes  du  prince  (i).  Certains  d'entre  eux 
sont  munis  de  pipes  servant  a  porter  les  signets;  ces 
pipes  sont  presque  toujours  de  metal  precieux,  non  moins 
soigneusement  ouvragees  que  les  fermoirs  (2),et  garnies 
de  pedes,  de  balais  ou  de  diverses  pierres.  Independam- 
ment  des  armoiries  du  due  de  Berry  qui  reparaissent 
souvent,  d'autres  armes  entrent  dans  la  decoration  exte- 
rieure  de  ces  fermoirs;  parfois,  ces  ecussons  exactement 
decrits,  ou  divers  ornements,  tels  que  les  fleurs  de  bour- 
rache  qu'on  retrouve  si  souvent  mentionnees  dans  les 
inventaires  du  temps,  aideront  a  mettre  sur  la  trace  du 
proprietaire  primitif. 

Sur  trois  cents  manuscrits  environ  composant  jadis 
la   librairie  de  Bourges,  M.    Delisle,   apres  de   longues 
investigations,   en  a    retrouve  soixante-dix-neuf.    Nous    Manuscrits 
possedons  ainsi  au  moins  le  quart  de  la  bibliotheque,  ^"^'""'^  ^^'^'^"^^ 
tandis  qu'on  a  recueilli  a  peine  la  vingtieme  partic  des 
livres  composant,  sous  Charles  V  et  sous  Charles  VI,  la 
collection  du  Louvre.  II  est  vrai  que  les  manuscrits  du 
due  de  Berry  justifient  amplement  la   solliciiude    avec 
laquelle  ils  n'ont  cesse  d'etre  traites.  C'est  ce  que  nous 
essayerons  de  demontrer  par  un  examen  rapide  et  me- 
thodique  des  livres    conserves    soit  a  la  Bibliotheque 
Nationale  de  Paris,  soit  dans  diverses  collections  parti- 
culieres  qui  nous  ont  ete  gracieusement  ouvertes. 

La  Bibliotheque  Nationale  possede  cinquante-quatre 
volumes  et  deux  debris  de  manuscrits  portes  sur  nos 
inventaires  ;  tous  sont  conformes  aux  descriptions,  ou 
gardent  encore  la  signature  du  Due.  Sur  ce  nombre, 
dix-sept  appartiennent  au  fonds  latin;  le  reste,  sauf  un, 
est  conserve  dans  le  fonds  francais.  Six  volumes  (formant 
cinq   ouvrages)  de  la  librairie  de  Bourges   se  trouvent 


(i)  Invent.  A,  art.  85 1,  gSo. 

(2)  Art.  851,916,931,941,966,969,997,999,  1246. 


CLII  INTRODUCTION 

aujourd'hui  au  British  Museum  ;  deux,  chez  lord  Ash- 
burham;  un,  chez  sir  Thomas  Phihps;  trois,  a  Chantilly ; 
quatre,  a  la  Bibliotheque  ro3^ale  de  Bruxelles;  trois  (en 
six  volumes),  a  Bourges;  un  a  la  bibliotheque  de  Berlin; 
un,  a  la  bibliotheque  de  La  Haye;  deux,  a  I'Universite 
deTurin;  un,  a  la  bibliotheque  de  la  memeville;  un,ause- 
minaire  de  Soissons;  un,  chez  M.  Adolphe  de  Rothschild 
et  un,  chez  M.  Edmond  de  Rothschild.  La  plupart  por- 
tent sur  la  derniere  page  la  marque  du  proprietaire, 
consistant  en  une  inscription  ainsi  rcdigee  :  «  ce  lipre  est 
ail  due  de  Berry  Jehan  ».  II  y  a  tout  lieu  de  supposer  que 
cette  ecriture  a  ete  tracee  de  la  main  meme  du  Due* 
M.  Delisle  en  a  donne  lefac-simile  dans  I'album  joint  au 
Cabinet  des  manuscrits.  II  a  egalement  fait  reproduire  une 
de  ces  superbes  inscriptions  calligraphiees  par  Jean  Fla- 
mel,  dont  certaines  occupent  une  page  enti^re.  Ainsi, 
on  lit  sur  le  premier  feuillet  du  manuscrit  de  Marco 
Polo  (i)  ce  long  commentaire,  doublement  curieux  :  «  Ce 
«  livre  est  des  merveilles  du  monde,  c'est  assavoir  de  la 
«  Terre-Sainte,  etc.,  lequel  livre  Jehan  due  de  Bourgon- 
«  gne  donna  a  son  oncle  Jehan,  filzde  Roy  de  France,  etc.; 
«  et  contient  ledit  livre  six  livres,  c'est  assavoir  :  Marc 
«  Pol ;  frereOdric,  de  I'ordre  des  freres  Meneurs  ;  le  livre 
«  fait  a  la  requeste  du  cardinal  Taleran  de  Pierreport,  I'es- 
«  tat  du  grand  Kaan ;  le  livre  de  messire  Guillaume  Man- 
«  deville;  le  livre  de  frere  Jehan  Hayton,  de  I'ordre  des 
«  Premonstres;  le  livre  de  frere  Bieul,de  I'ordre  des  Fre- 
«  res  Prcscheurs;  et  sont  en  cedit  livre  deux  cent  soi- 
«  xante-six  histoires.  —  Flamel.  »  A  la  fin  du  volume  se 
trouvait  jadis  la  note  autographe  du  due  de  Berry  sous 
sa  forme  ordinaire  ;  elle  a  etc  grattee,  particularite  que 
nous  avons  rencontree  plusieurs  fois. 

Si  ces  precicux  specimens  de  Tart  francais  n'avaient 

(i)  Fonds  fr.  2810. 


INTRODUCTION 


subi  que  cet  outrage,  nous  devrions  encore  nous  estimer 

trop  hcureux.  Mais  il  }'  a  lieu  de  deplorer  la  mutilation     Mutnat 

..  '  ,  .     .  dcs  Jitanui 

barbare  de  certains  livres  a  miniatures  comptant  parmi 
les  plus  magnifiques.  II  y  a  longtemps  deja  (i)  que 
M.  Delisle  signalait  I'enlevement  des  grandes  miniatures 
des  riches  Heiires  (2)  du  due  de  Berry,  executees,  d'apres 
rinventaire  de  141 3,  par  le  peintre  attitre  du  prince, 
Jaquemart  de  Hesdin.  Cette  perte  nous  prive  d'un  des 
chefs-d'oeuvre  de  I'art  au  debut  du  xv°  siecle  et  nous  en- 
leve  en  meme  temps  un  element  precieux  de  comparaison 
aveclespeinturesauthentiques  d'Andre  Beauneveu  et  de 
Pol  de  Limbourg.  L'examen  minutieux  des  autres  vo- 
lumes de  la  Bibliotheque  Nationale  nous  a  permis  de 
constater  bien  d'autres  actes  de  vandalisme.  Encore  s'il 
ne  s'agissait  que  de  livres  ordinaires,  comme  le  gros  Pon- 
tifical in-folio  (3),  dont  cependant  toutes  les  grandes  mi- 
niatures manquent  (4),  ou  des  trois  enormes  in-folios 
sans  miniatures  contenant  le  Repertoire  moral  de  Pierre 
le  Bercheur  (5),  il  n'y  aurait  que  demi  mal ;  mais  quand 
des  mains  sacrileges  se  sont  attaquees  a  des  oeuvres 
exquises  comme  les  ravissants  petits  sujets  du  Breviaire 
de  Belleville  (6),  nous  ne  saurions  trop  condamner  de  pa- 
reils  mefaits.  Comme  on  I'a  dit  plus  haut,  il  ne  reste  rien 
a  I'heure  actuelle  des  somptueuses  parures  que  le  Due 
avait  fait  donner  a  ses  livres  de  predilection.  Sauf  le 
Breviaire  de  Belleville,  habille  de  velours,  la  plupart  des 
anciens   manuscrits  de  la  librairie  de  Bourges  portent 

(i)  En   i86<S.  Voy.  Cabinet  des  manuscrits,  t.  I,  p.  63. 

(2)  N"  919  du  fonds  latin. 

(3)  Fonds  lat.  8886. 

(4)  Les  feuillets  3,  9,  41,  56,  60,  61  ct  62  ont  disparu;  il  ne  rcsle  que 
le  talon  du  parchemin.  Les  feuillets  232,  241,  437  ont  ete  decoupes  et 
enleves  en  partie  (note  de  1884  jointe  au  volume). 

(5)  Ms.  lat.,  8861-8863. 

f6)Ms.  lat.,  10483  et  10484.  Le  volume  contcnait  quarantc-scpt  minia- 
tures; il  n'en  reste  que  trente-huit. 


ton 
user  its. 


CLIV  INTRODUCTION 

maintenant  la  reliure  iiniforme  de  maroquin  aux  amies 
et  aux  chiffres  du  Roi,  imposee  a  tous  les  livres  de  la 
Bibliotheque  royale,  sous  Louis  XIV  ou  sous  Louis  XV. 
Quelques-uns  ont  recu  une  couverture  plus  recente, 
mais  non  plus  elegante.  Peu  importe  d'ailleurs,  puisque 
nous  ne  posssedons  plus  rien  aujourd'hui  des  magni- 
ficences du  xiv'^  et  du  xv^  siecles. 

Une  etude  attentive  des  volumes  du  seul  due  de 
Berry  donnerait  I'idee  la  plus  favorable  du  developpe- 
ment  de  I'art  francais  vers  le  milieu  du  xiv^  siecle.  C'etait 
evidemment  dans  le  but  de  mettre  en  evidence  cette  verite 
que  le  comte  Auguste  de  Bastard  avait  commence,  en 
1834,  la  publication  des  premieres  livraisons  du  grand 
ouvrage,  si  tot  interrompu,  sur  la  Ubrairie  de  Jean 
Lcs  miniatures,  de  Fvaiice,  diic  de  Berrj'.  Si  les  moycns  de  reproduction 
avaient  ete  plus  parfaits,  les  planches  qui  devaient 
accompagner  cet  ouvrage  eussent  montre  a  quel  degre 
de  finesse  et  d'expression  atteignaient,  des  cette  epo- 
que,  la  plume  ou  le  pinceau  de  nos  dessinateurs  et  de 
nos  miniaturistes.  Je  doute  qu'on  ait  jamais  pousse  plus 
loin  I'imitation  de  la  nature  que  I'a  fait  I'auteur  des 
oiseaux  ou  des  papillons  jetes  a  profusion  sur  les  marges 
des  grandes  Heures?  La  meme  habilete  de  main  se  re- 
trouve  dans  des  ornements  identiques  ajoutes  sans  doute 
apres  coup  en  marge  de  divers  autres  volumes.  A  coup 
sur,  parmi  les  peintres  attitres  de  la  cour  de  Bourges,  cha- 
cun  avait  sa  specialite.  Tandis  que  les  figures  et  les 
grandes  scenes  etaient  reservees  au  plus  habile  maitre,  au 
premier  peintre  du  Due,  si  Ton  pent  se  servir  de  cette 
expression  toute  moderne,  des  specialistes  encadraient 
les  pages  de  guirlandes  de  fieurs;  d'autres  seconsacraient 
exclusivement  aux  oiseaux,  aux  insectes  et  aux  papillons ; 
d'autres  enfin  etaient  charges  de  tracer  et  d'enluminer 
les  scenes  minuscules  jugees  peu  dignes  du  pinceau  des 
Beauneveu  et  des  Jaquemart  de  Hesdin.  Quant  au  des- 


INTRODUCTION  CLV 

sin  des  ornements  decoupes  rappelant  la  feuille  de  chi- 
coree,  quant  a  Tenluminure  des  lettrines  dorees  ou 
rehaussees  de  couleurs  vives,  tout  cela  etait  une  besogne 
inferieure,  abandonnee  aux  apprentis  ou  a  de  veritables 
manoeuvres. 

N'y  avait-il  pas  parmi  les  peintres  attaches  a  la  per- 
sonne  du  Due,  un  artiste  specialement  charge  du  soin 
de  representerdans  les  attitudes  les  plus  varices  les  deux 
favoris  du  prince,  I'ours  et  le  cygne  symboliques?  On 
serait  tente  de  I'admettre  a  voir  la  quantitc  de  ces  ani- 
maux  introduits  dans  la  composition  des  miniatures. 
Sous  ce  rapport,  les  grandes  Heures  nous  oftrent  encore 
d'incomparables  fantaisies.  Vo3^ez  notamment  I'enfant  nu 
monte  sur  un  ours  musele  brandissant  une  lance  (i)  et 
vingt  autres  caprices  ou  I'imagination  la  plus  fantaisiste 
se  donne  libre  carriere.  Ordinairement,  Tours  se  detache 
sur  un  fond  d'or  damasse,  tandis  que  le  cygne  vogue  sur 
un  lac  d'argent,  avec  ciel  d'azur.  Gomme  le  graveur 
des  sceaux,  le  peintre  des  manuscrits  a  mieux  saisi  I'atti- 
tude  et  le  geste  de  maitre  Martin  que  la  souplesse  ondu- 
leuse  du  cygne.  Ce  dernier,  il  faut  I'avouer,  ressemble 
trop  souvent  a  un  autre  volatile  moins  noble. 

Nous  n'en  finirions  pas  si  nous  voulions  enumerer 
tous  les  elements  grotesques  qui  entrent  dans  la  decora- 
tion des  grandes  Heures  de  Berry.  On  rencontre  lade 
bien  etranges  sujets  pour  un  ouvrage  de  piete.  Encore 
passe  pour  le  singe  montrant  a  lire  a  son  nourrisson  ; 
rien  a  dire  non  plus  des  fous,  des  joueurs  d'instruments 
ou  de  gobelets  qui  se  prelassent  a  cote  d'un  tableau  mon- 
trant le  Due  recu  par  saint  Pierre  a  la  porte  du  Paradis. 
Mais  le  caprice  satirique  ne  depasse-t-il  pas  quelque 
peu  les  bornes  quand  I'artiste  coiffe  du  chapeau  rouge 
des  cardinaux  tantot  un  chien,  tantot  un  pore,  quand  il 

(i)Fol.  75. 


CLVI  INTRODUCTION 

nous  montre  un  raoine  tournant  le  dos  ct  relevant  sa 
robe  plus  haut  que  la  ceinture.  Ces  inventions  gauloiscs 
charmaient  nos  ancetres,  et  le  bon  Due  etait  bien  de 
son  temps  sous  ce  rapport.  II  aimait  a  rire  et  se  plaisait 
a  s'entourer,  ses  comptes  en  font  foi,  de  baladins,  de 
joueurs  d'instruments  de  toutes  sortes,  d'escamoteurs  et 
d'equilibristes  ;  ses  peintres  n'avaient  pas  besoin  d'aller 
chercher  au  loin  leurs  modeles ;  ils  les  avaient  sous  les 
yeux. 
Portraits  Nous  avous  coustate  que  le  due  de  Berry  prenait  plai- 

du  Due  djus  Ics  .  .  .  T       r  o 

manuscrits.  sir  a  voir  ses  traits  reproduits  sous  toutes  les  lormes.  Ses 
manuscrits  sont  remplis  de  petites  scenes  ou  nous  le 
voyons,  suivant  les  cas,  soit  en  priere,  soit  frappant  a 
laportedu  Paradis  (i),  soit  agenouille  devant  la  Vierge(2); 
tantot  revetu  de  Tarmure  de  guerre,  tantot  unissant  sa 
main  a  celle  de  sa  compagne,  comme  il  apparait  en  tete 
de  son  acte  de  mariage  avec  Jeanne  de  Boulogne;  ou 
enfin  recevant  une  deputation  de  Religieux,  ainsi  qu'on 
le  voit  au  debut  de  son  acte  d'association  aux  prieres  de 
saint  Barthelemy  de  Bruges  (3).  Tout  etait  pretexte  a  mi- 
niatures pour  ce  delicat  amateur.  Jamais  on  n'a  orne  les 
chartes  d'aussi  fines  peintures  qu'il  I'a  fait  dans  les  cir- 
constances  les  moins  solennelles,  nous  laissant  ainsi 
d'inestimables  documents  figures  sur  le  costume  et  sur 
Tarchitecture  de  son  temps.  N'eut-il  pasun  jour  I'etrange 
fantaisie  de  vouloir  qu'on  representat  sur  un  livre  de 
prieres  la  ceremonie  de  ses  funerailles?  Dans  le  volume 
appartenant  aujourd'hui  au  baron  Adolphe  de  Roth- 
schild, une  miniature  nous  montre  un  catafalque  mor- 
tuaire,  d'ailleurs  fort  simple,  portant  I'ecu  de  France 
engrele  de  gueules. 

(i)  Grandes  Heures,  fol.  96. 

(2)  Manuscrit  de  Bruxelles. 

(3)  Ces  deux  dernieres  pieces  sunt  cxposccs  dans  les  \  iiriiics  dii  Miisiie 
des  Archives  Nationales. 


INTRODUCTION  CLVII 

Quant  au  merveilleux  manuscrit  de  Chantilly,  a  ce 
chef-d'ceuvre  de  I'art  qui  peut  soutcnir  la  comparaison 
avec  les  productions  des  maitres  les  plus  vantes,  on  salt 
que  les  douzegrandes  miniatures  accompagnant  lesdouzc 
mois  du  calendrier  representent  chacune  un  chateau  diffe- 
rent, parmi  lesquels  on  a  reconnu  le  Louvre  et  Vincennes 
et  aussi,  croyons-nous,  le  chateau  de  Mehun-sur-Yevre. 
M.  Delisle  a  decrit  en  detail  ce  bel  ouvrage ;  il  ne  reste 
done  rien  a  en  dire.  II  a  de  plus  fait  reproduire  trois  des 
admirables  peintures  qui  le  decorent  ;  mais  les  autres 
sujets  ne  meritent  pas  moins  que  les  vues  du  Louvre  ou 
de  Vincennes  les  honneurs  de  I'heliogravure.  Sans  doute, 
le  manuscrit  est  communique  avec  la  plus  gracieuse  libe- 
ralite  a  tout  travailleur  qui  temoigne  le  desir  de  le  voir, 
nous  le  Savons  par  experience  ;  toutefois  un  examen 
auquel  la  discretion  impose  certaines  limites  ne  saurait 
permettre  d'etudier  a  fond  la  representation  de  ces  an- 
ciennes  demeures  feodales.  Certainement,  le  due  de  Berry 
s'est  plu  a  reunir  sur  ces  pages  quelques-unes  de  ses 
nombreuses  habitations  (i) ;  comme  la  plupart  n'existent 
plus  depuis  longtemps,  il  n'y  aurait  moyen  de  les  iden- 
tifier, en  les  rapprochant  d'autres  documents  figures, 
que  si  on  pouvait  examiner  a  loisir  des  reproductions 
exactes,  comme  la  photographic  seuleest  en  mesure  d'en 
fournir. 

Si  les  livres  executes  sur  Tordre  et  sous  les  yeux  du 
due  de  Berry  comptent  parmi  les  manuscrits  les  plus 
riches  de  nos  collections  publiques,  certains  ouvrages, 
d'une  date  plus  ancienne,  soigneusement  recueillis  dans 
la  librairie  de  Bourges,  prouvent  que,  des  le  milieu  du 
xiv^  siecle,  Tart  du  calligraphe,  aussi  bien  que  celui  du 

(i)  Nous  avons  compte  plus  haut  une  douzaiae  de  chateaux  habites 
par  le  due  de  Berry  et  lui  ayant  appartenu.  Nul  doute,  comme  on  I'a  ob- 
serve, que  bon  nombre  de  ces  edifices  soient  representes  sur  le  volume  qui 
est  un  des  plus  rares  juyaux  de  la  bibliotheque  de  Chantilly. 


CLVIII  INTRODUCTION 

miniaturiste,  avaient  atteint  leur  perfection.  Le  Breviaire 
de  Charles  V  ( i),  avec  des  sujets  presque  microscopiques 
d'une  extreme  finesse,  suffirait  a  demontrer  la  verite  de 
ce  qui  vient  d'etre  dit.  Ne  serait-ce  pas  la  fantaisie  du 
due  de  Berry  qui  aurait  fait  ajouter  les  grotesques,  les 
papillons,  les  oiseaux  garnissant  les  marges  de  certains 
feuillets  et  n'ayant  aucun  rapport  avec  le  fond  de  I'illus- 
tration?  Non  moins  remarquables  sont  les  peintures  du 
Breviaire  de  Belleville  (2).  Ici,  tout  se  reunit  pour  nous 
oftrir  le  modele  accompli  du  manuscrit  sans  defaut  :  le 
parchemin  d'une  finesse  extreme,  I'ecriture  d'une  mer- 
veilleuse  regularite,  enfin  les  petits  sujets  d'une  expres- 
sion exquise.  L'histoire  de  ce  precieux  volume,  racontee 
sur  les  feuilles  de  garde,  prouve  de  quelle  estime  il  etait 
entoure  sous  les  rois  Charles  V  et  Charles  VI.  Apres 
avoir  appartenu  a  Olivier  de  Clisson,  seigneur  de  Belle- 
ville, circonstance  a  laquelle  il  dut  son  nom,  il  passa 
successivement  dans  la  librairie  de  Charles  VI,  du  roi 
Richard  II  d'Angleterre,  puis  fut  offert  par  le  successeur 
de  ce  prince  au  due  de  Berry,  entre  les  annees  1402 
et  141 3,  puisqu'il  ne  figure  pas  dans  I'inventaire  ante- 
rieur  a  Robinet  d'Etampes.  Ces  details  ont  ete  consignes 
sur  une  page  du  premier  volume  par  la  magistrale 
ecriture  de  Jean  Flamel  dans  les  termes  suivants  :  «  Cest 
«  breviaire  est  a  I'usaige  des  Jacobins,  et  est  en  deux 
«  volumes,  et  est  nomme  le  breviaire  de  Belleville,  et  le 
«  donna  le  roy  Charles  VI  au  roy  Richart  d'Angleterre, 
«  et  quant  il  fut  mort,  le  roy  Henry,  son  successeur,  le 
«  renvoya  a  son  oncle  le  due  de  Berry,  auquel  est  a  pre- 
«  sent.  —  Flamel.  »  En  mourant,  le  due  Jean  leguait  les 
deux  volumes  a  sa  petite-niece  Marie  de  France,  reli- 
gieuse  au  couvent  de  Poissy.  Une  note  inscrite  sur  la 


(i)  Fonds  lat.,  io52. 
(2)  Ibid.,  10483  et  4. 


INTRODUCTION 


premiere  page  prouve  que  les  bonnes  dames  de  Poissy 
n'eurent  pas  un  grand  respect  pour  la  relique  que  leur 
avait  laissee  Marie  de  France;  voici  cette  inscription  : 
«  Ges  belles  legendes  apartiennent  a  seur  Marie  Juvenel 
«  des  Ursins,  religieuse  en  I'eglise  de  Mons"-  Saint  Loys 
«  de  Poissy,  et  les  acheta  du  couvent  I'an  mil  CCCC 
c(  cinquante  quatre  la  somme  de  six  vingtz  escuz  d'or.  » 

Non  moins  curieuses  sont  les  inscriptions  de  la  Bible 
de  Charles  V  (i).  Ce  livre  a  figure  quelque  temps  dans 
le  Musee  des  souverains  au  Louvre ;  il  possedait  au  sur- 
plus tous  les  droits  a  cette  distinction.  Au  premier  feuil- 
let  une  legende  en  caracteres  microscopiques,  tracee  sur 
un  velin  de  la  plus  grande  finesse,  est  ainsi  concue  :  «  Le 
«  second  volume  de  la  Bible  du  Roy  Charles  le  Quint  de 
«  son  nom  et  a  present  a  Monseigneur  le  due  de  Berry 
«  son  frere.  —  J.  Flamel.  »  Et  tout  a  la  fin  du  volume, 
sur  le  feuillet  869  et  dernier,  sont  superposees  ces  notes 
autographes  dont  il  est  superflu  de  faire  ressortir  I'in- 
teret :  «  Ceste  Bible  est  a  Mons'  Charles,  le  V  de  notre 
«  non,  roy  de  France,  et  en  II  volume,  et  la  fimes  faire  et 
«  parfaire.  —  Charles  (2).  »  Et  au  dessous  :  «  Ceste  Bible 
«  est  au  due  de  Berry  et  fust  au  roy  Charles,  son  frere. 
((  —  Jehan.  ))  Encore  plus  bas  :  «  Ceste  Bible  est  a  nous 
«  Henry,  IIP  de  ce  nom,  roy  de  France  et  de  Pologne  — 
«•  Henry.)) —  « Ceste  Bible  est  a  nous  —  Louis  XIII. — 
«  Ceste  Bible  est  a  nous  —  Louis  XIIII.  wCertes,  il  existe 
peu  de  manuscrits  faisant  partie  de  I'ancienne  collection 
royale  pouvant  produire  de  pareils  titres  de  noblesse. 

Que  de  remarques  curieuses  il  y  aurait  a  tirer  pour 
I'histoire  des  moeurs,  du  costume,  du  mobilier  et  des  le- 
gendes anciennes,  de  I'etude  attentive  des  illustrations  et 

(i)  Bibl.  nat.,  fr.  Syoy,  tome  II. 

(2)  M.  Delisle  a  fait  reproduire  en  fac  simile  cette  note  de  I'ecriture 
de  Charles  V  dans  I'album  paleographique  joint  au  Cabinet  des  ma- 
nuscrits, pi.  XLV. 


INTRODUCTION 


du  tcxtc  de  cctte  serie  de  nianuscrits!  line  pareillc  etude 
nous  entrainerait  trop  loin,  et  nous  ne  pouvons  songer 
a  I'entreprendre  ici.  II  faut  nous  restreindre.  Pour 
en  finir  avec  la  librairie  du  due  Jean,  nous  nous  con- 
tenterons  de  donner  la  liste  des  epaves  sauvees  de 
cette  merveilleuse  collection,  en  y  joignant  quelques 
notes  sommaires  sur  les  volumes  que  nous  avons  eu  le 
loisir  d'examiner  (i).  Apres  les  livres  sacres  et  les  ecri- 
vains  religieux,  viendront  les  ouvrages  relatifs  a  I'histoire 
ancienne  ou  moderne,  puis  les  traites  scientifiques,  les 
litterateurs  anciens,  les  romans  et  les  poetes  modernes. 


Liste  des  manuscrits  encore  existants,  ayant  fait  partie 
de  la  librairie  du  due  de  Berry. 

1.  Bible  ayant  appartenu  a  saint  Louis  (Inv.  A,  1242.  —  ms.  lat. 
10426).  L'origine  de  ce  volume  est  certifiee  dans  une  note  de  Fla- 
mel;  il  fut  offert  au  Due  par  le  premier  president  du  Parlement 
en  1414,  et  vendu  par  les  executeurs  testamentaires. —  Petit  in- 12 
a  deux  colonnes,  parchemin  tres  mince;  ecriture  d'une  regularite 
et  d'une  finesse  extremes.  Lettrines  ornees  de  personnages  minus- 
cules, dessines  a  la  plume.  Reliure  de  velours  cramoisi  tres  use. 
Au  debut,  la  mention  :  «  Cette  Bible  est  a  Monseigneur  le  due  de 
«  Berry.  —  Flame  I.  » 

2.  Deuxieme  volume  de  la  Bible  du  roi  Philippe  le  Bel,  d'apres 
la  note  de  Flamel,  datee  de  1403  (2)  (Bibl.  Nat.,  ms.  lat.  248. —  Ce 
manuscrit  ne  figure  pas  sur  les  inventaires).  —  Pet.  in-80,  couvert 
de  velours  cramoisi;  on  voit  la  trace  des  fermoirs  disparus.  Ce 
volume  de  5 29  feuillets,  d'un  parchemin  tres  mince,  contient  une 

(i)  Nous  avions  songe  d'abord  a  etablirune  distinction  entrc  les  ma- 
nuscrits histories  et  les  volumes  sans  miniatures;  mais  presque  tons  les 
manuscrits  qui  nous  restent  du  due  de  Berry  ctaient  cnlumines  a 
l'origine  et  n'ont  perdu  leurs  ornements  que  par  suite  de  mutilations- 
Des  lors,  la  distinction  n'avait  plus  de  raison. 

(2)  «  C'est  le  second  volume  de  la  Bible  qui  fu  au  roy  Phelippc  le  Bel 
eta  present  est  au  due  de  Berry  et  d'Auvergne,  etc.,  Tan  mil  quatrc 
cens  et  trois.  —  Flamel.  » 


INTRODUCTION  CLXI 

cinquantainc  de  sujcts  religieux  ornant  les  Icttrcs  initiales  (lapi- 
dation  de  saint  Etienne,  Daniel,  Osee,  Jonas),  sujets  executes  avec 
une  delicatesse  exquise,  peintures  du  plus  grand  merite.  Ecusson 
du  Due  se  detachant  sur  la  tranche  doree,  et  repete  au  deuxieme 
feuillet,  avec  deux  ours  pour  supports.  Signature  du  due  de  Berry 
au  dernier  feuillet. 

3.  Deuxieme  volume  de  la  Bible  de  Charles  V  (Inv.  A,  96G  — 
Bibl.  Nat.  ms.  fr.  5707). — Cette  Bible,  offerte  par  Jean  de  Montaigu, 
fut  donnee  par  le  Due,  peu  de  jours  avant  sa  mort,  le  !"■  juin  1416, 
a  sa  tille  la  duchesse  de  Bourbon.  On  a  reproduit  ci-dessus 
(p.  cLix)  les  precieuses  inscriptions  de  ce  manuscrit  in-80  decore 
d'une  vingtaine  de  miniatures  d'une  finesse  extreme.  La  premiere 
page  compte  quatre  scenes  se  detachant  sur  un  fond  damasse  rouge 
et  bleu  (i). 

4.  Tome  premier  de  la  Bible  francaise  en  deux  volumes,  donnee 
par  le  roi  de  France  le  25  avril  1403  (Inv.  A,  934  —  British  Mu- 
seum, fonds  Lansdowne,  no  1 175.  —  Cf.  Delisle  no  12). 

5.  Bible  ystoriauxde  Guyart  Desmoulins  (2),  contenant  544feuil- 
lets  et  80  miniatures  (Inv.  A,  853  —  Bibl.  Nat.  ms.  fr.  20090).  — 
Les  peintures,  bien  inferieures  a  celles  des  volumes  precedents, 
ou  on  voit  des  apotres  ecrivant  sur  un  pupitre,  des  guerriers  en 
costume  du  xiye  sieclc,  sont  toutes  entourees  d'un  encadrement 
tricolore,  bleu,  blanc,  rouge.  A  la  derniere  page  la  signature  : 
Guyon  de  Sardiere. 

6.  Bible  historiaux  de  Guyart  Desmoulins,  donnee  au  due  de 
Berry  par  Raoulet  d'Auquetonville  (Inv.  A,  854  —  Bibl.  Nat. 
ms.  fr.  159).  —  Suivant  une  inscription  placee  a  la  fin  du  volume, 
cette  Bible  fut  executee  de  1291  a  1294;  son  auteur  fut  nomme 
doyen  de  Saint-Pierre-d'Aire  en  1297.  Elle  compte  546  feuillets 
d'une  ecriture  assez  grosse  et  peu  reguliere  (3),  avec  une  centaine 
de  miniatures  paraissant  de  mains  differentes.  On  y  lit  la  men- 
tion :  «  Ce  livre  est  au  due  de  Berry.  —  Jehan.  » 

(i)  Voyez  la  description  detaillee  de  ce  volume  dans  le  Cabinet  des 
manuscrits,  t.  Ill,  p.  ."07,  ct  le  fac-siinilc  dans  Talbum  joint  a  cette  pu- 
blication, pi.  XLV,  no  6  et  n"  7. 

(2)  Sur  Guyart  Desmoulins  voyez  Histoire  litte'rairc,  tome  XVF,  p.  3o, 
70,  144. 

(3)  L'inventairc  dit  cc  volume  ccrit  de  lettre  francjaisc;  termc  qui  scm- 
blerait   correspond  re  a  lettre  courante.  —  Voy.  P.  Paris,  Les  manuscrits 

francais  de  la  bibliothcque  du  Roi,  Paris,  Techencr,  i836  et  annccs  sui- 
vantes,  in-8%  tome  II.  p.  10. 


CLXII  INTRODUCTION 

7.  Bible  historiaux  en  deux  volumes,  non  portee  aux  inventaires 
(British  Museum,  fonds  Harleicn,  no^  4381  et  4382.  —  Cf.  Delisle, 
n°  1 2  bis) . 

8.  Bible  historiale,  donnee  en  juin  1410,  d'apres  une  note  de 
Flamel  inscrite  sur  une  des  pages  de  ce  volume,  a  Jean  Harpe- 
denne,  seigneur  de  Belleville  et  de  Montagu,  chambellan  du  Roi 
et  du  Due  (Ne  figure  pas  sur  les  inventaires.  Appartient  aujourd'hui 
a  lord  Ashburnham. —  Cf.  Delisle,  no  10). 

9.  Texte  et  exposition  des  premiers  livres  de  la  Bible  ou  livre 
d'Orose  (Volume  non  porte  aux  inventaires —  Bibl.  Nat.,  ms.  fr. 
15455). —  In-fol.  a  deux  colonnes  de  3p3  feuillets,  avec  un  certain 
nombre  de  miniatures  assez  curieuses  (fol.  y3  v°  :  Danseuse  et 
menestrels).  Signature  du  due  de  Berry  a  moitie  effacee  vers  la 
fin.  Une  note  manuserite  plaeee  au  debut  dit  que  ce  volume  a  fait 
partie  de  la  bibliotheque  du  due  de  Coislin. 

10.  Les  Ci  nous  dit  ou  Composition  de  la  Sainte  Escripture  (i) 
(Invent.  A,  918  —  Bibl,  Nat.,  ms.fr.  425).  —  Manuscrit  de  173  feuil- 
lets a  deux  colonnes  avec  la  mention  :  Ce  livre  est  au  due  de 
Berry.  —  Jehan.  A  la  derniere  colonne  une  autre  inscription  tres 
eff"aeee  prouve  que  ce  volume  a  passe  ensuite  dans  la  librairie  de 
Jacques  d'Armagnac,  due  de  Nemours.  Une  seule  miniature  assez 
mediocre  au  premier  feuillet;  lettrines  en  or  et  couleur;  ecusson 
sur  la  tranche. 

1 1.  Psautier  du  due  de  Berry  (Inv.  A,  906  —  Bibl.  Nat.,  ms.  fr. 
13091).  Ce  volume  est  precieux  surtout  en  raison  de  la  note  de 
rinventaire  disant  :  «  ou  il  y  avoit  pluseurs  histoires  au  commen- 
«  cement  de  la  main  de  feu  maistre  Andre  Beauneveu.  »  Cette 
note  qui  vaut  une  signature  donne  I'authenticite  a  une  oeuvre  de 
Beauneveu.  Le  style  des  draperies,  la  maniere  d'indiquer  la  barbe 
et  les  cheveux  par  gra-ndes  masses  annoncent  le  sculpteur.  Ces 
miniatures  sont  peintes  en  grisaille  d'un   ton  legerement  ivoirin 

(i)  Cabinet  des  maniiscrits,  t.  Ill,  p.  171,  n"'  40  et  41.  M,  Delisle  a  drs- 
tinguc  (n°=  40  et  41  de  son  catalogue  la  Composition  de  la  Sainte  Ecriture 
et  le  livre  appele  Cy  nous  dit.  Ces  deux  articles  ne  doiventen  faire  qu'un 
seul,  comnie  le  prouve  la  description  du  n°  918  de  I'inventaire  A.  En 
efFet,  le  deuxieme  feuillet  du  manuscrit  fr.  425  commence  hien  par  les 
mots  de  la  Trinite,  et  le  livre  qui  a  refu  son  nom  du  debut  de  chaque 
paragraphe  est  reellemcnt  une  compilation  de  recits  tires  de  TEcriture.  — 
Cf.  P.  Paris,  t.  IV,  p.  77-90.  M.  Paris  le  premier  a  signale  la  note  du  due 
de  Berry;  mais  il  ne  paric  pas  dc  ccilc  de  Jacques  d'Armagnac  d'aiilcurs 
presque  illisibic. 


INTRODUCTION  CLXIII 

avec  quclques  rehauts  de  rose  dans  les  tetes.  Les  deux  miniatures 
des  Heures  de  Bruxelles  offrent  bien  les  memes  caracteres.  Cer- 
tains types  rappellent  les  personnages  du  puits  de  Mo'ise  a  Dijon. 
Seuls,  les  douze  (et  non  vingt-quatre  comme  on  Va  dit  par  erreur 
p.  235,  note  4,  tome  I)  prophetes  ou  apotres  sont  de  Beauneveu.  Les 
autres  ornements  trahissent  une  main  moins  habile ;  il  est  meme 
douteux  que  les  fonds  et  accessoires,  sieges,  architectures,  etc.,  des 
douze  miniatures  initiales  soient  du  meme  auteur  que  les  figures. 

12.  Psautier  glose  (Inv.  B,  1026  —  Bibl.  Nat.,  ms.  lat.  8874).  — 
Petit  in-fol.  a  deux  colonnes,  de  248  feuillets,  ecrit  en  lettres  de 
forme.  Lettres  ornees  de  figures  assez  communes;  pas  de  minia. 
tures.  Une  partie  des  marges  contenant  les  gloses  est  brUlee.  Une 
liste  de  cardinaux,  archeveques  et  eveques  italiens  et  francais 
termine  le  volume  (feuillet  248  vo). 

i3.  Psautier  anglo-saxon  (Inv.  B,  1027  —  Bibl.  Nat.,  ms.  lat. 
8824).  —  In-folio  haut  et  tres  etroit,  de  186  feuillets,  a  deux  co- 
lonnes; lettres  ornees;  vignettes  a  la  plume  avec  figures  sepa- 
rant  les  Psaumes  aux  six  premiers  feuillets.  Sur  les  feuillets 
suivants  la  place  des  vignette  est  laissee  en  blanc.  Au  dernier 
feuillet  inscription  de  la  main  du  Due,  en  sa  forme  ordinaire. 

14.  Evangelarium  (Bibl.  de  Bourges.  Cat.  H.  Omont,  no  48. 
—  Peut-etre  le  livre  des  Evangiles  glose  de  I'inventaire  A,  no  1244). 
In-fol.,  miniature  representant  les  quatre  Evangelistes  sur  la  pre- 
miere page;  armes  du  due  de  Berry  dans  la  lettre  initiale. 

1 5.  Missel  (Inv.D,  177  — Bibl.  Nat.,ms.  lat.  8887).  In-folio  a  deux 
colonnes,  de  225  feuillets;  gros  caracteres  cursifs,  parchemin  epais; 
lettres  en  or  et  en  couleurs.  Ce  volume  qui  a  souffert  de  I'humi- 
dite  renfermait  autrefois  de  petites  miniatures;  elles  ont  disparu. 
A  la  fin  se  voit  I'ecusson  du  due  de  Berry. 

16.  Pontifical  pour  sacrer  rois,  empereurs,  archeveques  et  eve- 
ques (Inv.  A,  874  —  Bibl.  Nat.,  ms.  lat.  8886).  —  Gros  in-folio 
de  493  feuillets,  a  deux  colonnes.  Les  feuillets  3,  g,  41,  56,  60, 
61  et  62  etaient  sans  doute  ornes  de  grandes  miniatures.  lis  ont 
ete  coupes.  II  ne  reste  que  les  talons.  D'autres  sont  mutiles 
comme  on  Fa  dit  ci-dessus.  Les  quarante  miniatures  encore 
existantes  sont  d'une  grande  finesse  d'execution,  surtout  dans 
les  tetes.  Images  de  sainte  Radegonde  et  de  saint  Louis  (fol.  442). 

17.  Lectionarium  ad  usum  sancta^  capellae  Bituricensis  (non 
porte  sur  les  Inventaires.  —  Bibl.  de  Bourges.  Cat.  H.  Omont, 
nos  33-36).  —  4  vol.  in-folio  en  parchemin;  les  trois  premiers  ont 
des  encadrements  enlumines  aux  armes  du  due  de  Berry. 


CLXIV  INTRODTTCTION 

i8.  Rationnal  (Inv.  A,  858  —  Bihl.  Nat.,  ms.  fr.  176)  (i).— Grand 
jn-folio  a  deux  colonnes,  en  belle  gothique  reguliere,  avec  Tin- 
scription  ordinaire  du  possesseur  et  cette  note  qui  termine  la 
table  :  «  Cy  fenist  le  racionel  du  divin  office.  » 

19.  Breviaire  de  Charles  V  (Inv.  A,  971  —  Bibl.  Nat.,  f.  lat. 
io52).  —  Donne  au  due  d'Orleans,  puis  rendu  par  Valentine  de 
Milan  au  due  de  Berry,  et  demande  apres  la  mort  de  ce  prince  par 
le  Dauphin,  depuis  Charles  VII,  qui  le  garda  sans  rien  payer.  Petit 
in-40  de  Gig  feuillets  de  parchemin  tres  mince;  ecriture  allongee, 
tres  reguliere,  a  deux  colonnes;  petites  miniatures  d'une  grande 
finesse;  grotesques,  papillons  et  oiseaux  paraissant  ajoutes  sur 
les  marges  par  les  artistes  du  due  de  Berry  (2). 

20.  Breviaire  de  Belleville  (3);  on  a  indiquc  plus  haut  I'origine 
de  ce  nom  (Inv.  A,  968  —  Bibl.  Nat.,  ms.  lat.  10483-84).  —  Chaque 
volume  contient  de  soixante  a  soixante-dix  miniatures  tres  fines, 
parfois  avec  sujets  grotesques.  Au  bas  des  pages,  sujets  juxtaposes 
de  I'Ancien  et  du  Nouveau  Testament.  Pages  blanches  reservees 
pour  de  grands  tableaux  non  executes.  Certaines  scenes  se  trouvent 
repetees  dans  les  deux  volumes  (4).  On  a  signale  ci-dessus  les  actes 
de  vandalisme  qui  ont  mutile  plusieurs  pages  de  ce  precieux  manu- 
scrit  (5).  Inscriptions  de  Flannel  sur  les  deux  volumes  (6). 

21.  Les  tres  grandes,  belles  et  riches  Heures  du  due  de  Berry, 
grand  vol.  in-folio,  un  des  plus  precieux  de  la  collection  de 
Bourges  (Inv.  A,  961  —  Bibl.  Nat.,  ms.  lat.  919).  — Elles  furent 
executees   sur  I'ordre  du   Due  par  Jaquemart  de  Hesdin  et  plu- 


(1)  Voy.  dans  P.  Paris,  Manuscvits  francais,  tome  II,  p.  59-74,  une 
longue  etude  sur  cet  ouvrage  de  Guillaume  Durand,  eveque  de  Mendc, 
traduit  par  JehanGolein,ainsi  queic  dit  unc  note  placec  u  lafin  de  la  table. 

(2)  Cf.  Ga:^ctte  des  Beaux-Arts,  1884,  p.  285. 

(3)  Ce  volume  avait  fait  partic  de  la  librairic  dc  Charles  V  (Delisle, 
Cabinet  des  manuscvits,  tome  III,  p.  i23).  Beaucoup  d'autres  livres  du 
due  de  Berry  viennent  de  ses  parents;  mais  la  recherche  de  leurs  ori- 
gines  nous  cntraincrait  trop  loin. 

(4)  Notamment  la  mort  dc  Judas,  Adam  ct  Eve,  Cain  et  Abel,  Absa- 
lon,  etc. 

(5)  Voy.  ci-dcssus  p.  clui. 

(6)  Cf.  Noiivelles  archives  de  I'art  francais,  1874-75,  p.  144-155,  article 
de  M.  Marcel  de  Frcvillc.  M.  Dclislc  a  rclevc  au  bas  des  pages  les  noms 
de  Mahiet,  J.  Pucellc,  Ancclet  et  J.  Chcvrier  qui  seraient,  d'apres  lui, 
les  auteurs  des  miniatures.  Voy.  aussi  Cab. des  )«<3H. additions,  tome  111, 
p.  338. 


INTRODUCTION  CLXV 

sieurs  autres  peintres.  En  1416,  les  executeurs  testamentaires 
estimerent  ce  volume  4,000  livres,  valeur  qu'ils  n'attribuent  a 
aucun  autre  inanuscrit.  M.  Delisle  a  fait  observer  que  des  pages 
manquaient.  C'etait  sans  doute  celles  sur  lesquelles  se  trouvaient 
les  peintures  de  maitre  Jaquemart.  Une  description  detaillee  des 
ornements  de  ce  volume,  avec  les  ours  et  les  cygnes,  les  papillons 
ct  les  oiseaux,  les  fleurs  et  les  rinceaux,  les  initiales  EV,  les  per- 
sonnages  grotesques  et  parfois  obscenes,  enfin  avec  I'enumeration 
des  petits  sujets  ou  le  Due  est  maintes  fois  represente,  exigerait 
des  pages  entieres.  Encore  ne  donnerait-on  qu'une  idee  vague 
de  la  richesse  de  sa  decoration  et  ne  saurait-on  pas  rendre  la 
finesse  de  I'execution.  Une  note  de  J.  Flamel,  reproduite  par 
M.  Delisle,  est  inscrite  en  tete  du  volume.  On  a  dit  plus  haul  que 
les  peintures  de  ce  manuscrit  etaient  de  plusieurs  artistes  :  Tun 
pour  les  sujets,  un  autre  pour  les  papillons  et  oiseaux,  un  troi- 
sieme  pour  la  decoration  courante. 

22.  Les  tres  riches  Heures  du  due  de  Berry,  inachevees  a  la  mort 
du  prince,  aujourd'hui  au  chateau  de  Chantilly  (Inv.  SG,  1164,  ou 
ce  volume  est  ainsi  decrit  :  «  Une  layette  de  «  plusieurs  cayers 
«  d'unes  tres  riches  Heures,  que  faisoient  Pol  et  ses  freres,  tres 
((  richement  historiez  et  enluminez))). —  D'apres  cette  mention,  les 
peintures,  commencees  tout  a  fait  dans  les  dernieres  anne'es  de  la 
vie  du  Due,  et  inachevees  au  moment  de  sa  mort,  seraient  I'oeuvre 
de  Pol  de  Limbourg  et  de  ses  freres.  Elles  donnent  Tidee  la  plus 
avantageuse  du  talent  de  ces  artistes.  Nous  parlons  des  douze 
grandes  miniatures  accompagnant  leCalendrier  et  representant  les 
travaux  des  champs  avec  la  vue  d'un  chateau  dans  le  fond,  dont 
M.  Delisle  a  publie  naguere  plusieurs  fac-similes  (i) ;  car  il  est 
certain  que  divers  peintres  d'un  talent  inegal  ont  concouru  a 
Tornement  de  ce  beau  livre  acquis  en  Italie,  il  y  a  quelques 
annees,  par  le  proprietairc  de  Chantilly.  Nous  avons  pu  I'admirer, 
mais  non  I'etudier  a  loisir  comme  il  le  faudrait  pour  determiner 
plus  exactement  les  auteurs  et  les  dates  des  miniatures. 

23.  Les  petites  Heures  du  due  de  Berry  (Inv.  A,  85i  —  Bibl. 
Nat.,  ms.  fr.  18014).  — Ornees  de  nombreuses  miniatures  d'une 
grande  finesse  se  rapprochant  du  style  de  Beauneveu,  mais  toute- 
fois  inferieures.  Les  oiseaux  jetes  sur  les  marges  autour  des  enca- 
drements  a  la  plume  rehausses  d'or,  rappellent  ceux  du  ms.  919 
(voy.  ci-dessus,  no  21);  mais  ceux-ci  nous  paraissent  plus  lourds. 


(2)  Ga:;ette  des  Beaux-Arts,  1884,  p.  401-405. 


CLXVI  INTRODUCTION 

Dans  huit  ou  dix  petits  sujets  I'artiste  semble  avoir  voulu  retracer 
les  traits  du  prince;  toutefois,  ses  insignes  (ours,  cignes,  ini- 
tiales  EV)  ne  se  voient  nulle  part. 

24.  Les  tres  belles  Heures,  donnees  au  due  de  Bourgogne  avant 
141 3  (Inv.  B,  io5o— Bibl.  de  Bruxelles.ms.  fr.  ii6o)(i).— C'est  dans 
ce  superbe  volume  que  se  trouve  le  plus  beau  portrait  du  due  de 
Berry,  non  loin  d'une  Vierge  tenant  son  enfant ;  ces  deux  pein- 
tures  sont  attribuees  avec  toute  vraisemblance  par  M.  Delisle  at 
par  I'abbe  Dehaisnes  (2)  au  talent  d'Andre  Beauneveu.  On  a  constate 
une  analogie  complete  entre  le  style  de  ces  peintures  et  celui  des 
prophetes  du  Psautier  cote  fr.  iSogi.  Les  autres  miniatures  sont 
inferieures  a  celles  que  nous  venons  de  signaler. 

25.  Belles  Heures  du  due  de  Berry  (ne  figurent  pas  dans  les 
anciens  inventaires;  actuellement  dans  la  collection  du  baron 
Adolphe  de  Rothschild  qui  a  acquis  ce  volume  en  Italic).  —  Parmi 
les  miniatures  fort  soignees  de  ce  volume  on  remarque  une  cere- 
monie  funebre  ou  le  drap  place  sur  le  catafalque  porte  Tecusson 
du  Due.  Le  calendrier  contient  des  notes  necrologiques  sur  les 
personnes  de  sa  famille.  Reliure  en  maroquin  rouge  aux  armes  de 
Du  Plessis  Chatillon  (3). 

26.  Belles  Heures  du  due  de  Berry,  tres  richement  historiees 
(Inv.  A,  960  —  Dans  la  collection  du  baron  Edmond  de  Rothschild 
qui  les  a  acquises  du  baron  d'Ailly)  (4).  —  Ce  manuscrit  renferme 
172  miniatures;  il  a  ete  execute  pour  le  due  de  Berry.  Nous  ne 
Favons  pas  vu  (5).  C'est  le  volume  que  la  reine  de  Sicile  fit 
demander  aux  executeurs  testamentaires  qui  I'estimaient  700  livres. 
Elle  le  garda  et  paya  seulement  3oo  livres. 

27.  Heures  de  Savoie  (ne  figurent  pas  sur  les  Inventaires.  — 
Bibliotheque  de  I'Universite  de  Turin  sous  la  cote  E  V,  49)  (G). 
—  Ces  Heures  avaient  appartenu  a  Charles  V.  Son  fils  les  donna 
au  due  de  Berry. 

(i)  Voy.  Gazette  des  Beaux-Arts,  18S4,  p.  400,  et  Delisle,  Melanges  de 
pale'ographie. 

(2)  Histoive  de  I'art  en  Flandre.  Dans  cet  ouvrage,  M.  I'abbe  Dehais- 
nes a  donne  des  reproductions  des  deux  miniatures;  ces  photogravures 
ne  rendent  qu'imparfaitement  les  originaux. 

(3)  Voy.  Ga:{ette  des  Beaux-Arts,  1884,  p.  291-292. 

(4)  Cabinet  des  manuscrits,  tome  III,  p.  38g. 

(5)  Voy.  Delisle,  Melanges  de  pale'ographie,  p.  283  ;  et  Gazette  des 
Beaux- Arts,  1884,  p.  399-400. 

(6)  Gazette  des  Beaux-Arts,  1884,  p.  287-290. 


INTRODUCTION  CLXVII 

28.  Heures  de  Turin  (non  portees  aux  Inventaires. —  A  I'Univer- 
site  de  Turin,  K  IV,  29).  EUes  venaient  de  Charles  V  et  contien- 
nent  un  portrait  du  due  de  Berry  (i). 

29.  Heures  (non  portees  aux  Inventaires.  —  Bibl.  de  Berlin, 
cf.  Delisle,  I).  Ce  volume  qui  vient  de  la  bibliotheque  de  M.  de 
Saint-Mauris,  a  ete  signale  par  M.  de  Laborde  dans  ses  Dues  de 
Boiirgogne  (tome  I,  p.  cxxi).  M.  de  Bastard  en  a  public  un  fac- 
simile. 

30.  Le  premier  livre  de  Aurelie  Augustin,  de  la  Cite  de  Dieu 
(Inv.  B,  1060  — Bibl.  Nat.,  ms.  fr.  6271).—  Ce  manuscrit,  portant 
au  dernier  feuillet  la  phrase  consacree  :  «  Ce  livre  est  an  due  de 
Berry  —  Jehan  »,  est  en  parchemin  epais,  avec  six  ou  sept  minia- 
tures seulement,  fort  mal  dessinees,  ce  qui  ne  s'accorde  guere 
avec  la  phrase  de  I'lnventaire  :  «  historic  au  commencement  tres 
richement.  »  Ou  bien  il  y  a  eu  mutilation,  ou  bien  le  no  6271  du 
fonds  francais  ne  repond  pas  a  la  description  de  I'inventaire  B. 
Les  miniatures  sont  enfermees  dans  des  encadrements  tricolores  a 
quatre  lobes.  Ce  manuscrit  parait  un  des  plus  mediocres  du  due 
de  Berry. 

3 1.  Dialogues  de  saint  Gregoire  (Inv.  A,  886  —  Bibl.  de  Bruxel- 
les,  n°  9553).  —  Volume  en  parchemin,  de  io3  feuillets,  sans 
miniatures,  avec  la  note  habituelle  du  due  de  Berry,  suivie  de  cette 
mention  :  «  ledit  Monseigneur  de  Berry  I'a  donne  a  Monseigneur 
de  Bourgogne  (2).   » 

32.  Le  livre  de  la  Consolation  de  Boece  (Inv.  D,  174  —  Bibl. 
Nat.,  ms.lat.  9321).—  In-folio  de  25o  feuillets,  a  deux  colonnes,  en 
gros  earacteres  reguliers;  lettres  en  couleur;  pas  de  miniature.  Le 
commencement  manque.  Apres  Vexplicit  (fo  2  5o)  :  «  Ce  livre  est 
au  due  de  Berry.  —  Jehan.  » 

33.  Le  livre  des  Quatre  Vertus  par  Seneque,  traduit  par  Jehan 
Courtecuisse  (Bibl.  Nat.,  ms.  fr.  190  —  Voy.  P.  Paris,  t.  II,  p.  i23). 
Cet  ouvrage  fut  dedie  par  I'auteur  au  due  de  Berry,  et  M.  Delisle. 
surpris  de  ne  pas  le  rencontrer  sur  les  inventaires  (t.  Ill,  p.  184, 
note  2),  I'a  inscrit  n^anmoins  sur  le  catalogue  de  ses  livres.  M.  P. 
Paris  a  eru  retrouver  dans  le  ms.  190  un  livre  de  la  bibliotheque 
du   due   de   Berry.    Cette   hypothese   nous  parait  contestable,  le 


(i)  Ga:{ette  des  Beaux- Arts,  1884,  p.  290-291. 

(2)  Voy.  Delisle,  Melanges  de  paleographie,  etc.,  p.  23o,  et  Barrois, 
p.  229.  II  n'est  pas  bien  certain  que  ce  manuscrit  corresponde  au  n°  886 
de  I'inventaire  A, 


CLXVIII  INTRODUCTION 

ms.  190  contenant  trois  traites  differents,  et  celui  de  Scncque  ne 
venant  qu'en  dernier  lieu.  La  miniature  initiale  ofTre  hien  les 
armes  de  F>ance,  accostees  de  deux  canons,  armes  repett-es  au 
feuillet  i83,  auquel  commence  le  livre  de  Seneque ;  mais  rien  ne 
rappelle  le  due  de  Berry. 

34.  Le  livre  des  bonnes  moeurs  (Inv.  A,  991  —  Bibl.  Nat., 
ms.  fr.  I023). —  Petit  in-40  de  Sg  feuillets,  avec  18  miniatures  a 
mi-page.  La  premiere  represente  I'auteur  en  robe  noire,  offrant 
son  livre  au  due  de  Berry  qui  est  assis  sur  un  siege  surmonte 
d'un  dais ;  le  prince  porte  une  barbe  courte.  Sur  la  premiere  page 
on  lit  la  legende  :  «  Ce  livre  fist  frere  Jacques  le  Grant,  de  I'ordre 
«  des  Hermites  Saint  Augustin,  et  le  donna  a  Jehan,  filz  de  Roy  de 
«  France,  due  de  Berry  et  d'Auvergne,  etc.  —  Flamel  (i).  » 

35.  Le  livre  de  I'lnformation  des  rois  et  des  princes  (2)  (Inv.  A, 
989  —  Bibl.  Nat.,  ms.  fr.  1210).  —  Ce  manuscrit,  achete  au  libraire 
parisien  Regnault  du  Montet,  en  fevrier  141  o  (n.  St.),  ne  renferme 
qu'une  miniature  representant  Tauteur,  reliSieux  de  I'ordre  de 
Saint-Dominique  d'apres  I'inventaire,  offrant  son  livre  a  un  prince 
assis  sous  un  dais.  La  mention  :  «  Ce  livre  est  an  due  de  Berry  — 
Jehan  »,  se  trouve  repc-tee  deux  fois. 

36.  Guerre  de  Troie,  ou  «  que  les  Gregoys  devinrent  et  ou  ils 
(I  allerent  apres  la  destruction  de  Troyes  »  (Inv.  A,  925  —  Bibl. 
Nat.,  ms.  fr.  256).  Petit  in-fol.  de  199  feuillets  a  longues  lignes,  en 
parchemin  epais;  pas  de  miniatures;  lettres  en  couleur.  Inscrip- 
tion ordinaire  du  due  de  Berry  a  la  derniere  page  |3). 

37.  Histoire  des  Juifs  de  Josephe  (Bibl.  Nat.,  ms.  fr.  247 —  Cf. 
Inv.  B,  1028  et  1029  ;  ces  numeros  ne  correspondent  a  aucun  des 
manuscrits  de  Josephe  existant).  —  La  derniere  page  porte  une 
double  inscription.  Voici  la  premiere  :  «  En  ce  livre  a  douze 
«  ystoires,  les  trois  premieres  de  I'enlumineur  du  due  Jehan  de 
«  Berry  et  les  neuf  de  la  main  du  bon  paintre  et  enlumineur  du 
«  roy  Loys  XF,  Jehan  Foucquet,  natif  de  Tours.  »  La  deuxieme 
note  indique  que  ce  volume  appartenait  a  Pierre,  due  de  Bour- 
bon, He  du  nom.  Ce  livre  n'etant  pas  termine,  ne  fut  pas  inscrit, 
pour  cette  raison,  sur  les  Inventaires.  La  mention  de  Pierre  de 
Bourbon    en    qualite    de    proprietaire    corrobore    Tindication    de 


(i)  Cettc  inscription  a  etc  donncic  en  fac-simile  dans  Talbum  joint  au 
Cabinet  des  manuscyits,  pi.  XL\'1I,  n"  i  (cf.  tome  111^  p.  3i  1}. 

(2)  Cf.  P.  F^aris,  tome  V,  p.  87-90. 

(3)  Cf.  P.  Paris,  tome  II,  p.  279. 


INTRODUCTION  CLXIX 

provenance   de   la  premiere   legende.  Miniatures  des  plus  remar- 
quables. 

38.  Josephe  (non  mentionne  sur  les  Inventaires.  —  Bibl.  Nat., 
ms  fr.  G446). —  In-fol.  de  414  feuillets,  a  deux  colonnes,  avec  une 
trentaine  de  miniatures  assez  mediocres ;  les  figures  sont  lourdes, 
mais  les  couleurs  vives  et  bien  conservees  (i).  Double  inscription 
donnant  le  nom  du  possesseur.  Voici  la  premiere,  tracee  par  Jean 
Flamel  en  tete  du  volume  :  «  Ce  livrc  de  Josephus  qui  parle  de 
«  I'anciennete  des  Juifs  est  a  Jehan,  filz  de  roy  de  France,  etc.  (2).  » 

39.  Valere  Maxime  (Inv.  A,  911  —  Bibl.  Nat.,  ms.  fr.  282). — 
Volume  de  411  feuillets,  a  deux  colonnes,  avec  neuf  miniatures  en 
tete  des  neufs  chapitres  et  lettres  ornees  (3).  A  la  derniere 
page,  une  inscription  en  lettres  d'or  donne  le  nom  des  auteurs  de 
I'ouvrage.  C'est  «  Symon  de  Haydin,  maitre  en  theologie,  religieux 
«  des  Hospitallers  de  Saint-Jean  de  Jerusalem  »  pour  les  sept  pre- 
miers chapitres.  Les  deux  derniers  sont  de  Nicolas  de  Gonesse, 
maitre  des  arts  et  en  theologie;  le  tout  «  du  commandement  et 
«  ordonnance  de  tres  excellent  et  puissant  prince  Monseigneur  le 
«  due  de  Berri  et  d'Auvergne,  etc.  —  et  fut  finie  Fan  de  grace  mil 
(I  CCCC  et  I,  la  veille  de  saint  Michel  I'Archange.  » 

40.  Tite-Live  (Inv.  B,  856  — Bibl.  Nat.,  ms.  fr.  2fi3).— In-fol.  de 
480  feuillets,  29  miniatures  (4).  Celles  qui  sont  placees  au  debut 
de  chaque  Decade  comportent  quatre  scenes  ;  le  tout  sur  fond  qua- 
drille ou  losange.  Des  oiseaux  et  papillons  ont  ete  ajoutes  sur  les 
premieres  marges  de  chaque  Decade.  Deux  inscriptions,  I'une,  au 
debut,  de  Flamel,  rautre,a  la  fin,  de  la  main  du  Due,  indiquent  le 
proprietaire.  Longue  dedicace  de  Pierre  Bersuire,  prieurde  Saint- 
Eloy  de  Paris  (5),  au  r<ji  Jean  qui  I'avait  charge  do  traduire  les 
Decades  de  Tite-Live. 

(i)  Cf.  P.  Paris,  Les  maniiscrits francais,  tome  II,  p.  260-269. 

(2)  M.  Dclislc,  apres  avoir  mentionne,  d'apres  Van  Pract,  un  manuscrit 
de  Josephe  comme  existant  a  la  bibliotheque  de  Bruxellcs  (tome  III, 
p.  188),  constate  {Ibid.,  p.  340)  que  cette  bibliotheque  ne  possede  ni 
Josephe  ni  Sidrac  (Cf.  tome  I,  p.  67). 

(3)  Cf.  P.  Paris,  tome  II,  p.  3oo.  M.  Paris  signale  (tome  II,  p.  3o6, 
n°  69 1 G)  un  autre  manuscrit  de  Valere  Maxime  provcnant  de  la  bibUo- 
theque  de  Gaston,  due  d'Orlcans,  comme  pouvant  correspondre  au  n"  91 5 
de  notre  Inventaire  A. 

(4)  Cf.  P.  Paris,  tome  II,  p.  287,  n"  6701. 

(5)  Voy.  la  Notice  biographique  sur  le  bcnedictin  Pierre  Bersuire,  pre- 
mier traducteur  frani;ais  de  Tite-Live,  par  Leopold  Pannier  [Biblio- 
theque de  l'Ecole\des  Cliartes,  1872,  tome  XXXIII,  p.  325-364). 


CLXX  INTRODUCTION 

41.  Tite-Live  (Inv.  A,  916  (?)  —  Bibliotheque  de  Chantilly)  (i). 
—  Nous  n'avons  pas  vu  ce  manuscrit ;  nous  ignorons  s'il  contient 
des  miniatures. 

42.  Livre  de  Suetone,  autrement  nomme  Lucain  (Inv.  A,  861  — 
Bibl.  Nat.,  ms.  fr.  246).— Au  dos  on  lit  ce  titre  plus  explicite  d'une 
ecriture  assez  moderne  :  «  Genese  et  les  faits  des  Hebreux  et 
d'autres,  Lucain,  Suetone,  Saluste.  »  —  In-fol.  de  3o6  feuillets, 
avec  soixante  ou  soixante-dix  miniatures  assez  mediocres,  dont 
quelques-unes  sont  divisees  en  quatre  tableaux;  papillons  et 
oiseaux  ajoutes  en  marge  de  certains  feuillets,  comme  sur  d'autres 
volumes  signales  plus  haut.  La  derniere  page  porte  Tinscription 
suivante  :  «  Hie  liber  fuit  scriptus  per  Mathiam  Rivalli,  clericum 
((  Pictaviensis  diocesis  a  festo  sancti  Remigii  quod  fuit  anno  Do- 
«  mini  Mo  CCC"  LXIIIo  usque  ad  Pascham  inde  sequens  et  infra, 
«  in  civitate  et  vico  novo  Beate  Marie  Parisiensis.  —  Ce  livre  est 
a  ail  due  de  Berry.  —  Jehan.  »  D'autres  notes  disent  qu'il  passa 
ensuite  par  les  mains  de  Jacques,  due  de  Nemours,  et  de  Pierre  II, 
due  de  Bourbon  (2). 

43.  Deuxieme  partie  d'une  compilation  historique,  de  la  meme 
nature  que  la  precedente  (non  mentionnee  aux  Inventaires  — 
Bibl.  Nat.,  ms.  fr.  3oi).  —  In-fol.  de  294  feuillets,  ecrit  sur  deux 
colonnes  en  beaux  caracteres  reguliers.  Plusieurs  centaines  d^ 
miniatures  curieases  (melees  meurtrieres,  vaisseaux ,  monstres, 
histoire  de  Troie,  etc.).  Les  peintures  du  debut  sont  superieures 
a  celles  de  la  fin ;  des  monstres  grotesques  ajoutes  a  certaines  pages 
rappellent  una  decoration  speciale  aux  manuscrits  de  Bourges. 

44.  Miroir  historial  (Chez  lord  Ashburnham,  appendice  no  146). 
Le  due  de  Berry  a  possede  quatre  exemplaires  au  moins  du  Miroir 
historial  de  Vincent  de  Beauvais.  Aucun  ne  repondau  volume  qui 
se  trouve  en  Angleterre  et  qui  est  le  tome  deuxieme  de  I'ouvrage  (3). 

45.  L'image  du  monde  par  maitre  Gossuin  (Inv.  A,  908  —  Bibl. 
Nat.,ms.  fr.  574). — Volume  de  142  feuillets.  Le  preambule  annonce 
que  le  livre  renferme  vingt-huit  figures  explicatives  ou  minia- 
tures (4).  On  en  compte  en  tout  trente-six,  representant  des  moines 


(i)  Ce    rapprochement  est  du  a  M.  Delislc   [Cabinet   des    manuscrits. 
tome  I,  p.  67  et  tome  III,  p.  189). 

(2)  Cf.  Paul  Meyer,  Les  premieres   compilations  francaises   d'histoire 
ancienne,  dans  la  Romania,  i885,  p.  1-82. 

(3)  Voy.  Delisle,  tome  111,  p.  187,  note  2. 

(4)  Cf.  P.  Paris,  tome  V,  p.  3i. 


INTRODUCTION  CLXXI 

enseignant  et  expliquant  les  mysteres  du  monde,  soit  sur  des 
spheres,  soit  sur  des  tableaux  charges  de  lettres;  elles  sont 
finement  dessinees  a  la  plume  et  rehaussees  de  couleur.  Deux 
inscriptions  de  la  main  du  due  de  Berry  en  la  forme  ordinaire. 
Au  revers  de  la  premiere  page  cette  note  :  «  Ce  livre  fu  a  Messire 
Guillaume  Flote,  seigneur  de  Revel  et  chancellier  de  France  »  (i). 
Au  dernier  feuillet,  au  has  d'un  Crucifiement,  se  voient  un  eveque 
et  un  novice  agenouilles  et  la  representation  de  tous  les  instru- 
ments de  la  Passion. 

46.Chroniques  de  France(Bibl. Nat., ms.fr.  28x3 — signaled'abord 
par  Leon  Lacabane)  (2).  —  Petit  in-folio  de  492  feuillets,  a  deux 
colonnes;  caracteres  reguliers.  La  Chronique  se  termine  avec  le 
regne  de  Charles  V.  Belles  et  fines  miniatures;  les  deux  premieres 
pages  en  contiennent  six.  Six  egalement  sur  le  premier  feuillet  du 
regne  de  saint  Louis  (fol.  265).  Plusieurs  peintures  ont  un  enca- 
drement  tricolore.  Parmi  les  plus  curieuses  on  signalera  celles  qui 
se  rapportent  aux  regnes  des  rois  Jean  et  Charles  V,  et  notam- 
ment  la  visite  de  TEmpereur  au  roi  de  France,  le  festin  avec 
scene  guerriere  representant  I'attaque  d'un  chateau  (fol.  478  vo). 
Tranche  doree,  ornee  de  fleurs  de  lis. 

47.  Chroniques  de  France  (Inv.  A,  968— Bibl.  Nat.,  ms.  fr.  2608). 
—  Petit  in-folio  de  548  feuillets,  a  deux  colonnes,  avec  75  miniatures 
assez  lourdes,  bien  inferieures  a  celles  du  numero  precedent;  les 
tetes  sont  de  vraies  caricatures.  Se  termine  au  regne  de  Charles  VI 
par  le  chapitre  :  «  Comment  les  Juifs  furent  pillez  aParis. »  Sur  le 
feuillet  543  I'inscription  habituelle  du  due  de  Berry  et  au-des- 
sous  :  «  et  de  present  est  a  Jehan  Dumas  seigneur  de  I'Isle  ».  Deux 
pages  plus  loin  :  «  Ce  livre  est  a  tres  Iiaulte  et  tres  noble  princesse, 
Madame  Anne  de  France,  duchesse  de  Bourbonnois  et  d'Au- 
vergne.  » 

48.  Chroniques  de  France  de  Froissart  (Inv.  A,  967—  Bibl.  Nat., 
ms.  fr.  2641). — In-folio  de  353  feuillets,  a  deux  colonnes,  en  carac- 
teres cursifs;  pas  de  miniatures.  Outre  I'inscription  ordinaire  du 
due  de  Berry,  ce  livre  porte  plusieurs  autres  mentions  curieuses 
que  nous  allons  reproduire.  En  face  du  premier  feuillet  du  texte  : 
«  Cy  est  une  partie  des  Croniques  de  France  faictes  par  maistre 
«  Jehan  Froissart,  Haynuyer,  depuis  le  temps  du  roy  Charles  le 
«  quart,  des  guerres  qui   furent  entre  France   et  Angleterre,  les- 

(i)  L'inventaire  du  due  de  Berry  constate  que  le  manuscrit  avail  con- 
serve des  fermoirs  aux  amies  de  Revel. 
(2)  Bibliotheque  de  I'Ecole  des  Chartes,  1"°  serie,  tome  II,  p.  71. 


CLXXII  INTRODUCTION 

«  queles  Croniques  maistre  Guillaume  Boisratier,  maistre  des 
«  requestes  de  I'ostel  du  Roy,  son  conseillier,  et  conseillier  de 
«  Monseigneur  le  due  de  Berry,  son  seigneur,  donna  a  Monsei- 
«  gneur  le  Due,  en  son  hostel  de  Neelle,  le  vnie  jour  de  novem- 
«  bre  mil  CCCC  et  VII.  Flamel.  »  A  la  derniere  page,  on  lit  : 
«  Les  Croniques  de  Froissart,  des  livres  G.  Boisratier  de  Bour- 
«  ges.  —  Boisratier  »  (en  grosse  gothique  tres  reguliere).  Sur 
le  dernier  feuillet  :  «  Ge  livre  est  a  Madame  Anne  de  France, 
«  duchesse  de  Bourbonnois  et  d'Auvergne,  »  et  en  regard  :  «  Ce 
«  livre  est  au  due  de  Bourbonnoys  et  d'Auvergne.  w  Le  der- 
nier chapitre  est  ainsi  intitule  :  «  Comment  ceulx  de  Sainte- 
«  Siviere  se  rendirent  a  messire  Bcrtran  comme  connestable  du 
«  roy  de  France  et  au  due  de  Berry.  »  A  la  derniere  page  on  lit  ce 
distique  : 

Omnia  sunt  hominum  tenui  pendencia  filo, 
Et  subito   casu  que  valuere  fluunt. 

49.  Le  livre  de  Marco  Polo  (Inv.  A,  ioo5 — Bibl.  Nat.,  ms.  fr. 
2810).  —  Grand  in-folio  de  299  feuillets,  a  longues  lignes,  avec 
263  miniatures  des  plus  curieuses;  elles  sont  assez  fines,  bien 
que  d'une  execution  un  peu  lourde  (elephants,  licornes,  animaux 
singuliers,  hommes  sans  tete,  hommes  a  une  seule  jambe,  hommes 
a  tetes  de  loup,  a  tetes  de  chien,  centaurcs,  litieres  a  elephants,  a 
deux  chevaux,  hermaphrodites,  etc.,  etc.).  En  tete,  la  note  de  la 
main  de  J.  Flamel  que  nous  avons  transcrite  ci-dessus  (p.  clii). 
L'autographe  du  due  de  Berry  qui  se  trouvait  a  la  fin  a  ete 
gratte.  En  tete  de  chaque  livre  dill'erent,  une  grande  minia- 
ture represente  I'auteur  olfVant  son  ceuvre  a  un  prince,  a  un 
]-»ape,  etc.  Divers  ecussons,  dont  quclques-uns  ecartelt's  de  France, 
sont  dissemines  dans  le  volume.  Les  miniatures  de  tout  le 
volume  paraissent  du  meme  artiste  ;  les  dernieres  trahissent  une 
certaine  fatigue. 

50.  Le  devisement  du  monde  de  Marco  Polo  (Inv.  A,  982  — 
Bibl.  Nat.,  ms.  fr.  5631).  —  In-40  de  87  feuillets,  a  deux  colonnes, 
sans  miniatures;  lettres  en  couleur.  Le  volume  parait  incomplet. 
L'inscription  habituelle  du  due  de  Berry  a  ete  grattee,  mais  se 
distingue  encore. 

5i.  Livre  du  Tresor  de  Brunetto  Latini  (Inv.  A,  870  —  Bibl. 
Nat.,  ms.  fr.  568).— In-40  de  170  feuillets,  sur  deux  colonnes, 
■^  ncaracteres  cursifs;  avec  miniatures  en  camaieu  gris,  a  peine 
teintees,   en  tete   des  chapitrcs  ;  ces  images  sont  fort  mediocres. 


INTRODUCTION  CLXXIII 

Inscription  hahituelle  dii  due  de  Berry  avant  la  table  (i).  Ce  vo- 
lume contient  quatre  ouvrages  :  1°  de  la  Naissance  de  toutes 
choses  par  Brunet  Latin;  2°  Des  vices  et  des  vertus  (Ethiques), 
par  Aristote;  3^-  Des  mocurs,  par  Aristotc  ;  4"  De  la  rhetoriquc.  — 
La  creation  du  monde  annoncee  dans  Tlnventaire  figure  en  tete  du 
manuscrit. 

52.  Livre  de  la  Sphere  par  Nicolas  Oresme  et  le  livre  du  ciel  et 
du  monde  d'Aristote,  traduit  par  le  meme  (Inv.  A,  877  —  Bibl. 
Nat.,ms.fr.  5G5).— In-fol.  de  172  feuillets,  en  ecriture  cursive,avec 
quelques  miniatures  (auteur  offrant  son  livre  a  un  prince)  et  figures 
astronomiques.  Au  dernier  feuillet,  inscription  du  due  de  Berry 
dans  sa  forme  hahituelle  (2). 

53.  Le  livre  du  ciel  et  du  monde  d'Aristote  (Inv.  A.  877  —  Bibl. 
Nat.,  ms.  fr.  10S2). — In-4c  de  210  feuillets,  a  deux  colonnes,  d'une 
ecriture  tres  reguliere.  A  la  fin,  au  verso  du  feuillet  209,  se  lit 
I'inscription  hahituelle  :  «  Ce  livre  est  au  due  de  Berry  —  Jehan.  » 
La  seule  miniature  de  ce  livre,  placee  a  la  premiere  page,  represente 
la  creation  du  monde  ;  figures  geometriques  et  astronomiques 
dans  le  cours  du  texte.  Au  has  de  la  premiere  page,  les  armes  du 
Due  ont  ete  ajoutees  a  I'eneadrement,  et  sur  la  marge  exterieure, 
un  eigne  d'argent  (devenu  noir)  porte  une  banderole  a  la  legende 
le  terns venra.  II  resulte  de  la  place  oeeupee  par  ces  deux  emhle- 
mes  que  le  due  de  Berry  a  achete  le  volume  termine  et  I'a  marque 
apres  coup  a  ses  armes  et  a  sa  devise. 

54.  Ethiques  et  Politiques  d'Aristote  en  deux  volumes  (Inv.  A, 
g^7  —  Bibl.  Nat.,  ms.  fr.  9106,  le  deuxiemc  volume  seulement).  — 
Pet.  in-folioepais,de  38o  feuillets,  avee  miniatures  au  trait  rehaus- 
sees  de  noir  (philosophes,  festins,  travaux  des  champs,  professions 
et  metiers,  musique,  etc.).  Inscription  ordinaire  du  due  de  Berry. 
Au  dernier  feuillet,  cette  note:  «  Le  present  livre  appartient  a  Louis 
Pieart,  demeurant  a  Monthuro.  (?)  »  Copie,  en  1397,  pour  Louis, 
due  d'Orleans,  qui  le  donna  au  due  de  Berry,  ce  volume  passa  a  la 
duchesse  de  Bourbonnais  et  appartint  ensuite  a  Saint-Medard  de 
Soissons  (3). 

55.  Terence  (Invent.  A,  969  — Bibl.  Nat.,ms.  fr.  7907  A).  — In-40 


(i)  Cf.  P.  Paris,  tome  IV,  p.  399-400. 

(2)  Cf.  P.  Paris,  tome  IV,  p.  348-352. 

(3)  Delisle,  Cabinet  des  maniiscrits,  t.  Ill,  p.  i83,  n°  i5i  ct  p.  3 11. 
Voyez  le  fac-simile  de  quelques  lignes  de  cc  manuscrit  dans  I'Album, 
pi.  XLVI,  n-  3  ct  4. 


CLXXIV  INTRODUCTION 

de  iGo  feuillets,  a  longues  lignes,  avec  iSq  miniatures  represen- 
tant  des  scenes  de  comedie,  fort  curieuses  pour  les  details  du  cos- 
tume et  du  mobilier,  avec  une  preoccupation  marquee  de  donner 
toujours  memes  traits  au  meme  personnage.  En  tete,  Terence 
offrant  son  livre  a  deux  personnages  (les  Scipions).  Donne  au  due 
de  Berrv  par  Martin  Gouge. 

56.  Metamorphoses  d'Ovide  (Inv.  A, 959— Bibl.  Nat.,  ms.  fr.  3y3). 
—  In-fol.  de  375  feuillets,  a  deux  colonnes,  caracteres  cursifs;  vers 
de  huit  pieds  avec  gloses  francaises  et  latines  en  marge  et  au  bas 
des  pages  (i|.  Quinze  miniatures  au  trait,  une  en  tete  de  chaque 
livre,  avec  rehauts  de  noir,  assez  mediocres  en  somme.  La  feuille 
de  garde  porte  le  titre  :  «  La  metamorphose  d'Ovide  en  vers  fran- 
cois  moralisee  qui  fut  au  due  de  Berri.  »  A  la  fin,  inscription  de  la 
main  du  prince  en  sa  forme  habituelle. 

57.  Le  livre  des  Sept  Arts,  de  Priscien  (Inv.  A,  957  —  Brit. 
Mus.,  fonds  Burney,  no  2j5].  —  Ce  volume,  que  nous  n'avons 
pas  vu,  contient  des  miniatures.  II  avait  appartenu  au  pape  Gre- 
goire  XI  (1370-1378).  D'apres  une  note  manuscrite,  le  pape  Cle- 
ment le  donna,  en  1397,  au  due  de  Berry  qui  I'offrit  au  due  d'Or- 
leans  et  le  reclama  apres  la  mort  de  ce  prince. 

58.  Miracles  de  Notre-Dame,  poeme  de  Gautier  de  Coincy 
(Invent.  A,  94G  —  Appartient  au  seminaire  de  Soissons)  (2).  Ce 
manuscrit,  sans  miniature,  fut  donne  au  due  de  Berry  par  le  roi 
Charles  VI.  M.  Delisle  a  etabli  qu'il  avait  ete  execute  dans  la  pre- 
miere moitie  du  xiv^  siecle,  peut-etre  pour  le  roi  Jean  qui  le  perdit 
avec  ses  bagages  a  Poitiers.  Rachete  des  Anglais  par  Charles  V, 
il  entra  dans  la  librairie  du  Louvre  et  fut  donne  au  due  de  Berry 
apres  1402,  puisqu'il  ne  figure  pas  sur  Finventaire  portant  cette 
date. 

59.  Le  Roman  du  Brut  d'Angleterre,  par  M.  Wistace  (Inv.  A, 
1 23 1— Bibl.  Nat.,  ms.  fr.  1454).— In-40  de  io5  feuillets,  en  ecriture 
cursive,  sur  deux  colonnes  (35  lignes  a  la  page).  Trois  miniatures 
assez  mediocres  representant  des  bateaux,  des  combats,  etc.  A  la 
fin,  I'inscription  suivante  a  subi  un  grattage  :  «  M.  de  Berry  — 
Anesse. »  Ce  volume  fit  partie  du  lot  de  la  duchesse  de  Bourbon- 
nais. 

60.  Le  Roman  de  Lancelot  du  Lac  (Inv.  A,  920  —  Bibl.  Nat., 


(i)  Cf.  P.  Paris,  tome  III,  p.  177-186. 

(2)  Voy.  la  notice  tres  complete  de  M.  Delisle  sur    ce  volume  dans  le 
Cabinet  des  manuscrits,  t.  Ill,  p.  324-327. 


INTRODUCTION  CLXXV 

ms.  fr.  1 17-120). —  Quatre  volumes  grand  in-folio,  a  deux  co- 
lonnes,  comprenant  602  feuillets  en  tout;  grande  miniature  a  qua- 
tre sujets  sur  le  premier  feuillet.  Encadrements  de  pages  a  rin- 
ceaux,  papillons  et  oiseaux.  Les  sujets  representent  des  tournois, 
combats  singuliers,  scenes  amoureuses,  blesses  soignes  par  des 
dames,  etc.  Le  due  de  Berry  aurait  achete  ce  roman  au  libraire 
Regnauld  du  Montet,  en  1404,  au  prix  de  3oo  ecus  d'or,  et  il  n'au- 
rait  ete  estime  a  sa  mort  que  i25  livres  tournois.  Or,  il  est  a  remar- 
quer  que  la  description  de  I'inventaire  ne  parle  que  d\m  volume 
et  non  de  quatre.  Les  manuscrits  du  fonds  francais  pourraient 
done  fort  bien  ne  pas  etre  le  n"  920  de  I'inventaire  A  (i). 

61.  Le  Roman  de  la  Rose  et  le  Testament  de  Jean  de  Meung 
(Inv.  A,  956 — Bibl.  Nat.,  ms.  fr.  38o). — Petit  in-folio  de  160  feuillets 
a  deux  colonnes,  en  ecriture  cursive,  avec  de  nombreuses  minia- 
tures, vives  de  ton,  bien  conservees  ;  la  meme  page  en  contient 
souvent  plusieurs  (2).  Celles  de  la  fin  sont  mediocres.  Le  caractere 
des  tetes  est  tres  particulier;  traits  fins,  chair  pen  coloree,  cheveux 
presque  toujours  roux.  Le  texte  finit  par  une  piece  sur  les  morts 
commen9ant  :  «  Dieux  ait  I'ame  des  trespassez  ».  Deux  inscrip- 
tions, au  debut  et  a  la  fin,  constatant  que  le  livre  appartient  au  due 
de  Berry.  Oftert  au  Due  par  Martin  Gouge  et  donne  par  le  prince, 
le  3  mars  1414,  a  Guillaume  Lurin. 

62.  Debat  sur  le  Roman  de  la  Rose.  (Ce  manuscrit  a  ete  vu  dans 
la  collection  de  sir  Thomas  Philips  par  le  baron  Kervyn  de 
Lettenhove)  (3). 

63.  La  Cite  des  Dames  par  Christine  de  Pisan  (non  porte  aux 
Inventaires — Bibl.  Nat.,  ms.fr.  607).— Petit  in-folio  de  t]  feuillets, 
a  deux  colonnes,  en  cursive,  avec  trois  miniatures,  une  en  tete  de 
chaque  partie,  off'rant  de  curieux  details  sur  le  costume  feminin; 
figures  assez  fines,  bien  qu'un  peu  lourdes  (4).  Ala  derniere  page  : 
«  Ce  livre  est  an  due  de  Berry  —  Jehan.  » 

64.  Le  Miroir  des  Dames  (Inv.  A,  art.  983  —  Brit.  Mus.,  fonds 
additionnel  no  299S6)  (5).  —  Ce  volume  fut  remis  a  la  duchesse  de 
Bourbonnais. 

(i)  Consulter  P.  Paris,  tome  I,  p.  154  sur  la  division  de  ce  manuscrit 
en  trois  parties  comprenant  le  Saint  Graal  et  Merlin  (i"  volume).  Le 
roman  de  Lancelot  occuperait  les  trois  autres  tomes. 

(2)  Cf.  P.  Paris,  tome  III,  p.   174-176. 

(3)  Cite  dans  le  Cabinet  des  Manuscrits,  tome  III,  p.  340. 

(4)  Cf.  P.  Paris,  tome  V,  p.   i83. 

(5)  Cabinet  des  manuscrits.  t.  Ill,  p.  340. 


CLXXVI  INTRODUCTION 

65.  f.e  Miroir  des  Dames  (non  portc  aux  Inventaires  —  Biblio- 
theque  de  Bruxelles,  no  g555).  —  Cc  volume  et  Ic  precedent  sont 
copies  Tun  sur  I'autre,  page  par  page. 

66.  Le  Pelerinage  du  corps  et  de  I'ame,  appele  le  Pelerin  (Inv. 
A,  928 — Bibl.  Nat.,  ms.  fr.  829). — In-4"  de  120  feuillets  (i),  a  deux 
colonnes,  en  vers  octosyllabiques;  en  tout  2o5  petits  sujets  au 
trait,  en  camaieu  blanc  et  noir  sur  fond  damasse,  representant  des 
scenes  de  I'enfer  avec  figures  parfois  grotesques.  Dialogue  entre 
le  Pelerin,  I'Ange,  Satan,  Astrologie,  Fortune,  Raison,  Jeunesse, 
le  Corps,  I'Esprit.  Inscription  du  due  de  Berry  en  la  forme  ordi- 
naire. 

67.  Poesies  de  Guillaume  Machaut  (Bibl.  Nat.,  f.  fr.  9221  — 
figure  seulement  sur  une  liste  des  manuscrits  promis  a  la  Sainte 
Chapelle  de  Bourges). —  In-folio  de  288  feuillets,  a  trois  colonnes, 
contenant  ballades,  complaintes,  motets  mis  en  chant,  rondeaux, 
etc.,  avec  musique  intercalec  dans  le  texte.  Miniatures  un  peu 
lourdes  a  sujets  galants.  Deux  inscriptions  certifiant  I'origine  du 
volume,  Tune  en  tete  de  J.  Flamel,  I'autre  du  due  de  Berry  avec 
sa  signature. 

68.  L'arbre  des  Batailles  par  Honore  Bonet  (Inv.  A,  qSS  — 
Brit.  Mus.,  fonds  du  Roi,  20  C  VIII).  —  Manuscrit  a  miniatures, 

d'apres  I'inventaire ;  il  fut  remis  a  la  duchesse  de  Bourbonnais. 

69.  Deduits  de  la  chasse  (Inv.  A,  1016  —  sans  doute  le  volume 
compose  par  Gace  de  la  Buigne  et  faisant  partie  de  la  collection 
de  Chantilly).  Le  due  de  Berry  avait  donne  ce  volume  qui  porte 
sa  signature  a  Jean  d'Ortegue,  son  valet  de  chambre,  avant  Tan- 
nee  1413. 

70.  La  Mutacion  de  fortune  par  Christine  de  Pisan  (Inv.  A,  952 

—  Biblioth.  royale  de  la  Haye,no  701)  — 170  feuillets;  c'est  Texem- 
plaire  offert  au  Due  par  I'auteur,  en  mars  1404.  II  fut  estimc-  dix 
livres  en  1416  (2). 

71.  Le  roy  Modus  et  la  reine  Ratio  (non  porte  aux  Inventaires. 

—  Archives  de  I'Etat  a  Turin).  —  La  signature  du  due  de  Berry  se 
lit  a  la  fin  de  ce  volume  (3)  qui  compte  3o2  feuillets  avec  minia- 
tures. 

72.  Le  livre  des  femmes  nobles  et  renommees  par  Boccace  (Inv. 


(i)  M.  Paris  dit  par  erreur  220  feuillets,  tome  VI,  p.  3y3. 

(2)  Voy.   DcUslc,  Melanges  de  pale'ograpliie,  p.  23 1. 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  340,  389.  Ce  volume  a  figure  a  I'cxposition  des 
Beaux-Arts  a  Turin,  en  1880  (Voy.  le  livret,  p.  77,  n°  8). 


INTRODUCTION  CLXXVII 

A.  993  —  Bibl.  Nat.,  ms.  fr.  5981.  — In-fol.  de  162  fcuillets,  a  deux 
colonnes,  avec  106  miniatures  finement  peintae  et  admirablement 
conservees.  Inscriptions  de  J.  Flamel  en  tete  et  du  due  de  Berry 
a  la  fin.  Encadrements  de  pages  composes  de  fleurettes  et  rin- 
ceaux.  Les  sujets  sont  des  plus  curieux  par  les  details  qu'ils  ren- 
ferment  sur  le  costume  et  le  mohilier  du  temps  (metiers  a  tapis- 
rie,  palettes  de  peintres,  bancs^,  lits,  pupitres,  chariots,  instruments 
de  musique,  litieres,  souliers  a  poulaine —  Qi-ithie,  Antiope,  reines 
des  Amazones,  la  sibylle  Eriphile,  etc.,  etc.,  la  papesse  Jeanne  en 
costume  pontifical).  Le  due  de  Berry  possedait  deux  exemplaires 
de  cet  ouvrage;  I'un,  offert  par  Jean  de  la  Barre  en  1404  (Inv.  A, 
940),  ne  renfermait  pas  de  miniatures,  tandis  que  le  livre  donne 
par  I'eveque  de  Chartres,  le  ler  Janvier  1411,  (Inv.  A,  993),  etait  «  bien 
enlumine  et  historic  ».  C'est  done  plutot  ce  dernier  qui  figure 
dans  le  fonds  francais  sous  le  no  598  (i). 

yj.  Catholicon  de  Jean  Balbi  de  Genes  (Inv.  B,  io3o  —  Bibl.  de 
Bourges,  Cat.  H.  Omont,  no  33  5).  —  Manuscrit  de  538  feuillets,  a 
deux  colonnes,  avec  une  longue  inscription  indiquant  sa  prove- 
nance, de  la  main  de  Jean  Flamel  (et  non  Nicolas  Flamel  comme 
le  dit  le  catalogue  des  manuscrits  de  Bourges): 

74.  Dietionnaire  ou  repertoire  moral  de  Pierre  Bersuire  en 
trois  volumes  (Inv.  B,  1062  —  Bibl.  Nat.,  ms.  lat.  886i-8863). 
—  In-folio  a  deux  colonnes,  335,  38 1  et  392  feuillets;  un  certain 
nombre  de  pages  mutilees  et  coupees  a  moitie.  On  y  voit  encore 
Tecusson  de  I'eveque  de  Poitiers,  Itier  de  Martreuil,  qui  donna  cet 
ouvrage  au  due  de  Berry. 

75.  Livre  du  cultivement  de  la  terre,  de  Pierre  de  Crescens 
(Inv.  A,  962— Bibl.  Nat.,  ms.  lat.  9328).  — In-fol.  de  162  feuillets, 
a  deux  colonnes,  sans  miniatures,  ni  lettres  ornees;  les  initiales 
peintes  seulement  en  bleu  et  rouge.  La  miniature  «  d'un  homme 
touchant  ses  bceufs  en  rairee)),mentionnee  sur  I'inventaire  de  1402, 
a  disparu  (2).  Signature  du  due  de  Berry  au  premier  feuillet,  et 
inscription  de  sa  main  en  la  forme  habituelle  au  dernier.  Quelques- 
uns  des  premiers  feuillets  sont  fort  endommages  etpresque  cntic- 


(i)  Cf.  Paulin  Paris,  t.  I,  p.  24G;  t.  II,  p.  23i  et  t.  V,  p.  120. 

(2)  Gette  particularite,  qui  sc  reproduit  pour  plusieurs  des  manuscrits 
que  nous  avons  du  classer  dans  la  categoric  des  volumes  sans  miniatures, 
nous  donne  a  supposer  que  beaucoup  des  livres  de  la  librairic  de  Bourges 
nous  sont  parvenus  plus  ou  moins  mutiles  apres  avoir  perdu  leurs  minia- 
tures. 


CLXXVIII  INTRODUCTION 

rement  pourris.  On  a  inscrit,  au  xvi^  siecle,  sur  le  feuillet  de  garde 
diverses  recettes  pharmaceutiques. 

jh.  Le  livre  que  le  chevalier  a  fait  pour  Tenseignement  de  ses 
tilles  |ne  figure  pas  sur  les  inventaires  —  Bibl.  de  Bruxelles, 
ms.  9542)  (i). 

yj.  Dernier  feuillet  du  tome  I  de  la  Bible  en  deux  volumes 
donnee  par  le  Due  a  Robinet  d'Etampes  (Inv.  B,  art.  qG5-(jf)G  — 
Bibl.  Nat.,  ms.  fr.  nouvelles  acquisitions,  843 1).  — Ce  feuillet  qui 
porte  une  inscription  explicite  de  Jean  Flamel,  attestant  son  ori- 
gine,  a  ete  acquis  a  la  vente  des  autographes  de  Benjamin  Fillon 
(no  674  du  Catalogue).  On  y  lit  aussi  la  formule  habituclle  :  «  Ceste 
Bible  est  an  due  de  Berry.  —  .Iehax.  » 

78.  Cinq  miniatures  appartenant  a  un  livre  d'Heures  decoupe 
et  mis  en  morceaux,  reproduites  dans  les  Evangiles  de  Curmer. 
II  n'est  pas  possible  de  tirer  de  ces  fragments  Tindication  du 
volume  auquel  ils  appartenaient  (2). 

La  liste  que  nous  venons  de  donner  contient  seulement  les  ma- 
nuscrits  dont  la  presence  dans  la  librairie  du  due  de  Berry  ressort 
de  preuves  formelles.  Certains  erudits  competents  ont  voulu  rat- 
tacher  a  cette  collection  divers  autres  ouvrages  sur  des  indices 
plus  ou  moins  certains.  Nous  ne  saurions  nous  dispenser  de  faire 
connaitre  les  livres  juges  dignes  d'un  pareil  honneur  : 

10  Un  beau  Psautier  en  trois  langues,  d'ecriture  anglaise  du 
xiiie  siecle,  enrichi  de  nombreuses  miniatures  de  style  italien, 
portant  le  no  884G  du  fonds  latin,  a  la  Bibliotheque  nationale.  Ce 
volume  avait  ete  signale  par  M.  Delisle,  dans  son  premier  volume 
du  Cabinet  des  luannscrits,  comme  ayant  fait  partie  de  la  librairie 
du  due  de  Berry,  sur  une  indication  de  M.  de  Bastard.  M.  Delisle 
semble  avoir  change  d'avis  sur  Toriginc  de  ce  manuscrit,  car  il 
ne  fait  pas  figurer  ce  livre  au  catalogue  de  la  librairie  de  Bourges 
dans  son  tome  troisieme.  II  a  eu  de  bonnes  raisons  sans  doute 
pour  le  retrancher  de  la  liste;  car  le  psautier  anglais  884b  ne 
porte  aucune  des  marques  ou  inscriptions,  aucun  des  caracteres 
auxquels  se  reconnaissent  d'ordinaire  les  livres  du  Due.  En  outre, 
il  ne  repond  a  la  description  d'aucun  des  Psauticrs  portes  sur  les 
inventaires. 

2"  Le  Missel  note  portant  le  no  176  sur  I'inventaire  D  est-il  le 
manuscrit  latin  8885,  comme  le  suppose  M.  Delisle  (t.  Ill,  p.  ijG, 

(i;  Voy.  Cab.  des  man.,  tome  III,  p.  38g. 

(2)  Delisle  dans  ia  Gazette  des  Dcaux-Arts,  1884,  p.  'i()\-3g2. 


INTRODUCTION  CLXXIX 

n'5  64)?  Cela  parait  douteux.  I.e  Missel  de  Tlnvcntaire  est  dit  his- 
toric de  I'ouvrage  de  Lombardie.  Or,  le  manuscrit  8885  ne  rcn- 
ferme  pas  de  miniatures,  mais  seulement  de  petitcs  vignettes  insi- 
gnifiantes,  intercalees  dans  le  calendrier  du  debut  et  qui  ont  ete 
enlevces  pour  la  plupart.  Peut-etre  le  feuillet  i  du  Missel  qui  devait 
se  terminer,  d'apres  I'lnventaire,  par  etcrna  indefici  (i),  portait-il 
au  debut  une  grande  miniature.  Cela  reste  douteux;  le  feuillet  i 
de  ce  volume  ayant  disparu,  on  ne  pent  done  verifier  s'il  se  ter- 
mine  par  les  mots  latins  indiques  dans  I'inventaire  D.  D'ailleurs, 
ce  volume  ne  porte  ni  la  signature  du  Due  ni  aucune  des  autres 
particularites  auxquelles  se  reconnaissent  ordinairement  ses 
livres. 

S^Le  livre  des  nobles  hommes  et  dames,  de  Boccace  (Inv.  A,  993(.'') 
—  Bibl.  Nat.,  ms.  fr.  226). —  In-folio  de  270  feuillets,  avecnombreu- 
ses  miniatures  (i  5o  a  200)  tres  fines,  d'un  ton  vif  et  bien  conserve. 
Au  debut,  une  grande  page  entiere  occupee  par  les  episodes  de 
rhistoire  d'Adam  et  d'Eve.  Le  premier  feuillet  debute  par  une 
dedicace  de  I'auteur,  Laurent  de  Premierfaict,  au  due  de  Berry; 
le  livre  se  termine  par  une  note  qui  fixe  la  date  de  son  acheve- 
ment  au  i5  avril  1407  apres  Paques.  La  miniature  placee  en  tete 
de  la  dedicace  montre  I'auteur  ofTrant  son  livre  au  Due,  bien 
reconnaissable  aux  traits  de  son  visage  et  a  la  tenture  fleurde- 
lisee,  engrelee  de  gueules,  qui  recouvre  son  siege  et  son  dais.  Mais 
le  second  feuillet  commence  par  n'a  en  soi  aucune  felicite  et  non 
par  //  ont  plaisir,  comme  le  voudrait  la  description  de  Tinven- 
taire  A.  D'ailleurs,  ni  la  devise,  ni  les  armes,  ni  la  signature  du 
Due  ne  se  voient  sur  ce  volume  que  M.  Delisle  n'a  pas  porte  sur 
son  catalogue.  Laurent  de  Premierfaict  avait  fait  executer  plu- 
sieurs  copies  de  sa  traduction.  Nous  signalerons  notamment  le 
ms.fr.  i3i ;  il  debute  aussi  par  la  dedicace  au  Due,  mais  il  est  ecrit 
de  lettre  courante.  On  y  voit  aussi,  a  la  premiere  page,  I'auteur 
offrant  son  livre  a  un  prince  qui  ne  saurait  etre  prispour  le  ducde 
Berry,  malgre  I'affirmation  contraire  de  P.  Paris  (tome  I,  p.  246). 
Le  ms.  fr.  229  renferme  encore  une  autre  copie  de  la  traduction 
de  Premierfaict,  sans  dedicace  cette  fois ;  mais  son  absence  est 
expliquee  par  la  note  finale  ou  I'auteur  s'excuse  d'avoir  fait  copier 
hativement  le  volume  pour  le  Roi  de  France.  La  date  de  I'ache- 
vement  de  la  traduction  est  la  meme  sur  les  trois  manuscrits. 
Le   ms.  22G   I'emporte   de  beaucoup,  par  la  regularite  du  carac- 

(i)  Le  deuxiemc  feuillet  debute  par  eus. 


CLXXX  INTRODUCTION 

tere,  le  nombre  et  la  beaute  des  miniatures,  sur  les  mss.  i3i  et  229. 

40  Le  Decameron  de  Boccace  (Bibl.  Nat.,  ms.  fr.  129)  traduit  par 
Laurent  de  Premierfaict  et  sur  les  explications  d'Antoine  d'Areche 
(ou  d'Arezzo),  debute  par  une  dedicace  au  due  de  Berry  reproduite 
par  Paulin  Paris  (tome  I,  p.  238).  De  cette  dedicace  M.  Paris  con- 
clut  que  le  volume,  illustre  d'assez  jolies  miniatures,  a  fait  partie 
de  la  librairie  du  due  de  Berry.  Toutefois,  le  manuscrit  ne  porte 
ni  les  emblemes,  ni  la  devise,  ni  les  armes,  ni  enfin  les  accessoires 
ordinaires  des  manuscrits  de  Berry.  Aucun  inventaire  ne  men- 
tionne  une  traduction  du  Decameron,  nouvel  argument  centre 
opinion  de  M.  Paulin  Paris. 

5°  Valere  Maxime  (Bibl.  Nat.,  ms.  fr.  290).  —  In-foliode  417  feuil- 
lets,  a  deux  colonnes.  En  decrivant  ce  manuscrit,  Paulin  Paris 
suppose  (t.  II,  p.  307)  que  c'etait  un  des  volumes  de  la  librairie 
de  Bourges.  M.  Delisle  (t.  Ill,  p.  187,  note  4)  n'a  pas  admis  cette 
conjecture  qui  ne  s'appuie  sur  aucune  preuve  serieuse  (i); 

Go  Divine  Comedie  (Bibl.  Nat.,  ms.  italien  72). — In-4°,  de  90  feuil- 
lets,  a  deux  colonnes,  avec  trois  miniatures.  La  premiere  initiale 
portant  un  ecu  d'azur  aux  trois  fleurs  de  lis  d'or  avec  hordure 
engrelee  de  gueules,  M.P.  Paris  en  conclut  (2)  que  cet  exemplaire 
vient  de  la  librairie  du  due  de  Berry.  Mais  aucun  manuscrit  du 
poeme  n'est  signale  dans  les  inventaires. 


Du  catalogue  qui  precede  il  resulte  clairement  que  la 
bibliotheque  du  Due  etait  formee  d'elements  tres  dispa- 
rates. Si  ses  livres  d'Heures  soutiennent  dignement  la 
haute  reputation  de  gout  de  leur  proprietaire,  bien  d'au- 
tres  manuscrits  sont  d'une  qualite  assez  mediocre.  Cela 
ne  doit  pas  etonner.  En  elfet,  si  le  prince  a  fait  executer 
sous  ses  yeux,  avec  une  sollicitude  d'amateur  delicat  et 
passionne,  les  ouvrages  les  plus  soignes  et  les  minia- 
tures les  plus  fines,  combien  d'autres  sont  venus  entre 
ses  mains  par  don  ou  par  achat ;  et  de  ceu.\-la  il  n'a  pas 


(i)  En  tiite,  miniature  rcprcsentant  Tautcur  offrant  son  manuscrit  ii 
un  prince,  peut-etre  Ic  roi  Charles  V.  Amies  ajoutccs  :  d'azur  ;i  six 
besans  d'argcnt,  au  chef  d'or. 

(2)  Tome  VIl,  p.  147. 


INTROi)rCTION  CLXXXI 

ii  rcpondre.  Quand  il  kii  arrivait  dc  decouvrir  un  ouvrage 
peu  repandu  manquant  a  ses  collections,  il  fallait  bien 
prendre  I'exemplaire  tel  qu'il  se  trouvait.  Encore  moins 
pouvait-il  refuser  I'offrande  modeste  de  quelque  servi- 
teur  desireux  de  flatter  avcc  ses  faibles  ressources  les 
gouts  de  son  puissant  protecteur.  Au  reste,  qu'ils  fus- 
sent  richement  histories  de  belles  peintures,  ou  qu'ils  se 
presentassent  sous  I'aspect  plus  severe  de  simples  manu- 
scrits  ecrits  de  lettre  courante,  les  livres  du  due  de  Berry 
etaient  a  peu  pres  traites  de  la  meme  facon.  Aux  uns 
comme  aux  autres,  leur  maitre  ajoutait  I'inscription 
laconique  «  Ce  livre  est  au  due  de  Berry  —  Jehan  »  qui 
equivaut  a  une  prise  de  possession,  a  un  veritable  ex- 
libris.  Tantot,  aussi,il  faisait  peindre  en  quelque  coin  un 
ecusson  a  ses  armes  ;  tantot  il  agrementait  I'ornement 
deja  fort  riche  de  certains  encadrements,  en  y  introdui- 
sant  soit  I'ours  ou  le  cygne  symboliques,  soit  quelqu'un 
de  ces  papillons  ou  de  ces  oiseaux  dont  on  a  signale 
les  caracteres  bien  particuliers.  C'est  que  le  due  de 
Berry  n'etait  pas  un  bibliophile  vulgaire  ou  indiffe- 
rent. Ses  livres,  il  les  aimait  d'une  tendresse  passion- 
nee  ;  mais,  en  meme  temps,  il  les  connaissait,  se  plaisait 
a  lesregarder,  les  lisait  et  les  relisait.  C'est  ainsi  qu'on 
trouve  chez  lui,  M.  Delisle  en  a  fait  la  remarque,  plu- 
sieurs  traductions  d'auteurs  anciens  dont  on  a  constate 
I'absence  dans  la  librairie  du  Louvre. 

Au  reste,  les  ouvrages  a  miniatures  se  presentent  en 
nombre  a  peu  pres  egal  aux  manuscrits  non  histories. 
Dans  rinventaire  de  141 3,  on  compte  cent  vingt-sept 
ouvrases  histories  contre  cent  trente-huit  volumes  sans 
miniatures,  et  cela  en  se  rapportant  strictement  au  texte 
de  rinventaire.  Or,  il  parait  a  peu  pres  certain  que  le 
redacteur  a  parfois  omis  d'indiquer  les  illustrations. 
Dans  d'autres  circonstances,  le  volume  n'est  pas  ter- 
mine ;  le  texte  attend  encore  les  miniatures  complemen- 


INTRODLCTION 


d   miniatures. 


taires  (i).  On  pent  done  fixer  k  la  moitic  dc  rcnscmble 
la  proportion  des  ouvrages  a  miniatures  de  la  collection 
du  due  de  Berry.  Pour  les  soixante-dix-huit  manuscrits 
existant  encore,  cette  proportion  est  bien  plus  elevee,  et 
cela  s'explique  aisement,  car  les  plus  beaux  livres  ont  cte 
traites  paries  generations  successives  qui  les  ont  posse- 
des  avec  un  respect  merite. 
chartcs  Aux    manuscHts    histories    se    peuvent    joindre    les 

chartes  decorees  de  fines  peintures,  ou  notre  prince 
aimait  a  voir  representer  au  naturel  la  scene  meme  qui 
fait  I'objet  de  I'acte.  C'est  encore  un  gout  qu'il  parta- 
geait  avec  son  frere  Charles  V,  dont  plusieurs  chartes  sont 
enrichies  de  dessins  tres  finement  traces,  contenant 
meme  des  portraits.  Les  Archives  nationales  possedent 
plusieurs  de  ces  petites  merveilles  ou  la  figure  du  due 
de  Berry  est  bien  reeonnaissable.Nous  avons  dejaeite  le 
eontra't  de  mariage  avec  Jeanne  de  Boulogne  et  Tassocia- 
tion  du  prince  aux  prieres  de  I'abbaye  de  Saint-Barthe- 
lemy  de  Bruges.  (2)  Nous  n'insisterons  pas.  Aussi  bien, 
ces  documents  originaux  ne  sauraient  a  aucun  titre  etre 
assimiles  a  des  manuscrits,  quelque  elegante  que  soit 
leur  decoration.  II  etait  bon  de  faire  observer  que  nul 
prince  n'a  pousse  aussi  loin  que  le  notre  et  que  le  roi 
Charles  V  le  souci  d'imprimer  un  caraetere  partieulier 
de  recherche  et  de  somptuosite  aux  moindres  details  de 
sa  vie  privee  ou  publique. 

C'etait  vraiment  une  epoque  favorable  aux  arts  et  aux 
lettres  que   celle  ou  des  princes  comme  les  fils  du  roi 


1.  Voy  notamment  la  Cite  de  Dien  (A  865),  a  laqucllc  «  faillcnt  les 
«  histoires  et  grans  lettres  ». 

2.  Ces  deux  pieces  sont  exposdes  dans  Ic  musec  des  Archives  natio- 
nales (vitrine  35,  n"  41 1  et  422  ;  voy.  p.  36  du  Catalogue  sommaire  du 
musee).  La  charte  dc  privilege  accordec  en  fevrier  1414  au  clcrgc  de  la 
Saintc-Chapelle  dc  Bourges,  piece  conscrvce  dans  la  cullectmn  dc  Bas- 
tard d'Estang,  est  rcmarquablc  par  Tclcgancc  de  son  ecriture  ;  mais  elle 
n'est  pas  dccorcc  dc  peinturc  (Bib.  Nat.  ms.  fr.  Nouv.  acq.  n"  3642). 


INTRODUCTION  CLXXXIII 


Jean  cncourageaicntpar  d'inccssantes  libcralites  et  aussi 
par  line  favcur  marquee  tous  les  homines  de  talent. 
S'il  n'eut  dependu  que  d'eux,  la  France  eut  marchc  a 
la  tete  de  toutes  les  nations  voisines,  prenant  les  devants 
sur  ritalie  elle-meme.  A  I'appui  de  cette  opinion  les 
preuves  abondent.  Si  nous  n'avions  hate  de  terminer 
cette  trop  longue  introduction,  si  nous  pouvions  entrer 
dans  les  developpements  que  comporterait  un  depouil- 
lement  systematique  des  comptes  du  due  de  Berry,  nous 
etablirions  sans  peine  que  le  gout  de  toutes  les  delica- 
tessesetde  tous  les  raffinements  avait  atteint  un  degre 
inoui  pendant  la  premiere  moitie  du  regne  de  Char- 
les VI.  Le  due  de  Berry  eut  certainement  une  part  pre- 
ponderante  dans  ce  mouvement  de  renaissance  artis- 
tique  et  litteraire. 

On  connait  maintenant  par  le  detail  la  composition 
incessamment  modifieedes  collections  de  Bourges.  Moins 
riches  peut-elre  que  le  trcsor  du  roi  Charles  V,  infe- 
rieures  a  celles  que  plusieurs  generations  de  dues  tout 
puissants  amasserent  a  Dijon,  elles  trahissent  par  cer- 
tains cotes  une  originaiite  particuliere,  une  curiosite 
toujours  inassouvie.  Sans  doute,  le  due  de  Berry  a 
possede  la  plus  belle  reunion  de  pierres  precieuses,  de 
rubis  surtout,  qui  existat  de  son  temps,  sans  doute  il  a 
reuni  des  emaux  incomparables,  destravauxd'orfevrerie 
du  travail  le  plus  acheve ;  mais  ce  qu'on  trouve  chez  lui 
et  qu'on  chercherait  vainement  ailleurs,  ce  sent  ces 
menus  objets  d'une  valeur  insignifiante  ou  nulle,  prou- 
vant  la  curiosite  de  son  esprit  et  la  vaste  etendue  de  son 
intelligence.  Aucun  des  phenomenes  de  la  nature  ne  lui 
est  indifferent;  ses  investigations  se  portent  sur  les  singu- 
larites  les  moins  susceptibles  en  apparence  d'occuperun 
prince  fastueux  et  puissant.  C'est  ainsi  que  le  petit  musee 
forme  a  Bourges  reunit  comme  un  abrege  de  toutes  les 
connaissances  et  de  tous  les  arts  de   I'epoque.   Seules, 


CLXXXIV  INTRODfCTION 

Ics  armes  n'}-  figurcnt  qu'en  petit  nombre.  Peut-etrc  for- 
maient-ellcs  une  collection  ciistincte. 

Aussi,  la  presence  de  ce  prince  eclaire  a-t-elle  donne  a 
la  ville  de  Bourges  et  a  toute  la  province  du  Berry  un 
eclat  et  une  importance  politique  qu'elles  n'avaient  jamais 
atteinte  auparavant.  En  y  etablissant  sa  residence  ordi- 
naire, en  y  fixant  le  siege  de  sa  cour  et  de  son  gouver- 
nement,  le  frere  de  Charles  V  a  prepare  en  quelque 
sorte  cette  region  centrale  a  jouer  le  role  important  qui 
lui  etait  reserve  pendant  la  periode  la  plus  sombre  de 
la  guerre  contre  I'etranger.  Le  roi  Charles  A'll,  depos- 
sede  de  sa  capitale  par  les  Anglais,  repousse  vers  le  centre 
de  la  France,  eut-il  jamais  songe  a  etablir  a  Bourges  le 
dernier  asile  de  sa  royaute  precaire,  si  le  due  de  Berr}^ 
ne  lui  eut  en  quelque  sorte  menage  ce  supreme  refuge, 
s'il  n'eut  fait  de  la  place  qui  avait  oppose  aux  troupes 
royales  en  1412  une  heroique  resistance  comme  le  der- 
nier rempart  de  la  patrie  francaise? 

Les  defenses  accumulees  au  chateau  de  Bourges  etdans 
les  places  environnantes  furent  un  moment  le  supreme 
espoir  de  la  monarchie.  Ainsi,  notre  prince  se  survecut 
en  quelque  sorte  pour  assurer  le  salut  du  pays  qu'il  avait 
bravement  defendu  dans  sa  jeunesse  avec  les  vaillants 
capitainesde  son  frere.  Qu'il  nous  suffise  d'avoir  indique 
ce  lien  qui  rattache  le  souvenir  du  due  de  Berry  a  la 
periode  la  plus  critique  de  la  guerre  de  Cent  Ans. 

II  convient  d'indiquer  rapidement,  pour  finir,  les  des- 
tinees  des  merveilleuses  collections  dont  nous  avons 
etudie  precedemment  la  formation,  la  nature  et  la  com- 
position. 


Le  due  de  Berry  expira  Ic  lundi  i5  juin  141*^  vers  le 
soir,  dans  son  hotel  de  Nesle,  a  Paris.  La  maladie,  sans 
diminuer  en  rien  la  lucidite  de  son  esprit,  I'avait  averti 


INTRonrCTION 


dc  sa  fin  prochaine  ct  lui  donnait  ainsi  le  loisir  de  pren- 
dre ses  derniercs  dispositions.  Apres  avoir  dicte  son  tes- 
tament le  2  5  mai,  le  prince  accumulait  les  precautions  J^f^^f^J/,.^[ 
les  plus  capables  a  ses  yeux  d'assurer  la  stricte  execution 
de  sesdernieres  volontes.  Le  7  juin,  apres  la  celebration 
de  la  mcsse,  en  presence  de  grands  personnages  appeles 
a  son  chevet,  il  confirmait,  dans  une  forme  solennelle,  les 
volontes  exprimees  dans  son  testament  auquel  il  ajou- 
tait  quelques  dispositions.  Le  lendemain,  8  juin,  tou- 
jours  obsede  de  fidee  de  sa  fin  prochaine,  il  dicte  un 
codicillc  contenant  de  nouvelles  liberalites.  Charles  VI 
survient  sur  ces  entrefaites  pour  apporter  a  son  oncle  ses 
consolations.  Avec  lui  se  presente  le  roi  de  Jerusalem  et 
de  Sicile.  Le  mourant  profile  de  I'occasion  et  demande 
a  ce  dernier  de  vouloir  bien  faire  partie  des  executeurs 
testamentaires.  En  meme  temps,  il  supplie  son  neveu  de 
confirmer  ses  dernieres  volontes  et  de  tenir  la  main  a 
leur  execution.  Pour  se  rendre  favorables  ces  puissants 
visiteurs,  il  leur  offre  de  riches  presents;  a  chacun  une 
coupe  d'or,  sans  prejudice  de  la  belle  croix  enrichie  des 
pierres  les  plus  precieuses  qu'il  supplie  le  roi  de  France 
de  garder  a  jamais  en  souvenir  de  lui.  On  verra  que  ce 
voeu  ne  devait  guere  etre  respecte. 

Le  testament,  publie  jadis  par  M.  Ra3'nal  (i),  a  ete 
transcriten  tete  du  manuscritde  Sainte-Genevieve,  nous 
ne  pouvions  guere  nous  dispenser  d'cn  reproduire  ici 
le  texte  avec  la  relation  des  diverses  solennites  et  confir- 
mations qui  ont  suivi  (2).  A  part  les  dispositions  gene- 
rales  et  les  formules  habituelles  de  piete,  il  contenait 
peu  de  clauses  relatives  aux  tresors  qui  nous  occupent. 
Apres  avoir  designe  la  Sainte-Chapelle  de  Bourges  pour 
lieu  de   sa   sepulture,  le  Due  recommandait  au  roi  de 


(1)  Histoiie  du  Berry,  tome  II,  p.  498-5o3. 

(2)  Voy.  notre  tome  II,  p.  187-196. 


CLXXXVI  INTRODUCTION 

France  les  officiers  de  sa  maison,  ses  servitcurs,  sa 
famille,  ses  sujets  ;  il  engageait  aupaiementde  ses  dettes, 
tous  ses  biens  meubles,  c'est-a-dire  tons  ses  tresors, 
joyaux  et  manuscrits.  Le  seul  legs  specific  d'une  facon 
particuliere  etait  celui  d'une  somme  de  12,000  livres 
a  distribuer  a  ses  serviteurs  et  aux  pauvres  ;  la  reparti- 
tion de  cette  somme  etait  laissee  a  la  discretion  des  exe- 
cuteurs  testamentaires  designes  dans  le  dernier  article 
du  testament.  C'est  en  leur  nom  qu'il  sera  procede  aux 
operations  dont  le  resultat,  consigne  dans  le  manuscrit 
de  Sainte-Genevieve,  nous  donne  de  si  precieux  details 
sur  la  liquidation  de  cette  opulente  succession. 

Les  legs  particuliers  n'apparaissent  que  dans  les  codi- 
cilles  d'une  date  posterieure  :  a  la  duchesse  de  Berry  et 
a  chacune  des  filles  du  Due  sont  attribuees  une  croix 
et  une  chambre  de  tapisserie;  dix  mille  francs  a  Robi- 
net  d'Etampes,  en  recompense  de  ses  services  ;  vingt 
mille  francs  au  comte  d'Eu,  petit-fils  du  testateur,  pour 
payer  sa  rancon  aux  Anglais.  Ges  donations  sont  con- 
senties  dans  la  journee  du  7  juin.  Le  lendemain,  le 
malade  revient  encore  sur  I'objet  de  ses  constantes 
preoccupations.  Gertaines  precautions  prises  par  lui 
devront  assurer  le  paiement  des  20,000  francs  du  comte 
d'Eu.  Puis,  ce  sont  de  nouvelles  liberalites  :  1,000 francs 
a  I'Hotel-Dieu  de  Paris;  6,000  francs  a  Etienne  de 
Montigny,  chambellan  du  Due,  en  reconnaissance  de  ses 
services;  a  Jean  Dupre  le  jeune  epicier  et  valet  de  cham- 
bre, Soo  ecus;  a  Andre  de  Bonnas,  echanson,  1,000  fr. ; 
a  Ymbert  de  Groslee,  chambellan,  meme  somme  de 
1,000  francs.  En  dernier  lieu,  le  remords  suggere  au 
mourant  I'idee  d'une  restitution  tardive.  II  ordonne  de 
rendre  aux  lilies  ou  autres  heritiers  de  Jean  de  Mon- 
taigu,  grand  maitre  d'hotel  du  Roi,  les  joyaux  prove- 
nant  de  la  confiscation  de  ses  biens  et  confies  a  la  garde 
de  Robinet  d'Etampes.  En  somme,  on  le  voit,  le    Due 


INTRODICTION  CLXXXVII 

ne  disposait  en  nature  que  d\ine  partie  a  peu  pres 
insignifiante  de  ses  immenses  tresors  :  la  belle  croix 
destinee  de  longue  date  sans  doute  au  roi  de  France, 
deux  coupes  d'or,  trois  autres  croix  et  trois  chambres  de 
tapisserie,  enfin  les  joyaux  ou  manuscrits  provenant  de 
la  confiscation  de  Jean  de  Montaigu,  tels  etaient  les  seuls 
articles  recevant  une  affectation  determinee  en  vertu  des 
dernieres  volontes  du  mourant. 

Des  sommes  employees  a  des  usages  pieux,  destinecs 
a  la  rancon  du  comte  d'Eu  ou  Ic'guees  a  des  serviteurs  de 
confiance,  nous  n'avons  pas  a  nous  occuper  ici,  EUes 
devaient  etre  prelevees  sur  I'actif  de  la  succession.  II 
parait  douteux  que  la  vente  des  meubles  ait  suffi  a  leur 
paiement. 

Immediatement  apres  lamort  du  prince,  ondut  pour-    liquidation 

^  '■  ^  dcla  succcssic 

voir  a  certaines  depenses  urgentes,  aux  frais  des  fune- 
railles,  au  paiement  des  gages  des  officiers.  A  cet  effet, 
on  preleva  sur  la  masse  des  biens  certains  objets  dont  la 
vente  immediate  ne  devait  pas  entrainer  une  trop  sen- 
sible depreciation.  On  avait  choisi  surtout  des  pieces 
d'orfevrerie,car  la  matiere  constituait  presquc  toute  leur 
valeur.  Ges  articles  sont  accompagnes  dans  le  compte 
de  Robinet  de  la  mention:  «  neant,  pour  ce  que  le  com- 
mis  en  a  fait  recepte  ou  compte  desfunerailles.  »  On  se 
procura  ainsi  pour  les  besoins  pressants  une  somme  de 
6,933  livres  7  sous  6  deniers,  inscrite  sous  la  rubrique: 
compte  des  funeral  lies.  Jean  Lebourne  en  eut  la  disposi- 
tion. A  cet  usage  fut  employee  principalement  la  vais- 
selle  de  table,  hanaps,  bassins,  tasses,  le  tout  d'argent 
blanc.  Cette  orfevrerie  courante  n'etait-elle  pas  alors 
consideree  comme  une  sorte  de  reserve  metallique 
destinee  a  pourvoir  aux  cas  d'imperieuse  necessite  ? 

La  duchesse  de  Bourbonnais  avait  a  reclamer  une 
somme  de  70,000  livres,  restant  due  sur  sa  dot,  Une 
transaction    avec    les     executeurs    testamentaires     lui 


CLXXXVIII  INTRODUCTION 


accorda  Ic  droit  de  prelever  en  nature  sur  les  joyaux 
et  autres  bicns  meubles  ce  qui  restait  exigible  jusqu'a 
concurrence  de  40,000  livres,  tandis  que  sa  soeur,  la 
comtesse  d'Armagnac,  se  contentait  d'une  valeur  en 
nature  de  8,000  livres.  On  a  soigneusement  note,  dans 
Tinventaire  de  Sainte-Genevieve,  tons  les  objets  attri- 
bues,  en  vertu  de  cette  convention,  a  I'une  ou  a  I'autre 
des  filles  du  Due.  Nous  avons  donne  la  recapitulation 
de  ces  articles  dans  I'analyse  du  compte  de  la  succes- 
sion (i!.  Ce  releve  etablit  que  la  duchesse  de  Bour- 
bonnais  recut  pour  sa  part  cinquante-huit  tapis  ou 
chambres  de  tapisserie,  cent  trente-un  )0}'aux  de  toute 
sorte  et  quarante-un  manuscrits.  Trente  tapisseries, 
dix-neuf  joyaux,  cinq  manuscrits  et  trente-huit  articles 
de  linge  formerent  le  lot  de  la  comtesse  d'Armagnac. 
Ainsi,  trois  cent  vingt-deux  articles  du  dernier  inven- 
taire  furent  preleves  par  les  heritieres  directes  du  defunt. 

Trois  tapisseries  avec  divers  jo3'aux,  vetements  et 
livres  devinrent  la  propriete  de  la  Sainte-Chapelle  de 
Bourges.  Si  on  y  joint  les  kgs  delivres  a  la  veuve  et  aux 
filles  en  vertu  des  dernieres  dispositions  du  defunt  (2),  on 
depasse  le  chiffre  de  trois  cent  cinquante  articles  par- 
takes en  nature. 

D'apres  revaluation  des  cxecuteurs  testamentaires,  la 
fortune  mobiliere  du  Due,  au  jour  de  son  deces,  repre- 
sentait  environ  une  somme  de  1 58, 000  livres,  dont 
28,000  pour  les  tapis  et  tapisseries,  le  surplus  pour  les 
joyaux,  manuscrits  et  objets  divers.  Ces  estimations, 
nous  I'avons  fait  observer,  restent  bien  au-dessous  des 
prix  d'achat  et  de  la  valeur  venale  des  objets.  C'est 
peut-etre  pour  ce  motif  que  la  duchesse  de  Bourbon- 
nais,  ayant  droit  a  un  preciput  de  70,000  livres,  se  con- 


[i)  Tome  II,  p.  294-295. 
(2)  Tonic  II,  p.  296. 


INTROnrCTION  CLXXXIX 

tcnta  dc  40,000  livres;  cllc  trouvait  encore  un  serieux 
avantage  a  cette  transaction. 

Si  on  deduit  de  la  masse  des  biens  les  reprises  en 
nature  des  deux  princesses,  les  pieces  d'orfevrerie  ven- 
dues pour  les  frais  funeraires,  les  legs  particuliers  et  les 
restitutions  faites  a  diverses  personnes,  notamment  aux 
heritiers  de  Jean  de  Montaigu,  il  restait  environ  une 
centaine  de  mille  livres  a  distribuer  aux  creanciers. 
On  va  voir  comment  une  partie  de  cette  somme  leur 
echappa. 

La  belle  croix,  dont  le  due  de  Berr}^  avait  surveillc  ^^^ ^fJll^i^'^' 
avec  tant  de  sollicitude  la  confection  et  la  decoration,  ^  i<--' ^^onnaie. 
etait  attribuee,  on  I'a  vu,  par  la  volonte  supreme  du 
defunt,  au  roi  Charles  VI.  Ce  joyau  precieux  ne  se  trouve 
nulle  part  decrit  dans  les  Inventaires,  bien  qu'il  y  soit 
fait  de  frequentes  allusions.  Or,  cette  description  detail- 
lee,  nous  I'avons  decouverte  dans  un  compte  royal  qui 
constate  en  meme  temps  la  destruction  du  celebre  joyau. 
Ce  document  (i)  nous  revele  en  meme  temps  des  details 
bien  curieux  sur  les  expedients  auxquels  les  besoins  de 
la  guerre  et  la  necessite  de  solder  comptant  les  troupes 
ro3^ales  avaient  reduit  les  tresoriers  de  Charles  VI. 

Le  due  de  Berry  etait  mort  le  i(3  juin;  des  le  3o  juil- 
let  (2)  la  croix,  depouillee  de  ses  magnitiques  pier- 
reries,  etait  envoyee  a  la  Monnaie  pour  etre  fondue. 
L'operation  produisit  un  poids  de  49  marcs  d'or  et  de 
124  marcs  d'argent,  representant  une  valeurde  3,441  livres 
pour  I'or,  et  de  y3o  livres  pour  I'argent.  Ainsi,  ce  pre- 
cieux joyau,  objetde  tant  de  soins  et  de  depenses,  n'avait 
pas  survecu  deux  mois  au  prince  qui  I'avait  fait  exe- 
cuter. 

Les  conseillers  du  Roi  avaient  certes  le  droit  absolu 


(i)  Bibl.  Nat.,  f.  tV.  (1747. 

(2)  Voy.  notre  tome  II,  p.   '.^^o. 


CXC  INTRODUCTION 


dc  disposer  ainsi  de  ce  bijoux.  Mais  ils  allcrent  plus 
loin.  Sans  tcnir  compte  des  derniercs  rccommandations 
ct  des  scrupulcs  tardifs  du  due  de  Berry,  ils  firent  main 
basse  sur  les  jo3-aux  et  manuscrits  provenant  de  la  suc- 
cession de  Jean  de  Montaigu  pour  les  vendre  et  pour 
employer  les  deniers  en  provenant  aux  necessites  de  la 
guerre.  Lc  tout,  evalue  4,012  livres  10  sous,  produisit 
3,375  livres  qui  furent  versees  au  tresor  royal  (i). 
preielTs'siu-ies      Nous  u'avous  pas  a  uous  occupcr  ici  de  certains  pro- 

biens  du  Due         ,  ,  ,      ,  i         <  i  az    • 

pour  les  besoins  ccdts  civanges,  employes  paries  othciers  royaux  pour 

du  royaumc.  .  .         .      ,  .  , 

se  procurer  les  sommes  destmees  au  paiement  des  trou- 
pes, procedes  reveles  par  le  compte  qui  nous  a  fourni 
les  details  precedents.  Mais  un  dernier  chapitre  de  ce 
texte  se  rapporte  encore  a  la  succession  du  due  de 
Berry  et  ne  saurait  etrc  passe  sous  silence.  On  verra 
par  Tanalyse  de  ce  chapitre  (2)  que  treize  versements 
furent  faits  au  tresor  royal,  entre  le  18  octobre  141 7 
et  le  25  avril  1418,  s'elevant  ensemble  a  la  somme  dc 
10,143  livres  i3  sous  tournois,  et  provenant  «  de  la  ven- 
«  dicion  et  delivrance  de  certains  biens  de  I'execucion  de 
a  feu  Monseigneurle  due  de  Berry,  ordonnez  park  Roy 
«  estre  pris  et  venduz  pour  le  fait  de  sa  guerre  ».  Quelle 
etait  la  nature  de  ces' biens?  Le  compte  ne  donnc  sur  ce 
point  aucun  renseignement.  Mais  il  nous  semble  hors  de 
doute  qu'il  s'agit  d'une  partie  des  joyaux  et  autres  biens 
meubles  de  la  succession. 

Toutefois,  ces  dix  millc  livres  prelevees  par  le  tresor 
royal  sont  loin  de  representer  la  totalite  des  biens  alfec- 
tcs  au  paiement  des  dettes.  Qu'advint-il  du  surplus? 
Aucun  document  contemporain  ne  nous  I'apprend. 
Probablement  ces  tresors  furent  peu  a  peu  vendus  et 
disperses,  des   que  les   evenements   politiques   le    per- 


(i)  Tome  II,  p.  34.1-34.^. 
(2)  Tome  II,  p.  ^44. 


INTROnrCTION  CXCI 

mi  rent.  Quoi  qu'il  en  soit,  il  est  impossible  de  suivrc 
leur  trace.  II  reste  settlement  acquis  que  bon  nombre 
des  objets  precieux  amasses  par  Tillustre  coUectionneur 
furent  aneantis  et  convertis  en  especes  aussitot  apres 
son  deccs.  Seuls,  les  joyaux,  les  manuscrits  et  les  tapis, 
attribues  aux  maisons  de  Bourbon  et  d'Armagnac,  furent 
sauves  de  la  ruine,  et  peut-etre  arriverait-on  a  retrouver 
la  trace  de  quelques-uns  de  ces  objets  precieux  dans  les 
inventaires  ou  les  comptes  des  deux  princesses  lilies  du 
due  de  Berry. 

Nousavonssuivi,  autant  qu'il  aete  possible,  les  joyaux, 
les  manuscrits  et  autres  tresors  entasses  a  Bourges, 
depuis  leur  acquisition  jusqu'au  moment  de  leur  disper- 
sion. Les  anciens  inventaires  fournissent  rarement  des 
details  aussi  complets  sur  Thistoire  des  objets  precieux 
dont  ils  contiennent  I'enumeration.  C'est  pourquoi  nous 
avons  pense  que  I'etude  de  cette  collection  celebre  entre 
toutcs  mcn'itait  des  developpements  exceptionnels.  Nous 
avons  laisse  dans  I'ombre  la  personalite  et  le  role  poli- 
tique du  due  de  Berry.  Une  pareille  etude  excedait  le 
cadre  de  notre  travail.  L'abondance  meme  des  docu- 
ments recueillis  dans  les  comptes  du  due  de  Berry  nous 
interdisait  deja  les  details  sur  la  composition  de  sa  mai- 
son,  ses  habitudes  de  vie,  ses  occupations  quotidiennes 
et  ses  plaisirs ;  a  bien  plus  forte  raison,  ne  pouvions- 
nous  aborder  la  part  considerable  qu'il  a  prise  aux 
grands  evenements  de  son  temps  pendant  les  regnes  de 
son  frere  et  de  son  neveu. 

Toujours  est-il  certain  que  I'histoire  presente  peu 
d'exemples  de  vicissitudes  eomparables  a  cclles  que  nous 
ofFre  la  vie  du  due  Jean  de  Berry.  Au  surplus,  le  caractere 
dupersonnage  abonde  aussi  en  contrastes  frappants.  Les 
qualites  les  plus  rares  se  reneontrent  a  cote  des  defauts 
les  plus  choquants.  Rapace  et  prodigue.  comme  ses 
freres,  le  due  de  Berry  emporta  dans  la  tombe  les  male- 


CXCII  INTRODUCTION 


dictions  dc  ses  sujcts  et  la  gratitude  dcs  cgliscs  ou  des 
abba3'es  cnrichies  dc  ses  largesses,  Crcdule,  etcependant 
a3'ant  Line  grande  ouvcrture  d'esprit,  notre  prince  aima 
la  societe  des  moincs  et  des  savants,  des  bouffons  et  des 
poetes;  il  rechercha  les  reliques  les  plus  extraordinaircs 
en  meme  temps  que  les  productions  naturelles  les  plus 
etranges.  II  avait,  d'apres  les  contemporains,  une  intelli- 
gence tres  eveillee  et  semblait  plus  apte  aux  deliberations 
pacifiques,  aux  negociations  diplomatiques  qu'aux  ope- 
rations militaires  et  aux  fatigues  de  la  guerre.  L'auteur 
anonyme  de  la  Chronique  du  regne  de  Charles  VI  vante 
avec  complaisance  sa  magnificence  envers  les  eglises  et 
les  couvents.  Cette  bienveillance  s'explique  d'elle-meme. 
Mais  il  ajoute  certaines  particularites  relatives  aux  manie- 
res  et  au  caractere  du  due  de  Berr}^  qui  donnent  a  son 
appreciation  une  haute  valeur.  Ce  passage  merite  d'etre 
pris  en  consideration  par  quiconque  voudra  porter  un 
jugement  impartial  sur  cette  nature  si  complexe. 

«  Je  croirais  manquer  aux  egards  dus  a  la  memoire  de 
«  cet  illustre  prince  (i),  dit  le  chroniqueur,  si  je  ne  lui 
«  accordais  pas  un  juste  tribut  d'eloges,  surtout  pour  le 
«  courage  qu'il  deploya  dans  la  conquete  de  laGuyenne, 
«  du  vivant  de  son  frere  Charles.  II  se  montra,  pendant 
«  toute  sa  vie,  scrupuleux  observateur  des  regies  du 
K  savoir-vivre  et  de  la  courtoisie,  et  se  concilia,  par  ses 
«  largesses  et  son  alfabilite,  la  sympathie  de  tous  les 
"  etrangers  de  distinction  qui  venaient  a  la  cour.  Ce 
M  prince  superieur,  entre  autres  qualites  dont  I'avait 
<(  douc  la  nature,  avait  recu  en  partage  une  grande  viva- 
ce cite  d'esprit.  Toutes  les  fois  que  les  aft'aires  de  I'Etat 
«  etaient  en  deliberation,  il  exposait,  discutait  et  deve- 
«  loppait  les  questions  avec  une  rare  facilite,  et,  au  dire 


(i)Nous  reproduisons  presquc  sans  modification  la  traduction  de 
M.  L.  Bcllaguct  parue  dans  la  collection  des  Documents  inedits  sur 
riiistoirc  dc  France,  tome  VI,  p.  [-'2. 


INTRODUCTION 


«  des  assistants,  surpassait  en  eloquence  les  plus  fameux 
«  orateurs. 

«  II  Temportait  sur  tous  les  princes  du  sang  par  sa 
«  munificence,  et  il  dota  plusieurs  eglises  du  royaume  de 
«  reliques  et  de  joyaux  enrichis  de  pierreries.  C'est  une 
«  justice  que  doivent  lui  rendre  en  particulier,  pour  ne 
«  pas  encourir  le  reproche  d'ingratitude,rabbaye  royale 
«  de  Saint-Denis  et  le  chapitre  de  Notre-Dame-de-Paris. 
«  II  se  plaisait  surtout  a  faire  venir  sans  cesse  d'Orient  des 
«  rubis,  des  saphirs  et  des  emeraudes.  II  aimait  aussi  les 
«  sertisseurs  de  perles  et  de  pierresprecieuses,  et  il  leur 
«  commandait  souvent  des  chasubles,  des  chapes  et  d'au- 
«  tres  ornements  ecclesiastiques  enrichis  de  franges  d'or 
«  d'une  valeur  presque  inestimable.  II  en  fit  faire  une 
«  telle  quantite  qu'il  aurait  pu  certai^nement  habiller  les 
«  chanoines  de  trois  cathedrales  pour  une  seule  etmeme 
«  solennite.  Toujours  anime  d'une  devotion  ardente 
«  pour  le  service  de  Dieu,  il  entretenait  dans  sa  demeure 
«  un  grand  nombrede  chapelains  qui  chantaient  a  haute 
«  voix,  jour  et  nuit,  les  louanges  du  Seigneur  et  cele- 
«  braient  la  messe,  et  il  avait  soin  de  les  complimenter 
«  toutes  les  fois  que  I'office  avait  dure  plus  longtemps 
«  et  avait  eu  lieu  avec  plus  de  pompe  que  de  coutume. 

«  Sa  douceur  et  sa  bonte  envers  ceux  qui  lui  etaient 
«  devoues  se  dementaient  rarement;  et  pourtant,  il  ne 
«  pardonnait  pas  le  mal  qu'on  disait  de  lui,  et  il  se  ven- 
«  geait  par  ses  gens  surtout  de  ceux  qui  Taccusaient  hau- 
te tement  d'etre  I'inventeur  des  charges  accablantes  impo- 
«  sees  au  peuple  et  qui  le  taxaient  d'une  insatiable  cupi- 
«  dite.  Lorsque  ses  familiers  intimes  lui  reprochaient  de 
«  se  montrer  trop  genereux  a  I'egard  de  certaines  gens  de 
c(  basse  extraction,  qui  ne  se  recommandaient  ni  par 
«  I'elegance  de  leurs  manieres,  ni  par  leur  merite  person- 
«  nel  et  qu'il  elevait  au  faite  de  la  fortune,  il  leur  repon- 
«  dait  sans  hesiter  :  «  On  n'a  jamais  vu  qu'un  prince,  fils. 


CXCIV  INTRODUCTION 

«  frereet  oncle  des  rois  de  France,  titres  dont  je  puis  a 
«  bon  droit  me  glorifier,  ne  put  enrichir  un  ou  plusieurs 
«  pauvres.  »  Noble  et  louable  parole  assurcment,  si  cette 
«  liberalite  n'eut  tourne  au  detriment  des  fournisseurs 
«  ordinaires  de  sa  maison.  Car,  suivant  le  temoignage 
«  meme  de  ses  executeurs  testamentaires,qui  firent  apres 
«  sa  mort  la  balance  exacte  deses  dettes  et  de  son  avoir, 
«  que  Ton  supposait  immense,  il  se  trouva  obere  de 
«  200,000  ecus  d'or  vis-a-vis  desdits  fournisseurs.  » 

A  ce  temoignage  d'un  contemporain  nous  n'avons 
rien  a  ajouter.  L'histoire  a  porte  un  jugement  severe 
sur  les  actes  publics  du  due  de  Berry;  peut-etre  un 
examen  plus  attentif  des  faits  lavera-t-il  sa  memoire 
de  certaines  accusations  formulees  un  peu  a  la  legere.  On 
devra  reconnaitre  au  moins  qu'apres  avoir  de  son  mieux 
seconde  les  efforts  des  vaillants  capitaines  de  Tarmee 
nationale  contre  Tenvahisseur,  le  due  de  Berr}-  fut  I'ame, 
sous  le  regne  de  son  neveu,  du  parti  vraiment  francais, 
de  celui  qui  voulait  a  tout  prix  affranchir  le  pays  de  la 
domination  etrangere,  et  qu'il  lutta  energiquement  jus- 
qu'a  son  dernier  jour  contre  I'extension  menacante  du 
parti  bourguignon.  E^n  tout  cas,  personne  ne  saurait  lui 
refuser  I'honneur  d'avoir  contribue  plus  que  personne, 
avec  son  frere,  le  grand  roi  Charles  V,  a  I'epanouissement 
littdraire  et  artistique  de  la  France.  C'est  le  titre  de  gloire 
qu'il  parait  avoir  ambitionne  avant  tout  autre  ;  et  ce  titre 
de  protecteur  des  arts  et  des  lettres  doit  faire  pardonncr 
bien  des  erreurs,  bien  des  fautes. 


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Ao^raphie  Braun 


JEAN  DUG  DE  BERRY 

Dessm  de  Holbein  au  musee  de  Bale 

d'api'es  lafiSure  aSenoiiillee  du  tombeau  de  Bo"ar6es 


INVENTAIRE 


DES 


JOYAUX,  LIVRES,  etc.  DE  JEAN  DUG  DE  BERRY 

1 4 1  3-  1 4 1  6. 


LETTRES  DE  CHARLES  VI  ADJOIGNANT  ETIENNE  DE  BRAY  ET  NICOLAS 
DES  PREZ  AUX  EXECUTEL'RS  TESTAMENTAIRES  DU  DUG  DE  BERRY,  ET 
COMMETTANT  JEAN  LEBOERNE  A  l'aDMINISTRATION  DE   SES  BIENS  (l). 

[S  AOUT    14 1 6). 

Charles,  par  la  grace  de  Dieu  roy  de  France,  a  tons  ceulx  qui 
ces  presentes  lettres  verront,  salut.  Comme  nagaires  feu  nostre 
tres  chier  et  tres  ame  oncle  le  due  de  Berry  et  d'Auvergne,  conte 
de  Poictou,  d'Estampes,  de  Bouloigne  et  dAuvergne,  nostre 
lieutenant  esdiz   pais  et  en  noz  pais  du  Languedoc  et  duchic  de 

(i)  Les  notes  en  latin  imprimees  en  petit  texte  a  la  suite  des  articles 
de  rinventaire,  indiquant  la  destination  donnee  a  certains  objets,  sont 
empruntees  au  nianuscrit  des  Archives  Nationales  (cote  KK  2  58).  EUes  sont 
inscrites  sur  le  manuscrit  en  marge  des  articles  auxquels  elles  se  rapportent. 
A  la  suite  de  ces  notes,  les  mentions  B  et  S  G,  suivies  d'un  numero,  ren- 
voient  aux  articles  correspondants  de  Tinventaire  de  la  Bibliotheque  Natio- 
nale  (fonds  fran^ais,  1 1496)  et  de  celui  de  la  bibliotheque  Sainte-Genevieve 
(cote  Lf,  54).  Ce  dernier  manuscrit  donne  souvent  une  estimation  repro- 
duite  ici.  Quand,  par  exception,  les  manuscrits  presentent  des  differences 
sensibles,  soit  dans  la  description  d'un  objet,  soit  dans  I'orthographe  d'un 
mot  technique,  les  variantes  fournies  par  les  manuscrits  B  et  S  Gsont  consi- 
gnees dans  une  note.  On  a  transcrit  de  meme  certaines  annotations  du 
manuscrit  de  Sainte  Genevieve  toujours  redigees  en  frampais. 


2  LETTRES    DE    CHARLES    VI 

Guienne,  soit  ale  de  vie  a  trespassement,  [et  ait]  delaissiez  plu- 
sieurs  joyaulx,  vaisselle  d'or  et  d'argent,  pierrerie,  livres,  tapisse- 
rie,  debtes  et  autres  biens;  et  en  son  vivant  ait  fait  son  testament, 
ordonnance  de  derreniere  voulente,  lequel  testament  il  fist  lire 
el  publier  pardevant  nous,  le  vni^  jour  du  mois  de  juing  derre- 
nierement  passe%  et  par  icellui  et  autrement  par  manieres  de  co- 
dicilles  ait  ordonne  ses  debtes,  tors  faiz,  se  aucuns  en  avoit,  ses 
laiz  et  funerailles  estre  paiez,  satisfaiz  et  contentez,  ait  aussi  fait 
et  institue  executeurs  de  sondit  testament  et  derreniere  voulente, 
c'est  assavoir  :  noz  trcs  chiers  et  tres  amez  cousins  et  cousine 
le  roy  de  Secille,  la  duchesse  de  Bourbonnois,  le  conte  d'Armi- 
gnac,  et  noz  amez  et  feaulx  conseillers,  I'arcevesque  de  Bourges, 
les  evesques  de  Paris  et  de  Clermont,  maistre  Arnoul  Belin, 
tresorier  de  la  chapelle  du  palais  de  Bourges,  Robinet  d'Estam- 
pes,  seigneur  de  Salebris,  et  frere  Jehan  Raffenel,  son  confesseur, 
ausquelx,  aus  quatre  et  aus  trois  d'eulx,  ait  donne  toute  puis- 
sance de  faire  acomplir  sondit  testament  par  lequel  icellui  nostre 
oncle  se  desmist  du  tout  de  sesdiz  biens,  et  les  bailla  et  delivra. 
et  voult  et  ordonna  estre  mis,  bailliez  et  delivrez  es  mains  desdiz 
executeurs,  ainsi  que  ces  choses  et  autres  pevent  apparoir  par  la 
teneur  dudit  testament  ou  codicilles;  nous  qui  sommes  princi- 
pal heritier  de  nostredit  oncle,  voulans  sondit  testament,  codi- 
cilles et  derreniere  voulente  estre  acomplis;  savoir  faisons  que, 
nous  confians  a  plain  des  tres  grans  loyautez  et  preudommies 
desdiz  executeurs,  de  nostre  certaine  science  et  par  I'advis  et 
deliberacion  de  nostre  Grant  Conseil,  avons  ordonne  et  ordon- 
nons  par  ces  presentes  que  tous  et  quelzconques  joiaux  d'or, 
d'argent,  de  pierrerie,  tapisserie,  livres,  debtes  et  toutes  restes 
escheues  tant  en  nosdiz  pais  de  Languedoc  et  duchid  de 
Guienne,  comme  es  terres,  pais  et  seignories  de  nostredit  oncle, 
a  lui  appartenans  tant  en  demaine  comme  en  aides,  et  tant  pour 
son  droit  comme  par  le  don  par  nous  a  lui  fait  de  ce  que 
nous  appartenoit  esdiz  pais  et  duchie,  de  tout  le  temps  passe 
qu'il  a  estc  nostre  lieutenant  jusques  au  quinziesme  jour  du 
mois  de  juing  derrenierement  passe  qu'il  ala  de  vie  a  trespasse- 


LETTRES   DE    CHARLES    VI  3 

ment,  ettous  les  autres  biens  quelxconques,  de  quelque  valeur  et 
estimacion  et  en  quelxconques  lieux  qu'ilz  soient  ou  puissent 
estre,   soient    mis,   baillez    et   delivrez    ausdiz   executeurs,   aus 
quatre  et  aus  trois  d'iceulx,  ou  a  celui  ou  ceulx  qui  de  par  nous 
et  de  par  eulx  y  est,  sont  ou  seront  commis,  pour  yceulx  biens 
tourner  et  convertir  au  bien  et  enterinement  de  ladicte  execu- 
tion; ausquelz  nous  les  baillons  et  delivrons  par  ces  presentes, 
par  lesquelles  nous  mandons  et  commettons  ausdiz  executeurs, 
aus  quatre  ou  trois  d'iceulx  et  a  leurs  commis  et  depputez,  que, 
presens  et  assistens  avecques  eulx  noz  amez  et  feaulx  conseillers 
et  correcteurs  en  la  Chambre  de  noz  comptes  a  Paris,  maistres 
Estienne  de  Bray  et  Nicholas  des  Prez,  a  ce  commis  par  noz  au- 
tres lettres,  lesdiz  maistres  Estienne  et  Nicholas,  ou  I'un  d'eulx, 
voient,  visitent  et  examinent  tous  les  estaz  et  comptes  de  tons  et 
quelzconques  tresoriers,  receveurs,  grenetiers,  gardes  de  joyaux 
et  biens  de  nostredit  oncle,  maistres  de  sa  Chambre  aux  deniers, 
paieurs  de  ses  euvres  et  bastimens,  et  autres  qui  pour  nous  ou 
pour  lui  ont  fait  aucun  fait  de  recepte  es  pais  et  duchie  dessus- 
diz,  dont  les  emolumens  lui  appartenoient  par  don  de  nous  a  lui 
fait  ou  par  son  droit,  et  facent  venir  ens,  cueillir  et  recevoir  par 
la  main  de  nostre  bien  ame  maistre  Jehan  Lebourne,  jadis  secre- 
taire et  contrerolleur  de  la  despence  de  I'ostel  de  nostredit  on- 
cle, commis  a  faire  la  recepte  et  despence  des  biens  de  ladicte 
execution,  et  qu'ilz  contraignent  ou  facent  contraindre,  ainsi  qu'il 
est  accoustume  de  faire  pour  noz  propres  debtes,  tous  ceulx  qui 
estoient  tenus  a  nostredit  oncle  de  tout  le  temps  passe  Jusques 
audit  jour  de  son  trespassement,  pour  quelconque  cause  ou  oc- 
casion que  ce  soit,  a  mettre  es  mains  dudit  maistre  Jehan  Le- 
bourne tout  ce  qui,  par  I'estat  et  fin  desdiz  comptes  ou  autre- 
ment,  deuement  leur  aperra  estre  deu  a  ladicte  execution.  Et 
qu'ilz  vendent  et  adenerent,  ou  facent  vendre  et  adenerer  et  deli- 
vrer  au  plus  offrant  tous  lesdiz  joyaux  et  biens  meubles  demo- 
rez  du  deces  de  nostredit  oncle.  Et  d'iceulx  biens  ou  des  deniers 
qui  en  ystront  paient    ou    facent  paier   et   contenter  par  ledit 
maistre  Jehan  Lebourne  les  funerailles,  debtes,  tors  faiz,  se  au- 


4  LETTRES    DE    CHARLES    VI 

cuns  en  y  a,  et  lais  de  nostredit  oncle,  et  aussi  tous  les  fraiz,  mis- 
sions et  despens,  chevauchees,  messageries  et  autres  choses  rai- 
sonnables  qui  ont  este  fais  depuis  le  jour  de  son  trespas  et 
seront  faictes  doresenavant  deuement  pour  ladicte  execution.  Et 
avecques  ce,  leur  avons  donne  et  donnons  plain  pouvoir  et  man- 
dement  especial  de  tauxer  et  ordonner  telz  gaiges  que  bon  leur 
semblera  a  maistre  Jehan  Mathion,  commis  de  par  eulx  a  faire 
toutes  manieres  de  memoires,  descharges,  cedules  et  autres  let- 
tres  touchans  le  fait  de  ladicte  execution,  et  aux  autres  qui  a  pri- 
ser  les  biens  ont  vacque  et  vaqueront  pour  le  fait  de  ladicte 
execution  en  quelque  maniere  que  ce  soit,  et  generalment  de 
faire  et  accomplir  le  testament,  ordonnance  ou  derreniere  vou- 
lent^  de  nostredit  oncle  et  des  codicilles  par  lui  faiz,  duquel 
et  desquelz  leur  est  apparu  ou  apperra  selon  leur  fourme  et 
teneur.  Mandons  en  oultre,  par  ces  mesmes  lettres,  audit  mais- 
tre Jehan  Lebourne  que,  des  biens,  deniers  et  autres  choses  de 
ladicte  recepte,  paie,  face  et  accomplisse  ce  que  par  lesdiz  execu- 
teurs,  les  quatre  ou  les  trois  d'iceulx,  ou  leurs  commis,  lui  sera 
ordonne  et  mande  par  leurs  lettres  touchans  le  fait  de  ladicte 
execution,  ■ses  appartenances  et  appendances,  et  tout  ce  que  par 
Tordonnance  d'iceulx  ycellui  receveur  aura  paie,  dispense  et  ad- 
ministre,  en  rapportant  vidimus  de  ces  presentes  fait  soubz  seel 
royal  pour  une  foiz  seulement,  et  lettres  desdiz  executeurs  ou  de 
leurs  commis,  avecques  quittances  sur  ce  souffisans,  sera  alloue 
es  comptes  et  rabatu  de  la  recepte  dudit  receveur,  sans  aucun 
contredit  ou  difficulte,  partout  ou  il  appartendra;  car  ainsi  le 
voulons  et  nous  plaist  estre  fait  en  faveur  de  ladicte  execution, 
nonobstans  arrestz,  mains  mises  de  par  nous  esdiz  biens,  les- 
quelz  arrestz  et  mains  mises  nous  ostons  et  levons  par  ces  mes- 
mes presentes  et  ordonnances,  mandemens  ou  deffenses  faictes 
ou  a  faire  a  ce  cont;aires.  Mandons  et  commandons  a  tous  noz 
justiciers  et  officiers  et  a  leurs  lieuxtenans  que  ausdiz  execu- 
teurs, aus  quatre  et  trois  d'iceulx,  et  a  leurs  commis  et  depputez, 
en  faisant  les  choses  dessusdictes,  leurs  circonstances  et  deppen- 
dances,  obeissent  et  entendent  diligemment.  En  tesmoing  de  ce 


LETTRES    DE    CHARLES    VI 


nous  avons  fait  mettre  nostre  seel  a  ces  presentes.  Donne  a  Pa- 
ris, le  vine  jour  d'aousi,  I'an  de  grace  mil  quatre  et  cens  et  seze, 
et  le  xxxvi'=  de  nostre  regne. 

Par  le  Roy,  a  la  relacion  de  son  Grant  Conseil  :  Gontier. 


LETTRES  DE  CHARLES  VI  ORDONNANT  A  ARNOUL  BELIN  ET  A  MACE 
SARREBOURSE  DE  DELIVRER  AUX  EXECUTEURS  TESTAMENTAIRES  l'iN- 
VENTAIRE  DES  JOYAUX,  LIVRES,  ETC.,  RESTE  EN  LA  GARDE  DE 
ROBINET  d'eTAMPES. 

Charles,  par  la  grace  de  Dieu  roy  de  France,  a  nostre  ame  et 
feal  conseillier,  maistre  Arnoul  Belin,  nagaires  maistre  de  la 
Chambre  des  comptes  a  Bourges  pour  feu  nostre  tres  chier  et 
tres  ame  oncle  le  due  de  Berry  et  d'Auvergne,  que  Dieu  pardoint, 
et  maistre  Mace  Sarrebourse.  clerc  de  ladicte  Chambre,  salut. 
Les  executeurs  du  testament  et  Robinet  d'Estampes,  garde  des 
joyaulx  de  nostredit  oncle,  nous  ont  humblement  expose  que 
comme  ycelui  Robinet  eust  et  encores  ait  pardevers  soy  plu- 
seurs  joyaux,  livres,  biens  et  autres  choses  appartenans  a  ladicte 
execution,  baillez  par  inventoire  audit  Robinet,  contenu  en  un 
livre  estant  en  ladicte  Chambre  des  comptes,  lequel  livre  vous  a 
nagaires  este  bailie  en  garde,  despost,  et  commande  de  par  nous 
par  noz  amez  et  feaulx  conseilliers,  maistres  Guillaume  Toreau, 
maistre  des  requestes  de  nostre  hostel,  Nycolas  des  Prez,  cor- 
recteur  en  nostre  Chambre  des  comptes  a  Paris,  et  Guillaume 
Luce,  nostre  secretaire,  ou  par  Tun  d'eulx,  commis  par  nous  a 
estre  presens  a  faire  I'inventoire  des  biens  demourez  du  deces  de 
nostredit  oncle,  desquelz  biens  ledit  Robinet  rendroit  voulen- 
tiers  compte  et  reliquat  ausdiz  executeurs  ou  a  autres  a  qui  il 
appartendroit,  pour  estre  deschargie  de  ce  qu'il  baillera  et  mons- 
trera  avoir  bailie,  comme  raison  est;  et  comme  ledit  compte  ne 
se  puisse  bonement  rendre  sans  ledit  livre,  lequel  vous  n'oseriez 
bailler,  obstant  I'innibition  qui  par  nosdiz  commissaires  vous  a 


6  LETTRES    DE    CHARLES    VI 

e&te  faicte  de  ne  le  bailler  aucunement  sans  avoir  sur  ce  des- 
charge,  mandement  et  congid  de  nous,  requierent  lesdiz  execu- 
teurs  et  Robinet  sur  ce  nostre  provision  ;  pour  quoy  nous,  qui  ne 
voulons  ladicte  execution  aucunement  estre  retardee,  mais  ycelle 
avancier  le  plus  que  faire  se  peut  bonnement,  voulons  et  vous 
mandons  et  expressement  enjoignons,  et  achascun  de  vous,  que, 
incontinant   ces  lettres  veues,  et  nonobstant  ladicte    innibition, 
vous  ou  Tun  de  vous  aportez  ou  envoiez  ledit  livre,  feablement 
clos  et  seelle  soubz  Tun  de  voz  seaulx  ou  signez,  en  ceste  nostre 
ville  de  Paris,  et  cellui  livre  baillez  et  delivrez  realment  et  de  fait 
a  nos  amez  et  feaulx  conseilliers,  maistres  Estienne  de  Bray  et 
audit  Nycolas  des  Prez,  correcteurs  en  nostredicte  Chambre  des 
Comptes,  et  aux  executeurs  dudit  testament,  ou  troisd'iceulx,  ou 
leurs   commis  et  deputez,  avec  les  dessusdiz  maistres  Estienne 
et  Nicolas,  a  o'ir,  clorre  et  affiner  les  comptes  dudit  Robinet  d'Es- 
tampes,  qui  pour  et  ou  nom  de  nostredit  oncle  s'est  entremis  et 
mesle  desdiz  jovaulx  et  autres  biens  de  nostredit  oncle,  pour  yceulx 
biens  et  jovaulx  tourner.  emploier  et  convertir  ou  fait  de  ladicte 
execution;  et  par  rapportant  ces  presentes,  ou  vidimus  d'icelles, 
et  certiffication  desdiz  maistres  Estienne  de  Bray  et  Nicolas  tant 
seulement  d'avoir    bailie  ledit  livre  a  eulx,  nous  voulons  que 
d'icelui  vous  demorez  quicte  et  descharge  envers  nous  et  tous 
autres,  et  vous  en   quictons  et  deschargons  par  ces  presentes, 
par  lesquelles  nous  mandons   a  nosdiz  conseilliers  que,  oy   et 
affine  ledit  compte    dudit    Robinet.    icellui    livre    avec    Tarrest 
dudit  compte  renvoyent   feablement  cloz  et  seelle  soubz  leurs 
signez  en  ladicte  Chambre  des  comptes  a  Bourges,  et  pour  cause. 
Donne  a  Paris,  le  vni<=  jour  d'aoust.  Tan  de  grace  mil  quatre  cens 
et  seze  et  de  nostre  regne  le  xxxvi^. 

Parle  Roy,  a  la  relation  de  son  Grant  Conseil,  le  Roy  de  Secile 
et  pluseurs  autres  presens  :  Gontier. 


INVENTAIRE    DES    JOYAUX  [fol.    I.] 


INVENTAIRE  DES  JOYAUX  REMIS  A  LA  GARDE 
DE  ROBINET  D'ETAMPES. 


QUARTUS  COMPOTUS  ROBINETI  DE  STAMPIS,  CLSTODIS  JOCALIUM  DOMINI 
DUCIS  BITURICENSIS,  FINITUS  AD  ULTIMAM  JANUARII,  ANNO  M^  CCCC" 
DUODECIMO,  PER  MODUM  INVENTARII,  TRADITUS  CURIE  PER  DICTUM 
ROBINETUM     DE     STAMPIS     XXVIII    DIE    JULLII,  ANNO    M    CCCCO    Xllllto. 

Le  quatriesme  compte  de  Robinet  d'Estampes,  escuier, 
conseiller  et  garde  des  joyaulx  de  tres  hault  et  puissant 
prince  monseigneur  le  due  de  Berry  et  d'Auvergne,  conte 
de  Poictou,  d'Estampes,  de  Boulogne  et  d'Auvergne;  ou- 
quel  compte  sont  reprins  en  recepte  tous  les  joyaulx  et 
vaisselle  d'or  et  d'argent,  pierrerie,  livres  et  autres  choses 
quelxconques  dont  ledit  escuier  est  demoure  charge  par 
ses  comptes  precedens,  et  desqueilx  il  requiert  estre  acquit- 
tie  sur  iceulx  comptes  passez  et  ailleurs  ou  il  appartiendra, 
en  les  rendant  en  cestui  present  compte,  ouquel  sont  aussi 
contenuz  tous  les  autres  joyaulx,  vaisselle,  pierrerie,  livres 
et  autres  choses  qui  sont  avenues  a  mondit  Seigneur  de- 
puis  le  derrenier  jour  de  Janvier,  I'an  mil  quatre  cens  et 
unze  exclus,  que  le  precedent  compte  fenist,  jusques  au 
derrenier  jour  de  Janvier  ensuivant,  I'an  mil  quatre  cens  et 
douze  inclus,  dont  ledit  Robinet  d'Estampes  a  eu  congnois- 
sance. 


8  DECHARGE    A    ROBINET    D  ETAMPES 

Decharge  gcne'rale  donnee  a  Robinet  d'Etampes. 

Dominus  noster  Rex  per  suas  patentes  litteras,  datas  vma  au- 
gusti  M  cccc  xvito,  dedit  in  mandatis  magistro  Arnulpho  Belin, 
nuper  magistro  Camere  compotorum  Bitturicencis  defuncti  do- 
mini  ducis  Bitturicensis,  et  magistro  Matheo  Sarrebourse,  dicte 
Camere  compotorum  clerico,  quibus  post  decessum  ipsius  pre- 
sens  liber  seu  compotus  in  custodia  ct  deposito  fuerat  ex  parte 
domini  nostri  Regis  traditus,  quatinus  eumdemafferrent  Parisius, 
aut  apportari  facerent  sub  sigillis  suis  clausum,  et  ipsum  trade- 
rent  magistris  Nicolao  de  Pratis  et  Stephano  de  Bravo,  consilia- 
riis  suis  in  sua  compotorum  Camera,  et  executoribus  testamenti 
dicti  defuncti   domini   Ducis,   aut  tribus  ipsorum,  seu  ab  ipsis 
commissis  una  cum  dictis  magistris  Nicolao  et  Stephano,  pro 
audiendo    claudendoque    et    affinando    compotos    Robineti    de 
Stampis,  custodis  jocalium  ipsius  defuncti  domini  Ducis,  depu- 
tatis,  non  obstante   inhibitione  predictis  magistris  Arnulpho  et 
Matheo  de  non  tradendo  hunc  librum  seu  compotum   absque 
ipsius  domini  nostri  Regis  mandato  et  licencia;  quern  quidem  li- 
brum seu  compotum.  auditis  compotis  dicti  Robineti,  ordinavit 
per  predictos  suos  consilliarios  ad  dictam  Cameram  compoto- 
rum Bitturicensem  sub  sigillis  suis  clausum  remitti.  Quarum  lit- 
terarum  virtute  et  aliarum  litterarum  dicti  domini  nostri  Regis  de 
mandato  datarum  anno  et  die  predictis,  idem  Robinetus,  tam  de 
jocalibus  et  aliis  bonis,  de  quibus  in  hujusmodi  compoto  seu  libro 
oneratur,  que  idem  defunctus  dominus  Dux.  dum  viveret,  per  suas 
patentes  litteras  confessus  fuit  recepisse  aut  tradi  fecisse,  quam 
de  aliis  bonis  et  jocalibus,  per  eumdem  Robinetum  dictis  exe- 
cutoribus post  decessum  dicti  defuncti  domini  Ducis  redditis,  et 
per  inventarium  de  mandato  domini  nostri  Regis  factum,  tradi- 
tis,  de  quorum   traditione  per  dictum   inventarium   constitit  et 
constat,  exoneratur  et  acquittatur  prefatus  Robinetus.  prout  in- 
ferius  super  partes  dictorum  jocalium  et   bonorum  acquittatur 
latius.  arrestatur  dc    manu    alterius  dictorum   consilliariorum, 


DECHARGE    A    ROBINET    D  ETAMPES 


quarum  vero  litterarum  regiarum  tenores  in  primo  caterno  hujus 
compoti  seu  libri  sunt  inserti,  et  etiam  copia  predicti  inveu- 
tarii  sequitur  in  line  hujus  libri  seu  inventarii  (i). 


(i)  Le  nom  de  Robinet  d'Etampes  paraissant  a  toutes  les  pages  de  I'in- 
ventaire,  il  a  paru  necessaire  de  donner  ici  des  details  biographiques  sur 
un  personnage  qui  a  joue  un  role  considerable  aupres  du  due  de  Berry. 
comme  garde  et  depositaire  de  ses  precieuses  collections. 

Le  Pere  Anselme  (VII,  541)  a  consacre  a  Robinet  d'Etampes  quelques 
lignes  qu'il  convient  de  rappeler  :  «  Robert  d'Etampes,  seigneur  dc 
«  Sallebris,  de  Chaumasson  et  des  Roches,  conseiller  de  Jean  de  France, 
rt  due  de  Berry,  fut  cleve  dans  la  maison  et  aupres  de  ce  prince  qui  I'honora 
n  d'une  affection  toute  particuliere,  lui  confia  ses  picrreries  et  ses  tresors,  le 
(I  fit  capitaine  de  sa  grosse  tour  de  Bourges  et  le  nomma  un  des  executeurs 
f(  du  testament  qu'il  tit  a  I'hostel  de  Neesle  a  Paris,  en  1416.  II  etait  mort 
n  en  1442...  On  trouve  Robinet  d'Etampes  conseiller  du  Roy,  auquel  ce 
«  prince  fit  donner,  le  18  juin  1428,  par  Guillaume  Charrier,  receveur 
«  general  de  ses  finances,  1000  livres  monnoie  courante  pour  le  recom- 
«  penser  d'une  riche  chambre  de  haute  lice  de  la  valeur  de  600  ecus,  qu'il 
«  luy  bailla  et  delivra  liberalement  a  sa  premiere  venue  en  la  ville  de 
«  Bourges.  »  —  Charles  VII  lui  fait  encore  remettre,  en  1432,  six  vingt  ecus 
d'or  pour  lui  aider  a  acheter  un  bon  cheval. 

Les  comptes  originaux  du  due  de  Berry  encore  existants  nous  apprennent 
qu'une  pension  annuelle  de  3oo  livres  etait  attachee  au  titre  de  garde  des 
joyaux  du  due.  (Arch,  nat.,  KK  25o,  fol.  14,  compte  de  1413-14).  Le  6  de- 
cembre  141 3,  Robinet  d'Etampes  revolt  2000  ecus  d'or,  somme  enorme  pour 
I'epoque,  «  en  recompensation  des  grosses  pertes  et  dommaiges  qu'il  a 
«  faictes  durant  les  divisions  et  guerres  qui  nagaire  ont  este  en  ce  royaume 
«  et  pour  lui  aider  a  ediffier  au  pays  de  Berry.  »  (Ibid.  fol.  29).  Dans  le  cou- 
rant  de  la  meme  annee,  d'autres  dons  importants  prouvent  la  faveur  dont 
il  jouit  a  la  cour  de  Bourges.  C'est  une  houppelande  de  drap  violet  cramoisi 
de  Lucques,  valant  12  ecus  I'aunc  donnee  a  la  Noel  (fol.  47);  quatre  cents 
martres  de  Prusse  pour  fourrer  une  autre  houppelande  de  drap  de  damas 
violet,  estimees  225  francs  (fol.  56  V);  un  cheval  de  poil  noir  valant 
1 35  livres  (fol  58  v°);  enfin  5o  ecus  pour  remboursement  des  frais  de 
transport,  de  Bourges  a  Besan(;:on,  de  joyaux  offerts  au  due  de  Clarence 
(fol.  63). 

On  rencontre  en  outre  dans  la  maison  du  due  de  Berry  un  Louis 
d'Etampes,  clerc  des  joyaux  et  valet  de  chambre  du  prince,  et  un  Jehan 
d'Etampes  qui  prend  le  titre  de  secretaire  du  due  (Arch,  nat.,  KK  25o, 
fol.  46).  Nous  ignorons  si  ces  derniers  etaient  parents  de  Robinet  d'Etam- 
pes. Mais  il  ne  faut  pas  oublier  a  cette  occasion  que  le  due  de  Berry  avait 
acquis,  des  i386  ou  1387,  le  comtc  d'Etampes. 


•10  CROIX    DES    INVENTAIPES     Tol.    I    VO 


JOYAULX  POUR  CHAPELLE 


CROIX,    TANT    D  OR    ET     D  ARGENT    COMME    AUTREMENT, 
DES    INVENTOIRES 

1.  Et  premierement,  une  petite  croix  d'argent  ou  il  a  un  dou- 
blet (i)  au  milieu  ei  menue  pierrerie  de  voire;  contenue  en  la 
iiii*  partie  du  iiii''^  i«  fueillet  du  livre  des  comptes  precedens. 

De  ista  parte  dictus  Robinetus  acquictatur,  quia  reddita  fuit  Bitturicis  exe- 
cutoribus  testamenti  (2)  domini  Ducis,  j  pro  convertendo  in  facto  dicte 
executionis. 

[B,  n"  ySo.  —  S  G,  n"  1200;  non  prisee]. 

2.  Item,  une  autre  bien  petite  croix  d'argent  dore  ou  il  a  un 
crucefix,  Nostre  Dame  et  saint  Jehan  aux  deux  costez,  et  aux  trois 
bouz  de  la  croix,  en  chascun,  une  perle  pesant  in  onces  x  ester- 
lins  (3);  contenue  ou  iiii^^  11^  fueillet  dudit  livre  en  la  iiii^  partie. 


(i)  D"apres  iS'icot,  un  doublet  serait  une  pierre  fausse,  soit  en  cristal  colore, 
soit  formee  d'un  paillon  ou  d'une  couche  de  peinture  entre  deux  verres. 
Cette  definition  conviendrait  bien  au  present  article. 

(2)  Le  testament  du  due  de  Berry  dont  le  texte  est  transcrit  dans  le  manus- 
crit  de  Sainte  Genevieve  donne  les  noms  des  executeurs  testamentaires.  Ce 
sont  le  due  de  Bourbonnais,  le  comte  d'Eu,  le  comte  d'Armagnac,  conne- 
table  de  France,  Tarchevcque  de  Bourges,  chancelier  du  due,  et  ses  con- 
seillers  I'eveque  de  Clermont,  Teveque  de  Paris,  M'  Arnoul  Belin,  tresorier 
de  la  Sainte  Chapelle  de  Bourges,  Robinet  d'Etampes,  Seigneur  de  Salbris, 
et  le  confesseur  du  due  au  jour  de  son  deces.  Le  roi  de  Sicile  leur  fut  pos- 
terieurement  adjoint.  On  a  vu  par  les  lettres  de  Charles  VII  en  date  du 
8  aout  1416,  reproduites  ci-dessus,  que  le  roi  avait  designe  deux  conseillers 
de  la  Chambre  des  comptes,  Etienne  de  Bray  et  Nicolas  des  Prez  pour  pren- 
dre part  aux  operations  des  executeurs  testamentaires. 

(3)  La  livre,  ancienne  unite  de  poids  qui  correspond  a  5oo  ou  plus  exac- 
tement  552  grammes,  se  divisait  en  16  onces  (a  Paris)  ou  en  12  onccs 
(a  Lyon  et  dans  le  midi  de  la  France).  Le  marc,  mesure  specialement  reservee 
aux  matieres  d'or  et  d'argent  equivalait  a  huit  onces  ou  a  une  demi  livre. 
A  la  fin  du  regne  de  Charles  VII,  le  marc  d'or  valait  cent  livres,  et  le  marc 
d'argent  huit  livres  quinze  sols  (Littre).  L'once  etait  divisee  par  les  orfevres 


CROIX    nES    INVENTAFRES     fol.   2  II 

K.  —  Dicta  crux  data  fuit  per  Dominum  Matheo  Sarrebourse  (i),  ejus  cle- 
rico,  [ut]  constat  per  mandatum  suum  super  secunda  parte  xliiii*' folii  hujus 
compoti  traditum;  virtute  cujus  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de  eadem. 

[B,  n"  739]. 

3.  Item,  une  belle  croix  d'ivoire,  oii  il  a  un  crucetix,  Nostra 
Dame  et  saint  Jehan  aux  deux  costez,  et  deux  angels  dessus,  te- 
nant le  soleil  et  la  lune ;  et  dessus  la  teste  du  crucefix  un  angel 
tenant  un  roolet,  et  aux  iiii  bouz  de  ladicte  croix  les  iiii  euvan- 
gelistes;  laquelle  siet  sur  un  pie  d'ivoire  fait  de  ma^onnerie  gar- 
nie  de  pluseurs  ymaiges,  non  poisee;  contenue  en  la  viii=  partie 
dudit  iiii^x  11=  fueillet. 

Ista  crux,  de  ordinacione  dominorum  executorum  et  comissi  ex  parte  do- 
mini  Regis  apud  Bitturicas,  remansit  ibidem  in  capelia  domini-Ducis.  Et  idee 
acquittatur  hiq.  dictus  Robinetus. 

[B,  n°  753.  —  S  G,  n°  1201  ;  non  prise]. 

4.  Item,  une  petite  croix  d'argent  dore  ou  il  a  un  crucefix,  et  est 
garnie  de  faulse  pierrerie ;  contenue  en  la  n=  partie  du  xlvii^  fueil- 
let dudit  livre. 

Ista  crux  reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  d'Estampes  executo- 
ribus  testamenti  defFuncti  domini  Ducis,  virtute  litterarum  domini  Regis  su- 
perius  transcriptarum  cum  omnibus  aliis  partibus  in  presenti  inventario  con- 
tentis,  exceptis  illis  de  quibus  alias  iste  Robinetus  in  Camera  compotorum 
dicti  domini  Ducis  in  Bitturicis  fuit  exoneratus;  pro  ipsis  convertendis  in 
facto  dicte  execucionis.  Et  sic  dictus  Robinetus  acquittatur  hie. 

[B,  n"  387.  —  S  G,  n»  828;  prise  x  sous  t.] 
5.  Item,  une  autre  petite  croix  d'argent  dore  oil  il  a  un  crucefix 


en  vingt  esterlins,  chaque  esterlin  en  deux  mailles,  chaque  maille  en  deux 
felins  et  chaque  felin  en  sept  grains  et  un  cinquieme. 

D'apres  ces  evaluations,  la  livre  valant  552  grammes,  I'once,  seizieme 
partie  de  la  livre  equivaudrait  a  34  gr.  8  dec,  et  I'esterlin  a  i  gr.  7  dec,  et 
ainsi  de  suite.  Mais  ces  rapports  entre  les  anciennes  mesures  et  les  nou- 
velles  sont  sujets  a  contestation,  en  raison  de  la  variete  extreme  des  mesures 
suivant  les  temps  et  les  lieux. 

(i)  Mathieu  Sarrebourse,  secretaire  et  Fun  des  clercs  des  comptes  du  due 
de  Berry,  aux  gages  de  20  sous  tournois  par  jour  (Arch,  nat.,  KK  20,  fol  25o), 
etait  de  la  part  de  son  maitre  I'objet  de  frequentes  liberalites.  Tantot,  c'est 
une  robe  a  I'occasion  de  la  Toussaint  (fol.  21);  tantot  le  don  de  32  liv. 
1 5  sols  pour  acheter  un  cheval  (fol.  3i);  tantot  une  gratification  de 
100  livres  (fol.  32);  tantot  des  fouriures  pour  garnir  la  robe  de  sa 
femme. 


12  CROIT    DES    INVENTAIRES    ffol.    2) 

d'argent.  garnie  de  chaitive  pierrerie,  non  pesee ;  ainsi  declaree  en 
la  ix=  partie  du  Lxviiie  fueillet  dudit  livre. 

Acquittatur  hie  iste  Robinetus  de  ista  cruce  causa  in  margine  supra. 

[B,  n"  638.  —  S  G,  n°  202 ;  non  prisee]. 


CROIX  TANT    d'oR  ET  d'aRGENT,   COMME  AUTI^EMENT, 
ACHATEES  PAR    MONSEIGNEUR. 

6.  Item,  une  croix  de  pierre  serpentine,  non  garnie,  laquelle 
Monseigneur  achata  ja  pieca;  ainsi  declairee  en  la  premiere  par- 
tie  du  11'-^  Lv=  fueillet  dudit  livre. 

Reddita  fuit  executoribus  Parisius,  pro   convertendo  in  facto  dicte  execu- 
cionis,  ut  supra.  Et  ideo  acquictatur  hie  dictus  Robinetus  de  eadem. 

[S  G,  n°  829;  prisee  v  sous  t.] 

7.  Item,  une  petite  croix  d'or,  d'ancienne  facjon,  nommee  la 

croix  au  serpent,  ouvree  a  jour,  en  laquelle  a  par  devant  un  cru- 

cefix,  et  derriere  un  ymaige  de  Nostre  Dame  qui  a  les  mains 

joinctes,  estant  sur  un  croissant,  tout  de  haute  taille;  et  au  des- 

sus  du  crucefix,  ou  hault  de  la  croix,  a  i  saphir,  iii  balez  et  vi  per- 

les  a  jour,  et  en  chascun  bout  de  braz  qui  va  au  travers  de  la- 

ditte  croix  a  ung  balay  a  jour  et  in  perles,  et  au  bout  d'embas 

d'icelle  croix   a  un  long  clou  de  fer  oil  il    a  dessus  une   perle; 

et    siet   ladicte    croix    sur    un  pie    d'or    esmaillie    en    maniere 

d'une  roche  ou  il  a  par  dessus  un  lezart  d'or  de  haute  maille 

[taille];  et  a  Tentour  dudit  pie  a  escript  :  Michi  absit  gloriari 

nisi  in  cruce  domini  nostri  Jhesu  Christi;  et  siet  sur  iiii  lezars 

d'or;  contenue  en  la  premiere  partie  du  vi"^  x^  fueillet  du  livre 

desdits  comptes. 

Reddita  fuit  Parisius  executoribus,  prout  supra.  Et  sic  acquittatur  dictus 
Robinetus,  ut  supra. 

[S  G,  n"  1 43 ;  prisee  xiir  L  liv.  1. 1 

8.  Item,  une  croix  de  jaspre  garnie  d'or  en  laquelle  a,  ou  mi- 
lieu d'un  des  costez,  un  crucefix  d'or,  et  aux  quatre  bouz  iiii  es- 
maulx  d'or  ou  sont  les  iiii  euvangelistes.  esmaillies  aux  armes 


CROIX   ACHETEES    PAR    MONSElGNEUR    (fol.   3|  I  3 

d'Estampes  (i);  de  I'autre  coste  a  ou  milieu  un  autre  ymaige 
d'or  de  Nostre  Dame  tenant  son  enfant ;  et  aux  iiii  bouz  iiu  es- 
maulx  aux  armes  de  monseigneur  le  Due  (2);et  siet  ladicte 
croix  sur  un  pie  de  jaspre  fait  a  pans,  garni  d'or,  ouquel  sont 
entailldes  les  armes  de  mondit  seigneur  le  Due,  pardessoubz 
un  entablement  d'argent  dore  fait  a  pilliers,  entour  lequel  a 
plusieurs  esmaulx  en  fa(;on  de  lozanges  ausdictes  armes; 
laquelle  croix  est  plus  a  plain  declairee  en  la  derreniere 
partie  du  ni'-^  xlix'^  fueillet  du  livre  desdiz  comptes  precedens. 
Sur  le  pid  de  laquelle  croix  a  une  croix  du  fust  de  la  vraie  croix 
qui  a  esx6  prinse  d'un  portepaix  d'or  qui  fu  de  feu  Symonnet 
de  Dampmartin  (3),  declaire  en  la  premiere  partie  du  xii«  fueillet 

(i)Les  joy  aux  avec  les  armes  d'Etampes  sont  assez  communs  dans  I'in- 
ventaire  du  due  de  Berry.  L'explication  de  leur  presence  est  facile  k  donner. 
Louis  d'Evreux,  comte  d'Etampes,  tit  donation  entre  vits,  en  i38i,  du  comte- 
pairie  d'Etampes  a  Louis  I",  due  d'Anjou,  ne  se  reservant  que  I'usufruit. 
A  la  mort  du  due  d'Anjou,  sa  femme  et  ses  enfants  transporterent  leurs 
droits  sur  Etampes  a  Jean,  due  de  Berry,  en  echange  de  la  principaute  de 
Tarente.  A  son  tour,  Jean  substitua,  en  iSSy,  ses  droits  a  son  frere  le  due 
de  Bourgogne.  Aussi,  apres  la  mort  de  Louis  d'Evreux  (1400)  jusqu'au 
i5  avril  141 5,  le  due  de  Berry  fut-il  regarde  seulement  comme  usufruitier  du 
comte  d'Etampes.  II  semblerait  que  le  comte  d'Etampes  possedait  une  asse^ 
grande  quantite  d'objets  precieux;  c'est  peut-etre  ce  qui  avait  decide  le  due 
de  Berry  a  negocier  I'acquisition  de  ses  biens. 

(2)  Les  armes  du  due  de  Berry  etaient  de  France  a  la  bordure  engrelee  de 
gueules.  Voyez  les  sceaux  des  Archives  Nationales  (tome  I  de  I'lnvent., 
u"'  419  a  429),  et  le  P.  Anselme,  tome  III,  p.  208. 

(3)  Plusieurs  personnages  portant  le  nom  de  Dammartin,  (c'etait  peut-etre 
le  lieu  de  leur  naissance),  figurent  dans  I'lnventaire  ou  dans  les  comptes  du 
due  de  Berry.  L'article  14  fournit  une  indication  precieuse  sur  la  situation 
et  la  fortune  de  Bureau  de  Dammartin.  Un  marchand  qui  pretait  sur  gages 
la  somme  de  18000  livres,  occupait  certainement  une  haute  position  dans 
le  commerce  parisien;  aussi  parait-il  fort  probable  que  c'est  a  lui  que  fut 
infligee  une  amende  de  2000  francs,  en  1403,  pour  pret  usuraire  (Voy.  le 
Journal  de  Nicolas  de  Baye  tome  I,  yS-yS).  Le  meme  personnage,  a  qui  est 
donnee  cette  fois  la  qualite  de  tresorier  de  France,  est  charge  par  la  cour  de 
Parlement  de  prendre  en  depot  un  rubis  balai,  nomme  le  balai  David,  estime 
7000  ecus,  que  le  due  de  Berry  reclamait  a  un  certain  Adam  Dupuis  (Voy. 
Arch,  nat.,  KK  2  5o,  fol.  77  V).  Simonnet  de  Dammartin  nomme  dans  le 
meme  article  que  Bureau  pourrait  bien  etre  son  frere  et  son  parent.  Enfin 
le  compte  du  due  de  Berry  deja  cite  (KK  25o,  fol.  107  et  144)  nous  apprend 
I'existence  d'un  Geoffroy  de  Dammartin,  secretaire  du  due  qui  rei;oit 
de  son  maitre  en  1414,  un  don  de  200  livres  tournois,  «  en  recom- 
pensation   de  ses  services  et  des  pertes  qu'il    avait   subies  par   suite    des 


14  CROIX    ACHETEES    PAR    MONSEIGNEUR    (fol.    3) 

dudit  livre.  Pour  ce  icy  ladicie  croix  ainsi  faicteet  garnie  comme 

dit  est. 

Reddita  fuit  Parisius  executoribus,  pro  ipsa  convertenda  in  facto  exe- 
cucionis  dicti  domini  Ducis.  Et  sic  de  eadem  dictus  Robinetus  acquittatur. 

[S  G,  n"  1 195;  prisee  ladicte  croix  par  Albert  du  Molin  et  Julien  Simon, 
marchans  et  bourgoiz  dc  Paris,  expers  et  cognoissans  a  ce,  lesquelz  ont 
pese  ladicte  croix,  et  poise  ix  marcs  et  demi,  et  a  este  prisee  cl  liv.  t.] 

9.  Item,  une  croix  d'or  garnie  de  xxv  balais  (i)  et  de  xxiiii 
grosses  perles  a  jour,  laquelle  Monseigneur  achata  de  Micliaut 
de  Lalier  [i],  bourgeois  et  changeur  de  Paris,  le  xxir  jour 
d'aoust,  I'an  mil  quatre  cens  et  quatre,  pour  le  pris  et  somme 
de  11™  ii'"  liv.  t.;  dedens  laquelle  a  une  croix  a  double  croisde 
qui  est  du  fust  de  la  vraie  croix,  que  messire  Jehan  de  Chas- 
teaumorant  donna  a  Monseigneur  ou  mois  de  juing,  Pan  dessus- 
dit  mil  CCCC  et  1 1 II;  contenue  en  la  penultieme  partie  du 
vi'^^  x=  fueillet  dudit  livre. 

Reddita  fuit  Parisius  executoribus,  pro  ipsa  convertenda  in  facto  dicte 
execucionis.  Et  sic  acquittatur  hie  dictus  Robinetus,  prout  supra. 

9  bis.  Item,  un  pid  d'argent  dore  sur  quoy  siet  ladicte  croix; 

contenu  en  la  derreniere  partie  dudit  vi^'^  x'^  fueillet. 

Dictus  pes  redditus  fuit  Parisius,  ut  supra.  Et  ideo  acquittatur  hie  dictus 
Robinetus  de  eodem. 

[S  G,  n"  144;  prisez  ensemble  (la  croix  et  le  pie)  ii"  11'  l  liv.  t.] 

10.  Item,  une  petite  croix  d'or  en  laquelle  a  une  croix  du  fust 


dissensions  intestines  de  la  France.  »  Ce  meme  Geoffroy  avait  ete  place 
par  le  due  de  Berry  aupres  du  roi  Charles  VI.  Etait-ce  pour  le  proteger  ou 
le  surveiller?  Le  compte  sur  ne  s'explique  pas  ce  point  delicat. 

(i)  D'apres  M.  de  Laborde  {Glossaire  des  Emaiix)  on  aurait  distingue  au 
moyen  age  le  rubis  balais  du  rubis  d'Alexandrie,  d'apres  leur  nuance.  Le 
rubis  balai  serait  une  pierre  d'une  qualite  inferieure.  Douet  d'Arcq  {Comptes 
de  VArgeyiterie,  i85i,  p.  35o)  dit  que  le  rubis  balai  etait  d'un  ton  vermeil 
et  le  rubis  spinelle  couleur  de  feu.  Notre  inventaire  offre  une  des  plus  belles 
collections  de  rubis  qui  aient  ete  formees  au  moyen  age. 

(2)  Michel  de  Laillier,  concessionnaire  avec  Jean  Tarenne  ou  Taranne, 
des  trente-deux  loges  edifices  sur  le  pont  Saint-Michel  (Sauval,  t.  Ill,  p.  271), 
etait  un  personnage  d'importancc.  II  figure  parmi  les  executeurs  testamen- 
taires  de  Charles  VI  {Chronique  du  Religieux  dc  Saint-Denis,  x..  VI,  p.  497). 
Un  Michel  dc  Laillier  se  mit  a  la  tcte  du  mouvement  populaire  qui  favorisa 
I'entree  des  troupes  royales  a  Paris  en  1436,  et  fut  nomme  prevot  des  mar- 
chands,  des  le  14  avril  de  la  meme  annee,  par  le  connetable  de  Richemont. 


CROIX    ACHETEES    PAR    MONSEIGNEUR    (fol.    3    vo)  I  5 

de  la  vraie  croix,  couverte  d'une  croix  de  cristal,  ou  milieu  de 
laquelle  a  un  gros  balay  en  fai^on  de  targe  ( i )  qui  est  de  la  pierrerie 
d'un  fermail  d'or  en  fa^on  de  couronne  a  plain  declaire  en  la 
1111'=  partie  du  iii^'  ii'^  fueillet  du  livre  des  comptes  precedans;  et 
en  chascun  des  iiii  bouz  de  ladicte  croix  a  une  grant  esmeraude 
dont  les  iii  sont  quarrees;  et  les  achata  Monseigneur  de  Jehan 
Sac,  (2)  marchant,  ou  mois  de  decembre.  Fan  mil  CCCG  et  V, 
chascune  i^"  escuz;  et  Tautre  est  en  facon  d'une  lozange,  et  la 
donna  monseigneur  de  Bourgoigne  a  Monseigneur  en  un  fer- 
mail en  fa^on  d'un  rabot  (3),  le  vf  jour  de  may  Tan  M  CCCG  VI. 
Et  siet  ladicte  croix  sur  un  pie  d'argent  dore;  laquelle  croix 
et  pie  sont  plus  a  plain  declairez  en  la  ni^  et  derreniere  partie 
du  u"-'  Inii'  fueillet  du  livre  desdiz  comptes  precedens.  Pour  ce 
icy  ladicte  croix  ainsi  faicte  et  garnie,  comme  dit  est. 

Dicta  crux  reJdita  fuit  Parisius,  ut  supra.  Et  ideo  acquittatur  hie  iste  Ro- 
binetus. 

[S  G,  n"  571 ;  prisee  par  Albert  du  Molin  et  Julien  Simon,  et  I'ont  poisee, 
et  Tor  d'icelle  poise  avec  le  cristal  et  pierrerie  mi  marcs  xv  esterJins,  et  le 
pie  qui  est  d'argent  dore  poise  iiii  marcs  vn  onces  xv  esterlins;  et  prise 
tout  ensemble  xii"  escuz  d'or,  valent  xiii"  liv.  t.] 


(1)  La  targe  etait  un  bouclier  carre  et  recourbe,  comme  une  section  de 
cylindre.  Voy.  au  n"  4o3  une  emeraude  sur  fafon  de  targe. 

(2)  Le  testament  de  Nicolas  Pigasse  public  par  M.  Tuetey  dans  son  Clioix 
de  testaments  enregistre's  an  Parlement  de  Paris  (page  442)  nous 
apprend  que  Jean  Sac  avait  deux  freres,  Barthelemy  et  Jacques,  comme 
lui  originaires  de  Genes  et  etablis  a  Paris.  Tons  trois  figurent  parmi.  les 
executeurs  testamentaires  de  leur  compatriote  Pigasse.  Un  Jean  Sac,  con- 
seiller  de  Charles  VI,  re^oit  du  roi  le  don  d'une  maison  venant  de  P.  de 
I'Esclat  (Cf.  Longnon,  Paris  pendant  la  domination  anglaise.)  Mais  ce 
dernier  est-il  le  meme  individu  que  le  marchand  genois  du  due  de  Berry? 

(3)  On  trouve  une  description  de  ce  curieux  joyau  bien  plus  detaillee  dans 
les  comptes  des  dues  de  Bourgogne  donnes  partiellement  par  M.  Ernest  Petit 
a  la  suite  de  leurs  itineraires.  L'article  de  ce  compte  (page  585)  merite  d'etre 
reproduit  ici  :  «  Le  1"  de  may  le  due  de  Bourgogne  tit  don  au  due  de  Berry 
«  d'un  grand  rabot  au  vif  assis  sur  un  grand  ais,  et  dedans  la  vuidange 
rt  d'icelui  ou  est  le  sciseau  il  a  de  la  raboture,  ledit  rabot  garny  d'^une 
«  grosse  perle  et  d'une  belle  emeraude  fa^onnee  en  losange,  auquel  rabot 
«  pend  un  gros  diamant  pose  sur  un  anneau,  et  au  coing  du  rabeau  il  y  a 
«  un  diamant  fait  en  escusson.  Le  due  en  donna  un  pareil  au  due  d'Or- 
«  leans  le  6  de  may   1406,  qu'il  disna  avec  lui.  » 

Le  Dictionnaire  arche'ologiquc  de  V.  Gay  contient  plusieurs  dessins  de 
ferrnails  a  couronne  employes  comme  agrafes  de  chapes  ou  de  manteaux. 


1 6  CROIX    UONNEES    A    MONSEIGNEL'R      tol.    4; 

II.  Item,  ung  pie  d'argent  dore,  sur  quoy  sieoit  une  petite 
croix  d'or,  nommee  la  petite  croix  aux  esmeraudes,  declaree  en 
la  derreniere  partie  du  vi'^'^  xi'=  fueillet  des  comptes  precedens, 
lequel  pie  est  fait  en  maniere  de  tabernacle,  ou  il  a  un  petit 
ymage  de  Nostre  Dame  de  taille ;  et  au  dessoubz,  par  devant,  a  un 
ymage  de  saint  Jehan  Baptiste  tenant  un  Agnus  Dei,  et  darrieres 
saint  Andrieu,  et  entour  les  armes  de  Monseigneur  d'enle- 
veure  (i);  lequel  pie  Jehan  Chenu,  orfevre  de  mondit  seigneur. 
a  fait;  et  est  contenu  en  la  premiere  partie  du  vi^^  xiF  fueillet 

dudit  livre. 

Dictus  pes  redditus  fuit  Parisius  executoribus  testamenti  dicti  domini 
Ducis;  convertendum  in  facto  sui  execucionis.  Et  sic  dictus  Robinetus  hie 
acquittatur. 

[S  G,  n"  r3oi;  lequel  pie  Ten  dit  avoir  este  prise  avec  une  petite  croix 
d'or  prisee  xii'  escuz,  dont  ledit  commis  fait  recepte  ci-devant.] 


CROIX,    TANT    D  OR    ET    IJ  ARGENT    COMME    AUTREMENT.  DONNEES 
A    MONDIT    SEIGNEUR. 

12.  Item,  une  petite  croix  d'or  garnie  de  quatre  camahieus  (2) 
aux  111!  bouz,  un  camahieu  ou  milieu,  de  v  saphirs  et  vui  perles 
pendant  a  une  petite  chaiennette  d'or  ;  et  darriere  a  un  lieu  pour 
mettre  une  croix;  laquelle  croix  ainsi  garnie  madame  la  Du- 
chesse  (3)  donna  a  Monseigneur  aux  estraines,  le  premier  jour 


(i)  Sur  les  metaux  I'enleveure  est  un  relief  obtenu  par  la  fonte,  le  repousse 
ou  I'estampage.  Quand  il  s'agit  d'autres  matieres,  ce  terme  signifie  une 
sculpture  proprenient  dite  ou  une  application.  Voy.  ci-apres  n"'  60  (Annon- 
ciation  d'enleveure),  66  el  626  (feuillages  d'enleveure). 

(2)  Le  mot  camahieu  parait  indistinctement  applique  a  cette  epoque  aux 
camees  sur  pierre  dure  et  aux  intailles  (Voyez  les  nombreux  exemples  cites 
par  L.  de  Laborde  et  V.  Gay).  On  pent  admettre  que  ce  terme  comprenait 
aussi  bien  les  pierres  a  plusieurs  couches,  onyx  ou  sardonyx  gravees  en  bas- 
relief  (camee),  qu'aux  cornalines,  grenats,  ou  autres  pierres  fines  gravees  en 
creux  (intailles).  Voyez  plus  bas  I'article  relatif  a  un  «  annel  d'or  ouquel  est 
le  visage  de  Monseigneur  contrefait  en  une  pierre  de  camahieu »(n°' 606, 61 1). 

(3)  Le  due  Jean  de  Berry  epousa  en  premieres  noces,  le  24  juin  i36o,  — 
il  n'avait  pas  encore  vingt  ans,  —  Jeanne,  fiUe  de  Jean  I,  comte  d'Armagnac 
et  de  Beatrix  de  Clermont.  11  en  eut  cinq  enfants  :  Charles,  Jean,  Louis, 
Boune  (qui   epousa  Aime  VII    de    Savoie),  puis   Bernard  VII  d'Armagnac 


CROIX    BONNEES    A    MONSEIGNEUR    'fol.    4    V°)  17 

de    Janvier   Fan    mil    CCCC    et  VI 11,  et   est    la    iii^  partie    du 
ii'^  iiii'"'  xii=  fueillet  dudit  livre  desdiz  comptes. 
[S  G,  n"  145;  prise  vii"  liv.  t.] 

i3.  Item.  Line  grant  branche  de  corail  vermeil,  sur  laquelle  a 

un  crucetix  d'argent  dorc%  N<3stre  Dame  et  saint  Jehan  aux  cos- 

tez,  et  y  a  plusieurs  angels  tenant  bannieres  aux  armes  de  Mon- 

seigneur,  seant  sur  un  pie  d'argent  dore  ou  il  a  deux  escu^-ons 

aux  armes  de  Roddes  [i]  et  deux  autres  aux  armes  du  grant 

maistre  de  Roddes  qui  donna  ceste  croix,  ainsi   faicte  et  garnie 

comme  dit  est.  a  Monseigneur,  le  xxiF  jour  de  Janvier  Tan    mil 

CCCC  et  neuf;  contenue  en  la  if  partie  du  n'-'  nii^^  xin'^  fueillet 

dudit  livre. 

Iste  due  partes  accolate  [12,  i3]  reddite  fuerunt  Parisius  execulorihus 
testarnenti  domini  Ducis;  -j-  convertendum  in  facto  sui  execucionis.  Et  sic  ac- 
quittatur  dictus  Robinetus. 

fS  G,  n°  85o;  prise  xvni  liv.  t.] 


GRANS  JOYAULX  ET  TABERNACLES 


14.  Item,  un  grant  joyau  d'or,  de  trois  piez  et  demi  de  hault 
et  de  pie  et  demi  de  large,  ou  environ,  ouquel  joyau  a  tout  au- 
dessus  un  trosne  ou  il  a  le  Pere,  le  Filz  et  le  Saint-Esprit  tenant 
une  croix  garnie  de  quatre  grosses  perles  aux  quatre  bouz;  et 
en  la  poictrine  dudit  Pere  a  un  fermail  garni  d'un  ruby  et  de 
trois  perles;  et  autour  dudit  trosne  a  ix  fermaillez,  garni  chas- 
cun  fermaillet  d'un  gros  balay  et  de  x  grosses  perles,  qui  font 

et  enfin  Marie.  Devenu  veuf  le  i5  mars  iSSg,  le  due  de  Berry,  epousa, 
par  contrat  du  5  juin  suivant,  Jeanne,  fille  de  Jean  II,  comte  d'Auvergne  et 
de  Boulogne  et  d'Elconore  de  Cominges.  II  n'en  eut  pas  d'enfants.  Apres  la 
mort  du  due  de  Berry,  Jeanne  d'Auvergne  se  remaria,  le  ig  novembre  1416, 
avec  Georges,  seigneur  de  la  Tremouille,  et  mourut  sans  laisser  d'enfants, 
en  1423  ou  1424.  Le  due  de  Berry  lui  avait  assigne  pour  la  depense  de  sa 
maison,  par  lettres  du  12  octobre  1413,  la  somme  de  gSoo  francs  (Arch. 
Nat.,  KK25o,  fol.  16  v°). 

(i)  Les  armes  de  Rhodes  etaient  de  gueules  a  la  croix  pattee  d'argent. 


l8  GRAMbS  JOYAUX  Et    tabermacles    [fol.   5] 

iiii^^  X  perles;  et  darriere  ledit  trosne  a  un  grant  bassin  garni 
de  XII  gros  balaiz,  v  gros  saphirs  et  de  lxxii  grosses  perles,  et  y  a 
deux  angels  qui  tiennent  ledit  trosne ;  et  au  dessoubz  dudit  trosne 
a  un  gran  cristal  roont  ou  il  a  de  la  robe  Nostre  Seigneur,  garni 
de  II  balaiz,  ii  saphirs  etxii  perles;  et  dedens  ledit  tabernacle  qui 
est  fait  de  mai;onnerie,  a  une  Annunciation;  et,  d'un  coste,  un 
saint  Georges ;  et,  de  Tautre  coste,  un  saint  Michiel ;  et  issent  deux 
angels  dudit  tabernacle,  qui  tiennent  chascun  un  escu  en  maniere 
de  targe;  et  au  bout  d'embas  dudit  joyau  a  deux  ymaiges,  Tun  fait 
pour  monseigneur  le  Due,  et  Tautre  pour  madame  la  Du- 
chesse,  esmaillez  de  leurs  armes  (i).  Et  est  garni  ledit  joyau  de 
i.xiiii  balaiz,  que  grans  que  moiens  que  petis,  de  xlvii  saphirs, 
que  uns  que  autres,  de  ii  rubiz,  ii  dyamens  et  de  ii*-^  xxvi  perles, 
que  grosses  que  moiennes  que  petites.  Et  poise  ledit  joyau 
vi^^  IX  marcs  vii  onces  d'or  ou  environ.  Lequel  joyau  monsei- 
gneur le  Due  a  recouvre  de  Bureau  de  Dampmartin,  bourgois 
et  marchant  de  Paris,  auquel  il  I'avoit  bailie  en  gaiges  et  seurte 
de  la  somme  de  xviii'"  xxiii  livres  xix  sols  ix  deniers  t.,  en  quoy 
il  estoit  tenu  audit  Bureau,  comme  il  appert  par  la  correction 
faite  sur  la  partie  de  ce  mesmes  joyau  declaire  ou  vi^^  xrx  fueillet 
du  livre  des  comptes  precedens. 

De  isto  jocale,  virtute  mandati  domini  Ducis  dati  xxvi«  die  maii 
MCCCCXVI",  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de  vi'"  ix  marcis  vi  onciis 
auri,  quia  traditi  fuerunt  magistro  Matheo  Heron  (2),  videlicet  vi"  11  marci 
iiioncie  cumstellino  et  semi,et  residuum  cecidit  in  diminuatione;  pro  quibus 
VI"  II  marcis  in  onciis  cum  dicto  steliino  et  dimidio  dictus  magister  Matheus 
Heron  tradidit  litteram  suam  de  receptione  eorumdem,  datam  1111°  octobris 
MCCCCXV. 


(i)  Voyez  la  note  de  I'article  8,  pour  les  armes  du  due  de  Berry.  Jeanne 
d'Armagnac,  sa  premiere  femme,  cclie  dont  il  est  probablement  question 
ici,  portait  :  aux  i"  et  au  4°  d'argent  au  lion  de  gueules,  aux  2°  et  3°  de 
gueules  au  lion  leoparde  d'or,  pour  Rodez. 

(2)  Mathieu  ou  Mace  Heron  etait  conseiller  et  tresorier  general  du  due 
de  Berry  «  commis  au  gouvernement  de  toutes  finances  es  pays  de  Lan- 
guedoc  et  duche  de  Guyenne  »  (en  141 3).  11  re<;ut  directement  du  due  beau- 
coup  de  joyaux,  et  Robinet  d'Etampes  en  fut  decharge  sur  sa  declaration, 
comme  on  le  voit  ici.  Heron  devint,  apres  la  mort  de  son  maitre,  tresorier 
general  dc  France.  II  occupait  ce  poste  en  1423  et  mourut  avant  1426  (Voy. 
Longnon,  Paris  pendant  la  dominatioti  anglaisc,  p.  217). 


TABLEAUX    ET    RELIQl'AIRES    DES    INVENTAIRES  [fol.   5   V"]  1 9 

Caveatur  quod  dictus  Robinetus  respondeat  de  gemmis  pretiosis. 

Dicte  gemme  integre  redduntur  executoribus  per  dictum  Robinetum  in 
diversis  modis  et  partibus,  tarn  in  natura  quam  pro  donis  factis  pluribus 
personis  per  dictum  dominum  Ducem,  ut  plenius  constat  per  inventarium 
sequentem,  ubi  partes  et  litlere  redduntur  ut  ibi. 


TABLEAUX,    RELIQUIERES    ET    PETIZ    JOYAUX,    TANT    D  OR    ET    D  ARGENT 
COMME    AUTREMENT,    DES    INVENTOIRES. 

i5.  Item,  uns  tableaux  de  bois,  ou  il  a  Line  Pitie  d'une  part, 
et,  de  Tautre  part,  un  ymaige  de  Nostre  Dame  tenant  son  en- 
fant, et  son  faiz  de  noir  et  de  blanc;  ainsi  declairez  en  la  ii<=  par- 
tie  du  xvin"-"  fueillet  du  livre  des  comptes  precedens. 
[B,  n"  53.  —  S  G,  n"  14G  ;  prise  l  sous  t.] 

16.  Item,  un  tableau  de  bois  bien  ancien,  oil  il  a  un  ymaige 
de  Nostre  Dame  et  entour  un  Dieu  et  plusieurs  demis  ymaiges 
d'appostres  d'argent  dorez,  et  par  darriere  sont  hachees  (i)  les 
armes  de  Monseigneur,  pesant  tout  avec  Line  courtine  de  bro- 
deure  vii  marcs  ii  onces  x  esterlins ;  contenu  en  la  vii'^  partie 
du  xxxi^  fueillet  dudit  livre. 

Isti  tabular  iredditi  fuerunt  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum; 
convertendum  in  facto  execucionis  dicti  domini  Ducis  j.  Et  ideo  acquittatur 
hie. 

[S  G,  n"  572  ;  prise  xlv  liv.  t.] 

17.  Item,  un  reliquiere  d'or  en  fai;on  d'une  tour,  que  le  Roy 
des  Romains  (2)  donna  a  Monseigneur,  ouquel  a  plusieurs  reli- 
qLies  envelopees  en  cendal  [3)  vermeil  contenues  dedens  Lin  cris- 

(i)  Travail  consistant  en  traits  creux,  simples  ou  croises,  execute  par  des 
ouvriers  speciaux  nommes  hacheurs.  De  la  vient  le  terme  de  hachures 
applique  au  dessin.  Voyez  plus  loin  :  bassins  hachies  a  feuillages  et  a  ours 
(n-  706); ...  hachie  de  lettres  grccques  (n°'  746,  747);  dragouer  hachie  a 
paons  (n"  1 124),  etc. 

(2)  Sigismond,  elu  empereur  en  1410,  roi  de  Hongrie,  puis  roi  des 
Romains,  fit  une  entree  solennelle  a  Paris,  le  i"  mars  1416  (Voy.  Douet 
d'Arcq  :  Choix  de  pieces  inedites  relatives  au  rcgne  de  Charles  VI,  t.  i, 
p.  382).  II  mourut  le  g  decembre  1437. 

(3)  Le  cendal  etait  une  etoffe  de  sole  ou  de  bourre  de  soie  tres  legere, 
employee  surtout   pour   les  doublures.   Elle   servait  aussi,  avec  le  samit,  a 


20  Tableaux  et  relIquairES  des  in'VEn'taires  [t'ol.  6] 

tal;  ouquel  reliquiere  a  deux  balaiz,  deux  saphirs  et  viii  perles, 
et  dessus  en  maniere  d'un  fretelet  (i)  un  balay  et  viii  perles; 
pesant  i  marc  vii  est.  obole.  Contenu  en  la  xi'^  partie  du  xxxhf 
fueillet  du  livre  dessus  dit. 

K.  —  Constat  per  mandatum  datum  super  ultima  parte  clxiiu''  t'olii  hu- 
jus  compoti  redditum,  quod  reliquie  que  erant  in  presenti  reliquiari  fue- 
runt  ab  eodem  amote  et  posite  in  alio  reliquiari,  sive  vase  cristalli,  ar- 
gento  munito,  in  quo  erat  una  pecia  unius  de  costis  sancte  Katherine. 
Que  quidem  pecia  etiam  fuit  a  dicto  vase  cristalli  amota  et  postmodum  in 
presenti  reliquiari  posita  et  cum  dicto  present!  reliquiari  missa  et  data 
Regine  Yspanie  (2),  et  ideo  acquictatur  hie  dictus  Robinetus  de  dicto  reliquiari 
ac  etiam  de  dictis  reliquiis,  eo  quia  de  ipsis  oneratur  inferius  super  ter- 
tia  parte  xxvi"  folii  presentis  compoti. 

[B,  n»  244.] 

18.  Item,  un  autre  petit  reliquiere  d'or  en  maniere  d'une  tour, 
dedens  lequel  a  un  petit  ymaige  de  Nostre  Dame  d'or,  garni  en 
Tentour    de  petites   perles,    et   y    fault    le   fretelet;  non  poisie. 

[B,  n"  662  —  S  G,  n°  147  ;  prise  xi  liv.  t.] 

19.  Item,  uns  petis  tableaux  d'argent  dore  a  pignon,  ou  il  a 
par  dedens  un  Crucifiement  et  un  Sepulchre,  par  dehors  une 
Annunciacion  d'esmail;  non  poisie. 

Iste  due  partes  accolate  [18,  19],  reddite  fuerunt  Parisiiis  per  dictum  Ro- 
binetum  executoribus;  convertendum  ut  supra.  Et  sic  acquittatur  hie. 

Ilz  sont  contenus  en  la  derreniere  et  premiere  parties  du  Ixxii"  et  Ixxiii' 
fueillez  dudit  livrc. 

[B,  n°  663  —  S  G,  n°  148  ;  prise  xx  sous  t.] 

20.  Item,  un  petit  reliquiere  d'or,  ou  il  a  une  des  dens  de  I'en- 
fance  Nostre  Dame,  garni  d'un  saphir  longuet  percie,  v  grosses 
perles,  vi  rubiz,  vi  dyamens  poinctus  et  de  xxiui  perles  moien- 
nes;  lequel  reliquiere  estoit  d'un  ymaige  d'or  de  Nostre  Dame 


fabriquer  les  etendarts  et  les  V(^tements.  On  la  tirait  d'Orient  ou  d'ltalie; 
elle  etait  ordinairement  teinte  en  rouge  (Voy.  F.  Michel  :  Recherches  sitr  le 
commerce  des  etoffes  d'or  et  d'argent,  tome  i,  p.  198-221). 

(i)  Le  fretelet,  fruitelet  ou  fritelet,  etait  un  ornement  en  forme  de  bouton, 
de  fleuron  ou  de  fruit  surmontant  le  couvercle  des  vases,  le  pignon  des  chas- 
ses   ou  le  sommet  d'un  objet  quelconque.  (Voy.  L.  de  Laborde  et  V.  Gay.) 

(2)  Catherine,  fille  du  due  de  Lancastre,  et  femme  de  Henri  III,  dit  le 
Malade,  roi  de  Castille  de  i  Sgo  a  1406.  Par  sa  mere  Constance,  elle  etait 
petite-fiUe  de  Pierre  le  Cruel,  et  fut  regente,  apres  la  mort  de  son  mari, 
jusqu'a  sa  mort  survenuc  en  1418. 


TABLEAUX    ET    RELIQUAIRES    DES    INVENTAIRES    [fol.   6  V]  2  1 

qui  a  este  despecie,   dont  mencion  est  faicte  en  la  iii=  partie  du 
x=  fueillet  du  Hvre  des  comptes  precedens. 

K. —  Constat  per  mandatum  datum  super  primo  articulo  n''''  pagine 
Lii'''  folii  hujus  libri,  quod  dominus  Dux  dedit  in  uno  magno  tabulo  auri 
dictam  dentem  infancie  Virginis  Marie  Ecclesie  Parisiensi.  Et  ideo  acquit- 
tatur  hie  de  eodem  dictus  Robinetus. 

Et  dictum  reliquiare  redditum  fuit  Parisius  execuloribus,  ut  superius.  Et 
ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus. 

[B,  n°  3  donne  de  cet  article  une  description  plus  dclailiee  qu'on  trouvcra 
ci-apres.] 

21.  Item,  un  autre  petit  reliquiere  de  crista!  garni  d'or,  sans 
pierrerie,  lequel  estoit  d'un  ymaige  d'or  de  Nostre  Dame  qui  a 
este  despecee;  dont  mencion  est  faicte  en  la  iiii^  partie  du 
xiiii^  fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  n°  149  ;  prise  xxiii  liv.  t.] 

22.  Item,  une  palme  d'or  seant  sur  un  cristal  en  maniere  de 
reliquiere,  sans  pierrerie,  lequel  estoit  d'un  ymaige  d'or  de  saint 
Jehan  Euvangeliste,  dont  mencion  est  faicte  en  la  v^  partie  du 
xnn*^  feuillet  dessusdit. 

[S  G,  n°  i5o.] 

23.  Item,  un  autre  reliquiere  de  cristal  garni  d'or,  sans  pierre- 
rie, qui  estoit  d'un  ymaige  d'or  de  saint  Pierre;  dont  mencion 
est  faicte  en  la  iii'-'  partie  du  xv^  fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  n°  i5i ;  prise  xxx  liv.  t.] 

24.  Item,  un  petit  tabernacle  de  maconnerie  d'argent  dore,  oil 
il  a  une  Annunciacion  et  pluseurs  ymaiges  esmaillez,  seant  sur 
nil  petitz  leoneaux,  pesant  ii  marcs  n  onces.  Contenu  en  la 
v«  partie  du  lxxiii<^  fueillet  dudit  livre. 

Iste  nil"  partes  accolate  [21  a  24]  redduntur  Parisius  execucioni  dicti 
domini  Ducis;  convertendum  in  facto  sui  execucionis.  Et  sic  acquictatur  hie 
dictus  Robinetus. 

[B,  n°  667.  —  S  G,  n">  i52.] 

25.  Item,  deux  tableaux  de  bois  ou  est  I'imaige  de  la  Vero- 
nique.  Contenus  en  la  vi<^  partie   du  nii^^  ye  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n"  772.  —  S  G,  n°  i53  ;  prise  xxv  sous  t.] 

26.  Item,  ungs  petis  tableaux  d'argent  dorez,  garni  I'un  dcs  cos- 
tez  de  voirre  bleu,  oil  il  a  par  dessoubz  le  Crucifiement  d'argent, 
Jehan  Baptiste  et  saint  Jehan  Euvangeliste,  et  de  I'autre  coste 


22  TABLEAUX    ET    RELIQUAIRES    DES    INVENTAIPES    [fol.   7] 

de  voirre  vermeil  ou  il  a  d^ssoubz  un  ymage  de  Nostre  Dame, 
saincte  Katherine  et  la  Magdelene;  pesant  avec  le  voirre  i  marc 
2  onces.  Ainsi  declarez  en  la  vii=  partie  dudit  iiii'^''  v«  fueillet. 

[B,  n°  773.  —  S  G,  n"  83i ;  prise  vii  liv.  t.] 

27.  Item,  un  petit  joyau  d'or,  ouquel  a  un  Dieu  issant  du  se- 
pulchre, fermant  a  deux  petitz  huissellez(i),esmaillie  par  dehors 
a  deux  ymaiges  de  saint  Pierre  et  de  saint  Pol,  et  darriere  a 
une  Annunciacion,  et  entour  v  grosses  perles  et  ix  petites; 
pesant  tout,  avec  le  laz  qui  y  pend,  i  once  i5  esterlins.  Ainsi 
declare  en  la  ii<=  partie  du  xlvi=  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n"  38 1.  —  S  G,  n°  i54;  prise  xvi  liv.  t.] 

28.  Item,  deux  autres  tableaux  garnis  d'argent,  en  Tun  des- 
quielx  a  un  Crucifiement,  et  en  I'autre  un  ymaige  de  Nostre 
Dame  tenant  son  enfant  en  son  giron;  esquielx  a  pluseurs  demiz 
ymaiges  d'appostres  de  pincture  et  de  pierrerie  de  petite  valeur ; 
pesant  tout  ensemble  ii  marcs  vii  onces  n  esterlins  obole. 

Istc  quatuor  partes  [2  5-28]  reddite    fucrunt  Parisius  per  dictum  Robine- 
tum  executoribus,  ut  supra.  Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus. 
[B,  n°  399.  —  S  G,  n"  832  ;  prise  xvi  liv.  t.] 

29.  Item,  un  autre  tableau  de  bois  d'ancienne  facon,  garni  les 
bouz  d'argent  sur  Fun  des  costez,  et  Tymaige  qui  est  oudit  ta- 
bleau est  fait  de  poins  de  marqueteure;  non  poisie. 

[B,  n°  400.  —  S  G,  I  55;  prise  iiii  liv.  t.] 

30.  Item,  un  autre  tableau  de  bois  oti  il  a  un  ymaige  fait  de 
marqueteure  (2),  et  entour  garni  d'argent  a  ouvraige  de  Damas  (3); 
non  poisie. 

(i)  Diminutif  de  huis:  petites  portes. 

(2)  La  marqueterie  etait  deja  tres  repandue  en  Italie  et  bien  connue  en 
France  a  cette  epoque.  Voyez  sur  la  proposition  faite  au  due  de  Berry, 
en  1408,  par  Pierre  Le  Fruitier,  dit  Salmon,  de  lui  envoyer  d'ltalie  un 
fameux  «  intarsia'tore  »,  I'article  de  M.  A.  de  Champeaux  publie  dans  la 
Gazette  des  Beaux-Arts  (2°  periode,  tome  xxxviii,  p.  409-415)  sous  le  titre  : 
Les  relations  du  due  de  Berry  avec  I'art  italien. 

(3)  Ce  terme  s'applique  a  des  objets  tres  divers,  tantot  a  des  metaux, 
tantot  a  des  verreries  ou  a  des  etoffes.  Mais  quand  il  s'agit,  commc  ici,  de 
matieres  d'or  ou  d'argent,  il  parait  designer  plus  specialement  un  travail  de 
damasquinure,  procede  qui  tire  son  nom  du  lieu  suppose  de  son  originc 
(Voy.  plus  loin  les  art.  225,  269,315,  744,  102  ij. 


TABLEAUX    ET    RELIQUAIRES    DES    INVENTAIRES    [fol.   7  V^]  2  3 

Iste  11"  partes  accolate  [29,  3o]  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robine- 
tum  executoribus;  convertendum  in  facto  execucionis  dicti  domini  Ducis.  Et 
ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus. 

[B,  n"  40 1 .  —  S  G,  n"  1 56 :  prise  Ix  sous  t.l 

3 1.  Item,  uns  autre  tableau  de  bois  ou  il  a  un  ymaige  de 
paincture  d'ancienne  facon,  et  est  ledit  tableau  d'un  des  costez 
couvert  de  fueilles  d'argent  dorees  ouvrees;  non  poisie. 

[B,  n"  402.] 

32.  Item,  uns  petis  tableaux  de  broderie,  ou  il  a  une  Pitie  de 

Nostre  Dame  tenant  son   enfant    ij  qui  s'entretiennent,  a  deux 

petites  charnieres;  non  poisie. 

Iste  partes  cum  iiu"''  aliis  partibus  immediate  sequentibus  [3i-36]  reddite 
fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus,  ul  supra.  Et  acquitta- 
tur hie  dictus  Robinetus. 

fB,  n°  403.  —  S  G,  n"  i  5y ;  prise  lx  sous  t.] 

33.  Item,  un  grant  tableau  de  bois,  ou  il  a  ou  milieu  un 
ymaige  de  Nostre  Dame  de  pourcelaine  12)  et  plusieurs  autres 
ymages  de  pourcellaine  autour  de  la  vie  Nostre  Seigneur  ct 
de  Nostre  Dame;  garni  d'un  des  costez  a  Tentour  d'argent  dore 
a  I'euvre  de  Damas;  non  poisie. 

[B,  n"  403.  —  S  G,  n"  833;  prise  xvi  iiv.  t.] 

34.  Item,  uns  tableau  de  bois  en  quatre  pieces,  ou  il  a  quatre 
demiz  ymaiges  de  paincture,  c'est  assavoir  une  Pitie  de  Nostre 
Seigneur,  un  ymaige  de  Nostre  Dame  et  deux  ymaiges  de  saint 
Pierre  et  de  saint  Pol;  non  poisez. 

[B,  n"  406.  —  S  G,  n"  i58;  prise  xiii  Iiv.  x  s.  t.] 

35.  Item,  un  autre  tableau  de  bois,  de  paincture,  oil  il  a  un 
ymaige  de  Nostre  Dame  tenant  son  enffant,  et  en  Tautre  main 
un   livre,  et  devant  ledit  ymaige,  a  Tun  des  costez,  est  le  Roy 

(i)  II  faut  peut-etre  lire  ici  «  une  Pitie  et  Notre  Dame  tenant  son  enfant  », 
le  tableau  formant  deux  compartiments  et  par  suite  deux  sujets. 

(2)  M.  L.  de  Laborde  dit  que  le  mot  pourcelaine  designe  presque  toujours, 
au  moyen  age,  la  nacre  tiree  de  diverses  coquilles  marines.  Cependant, 
il  semble  dispose  a  reconnaitre  que  la  porcelaine  de  Chine  avait  penetre 
dans  nos  pays  des  le  quinzieme  siecle.  L'explication  du  mot  porcelaine  qui 
prevaut  dans  le  Glossaire  des  Emaiix,  se  concilierait  malaisement  avcc 
certains  articles  de  notre  inventaire,  tels  que  plats  ou  ecuelles  de  pource- 
laine (n"  731,  83o). 


24  TABLEAUX    ET    RELIQUAIRES    DES    INVENTAIRES    [fol.    8] 

Jehan  et  Monseigneur  de  Berry  darrieres,  et,  de  Tautre  coste,  un 
evesque  tenant  sa  croce  et  un  livre  devant  lui;  non  poisie. 
[B,  n"  407.  —  S  G,  n"  S34;  prise  xm  liv.  x  s.  t.] 

36.  Item,  uns  tableaux  de  bois  a  pignons,  en  vii  pieces,  faiz  de 
paincture,  de  la  vie  monseigneur  saint  Lorens;  et  ou  tableau  du 
milieu  a  un  Cruciliement,  Nostre  Dame  et  saint  Jehan  aux  cos- 
tez;  non  poisez. 

[B,  n"  408.  —  S  G,  n'  S35;  prise  lvi  liv.  t.] 

37.  Item,  deux  petis  tableaux  d'ivoire,  en  deux  pieces,  ou  il  a 
deux  ymaiges  esmaillez,  Tun  de  saincteAnne  et  Tautre  de  saincte 
Katherine,  garniz  d'or  entour;  non  poisez. 

[B,  n°  409.  —  S  G,  n"  idq;  prise  xxiv  liv.  t.] 

38.  Item,  uns  autres  tableaux  de  bois  roons,  en  deux  pieces, 
en  Tune  desquelles  a  un  ymaige  de  Nostre  Dame  alettant  son 
enffant  et  deux  angels  aux  deux  costez,  et  en  Tautre  saint  Jehan 
euvangeliste  escripvant  en  un  roolleau  :  In  principio  etc.,  et  un 
aigle  (11  devant  lui  qui  lui  tient  son  escriptoire:  non  poisez. 

[B,  n"  41 1.  —  S  G,  n°  836;  prise  xlv  sous  t.] 

39.  Item,  uns  autres  tableaux  d'ivoire  roons,  en  deux  pieces, 
garniz  d'argent  a  Tenviron  ;  et  dedans  Tun  est  la  Pitie  de  Nostre 
Seigneur  et  deux  angels.  Tun  tenant  la  croix  et  Tautre  la  lance,  et 
en  I'autre  piece  Nostre  Dame  en  pleurs,  et  saint  Jehan  et  sainte 
Katherine  aux  deux  costez. 

Istc  tres  partes  accolute  [37  a  3f)]   rcdditc   t'ucrunl  Parisius  executorihus 
per  dictum  Rohinetum.  Et  ideo  acquittatur  hie. 
[B,  n"  412.  —  S  G,  n"  837;  prise  viii  liv.  t.] 

40.  Item,  un  tableau  d'argent  dore,  esmaillie  de  bleu,  ou 
il  a  pluseurs  ymaiges  eslevez  faiz  en  maniere  de  gerarchie  (2), 
une  Trinite  ou  milieu,  Nostre  Dame  et  saint  Jehan  aux  deux 
costez  a  genoulz,  et.  aux  iiii  coings.  les  nii  euvangelistes,  pendant 
a  une  chaienne  d'argent  dore;  pesant  ix  marcs  vi  esterlins. 

(i)  L'inventaire   B,  n'>4ii,  porte  par  erreur  un  ange,  au   lieu  d'un  aigle. 

(2)  L'inventaire  B,  n°4i3,  dit  gerarchie.  D'apres  Du  Cange,  le  mot  gerar- 
chie est  Tequivalent  de  hierarchia,  applique  a  la  hierarchic  dcs  puissances 
celestes  :  Angcs,  Archanges,  Troucs,  Dominations,  etc. 


TABLEAUX    ET    RELIQUAIRES    DES    INVENTAIRES   [fol.   9]  2  5 

Ista   pars   reddita   fuit  Parisius  per   dictum   Robinctum  executoribus,  ut 
supra.  Et  sit  quittus  hie  dictus  Robinetus  de  eadem. 
[B,  n"  4i3.  —  S  G,  n""  160.] 

41.  Item,  uns  autres  tableaux  quarrez,  en  Pun  desquielx  a  un 
Crucifiement;  et,  en  Tautre,  Dieu  lie  a  un  pillier;  pesant  i  once 
VII  esterlins  obole. 

[B,  n°4i5.] 

42.  Item,  uns  petis  tableaux  d'yvoire  garniz  d'argent.  et  dedens 
a  un  P  et  une  N  entaillie,  ou  il  a  ymaiges. 

[B,  n°  416.  —  S  G,  n"  838;  prise  x  sous  t.] 

43.  Item,  uns  tableaux  d'argent  dore,  ploians,  ou  il  a  dedens  un 
tabernacle  de  maconnerie,  ouquel  est  un  ymaige  de  Nostre  Danie 
esleve,  tenant  son  enffant  et  seant  en  une  chaiere  d'yvoire,  acom- 
paignie  de  pluseurs  angels,  et  est  couronnee  d'une  couronne 
d'argent  dore,  et  en  la  poictrine  une  estoille;  et  sont  lesdiz  ta- 
bleaux garniz  d'ymaiges  d'yvoire  eslevez. 

Istc  due  partes  accolate  [42,43]  rcddite  fuerunt  Parisius  executoribus  per 
dictum  Robinetum,  ut  supra. 

[B,  n"  417.  —  S  G,  n"  83n;  prise  i.xx  liv.  t.] 

44.  Item,  uns  tableaux  de  broderie  faiz  a  pignon,  de  la  main 

Jaquemin  Bonnebroque  (i);  en  Tun,  un  Dieu  le  Pere,  lequel  est 

en  un  tableau  garni  d'argent  et  de  petites  menues  perles,  et  en 

I'autre,  I'ymaige  de  Nostre  Dame;  sans  aucune  garnison. 

[B,  n°  418.  —  S  G,  n"  573;  prise,  avec  une  petite  Veronique  de  brodeure 
qui  est  dessus  ledit  tableau,  lvi  liv.  v  s.  t.]  =  Gomparez  S  G,  n°  11 78  : 
«  deux  tableaux  de  broderie  faiz  par  Jaquemien  Bonnebroque;  prises  iiir  l 
liv.  t.  » 

45.  Item,  trois  tableaux  d'yvoire.  chascun  en  deux  pieces,  de  la 
Vie  Nostre  Dame  et  Passion  Nostre  Seigneur,  qui  furent  de  feu 
monseigneur  d'Estampes. 

Ces  parties  acolees  [28  a  45]  sont  contenues  es  xlviii,xlix  et  l  fueillez  dudit 
livre  des  comptes  precedens. 

[B,  n"  459.  —  S  G,  n"  840;  prise  xviii  liv.  t.] 

46.  Item,  un  estui  d'argent  ouquel  a  uns  tableaux  de  pource- 


(i)  Bonnebroche  dans  I'inventaire  B,  n"  418. 


26  TABLEAUX    ET    RELIQUAIRES    DES    INVENTAIRES  [fol.   9  vo] 

laine,  et  oudit  estuy  esmaulx  des  armes  de  France  et  d'Evreux,  ( i ) 
et  nil  autres  petiz  escucons  oil  il  a  en  chascun  une  semblence 
de  tour,  qui  fut  de  feu  monseigneur  d'Estampes;  pesant  ledit 
estui  I  marc  i  once.  Ainsi  declaire  en  la  derreniere  partie  du 
Lii=  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  443.  —  S  G,  n"  161 ;  prise  x  liv.  t.] 

47.  Item,  uns  tableaux  d'yvoire  en  deux  pieces,  ou  il  a  plusieurs 
ymaiges  de  haute  taille  (2)  tres  delieement  ouvrez  de  plusieurs  his- 
toires,  garniz  d'argent  par  les  hours,  et  par  dehors  convert  d'ar- 
gent  esmaillie  aux  armes  de  Monseigneur. 

Iste  quatuor  partes  simul  accolatc  [44-47]  rcddile  fucrunt  Parisius  per 
dictum  Robinetum;  convertendum  in  facto  execucionis  dicti  domini  Ducis. 
Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus. 

[B,  n°  1066.  —  S  G,  n"  841  ;  prise  viii"  liv.  t.] 

48.  Item,  uns  autres  tableaux  d'yvoire  plus  petis,  ou  il  a  plu- 
sieurs ymaiges  eslevees  de  la  Passion  Nostre  Seigneur;  et  en 
plusieurs  lieux  sont  les  armes  de  monseigneur  d'Estampes  (3). 

[B,  n°  loCiy.  —  S  G,  n"  842;  prise  xx  liv.  t.] 

49.  Item,  uns  autres  tableaux  quarrez,  de  pourtraicture,  ou 
Nostre  Seigneur  est  en  la  croix  et  les  deux  larrons  avecques  lui 
en  I'un  des  costez,  et  en  Tautre  un  Couronnement  (4). 

[B,  n"  io6g.  —  S  G,  n"  84?;  prise  xl  liv.  t.] 

50.  Item,  un  autre  grant  tableau  oil  est  la  Passion  Nostre  Sei- 
gneur, fait  depoins  de  marqucteure,  et  entour,  de  Tun  des  costez, 

garni  d'argent  blanc. 
[B,  n"  1070.  —  S  G,  n"  844;  prise  xx  liv.  t.] 


(i)  Louis  de  France,  comte  d'Evreux,  d'Etampes,  de  Beaumont  le  Roger, 
de  Meulan  et  de  Giers,  fils  puine  de  Philippe  III,  portait  un  ecu  semii  de 
fleurs  de  lis  au  baton  compone  d'argent  et  de  gueules.  Son  petit-fils,  Charles 
le  Mauvais,  roi  de  Navarre  avail  epouse  Jeanne  de  France,  soeur  du  due  de 
Berry.  II  garda  le  comte  d'Evreux  jusqu'a  sa  mort,  arrivce  en  i386.  Le  fils 
de  ce  dernier  echangea  le  comte  d'Evreux,  en    1404,  avec  le  roi  Charles  VI. 

(2)  D'apres  le  Glossaire  des  Emaux,  les  anciens  redacteurs  auraient  em- 
ploye I'un  pour  I'autre  les  mots  haute  taille  et  basse  taille.  Cependant,  dans 
cet  article,  reproduit  par  M.  de  Laborde,repithete  tres  delieement  oiivre  scm- 
ble  indiquer  qu'il  s'agit  de  figures  en  haut  relief,  bien  detachces  de  la  masse. 

(3)  Le  manuscrit  S  G,  ajoute  a  la  fin  de  cet  article  :  t.  pendans  a  une 
chayenne  d'or.  » 

(4)  L'inventaire  S  G  dit  un  Crucifiemcnt  au  lieu  d'un  Couronnement. 


TABLEAUX    ET    RELIQUAIRES    DES    INVENTAIRES    [fol.    I  o]  I"] 

5  I .  Item,  trois  tableaux  de  bois  ou  il  a  ymaiges  de  marqueterie 
de  bien  ancienne  fa^on. 
[B,  1071.  —  S  G,  n"  845;  prise  x  liv.  t.] 

52.  Item,  uns  autres  tableaux  de  paincture,  en  deux  pieces,  ou 
il  a  plusieurs  petis  ymaiges  de  paincture,  et  en  chascun  plusieurs 
ymaiges  de  poins  de  marqueteure,  et  armoie  sur  les  bours  de 
plusieurs  armes. 

Iste  quinque  partes  simul  ligate  [48-52]  reddite  fiicrunt  ut  supra.  Et  sit 
quietus  dictus  Robinetus. 

Ces  parties  acolees  [47-52]  sont  ainsi  declairees  ou  cxV  fueillet  dudit 
livre. 

[B,  n"  1072.  —  S  G,  n"  846;  prise  viii  liv.  t.] 


TABLEAUX,      RELIQUIERES    ET    PETIS     JOYAUX,   TANT    D  OR    ET    D  ARGENT 
COMME    AUTREMENT,    ACHATEZ    PAR    MONSEIGNEUR. 

53.  Un  tableau  d'or  roont,  ouquel  a  un  camahieu  ou  il  a 
la  semblance  d'un  homme  et  d'une  femme,  et  un  arbre  ou  milieu 
et  bestes  dessoubz,  garni  entour  de  pierrerie,  c'est  assavoir  de  plu- 
sieurs balaisseaux(i),  saphirs,  esmeraudes  et  perles,  que  uns  que 
autres,  pendant  a  une  petite  chaienne  d'or  oil  il  a  au  bout  un  an- 
nelet;  lequel  tableau  IVIonseigneur  achata  a  Paris,  ou  moys  de 
mars  I'an  mil  CCCC  VII,  d'un  procureur  de  Parlement. 

[S  G,  n"  162;  prise  11'=  l  liv.  t.] 

54.  Item,  un  tableau  d'or  de  haute  taille,  ou  il  a  d'un  des  costez 
saint  Jehan  Baptiste  tenant  un  Agnus  Dei,  garni  entour  de 
VII  perles  moyennes,  ou  il  a  escript :  Ecce  Agnus  Dei,  qui  con- 
tient  la  moitie  du  roont;  et  en  Tautre  moitie  en  a  autent 
escript  en  grec;  et  darriere  la  teste  dudit  saint  Jehan  a  escript 
Penitentiam  agite,  et  au  dessoubz  dudit  Agnus  Dei  en  a  autant 
escript  de  lettres  grecques;  et  au  dessus  de  sa  teste  a  une  piece 
de  pierre  ou  il  a    escript  par  davant  parassis^  et  darriere  en    a 

(i)  Petits  rubis  balais.  On  trouve  aussi  balesseaux  (Inventaire  de 
Charles  V.) 


28  TABLEAUX,   ETC.,  ACHETES    PAR    MONSEIGXEUR    [fol.    Il] 

autant  escript  en  grec;  garnie  entour  ladicte  pierre  de  vi  petis 
balaisseaux  et  viii  perles  moiennes;  et  ledit  tableau  est  garni 
entour  de  x  balais,  vi  saphirs  et  xvi  assez  grosses  perles;  et  de 
I'autre  coste  dudii  tableau  est  saincte  Eugenie  et  son  miracle, 
tout  de  haute  taille,  oii  il  a  trois  noms  escriptz,  c'est  assavoir  : 
sur  la  teste  du  prevost  Philippus,  sur  la  teste  de  saincte  Eugene 
Eugenna,  et  sur  la  teste  de  la  dame  sur  qui  descendi  le  feu  Me- 
lenciali] ;  et  est  ouvre  a  I'entour  de  serpens  volens,  et  pend  a  un 
laz  de  sove  garni  de  deux  boutons  de  perles ;  lequel  tableau  Mon- 
seigneur  achata  en  sa  ville  de  Bourges,  ou  mois  de  novembre 
mil  CCCC  et  deux,  de  Antoine  Manchin  121,  marchant  de  Flo- 
rence, demourant  a  Paris,  la  somme  de  1 1'«  francs. 

Iste  due  partes   accolate    [53-54J  reddite    fuerunt  Parisius    executorihus 
per  dictum  Robinetum,  ut  supra.  Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  RobincUis. 
[S  G,  n"  iG3;  prise  11"  liv.  t.] 

55.  Item,  un  tableau  d'or  oil  il  a  d'un  des  costcz  Tempereur 
Philippe  (3)  en  maniere  de  haulte  taille,  a  genoulz,  joignant  les 
mains  et  regardent  vers  le  ciel  la  face  de  Dieu  qui  appert  par 
dessus  sa  teste,  en  laquelle  a  un  dyademe  garni  de  petis  grenaz 
et  esmeraudes ;  ouquel  tableau  a  escript  par  devant  ledit  empe- 
reur  :  Oro,  nature sator,  qiiaibus  a  emim  caelos  ac  trenara  '4  tem- 
peras frenis,  urbem  ipsam  Romanumqiie  popuhim  et  fliictuantem 
gcntem  ad  sahitis  semitam  perpete  dirigas;  et  de  celle  mesmes 
part,  darriere  ledit  empereur.  a  escript  :  Dominiim  ut  tergo 
feda  abjecta  caligine  ciincti  ad  te  orbe  perfccto  reddeant 
liberi  pro  quaibus  in  tenebris  jiibar  advenisti  celitiis   Philipiis 

fi)  Sainte  Eugenie,  fillc  de  Philippe,  gouverncur  d'Aiexandrie  s'etait 
retiree,  sous  des  habits  d'homme,  dans  un  couvent.  Ayant  ete  accusee 
faussement  par  Melancie  qui  s'etait  prise  d'amour  pour  elle,  elle  se  fit 
rcconnaitre  de  ses  parents  et  un  feu  celeste  devora  Melancie  et  les  faux 
temoins  apostes  par  elle.'  Eugenie  fut  par  la  suite  martyrisee  a  Rome  (Voy. 
Legende  doree,  edit.  Delahays,  tome  I,  p.  280). 

(2)  II  s'appelait  sans  doutc  Antonio  Mancini. 

(3)  Le  successeur  de  Gordien,  renverse  parDece,  empereur  dc  244  a  249, 
qui  passe  pour  avoir  ete  converti  au  christianisme  par  Origenc. 

(4)  Lisez  Tenara.  Ces  inscriptions  etaient  probablement  en  vers;  mais 
I'ignorance  du  copiste  qui  ne  les  comprenait  pas  et  les  transcrivait  mal  en 
rend  tres  difficiles  la  lecture  et  la  restitution. 


TABLEAUX.   ETC..  ACHETKS    PAR    MOXSEIGNEUR    [tol.    II     V"]         29 

Cesar  Augustus  sisto  acuto  naioreisque  felicibus ;  et  dessus  la 
teste  dudit  empereur  Philippe  a  escript  en  latin  anime  parens; 
garni  entour  de  balaiz,  saphirs,  esmeraudes  et  perles  de  petite 
valeur.  Et  de  I'autre  coste  dudit  tableau  a  un  demy  ymaige  de 
Nostre  Dame  enleve,  tenant  son  enfant ;  leurs  dyademes  garniz 
de  petis  grenaz  et  esmeraudes  de  petite  valeur,  et  audessus  dudit 
ymaige  de  Nostre  Dame  a  une  pierre  sur  coleur  vert,  en  la- 
quelle  a  un  demy  vmaige  de  Dieu  le  Pere  enleve.  Et  est  garni 
entour  ledit  tableau  de  ceste  part  de  ix  balaiz,  mi  saphirs  et  xiii 
assez  grosses  perles  brutes;  et  pend  ledit  tableau  a  une  ance  d'or 
en  laquelle  a  un  balay  longuet. 

Iste  tabularius  auri  datus  fuit  per  dominum  Ducem  capelle  sue  Bitturi- 
censi  ad  faciendum  unam  porte-paix,  prout  constat  per  litteras  suas  datas 
vii"  die  maii  M  CCCC  XV,  hie  retentas;  et  serviet  inferius  pro  aliis  parti- 
bus  causa  ibidern.  Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus. 

Ces  trois  parties  acolees  [53  a  55]  sont  ainsi  declairees  es  vi"  xnu»  et 
vi„  xv°  fueillets  dudit  livre. 

56.  Item,  un  grant  tableau  de  boys  quarre,  garni  de  x  marcs 
d'or  ou  environ,  ouquel  par  devant  a  un  ymaige  de  Nostre 
Dame,  fait  d'ambre  et  de  must,  qui  a  les  mains  et  visaige  de 
rouart  (i),  tenant  son  enffant  semblablement  fait  tout  de  rouart, 
sur  un  champ  de  must,  seme  des  armes  et  devise  de  Monsei- 
gneur,  tout  d'or,  et  aux  costez  dudit  ymaige  a  deux  petiz  ange- 
loz  d'or  esmaillez  de  blanc,  tenant  devant  elle  un  drap  d'or  es- 
maillie  aux  armes  de  mondit  seigneur;  et  est  garni  ledit  ymaige 
de  pierrerie,  c'est  assavoir  :  sa  poictrine,  d'un  fermaillet,  d'un 
balay  quarre  et  vii  grossetes  perles;  sa  couronne  et  dyademe,  de 
VI  balaiz,  v  saphirs,  xlix  perles,  que  de  compte  (2)  que  autres; 
le  dyademe  de  son  enffant,  de  11  saphirs,  i  balay  et  xii  perles ; 


(i)  Rouart  est  une  forme  assez  rare  du  mot  rohart  (Voy.  Littre).  II  designe 
I'ivoire  des  morses  ou  du  narval.  On  rencontre  aussi,  au  xV  siecle,  rochal  et 
rohal.  La  Romania  a  publie  (tome  III,  p.  157)  une  note  de  M.  Sophus 
Bugge  sur  I'etymologie  de  ce  mot  qui  viendrait  du  norois  hrosshvalr,  litte- 
ralement  cheval-baleine. 

(2)  Au  moyen  age  les  perles  se  divisaient  en  deux  categories.  On  appelait 
perles  de  compte,  celles  qui  etaient  assez  grosses  pour  se  compter  une  a 
une,  et  semence  de  perles  ou  perles  a  I'once  celles  qui  se  vendaient  au 
poids,  ctant  trop  petites  pour  avoir  une  valeur  et  un  emploi  isolement. 


3o  TABLEAUX.   ETC..   ACHETES    PAR    MONSEIGNEUR   [fol.    12] 

et  tient  ledit  enfant  entre  ses  deux  mains  un  balay  longuet.  Et 
ledit  ymaige  de  Nostre  Dame  tient  en  sa  main  un  cedre  garni 
d'un  balay  longuet  et  de  iiii  perles  grossetes ;  et  ou  darrieres 
dudit  tableau  sont  les  armes  de  Monseigneur  faictes  de  bro- 
deure,  et  les  bours  semblablement  brodez  a  sa  devise.  Lequel 
pend  a  deux  chaiennes  d'or ;  et  au  bout  un  grant  annel  et  un 
bouton  d'or  garni  de  x  perles  grossetes.  Et  sont  toutes  les  par- 
ties a  plain  declairees  oudit  tableau  en  la  premiere  partie  du 
vi^^  xvii=  fueillet  du  livre  des  comptes  precedens.  Pour  ce  icy 
ledit  tableau  ainsi  fait  et  garni  comme  dit  est. 

Iste  magnus  tabulus  datus  fuit  per  dominum  Ducem  domino  duci  Ac- 
quittanie  ultimo  defuncto,  [ut]  constat  per  litteras  domini  Ducis  datas 
Vll'decembris  M  CCCC  XIIII  hie  reientas.  Et  ideo  de  eodem  acquittatur 
hie  dictus  Robinetus. 

57.  Item,  uns  petis  tableaux  d'yvoire,  fermans  a  couplez  (i), 
ou  il  a  en  I'un  des  costez  un  ymaige  de  Nostre  Dame  tenant  son 
enffant  et  les  hi  Roys  de  Couloigne,  et  de  I'autre  coste  un  cru- 
cefix,  Nostre-Daine,  saint  Jehan  et  autres  ymaiges,  tout  de  haute 
taille ;  lesquels  Monseigneur  achata  et  paia  comptans  de  sa 
main,  ou  moys  de  decembre  Tan  mil  CCCC  et  six. 

Isti  parvi  tabuli  redditi  fuerunt  Parisius  exeeutoribus  per  dietum  Robine- 
tum.  Et  ideo  aequittatur  hie  ut  supra. 
[S  G,  n"  164;  prise  xl  sous  t.] 

58.  Item,  un  petit  tableau  d'or  quarre,  de  la  grandeur  du  fons 

de  la  main,  ou  milieu  duquel  a  une  pierre  estrange  de  coleur 

tannee,  en   laquelle  a  un  ymaige  de  Nostre  Dame  tenant  son 

enffant,  une  sepulture  et  plusieurs  autres  ymaiges,  et  escript  par 

darriere  de  lettres  grecques;  et  ou  milieu  a  un  annelet  d'or. 

K. —  Aurum  dicti  parvi  tabuli  auri  quadrati  ponderans  in  oncias  x  sterli- 
nostraditum  fuit,  ex  ordinaeione  Domini,  Matheo  Heron,  ejus  thesaurario,  ut 
constat  per  suam  eertiffieationem  super  iiu'"  parte  iiii"  xvi'  folii  hujus  com- 
poti   redditam,  in  qua  eontinetur  quod  aurum  quod  habuit  et  exivit  a  dicto 

(i)  M.  Gay  detinit  ainsi  le  terme  couplet  ou  eouplierc  :  «  charniere  aceou- 
plant  les  parties  jumelles  d'un  objet.  »  Par  Ic  dessin  qu'il  donne  a  la 
suite  de  cette  explication,  M.  Gay  semble  indiquer  que  dans  les  objets  fer- 
mant  a  couplets,  les  volets  reunis  par  une  seule  charniere  s'ouvraient  au 
milieu  du  tableau  et  non  sur  les  bords  exterieurs.  (Cf.  art.  63  ci-apres.) 


Tableaux,  etc.,  achetes  par  monseigneur  [fol.  12  v]       3i 

tabulo  et  partibus  aliis,  vasis  et  jocalibus  in  eadem  declaratis,  ascendit  ad 
duas  marchas,  duas  uncias  et  viii  sterlinos  auri,  et  argentum  ad  cxxiii 
marcos  vii  oncias  xii  esterlinos  ob.;  de  quibus  auro  et  argento  oneratur 
ibidem  dictus  thesaurarius  virtute  dicte  sue  certifficationis,  ad  exoneracio- 
nem  dicti  Robineti. 

Dictus  lapis  redditus  fuit  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetuin. 
Et  sic  acquittatur  hie  prout  supra. 

[S  G,  n°847;  '^  pierre  estrange  de  couleur  tannee...  xx  s.  t.]. 

59.  Item,  un  tableau  de  bois  en  maniere  de  tabernacle.  tailHe 
a  ymaiges  tres  menuement  de  la  Vie  et  Passion  Nostre  Seigneur, 
que  Monseigneur  acheta  ja  pieca. 

[S  G,  n"  1 203  ;  non  prise]. 

60.  Item,  un  petit  tableau  quarre  d'argent  blanc,  d'ancienne 
facon,  fermant  a  deux  huissiez  d'argent  dorez,  ou  il  a  une 
Annunciacion  d'enleveure  en  maniere  de  haulte  taille;  dedens 
lequel  tableau  sont  les  reliques  qui  s'ensuivent,  escriptes  oudit 
tableau  en  grec,  c'est  assavoir  :  de  saint  Blaise,  de  saint  Cosme 
et  Damien,  de  saint  Panthaleon,  de  saint  Jehan  Bouche  d'or  et 
saint  Barthelemi  appostre,  et  saint  Christofle  et  saint  Boniface, 
saint  Aquantin  et  de  saint  Cire,  de  saint  Cirie  (i),  saincte  Jurite, 
saincte  Salome,  de  saint  Hermite  Cypriain,  de  saint  Crisso, 
saint  Chodre,  et  saint  Alixandre,  du  lait  de  la  vierge  Marie,  et 
da  boisson  ou  Moise  vit  le  feu,  et  de  la  pierre  du  sepulcre  Nos- 
tre Seigneur;  et  pend  ledit  tableau  a  une  petite  chaienne  d'ar- 
gent blanc. 

Iste  due  partes  accolate  [n"  Sg  et  60]  cum  alia  parte  sequenti  reddite 
fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus ;  convertendum  ut 
supra.  Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus. 

[S  G,  n"  i65;  prise  x  liv.  t.] 

61.  Item,  un  petit  tableau  de  bois,  bien  ancien,  garni  par  de- 
vant  d'argent  dore  a  ouvraige  de  Venise  (2),  ouquel  a  un  ymaige 


(0  II  faut  sans  doute  lire  saint  Cyr  et  sainte  Cyrille.  Quant  a  saint  Cho- 
dre, on  a  peut-etre  voulu  designer  saint  Theodore  souvent  nomme 
Thodre  au  xiii'  siecle,  en  particulier  dans  Villehardouin.  Saint  Crisso  se- 
rait  saint  Crescius,  martyrise  avec  ses  compagnons  sous  I'empereur  Deciu  s 
dans  un  endroit  dit  Valliscavas  ou  fut  erigee  une  eglise  au  titre  de  saint 
Crescius.  La  fete  de  ce  saint  tombait  le  24  octobre. 

(2)  Que  designait-on  par  ce   terme?  Suivant  M.   de  Laborde,  ce   travail 
aurait  presentc  un   melange  de   reminiscences  antiques  importees  de   By- 


32  TABLEAUX,   ETC.,   ACHETES    PAR    MOXSEIGNEUR   [fol.    I  31 

de  Nostre  Dame  tenant  son  enffant  et  un  ymaige  d'une  femme  a 

genoulz,  tout  fait  de  paincture  ancienne;   et  a  ledit  ymaige  de 

Nostre  Dame  en  sa  poictrine  un  petit  fermaillet  d'or  en  fa9on 

d'une  estoille,  garni  d\in  petit  ruby  ou  milieu  et  de  xii  petites 

perles  entour. 

Ces  parties  acolees  [Sy  a  61]  sont  ainsi  declarees  es  ii'lV,  ii"^lvi'  et 
ii'LVii'  fueillez  dudit  livre. 

[S  G,  n"  848;  prise  xxvii  liv.  t.] 

62.  Item,  ung  cristal  creux,  longuet  et  roont,  garni  d'or,  ou- 

quel  a  une  des  espines  de  la  saincie  corone  Nostre  Seigneur,  les- 

quelx  cristal  et  espine  sont  d'un  grant  joyau  d'or  fait  de  macon- 

nerie  en  maniere  d'ung  tabernacle;  declard  es  n^  lvii'^,  ii^  Lvin<= 

et  II'-'  Lix<^  fueillez  du  livre  des  comptes  precedens;  pour  ce  icy 

lezdit  cristal  et  espine. 

K.  —  Dicta  spina  data  fuit  duci  d'Yorc  (i)  per  mandatum  datum  super 
ultima  parte  lxxv''  folii  hujus  compoti  redditum.  Et  ideo  acquictatur  hie  de 
eadem  dictus  Robinetus  et  respondeat  de  dicto  cristallo.  —  Postmodum 
vero  procurator  dicti  Robineti  tradidit  ethic  reddidit  aliud  mandatum  a  do- 
mino datum  xix*  die  novembris  anno  M°  CCCC"  XIIII'°,  per  quod  dictus  do 
minus  Dux  certifficat  se  dedisse  domino  duci  d'Yorc  predictum  cristallum 
cum  dicta  spina.  Et  ideo  acquictatur  hie  dictus  Robinetus  de  predict© 
on  ere. 

63.  Item,  uns  tableaux  de  bois  en  iiii  pieces,  attachiez  a  cou- 
plez,  ou  est  TAnnunciacion,  la  Nativite  et  Passion  Nostre  Sei- 
gneur, et  I'Assumpcion  Nostre  Dame,  tout  de  paincture. 


zance  et  de  gout  oriental  importe  par  les  Croisades  et  les  relations  com- 
merciales  avec  le  Levant.  Cela  est  bien  vague.  Quoiqu'il  en  soit,  cette  desi- 
gnation reparait  souvent  plus  loin  (Cf.  n°'  3 18,  6G8,  673,  677,  11 20,  112b, 
112G,  12 17).  L'ouvrage  de  Venise  d^signe  probablement  les  filigrames 
d'argent. 

(i)  Richard  d'York,  comte  de  Cambridge,  decapite  en  141 5  pour  avoir 
conspire  contre  le  roi  d'Angleterre  Henri  IV.  Son  fils  Richard,  ne  en  1416, 
fut  regent  de  France,  en  1435,  a  I'age  de  dix-neuf  ans.  Dans  un  compte  de 
la  tresorerie  du  due  de  Berry  de  1413-14  (KK  25o,  fol.  10,  v°)  se  trouve  la 
mention  d'un  payement  de  i5oo  ecus  remis  au  due  d'York  sur  la  quote 
part  incombant  au  due  de  Berry  dans  une  obligation  de  i5o,ooo  ecus  sous- 
crite  au  profit  des  capitaines  anglais  pour  payer  leur  concours  en  aout, 
septembre  et  novembre  141 2,  par  les  dues  de  Berry,  d'Orleans,  de  Bour- 
bon et  d'Alen(;on.  Ainsi  les  deux  partis  tour  a  tour  faisaient  alliance  avec 
I'Anglais  et  achetaient  son  alliance.  Les  Armagnacs  sur  ce  point  n'avaient 
done  rien  a  reprocher  aux  Bourguignons. 


TABLEAUX.  ETC.,  ACHETES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    I  3   V°]  33 

Isti  tabularii  redditi  fuerunt  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum, 
Et  ideo  acquictatur  hie  ut  supra. 
[S  G,  n°  849;  prise  xxxvi  liv.] 

64.  Item,  un  grant  tableau  de  bois  ou  il  a  un  ymaige  de  Nos- 

tre  Dame  tenant  son   enffant  dormant  entre   ses   braz,  fait  de 

paincture;  et  dessus  ledit  ymaige  a  un  tabernacle  dore  enlevd;  et 

par  devant  a  une  courtine  (i)  vermeille. 

Istemagnus  tabulus  perditus  fuit  apud  Magdunum  super  Evram  quando  do- 
minus  dux  Guienne  (2)  fuit  ibi,  videlicet  in  mense  novembris  MCCCCXIIII, 
prout  certificatum  est  per  Johannem  Bizet,  sommelarium  dicti  domini  Du- 
cis,  [et]  per  litteras  sub  signis  manualibus  duorum  notariorum  Casteileti 
Parisiensis  confectas  constat.  Et  sic  de  eodem  acquictatur  hie  idem  Robi- 
netus;  et  ponitur  dicta  certificatio  cum  litteris  hujus  inventarii. 

65.  Item,  un  tableau  de  bois  quarrd  ou  il  a  ou  milieu  un 
ymaige  de  Nostre  Dame  tenant  son  enffant  que  deux  angels  cou- 
ronnent,  et  a  Tun  coste  a  un  ymaige  de  saint  Jehan  Baptiste,  et 
a  I'autre  un  ymaige  de  saint  Jehan  Euvangeliste;  et  tout  au  des- 
sus un  ymaige  de  Dieu  le  Pere  environne  de  plusieurs  petis  an- 
gelos,  tout  fait  de  paincture  d'or  sur  un  champ  de  rouge  cler;  et 
sont  lesdiz  ymaiges  tous  couvers  d'un  grant  piece  de  voirre 
plate,  et  les  hours  dudit  tableau  sont  pains  d'or  bruni;  lequel 
ainsi  fait  et  garni,  comme  dit  est,  Monseigneur  achata  de  Jeha- 
nin  de  Marromme,  son  clerc  de  chapelle,  ou  mois  de  decembre 
M  CCCC  et  IX,  pour  le  pris  et  somme  de  xx  escuz  d'or  comp- 
tans. 

Iste  tabulus  redditus  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus, 
ut  supra.  Et  sit  quittus  hie. 

Ces  trois  parties  acolces  [63  a  65]  sont  ainsi  declairees  ou  11=  lvii  fueillet 
dudit  livre. 

[S  G,  n°  85o;  prise  x  sous]. 

(i)  Les  courtines  ou  rideaux  devant  les  autels  reviennent  souvent  dans 
les  textes  anciens;  mais  on  en  trouve  beaucoup  plus  rarement  servant  k 
proteger  les  peintures  comme  ici  et  a  Farticle  77. 

(2)  Apres  la  mort  de  son  second  fils,  Charles,  qui  avait  re^u  le  titre  de  due 
de  Guienne,  Charles  VI,  par  lettres  du  14  Janvier  1400,  donna  le  duehe  de 
Guienne  en  apanage  a  Louis,  son  troisieme  fils,  ne  le  22  Janvier  i3g6,  ma- 
rie k  Marguerite  de  Bourgogne,  et  qui  mourut  sans  laisser  d'enfants  le 
18  decembre  1415.  Le  duehe  fut  alors  reuni  a  la  eouronne  jusqu'au  regne 
de  Louis  XL  Le  nom  du  due  de  Guienne  reparait  souvent  dans  notre  inven- 
taire  (Voy.  n""  452,  453,  11 52,  ii53),  et  meme  apres  sa  mort  (voy.  n"'  iio5 
et  1 106). 


34  TABLEAUX,    ETC.,   ACHETES    l>AR    MOMSEIGNEUR   [fol.    I  3  V°] 

66.  Item,  ung  joyau  d'or  ou  milieu  duquel  a  une  grant  pierre 
de  camahieu  ouvree  et  entaillee  de  Tun  des  coustez  de  iiii  ymai- 
ges  eslevez,  c'est  assavoir  :  Tun  de  Nostre  Seigneur,  I'autre  de 
saint  Jehan  Baptiste,  I'autre  de  saint  Pierre,  et  I'autre  saint  An- 
dre, avec  un  Agnus  Dei  et  ung  arbre  auquel  se  apuie  ledit 
ymage  de  saint  Jehan;  et  de  I'autre  couste  est  ledit  camahieu  tout 
plain  et  poly,  reluisant  en  maniere  d'un  mirouer;  et  entour  a 
nil  balaiz  cabouchons,  x  grosses  perles  et  une  grant  esmeraude 
quarree.  Lequel  joyau  Jehan  Chenu,orfevre  de  mondit  Seigneur, 
a  fait,  par  son  commandement,  de  Tor  et  pierrerie  d'un  reliquiere 
que  tenoit  en  une  de  ses  mains  un  ymaige  d'or  de  Dieu  le  Pere, 
declare  en  la  premiere  partie  du  premier  compte.  Mondit  sei- 
gneur a  fait  prandre  ladicte  esmeraude  d'une  sienne  croix  apel- 
lee  la  croix  de  Balthasar,  declaree  en  la  n'=  partie  du  cxxxf  fueil- 
let  du  livre  des  comptes  precedens.  Deux  desdictes  dix  perles 
ont  este  recovrees  de  Jehan  Tarenne  (ij  et  sont  du  nombre  de 
XXX  grosses  perles,  pesans  ensemble  ii  onces  i  esterlin,  de  la  pier- 
rerie du  grant  joyau  d'or  de  mai^onnerie  en  maniere  de  taber- 
nacle declaree  en  une  des  corrections  faictes  sur  ledit  tabernacle 
ou  ii*^  Lvn^  fueillet  desdiz  comptes  precedens.  Et  ledit  camahieu 
fu  pieca  donne  par  le  Roy  a  Monseigneur  qui  I'a  fait  tailler  en 
la  maniere  dessusdicte  par  ung  nomme  Michiel  de  Hast,  du 
pais  de  Brabant,  lequel  en  a  eu  pour  sa  poine  et  par  marche  fait 
II'-'  iiu^^  1  fr.  V  sous  t.  Pour  cc  ycy  ledit  joyau,  ainsi  fait  et  garni 
comme  dit  est,  lequel  poise  ii  marcs  in  onces  v  esterlins. 

lllud  jdcale  rcddituiu  fuit  Parisius  per  dictum  Robinctum  executoribus; 
convertendum  in  facto  execucionis  dicti  domini  Ducis.  Et  sic  acquittatur 
dictus  Robinetus  de  eodem. 

[S  G,  n"  i332  :  Item  un  pie  d'argent  dore'  servant  audit  joyau,  et  souloit 
sen/ir  a  la  petite  croix  aux  esmeraudes  (2);  prise  11"  fr.] 


(i)  Jehan  Tarenne,  changeur,  occupait  une  place  considerable  dans  le 
commerce  parisien.  II  etait  concessionnaire,  avec  Michel  de  Laillier,  ainsi 
que  I'a  etabli  M.  Tuetey  {Journal  d'un  bourgeois  de  Paris,  p.  109),  des 
trente-deux  loges  construites  sur  le  pont  Saint-Michel.  II  fut  decapite  au 
Chatelet,  avec  un  de  ses  fils,  par 'Capeluche,  le  21  aout  1418.  II  avait  at- 
teint  alors  un  age  assez  avance. 

(2)  Voy.  ci-dessus  n°  11. 


TABLEAUX.    ETC..    DONNES    A    MONSEIGXEUR  [fol.    1 4] 


TABLEAUX.    RELIQUIERES    ET    PETIS    JOYAULX,    TANT    D  OR    ET    D  ARGENT 
COMME    AUTREMENT,    DONNEZ    A    MONDIT     SEIGNEUR. 

67.  Item,  un  reliquiere  d'or  ouquel  a  un  crucefix  sur  un  cassi- 
doinneiii,  fermans  a  deux  petis  guichez  garnis  de  petis  rubiz 
d'Alixandre  (2),  d'esmeraudes  et  de  petites  perles,  lequel  mon- 
seigneur  I'arcevesque  d'Aux  i3i  donna  a  Monseigneur  aux  es- 
trainnes  Tan  mil  CCCC  et  I.  Ainsi  declaire  en  la  iiii«  partie 
du  ix^^  viii'^  fueillet  dudit  llvre. 

[S  G,  n°  166;  prise  lx  liv.  t.]. 

68.  Item,  un  petit  reliquiere  d'or  roont,  garni  et  semd  de  petites 
estoilles  d'or,  et  ou  milieu  a  une  Pitie  de  Nostre  Seigneur  et  un 
angel  qui  la  soustient,  esmaillie  de  blanc;  et  entour  ledit  reli- 
quiere a  XVI  perles  et  iiii  angels  esmaillez  de  blanc;  et  darriere  a 
une  Veronique  de  paincture,  et  dessus  un  bouton  d'or  et  un  petit 
laz  de  soie  pour  le  pendre;  lequel  reliquiere  fu  donne  a  Mon- 
seigneur par  monseigneur  le  due  de  Bourbonnois  (41,  conte  de 

(1)  Un  auteur  ancien  decrit  ainsi  la  pierre  nommee  cassidonnie,  cassi- 
doine  ou  calcedoine  :  «  Calcidoine  est  une  pierre  palie  et  de  coleur  obscure, 
qui  est  ainsi  comme  moyenne  entre  la  coleur  du  beril  et  de  jacinte.  » 
(B.  de  Glainville  :  Le  proprietaire  des  choses,  XVI,  27).  M.  Gay,  qui  re- 
produit  cette  definition  quelque  peu  vague,  pense  que  le  nom  de  cal- 
cedoine etait  donne  aux  varietes  blanches,  laiteuses  ou  bleuatres  de 
I'agathe. 

(2)  Ce  terme  revient  souvent  dans  les  inventaires  du  xiv  et  du  xv  sie- 
cle,  parce  que  la  ville  d'Alexandrie  etait  consideree  comme  un  des  princi- 
paux  marches  du  commerce  des  pierres  precieuses  (Voy.  Glossaire  des 
emaux).  Mais  on  ignore  si  les  rubis  dits  d'Alixandre  ou  dWlexandrie  se 
distinguaient  par  quelque  caractere  particulier. 

(3)  En  1402  I'archeveque  d'Auch  etait  Jean  IV,  cardinal  d'Armagnac,  qui 
occupa  ce  siege  de  i3gi  a  1408. 

(4)  Jean  I",  fils  aine  de  Louis  II,  due  de  Bourbon,  et  d'Anne  d'Auvergne, 
comtesse  de  Clermont,  epousa,  le  24  juin  1400,  la  fille  du  due  de  Berry, 
deja  veuve  en  premier  lieu  de  Louis  de  Chatillon,  comte  de  Dunois,  mort 
en  1 39 1,  et,  en  secondes  noces,du  connetable  Philippe  d'Artois,  comte  d'Eu, 
mort  en  1397.  Le  due  de  Berry  donna  un  grand  lestin  dans  son  hotel  de 
Nesle  a  I'occasion  du  mariage  de  sa  fille  avec  le  due  de  Bourbonnais  (Voy. 
Chronique  du  Religieiix  de  Saint-Denis,  II,  759).  Jean  I",  jusqu'a  la  mort 


36  TABLEAUX,    ETC.,   DONNES    A    MONSEIGNEUR    [fol.    I4  \°] 

Clermont  a  estrainnes  le  premier  jour  de  Janvier  Tan  mil  CCCC 

et  deux.  Ainsi  declaire  en  la  ii«  partie  du  ix^^  ix«  fueillet  dudit 

livre. 

Iste  due  partes  acolate  [67,  G8j  tradite  fuerunt  Parisius  executoribus  pre- 
dictis;  convertendum  in  facto  dicte  execucionis  ut  supra.  Ideo  acquittalur 
hie  dictus  Robinetus. 

[S  G,  n°  ilSy;  prise  xxuii  liv.  t.] 

69.  Item,  un  petit  tableau  d'or,  que  le  chapitre  de  I'Eglise  de 

Chartres  a  donnti  a  Monseigneur,  garni  d'un  croison  (i)  de  la 

saincte  vraye  croix,  lie  de  til  d'or  par  les  croisons,  enchasse  en 

ouvraige  ancien   esmaillie  et  dore,  escript  de  lettres  grecques. 

Lequel  tableau  avoit  este  de  si  ancien  temps  en  ladicte  eglise  qu'il 

n'en  estoit  memoire  a  homme  vivant,  comme  il  appert  par  les 

lettres  patentes  dudit  chapitre  donnees  le  ni'=  Jour  de  decembre 

mil  CCCC  et  VI,  rendues  en  la  Chambre  des  comptes  de  mon- 

dit  Seigneur  a  Bourges. 

Iste  tabulus,  de  voluntate  et  ordinacione  domini  Ducis  in  fine  ultimorum 
dierum  suorum,  prout  constat  per  certiticationem  fratris  Johannis  Raphe- 
nel,  confessoris  sui,  datam  xxi  die  junii  MCCCCXVI,  redditus  fuit  et  resti- 
tutus  dicte  Carnotensi  Ecclesie,  ac  etiam  de  voluntate  et  consensu  regis  Si- 
cilie  ( 2  )  et  domine  ducisse  Borbonnie  (3),  executorum  tcstamenti  seu 
ultime  voluntatis  dicti  domini  Ducis,  prout  constat  per  suas  litteras  hie 
redditas;  eciam  constat  de  quittacionce  capituli  dicte  ecclesie  de  receptione 
dicti  tabuli.  Et  ideo  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

70.  Item,  un  petit  tableau  d'or  quarre,  en  deux  pieces,  ou  il  a, 
par  dedens,  deux  ymaiges  faiz  de  camahieu,  et,  par  dehors,  d'un 

de  son  pere  (1410),  porta  le  titre  de  comte  de  Clermont.  II  etait  ne  en  082. 
Fait  prisonnier  a  la  bataille  d'Azincourt,  il  mourut  en  Angleterre  en  1433, 
un  an  avant  sa  femme.  Ce  fut  lui  qui  defendit,  en  14 12,  la  ville  de  Bourges 
assiegee  par  le  roi  de  France  et  le  due  de  Bourgogne. 

(i)  On  remarquera  que  le  mot  croison  est  pris,  au  cours  du  meme  article, 
dans  deux  sens  diiferents.  II  signifie  d'abord  une  croix,  puis  reutrecroise- 
ment  des  deux  morceaux  de  la  croix. 

(2)  Louis  II,  fils  du  due  d'Anjou,  Louis  I""',  petit-fils  du  roi  Jean  et  neveu 
du  due  de  Berry,  avait  succede  a  son  pere  en  i385.  II  avait  garde  le  titre 
de  roi  de  Naples  et  de  Sicile,  bien  que  son  competiteur,  Ladislas  de  Duras, 
I'eut  contraint  a  quitter  I'ltalie.  Ne  le  7  octobre  1377,  Louis  II  mourut  a 
Angers  le  29  avril  141 7. 

(3)  Voyez  la  note  du  n°  68  sur  le  due  de  Bourbonnais.  Marie  avait  ap- 
porte  en  dot  a  Jean  I",  comte  de  Clermont,  le  duche  d'Auvergne  et  le  comte 
de  Montpensier. 


TABLEAUX,   ETC.,    DONNES    A    MONSEIGNEUR   [fol.    I4  V°]  3" 

des  costez  a  un  crucifix,  et  de  Fautre  Nostre  Dame  tenant  son 
enffant,  garni  de  menue  pierrerie  de  petite  valeur,  lequel  Janus 
de  Grimault,  marchand  de  Jannes  (i),  donna  estrainnes  a  Mon- 
seigneur  le  premier  Jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCC  et  VII. 
fS  G,  n"  168;  prise  iiii'"'  liv.  t.] 

71.  Item,  ung  petit  tableau  d'or  oil  il  a  ung  ymage  de  saint 
Loys,  roy  de  France,  fait  d'esmaulx  de  pellite  (2),  garny  de  pier- 
rerie, c'est  assavoir  :  de  xi  balaiz,  in  saphirs  et  xxn  perles,  et 
dessoubz  une  teste  faicte  de  camahieu;  lequel  tableau  ainsi  fait 
et  garny  I'admiral  de  France  (3)  donna  a  Monseigneur  ou  mois 
d'avril  mil  quatre  cens  et  huit  apres  Pasques. 

[S  G,  ir  i333]. 

72.  Item,  un  petit  tableau  d'or  longuct,  sur  facon  de  fons  de 
cuve  (4),  de  la  grandeur  du  fons  de  la  main  ou  environ,  ouquel 
a  un  petit  ymaige  de  Nostre  Dame  qui  a  le  visaige  et  mains  de 
camahieu,  le  corps  jusques  a  la  ceinture  d'un  saphir,  tenant  son 
entfant  nu  fait  de  camahieu;  et  est  ledit  tableau  garni  de  111  ba- 
lais,  ni  saphirs  et  vi  perles,  et  pend  a  un  crochet;  lequel  ainsi  fait 


(i)  Ce  marchand  genois  faisatt  des  affaires  considerables  avec  le  due  de 
Berry.  II  re?oit  en  un  seul  payement,  le  i5  aout  1409,  la  somme  enorme  de 
9,000  livres  tournois  (Arch,  nat.,  KK  200,  fol.  128  v°).  Voyez  sur  le  debat 
d'un  Colart  Grimault,  probablement  parent  de  ce  Janus,  avec  Michel  de 
Laillier,  au  sujet  des  boutiques  du  pont  Saint-Michel,  le  journal  de  Nicolas 
de  Baye  (tome  I,  p.  255). 

(2)  M.  de  Laborde  s'etend  longuement,  dans  son  Glossaire,  sur  I'email  de 
plique,  de  plite  ou  d'oplite,  c'est-a-dire  d'applique,  citant  de  nombreux 
textes  a  I'appui  de  son  commentaire.  Suivant  lui,  les  emaux  de  polite  etaient 
de  petite  dimension  et  aptes  ainsi  a  etre  monies  dans  des  pieces  d'orfevre- 
rie  ou  cousus  sur  etoffe.  Avec  Labarte,  M.  V.  Gay  est  d'avis  que  ce  terme 
designe  des  emaux  cloisonnes;  cette  explication,  d'apres  eux,  permet  seule 
de  donner  un  sens  aux  emaux  dc  pelite  a  jour. 

f3)  Jacques  de  Chatillon,  sire  de  Dampierre,  fils  de  Hugues  de  Chatillon 
et  d'Agnes  de  Sechelles,  porta  le  titre  d'amiral  de  France  de  1408  a  141 7. 
II  avait  peut-etre  offert  ce  tableau  d'or  au  due  de  Berry  lors  de  sa  nomi- 
nation. 

(4)  Ce  terme  s'applique  dans  la  langue  des  joailliers,  d'apres  les  citations 
recueillies  par -Gay,  a  une  pierre  dent  le  dessous  est  plat  et  le  contour 
ovale,  comme  celui  des  cuves  a  baigner. 


38  TABLEAUX,  ETC.,   BONNES    A    MONSEIGNEUR   [fol.    I  5] 

et  garni,  comme  dit  est,  monseigneur  le  conte  d'Armeignac  (i) 
donna  a  Monseigneur  aux  estrainnes  Tan  mil  CCCC  et  IX. 

[S  G,  11°  i6f);  prise  lxx  liv.  t.]. 

73.  Item,  un  tableau  d'or  quarre  en  fagon  d'un  quarreau  ou  il 
a  un  ymaige  de  Nostre  Dame  tenant  son  enffant,  et  un  demy 
ymaige,  faict  pour  Monseigneur,  tout  d'esmail,  garni  de  ini  ba- 
laiz  et  nil  perles,  a  vi  boutons  en  maniere  de  floces  de  sole;  le- 
quel  tableau  monseigneur  d'Alem^on  (2)  donna  a  mondit  Sei- 
gneur ausdictes  estrainnes  Tan  mil  CCCC  et  IX. 

Iste  u°  partes  acolate  cum  11"'""  aliis  partibus  indc  sequentibus  [70  a  jS] 
tradite  t'uerunt  Parisius  executoribus  dicti  Domini;  convertendum  in  facto 
execucionis  ipsius  Domini.  Et  idco  acquittatur  hie  dictus  Robinetus  de 
cisdem. 

[S  G,  n"   I  7(1;  prise  iiii"  x  liv.  t.] 

74.  Item,  un  autre  grant  tableau  d'une  pierre  a  toucher  or  (3), 
fait  d'un  coste  et  d'autre  d'ymaiges  d'or  de  pluseurs  touches,  et 
garni  par  les  hours  de  bois;  lequel  tableau  monseigneur  de  saint 
Pol  (4)  donna  a  mondit  Seigneur  auxdictes  estrainnes  mil  CCCC 
et  IX. 

[S  G,  n°  83 1 ;  prise  xxxii  liv.  t.] 

(i)  Bernard  VII,  devenu  comte  d'Armagnac  par  la  mort  de  son  frere 
J^n  III  (1391),  etait  a  la  fois  le  neveu  et  le  gendre  du  due  de  Berri.  II  etait 
en  eftet  petit-tils  de  Jean  I"''  d'Armagnac,  dont  la  fille  avait  cpouse  le  due 
Jean.  Chef  du  parli  hostile  aux  Bourguignons  apres  la  mort  de  due  d'Or- 
leans  (1407),  il  succeda  au  sire  d'Albret,  en  I4i5,  dans  la  dignitii  de  conne- 
table  et  perit  dans  le  massacre  qui  suivit  I'entree  des  Bourguignons  a  Pa- 
ris, en  1418. 

(2)  Jean  I",  comte  d'Alencjon,  qui  succeda  a  son  pere  Pierre  II,  en  1404.  Le 
eomte  d'Alen^on  fut  erige  en  duehe  en  sa  faveur  par  lettres  patentes  don- 
nees  a  Paris  le  i"  Janvier  141 5  (Arch,  nat.,  JJ.  168,  fol.  210  v°,  et  Journal 
d'un  Bourgeois  de  Paris,  publie  par  A.  Tuetey,  p.  58). 

(3)  M.  de  Laborde  fait  au  sujet  de  cet  article  la  remarque  suivante  :  «  II 
semblerait  qu'au  moyen  age  on  ait  compose  un  tableau  de  la  pierre  (de 
touche)  elle-meme  et  des  ors,  a  differents  titres,  qu'on  vient  ordinairement 
soumettre  a  son  epreuve...  La  euriosite  et  I'ambition  de  s'instruire  ont  ete 
les  motifs  du  due  de  Berry  pour  aequerir  ce  tableau.  » 

(4)  Waleran  de  Luxembourg,  comte  de  Ligny  et  de  saint  Pol,  ne  en  1371, 
fils  de  Mahaut  et  de  Gui  II  de  Luxembourg,  fut  suceessivement  nomme 
grand  maitre  des  eaux  et  forets  (1402),  grand  bouteiller  de  France  (1410) 
et  connetable  (141 1)  en  remplaeement  de  Charles  d'Albret,  deehu  comme 
rebelle.  Le  sire  d'Albret  fut  retabli  dans  la  charge  de  connetable  apres  la 
mort  du  comte  de  Saint-Pol  survenue  le  i3  juillet  141 3. 


TABLEAUX,    ETC.,   DONNES    A    MONSEIGNEUR  [fol.    I  5    V°]  3g 

75.  Item,  uns  grans  tableaux  de  bois  tous  neufs,  de  la  lon- 
gueur d'un  autier  ou  environ,  bien  ouvrez  de  menuz  ymaiges  de 
paincture,  de  la  Vie  et  Passion  Nostre  Seigneur  et  de  plusieurs 
sains  et  sainctes;  et  sont  en  vi  pieces  fermans  a  couplez  d'ar- 
gent  dore ;  lesquelx  furent  detfeu  messire  Jehan  de  Montagu, 
et  les  donna  sa  femme  a  Monseigneur  auxdictes  estrainnes 
M  CCCC  etIX. 

[S  G,  n"  171;  prise  viii"  viii  liv.  xv  sous  t.]. 

76.  Item,  uns  autres  anciens  tableaux  de  bois  a  pignon,  faiz 
de  paincture,  de  la  Passion  Nostre  Seigneur,  en  nii  pieces  fer- 
mans a  couplez;  et  y  a  pluseurs  fillolles  (i)  de  cuivre  dore;  les- 
quielx  tableaux  la  Royne  de  Chippre  (2)  donna  a  mondit  Sei- 
gneur ausdictes  estrainnes  milCCCC  et  IX. 

Tradite  fuerunt  iste  tres  partes  acolate  [74  a  76],  cum  particula  sequent! 
in  altero  folio  [77],  per  dictum  Robinetum  Parisius  executoribus  dicti  domini 
Ducis  ;  convertendum  in  facto  execucionis  ipsius,  ut  supra.  Et  sic  acquic- 
tatur  hie  dictus  Robinetus  de  eisdem. 

[S  G,  n"  852;  prise  xl  liv.  t.] 

'J'] .  Item,  un  tableau  de  bois  quarre  ou  il  a  une  Pitie  de  Nos- 
tre Dame  tenant  une  couronne  d'espines  tachee  de  sane,  tout  de 
paincture  ;  et  devant  ledit  ymaige  a  une  courtine  vert. 

De  isto  tabulo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus  causa  qua  supra. 

Ces  parties  acolees  [69  a  77]  sont  ainsi  declairees  es  11=  iiiT'  xv,  11'  iin""^ 
XVI  et  II''  nil"  XVII  fueillez  dudit  livre  des  comptes  precedcns. 

[S  G,  n"  1204;  non  priscl. 

78.  Item,  un  petit  reliquiere  d'or  sur  le  roont,  en  fa^on  de 
fons  de  cuve  en  deux  pieces,  esmaille  par  dedens  de  deux  ymai- 
ges de  Nostre  Dame  et  de  saint  Jehan  Baptiste,  garni  de  cclle 


(1)  Lc  mot  fillole  ou  hole  designait  une  tourclle,  un  contrcfort  ou  clo- 
cheton  employe  a  la  decoration  d'un  edifice  ou  d'un  joyau.  Voyez  les 
exemples  reunis  par  V.  Gay. 

(2)  Jean  II,  roi  de  Chypre,  de  Jerusalem  et  d'Armenie,  surnomme  Janus, 
avait  epouse  a  Melun,  le  2  aout  1409,  Charlotte  de  Bourbon,  troisieme 
fille  de  Jean  de  Bourbon,  comte  de  la  Marche,  et  de  Catherine  de  Ven- 
dome.  Le  grand  maitre  de  Chypre  avait  ete  charge  d'epouser  la  princesse 
par  procuration  (Voy.  Chronique  du  Religieitx  de  Saint-Denis,  III,  399  et 
401).  Jean  II  alia  au-devant  de  sa  femme  jusqu'a  Venise.  Charlotte  de 
Bourbon  mourut  en  1434. 


40  TABLEAUX,    ETC.,    DONNES    A    MONSEIGNEUR    [fol.     1 6] 

part  tout  entour  d'un  filet  de  perles,  et  par  dehors  a  pluseurs 
autres  petites  perles,  et  pend  a  un  laz  de  sole ;  lequel  reliquiere 
madame  la  contesse  de  la  Marche  (i)  donna  a  Monseigneur  aux 
estrainnes,  le  premier  jour  de  Janvier  Tan  mil  CCCC  et  X. 
Ainsi  declare  en  la  premiere  partie  du  ni'^  lvi^  fueillet  dudit 
Hvre. 

79.  Item,  un  joyau  d'argent  dore  en  maniere  d'une  table,  oil 
est  Dieu  et  les  xii  appostres;  et  sur  ladicte  table  a,  escript  de- 
vant  chascun  appostre  son  nom  ;  et  tiennent  en  leurs  mains 
chascun  un  petit  reliquiere ;  lequel  joyau  fu  donne  a  estrainnes 
a  mondit  Seigneur,  le  premier  jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCC  et 
nil,  par  maistres  Pierre  de  Gynes,  Michiel  Le  Beuf,  Erart  Mo- 
riset  et  Jehan  de  Cande,  ses  secretaires  (2).  Ainsi  declare  en  la 
v«  partie  du  cc^  fueillet  dudit  livre. 

Traditum  fuit  istud  jocale  per  dictum  Robinetum  Parisius  executoribus 
dicti  domini  Ducis;  convertenduni  ut  supra.  Et  idco  acquittatur  hie  idem 
Robinetus  de  eodcm. 

[S  G,  11°  172;  neaut  cy,  car  il  n'est  point  prise  pour  ce  qu'il  fut  vendu  a 
Bourges,  et  en  a  ledit  commis  fait  recepte  ou  compte  des  funerailles]. 

80.  Item,  un  petit  reliquiere  d'or  ou  il  a  une  Pitie  de  Nostre 
Seigneur,  garny  entour  de  deux  balaiz  et  trois  grosses  perles; 
et  dessus  a  un  angel  tenant  une  maniere  de  couronne  d'espines; 
et  dedans  ledit  reliquiere  a  pluseurs  reliques ;  et  par  derriere  a 

(i)  Jacques  de  Bourbon,  deuxieme  du  nom,  comte  de  la  Marche  et  de  Cas- 
tres,  grand  chambellan  de  France  (iSgy),  epousa  a  Pampelune,  le  14  scp- 
tembi-e  1406,  Beatrix  de  Navarre,  fiUe  de  Charles  III,  roi  de  Navarre  et 
d'Eleonor  deCastille;  Beatrix  mourut  avant  1415.  Devenu  veuf,  le  comte  de 
la  Marche  epousa  en  secondes  noces  Jeanne  II,reine  de  Naples  et  de  Sicile. 
Mais,  en  1410,  la  comtesse  de  la  Marche  est  encore  Beatrix  de  Navarre. 
Le  scribe  avait  d'abord  ecrit  duchessc  ;  le  mot  a  etc  bitTe  et  remplacc  par 
contesse. 

(2)  Pierre  de  Gynes  et  Jean  dc  Cande  recevaient,  en  1400,  du  due  de 
Berry  une  pension  annuelle  de  60  livres  (Arch,  nat.,  KK  264,  fol.  iov°).  Le 
premier  etait  en  meme  temps  notaire  du  Roi  et  demeurait  en  face  de 
rhotel  d'Harcourt,  ainsi  qu'il  resulte  d'une  note  du  Journal  de  Nicolas  de 
Baye  (1,  121).  En  141 3,  Oudart  de  la  Barre  a  remplace  Jean  de  Cande  en 
qualite  de  secretaire  du  due  (Arch,  nat.,  KK  25o,  fol.  18).  En  1414^  '^  due 
Jean  donne  a  Guillaume  de  Champeaux,  Pierre  de  Gynes  et  Jean  Vignaut, 
ses  conseillers  et  secretaires,  la  somme  de  600  ecus  d'or,  soit  200  ecus  a 
chacun  (Arch,  nat.,  KK  2  5o,  fol.  38  v). 


TABLEAUX,    ETC.,    DONNES    A    MONSEIGNEUR    [fol.     1 6    V°]  4 1 

un  ymage  de  Nostre  Dame  tenant  son  enffant,  faicte  d'esmal;  le- 

quel  reliquiere  ainsi  garny,  comme  dit  est,  madame  de   Mor- 

taing  (i)  a  donne  a  Monseigneur  aux  estrainnes,  le  premier  jour 

de  Janvier  Tan  mil  IIII^  et  XII,  et  n'est  poinct  rendu  es  comptes 

precedans. 

K. —  Datum  fuit  dictum  reliquiare  domine  Marie  de  Francia,  religiose  de 
Poissiaco  (2),  per  mandatum  super  vi'"  parte  lxx™'  folii  hujus  compoti 
traditum,  virtute  cujus  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem  reli- 
quiare. 


YMAIGES    TANT    d'oR    ET    d'aRGENT,    COMME    AUTREMENT, 
DES     INVENTAIRES. 

8 1 .  Item,  un  tres  petit  ymaige  d'or  de  Nostre  Dame,  non  poisie. 

[B,  n°  65o.  —  S  G,  n"  i-j'i;  prise  xlv  sous]. 

82.  Item,  un  autre  plus  petit  en  un  tabernacle  d'or,  non  poisie. 

Ces  deux  parties  acolees  [81,  82],  sont  ainsi  declarees  au  commancement 
du  Lxxi"  fueillet  dudit  livre. 

[B,  65 1.  —  S  G,  n°  174;  prise  xxxv  s.  t.] 

83.  Item,  mi  petis  ymaiges  d'ambre  :  ni  de  vermeil  et  Tautre 
de  blanc  ;  ainsi  declarez  en  la  nii'^  partie  du  c<^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  q3o.  —  S  G,  n°  120;  non  prise.] 

84.  Item,  un  ymaige  de  bois  de  Nostre  Dame,  couronnee 
d'une  couronne  oil  il  a  deux  balaisseaux,  ii  saphirs  et  nn  perles; 
et  tient  son  filz  entre  ses  braz,  seant  sur  un  entablement  d'ar- 


(1)  L'inventaire  designe  prohablement  sous  ce  nom  Catherine  d'Alenijon 
qui,  devenue  veuve,  en  juin  141 2,  de  son  premier  mari,  Pierre  de  Navarre, 
mort  au  cours  de  I'expedition  dirigee  contre  la  ville  de  Bourges,  se  remaria 
avec  le  due  Louis  de  Baviere  a  qui  elle  apporta  le  comte  de  Mortain. 

(2)  Dixieme  enfant  de  Charles  VI,  Marie  de  France,  nee  le  24  aout  iSgS, 
entra  au  monastere  de  Poissy  des  iSgy.  Elle  fit  profession  le  10  juin  1408 
et  mourut  de  la  peste,  a  Paris,  le  ig  aoiit  1438;  on  enterra  son  corps  dans 
I'eglise  de  Poissy.  Elle  re?ut  en  don  de  son  oncle  le  due  de  Berry,  le  7  oc- 
tobre  141 3,  le  fameux  breviaire  dit  de  Belleville,  un  des  plus  beaux  manus- 
crits  du  temps,  conserve  aujourd'hui  a  la  Bibliotheque  nationale  sous  les 
n"'  10483  et  10484  du  fonds  latin  ("Voy.  L.  Delisle  :  Cabinet  des  maniiscrits, 
t.  Ill,  p.  175)  et  dont  on  trouvera  la  description  plus  loin  dans  l'inventaire. 


42  IMAGES    DES    INVENTAIRES   [fol.    I  7] 

gent  dore,  esmaillie  entour  de  pluseurs  ymaiges  et  de  deux  cs- 
cu^ons  des  armes  du  feu  sire  de  la  Riviere  (i). 
[B,  n°  366.  —  S  G,  n"  175;  prise  xxx  1.  t.]. 

85.  Item,  un  ymaige  d'ambre  de  Nostre  Dame  tenant  son 
enffant  par  la  main;  laquelle  a  sur  la  teste  une  couronne  d'ar- 
gentdoree;  et  siet  en  une  chapelle  qui  porte  sur  iiii  pilliers; 
pesant  tout  ensemble  i  marc  vn  onces  v  esterlins. 

Tradite  fuerunt  iste  quatuor  partes  acolate  cum  prima  particula  folii  se- 
quentis  [81  a  85],  Parisius  executoribus  dicti  defuncti  domini  Ducis;  con- 
vertendum  in  facto  execucionis  ipsius,  ut  supra.  Et  ideo  acquittatur  hie 
dictus  Robinetus  de  eisdem. 

[B,  n°  368.  —  S  G,  n"  853;  prise  c  sous  parisis]. 

86.  Item,  un  autre  petit  demi  ymaige  de  Nostre  Dame  dedens 
un  tabernacle  a  pignon  fermant  a  deux  petis  huisselez,  esmaillie 
par  dedens  de  saincte  Katherine  et  de  la  Magdelene,  et  par  dehors 
de  saint  Jehan  Baptiste  et  saint  .Tchan  Euvangeliste  ;  et  y  a 
X  perles,  pesant  i  once  xvn  esterlins  obole. 

[B,  ir  370]. 

87.  Item,  un  petit  vmaige  d'ambre  de  Nostre  Dame  qui  tient 
son  enffant. 

[B,  n"  371.  —  S  G,  n"  1206;  nnn  prise.] 

88.  Item,  un  ymaige  de  bois  de  Nostre  Dame  tenant  son  enf- 
fant, assis  et  [lise:{  en]  une  chaiere  de  mac^onnerie,  estant  en  un 
grant  tabernacle  tres  notablement  ouvre,  scant  sur  un  pie  de  ma- 
gonnerie  tout  de  bois. 

Tradite  fucrunl  iste  due  partes  acolate  [87,  88]  Parisius  per  dictum  Ro- 
binetum  executoribus  dicti  defuncti  domini  Ducis,  pro  convertendo  ut 
supra.  Quare  acquictatur  Iiic  idem  Robinetus  de  eisdcni. 

[B,  n"  372.  —  S  G,  n°  1207;  non  prise.] 

89.  Item,  un  autre  ymaige  de  bois  de  Nostre  Dame  dedens 
un  tabernacle  de  ma^onnerie  ouvre  tres  menuement,  tenant  en 
Tune  de  ses  mains  son  enffant,  et  un  livre  en  Tautre. 


(i)  Jacques  de  la  Riviere,  fils  du  chambellan  de  Charles  V,  Bureau  de  la 
Riviere.  Le  sceau  de  ce  dernier,  conserve  dans  la  collection  des  Archives 
nationales  porte  un  ecu  a  la  bande,  penche,  timbre  d'un  heaume  cime 
d'oreilles  d'ane  avec  deux  aigles  pour  supports. 


IMAGES    DES    INVENTAIRES    [fol.     IJ    V°]  48 

De  ista  ymagine  acquictatur  hie  dictus  Robinetus  quare  de  ordinacione 
executorum  testamenti  dicti  domini  Ducis  remansit  apud  Magdunum  eo 
quod  propter  flebilitatem  ejusdem  non  potuit  defterry  Parisius. 

Ces  parties  acolees  [84  a  89]  sent  ainsi  declarees  au  xliiii°  fueillet  dudit 
livre. 

[B,  n"  373.  —  S  G,  n"  1208;  non  prise]. 

go.  Item,  un  ymaige  d'or  de  saint  Michel  qui  tient  un  serpent 
soubz  lui,  seant  sur  un  petit  entablement  et  une  terrace  d'or 
esmaillie  de  vert ;  et  en  sa  targe  a  un  grant  saphir,  ini  balaisseaux 
et  vni  perles ;  et  en  la  croix  qui  tient  en  sa  main  a  un  dyamant 
poinctu,  quatre  perles  de  compte  et  nii  autres  bien  petites ;  et  en 
son  chapel,  un  ruby;  et,  au  bout  de  Tespee,  une  perle ;  et  entour 
I'entablement  a  x  balaisseaux,  x  saphirs  et  Lxxvni  perles  de 
compte;  et  par  dessus  ladicte  terrace  a  petis  abresseaux  sans 
pierrerie ;  pesant  tout  ensemble  v  marcs  v  onces  v  esterlins.  Ainsi 
declare  en  la  derreniere  partie  du  xlv<=  fueillet  dudit  livre. 
[B,  n"  379.  —  S  G,  n"  1196;  prise  vii''  liv.  t.] 

91.  Item,  un  Dieu  d'ambre  que  deux  coquins  juifs  batent  a 
Festaiche.  Ainsi  declare  en  la  nii'=  partie  du  xLvr  fueillet  dudit 
livre. 

[B,  n"  383.  —  S  G,  n"  1209;  non  prise]. 

92.  Item,  un  ymaige  d'ambre  de  Nostre  Dame,  le  visaige  et  la 
main  d'ambre  blanc,  une  petite  couronne  d'or  sur  sa  teste,  te- 
nant son  entfant  d'ambre  blanc.  Ainsi  declaire  en  la  viu^  partie 
du  Lxvni=  fueillet  dudit  livre. 

Tradite  sunt  iste  in  partes  acolate  [90  a  92]  Parisius  per  dictum  Robine- 
tum  executoribus  dicti  defuncti  domini  Ducis;  convertendum  in  facto  execu- 
cionis  ipsius.  Quare  acquittatur  hie  dictus  Robinetus  de  eisdem. 

[B,  n"  637.  —  S  G,  n"  834;  prise  lx  sous  t.] 


YMAIGES,   TANT    D  OR    ET    D  ARGENT    COMME    AUTREMENT, 
ACHAPTEZ    PAR    MONSEIGNEUR. 

93.  Item,  un  petit  ymaige  d'or  de  saint  Jehan  Baptiste,  esmail-. 
lie  de  bleu,  garni  de  pierrerie,  lequel  Monseigneur  achata  de 
Bureau  de  Dampmartin,  bourgeois  et  changeur  de  Paris,  avec 


44  IMAGES    ACHETEES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.     1 8] 

les  parties  que  ledit  Bureau  delivra  pour  les  estrainnes  du  pre- 
mier jour  de  Janvier  mil  CCCC  et  III  I,  le  pris  et  somme  de 
iiiic  XXXVII  fr.  X  s.  t. 

Presens  pars  fuit  radiata  co  quia  tradita  fuit  Matheo  Heron,  ut  in  com- 
potis  precedentibus  dicti  Robineti  attestatur  (i). 


YMAIGES,    TANT    D  OR     KT     D  ARGENT    COMME    AUTREMENT,    DONNEZ 
A    MONDIT    SEIGNEUR. 

94.  Item,  un  petit  ymaige  d'or  de  Nostre  Dame,  esmaillid  de 
blanc,  tenant  son  enffant  a  demi  nu,  et  en  sa  main  un  balay  lon- 
guet,  couronne  d'une  couronne  garnie  de  in  halaisseaux  et  me- 
nues  perles;  et  siet  sur  un  pie  d'argent  dore  poin^onne,  ouquel 
a  par  devant  un  lieu  pour  mettre  reliques,  et  deux  angels  aux 
costez,  esmaillez  de  bleu ;  lequel  ymaige  Tevesque  de  Limoi- 
ges  (2)  donna  a  estrainnes  a  Monseigneur,  le  premier  jour  de 
Janvier  Tan  mil  CCCC  ct  V.  Ainsi  declare  en  la  derreniere  par- 
tie  du  ciiii^^  xv«  fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  n-  176;  prise  vi"  liv.  t.]. 

95.  Item,  un  petit  chief  d'un  evesque  dont  la  teste  est  d'un 
camahieu,  et  la  mictre  et  sa  poictrine  sont  d'argent  dore,  garnie 
ladicte  mictre  de  menue  pierrerie  et  esmaux  de  petite  valeur;  et 
en  la  poictrine  a  un  lieu  pour  mectre  reliques ;  et  a  I'entour  du  col 
a  escript  :  Gloriosus  Deus  in  Sanctis  suis;  lequel  chief  Tabbe 
de  Saint-Guillaume  (3)  donna  a  estrainnes  a  Monseigneur  le 


(i)  En  effet,  I'article  est  barre. 

(2)  L'eveque  de  Limoges,  en  1406,  est  Hugues  I"  de  Magnac,  qui  avait 
succede,en  1404,  a  Bernard  II  de  Bonneval.  II  mourut  en  i4i2.Son  succes- 
seur  fut  Renaud  de  Perusse  des  Cars  a  qui  Nicolas  Viaud,  le  conseiiler  du 
due  de  Berry,  disputa  le  siege  de  Limoges.  Nicolas  Viaud  est  cite  plusieurs 
fois  dans  le  present  inventaire  avec  la  qualite  d'eveque  de  Limoges. 

(3)  Est-ce  le  superieur  de  la  maison  des  religieux  Guillemites,  connus 
sous  le  nom  de  Blancs-Mateaux,  ou  bien  I'abbe  de  Saint-Guillaume 
des  Deserts  qui  avait  re<;u,  en  i3()8,  un  balai  en  un  anneau  carre  du 
due  de  Bourgogne  (Voy.  E.  Petit,  Itineraires  des  dues  dc  Bourgogne, 
p.  56o)  ? 


IMAGES   DONNEES    A    MOMSEIGNEUR    [fol.    1 8   V^]  43 

premier  jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCC  et  III.  Ainsi  declare  en  la 
iiii«  partie  du  cc^  fueillet  dudit  livre. 

Iste  due  partes  acolate  [94,  gS]  tradite  fuerunt  Parisius  executoribus  dicti 
defuncti  domini  ducis;  convertendum  in  facto  execucionis  ut  supra;  quare 
exoneratur  hie  dictus  Robinetus  de  eisdem. 

[S  G,  n"  855;  prise  viii  liv.  t.]. 


CALICES,     PORTEPAIX,     CORPORALLIERS,    BOISTES,    BURETES, 
TANT   d'or   et   d'argent   COMME   AUTREMENT,    DES    INVENTOIRES. 

96.  Item,  un  portepaix  d'or  ou  il  a  un  cristal  roont,  ou  milieu 
et  dessoubz  une  Trinite;  et  entour  sont  les  iiii  euvangelistes 
esmaillez,  garniz  de  pierrerie,  c'est  assavoir:  de  iiii  balaiz,viii  sa- 
phirs,  XII  troches  de  perles  (i),  en  chascun  trochet  in  perles,  qui 
font  XXXVI  perles,  pesantimarcv  oncesxvii  esterlins  obole.  Ainsi 
declare  en  la  iiii<=  partie  du  lxxii«  fueillet  dudit  livre. 

Tradita  fuit  dicta  pax  Parisius  executoribus  dicti  defuncti  domini  Ducis; 
convertendum  in  execucione  ipsius,  ut  supra.  Quare  idem  Robinetus  ac- 
quittatur  hie  de  eadem. 

[B,  n"  659.  —  S  G,  n"  177;  prise  11'  xxv  liv.  t.]. 

97.  Item,  un  autre  petit  portepaix  d'or  ou  il  a  une  croix  ou 
milieu,  ouquel  a  un  Agnus  Dei;  et  entour  sont  les  iiii  euvange- 
listes d'esmail,  garniz  de  deux  balaiz,  ii  saphirs  et  xii  perles,  pe- 
sant  V  onces  xiiii  esterlins  obole. 

Presens  articulus  similiter  radiatur  in  simili  compote  dicti  Robineti,  eo 
quia  traditus  fuit  Matheo  Heron,  thesaurario  Domini,  ut  in  compotis  prece- 
dentibus  ipsius  Robineti  attestatur  (2). 

[B,  n"  660]. 

98.  Item,  un  corporaller  (3)  d'yvoire,  le  couvercle  de  la  Pas- 
sion a  ymaiges  de  taille;    et    est  ledit  corporaller  fait  alentour 

(i)  Troche  ou  trochet,  signitie  une  reunion,  un  trousseau  de  pierres  pre- 
cieuses  ou  de  perles  formant  boutons,  fleurs,  etc.  (Voy.  Glossaire  des 
emaux). 

(2)  Get  article  est  barre. 

(3)  Le  corporaller  ou  corporaller  etait  une  boite,  souvent  en  matiere  pre- 
cieuse,ou  Ton  renfermait  dans  les  sacristies  le  corporal,  linge  sur  lequel 
le  pretre  pose  le  calice  et  I'hostie  qu'il  consacre. 


46  CALICES.    PORTEPAIX.    ETC..    DES    INVENTAIRES    [fol.    1 9  Vo] 

de  plusieurs  ymaiges  de  ladicte  Passion.  Ainsi  declare  en  la 
ix«  partie  du  iiii'^''  ii«  fueillet  dudit  livre. 

Dictum  corporale  traditum  fuit  per  dictum  Robinetum  Parisius  executo- 
ribus  dicti  defuncti  domini  Ducis,  pro  convertendo  in  facto  exccucionis 
ipsius.  Quare  idem  Robinetus  exoneratur  hie  de  eodem. 

[B,  n"  744.  —  S  G,  n"  856;  prise  viii  liv.  t.]. 

99.  Item,  une  boiste  d'argent  dore  a  mettre  pain  a  chanter  (i), 
seant  sur  un  pie,  esmaille  par  dedens,  ouvre  de  fenestraiges  en 
maniere  de  hosteaux;  et  entour  le  pie  a  in  petis  serpans  volans; 
pesant  n  marcs  i  once  v  esterlins.  Ainsi  declaire  en  la  vni<=  partie 
du  ini"''  Hii"^  fueillet  dudit  livre. 

Tradita  fuit  ista  busta  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus  dicti 
defuncti  domini  Ducis,  pro  convertendo  in  facto  execucionis  ipsius,  ut 
supra;  et  ideo  idem  Robinetus  exoneratur  hie  de  eadem. 

[B,  n"  764.  —  S  G,  n"  178;  neant  pour  ce  que  ledit  commis  en  a  fait  re- 
cepte  ou  compte  des  funerailles]. 


CALICES,    PORTEPAIX    ET    BURETES,  TANT    D  OR    ET    D  ARGENT 
COMME    AUTREMENT,    DONNEZ    A    MONDIT    SEIGNEUR. 

100.  Item,  un  petit  portepaix  d'or,  ouquel  a  un  ymaige  de 
saint  Antoine  en  maniere  de  haulte  taille,  et  en  sa  poictrine  a 
une  fleur  de  lis  de  balay;  lequel  portepaix  le  Roy  de  Navarre  (2) 
donna  a  Monseigneur  ou  moys  de  decembre  Tan  mil  CCCC  et  V. 
Ainsi  declare  en  la  derreniere  partie  du  ciiii^^  xvii«^  fueillet  du- 
dit livre. 

[S  G.  n°  179;  prise  lxx  liv.  t.]. 

1 01.  Item,  deux  buretes  de  noix  d'Inde  '3)  garnies  d'argent 


(i)  Pain  azyme  ou   sans  levain   dont  sont  faites  les  hosties. 

(2)  Charles  III,  dit  le  Noble,  ne  a  Mantes  en  i36i,  succeda  a  son  pere 
Charles  le  Mauvais,  conime  roi  de  Navarre,  en  1387,  et  regna  jusqu'en 
1425.  II  avait  epouse  Eleonor  de  Castille.  II  reparait  plusieurs  fois  par  la 
suite  (Voy.  n"'  469,  470,  598,  5gcj). 

(3)  L.  de  Laborde  et  Douet  d'Arcq  {Inventaire  des  joyaux  de  la  cuuronne 
en  1418,  n°  23)  estiment  que  la  noix  d'Inde  n"est  autre  chose  que  la  noix 
de  coco,  importee  des  Indes  Orientales. 


CALICES,    ETC.,   DONNES    A    MONSEIGNEUR   [fol.    2o]  47 

dor^,  a  un  long  col,  sans  ances,  lesquelles  messire  Jehan  de 
Chasteaumorant  (i)  apporta  de  Constantinople  et  donna  a  mon- 
dit  Seigneur  ou  moys  de  septembre  mil  CCCC  et  deux.  Ainsi 
declare  en  la  derreniere  partie  du  ii^  i=  fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  n"  857;  prise  viii  liv.  t.]. 

102.  Item,  un  portepaix  d'or  ou  il  a  un  angel  tenant  un  cru- 
cefix,  convert  par  dessus  d'un  cristal,  et  garni  entour  de  vii  ba- 
laisseaux  et  xvi  perles,  lequel  monseigneur  le  conte  d'Alenijon 
donna  a  estrainnes  a  Monseigneur  le  premier  de  Janvier  mil  CCCC 
et  VII.  Ainsi  declare  en  la  premiere  partie  du  ii^'  uii^^  xix«  fueil- 
let dudit  livre. 

Iste  tres  partes  acolate  [100  a  102]  tradite  et  rcddite  fuerunt  Parisius  per 
dictum  Robinetum  executoribus,  pro  convertendo  in  facto  execucionis 
ipsius.  Et  ideo  idem  Robinetus  exoneratur  hie  de  eisdem. 

[S  G,  n"  180;  prise  iiii"  liv.  t.]. 

io3.  Item,  un  petjt  portepaix  d'or  ouquel  a  une  Veronique 
d'esmail  et  par  dessus  une  croix  garnie  de  trois  balaiz,  un  saphir 
et  une  perle,  et  par  dessoubz  un  lieu  pour  mectre  reliques ;  lequel 
pourtepaix  madame  de  Bourbon  donna  a  Monseigneur  aux  es- 
trainnes le  premier  jour  de  Janvier  mil  CCCC  et  douze.  Et 
n'est  point  rendu  cs  comptes  precedans. 

Dicta  parva  pax  data  fuit  per  dictum  defunctum  dominum  Duceni,  dum 
viveret,  capelle  sue  Bicturicenci,  prout  constat  per  litteras  ipsius  doniini 
Ducis  datas  xvi'  die  januarii  M  CCCC  XIIII'°,  que  servient  int'erius  pro  plu- 
ribus  aliis  partibus.  Quare  dictus  Robinetus  exoneratur  hie  de  eadeni. 


(i)  La  Chroniqiie  du  Religieux  de  Saint-Denis  (II,  693)  nous  apprend 
que  Boucicaut,  envoye  a  Constantinople  pour  defendre  la  ville  contre  les 
Tures,  y  laissa,  en  iSgg,  lors  de  son  retour  en  France,  inessire  de  Chasteau- 
morant a  la  tete  de  cent  hommes  d'armes.  Ceiui-ei  etait  encore  a  Constan- 
tinople en  1402  et  fut  fait  prisonnier  par  les  Venitiens  a  son  retour  {Ibid., 
Ill,  5 1,  83).  En  aout  1404,  le  roi  de  France  confirmait  une  convention  pas- 
see  par  ce  seigneur  comma  lieutenant  de  Boucicaut  avee  Gabriel  Marie  de 
Visconti  qui  se  reeonnaissait  vassal  du  roi  de  France  et  s'engageait  a  lui 
remettre  Livourne  (Arch,  nat.,  JJ  i58,  fol.  267  v°).  Ce  sejour  en  Orient  ex- 
plique  la  possession  des  objets  singuliers  que  le  due  de  Berry  re^ut  du  sieur 
de  Chateaumorant. 


48  CHANDELIERS,    ETC.,  DES  INVENTAIRES    [fol.    20    V^] 


CHANDELLIERS,  BENOISTIERS  ET   ENCENSIERS,    TANT    D  OR   ET  D  ARGENT 
COMME    AUTREMENT,    DES    INVENTOIRES 

104.  Item,  un  petit  chandellier  d'argent  vere  (i)  pour  mectre 
oisellez  de  Chippre  (2)  oil  il  a  escript  dessus :  Pour  vous  servir  (3) ; 
declare  en  la  v^  partie  du  xxxi^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  211.  —  S  G,  n°  i8i;  neant  cy  pourceque  ledit  commis  en  a  fait 
recepte  ou  compte  des  funerailles]. 

io5.  Item,  un  benoistier  d'or  avec  Tesguipillon  (4)  ou  asper- 
persouer  tenant  a  une  chaienne  d'or,  lequel  benoistier  est  de 
fa^on  ancienne,  fait  a  ymaige  par  dehors,  oil  il  est  escript  lettrcs 
grecques,  esmaille  de  pluseurs  fueilles  eslevees,  pesant  tout  en- 
semble VI  marcs  11  onces  xv  s.  Ainsi  declaire  en  la  vi^  partie  diL 
xxxi"^  fueillet  dudit  livre. 

Iste  II'  partes  acolate  [104,  io5]  tradite  fuerunt  Parisius  per  predictum 
Robinetum  executorihus  dicti  defuncti  domini  Ducis,  pro  convertendo  in 
facto  ipsius,  ut  supra.  Quare  idem  Robinetus  exoneratur  hie  de  eisdem. 

[B,  n"  212.  —  S  G,  n°   SyS;   pesant   v    mars  v  onces  v    esterlins;    prise 

111'=  LXXIl   liv.  t.] 

106.  Item,  un  chandellier  d'argent  dore,  qui  fu  de  feu  mon- 

(i)  Douet  d'Arcq  {Comptes  de  I'Argenterie,  iS5i,  p.  347)  assimile  I'argent 
vere  a  I'argent  emaille.  Mais  on  voit  parfois  figurer  ces  deux  termes  dans  le 
meme  article  (Voy.  ci-dessous  art.  121);  il  y  a  done  une  difference  entre 
les  deux  genres  de  decoration.  Peut-etre,  dans  I'argent  vere,  I'email  formait- 
il  certains  dessins  reguliers  imitant  le  vair  heraldique. 

(2)  II  s'agit  de  parfums  venus  d'Orient  qu'on  brulait  pour  embaumer  les 
appartements,  comme  les  parfums  qu'on  appelle  aujourd'hui  pastilles  du 
serail.  Ce  terme  revient  frequemment  dans  les  inventaires.  On  faisait  bruler 
ces  parfums  qui  semblent  avoir  re^u  le  plus  souvent  la  forme  d'oiseaux,  de 
la  leur  nom,  soit  sur  des  chandeliers  comme  ici  et  dans  plusieurs  articles 
ci-dessous  (271,  272,  273,  324,  etc.),  soit  dans  des  cages  (art.  289),  soit  dans 
des  fleurs  de  lis  (art.  3 16)  soit  meme,  cela  ne  pouvait  manquer  dans  I'inven- 
taire  du  due  de  Berry,  dans  des  ours  (art.  33o). 

(3)  Cette  devise  n'est  pas  citee  dans  le  Dictionnaire  des  devises  de 
MM.  Chassant  et  Tausin.  Elle  se  trouve  seulement  sur  des  chandeliers 
d'argent  (voy.  ci-dessous  n°'  118,  119);  aussi  est-ce  peut-etre  tout  simpie- 
ment  une  invitation  gracieuse  destinee  a  etre  placee  sur  tons  les  objets  de 
pareille  nature  quel  qu'en  fiit  le  proprietaire. 

(4)  On  a  ici  les  deux  termes  synonimes  :  goupillon  ou  csquipillon  et  as- 
pergeoir  ou  aspersouer. 


CHANDELIERS,  ETC.,  DES    INVKNTAIRES  [fol.   2l]  49 

seigneur   d'Estampes,  sur  le  pie   duquel  a  in  escuijons  de  ses 

armes,  ct  dessus  in  moiches  a  mettre  chandellcs ;  pesant  vii  on- 

ces    XVII    esterlins    obole.    Ainsi  declare    eii    la   v-'    partie    du 

xxxiiii'^  tueillet  dudit  livre. 

K.  —  Dictum  candelabrum  traditum  fuit  cum  aliis  pluribus  jocalibus 
auri  et  argenti  Matheo  Heron,  thesaurerio  suo  general!,  [ut]  constat  per  suam 
certifficacionem  redditam  cum  mandato  cjusdem  Domini  super  iiii'"  parte 
nonag""  vi"  folii  hujus  compnti;  virtute  quorum  dictus  Robinetus  acquitta- 
tur  hie  de  eodem  ad  onus  dicti  thesaurarii. 

[B,  n°  2 3 1.] 

107.  Item,  un  petit  encensier  d'argcnt  dore,  ou  il  a  in  escu- 
90ns  (i)  aux  armes  de  feu  monseigneur  d'Estampes  et  lettres 
grecques,  pendant  a  iiii  petites  chaiennes  d'argent  blanc;  pesant 

I  marc  X  esterlins.  Ainsi  declaire  en  la  vni'' partie  dn  ini^"^  iii<=  tueil- 
let dudit  livre. 

[B,  n°  754.  —  S  G,  n°  182;  neant  pour  la  cause  dessusdicte.] 

108.  Item,  un  autre  encensier  tout  roont,  d'argent  blanc,  fait 
a  fleurs  de  lis,  pendant  a  iiii  chaiennes  d'argent  blanc;  pesant 

II  marcs  iiii  onces.  Ainsi  declaire  en  laix*^  partie  du  iiii^^iiFfueil- 
let  dudit  livre. 

[B,  n"  753.  —  S  G,  n°  i83;  neant  comme  dessus.] 

109.  Item,  un  benoistier  de  cristal  a  deux  ances,  non  garni. 
Ainsi  declaire  au  commancement  du  premier  article  du  c^  fueil- 
let  dudit  livre,  et  le  residu  dudit  article  est  rendu  cy  apres  en  la 
premiere  partie  de  la  secunde  page  du  xxxix<^  fueillet  de  ce  pre- 
sent compte.  Pour  ce,  icy  seulement  ledit  benoistier. 

Tradite  fuerunt  iste  ni  partes  acolate  [107-109]  Parisius  executoribus 
dicti  defuncti  domini  Ducis;  convertendum  in  execucione  ipsius,  ut  supra. 
Quare  idem  Robinetus  exoneratur  hie  de  eisdem. 

[B,  n°  Q2J.  —  S  G,  n"  S38;  prise  vi  liv.  t.] 

1 10.  Item,  deus  petis  ymaiges  en  maniere  d'enffans  de  cueur, 
d'argent  blanc,  qui  furent  de  feu  monseigneur  d'Estampes,  te- 
nant chascun  un  chandellicr,  assis  surun  pie  d'argent  dore  ou  il 


[i)  S  G  :  ((  quatre  escui;ons  ». 


5o  CHANDELIERS,    ETC.,    DES    INVENTAIRES    [fol.    2  1     V°] 

a  pluseurs  escu(;ons  de  feuc  madame  d'Orleans  (i)  ct  de  mon- 
seigneur  d'Estampes;  pesant  vi  marcs  4  onces.  Ainsi  declaire  en 
la  iii^  partie  du  xlvi^  fueillet  dudit  livre. 

K.  —  Dicte  ymagines  cum  aliis  jocalihus  tradite  f'uerunt  Matheo  Heron, 
thesaurario  Domini,  ut  constat  per  certifficacionem  suam  redditam  cum 
mandate  dicti  Domini  super  iiii»  parte  nonag""  vi''  folii  hujus  compoti; 
virtute  quorum  dictus  Robinctus  acquittatur  hie  de  ipsis  ad  onus  dicti 
thesaurarii. 

[B,  n"  382.] 

111.  Item,  uii  henoistier  de  cristal,  garni  d'argent  dore,  a  une 
ance  d'argent  doree,  pendant  a  une  chaienne  d'argent  blanc,  ou 
il  a  au  bout  un  annel  d'argent  dore;  pesant  n  marcs  v  onces 
X  esterlins. 

[B,  n°  422.  —  S  G,  n°  85y;  prise  viii  liv.  t.] 

112.  Item,  un  henoistier  de  cassidonnie  (2)  a  deux  ances  de 
mesmes,  et  dessus  a  une  ance  d'argent  dor^  de  deux  serpens, 
entortillees  I'une  en  I'autrc;  pesant  vi  marcs  vi  onces. 

[B,  n"  423.  —  S  G,  n°  184;  prise  xvi  liv.  t.J 

1 1 3.  Item,  un  autre  henoistier  de  cristal,  ou  il  a  deux  serpens 
volans  qui  font  I'ance,  d'argent  dore;  non  pese. 

[B,  n°  424.  —  S  G,  n°  860;  prise  xii  liv.  t.] 

1 14.  Item,  un  petit  encensier  d'argent  dore  pour  mectre  oi- 
sellez  de  Chippre,  ouquel  a  v  petites  tournelles  par  dessus, 
pendant  a  v  petites  chaiennes  d'argent  dore;  pesant  v  onces 
XVII  esterlins  ohole. 

Iste  1111°"'  partes  acolate  [111-114]  tradite  et  reddite  fuerunt  dictis  exe- 
cutorihus,  ut  supra.  Quare  dictus  Robinctus  exoneratur  hie  de  eisdem. 

Ges  iiii  parties  acoiees  sont  ainsi  declairees  au  li"  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  427.  —  S  G,  n°  i85;  neant  cy,  pour  cc  que  Icdit  commis  en  a  fait 
receptc  ou  comptc  des  funcraillcs.] 

1  i5.  Item,  un  chandellier  d'or  en  maniere  d'un  Jcunc  enlfant 
a  un  genoil,  et  tient  ledit  enffant  en  sa  main  une  rose,  en  la- 

(i)  Les  amies  de  Valentine  de  Milan,  devenuc  duchesse  d'Orleans  le  17  aout 
i38g  et  morte  le  4  decembre  140CS,  ctaient  :  au  i"  et  au  4°  de  France  au 
lambel  d'argent  de  trois  pieces;  au  2°  et  au  3"  de  Milan,  qui  est  d'argent  a 
une  guivre  d'azur  couronnee  d'or,  a  I'issant  de  gueules. 

(2)  Ici,  comme  dans  d'autres  articles  qu'on  trouvera  plus  loin,  le  scribe, 
par  ignorance  sans  doute,  a  ecrit  cassidonie  pour  cassidoine. 


CHANDELIERS,    ETC.,    DES    INVENTAIRES    [fol.    22]  5  I 

quelle  a  une  poiiicte  pour  tenir  un  cierge,  et  devant  et  darriere 

les  amies  de  la  Royne  Blanche  (i) ;  pesant  i  marc  iiii  onces  x  es- 

terlins  (2). 

Raie  cc  chandellier  pour  ce  qu'il  a  este  bailie  a  Mace  Heron,  tresorier 
general  de  mondit  Seigneur.  Et  en  est  acquitte  ledit  Rohinet  sur  le  coinptc 
dudit  inventaire. 

[B,  n-  52  3.] 

116.  Item,  un  petit  chandellier  d'argent  vere  qui  fu  deffeu 
monseigneur  d'Estampes,  pour  servir  a  la  caige  d'un  papc- 
gal  (3),  OLi  il  a  escu^on  taillie  aux  armes  de  mondit  seigneur 
d'Estampes;  pesant  iii  onces  xv  esterlins.  Ainsi  declare  en  la 
penultieme  partie  du  lx--'  fueillet  dudit  livre. 

iB,  n"  524.  —  S  G,  n"  \HG;  neant  pour  la  cause  dessusdicte.] 

117.  Item,  un  petit  serpent  volant  d'or,  qui  sert  pour  tenir 
une  chandelle,  assiz  sur  un  petit  entablement,  armoie  aux  armes 
de  France;  pesant  v  onces.  Ainsi  declaire  en  la  premiere  par- 
tie  du  Lxi^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  526.  —  S  G,  n°  187;  neant  comme  dessus.] 

118.  Item,  un  chandellier  d'argent  vere  pour  mettre  oisellez 
de  Chippre,  oti  il  a  escript  par  dessus  le  pie  alentour  d'icellui  : 
Pour  vans  servir.  Ainsi  declaire  en  la  ini'^  partie  du  cxv^'  fueillet 
dudit  livre. 

[B,  n"  loyy.  —  S  G,  n"  188;  neant  comme  dessus.] 

119.  Item,  deux  autres  petis  chandelliers  d'argent  dorez,  qui 
servent  a  mectre  oisellez  de  Chippre,  ou  est  escript  sur  les  piez  : 
Pour  vous  servir;  pesant  n  marcs  11  onces  x  esterlins.  Ainsi  de- 
clairez  en  la  penultieme  partie  du  nii^^  xnii'^  fueillet  dudit  livre. 

Tradite  et  redditc  fuerunt  iste  iiii"  partes  acolate  [i  16-1 19]  Parisius 
per  dictum  Rohinetum  dictis  executoribus,  ut  supra.  Quare  idem  Robi- 
netus  exoneratur  hie  de  eisdem. 

[B,  n°  867.  —  S  G,  n°  189  ;  neant  comme  dessus.] 

(i)  II  est  difficile  de  determiner  quelle  princesse  I'inventaire  designe  ici. 
S"agit-il  de  Blanche  de  Castille  ou  d'une  autre  reine  portant  le  nom  de 
Blanche  .'  Ou  bieii  Tobjet  venait-il  de  la  veuve  d'un  roi  de  France? 

(2)  Get  article  est  biffe  sur  le  manuscrit. 

(3)  Forme  curieuse  de  papegai.  Le  Dictionnaire  de  Trdvoux  donne  encore 
ce  mot,  mais  en  le  disant  tombe  en  desuetude  et  ne  s'appliquant  plus  guere 
qu'aux  oiseaux  servant  de  but  aux  archers. 


52        CHANDELIERS,    ETC.,    DONNES    A    MONSEIGNEER    [fol.    22    V] 


CHANDELLIERS  ET  BENOISTIERS,    TANT  D  OR    ET  D  ARGENT  COMME 
AUTREMENT,    UONNEZ  A  MONDIT    SEIGNEUR. 

120.  Item,  deux  petis  chandellicrs  d'or,  goderonnez,  tailicz 
au  long  aux  armes  de  Monseigneur,  et  les  pommeaux  esmaillcz 
desdittes  armes,  et  sont  les  piez  desdiz  chandellicrs  poin^'onncz 
a  roses,  scans  chascun  sur  in  pctiz  oisellez;  lesquelx  monsei- 
gneur de  Vendosme  (i)  donna  a  Monseigneur  a  estrainnes,  le 
premier  jour  de  Janvier  mil  CGCG  et  deux. 

Raie  ces  deux  chandellicrs  pour  ce  qu'ils  out  cstc  baillez  ii  Mace  Henm, 
tresorier  general  de  Monseigneur.  Et  est  acquittc  ledit  Robinet  d'Estampes 
sur  les  comptcs  precedens  (2). 


AULTIERS  PORTATIS   DES  INVENTOIRES. 

121.  Item,  un  aultier  portatif  (3j  de  jaspre,  garni  d'argcnt,  cs- 
maillic  alentour  de  la  vie  de  Nostre  Seigneur  ct  dcNostrc  Dame, 
et  siet  sur  nii  pctis  leoneaux  ;  pesant  avec  ledit  jaspre  xviii  marcs. 

[B,  n°  77G.  —  S  G,  n"  i<)o;  prise  i.xx  liv.  t.] 

122.  Item,  un  aultier  portatif  de  picrrc  de  marhre,  garni  dcs- 
soubz  de  cuivre  dorc,  et  sont  les  hours  d'argcnt  verc  ct  d'es- 
maulx;  pesant  avec  ladictc  picrrc  vni  marcs  n  onccs  xv  esterlins. 

[B,  n"  777.  —  S  G,  n-  8G1  ;  prise  lx  sous  t.J 

123.  Item,  un  aultre  petit  aultier  portatif  de  pierre  de  marhre, 
assis  sur  un  hois,  entour  garni  d'argcnt  dorc,  ou  il  a  nii  pieces 


(i)  Louis  de  Bourbon,  comte  de  Vendomc,  tils  dc  Catherine,  soeur  de 
Bouchard  VII,  comte  de  Vendome,  et  de  Jean  de  Bourbon,  comte  de  la 
Marche.  Ne  vers  1376,  il  lit  hommage  du  comte  de  Vendome  au  due  d'An- 
jou  en  1402,  fut  fait  prisonnier  a  Azincourt  et  mourut  le  21  decembre  1446. 
II  avait  ete  nomme  grand  chambellan  de  France  en  1408,  et  grand  maitre 
de  I'hotel  du  Roi  en  141 3. 

(2)  Get  article  est  en  effet  bitfe  sur  le  manuscrit. 

(3)  Voyez  les  articles  consacres  aux  autels  portatifs  dans  le  Glossaire  des 
e'maiix  et  le  Dictionnaive  avcheologiquc. 


AUTELS    PORTATIFS    DES    INVENTAIRES    [fol.    2  3]  53 

de  neelleure;  pesant  avec  le  bois  et   pierre  viii  marcs  i    once 
XV  esterlins. 

[B,  n"  778.  —  S  G,  n"  191  ;  prise  vi  liv.  t.] 

124.  Item,  une  pierre  de  marbre  pour  faire  un  aultier  portatif, 
non  garnie. 

Ces   nil    parties  acolees  [121-124]  sont  ainsi  declairecs  en  la  fin  du  iiii" 
v  fueillet   dudit  livre  et  au  commancement  du  iiii"  vr  fueillet  ensuivant. 
[B,  n"  779.  —  S  G,  n"  192  ;  prise  xl  sous  t.] 

125.  Item,  un  escrin  de  bois,  garni  d'argent,  couvert  d'une 
pierre  de  marbre  garnie  dessus  d'ouvraige  de  Damas,  et  alentour 
d'ymaiges  enlevez.  Ainsi  declare  en  la  in^partie  du  ini'^^xix^  fueil- 
let dudit  livre. 

Rcddite  et  tradite  fuerunt  Parisius  iste  quinque  partes  acolate  [i2i-i25] 
per  dictum  Robinetum  dictis  executoribus  pro  convertendo  in  dicta  exe- 
cucione,  ut  supra.  Quare  idem  Robinetus  exoneratur  hie  de  eisdem. 

[S  G,  n°  862;  prise  x  liv.  t.] 


AULTIERS  PORTATIS    QUE    MONDIT   SEIGNEUR  A  EUZ  DEPUIS  LESDIZ 
INVENTOIRES. 

126.  Item,  une  pierre  de  jaspre  vermeil  pour  un  aultier  por- 
tatif, non  garnie;  laquelle  n'est  pas  rendue  es  comptesprecedens. 

Tradita  et  reddita  [fuit]  ista  pecia  Parisius  per  predictum  Robinetum 
executoribus  dicti  defv.ucti  domini  Ducis;  convertendum  in  facto  execucionis 
ipsius,  ut  supra.  Quare  exoneratur  hie  idem  Robinetus  de  eadem. 

[S  G,  n"  193 ;  prise  vi  1.  t.] 


AUTRES  JOYAULX  DE  DIVERSES  MANIERES,   POUR  CHAPELLE,  DES 
INVENTOIRES. 

127.  Item,  un  aigle  d'argent  dore  1 1 1,  couronne,  qui  sert  pour 

(i)  Ccs  lutrins  en  metal  precieux,  sans  doute  de  petites  dimensions, 
etaient  reserves  a  I'usage  particulier  des  princes  et  des  grands  seigneurs, 
comme  I'indiquent  de  reste  I'ccritoire,  le  cadran  et  la  glace  qui  accompa- 
gnent  ce!ui-ci.  Ces  lutrins  servaient  a  poser  les  manuscrits  dans  les  cham- 
bres,  comme  on  le  voit  par  les  miniatures  et  les  tapisseries  du  quinzieme 
siecle. 


54  AUTRES    JOYALX,    ETC..    BES    INVENTAIRES    [fol.    24] 

un  lectrin,  seant  sur  une  roiche  oti  il  a  pluseurs  petis  ymaiges, 

escureux  et  deux  arbresseaux;  el  par  dessus  a  une  escriptoire  en 

laquellc  a  un  cadran,  et  oudit  cadran  un  escu^on  aux  amies  feu 

monseigneur  d'Estampes;  tout  ensemble  pesant  vii  marcs  i  once 

5  esterlins.  Ainsi  declairee  en  la  derreniere  partie  du  ini^^  n<^  fueil- 

let  dudit  livre. 

Reddita  ct  tradita  t'uit  Parisius  per  dictum  Rohinetum  cum  duabus  aliis 
partibus  in  sequenli  pagina  [127-129]  executoribus  dicti  defuncti  domini 
Ducis,  ut  supra.  Quare  idem  Robinetus  exoneratur  hie  de  eisdem. 

[B,  n°  746.  —  S  G,  n"  194;  ntiant  cy  pour  ce  que  Icdit  commis  en  a  fait 
rcceptc  ou  comptc  des  funcraillcs.] 

128.  Item,  un  cresmier  d'argent  dore  (i)  a  iii  estuiz,  pour  mec- 
tre  le  saint  cresme,  non  poisie.  Ainsi  declaire  en  la  vni<=  partie 
du  \\\[^^  \^  tueillet  dudit  livre. 

[B,  n"  774.  —  S  G,  n"  igb;  niiant  cy  pour  la  cause  dessusdicte.] 

129.  Item,  un  autre  aigle  d'argent  dore,  fait  en  guise  d'un  lec- 
trin, tenant  en  son  bee  un  mirouer,  assiz  sur  une  rose  esmaillee 
de  bleu  et  de  rouge,  L]ui  fu  de  feu  monseigneur  d'Estampes,  et 
par  darriercs  un  escuc;on  de  ses  armes;  et  siet  sur  un  pie  fait  en 
guise  de  terrace;  pesant  vni  marcs  in  onces  v  esterlins.  Ainsi  de- 
claire en  la  v^  partie  du  li"^  fueillet  dudit  livre. 

Tradite  et  reddite  fuerunt  [127-129]  Parisius  per  dictum  Robinetum  exe- 
cutoribus, ut  supra.  Quare  exoneratur  hie  idem  Robinetus  de  eisdem. 
[B,  n"  423.  —  S  G,  n"  196;  neant  comme  dessus.] 


RELIQUES    SAINCTES   DES   INVENTOIRES. 

i3o.  Item,  le  calice  oili  Nostre  Seigneur  bcut  a  la  Cene  (21,  garni 
d'or,  escript  a  Tentour  de  Icttres  noircs;  pesant  i  marc  xnn  es- 
terlins. Ainsi  declaire  en  la  n<^  partie  du  lxxh"^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n"  (364.  —  S  G,  n"  197;  prise  xxxnn  iiv.  t.] 


(i)  «  Vere  »  dans  I'lnventaire  B,  n"  774. 

(2)  Le  Dictionnaire  de  Trevoux  dit  :  «  Bude  assure  que  le  calice  dont  N.-S. 
se  servit  a  la  Cene  avait  deux  anses;  qu'il   etait  d'argent  et  de  la  capacite 

d'une  chopine.  « 


RELIQI'ES    DES    INVENTAIRES    [fol.    2  5]  55 

i3i.  Item,  une  escuelle  d'argent  doree,  oil  il  a  pluseurs  cris- 
taulx  garniz  de  reliques,  et  v  angels  embotees  ou  milieu,  es- 
maillee  de  Nostre  Seigneur  et  ses  Appostres  faisans  la  Gene  ;  pe- 
sant  nil  marcs  u  onces  xn  esterlins  et  obole.  Ainsi  declairee  en 
la  m^  partie  du  nn"''  xnn«  fueillet  dudit  livre. 

Reddite  et  tradite  fUerunt  iste  ii"  partes  acolate  [i3o-i3i],  Parisius  per 
dictum  Robinetum  predictis  executorihus,  ut  supra.  Quare  idem  Robinetus 
exoneratur  hie  de  eisdem. 

[S  G,  n°  863 ;  prise  xxx  liv.  t.] 

1 32.  Item,  une  piece  du  chief  saint  Denis,  qui  souloit  estre  en 

une  saliere  de  cristal  garnie  d'argent,  declairee  en  la  xi<=  partie 

du  xxvu'^  fueillet  du  livre  des  comptes  precedens,  et  laquelle  est 

cy  apres  rendue  sanz  reliques  en  la  n^  partie  de  la  seconde  page 

du  nn^"^  vn^  fueillet  de  ce  present  compte.  Pour  cc  icy  seulement 

ladicte  piece  du  chief  saint  Denis. 

Ista  pecia  capitis  tradita  fuit  sacre  capelle  Bicturicensi,  reponenda  cum 
aliis  reliquiis  ibi.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 

[SG,  n"32i.] 


RELIQUES  SAINCTES  DONNEES  A  MONDIT  SEIGNEUR. 

1 33.  Item,  une  croix  de  fer  couverte  de  viez  argent  blanc,  ou 
il  a  pluseurs  ymaiges  dont  les  noms  sont  escrips  en  grec,  qui 
fu  prinse  de  dessus  le  tombcl  de  saincte  Elene ;  laquelle  croix 
messire  Jehan  de  Chasteaumorant  apporta  de  Constantinople  et 
donna  a  Monseigneur  ou  mois  de  septembre  Tan  mil  CCCC  et 
deux. 

[S  G,  n"  i2io;  iidn  prisee.] 

134.  Item,  une  des  costes  de  saint  Zacharie  et  une  des  costes 
de  saincte  Barbe  en  une  boite  d'argent  ouvree  alentour  d'un 
ymaige  de  Notre  Dame  tenant  son  enffant,  deux  empereurs  et 
une  emperrerix  de  la  i'aqon  de  Grece,  que  ledit  de  Ghasteaumo- 
rant  apporta  et  donna  a  mondit  Seigneur  comme  dessus. 

[S  G,  n"  121 1  ;  non  prisee.] 

1 35.  Item,  la  moitie  d'un  des  piez  de  saint  Gyprian,  de  I'es- 


56  RELIQUES    DONNKES    A    MONSEIGNEUR    [fol.    2  5    V^] 

ponge  du  tableau  ou  Notre  Dame  plora,  de  saint  Estienne,  du 
greil  saint  Laurens  et  de  la  coste  saint  Anthoine,  en  un  escrinet 
d'argent  neelle,  que  ledit  de  Chasteaumorant  apporta  et  donna 
comme  dessus. 

Ces  III  parties  acdlccs  [i33-i35]  sont  ainsi  dcclairiies  ou  ii"  in"  fueillct 
dudit  livrc. 

[S  G,  n°  1212;  non  prise.] 

i36.  Item,  un  chief  d'une  des  xi  mille  vierges,  que  une  dame 
d'Alemaigne  a  envoie  en  don  a  Monseigneur. 
[S  G,  n°  i2i3;  non  prise.] 

137.  Item,  une  petite  croix  de  hois  en  maniere  d'un  sautouer, 
laquelle  est  de  la  croix  ou  saint  Andre  fu  crucitie. 

[S  G,  n"  1214;  non  prise.] 

1 38.  Item,  un  corps  d'un  Innocent  en  un  petit  cotfret,  que  le 
due  de  Venise  (i)  a  envoie  en  don  a  Monseigneur  par  Constantin 
de  Nicolas,  marchant. 

[S  G,  n°  I2i5;  non  prise.] 

Reddite  et  tradite  [fuerunt]  iste  quatuor  partes  acolate  cum  duahus  aliis 
in  sequenti  folio  [i33-i38]  per  dictum  Robinetum  executoribus  dicti  de- 
functi  domini  Ducis;  convertendum  in  facto  dicte  execucionis,  ut  supra. 
Quare  exoneratur  hie  idem  Robinetus  de  eisdein. 

139.  Item,  une  piece  d'une  des  costes  de  saincte  Katherine 
dedens  un  petit  vaissel  de  cristal  ^2)  garni  d'argent  dorc\ 

Ces  HI!  parties  acolees  [i36-i3<|]  sont  ainsi  dcciairees  ou  ccC  fueillct 
dudit  livre. 

K.  —  Constat  per  mandatum  Domini  super  ultima  parte  clxiiii''  folii  hujus 
compoti  rcdditum,  quod  dicta  pecia  unius  ex  costis  sancte  Katherine  a 
dicto  vase  cristalli  fuit  amota  et  posita  in  quodam  reliquiari  dato  repine 
Yspanie,  de  quo  clarior  mencio  superius  habetur  in  arresto  scripto  super 
ultima  parte  quinti  folii  dicti  presenlis  compoti.  Et  loco  ejusdem  pccie  ex 
dictis  costis  fuerunt  in  dicto  present!  vase  posite  reliquie  de  quibus  in  pre- 
dicto  arresto  fit  mencio.  Et  ideo  dictus  Robinetus  acquictatur  hie  de  dicta 
pecia  ex  dictis  costis  ad  onus  dictarum  reliquiarum. 

Dictum  reliquiarc  traditum  fuit  Parisius  per  dictum  Robiiiciiim  prcdictis 
executoribus,  ut  supra.   Quare   idem  Robinetus  exoneratur  hie  de  eodeni. 

[S  G,  n"  ig8  ;  prise  w  liv.  i.] 


(i)  II  s'agit  ici  du  doge  de  Venise,  transforme  en  due  de  \'enise. 
(2)  Voy.  ci-dessus  n°  i8.  * 


JOYAUX    POUR    LE    CORPS    DE    MONSEIGNEUR    [fol.    26    V°]  5/ 


JOYAULX    POUR   LE    CORPS    DE 
MONSEIGNEUR  LE   DUG. 

COLLIERS,    CHAPEAULX,    ESCHARPES    ET    CEINCTURES    DES    INVENTOIRES. 

140.  Item,  un  petit  chapel  d'or  a  xv  rozes,  ouquel  a  iiii  esme- 
raudes  et  vii  perles,  et  y  fault  iiii  esmeraudes;  pesant  v  onces 
VII  esterliiis.  Aiiisi  declaire  en  la  v^  partie  du  iiii^''xv<=  fueillet  du- 
dit  livre. 

[B,  n"  873.  —  S  G,  n°  199;  prise  lvi  liv.  v  sous  t.] 

141.  Item,  un  petit  chappellet  (i)  ou  il  a  xix  roondeaux  de 
perles,  et  en  chascun  roondeau  viii  perles.  Ainsi  declaire  en  la 
ni«  partie  du  iiii^^  xvi^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  886.  —  S  G,  n°  864  ;  prise  xiiii  liv.  t.] 

142.  Item,  un  demi  ceint  (21  sur  un  tixu  de  soie  hleue,  cloue  dVjr 
a  M  et  fleurs  de  lis  pendans  a  une  petite  chaienne;  pesant  tout 
II  onces.  Ainsi  declaire  en  la  xvi<^  partie  du  iiii^''  xvi^^  fueillet 
dudit  livre. 

[B,  n"  899.  —  S  G,  n"  200  ;  prise  xiii  liv.  t.] 

143.  Item,  une  escharpe  de  cuir  noir,  garnie  d'or  a  Tenviron, 
pendant  a  un  tixu  de  soie  noire  garnie  d'or  en  maniere  d'une 
chaienne;  pesant  tout  ensemble,  I'or,  cuir  et  tixu,  i  marc  i  once. 
Ainsi  declairee  en  la  ii<=  partie  du  lxiiif  fueillet  dudit  livre. 


(i)  Le  mot  chapclet  n'a  jamais  eu  ii  cet  lipoque  d'autre  sens  que  celui  de 
chapel  ou  chapeau  (Voy.  sur  ce  terme  le  long  article  du  Glossaire  des 
Emaiix).  Ce  que  nous  appelons  aujourd'hui  un  chapelet  est  toujours  desi- 
gne  au  moyen  age  par  le  mot  patenotres. 

(2)  Le  demi-ceint  etait  une  ceinture  etroite,  reservec  surtout  ii  I'usage  des 
femmes.  La  difference  de  la  ceinture  et  du  demi-ceint  consiste  surtout  dans 
la  largeur.  Le  chapitre  de  I'lnventaire  des  joyaux  de  la  couronne  de  1418, 
intitule  ceintures  d'or,  debute  ainsi  :  a  un  demi-ceint  de  menues  perles.  » 
Les  dessins  donncs  dans  Ic  Glossaire  de  V.  Gay  font  bien  apprecier  la  dif- 
ference de  la  ceinture  et  du  demi-ceint. 


58  COLLIERS,    CHAPEAUX.    ETC.,    DES    INVENTAIRES    [fol.    2"] 

Reddite  ct  tradite  fuerunt  istc  iin°'  partes  acolate,  cum  quinque  aliis  par- 
tibus  inde  sequentibus  [140-148]  in  alia  pagina  sequenti,  Parisius,  per  dic- 
tum Robinetum  executoribus  dicti  defuncti  domini  Ducis;  convertendum 
in  facto  execucionis  ipsius.  Quare  idem  Robinetus  exoneratur  hie  de  eisdem. 

[B,  566.  —  S  G,  n°  201  ;  prise  xl  liv.   t.] 

144.  Item,  une  ccinciure  d'un  tixu  de  soie  blanche,  dont  la 
boucle  et  le  mordant  sont  d'or.  clouee  tout  au  long  de  clos  d'or; 
pesant  vii  onces. 

[B,  n"  367.  —  S  G,  n°  202  ;  prise  xl  liv.  t.] 

145.  Item,  une  bizete  de  soie  bleue  (i),  escripte  dessus,  oil  il  a 
V  boutons  de  perles. 

Ces  II  parties  [144-14?]  sont  ainsi  declairees  es  lu"  et  iiii"  parties  du 
Ixini"  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n"   568.  —  S  G,  n"  2o3  ;  prise  v  sous  t.] 

146.  Item,  deux  tres  petites  couronnes  d'or  garnies  de  petis 
saphirs,  esmeraudes  et  menues  perles,  et  avec  autres  menues 
perles  saillies  de  la  garnison  desdictes  couronnes.  Ainsi  declai- 
rees es  !ni<=  et  v^  parties  du  xxxin^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n"  237  et  238.  —  S  G,  n"  204;  prise  iiii  liv.   t.] 

147.  Item,  deux  bourses  oil  il  a  boutons  de  menues  perles,  et 
en  chascune  a  deux  lozanges  des  armes  de  France  et  de  Bourbon. 
Ainsi  declairees  en  la  ix^  partie  du  iiii^-^  xvi<=  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  892.  —  S  G,  n°  2o5  ;  prise  xl  sous  t.] 

148.  Item,  une  tres  vieille  aumosniere,  a  grans  viez  piez  de 
soye,  en  laquelle  a  une  ceincture  en  deux  pieces,  de  tixu  vert,  con- 
tenant  XXI  clos,  avec  la  boucle  et  le  mordant  d'argent  dore.  Ainsi 
declairee  en  la  viii^  partie  du  iiii^^  xix^  fueillet  dudit  livre. 

Tradite  fuerunt  iste  quinque  partes  acolate  [144-148]  Parisius  predictis 
executoribus,  ut  supra. 

[B,  n"  923.  —  S  G,  n"  865;  prise  lx  sous  t.] 


(i)  La  bisette  etait,  d'apres  L.  de  Laborde,  un  galon  brode  ou,  d'apres 
Gay,  une  passementerie  d'or  et  d'argent.  Ce  ruban  etait  parfois  accompagne 
d'inscriptions  tissees  avec  I'etoffc  ou  rapportecs  apres  coup,  comme  la 
locution  escripte  dessus  semble  I'indiquer. 


COLLIERS,   ETC.,   DONNES    A    MONSEIGNEUR    [fol.    IJ    V°]  Sq 


COLLIERS    ET    CEINCTURES    BONNEZ    A    MONDIT    SEIGNEUR 

149.  Item,  un  collier  de  til  d'or  trait  plat  (i),  garni  par  les 
hours  de  boutons  d'or  roons,  et  seme  de  petis  ours  eSmaillez  de 
blanc,  de  petites  rosetes,  et  en  chascune  rosete  a  un  petit  dya- 
ment  plat,  et  de  pluseurs  petis  clos  en  fa^on  de  lozanges;  lequel 
collier  ainsi  fait  et  garni,  comme  dit  est,  fu  donne  a  Monseigneur 
auxestrainnes,le  premier  jour  de  Janvier  Tan  mil  CCCC  et  X,  par 
sire  Mace  Heron,  son  tresorier  general.  Ainsi  declaire  en  la  pre- 
miere partie  du  iii^'  lvii^  fueillet  dudit  livre. 

K.  —  Datum  fuit  duci  Clarencie  per  mandatum  super  prima  parte  lxix'  folii 
hujus  compoti  traditum,  virtute  cujus  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de 
eadem. 

i5o.  Item,  une  vieille  ceincture  de  cuir  estroicte,  garnie  d'ar- 

gent,  clouee  au  long  de  pluseurs  camahieux  et  autres  pierres  de 

petite  valeur,  laquelle  n'est  point  rendue  es  comptes  precedens. 

Ista  zona  tradita  et  reddita  fuit  Parisius  executoribus  per  dictum  Robi- 
netum.  Et  ideo  acquittatur  hie  de  eadem. 

[S  G,  n*  866;  prise  vui  liv.  t.] 


fermaillez  des  inventaires 

i5i.  Item,  un  fermail  d'or  ouqucl  a  une  estoille  de  saphir, 
VII  rubiz  tels  quels,  vi  dyamens  poinctus  et  xxx  perles ;  lequel 
fermail  est  d'un  ymaige  d'or  de  Nostre  Dame,  dont  mencion  est 
faicte  en  la  iii^  partie  du  x=  fueillet  du  livre  des  comptes  pre- 
cedens. 

[S  G,  n°  579;  pesant  iii  onces  xv  esterlins,  prise  vii"  liv.  t.] 


(i)  Voyez  dans  VInventaire  de  Charles  V  (p.  33,  note  2)  les  details  donnes 
par  M.  Labarte  sur  la  fabrication  du  fil  d'or  trait,  qui  correspond  a  ce  qu'on 
appelle  aujourd'hui  file  d'or  ou  orfile.  Le  terme  fil  d'or  trait  plat  s'explique 
encore  assez  bien.  II  s'agirait  d'un  fil  d'or  ecrase  ou  aplati.  II  est  plus  ma- 
laise d'expliquer  le  terme  fil  d'or  trait  a  I'oeuvre  de  Damas  du  n"  3o5, 


6o  FERMAILLETS    DES    INVENTAIRES    [fol.    28] 

I  52.  Item,  un  petit  fermaillet  d'argent  dore,  auquel  pend  une 
chaiennete,  et  au  bout  d'icelle  un  escu^on  ou  il  n'a  riens  dedens. 
Ainsi  declaire  en  la  nn<^  partie  du  xxxvi«  fueillet  dudit  livre. 
[B,  n°  286.  —  S  G,  n°  206 ;  prise  v  sous  t.] 

1 5  3.  Item,  un  fermaillet  d'or,  garni  d'un  halay,  ni  petis  saphirs 
et  VI  perles,  et  y  faillent  iii  perles;  non  poisie. 
[B,  n"  S74.  —  S  G,  n°  867 ;  prise  xx  liv.  t.] 

154.  Item,  XII  fermaillez  d'or,  en  chascun  une  couronne,  pour 
servir  a  Testaiche  d\in  mantel ;  garniz  de  pierrerie,  c'est  assavoir  : 
les  VI,  chascun  d'un  balay  et  vi  troches  de  perles,  chascun  trochet 
ayant  in  perles,  et  les  autres  vi,  chascun  d'un  saphir  et  de  perles 
comme  les  precedens;et  fault,  en  iiii  desdiz  fermaillez,  iiii  trochez 
desdictes  perles. 

Iste  mi"  partes  acolate  [i5i-i54]  traditc  et  reddite  fuerunt  Parisius  per 
dictum  Robinetum  executoribus  predictis;  convcrtendum  ut  supra.  Et  sic 
acquittatur  hie  dictus  Robinetus. 

[B,  n"  873.  —  S  G,  n"  207  ;  prise  cl  liv.  t.] 

1 55.  Item,  un  fermaillet  d'or  ouqucl  a  deux  balaisseaux, 
I  saphir  et  une  perle  ou  milieu;  et  y  fault  i  saphir. 

[B,  n"  876.  —  S  G,  n"  208;  prise  xii  liv.  t.] 
I  56.  Item,  un  autre  fermaillet  d'or,  garni  de  pierrerie  de  petite 

valeur. 

Ces  111!  parties  acolees  [i53-i56]  sont  ainsi  declairces  ou  iiii"xv  tueillet 
dudit  livre. 

[B,  n°  877.  —  S  G,  n"  209;  prise  xl  sous  t.] 

157.  Item,   VI  grans  boutons  faiz    en   fai;on  de   roses,  garniz 
de  perles  grosses  et  menues,  ou  il  a  ou  milieu  de  chascun  desdiz 
boutons  un  eigne  fait  de  menues  perles. 
[B,  n"  884.  —  S  G,  n"  2in;  prise  xxxvi  liv.  t.] 
I  58.  Item,  deux  filez  de  perles  oi:i  il  a  en  Tun  deux  saphirs  et 

I  balav,  et  en  Tautre  deux  balaiz  et  i  saphir. 

Iste  quatuor  partes  accolate  cum  tribus  partibus  in  pagina  scquenti  con- 
tentis  [i55-i6i]  tradite  et  reddite  fuerunt  executoribus  Parisius  per  dictum 
Robinetum.  Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus,  ut  supra. 

[B,  u"  885.  —  S  G,  n"  21 1  ;  prise  lui"  liv.  t.] 
i5o.  Item,  un  chaston  oil  il  a  un  petit  balay  quarre  et  deux 

perles. 

[B,  n"  887.  —  S  G,  n"  212  ;  prise  vni  liv.  t.] 


FERMAILLETS    DES    INVENTAIRES    [fol.    29]  .      61 

160.  Item,  en  un  tillet  de  sole  vert  iiii  petiz  balaiz  et  i  saphir. 
[B,  n"  888.  —  S  G,  n°  808;  prise  xl  liv.  t.] 

161 .  Item,  un  petit  saphir  et  vii  grosses  perles. 

Ces  V  parties   acolees  [iSy-iGi]    sont  ainsi  declairees  ou  mi"  xvi"  fueillet 
dudit  livrc. 

[B,  ir  88g.  —  S  G,  n"  2i3;  prise  xvui  liv.  t.] 


FERMAILLEZ    ACHATEZ    PAR    MONDIT    SEIGNEUR 

162.   Item,  un  fermaillet  d'or,  ouquel  est  assis  un  gros  halay, 

pesant  n'^xn  caraz  de  Janncs,  ou  environ,  lequel  halay  Monsei- 

gneur  achata  de  Janus  de  Grimauit,   marchant  Jannevoys,  le 

xix<=  jour  de  may  Tan  mil  CCCC  et  VIII,  pour  le  priset  sommede 

XVI™  escuz  d'or;  et  Tor  et  fai^on  dudit  t'ermail  cousta  de  Hermant 

Rince  xxxiiii  livres  x  sous  tournois.  Lequel  fermail  est  ainsi  de- 

claire  en  la  iiii'^  partie  du  ii'^  liiii*^  fueillet  du  livre  desdiz  comptes 

precedens;  et  depuisy  a  fait  mondit  Seigneur  mectre  la  pierrerie 

qui  s'ensuit,  c'est  assavoir  :  un  dyament  poinctu,  pesant  xx  caraz 

ou  environ,  qu'il  achata  en  une  rose  d'or  avec  un  autre  dyament 

en  fa^on  de  mirouer  qu'il  fist  mectre  en  un  ours,  tout  declaire  en 

la  1111=  partie  du   clxx'^   fueillet,  de  Nicolas    Picace   et  Jacques 

Sac,  les  deux  ensemble,  la  somme  de  vi'"  escus  d'or;  deux  autres 

gros  dyamens  plaz,  I'un  a  viii  quarrez,  declaire   en  la  1111*=  partie 

du  cLxxii-^  fueillet  dudit  livre,  que  mondit  Seigneur  achata  de 

Anthoine  Manchin  la  somme  de  11'"  viii<^  xii  livres  x  sous  t. ;  el 

I'autre  est  d'un  grant  dyament  quarre,  declaire  en  la  vi'^  partie  du 

CLxix-^  fueillet  dudit  livre,  qui  fu  achate  de  Fran^:ois  de  Passan 

pour  le  pris  de  vii'"c  escus  d'or,  lequel  fu  rompu  en  deux  pieces; 

et  une  tres  grosse  perle  tine  declairee  en  la  derreniere  partie  du 

ii'-'xxiii'^  fueillet  dudit  livre,  laquelle  le  roy  de  Navarre  donna  a 

Monseigncur,  le  xx<^  jour  de  decembre  I'an  mil  CCCC  et  V.  Pour 

ce  icy  ledit  fermail  garni  desdiz  balay,  trois  dyamens  et  perle. 

Iste  balay  redditus  et  traditus  fuit  per  executores  testamenti  dicti  doniini 
Ducis  et  per  dictum  Robinetum  domino  Regi  cum  cruce  pulcherrima  sibi 


62  FERMAILLETS    ACHETKS    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    3o] 

data  per  dictum  dominum  Ducem,  prout  constat  per  litteras  dicti  domini 
Regis,  datas  xix'  die  junii  M"  CCCCXVP,  hie  redditas  et  retentas,  que  ser- 
vient inferius  pro  pluribus  aliis  partibus  ibidem  declaratis  ad  exoneracio- 
nem  predictorum  executorum  et  Robineti.  Et  ideo  acquictatur  hie  de  eodem. 

Et  similiter  tres  dyamentes,  de  quibus  hie  fit  mencio,  redditi  t'uerunt 
Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum,  prout  constat  per  inventarium 
Parisius  factum  tarn  penes  Johannem  Tarenne  quam  Burellum  de  Dampno- 
martino.  Et  sic  idem  Robinetus  acquictatur  de  eisdem. 

K.  —  Dicta  grossa  perla  data  fuit  domino  duci  Acquitanie  per  mandatum 
super  primo  articulo  secunde  pagine  lii'  folii  hujus  compoti  redditum.  Et 
ideo  ipsa  acquittatur  hie  dictus  Robinetus. 

[S  G,  n°  1 335  ;  prise  ledit  balay  in"'  ni'  lxxv  liv.] 

1 63.  Item,  un  ours  d'csmail  ou  voirre,  taint  de  couleur  d'esme- 
raude,  enchastone  en  or  en  maniere  d'un  fermaillet;  lequel  Mon- 
seigneur  a  fait  faire,  et  n'est  point  rendu  es  comptes  precedens. 

Ista  pars  tradita  et  reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executo- 
ribus, ut  supra.  Et  ideo  acquittatur  hie. 

[S  G,  n"  214;  prise  xxx  liv.  t.] 


FERMAILLEZ    DONNEZ    A    MONDIT    SEIGNEUR 

164.  Item,  un  pavilion  d'un  saphir  en  une  fleur  d'or  esmaillee 

de  blanc  en  maniere  de  ferniaillet,  que  le  Roy  de  Sicile  donna  a 

estrainnes  a  Monseigneur,  le  premier  jour  de  Janvier  I'an  mil 

CCCC  et  V.  Ainsi  declaire  en  la  penultieme  partie  du  iFviie  fueil- 

let  dudit  livre. 

K.  —  Datus  fuit  Baldo  de  Guidone  per  mandatum  Domini  super  vi»  parte 
Lxx""  folii  hujus  compoti  redditum;  virtute  cujus  dictus  Robinetus  acquitta- 
tur hie  de  eodem. 


BllLLETES,  PETIS  RELIQUIERES  ET  PATERNOSTRES  DES  INVENTAIRES 

i65.  Item,  une  petite  Veroniquc  de  brodeure  (i),  enchassde 
en  un  roont  d'argcnt.  Ainsi  declaire  en  la  ii<^  partie  du  xxxr  fueil- 
let  dudit  livre. 

[B,  n"  208.] 


(i)  ((  Faite  par  Jacquemin  Bonnebroche  »  B,  n"  208.  —  Cf.  ci-dessusn"  44. 


fiULLETES,    ETC.    DES    INVENTAIRES    [fol.    3o   vo]  63 

1 66.  Item,  une  paternostres  ou  il  a  vi  seignaulx  d'or  (i), 
VIII  autres  moindres,  et  le  demourant  de  gest  et  de  corail.  Ainsi 
declaire  en  la  ix<^  partie  du  iiii^^  xv^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  a"  878.  —  S  G,  11°  2  1 5  ;  prise  lx  sous  t.] 

167.  Item,  un  camahieu  blanc,  enchassille  en  argent  dore,  es- 
cript  de  lettres  grecques  au  dos.  Ainsi  declaire  en  la  penultieme 
partie  du  iiii^^  xvi«  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  900.  —  S  G,  n°  869  ;  prise  xl  sous  t.] 

168.  Item,  xiiii  coquilles  de  noix  (2),  garnics  dedens  de  plu- 
seurs  ymaiges  d'yvoire  entailez  et  eslevez.  Ainsi  declaire  en  la 
derreniere  partie  dudit  iiii^''  xvi'=  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  901.  —  S  G,  n"  216 ;  prise  l  sous  t.] 

169.  Item,  un  Agnus  Dei  d'argent  dore,  escript  alentour, 
pendant  a  un  laz  de  soye.  Ainsi  declaire  en  la  viii^  partie  du 
iiii^''  xvii^  fueillet  dudit  livre. 

Iste  quinque  partes  acolate  [165-169]  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius 
per  dictum  Robinetum  executoribus;  convertendum  in  facto  execucionis 
dicti  domini  Ducis.Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus,  ut  supra. 

[B,  n"  909.  —  S  G,  n°  870;  prise  xx  sous  t.] 

170.  Item,  un  petit  reliquiere,  ou  il  a  en  Tun  des  costez  une 
teste  de  camahieu  (3),  et  en  Tautre  une  teste  de  saint  An- 
toine,    et   entour  pluseurs  menues  perles;  pesant  tout,  avec  le 


(i)  Les  signaux  etaient  des  medaillcs  ou  des  joyaux  de  formes  diverses 
que  Ton  accrochait  aux  patenotres.  Le  magnitique  chapelet  du  xvi"  s.  con- 
serve dans  I'cglise  Saint-Benoit  sur  Loire,  qu'on  a  pu  voir  en  1889  a 
I'exposition  du  Trocadero,  porte  quatre  signaux  d'or  emaille  qui  peuvent 
donner  idee  de  ce  que  devaient  etre  ceux  du  due  de  Berry  (voir  le  Catalo- 
gue de  r Exposition  retrospective  de  Fart  francais  au  Trocadero,  i88g, 
p.  144,  n°  921.) 

(2)  Evidemment  un  de  ces  ouvrages  de  patience  recherches  des  curieux 
de  toutes  les  epoques,  comme  en  en  trouve   dans  la   collection  Sauvageot. 

(3)  Sous  ces  numeros  sent  inventoriees  plusieurs  tetes  de  camahieu 
dont  la  description  pent  tres  bien  se  rapporter  a  des  sujets  tallies  en  relief 
sur  pierre  dure  a  plusieurs  couches.  II  est  a  noter  que  certains  de  ces  ca- 
mees  ne  sauraient  etre  consideres,  vu  leur  sujet,  comme  antiques.  Ainsi 
la  tete  de  Sarrasin  liee  d'une  touaille  (c'est-a-dire  une  tete  de  negre, 
entouree  d'un  turban)  du  n°  176  a  certainement  ete  gravee  au  moyen  age. 
Les  deux  chevaux  atteles  a  un  chariot  du  n°  175,  paraissent  egalement 
modernes. 


64  BULLETES,    ETC.    DES    INVENTAIRES    [fol.     3l] 

laz  a  quoy  il  pend,  1  once  i5  estcrlins.  Ainsi  declairti  en  la  pre- 
miere partie  du  lii^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  432.  —  S  G,  n"  2  17  ;  prise  xv  liv.  t.] 

171.  Item,  une  pierre  roonde,  garnie  d'argent  entour,  en  ma- 
niere  d'une  roe  de  saincte  Katherine,  et  au  dessus  a  une  petite 
teste  de  camahieu,  et  pierrcrie  alentour  de  petite  valeur;  pesant 
tout  ensemble,  avecques  le  laz  a  quoy  il  pend,  iii  onces  xvii  es- 
terlins  et  obole.  Ainsi  declaire  en  la  derreniere  partie  du  li"^  fueil- 
let dudit  livre. 

[B,  n°  43i.  —  S  G,  11°  218  ;  prise  lx  sous  t.] 

172.  Item,  un  autre  petit  camahieu,  ou  il  a  une  Annunciacion, 
et  y  a  alentour  un  til  d'or,  et  au  dessus  un  balaisseau  et  deux 
petites  perles;  pesant  tout  i  once  2  esterlins  obole.  Ainsi  de- 
claire en  la  u^  partie  du  lii'-'  fueillet  dudit  livre. 

[B,  11°  433.  —  S  G,  n°  219;  prise  xvi  liv.  t.] 

173.  Item,  une  teste  de  camahieu,  lequel  a  la  bouche  plate, 
enchasse  en  argent  dore  entour;  non  poisie.  Ainsi  declaire  en 
la  viii'^  partie  du  lxi"^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  533.  —  S  G,  n"  871 ;  prise  iiii  liv.  t.] 

174.  Item,  une  autre  teste  de  camahieu,  garnie  d'or  entour  et 
d'un  tilet  de  perles  ;  pesant,  avec  le  laz  a  quoi  il  pend,  i  once  vi  es- 
terlins. Ainsi  declaire  en  la  ix"  partie  dudit  lxi*^  fueillet. 

Iste  quinque  partes  accolate  [170-174]  traditc  et  rcddite  fuerunt  Parisius 
per  dictum  Robiuetum,  ut  supra.  Et  ideo  acquittatur  hie. 
[B,  n"  534.  —  S  G,  n"  220;  prise  xv  liv.  t.] 

175.  Item,  un  autre  camahieu,  ou  il  a  deux  chevaux  hatellez 
menans  un  chariot,  garni  d'or  alentour,  et  darriere  un  esmail  de 
pelitc;  pesant,  avec  le  laz  ou  il  pend,  i  once  x  esterlins  obole. 

[B,  n"  535.  —  S  G,  n"  872  ;  prise  x  liv.  t.] 

176.  Item,  un  autre  camahieu  a  une  teste  de  Sarrasin  liee 
d'une  touaille,  garni  entour  d'or  et  de  pierrerie  de  petite  valeur. 
ct  darriere  a  un  petit  estui  a  mettre  reliqucs;  pesant,  avec  le  laz  a 
quoy  il  pend,  i  once  x  esterlins. 

I  B,  n"   33ri.  —  S  G,  n°  873;  prise  vi  liv.  t.] 

177.  Item,  un  autre  camahieu  a  une  teste  d'enffant,  garni  d'or 


BULLETTES,   ETC.,    DES    INVENTAIRES    [fol.   3  I   V^]  65 

et  de  perles,  el  darriere  une  broche  pour  le  pendre  en  guise  d'uii 
fermaillet;  pesant  xvi  esterlins. 

[B,  537.  —  S  G,  n"  22  I ;  prise   viii  liv.  t.] 

178.  Item,  un  petit  camahieu  garni  d'or,  ou  il  a  deux  testes, 
et  alentour  tres  petites  esmeraudes  de  peu  de  valeur;  non 
poisid. 

Ces  nil  parties  acolees  [175-178]  sont  declairees  ou  lxii°  fueillet  dudit  Hvre. 

Iste  quatuor  partes  acolate  cum  aliis  quinque  partibus  sequentibus  (175- 
i83)  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executori- 
bus,  ut  supra.  Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus. 

[B,  n°  538.  —  S  G,  n"  22 1  ;  prise  c  sous  t.] 

179.  Item,  un  cassidoine  (i)  oil  il  a  un  homme  tailli^  dedens, 
et  au-dessus  (2)  a  un  petit  eigne  esmaillie  de  blanc  qui  a  un  petit 
ruby  en  la  poictrine;  et  entour  est  garni  d'or,  et  pend  a  une 
chaienne  d'or;  pesant  v  onces  iiii  esterlins  et  obole.  Ainsi  de- 
claire  en  la  viii^  partie  du  lxif  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  543.  —  S  G,  n"  223;  prise  xxx  liv.   t.] 

180.  Item,  une  poire  en  quatre  quartiers  pour  mectre  reliques, 
et  ou  milieu  a  une  chapelle  a  mi  pilliers,  Nostre  Dame  dedens, 
et  esmaillde  dehors  de  quatre  ymaiges  et  arbresseaux,  et  aussi 
y  pendent  petites  perles ;  pesant  i  once  xvii  esterlins  obole. 
Ainsi  declaire  en  la  derreniere  partie  dudit  lxii^  fueillet  dudit 
livre. 

[B,  549.  —  S  G,  n°  224;  prise  xx  liv.  t.] 

181.  Item,  unes  grosses  paternostres  (3)  d'ambre  vermeil  pen- 
dant a  un  laz  de  soye.  Ainsi  declaire  en  la  1111=  partie  du 
Lxvi«  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  598.  —  S  G,  n"  22  5;  prise  ex  sous  t.] 

182.  Item,  unes  paternostres  de  petites  coquilles  de  mer.  Ainsi 
declaird  en  la  vi*^  partie  dudit  lxvi*  fueillet. 

(i)  Le  texte  porte  cassidonie.  Voir  la  note  de  I'article  112. 

(2)  <(  Au  dessoubz  »;  Inventaire  B,  n°  543. 

(3)  Le  commerce  des  patenostres  ou  chapelets  etait  tres  florissant,  car  on 
avait  du  diviser  les  fabricants  ou  marchands  de  cet  article  en  trois  cate- 
gories :  patenotriers  d'os  et  de  corne,  de  corail  et  de  nacre,  d'ambre  et 
de  gest  (jais).  Voy.  Laborde,  Glossaire  des  e'maux. 

5 


66  BULLETTES,    ETC.,    DES    INVENTAIRES    [fol.    32] 

[B,  n°  Goo.  —  S  G,  n"  226;  prise  xv  deniers  t.] 
i83.  Item,  une  coquille  de  perle  garnie  d'or,  ou  il  a  iii  ba- 
laisseaux,  i  saphir  et  in  esmeraudes.  Ainsi  declaire  en  la  xii*^  par- 
tie  dudit  Lxvi"^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  11°  G06.  —  S  G,  n°  874;   prise  x  liv.   t.] 


BULLETES,   PETIS  RELIQUIERES  ET  PATERNOSTRES  ACHATEES 
PAR    MONSEIGNEUR    LE  DUG. 

184.  Item,  un  petit  reliquiere  d'or  ou  il  a  une  pierre  appellee 
paviot  (i),  verde,  et  centre  le  jour  vcrmeille,  en  laquelle  a  par 
devant  un  ymaige  de  femme  et  darriere  une  croix  en  tiers.  Ainsi 
declaire  en  la  ini'^  partie  du  cLni<=  fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  n°  58o ;  pesant  once  et  demie,  prise  lvi  liv.  t.] 

1 85.  Item,  un  petit  reliquiere  d'or  pour  porter  au  col,  ouquel 
a  d'un  des  costes  une  croix  que  Monseigneur  a  faicte  faire  et 
tailler  d'un  balay  qui  poisoit  environ  xxxviii  caraz  et  demi,  qu'il 
achata  de  Baude  de  Guy,  le  xini'=  jour  de  may  mil  CCCC  et  VI, 
pour  le  pris  et  somme  de  v  escuz  le  carat,  vault  n'-xi  escus  xni  sous 
VI  deniers  parisis;  et  ladicte  croix  a  couste  a  tailler  et  pollir 
XXVI  escus.  Et  de  I'autre  coste  dudit  reliquiere  a  une  croix  de 
dyament  que  Monseigneur  achata  de  Michel  de  Paxi,  marchant 
demourant  a  Paris,  le  xv<=  jour  de  novembre  mil  CCCC  et  II 1 1, 
pour  le  pris  et  somme  de  vi*-^  lxxv  frans  ;  dedenz  lequel  reliquiere 
a  plusieurs  reliques.  Ainsi  declaire  en  la  ii*^  partie  du  ii  lxv^  fueil- 
let dudit  livre. 

Ista  duo  reliquiaria  tradita  et  reddita  t'uerunt  Parisius  executoribus  per 
dictum  Robinetum;  convertendum  in  facto  execucionis  dicti  df)mini  Ducis. 
Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus. 

[S  G,  n°  1 197;  prise  iiii  liv.  t.] 

186.  Item,  un  autre  petit  reliquiere  d'or  pour  porter  au  col, 
garni  d'un  saphir  taillie  d'un  demi  ymaige  de  Dieu,  a  plain  de- 
claire en  la  premiere   partie  du  ii'^  lxvf  fueillet  dudit  livre;  et 

(i)  Pierre  de  la  coulcur  du  pavot,  ou  vermeille,  quand  on  la  regardait 
en  transparence. 


BULLETTES,   ETC.,    ACHETKFt.i.   PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    33]         6? 

entour  a  vi  rubiz,  qui  sont  d'une  ceincture  dont  mencion  est 
faicte  en  la  iii^  partie  du  iii^  i^  fueillet  dudit  livre,  et  vi  grosses 
pedes,  qui  sont  d'un  fermail  en  fayon  de  couronne  declaire  en 
la  iin<=  partie  du  ni^  ii^  fueillet  d'icelui  livre.  Pour  ce  icy  ledit 
reliquiere  ainsi  fait  et  garni  comme  dit  est. 

De  isto  reliquiari  acquictatur  Robinetus  d'Estampes  quod  reddidit  et  tra- 
didit  Parisius  exccutoribus,  ut  supra. 

[S  G,  n"  iKjS;  prise  vii    inr"  vii  liv.  x  sous  t.] 

187.  Item,  un  petit  reliquiere  d'or  oil  il  a  un  petit  ymaige  de 
Nostre  Dame  tenant  son  enffant,  faicte  de  camahieu,  lequel 
ymaige  Monseigneur  achata  de  Jehannin  d'Orleans,  ou  mois  de 
decembre  I'an  mil  CCCC  et  IX,  vi^^  escus  d'or  comptans;  et  en- 
tour  a  deux  grains  de  rubiz  qui  sont  cabochons,  et  furent  achatez 
ensemble  de  Second  Falet,  avec  un  saphir  citrin,  v^^  escus,  et 
desquielx  est  faicte  mencion  en  la  vii=  partie  du  ii^lxxs  fueillet  du 
livre  des  comptes  precedens;  un  autre  ruby  longuet  qui  est  le 
plus  grant  de  in  qui  furent  faiz  et  taillez  d'un  ruby  appele  le 
Ruby  taigneux,  lequel  est  a  plain  declaire  en  la  nii'=  partie  dudit 
nc  Lxx<=  [fueillet] ;  un  autre  ruby  appelle  le  Ruby  de  ioreille,  que 
madame  la  Duchesse  donna  aux  estrainnes  MCCCC  et  IX,  con- 
tenu  en  la  x^  partie  du  ccc  vni«  fueillet  dudit  livre;  et  quatre  dya- 
mens,  dont  les  deux  sont  faiz  a  pluseurs  demies  lozanges,  et  sont 
les  plus  petis  de  v  dyamens  d'un  fermail  en  fa^on  de  couronne  a 
plain  declaire  en  la  nn'=  partie  du  ui^ii^  fueillet  dudit  livre;  et  les 
aultres  deux  sont  plaz,  qui  furent  achatez  de  Baude  de  Guy 
ini^^  frans,  et  sont  escripz  en  ce  mesmes  reliquiere  contenu  en  la 
vnie  partie  du  ii'^lxvi^  fueillet  d'icellui  livre.  Pour  ce  icy  ledit  re- 
liquiere, ainsi  fait  et  garni  comme  dit  est. 

K.  —  Datum  fuit  dictum  reliquiare  domino  Guillelmo  de  Lode  per  manda- 
tum  super  prima  parte  secunde  pagine  clvii  folii  hujus  compoti  traditum; 
vlrtute  cujus  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

188.  Item,  unes  paternostres  de  cassidoine,  enfilee  en  un  laz 

de  soye  rouge;  et  ne  sont  point  rendues  en  recepte  es  comptes 

precedens. 

B.  —  Istc  paternostres  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robi- 
netum  exccutoribus.  Et  ideo  acquittatur  hie  de  eisdem. 


68      BULLETTES,    ETC.,    ACHETKES    PAR    MONSEIGNEl'R    [fol.    33   V"] 

[S  G,  n°  227;  prise  iiii  liv.  x  sous  t.] 

189.  Item,  deux  paires  de  paternostres  menues,  de  corail  ver- 
meil, enfilees  en  deux  laz  de  soye;  et  ne  sont  point  rendues  en 
recepte  es  comptes  precedens. 

Iste  due  paternostres  date  fuerunt  per  dictum  dominum  DucemvidelicetThe- 
venino  de  Montigny  et  G.  Lorin,  prout  constat  per  litteras  dicti  Domini  datas 
X*  septembris  MCCCCXV,  hie  redditas.  Et  ideo  acquittatur  dictus  Robinetus. 

I  go.  Item,  une  petite  croix  d'or  garnie  de  in  dyamens  en 
maniere  de  flour,  assis  aux  trois  bouz,  d'une  esmeraude  lon- 
guete  en  maniere  de  lozange,  assise  au  bout  de  dessus,  et  d'un 
camahieu,  taille  en  fa^on  d'une  teste  d'omme  assise  ou  milieu; 
laquelle  croix  Monseigneur  achata  aux  estrainnes,  le  premier 
jour  de  Janvier  Tan  mil  IIII'-'  et  douze,  pour  le  pris  et  somme  de 
CL  frans;  et  n'est  point  rendue  es  comptes  precedens. 

K. —  Data  fuit  uxori  dicti  Robineti  per  maaidatum  Domini,  datum  tercia  die 
marcii  anno  M°  CCCC°  XIII%  hie  redditum;  virtute  cujus  idem  Robinetus 
acquittatur  hie  de  eadem. 

1 91.  Item,  une  petite  croix  d'or  pour  porter  au  col,  en  laquelle 
a  de  la  croix  de  Roddes,  garnie  de  xvin  petis  diamens  plaz  et 
roons  en  maniere  de  mirouers,  dont  les  xvii  furent  achatez  de 
Baude  de  Guy,  de  v  rubiz,  dont  les  nii  sont  du  nombre  de 
IX  rubiz  qui  furent  achatez  ensamble  de  Sendre  Bliot  aux  estrain- 
nes mil  IIII^  et  VIII,  declarez  en  la  ii<=  partie  du  ii^  lxx«  fueillet 
du  livre  des  comptes  precedens,  et  le  V^  ruby  fu  donne  a  Monsei- 
gneur par  le  seigneur  de  Dampierre  (i)  en  may  mil  CCCC  et  IX; 
et  est  declard  en  la  ix^  partie  du  in"-"  vine  fueillet  ensuivant. 
Pour  ce  icy  ladicte  croix  ainsi  garnie  comme  dit  est. 

Ista  parva  crux  reddita  fuit  per  dictum  Robinetum  domino  duci  Bitturi- 
censi,  ut  constat  per  mandatum  dicti  Domini,  datum  xxiiii  die  aprilis 
M.  CCCCXII'',  superius  redditum.  Et  sic  idem  Robinetus  de  eadem  acquit- 
tatur. 

[B,  n°iG4.] 


(1)  Jacques  de  Chatilion,  sire  de  Dampierre,  vassal  du  due  de  Bourgogne, 
remplafa,  le  27  avril  1408,  comme  amiral  de  France,  Pierre  de  Breban,  dit 
Clignct,  seigneur  de  Landreville,  qui  soutint,  devant  le  Parlement  de  Paris, 
un  long  proces  contre  son  successeur,  a  I'occasion  de  cette  charge  d'amiral. 
Le  sire  de  Dampierre,  destitue  a  son  tour  en  1413,  dut  ceder  la  place  a  Cli- 
gnet  (Voy.  Clirnuiqiie  du  Rcligieiix  de  St-Denis,  t.  V,  p.  221). 


BULLETTES,   ETC.,    DONNEES    A    MONSEIGNEER    [fol.    34]  69 


BULLETES,    PETIS    RELIQUIERES    ET    PATERNOSTRES  DONNEES 
A    MONDIT    SEIGNEUR 

192.  Item,  un  petit  reliquiere  d'or,  ouquel  a  un  petit  ymaige 
de  Nostre  Dame  de  cassidoine  tenant  son  enffant,  et  en  sa  main 
un  bien  petit  ruby,  et  pend  iedit  reliquiere  a  une  petite  chaienne  ; 
lequel  Jeliannin  Hcnon  donna  a  mondit  Seigneur  le  xviii^  jour 
de  fevricr  I'an  mil  CCCC  et  deux.  Ainsi  declaire  en  la  premiere 
partie  du  ii=  ix'=  fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  n"  58 1 ;  prise  x  liv.  t.] 

193.  Item,  une  petite  buUete  d'or  roonde,  en  laquelle  a  par 
devant  un  demi  ymaige  fait  pour  Monseigneur,  tenant  en  sa 
main  une  maniere  d'annel;  lequel  ymaige  a  le  colet  de  son  ves- 
tement  fait  d'esmeraude,  etla  teste  dudit  ymaige  estde  cassidoine 
blanc,  et  ou  darriere  de  ladicte  buUete  a  un  lieu  pour  mettre 
reliques,  pendant  a  un  petit  laz  de  soye;  laquelle  bullete  monsei- 
gneur I'evesque  de  Chartres  donna  a  Monseigneur  le  derrenier 
jour  de  novembre  mil  CCCC  et  IX,  feste  de  S.  Andre  appostre. 
Ainsi  declaire  en  la    vii^  partie  du  ni^  ni^  fueillet  dudit  livre. 

Iste  due  partes  [192,  up]  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum 
Robinetum  executorihus.  Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus  de 
eisdem. 

[S  G,  n"  228;  prise  xii  liv.  t.] 

194.  Item,  une  petite  pierre  serpentine  quarree,  garnie  d'or, 
en  laquelle  a  d'un  coste  un  petit  ymaige  de  Nostre  Dame  tenant 
son  enffant,  faict  de  paincture;  laquelle  pierre  ainsi  faicte  et 
garnie  fu  donnee  a  Monseigneur  aux  estrainnes  le  premier  Jour 
de  Janvier  Tan  mil  CCCC  et  IX  (i).  Ainsi  declaire  en  la  vn=  par- 
tie  du  Hic  vn'^  fueillet  dudit  livre. 

Traditum  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum,  ut  supra. 
[S  G,  n"  875;  prise  iiii  liv.  t.] 


(i)  II  ne  s'agit  pas  d'une  de  ces  pierres  qui,  comme  les  langues  de  serpent, 
etaient  employees  aux  epreuves.  La  pierre  serpentine  presentait  sans  doute 
des  dessins  qui  lui  ont  valu  son  nom. 


PETITS    JOYAUX    d'oR    DES    INVENTAIRES    [fol.    35] 


PETIZ    JOYAULX    D  OR    DES    INVENTOIRES 

195.  Item,  Lin  grant  denier  d'or  bien  pesant,  ouquel  est  contre- 
fait  au  vif  le  visaige  de  Julius  Cesar  (i),  garni  entour  de  ini  sa- 
phirs  et  vni  perles,  pendant  a  une  chaienne  ployant,  ou  il  a  deux 
perles,  et  au  dessus  un  fermail  ou  il  a  un  gros  saphir  et  quatre 
perles,  vi  petis  saphirs  et  perles  de  petite  valeur.  Ainsi  declairc 
en  la  ii*^  partie  du  xxix^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n"  178.  —  S  G,  n"  229;  prise  cxii  liv.  x  s.  t.] 

196.  item,  un  joyau  d'un  grant  camahieu,  ouquel  sont  deux 
beaux  visaiges  taillez  et  enlevez,  garni  d'or  entour,  et  en  la  poic- 
trine  dudit  camahieu  a  un  ruby  et  deux  dyamens  poinctus; 
lequcl  joyau  est  d'une  grant  croix  d'or,  appellee  la  Croix  an 
camahieu  (2),  declairee  en  la  fin  du  cxxxii'"  fueillet  du  livre 
desdiz    comptes    precedens   et    au    commancement    du   fueillet 

ensuivant. 

Iste  due  partes  tradite  et  rcddite  fueruiit  Parisius  per  dictum  Robinetum 
executoribus.  Et  ideo  acquittatur  hie,  ut  supra. 

[B,  u"  1081.  —  S  G,  n"  876;  prise  n'"  liv.  t.] 


PETIS    JOYAULX    d'oR    ACHATEZ    PAR    MONDIT    SEIGNEUR 

197.  Item,  un  petit  joyau  d'or  roont,  ou  est  d'un  coste  le 
visaige  de  Thibere  de  haulte  taille,  et  y  a  escript  :  Thiberius 
Cesar  Augustus  imperii  nostri  anno  XVI°,  garni  entour  de 
III  balaiz,  iii  saphirs  a  jour  et  de  vi  perles,  et  de  I'autre  cost^ 
dudit  joyau  a  un  ymaigc  de  femme  de  haulte  taille,  assise,  ou  il  a 


(i)  S'agit-il  ici  d'une  monnaie  ?  II  parait  plus  vraisemblable  que  cct 
article  designe  une  imitation  de  medaille  romaine  executee  au  moyen  age 
comme  celles  qui  sont  decrites  plus  bas  sous  les  n"  197  a  200. 

(2)  Voyez  la  description  plus  complete  de  cctte  croix  dans  Finventaire  B, 
n°  1 08 1. 


PETITS    JOYAUX    ACHETES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    35    V"]  7  I 

escript  :  Phaustina  anno  ab  Urbe  condita  DCCLXXXII;  garni 
entoLir  de  grenaz  ct  d'esmeraudes,  et  pend  a  couplez;  et  un  fer- 
maillet  au  bout  garni  d'un  balay,  i  saphir,  vi  esmeraudes  et 
VII  perles;  lequel  joyauMonseigneur  achata  a  Paris,  ou  moys  de 
mars  Tan  mil  CCCG  et  I  de  Michiel  de  Paxi,  marchant  demou- 
rant  a  Paris  (i.) 

Ista  pars  tradita  et  reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executo- 
ribus.  Et  sic  acquittatur  hie,  ut  supra. 

[S  G,  n°  1 190;  prise  11°  liv.  t.] 

198.  Item,  un  autre  joyau  d'or  roont,  oil  est  d'un  costd  le 
visaige  d'Octovian,  de  haulte  taille,  et  a  escript  a  Tenviron  : 
Octoviamis  Cesar  Augustus  imperii  nostri  anno  xl ;  garni  entour 
de  nil  balaiz,  iiii  esmeraudes  et  xvi  perles;  et  au  dessus  a  un 


(i)  Ces  medailles  d'Auguste,  de  Tib^re,  de  Constantin  et  d'Heraclius  ne 
sauraient  dtre  des  monnaies  antiques.  Aucun  type  connu  ne  repond  a  la 
description  de  I'inventaire  ;  mais  on  connait  deux  medaillons,  attribues  a  un 
graveur  italien  du  milieu  du  xv»  siecle.  (Voy.  Armand,  Medailleurs  italiens, 
Tome  II,  p.  8),  dont  la  description  et  les  legendes  se  rapportent  exactement 
a  celles-ci.  Le  Cabinet  des  medailles  de  Paris  possede  un  exemplaire  en 
argent  du  Constantin  et  nous  avons  pu  constater  que  toutes  ses  parties  sont 
conformes  a  la  presente  description.  Le  medaillon  d'Heraclius  a  ete  grave 
dans  J.  D.  Koehler,  Historischen  Miin^  Belustigtmg  {Nuremberg,  1744,  Tome 
XVI,  p.  33.)  Nous  en  avons  vu  un  exemplaire  en  metal  dans  une  collection 
particuliere.  Ceux  d'Auguste  et  de  Tibere  sont  a  rctrouver.  Comme  le  prou- 
vent  les  termes  des  articles  197  et  199,  I'execution  de  ces  medaillons  date  de 
la  premiere  annee  du  xv  siecle  ou  meme  des  dernieres  annees  du  xiv°,  et 
non  de  1450,  comme  on  I'avait  suppose  jusqu'ici  pour  le  medaillon  represen- 
tant  Constantin.  lis  montrent  que  le  gout  de  I'antiquiteetaitdejafort  repandu 
au  xiV  siecle.  En  outre,  ce  Michel  de  Paxi  a  un  nom  qui  ressemble  singu- 
lierement  a  celui  de  Pasti,  un  des  grands  medailleurs  du  xv°  siecle.  Ce 
n'est  pas  son  pere,  mais  il  pourrait  dtre  son  aieul  ou  son  oncle.  Nous  avons 
ici  une  de  ces  reminiscences  de  I'antiquite,  une  de  ces  suites  qui  plaisaicnt 
tant  a  nos  peres  :  deux  Empereurs  paiens  pris  parmi  les  plus  illustres, 
et  deux  Chretiens.  Ce  rapprochement  fait  songer  a  la  legende  des  neuf 
Preux.  Dans  un  article  sur  les  plus  anciennes  medailles  italiennes  du 
moyen  age,  intitule  :  Qiiali  sono  le  prime  medaglie  del  medio  cevo,er.  public 
dans  le  Periodica  di  niimismatica  e  sphragistica  per  la  storia  d'ltalia  (Flo- 
rence, 1868),  M.  Julius  Friedlaender  cite  des  medailles  de  la  fin  du  xiv°  sie- 
cle, representant  Marco  Sesto  et  Francois  Novello  de  Carrare,  portant  la 
date  de  iSgo  et  1393.  Mais  I'auteur  ne  parle  d'aucun  des  quatre  medaillons 
decrits  ici.  Nous  devons  la  plupart  des  renseignements  qui  precedent  a 
I'obligeance  de  MM.  Lavoix,  Babelon  et  Prou,  du  cabinet  des  medailles  de 
Paris. 


-2  PETITS    JOYAUX    ACHETlis    PAR    MONSEIGNEL'R    [fol.    36] 

tableau  ouquel  a  escript  :  Maniis  [\)  ab  integro  seciilorum  nas- 
citur  ordo;  garni  d'un  balay  ct  une  perle ;  et  par  dessus  ledit 
tableau  a  un  fermaillet  ouquel  a  xiii  perles,  vi  esmerandes  et  v 
grcnaz;  el  de  Tautre  coste  dudit  joyau  a  une  femme  de  haulte 
taille,  tenant  en  une  de  ses  mains  une  estoille,  et  en  I'autre  un 
fouet,  et  a  escript  a  Tenviron  d'icelle  part :  Lilia  [sic]  anno  ab 
iirbe  condita  DCCL;  garni  entour  de  grenaz  et  d'esmeraudes; 
lequel  joyau  mondit  Seigneur  achata  dudit  Michiel  de  Paxi  avec 
I'autre  joyau  dessusdit. 

[S  G,  n°  23o;  prise  ii'  liv.  t.] 

199.  Item,  un  autre  joyau  d'or  roont,  de  haulte  taille,  ouquel 
est  contrefait  d\in  des  costez  Constantin  a  cheval  et  a  escript  a 
Tenviron  :  Constantiniis  in  Christo  deofidelis  imperator  et  mode- 
rator Romanoriim  et  semper  Augustus,  et  de  I'autre  costd  a  deux 
femmes,  et  ou  milieu  d'icelles  une  fontainne  ou  il  a  un  arbre,  et 
dedens  ledit  arbre  une  croix,  et  a  escript  a  I'environ  :  Michi 
absit  gloriari  nisi  in  cruce  domini  nostri  Jhesu  Christi;  et  est 
ledit  joyau  garni  entour  de  deux  balaiz,  deux  saphirs  et  de  vint 
grosses  perles  tout  a  jour;  et  pend  a  une  chaiennete  d'or  faicte 
de  boutons  d'or  roons  en  maniere  de  paternostres;  lequel  joyau 
Monseigneur  achata  en  sa  ville  de  Bourges  de  Antoine  Manchin, 
marchant  de  Florence  demourant  a  Paris,  le  ii^  jour  de  novembre 
I'an  mil  CCCC  et  deux,  la  somme  de  xi^  frans. 

Istc  due  partes  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum 
executoribus.  Et  ideo  exoneratur  hie  dictus  Robinetus,  ut  supra. 
[S  G,  n°  23 1 ;  prise  1111°  fr.,  valent  iiii'^  liv.  t.] 

200.  Item,  un  autre  joyau  d'or  roont,  de  haulte  taille,  ou  il  a 
d'un  des  costez  la  figure  d'un  empereur  appelle  Eracle  en  un 
croissant,  et  son  tiltre  escript  en  grec,  expose  en  fran9ois  en 
ceste  maniere  :  Eracle  en  Jhesu  Crist  Dieu,  fcal  empereur  et  mo- 
derateur  des  Romains,  victeur  et  triumphateur  tousjours  Au- 
giiste;  et  de  ce  mesmes  coste  a  escript  en  latin  :  Illumina  vultum 
tiium  Deus ;  super  tenebras  nostras  militabor  in  gentibus;  et  de 


(i)  II  faut  evidemment  lire  :  Magnus. 


PETITS    JOYAUX    ACHETES    PAR    MONSEIGNEUR    [tol.    36    V"]  ^3 

Tautre  est  la  figure  dudit  empereur  tenant  une  croix,  assis  en  un 
char  a  trois  chevaux,  et  dessus  sa  teste  a  pluseurs  lanipes,  et  ou 
milieu  du  cercle  ou  sont  lesdictes  lampes  a  escript  en  grec  exposd 
en  francois  ce  qui  s'ensuit  :  Gloire  soit  es  cieulx  d  Jhesu  Crist 
Dieu  qui  a  rompu  les  partes  d'enfer  et  rachatee  la  croix 
saincte,  imperant  Eracle.  Et  est  ledit  joyau  garni  entour  de 
quatre  saphirs  etquatre  grosses  perles,  et  pend  a  une  chaiennete 
d'or  engoulee  (i)  de  deux  testes  de  serpent. 

Ista  pars  tradita  et  reddita  fuit  Parisius  per  di(;tum  Rohinetum  executori- 
bus.  Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus  de  eadem. 

Ces  mi  parties  acolees  [197-200]  sont  aiiisi  declairees  ou  cli'  et  cm' 
fueillez  dudit  livre. 

[S  G,  n"  1 191 ;  prise  v"  liv.  t.] 

2or.  Item^un  joyau  d'or  roont,  contrefait  d'un  coste  et  d'autre 
a  la  semblance  d'un  autre  Joyau  d'or  cy  devant  rendu  en  la 
seconde  partie  du  fueillet  precedant,  ouquel  est  Constantin 
empereur;  lequel  joyau  mondit  Seigneur  a  fait  t'aire  et  n'y  a 
point  de  pierrerie. 

[S  G,  n"  2  32;  prise  lx  liv.  t.] 

202.  Item,  un  autre  joyau  d'or  roont,  contrefait  de  toutes  pars, 
a  la  semblance  d'un  autre  joyau  d'or  ci  devant  rendu  en  la  derrc- 
niere  partie  dudit  fueillet,  ouquel  est  la  figure  de  Eracle  empereur ; 
lequel  mondit  Seigneur  a  fait  faire,  et  n'y  a  point  de  pierrerie. 

Ista  duo  jocalia  non  inveniri  possunt  in  compotis  precedentibus.  Tamen 
si  inveniantur,  acquictetur  ibidem  dictus  Robinetus. 

Postmodum  reperta  fuerunt  Bitturicis  et  per  dictum  Robinetum  tradita  et 
reddita  Parisius  executoribus,  convertenda  in  facto  execucionis  dicti  domini 
Ducis.  Quare  exoneratur  dictus  Robinetus,  ut  supra. 

[S  G,  n°  233;  prise  nii"  liv.  t.] 


JOYAULX    ET    AUTRES    CHOSES    DE    DIVERSES    MANIERES    DES 
INVENTOIRES,    DONT    IL    EN    Y    A    PLUSIEURS    DE    PETITE    VALEUR. 

2o3.    Item,  xxin   pieces   de    monnoye   d'or   de   diverses    ma- 

(i)  En  langue  heraldique,  engoule  se  dit  des  pieces  d'armoiries  dont  les 
extremites  entrent  dans  des  gueules  d'animaux.  II  s'agit  done  probablement 

ici  d'une  chaine  sortant  dc  deux  gueules  de  serpent. 


74  JOYAUX,    ETC.,    DES    INVENTAIRES    [fol.   '}<']   V°] 

iiieres.  Ainsi    declairez   en    la  ii^   partie   du  xxv^  fueillet  dudit 
livre. 

[S  G,  n°  582;  de  xxxv  pieces  de  monnoie  d'or  de  diverses  famous,  dont  en 
I'inventoire  de  Robinet  n'avoit  que  xxiii,  et  il  en  rend  plus  xii;  pesant 
nil  onces  XVII  esterlins  obole;  prise  xliiii  liv.  t.] 

204.  Item,  xxxv  deniers  d'argent  de  diverses  monnoies.  Ainsi 
declairez  en  la  iii^  partie  du  xxv^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n"  12  3.  —  S  G,  n°  583  ;  de  cxiii  deniers  d'argent  de  diverses  monnoies  et 
manieres,  pesant  i  marc  iiii  onces;  prise  ix  liv.  t.] 

205.  Item,  un  petit  coffret  a  mectre  les  anneaulx  de  Monsei- 
gneur;  lequel  est  declaird  en  la  premiere  partie  de  la  seconde 
page  du  xxv^  fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  n"  584  ;  garni  d'argent,  de  serreure  et  deux  fermoars ;  prise  vi  liv.  t.] 

206.  Item,  un  coutel  en  une  vielle  gayne,  appelle  le  Coutel 
donogo  qui  tranche  fer  (i).  Ainsi  declaird  en  la  if  partie  du 
xxviii*  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n-  168.  —  SG,  n"  12  16;  non  prise  pour  ce  qu'ilne  vault  riens,  et  donne, 
si  comme  on  dit,  a  Hermant  Rainsc.] 

207.  Item,  un  roolleau  d'argent  dore  pour  eschauffer  mains  (2), 
et  aux  deux  bouz  hachie  aux  amies  de  feu  monseigneur  d'Es- 
tampes.  Ainsi  declaire  en  la  in«  partie  du  xxxii=  fueillet  dudit 
livre. 

[B,  n"  220.  —  S  G,  n°  235  ;  neant  pour  ce  que  ledit  commis  en  a  fait  recepte 
ou  compte  des  funerailles.] 

208.  Item,  Teuvangile  saint  Jehan,  escripte  de  menuc  lettre,  en 


(1)  Ce  couteau  qui  tranchait  le  fer  portait  peut-dtre  sur  sa  lame  le  nom 
d'un  fabricant  appele  Donogo.  Une  vieille  legende,  dont  I'origine  a  echappc  a 
nos  recherches,  mais  dont  le  souvenir  s'est  perpctue  chez  un  romancier 
populaire  contcmporain,  nous  represente  le  roi  Richard  Coeur  de  Lion  et 
le  sultan  Saladii*.  faisant  assaut  d'adresse  et  de  force.  Le  monarque  anglais 
tranche  d'un  coup  de  son  epee  le  manche  en  fer  d'une  masse  d'armes,  tandis 
que  le  sultan  jette  en  I'air  un  coussin  de  soie,  et  pendant  sa  chute,  separe  en 
deux  retort'e  molle  et  sans  consistance  avec  son  cimeterre. 

(2)  Les  chauffe-mains  affectaient  soit  la  forme  d'un  rouleau,  comme  dans 
le  present  article,  soit  plus  souvent  celle  d'une  pomme.  (Voy.  ci-apres  n°  2  5o). 
L'inventaire  des  joyaux  de  la  Couronne  redige  en  1418  mentionne  plu- 
sieurs  pommes  d'argent  a  chauffer  les  mains  (n"'  222  et  227).  Le  musee  de 
Cluny  possede  deux  chauffe-mains  en  forme  de  boules  percees  de  trous,  du 
xiV  ou  du  xv"  siecle, 


JOYAUX,   ETC.,    DES    INVENTAIRES    [fol.    38]  J 5 

parchemin,  de  la  grandeur  d'un  blanc  (i).  Ainsi  declaire  en  la 
vii«  partie  dudit  xxxii«  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°224.  —  S  G,  n°  1217  ;  non  prisee  et  donnee,  si  comme  on  dit,  a  Jehan 
Du  Pre.] 

209.  Item,  une  boistelete  d'argent  dore,  en  fagon  de  poire, 
pour  mectre  verniz,  qui  sert  pour  un  comptouer;  pesant  v  on- 
ces  V  esterlins.  Ainsi  declairee  en  la  vn=  partie  du  xxxmi^  fueil- 
let dudit  livre. 

[S  G,  11°  2  36;  neant  pour  ce  que  ledit  commis  en  a  fait  recepte  ou  compte 
des  funerailles.] 

2  10.  Item,  un  petit  croissant  d'or  qui  servoit  a  un  joyau  que 
souloittenir  le  grant  Dieu  d'or  pour  porter  Corpus  Domini;  pe- 
sant 3  esterlins.  Ainsi  declaire  en  la  vni«  partie  du  xxxv<=  fueillet 
dudit  livre. 

[B,  n°  273.  —  S  G,  n"  877;  prise  xxv  sous  t.] 

211.  Item,  deux  grans  couteaulx  et  un  petit  en  une  gayne  de 
cuir  fauve,  a  ni  manches  de  jaspre. 

[B,  n"  279.  —  S  G,  n"  878 ;  prise  iiii  liv.  t.] 

2  12.  Item,  une  pairc  de  petis  couteaulx. 

Ces  deux  parties  acolees  sont  ainsi  contenues  en  la  xinr  et  xv"  parties  du 
xxxv°  fueillet  dudit  livre. 
[B,  n"  280.] 

2 1 3.  Item,  une  pomme  de  must  a  quatre  crestes  d'or,  que 
Christoflede  La  Mer  donna  a  Monseigneur;  garnie  de  nii  balais- 
seaux,  six  saphirs  et  dix-sept  perles.  Ainsi  declairee  en  la  iii^  par- 
tie  du  xxxvii^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n"  3oi.  —  S  G,  n"  237;  prise  xxv  liv.  t.] 

214.  Item,  un  petit  coissinet  de  lavandre  de  satin  blanc,  brode 
a  un  ours.  Ainsi  declaire  en  la  x=  partie  du  xxxvn^  fueillet  dudit 
livre. 

(i)  Encore  une  de  ces  curiosites  hizarres  dont  les  amateurs  se  sont  montres 
de  tout  temps  tres  friands.  (Voy.  ci-dessus  n"  168.)  Le  blanc  sous  Charle.'-.  VI, 
etait  une  monnaie  valant  dix  ii  douze  deniers.  (Voy.  Diet,  de  Trevoux). 
Nous  ne  pensons  pas  qu'il  soit  ici  question  d'un  manuscrit  comme  le  croit 
M.  Leopold  Delisle  {Cabinet  des  manuscrits,  III,  174,  \V  35).  L'inventaire 
veut  sans  doute  parler  de  I'evangile  qui  se  dit  a  la  fin  de  la  messe  :  «  In 
principio  erat  Verhum,  etc.  w. 


76  JOYAUX,    ETC.,    DES    INVENTAIRES    [fol.    38] 

[B,  n"  3o8.  —  S  G,  n°  12 18;  donne,  si  comme  on  dit,  a  Bourges  pour  ce 
qu"il  ne  valoit  riens.] 

2 1 5.  Item,  une  espee  dont  le  pommel,  la  croix  et  le  forrel  sont 
garniz  d'argent;  et  oudit  pommel  a  un  escu^on  aux  armes  de 
Monseigneur.  Ainsi  declairee  en  la  x<=  partie  du  xxxviiie  fueillet 
dudit  livre. 

[B,  n»  32  1.  —5  0,11°  238;  xii  liv.  t.] 

216.  Item,  une  autre  espee  non  garnie.  Ainsi  declairee  en  la 
xi«  partie  dudit  xxxviii'^  fueillet 

[B,  11°  322.  —  S  G,  n°  879;  prise  v  sous  t.] 

Omnes  iste  partes  in  presenti  pagina  declarate  cum  omnibus  aliis  partibus 
in  sequenti  pagina  contentis  [2o3-2i6]  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius 
executoribus;  convertendum  in  facto  dicte  execucionis.  El  ideo  acquittatur 
dictus  Robinetus,  ut  supra. 

217.  Item,  un  plat  fait  de  pourcellainne,  sanz  aucune  garnison, 
estant  dedans  un  estui  de  cuir.  Ainsi  declaird  en  la  premiere  par- 
tie  du  iin*''  xnii«  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  858.  —  S  G,  n°  1219  ;  non  prise  pour  ce  qu'il  a  este  rompu  en  ame- 
nant  de  Bourges  a  Paris.] 

218.  Item,  un  long  cristal  roont,  estant  en  un  estui  de  fer 
blanc.  Ainsi  declaire  en  la  premiere  partie  du  ini^^  xv^  fueillet 
dudit  livre. 

[B,  n"  870.  —  S  G,  11°  880;  prise  xv  liv.  t.] 

2ig.  Item,  un  rairouer  d'acier  estant  en  une  bourse  de  soye. 
Ainsi  declaire  en  la  ii«  partie  du  nii^''  xv^  fueillet  dudit  livre. 
[B,  n°  871.  —  S  G,  n"  881 ;  prise  xl  sous  t.] 

220.  Item,  VI  branches  de  corail  (i)  vermeil,  que  grans  que 
petites,  dont  la  plus  grant  est,  au  bout,  garnie  d'argent.  Ainsi 
declairees  en  la  ni=  partie  du  ini^^  xv^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  872.  —  S  G,  n°  239;  prise  l  liv.  t.] 

22  1.  Item,  un  mirouer  (2)  d'argent  dore,  esmaillie  par  dehors 

(i)  II  y  en  avait  sept;  I'une  d'elles  avait  servi  a  fairc  une  patenotre.  \^oy. 
I'inventaire  B,  n"  872. 

(2)  Le  miroir  de  metal  remonte  a  I'antiquite  qui  ne  parait  pas  en  avoir 
connu  d'autre.  L'application  d'une  feuille  de  metal  derriere  un  verre  pour 
refleter  une  image  serait  une  invention  du  moyen  age.  D'ailleurs,  le  miroir 
en  metal  poli  est  encore  tres  usite  au  xv"  siecle  (Cf.  n"  io32,  et  Invent,  de 
Charles  V). 


JOYAI'X,    ETC.,    DES    INVENTAIRES    [fol.    38    vo]  77 

a  deux  pavilions,  escript  a  Tentour  :  Ave  Maria.  Ainsi  declaire 
en  la  premiere  partie  du  iiii'^^  xvii^  fueillet  dudit  livre. 
[B,  n°  902.  —  S  G,  n°  240;  prise  l  sous  t.] 

222.  Item,  un  petit  coutel  tournant  a  viz  (i). 
[B,  904.  —  S  G,  n"  882  ;  prise  x  sous  t.] 

223.  Item,  pluseurs  pieces  d'argent  en  ymaiges,  croces  (2),  et 
autreschoses  qui  servoienta  plusieursjoyaulx  qui  souloientestre 
en  la  grosse  tour  de  Bourges;  pesant  ensemble  iiii  marcs  xvii  es- 
terlins  obole. 

[B,  n»  905.  —  S  G,  n"  241 ;  neant  cy  pour  ce  que  ledit  commis  en  a  fait 
recepte  ou  compte  des  funerailles.] 

224.  Item,  un  cuivreau  fait  en  forme  d'omme  nu,  de  tres 
bonne  fa^on. 

[B,  n°  go6.  —  S  G,  n°  883 ;  prise  xx  sous  t.] 

22  5.  Item,  un  reftVoidouer  a  vin,  de  cuivre  ouvre  a  oeuvre  de 
Damas. 

[B,  n"  907.  —  S  G,  n°  884;  prise  x  liv.  t.] 

226.  Item,  une  chemise  de  N.  D.  de  Chartres  (3). 

Ces  V  parties  acolees  [222-226]  sont  ainsi  declairees  ou  ini'"  xvir  fueillet 
dudit  livre. 
[B,  n"  908]. 

227.  Item,  une  casse  de  bois  ou  il  a  un  oef  d'austruce  (4). 
Ainsi  declaird  en  la  ii^  partie  du  nii^'^  xix^  fueillet  dudit  livre. 

(i)  L'estimation  de  ce  couteau  prouve  qu'il  s'agit  d'un  instrument  assez 
vulgaire.  N'a-t-on  pas  voulu  designer  par  I'expresion  tournant  a  vi^  un  cou- 
teau se  refermant  de  faf  on  a  pouvoir  elre  mis  dans  la  poche. 

(2)  Faut-il  lire  crosses  ou  crochets?  L'article  ne  fournit  pas  d'indication 
suffisante  pour  I'interpretation  de  ce  mot  qui  se  rencontre  rarement  sous 
cette  forme. 

(3)  On  vendait  aux  pelerins  qui  venaient  venerer  la  chemise  de  la  Vierge  h 
Chartres  des  representations  de  cette  insigne  relique  sur  laquelle  on  pourra 
consulter  :  F.  de  Mely,  Le  tre'sor  de  Chartres  (Paris,  A.  Picard,  1886,  in-i8 
p.  49);  du  meme,  Chemises  de  la  Vierge  (Chartres,  Garnier,  i885,  in-4°); 
et  aussi  L.  Merlet,  Catalogue  des  reliques  et  joyaux  de  N.  D.  de  Chartres 
(Chartres,  imp.  Garnier  i885,  pet.  in-S").  M.  Merlet  donne,  dans  ce  dernier 
ouvrage,  (p.  94)  le  dessin  du  reliquaire,  en  forme  de  chemise  de  Chartres, 
envoye  par  le  chapitre  aux  Hurons;  ce  reliquaire  serait  encore  conserve  a 
la  cathedrale  de  Quebec 

(4)  L'oeuf  d'autruche  rentre  dans  les  curiosites  naturelles  fort  recherchees 
de  nos  ancetres  qui  convertissaient  cet  oeuf  en  coupes,  en  salieres,  ou  meme 


78  JOYAUX,   ETC.,    DES    INVENTAIRES    [fol.    Bc)] 

[B,  11°  918. —  S  G,  n°  1220;  laissee,  si  commc  on  dit,  a  ladicte  chapelle  du 
palaiz  de  Bourges.] 

228.  Item,  un  pignouer  (i)  garni  d'un  pigne,  d'un  mirouer  et 
d'une  greve  d'yvoire  en  un  estui,  ou  il  a  deux  escucons  aux  ar- 
mes  de  feue  madame  la  Duchesse.  Ainsi  declaire  en  la  inie  par- 
tie  dudit  iiii^^  xix<=  fueillet. 

[B,  n"  920.  —  S  G,  n"  1221  ;  dunne  a  Bourges,  si  comme  on  dit.] 

229.  Item,  deux  estuiz  de  cuir,  garniz  de  sarrures  et  charnieres 
d'argent  dore,  Tun  pour  une  couronnc  et  I'autre  pour  un  cha- 
pel, armoiez  par  dessus  aux  armes  de  Monseigneur.  Ainsi  dcclai- 
rez  en  la  v^  partie  du  nii^'^  xix"  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n''92i.  —  S  G,  n"  242;  prise  iiii  liv.  x  sous  t. ;  pour  ce  pour  un  desdiz 
estuis  XLv  sous  t.  Ibid.,  n°  885;  I'autre  estui  xlv  sous  t.]. 

230.  Item,  quatre  petites  fioles  de  voirre,  en  chascune  desquel- 
les  a  un  tres  petit  de  baulme.  Ainsi  declairez  en  la  ix«  partie  du- 
dit ini'^''  xix«  fueillet. 

[B,  n"  924.  —  S  G,  n°  1222;  trois  des  quatre  petites  fioles  donnees,  si 
comme  on  dit,  a  messeigneurs  I'arcevcsque  de  Bourges  et  I'evesque  de  Paris.] 

23 1.  Item,  un  hochet  (2)  pour  esbatre  petis  enffans,  de  bro- 
deure,  seme  de  menues  perles,  ou  sont  iiii  escucons  aux  armes 
de  France,  de  la  royne  de  Bourbon,  du  dauphin  et  de  monsei- 
gneur d'Estampes;  et  est  la  tenue  d'argent  esmailliee  aux  armes 
de  France.  Ainsi  declaire  en  la  derreniere  partie  du  iiii'^'^  xix'^  fueil- 
let dudit  livre. 

[B,  n-  926. —  S  G,  n°  i223;  donne  a  Bourges,  si  comme  on  dit,  a  un  petit 
enfant,  et  estoit  tres  viel  et  rompu.] 

232.  Item,  une  grant  bouteille  de  voirre  ou  il  a  du  bausme 


en  reliquaires,  (Voy.  le  reliquaire  de  Quediinbourg  reproduit  par  V.  Gay  et 
ci-dessous  les  n°»  689  et  757.)  On  possede  encore,  notamment  a  Dresde  dans 
la  Griingewoelbe,  des  oeufs  d'autruche  habilement  decorcs  par  d'anciens 
orfevres.  II  ne  faut  pas  oublier  non  plus  que  le  due  de  Berry  possedait  une 
autruche  vivante. 

(i)  Le  pignouer  ou  pigniere  etait  le  necessaire  ou  on  serrait  les  peignes, 
rasoirs,  gravoirs,  ciseaux,  miroirs  et  autres  objets  de  toilette.  (Voy.  Glossaire 
des  emaux  au  mot  gravouire.) 

(2)  M.  de  Laborde  cite  des  cxemples  de  hochet  en  metal  identiqucs  a  ceux 
qu'on  met  encore  entre  les  mains  des  enfants.  Mais  un  hochet  de  broderie 
est  un  objet  rare  dont  on  s'expliquc  difficilement  I'usage;  car  on  nc  pou- 
vait  le  laisser  mettre  dans  la  bouche. 


JOYAUX,    F.TC,    DES    INVKNTAIRES    [fol.    Bq]  79 

cuit,  trouve  en  Tostcl  Pierre  de  la  garderobe,  sdelle  des  sdeaulx 
du  seneschal  de  Berry  et  de  I'abbe  de  saint  Ambrois,  et  d'un  au- 
tre seel  dont  la  carate  (i)  ne  puet  estre  cogneue.  Ainsi  declare 
en  la  vii<=  partie  du  iiii^'^  xix*^  fueillet  dudit  livre. 

Omnes  iste  partes  presentis  pagine  etalie  in  pagina  sequenti  [217-232]  red- 
dite  et  tradite  fuerunt  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum;  conver- 
tendum  ut  supra.  Et  ideo  acquittatur  hie  de  eisdem. 

[B,  n°922.  —  S  G,  n°  1224;  non  prisee  et  donnee,  si  comme  on  dit,  a  mes- 
seigneurs  I'arcevesque  de  Bourges  et  I'evesque  de  Paris.] 

233.  Item,  une  piece  de  crista!  plat,  contenant  un  espan  de 
long  et  III  doiz  de  large,  et  un  fouet  (2)  dudit  cristal,  garni 
d'argent  dore  et  de  plusieurs  filez  de  soye  et  boutons  de  perles. 
Ainsi  declairez  en  la  premiere  partie  du  C^  fueillet  du  livre  des 
comptes  precedens,  faisant  mencion  d'un  benoistier  de  cristal, 
lequel  est  cy  dessus  rendu  en  la  iin'^  panic  du  xxi'=  fueillet  de  ce 
present  compte. 

[S  G,  n"  886  ;  prise  xx  iiv.  t.] 

234.  Item,  un  coffret  d'un  pie  en  quarreure,  de  cipres  mar- 
quete,  garni  de  cuivre  dore,  et  dedens  de  veluiau  vermeil,  qui  fu 
deffeu  monseigneur  d'Estampes.  Ainsi  declaire  en  la  11^  partie 
du  c=  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  928.  —  S  G,  n"  887 ;  prise  lx  sous  t.] 

235.  Item,  un  coftVet  de  cipres  marquete,  de  deux  piez  de 
long  et  d'un  pie  de  large,  et  y  a  ymaiges  eslevez  alentour.  Ainsi 
declaire  en  la  vi*^  partie  dudit  c^  fueillet. 

[B,  n°  g32.  —  S  G,  11°  888;  prise  lx  sous  t.] 

236.  Item,  une  pille  de  tres  petiz  goubellez  d'argent,  et  y  a 


(i)  Sur  le  mot  carate,  voyez  Du  Cange  a  cavactev.  L'exemple  qu'il  donne. 
«  Et  a  en  la  caraterc  dudit  seel  ung  ymaige  de  royne  coronnce  »  ne  laisse  pas 
d'incertitude  sur  la  signification  de  ce  mot.  Carate  et  caratere  sont  evidem- 
ment  pris  dans  la  meme  acception. 

(2)  On  rencontre  assez  frequemment  dans  les  inventaires  de  cette  epoque 
(Voy.  Invent,  de  CharlesV,  art.  2814),  des  fouets  faits  d'une  matiere  qui  parait 
peu  propre  a  un  pareil  usage.  M.  de  Laborde  fait  remarquer  que  la  presence 
des  chiens  et  autres  animaux  dans  les  appartements  intimes  explique  I'usage 
de  ces  fouets  de  luxe.  (Voy.  le  mot  fouet  dans  le  Glossaire  des  Emaiix  et  dans 
V.  Gay). 


8o  JOYAUX,    ETC.,    DES    INVENTAIRES    [fol.    3g    V°] 

dessus  un  petit  saphir;  non  poisez.  Ainsi  declairez  en  la  vi^  par- 
tie  du  Lve  fueillet  dudit  livre. 

[B,  11°  467.  —  S  G,  11°  889 ;  prise  xii  sous  vi  deniers  t.] 

237.  Item,  un  voirre  fait  en  guise  de  burette  garnie  d'or,  pen- 
dant a  ni  petites  chaiennes  d'or. 

Iste  quinque  partes  accolate  [233-237]  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius 
per  dictum  Robinetum  executoribus ;  convertendum  ut  supra.  Et  ideo  acquit- 
tatur  hie  dictus  Robinetus. 

[B,  n°  5oo.  —  S  G,  n°  890;  prise  vi  Hv.  t.] 

238.  Item,  une  autre  burete  de  voirre,  garnie  et  pendant  a 
V  chaiennes  d'or. 

[B,  n°  5oi.  —  S  G,  n°  891  ;  prise  vm  liv.  t.] 

239.  Item,  une  burete  de  voirre,  garnie  et  pendant  am  chaien- 
nes d'or. 

Tradite  et  reddite  fuerunt  iste  11°  partes  accolate  per  dictum  Robinetum  Pa- 
risius dictis  executoribus,  ut  supra.  Et  sic  acquittatur  idem  Robinetus  hie. 
[B,  n"  5o2.  —  S  G,  n°  892  ;  prise  vi  liv.  t.] 

240.  Item,  un  petit  antonnouer  d'or;  non  poisie. 

Redditus  fuit  Parisius   executoribus  per  dictum  Robinetum.  Et  ideo  ac- 
quittatur hie. 
[B,  no  5o3.  —  S  G,  no  243  ;  garny  de  menues  perles  ,  prise  iiii  liv.  t.] 

241.  Item,  un  tonnelet  d'argent  vere,  pendant  a  deux  an- 
neaulx  et  une  boucle;  non  pesd. 

[B,  n°  504.  —  S  G,  n°  893;  prise  vii  sous  vi  deniers  t.] 

242.  Item,  quatre  petiz  barrillez  d'argent  dorez,  a  mectre  eau 
roze;  pesans  11  marcs  i  once  v  esterlins. 

Ces  parties  acolees  [237-242]  sont  ainsi  declairees  ou  lviu"  et  lix"  fueillets 
dudit  livre. 

[B,  n°  5o5. —  S  G,  n°244;  neant  cy  pour  ce  que  ledit  commis  en  a  fait 
recepte  ou  compte  des  funerailles.] 

243.  Item,  in  petis  flascons  d'argent  dord,  ou  en  chascun  a 
un  doublet;non  pesez.  Ainsideclairez  en  laiiii^partie  du  lix« fueil- 
let dudit  livre. 

[B,  n"  5o8.  —  S  G,  n°  894 ;  prise  xxx  sous  l.] 

244.  Item,  un  petit  mirouer  a  deux  lunetes,  scant  sur  un  p\6 
d'argent   dore;  a  I'environ  dudit   mirouer  menue  pierrerie  de 


JOYAUX,  ETC.,  DKS    INVENTAIRES    [fol.    40  V°]  8  I 

petite  valeur,  el  par  dessus  une  femme  assise  sur  le  doz  d'un 
homnie  (i);  pesant  i  marc  vi  onces  v  esterlins.  Ainsi  declaire 
en  la  iiii^  partie  du  lx^  fueillet  dudit  livre. 

Reddite  et  tradite  fuerunt  iste  quatuor  partes  accolate  [241-244]  per  dictum 
Robinetum  Farisius  dictis  executoribus,  ut  supra.  Et  ideo  acquittatur  idem 
Robinetus  hie. 

[B,  n°  5ig.  —  S  G,  n°  246  ;  neant  cy  pour  la  cause  dessusdicte.] 

245.  Item,  un  mirouer  a  deux  lunetes  (2),  d'argent  dore,  ouvrd 
de  I'ouvraige  de  Damas.  Ainsi  declaire  en  la  v<=  partie  du 
Lxe  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n"  520.  —  S  G,  n°  SgS  ;  prise  lx  sous  t.] 

246.  Item,  un  petit  mirouer  a  deux  lunetes,  d'argent  dore,  fait 
en  maniere  d'une  pirouecte  (3).  Ainsi  declaire  en  la  vi^  partie  du 
Lx^  fueillet. 

[B,  n°  52  I .  —  S  G,  n°  896  ;  prise  xx  sous  t.] 

247.  Item,  un  escrin  de  jaspre,  que  la  femme  Pierre  Le  Biernois 
donna  a  Monseigneur.  Ainsi  declaire  en  la  nii^  partie  du 
Lxi«  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  529.  —  S  G,  n°  8()5  ;  prise  vi  iiv.  t.] 

248.  Item,  un  estui  de  cuir  noir,  ou  il  a  ini  compas  d'ar- 
gent (4),  les  deux  grans  d'argent  vere  et  les  deux  petis  d'argent 
blanc.  Ainsi  declaire  en  la  vi'=  partie  dudit  lxi^  fueillet. 

[B,  n"  53i.  —  S  G,  n°  898;  prise  viii  Iiv.  t.] 

249.  Item,  deux  petites  escuelles  de  pourcellaine.  Ainsi  declai- 
rez  en  la  vi«  partie  du  Lxn*^  fueillet  dudit  livre. 


(i)  V.  Gay  donne  le  dessin  d'un  vase  appele  aquamanile  (Voy.  ce  mot)  ou 
cette  legende  satirique,  bien  connue  sous  le  nom  de  lai  d'Aristote,  est  repre- 
sentee. N'est-il  pas  piquant  de  voir  un  sujet  qui  consacre  le  triomphe  de  la 
beaute  sur  la  philosophic  applique  a  la  decoration  d'un  miroir?La  repre- 
sentation de  cette  scene  a  eu  un  grand  succes  au  moyen  age. 

(2)  Un  miroir  a  deux  lunettes  est  forme  de  deux  disques  dont  Tun  sert  a 
recouvrir  et  a  proteger  la  glace;  ii  est  monte  sur  charniere  ou  pivot;  c'est 
cequeveut  dire  \e  mot  pirouecte  de  I'article  suivant.  Le  miroir  a  une  lunette 
(voir  n°  283)  n'a  pas  de  plaque  pour  recouvrir  la  glace. 

(3)  L'inventaire  B,  n°  52 1,  dit  «  pizoete  ». 

(4)  Le  mot  compas  designe  souvent  les  cercles  et  autres  figures  geometri- 
ques  entrant  dans  la  decoration  des  etoffes  ou  des  meubles.  C'est  I'efFet  pris 
pour  la  cause.  Mais,  ici,  il  s'agit  de  I'instrunient  lui-meme. 


82  JOYAUX,    ETC.,    DES    INVENTAIRES    [t'ol.    40    V^] 

[B,  11"  541.  • —  S  G,  11°  8gg ;  prise  i  sol  111  dcniers  t.] 

250.  Item,  unc  pomme  d'argent  dore  pour  eschauffer  mains, 
taillde  a  plusieurs  rosetes,  et  y  a  pluseurs  pertuis  parmi ;  pesant 
mi  onces  ii  esterlins  obolc.  Ainsi  declairee  en  la  x«  partie  dudit 
Lxii^  fueillet. 

[B,  n°  545.  —  S  G,  n°  246  ;  neant  commc  dessus.] 

25 1.  Item,  une  pomme  d'argent  vere  en  quatre  quartiers, 
faicte  en  fa9on  d'un  pot;  pesant  iv  onces  x  esterlins.  Ainsi  de- 
clairee en  la  xi«  partie  dudit  lxh'^  fueillet. 

[B,  n»  546.  —  S  G,  n"  247;  neant  pour  cc  qu'elle  fut  donnee  a  maistre 
Nicolas  des  Pres,  a  Bourges.] 

252.  Item,  une  pomme  de  voirre  bleu,  faicte  a  costes,  garnie 

d'argent,    non    pesee.   Ainsi    declairee    en   la   xii*-'   partie  dudit 

Lxn<^  fueillet. 

Reddite  et  tradite  fuerunt  iste  viii  partes  acolate  [245-252]  Parisius  per 
dictum  Robinetum  dictis  executoribus,  ut  supra.  Et  ideo  acquittatur  idem 
Robinetus  hie. 

[B,  n°  547.  —  S  G,  n°  248;  prise  x  sous  t.] 

253.  Item,  un  cadran  d'argent  vere,  ou  il  a  sur  Tun  des  hours 
un  chastel,  et  devant  une  Annunciacion;  pesant  nii  onces  xn  es- 
terlins obole.  Ainsi  declaire  en  la  premiere  partie  du  lxhii^ 
fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  565.  —  S  G,  n°  249;  neant  pour  ce  que  ledit  conimis  en  a  fait 
recepte  ou  compte  des  funerailles.] 

254.  Item,  une  tres  grosse  pomme  de  tin  ambre  et  de  must, 
garnie  d'or  a  I'ouvraige  de  Damas,  et  dessoubz  une  grosse  perle, 
et  pend  a  une  bourse.  Ainsi  declairees  en  la  iiii<=  partie  du 
Lxv*  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  584.  —  S  G,  n"  2  5o ;  prise  ci.  liv.  t.] 

255.  Item,  une  autre  pomme  de  must,  garnie  d'or;  a  Tun  des 
boux  a  un  saphir  et  vin  perles,  et  a  Tautre  vii  perles.  Ainsi 
declairee  en  la  vi--^  partie  dudit  lxv^  fueillet. 

[B,  11°  58(3.  —  S  G,  n-  25  i  ;  prise  xx  liv.  t.] 

256.  Item,  une  autre  pomme  de  must,  garnie  d'or  a  iv  bandes, 
et  dessoubz  a  un  petit  grain  d'esmeraude. 

[B,  n»  589.  —  S  G,  n°  252  ;  prise  viii  liv.  t.] 


JOYAUX,    ETC.,    DKS    INVENTAIRES    [fol.    41]  83 

257.  Item,  une  autre  pomme  de  must,  semblable  et  de  sem- 
blable  fa^on. 

[B,  n»  5go.  —  S  G,  no  253  ;  prise  viii  liv.  t.] 

258.  Item,    une    autre    pomme  de  must,   garnie  d'argent  a 

nil  bandes,  en  laquelle  a  une  perle  au  bout,  et  au  bout  du  laz 

menues  perles. 

Ces  III  parties  acoiecs  [256-258]  sont  ainsi  declairees  au  lxv°  fueillet 
dudit  livre. 

[B,  n"  591.  —  S  G,  no  585;  prise  mi  liv.  t.] 

2591  Item,  une  autre  pomme  de  must,  garnie  d'argent  a  Tou- 
vraige  de  Damas  et  de  menues  perles,  ou  il  fault  une  perle  au 
bout.  Ainsi  declairee  en  la  penultieme  partie  dudit  lxv^  fueillet. 

Tradite  fucrunt  iste  vii  partes  acolate  [253-259]  P'^''  dictum  Rohinetum, 
ut  supra.  Et  idco  acquittatur  idem  Robinetus  hie. 

[B,  n°  593.  —  S  G,  n"  1225  ;  laquelle  maistre  Martin  Derian  a,  si  comme 
on  dit.] 

260.  Item,  trois  pommes  de  must,  garnies  d'argent  a  I'euvrc 
de  Damas,  chacune  une  perle  au  bout;  et  y  a  dessus  pluseurs 
menues  perles.  Ainsi  declairees  en  la  derrcniere  partie  dudit 
Lxv^  fueillet. 

[B,  n°  594.  —  S  G,  n°  254;  prise  ix  liv.  t.] 

261.  Item,  une  pomme  de  must,  garnie  d'argent  a  I'ouvraige 
de  Damas,  en  laquelle  a  plusieurs  menues  perles.  Ainsi  declairee 
en  la  premiere  partie  du  lxvi^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n"  595.  —  S  G,  no  900;  prise  xlv  sous  t.] 

262.  Item,  une  pomme  d'argent  toute  vuide,  ordonnde  pour  y 

mettre  must.  Ainsi  declairee  en   la  ii*--  partie  du    lxvi*^  fueillet 

dudit  livre. 

[B,  n°  596.  —  S  G,  n"  255;  neant  cy  pour  ce  que  ledit  commis  en  a  fait 
recepte  ou  compte  des  funerailles.] 

263.  Item,  dix  esmaulx  de  pelite,  enchassez  en  argent.  Ainsi 
declairez  en  la  vii'-'  partie  dudit  lxvi*^  fueillet. 

[B,  n"  601.  —  S  G,  no  901 ;  prise  vii  liv.  t.] 

264.  Item,  un  Roy  d'ambre  sur  un  entablement  de  gest  noir. 
Ainsi  declaire  en  la  viii^  partie  dudit  lxvi---  fueillet. 

[B,  n"  602.  —  S  G,  IV  1226;  non  prise.] 


84  JOYAUX,    ETC.,    DES    INVENTAIRES    [fol.   4I    V°] 

265.  Item,  un  petit  orinal  de  voirre.  garni  et  pendant  a 
iiii  chaiennes  d'or  (i). 

[B,  n°  604.  —  S  G,  no  256;  prise  lx  sous  t.] 

266.  Item,  une  maschouere  de  serpent  (2),  garnie  d'argent  aux 
deux  bouz,  et  pend  a  deux  chaiennes  et  un  fermaillet. 

Ces  II  parties  acelees  [265-26G]  sont  ainsi  declarees  es  x"  et  xi"  parties  dudit 
Lxvi"  fueillet. 

[B,  n°6o5.  —  S  G,  n»  257  ;  prise  vi  liv.  t.] 

267.  Item,  sept  sonnetcs  a  I'ouvraige  de  Milan  (3).  Ainsi 
declairees  en  la  penultieme  partie  dudit  lxvi<=  fueillet. 

[B,  n"  61 1.  —  S  G,  n°  902  ;  prise  six  de  sept  sonnettes  viii  sous  vi  deniers  t.] 

268.  Item,  un  coutel  et  un  poin^on  d'estrange  fa^on,  en  une 
gayne  pendant  a  un  laz  de  soye,  ouquel  a  un  fermaillet  d'or 
escript  a  I'environ.  Ainsi  declairez  en  la  derreniere  partie  du 
Lxvi«  fueillet  dudit  livre. 

Reddite  et  tradite  fuerunt  iste  ix"  partes  acolate  [260-268]  per  dictum 
Robinetum  dictis  executoribus,  ut  supra.  Etideo  acquittatur  idem  Robinetus 
hie  de  eisdem. 

[B,  n°  612.  —  S  G,  n°  903  ;  prise  c  sous  t.] 

269.  Item,  une  leecte  de  bois  (4),  paincte  aux  escu^ons  des  amies 
de  Monseigneur,  dedens  laquelle  a  plusieurs  burectes  de  voirre 
de  I'euvre  de  Damas,  oil  il  a  dedens  pouldres  de  violetes  . 

[B,  n°  620.  —  S  G,  11°  1227;  non  prisee.] 

270.  Item,  une  autre  leecte  de  bois,  paincte  et  escripte  a  lettres 


(i)  Rapprochez  de  cet  article  la  description  suivante  d'une  des  tapisseries 
de  Charles  VI  (u"  233  de  I'lnventaire)  :  «  Un  tappiz  vermeil,  de  gros  tile,  a 
deux  personnages,  dont  I'un  pisse  en  une  orine  ».  Mais  on  ne  s'explique 
guere  la  destination  d'un  petit  orinal  de  verre  suspendu  a  quatre  chai- 
nes  d'or. 

(2)  C'est  tout  simplement  une  curiositc  naturelle  relevce  d'une  monture 
en  metal  precieux.  La  mode  des  cabinets  d'histoire  naturelle  et  des  coquilles 
n'a  pas  cesse  de  faire  fureur  jusqu'a  la  fin  du  xviii*  siecle. 

(3)  Peut-etre  faut-il  voir  dans  le  travail  appele  ouvrage  de  Milan  une  sorte 
de  filigranc. 

(4)  Une  leecte  ou  layette  etait  un  coffre  leger,  de  petites  dimensions,  qui 
servait  a  divers  usages.  Ce  terme  n'a  etc  conserve,  on  le  salt,  que  pour  desi- 
gner les  pieces  originales  du  Tresor  des  Chartes,  par  opposition  aux  registres, 
bien  que  les  boites  ou  ces  pieces  detachees  etaicnt  jadis  renfermees,  aient 
disparu  depuis  longtemps. 


JOYAUX,    ETC.,    DES    INVENTAIRES    [fol.    42]  85 

grecques,  ou  il  a  v  burectes  de  voirre,  esquelles  a  du  baulsme 

cuit  et  cru  (i). 

Ces  deux  parties  [269-270]  sont  ainsi  declairees  es  via'  et  ix°  parties  du 
Lxvii' fueillet  dudit  livre. 

[B,  n"  62 1 .  —  S  G,  n»  1 228 ;  non  prisee.] 

271.  Item,  quatre  leectes  de  hois,  ou  il  a  certainne  quantite 
d'oisellez  de  Chippre. 

[B,  n»  623.  —  S  G,  n"  1229;  non  prisees.] 

272.  Item,  deux  autres  leectes  de  hois,  plainnes  d'oisellez  de 
Chippre. 

Ces  deux  parties  acolees  [271-272]  sont  ainsi  declairees  es  xi°  et  xii'  parties 
dudit  Lxvii"  fueillet. 
[B,  n°  624.  —  S  G,  n°  i23o;  non  prisees.] 

27?).  Item,  un  petit  sac  de  toille,  ou  il  a  pluseurs  pierres  pour 
faire  fumigacions  (2).  Ainsi  declaire  en  la  xiiii^  partie  dudit 
Lxvii<^  fueillet. 

[B,  n»  626.  —  S  G,  n°  904;  prise  xx  sous  t.] 

274.  Item,  une  boite  d'argent  dore  pour  mectre  vernix  a  gecter 
sur  escripture  (3);  non  pesee.  Ainsi  declaree  en  la  penultieme 
partie  dudit  lxvii=  fueillet. 

[B,  no  628.  —  S  G,  n"  2  58;  neant  cy  pour  ce  que  ledit  commis  en  a  fait 
recepte  ou  compte  des  funerailles.] 

275.  Item,  une  escriptoire  en  laquelle  avoit  un  gannivet  et 
une  plume  esmaillez  aux  armes  de  Monseigneur,  et  au  bout  de 
la  plume  ung  petit  saphir.  Declare  en  la  xv^  partie  du  lxvii^  fueil- 
let du  livre  des  comptes  precedens.  Est  deschargie  ledit  Robinet 
desdiz  gannivet  et  plume  pour  les'causes  contenues  en  la  correc- 
tion faicte  sur  ladicte  partie.  Pour  ce,  icy  seulement  ladicte 
escriptoire. 

(i)  Le  baume  est  une  plante  medicinale  originaire  d'Arabie.  (Voy.  le  Dic- 
tionnaire  de  Tvevoitx.) 

(2)  11  s'agit  de  substances  minerales  qu'on  faisait  bruler  sur  des  pelles  ou 
palettes  pour  parfumer  les  appartements.  (Voy.  le  Glossaire  des  Emaux  au 
mot  palette.) 

(3)  Est-ce  une  poudre  ou  un  veritable  vernis  destine  a  rendre  I'encre  inef- 
fafable?  Le  seul  exemple  de  ce  terme  cite  dans  le  Glossaire  des  Emaux  est 
precisement  le  present  article. 


86  JOYAUX,    ETC.,    DES    INVENTAIRES    [fol.   42    V°] 

Rcddite  lucrum  istc  vn  partes  acnlalc  [269-273]  per  dictum  Robiuetum, 
pruut  supra. 

[S  G,  n°  i23i  ;  ladicte  escriptoirc  donnee,  si  ccunmc  on  dit,  a  inaistrc  Mace 
Sarrebourse,  a  Bourgcs.] 

276.  Item,  VI  fouez  de  cristal,  garniz  d'argent  dore,  esmaillez 
de  diverses  guises,  ouvrez  a  chasteaulx  et  autres  choses.  Ainsi 
declairez  en  la  derreniere  partie  dudit  lxvii-^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n"  629.  —  S  G,  n°  259  ;  prise  lx  liv.  t.] 

277.  Item,  une  lanterne  d'argent  vere,  a  iii  esmaulx  aux  armes 
de  feu  monseigneur  d'Estampes;  pesant  avec  le  cor  vi  marcs. 
Ainsi  declairee  en  la  v^  partie  du  lxviii<^  fueillet  dudit  livre. 

[B,ni>  634.  —  S  G,  11°  260;  neant  pour  ce  que  ledit  commis  en  a  fait  rccepte 
nu  compte  des  funerailles.] 

278.  Item,  une  autre  lanterne  d'argent  vere,  plus  grant  c]ue  la 
precedent,  a  in  esmaulx  ausdictes  armes;  pesant  avec  le  cor 
VIII  marcs  mi  onces.  Ainsi  declairee  en  la  vi^  partie  du  lxvii^'  fueil- 
let dudit  livre. 

[B,  n°  635.  —  S  G,  n"  261;  neant  pour  la  cause  dessusdictc.] 

279.  Item,  une  petite  hoiste  d'yvoire,  ou  il  a  une  petite  pierre 
quarree  contre  venin  (il,  sur  couleur  de  voirre,  avec  une  petite 
pierre  perccfe  a  la  semblance  d'une  feve.  Ainsi  declairee  en  la 
derreniere  partie  dudit  lxviii*^  fueillet  dudit  livre. 

Iste  quatuor  partes  acolate  [276-279]  reddite  fuerunt  per  dictum  Robi- 
netum  dictis  executoribus,  ut  supra.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus 
de  eisdem. 

[B,  n"  641.  — SG,  n"9o5;  prise  vii  sous  vi  deniers  t.] 

280.  Item,  deux  petiz  tuyaux  d'argent  longuez.  Ainsi  declai- 
rez en  la  premiere  partie  du  lxix=  fueillet  dudit  livre. 

Isti  parvi  duo  tuelli  traditi  et  redditi  fuerunt  per  dictum  Robinetum  Pa- 
risius  executoribus,  et  postmodo  vendili  pro  facto  et  necessitate  execucionis, 
et  precium  eorumdem  receptum  per  Johanncm  Lebourne,  commissum  ad 
receptam  bonorum  execucionis  predicte,  in  summa  vi'"  ix''  xxxiii  lib.  vii  s. 


(1)  Victime  de  plusieurs  tentatives  d'empoisonnement,  le  due  de  Berry 
recherchait  tons  les  preservatifs  connus  et  tous  les  antidotes  contre  le  poi- 
son. Aussi,  ses  familiers  s'emprcssaient-ils  de  flatter  cette  manie  et  de  lui 
offrir  a  I'envi  cornes  de  licorne,  langues  de  serpent  et  autres  pierres  contre  le 
venin  ou  le  poison.  II  faut  rapprochcr  du  present  article  les  n"'  496,  5i  i,  594 
et  surtout  619. 


JOYAT'X,    ETC.,  DES   INVENTAIRES-   [fol.    42   V^]  87 

VI  den.  t.,  prout  plcnius  inferius  folio  iiii"  vii"  mencio  habctur.  Et  ideo  exo- 
neratur  hie  idem  Rohinetus  de  eisdem  ad  onus  dicti  Johannis  Lebourne,  ad 
computandum. 

281.  Item,  une  escuelle  de  jaspre,  hourdee  alentour  d'argent 
dore,  pesant  ii  marcs  vii  onces  xv  esterlins.  Ainsi  declairee  en 
la  iiii^  partie  du  ci<=  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  642.  —  S  G,  n°  906;  prise  x  liv.  t.] 

282.  Item,  une  escriptoire  de  bois  marquetee,  ou  il  a  dedens 
uns  grans  cyzeaulx  de  fer  dorez  et  un  gannivet  fi)  qui  a  le  man- 
che  d'argent  esmaillie  (2).  Ainsi  declaire  en  la  vi«  partie  dudit 
ci'=  fueillet. 

Reddite  fuerunt  iste  n"  partes  acolate  [281-282]  per  dictum   Robinetum 
dictis  executoribus,  ut  supra.  Et  sic  exoneratur  hie  idem  Robinetus. 
[B,  n"  942.  —  S  G,  n"  262  ;  prise  v  sous  t.] 

283.  Item,  un  mirouer  a  une  lunete,  esmaillie  par  darrieres  de 
Nostre  Dame,  un  serpent  a  vu  testes,  un  angel  et  saint  Jehan 

euvangeliste;  garni  entour  de  fueillaiges  et  d'oiseaulx;  pesant 
II  marcs  11  onces  vii  esterlins  obole. 
[B,  n"  1073.  —  S  G,  n"  263  ;  prise  viii"  liv.  t.] 

284.  Item,  un  estui  de  cuir  a  mectre  un  livre,  pendant  a  un 
tixu  de  soye  noire,  garni  d'argent  dore. 

[B,  n°  1074,  —  S  G,  n"  907;  prise  x  sous  t.] 

285.  Item,  une  escriptoire  13)  plate  d'argent  dore  par  dehors, 
poin^onnee,  et  dedens  a  un  gannivet  dont  le  manche  est  d'ar- 
gent esmaille,  unes  petites  moetes  (4)  d'argent,  uns  cizeaulx  d'ar- 
gent, unes  petites  balances  d'argent,  une  plume  et  un  petit  pois, 
avecques  une  boiste  ou  sont  les  pois  a  poiser,  et  un  feuzil  garni 
d'argent;  pesant  tout  ensemble  nii  marcs  vii  onces  v  esterlins. 

(i)  «  Un  guenivet  ».  Inventaire  B,  n°  942. 

(2)  Le  due  de  Berry  etait  un  eurieux  et  un  lettre.  Aussi  n'est-il  pas  eton- 
nant  de  trouver  dans  ses  collections  des  ustensiles  pour  ecrire,  dont  la 
decoration  soignee  indique  assez  la  destination. 

(3)  L'ecritoire  differe  de  I'encrier  (voy.  ci-dessous  n"  298,  32  3)  en  ce 
qu'elle  comporte,  comme  on  le  voit  par  cet  article,  toute  une  serie  d'instru- 
ments  constituant  I'attirail  de  I'ecrivain.  Ce  necessaire  renferme  non  seule- 
ment  ce  qui  est  indispensable  pour  ecrire,  mais  aussi  un  briquet  (feuzil), 
des  ciseaux,  et  meme  des  poids  et  une  balance.  Les  secretaires  du  Roi  et  de 
tous  les  hauts  personnages  etaient  munis  d'ecritoires  ainsi  outillees. 

(4)  Ce  mot  nc  se  trouvc  pas  sous  cettc  forme  dans  les  lexiques. 


88  JOYAUX,    ETC.,    DES    INVENTAIRES    [fol.    43] 

[B,  n°  1075.  —  S  G,  n»  264;  neant  pour  cc  que  Icdit  commis  eu  a  fait  re- 
cepte  ou  compte  des  funerailles.] 

286.  Item,  une  autre  escriptoire  d'argcnt  vere,  ou  il  y  a  un 
gannivet  et  un  poin^on,  pendent  a  un  laz  de  soye  vert;  pesant 
avec  ledit  laz  i  marc  ii  onces  x  esterlins  obole. 

Ces  quatres  parties  [283-286]  sont  ainsi  declairees  au  cxv  fucillct  dudit 
livre. 

[B,  no  1076.  —  S  G,  n»  265;  neant  pour  ce  que  ledit  commis  en  a  fait  re- 
cepte  comme  dessus.] 

287.  Item,  une  petite  boiste  d'argent  dore  pour  mectre  vernix. 
Ainsi  declaire  en  la  ii'^  partie  du  cxvf  tueillct  dudit  livre. 

[B,  n°  1078.  —  S  G,  n»  266;  neant  pour  la  cause  dessusdicte.] 

288.  Item,  un  cotfre  de  hois  de  sapin,  dedens  lequel  a  plu- 
seurs  pierrcs  de  cristal  et  de  jaspre,  les  unes  garnies  d'argent  et 
les  autres  non,  faictes  les  aucunes  en  fa9on  de  vaisseaulx  jus- 
ques  au  nombre  de  xxi,  et  en  y  a  pluseurs  en  estuiz  de  cuir. 
Declaire  en  la  v^  partie  du  lxi'^  fueillet  dudit  livre  (i). 

Tradite  et  reddite  fuerunt  per  dictum  Robinetum  iste  vi  partes  acolate 
[283-288]  dictis  executoribus,  ut  supra. 

[B,  n"  53o.  —  S  G,  u"  908;  prise  cun"  liv.  t.] 

289.  Item,  une  caige  d'argent  dore,  ou  il  a  deux  petites  per- 
chetes  par  dedens  et  deux  oisellez  dessus,  pour  tenir  oisellez  de 
Chippre;  pesant  vi  marcs  vii  onces.  Ainsi  declairee  en  la  nii^  par- 
tie  dudit  cxvi^  fueillet. 

[B,  n°  1080.  —  S  G,  n°  267;  neant  comme  dessus.] 


JOYAULX  ET  AUTRES  CHOSES  DE  DIVERSES  MANIERES 
ACHATES  PAR  MONSEIGNEUR 

290.  Item,  un  coffret  de  cypres  marquete,  garni  d'argent,  qui 
fu  de  feu  monseigncur  d'Estampes;  et  I'a  bailie  Christofle  de  la 
Mer.  Ainsi  declaire  en  la  nii'^  partie  du  clv^  fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  u"  268;  prise  l  sous  t.] 

(i)  Inventaire  B,  n°  53o  :  «  Lapides  plate  cristalli  fuerunt  posite  pro  coho- 
periendo  unam  crucem,  auro  et  lapidibus  munitam,  de  ligno  sancte  crucis 
apportato  per  dnminum  dc  Chasteaumoranl,  datam  domino  duci  Burgondie, 
Ut  constat  per  compotum  dicti  Robincti.  )> 


JOYAUX,   ETC.,   ACHETES    PAR   MONSEIGNEL'R  [fol.  4?   V"]  89 

291.  Item,  de  deus  bericles  (i)  garnies  d'or  entour,  dont  les 
manches  estoient  d'or,  declairees  en  la  vi^  partie  dudit  clv^  fueil- 
let,  est  acquitie  ledit  Robinet  d'Estampes  tout  entierement  d'une 
desdictes  et  de  Tor  dont  I'autre  estoit  garnie,  comme  il  appert 
par  les  corrections  faictes  sur  ladicte  partie.  Pour  ce  icy  seule- 
ment  ladicte  bericle  non  garnie,  qui  est  plate  sur  le  roont. 

292.  Item,  de  deux  bericles  (2),  Tune  demie  ronde  garnie  d'ar- 
gent,  et  I'autre  toute  roonde,  declairdes  en  la  iii«  partie  du  clv* 
fueillet  dudit  livre  desdiz  comptes  precedens,  est  acquictie  le- 
dit Robinet  d'Estampes  de  ladicte  bericle  demie  ronde  seule- 
ment,  comme  il  appert  par  la  correction  faicte  sur  ladicte  partie. 
Pour  ce,  icy  I'autre  bericle  toute  roonde  non  garnie. 

[S  G,  n»  910;  les  deux  bericles  xx  sous  t.] 

293.  Item,  une  petite  fiole  d'agathe  garnie  de  trois  fillez  d'ar- 
gent  dorez,  laquelle  Monseigneur  achata  de  Michiel  de  Paxi,  mar- 
chant  demourant  a  Paris,  aux  estrainnes  qui  furent  le  premier 
jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCG  et  trois,  et  cousta  xxii  frans 
X  sous  t. 

Iste  quatuor  partes  acolate  cum  prima  parte  sequentis  folii  [289-293]  red- 
dite  fuerunt  per  dictum  Robinetum  dictis  executoribus,  ut  supra.  Quare 
idem  Robinetus  cxoneratur  hie  de  eisdem. 

[S  G,  n°  91 1 ;  prise  xxx  sous  t.] 

294.  Item,  un  gros  bouton  de  must,  garni  d'or  et  de  perles, 
que  Monseigneur  achata  de  feu  Nicolas  Picace. 

K.  —  Datus  fuit  domino  Johanni  de  Nielles,  cancellario  domini  ducis  Ac- 
quitanie,  [ut]  constat  per  mandatum  suum  datum  xx»  die  julii  anno  mil" 
CCCC"  XII°,  hie  traditum,  virtute  cujus  dictus  Robinetus  acquittatur  de 
eodem. 

295.  Item,  une  grosse  pierre  roonde  de  cassidoine,  garnie  d'or 
et  de  pierrerie,  c'est  assavoir :  de  vi  perles,  vi  balaisseaux  et  i  ca- 


(i)  « Item,  uns  bericles  non  garniz,  toute  ronde,  prisce  lx  sous  t.  ».  Invent. 
S  G,  n»  909. 

(2)  Le  mot  bericle  sert  a  designer  le  cristal.  Des  pommes  de  bericle,  une 
pinte  de  bericle  (n"  524,  775)  sont  des  pommes,  une  pinte  de  cristal.  On  I'a 
applique  par  extension  aux  instruments  d'optique  faits  de  cristal  vers  la 
fin  du  xivsiecle,  et  on  a  donne  aux  lunettes  le  nom  de  bericles  corrompu, 
plus  tard  en  besides. 


90  JOYArX,    ETC.,  ACHETES    PAR  MONSEIGNEUR    [fol.   44] 

mahieu;  laquelle  mondit  Seigneur  achata  de  Pannier,  marchant 

de  pierrerie  demourant  a  Paris. 

Ces  trois  parties  acolecs  [293-293]  sont  ainsi  declairecs  ou  clV  fueillct 
dudit  livre. 

[S  G,  no  269;  prise  xxv  liv.  t.] 

296.  Item,  un  tablier  (i)  et  eschaquier  d'argent  dore  et  de  cris- 

taulx,  garni  d'eschaz  d'argent  dore  et  blanc,  lequel  Monseigneur 

achata  de  Jehan  de  Nimegue,  orfevre,  pour  le  pris  et  somme  de 

iii^  frans.  Ainsi  declaire  en  la  ui^  partie  du  n^  lxvii«  fueillet  dudit 

livre. 

Reddite  fuerunt  per  dictum  Robinetum  iste  u°  partes  acolate  [295-2q6] 
dictis  executoribiis,  prout  supra. 

[S  G,  n"  270  ;  prise  11"  xv  liv.  t.] 

297.  Item,  un  roondeau  plat  d'ambre  et  de  must  (2),  fait  en 
maniere  d'une  bullete,  ouvrd  a  lettres  grecques,  pendant  a  un  laz 
de  soye  vert.  Ainsi  declaire  en  la  v«  partie  du  n*-'  Lxvn'=  fueillet. 

[S  G,  n"  912  ;  prise  xx  sous  t.] 

298.  Item,  une  petite  boiste  faicte  a  Paris  d'une  pierre  bleue  en 
maniered'uncornet  amectreancre(3),garnied'or,  seant  surquatre 
piez,  ou  il  a  en  chascun  une  pierre  estrange,  pendant  aun  laz  de 
soye,  que  Monseigneur  achata  du  frere  Constantin  de  Nicolas, 
ou  mois  de  fevrier  mil  CCCC  et  VIII ;  et  I'a  faicte  mondit  Sei- 
gneur emplir  de  cyvete. 

[S  G,  11"  271  ;  prise  xxx  liv.  t.] 

299.  Item,  une  autre  petite  boiste  de  cassidoine,  roonde  comme 
une  pomme,  plainne  de  cyvete,  garnie  d'or,  de  vi  petis  ba- 
laisseaux,  vi  perles  et  i  saphir. 

[S  G,  n°  272  ;  prise  xv  liv.  t.] 

(i)  Le  tablier,  sert  au  jeu  des  tables,  comme  I'echiquier  au  jeu  des  cchecs. 
Par  les  exemples  que  Ton  voit  ici  (n"'  326,  327,  33i,  336,  564,  1018)  comme 
par  ceux  qui  sont  cites  par  L.  de  L'aborde  et  V.  Gay,  ces  jeux  etaient  I'objet 
d'une  veritable  passion  au  moyen  age.  Le  jeu  des  tables  ctait  une  sorte  de 
tric-trac. 

(2)  Probablemenl  une  petite  bouteille  ronde  et  plate  pour  porter  sur  soi, 
avec  de  I'ambre  et  du  muse. 

(3)  Le  cornet  a  mettre  encre  se  portait  ordinairement  a  la  ccinture.  II  se  ter- 
minait  en  pointe  comme  une  corne;  aussi  fallait-il  un  support  a  la  pierre  de 
jiotre  article  taillee  en  maniere  de  cornet  a  mettre  encre. 


JOYAUX,  ETC.,   ACHETTCS    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.  45]  qi 

3oo.  Item,  une  pomme  d'argent  vere  pour  mectre  oisellez  de 
Chippre  ou  autres  fumigacions,  ouvree  de  pluseurs  manieres. 

Reddite  fuerunt  per  dictum  Robinetum  iste  quatuor  partes  acolate  [297- 
3oo]  cum  quatuor  aliis  partibus  inde  sequentibus  in  sequenti  folio  [3o  1-304] 
dictis  executoribus,  ut  supra.  Et  ideo  de  cisdem  [acquittatur]  idem  Robinetus. 

Ces  III  parties  acolces  [298-300]  sont  ainsi  declairees  ou  11=  lxvh"  fueillet 
dudit  livre. 

[S  G,  no  273 ;  prise  x  iiv.  t.] 

3oi.  Item,  un  grant  tabler  et  eschaquier  quarre,  de  cipres, 
tres  bien  ouvre  de  marqueteure,  garni  de  grosses  tables  et  es- 
chaz  d'yvoire  et  de  bois  noir,  et  est  dedens  un  estuy  de  bois 
paint  par  dessus  a  un  escu^on  des  armes  de  Monseigneur. 
Ainsi  declaird  en  la  nii<=  partie   du  n'-^  lxvii^  fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  n"  9 1 3  ;  prise  xiu  Iiv.  x  sous  t.] 

302.  Item,  une  poislecte  d'argent  blanc,  a  mectre  feu  pour  faire 
fumigacions  ( I ),  pesant  imarc  ini  oncesin  esterlins,  laquelle  Mon- 
seigneur achata  de  Jehan  Tarenne,  bourgeois  et  marchant  de 
Paris,  le  v^  jour  d'avril  mil  CCCC  et  VIII  avant  Pasques,  au 
pris  de  vn  francs  v  sous  t.le  marc,  valent  xi  Iiv.  t.  Ainsi  declaire 
en  la  vi^  partie  du  ii'-^  Lxvni<^  fueillet  dudit  livre. 

303.  Item,  un  grant  cadran  plat,  d'argent  blant,  a  congnoistre 
les  heures,  lequel  Monseigneur  a  fait  faire;  ainsi  declaire  en  la 
viie  partie  dudit  ii^  Lxvin^  fueillet. 

[S  G,  n"  587;  pesant  i  marc  vn  onces  et  demie;  prise  xiii  Iiv.  t.] 

304.  Item,  iiii  petites  cagectes  d'argent  dore,  ouvrees  a  jour, 

de  la  devise  de  Monseigneur,  pour  mectre  oisellez  de  Chipre, 

que  Monseigneur  a  cues  de  Jehan  Tarenne. 

Corrigendum  in  compotis  precedentibus.  Reddite  fuerunt  iste  quatuor 
partes  acolate  [3oi-3o4],  ut  supra. 

[S  G,  n"  274;  neant  cy  pour  ce  que  ledit  commis  en  a  fait  recepte  (de 
deux)  ou  compte  des  funerailles.  Ibid.,  n"  588;  les  deux  autres  pesant  i  marc 
11  onces  XI  esterlins;  prise  x  Iiv.  x  sous  t.] 

305.  Item,  unes  paternostres  d  or,  contenant  xxviii  boutons, 
dont  les  xiiii  sont  ouvrees  de  til  d  or  trait  a  I'euvre  de  Damas  (2), 


(i)  Cf.  Inventaire  n"  B,  157  :  «  une  poelete  d'argent  a  fumer.  » 
(2)  Voyez  ci-dessus  la  note  de  I'article  149. 


02  JOYAUX,    ETC.,    ACHETES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    45] 

et  les  autres  xiiii  esmaillees  d'esmaulx  de  pelite;  pcsant  ii  marcs 
n  onces,ou  environ;  lesquelles  Monseigneur  achata  de  Aubertin 
BouIIefeves  (i),  orfevre  demourant  a  Paris,  le  xix*  jour  de 
decembre,  Tan  mil  quatre  cens  et  douze,  pour  le  pris  et  somme 
de  iic  L  escuz;  et  n'est  point  rendu  es  comptes  precedens. 

K.  —  Dicte  patenostres  date  fuerunt  per  dominum  Ducem  duci  d'Yorc,  [ut] 
constat  per  mandatum  suum  super  primo  articulo  secunde  pagine  lii>  folii 
hujus  compoti.  Et  ideo  acquictatur  hie  dictus  Robinetus  de  eisdem. 


JOYAULX    ET    AUTRES    CHOSES    DE     DIVERSES    MANIERES 
DONNES   A    MONSEIGNEUR 

306.  Item,  deux  bien  petis  flascons  de  cristal,  garniz  d'or,  et 
aux  deux  bouz  de  chascun  une  fleur  esmaillee  de  bleu,  lesquielx 
Monseigneur  de  Thouars  (2)  donna  a  Monseigneur  a  estrainnes, 
le  premier  jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCC  et  I. 

Reddite  et  tradite  fuerunt  per  dictum  Robinetum  dictis  executoribus.,  ut 
supra. 

[S  G,  n"  914;  prise  xx  liv.  t.] 

307.  Item,  une  pomme  de  must,  garnie  de  ni  fillez  d'or  et 
d'une  perle,  dedens  une  bourse  de  satin  noir,  ou  il  a  in  boutons 
de  menues  perles;  laquelle  maistre  Arnoul  Belin  donna  a  mondit 
Seigneur  auxdictes  estrainnes  mil  CCCC  et  I. 

K.  —  Datum  fuit  domino  comiti  de  Mortaing  per  mandatum  super  in*  parte 
Lxx"'  folii  hujus  compoti  traditum;  virtute  cujus  dictus  Robinetus  acquit- 
tatur  hie  de  eodem. 


(i)  Albcrtin  de  Boillefeves,  nomme  ici  BouIIefeves,  orfevre  et  valet  de 
chambre  de  Charles,  due  d'Orleans,  fut  charge  en  141 7,  avee  Jehan  Le  Mer- 
cier,  de  remettre  a  Jacques  Raponde,  certaine  quantite  de  joyaux  pour  la 
rancjon  du  comte  d'Angouleme,  frere  du  due  d'Orleans,  prisonnicr  en  Angle- 
terre  a  la  suite  de  la  bataille  d'Azincourt  (Arch.  Nat.,  K64,  n°  37).  Le  meme 
carton  K  64  renferme  une  curieuse  enumeration  de  bijoux  appartenant  au 
due  d'Orleans  remis  a  Jacques  Raponde,  marchand  de  Paris,  en  1424,  pour 
negoeier  avee  les  marchands  anglais  la  rani;on  du  due  (K  64,  n"  37,  pieces 
10,  1 1,  12). 

(2)  La  famille  des  vicomtes  de  Thouars  s'etait  etemte  en  1 370,  dans  la  per- 
sonne  de  Louis,  vicomte  de  Thouars,  mort  sans  descendants.  S'agirait-il  ici^ 
de  Jean  Marcheou,  chatclain  de  Thouars,  cite    dans  le  Journal  de  Nicolas 
de  Baye  (I,  i3o)? 


JOYAUX,  ETC.,   DONNES   A    MONSEIGNEUR   [fol.  45  V°]  g3 

308.  Item,  un  petit  vaissel  d'amatiste,  en  maniere  d'un  hannap, 
scant  sur  un  pie  d'argent  dore,  sanz  couvercle,  que  le  roy  de 
Navarre  donna  a  mondit  Seigneur  a  Paris,  le  xxnii«  jour  de  Jan- 
vier, Pan  mil  CCCC  et  III. 

Traditum  [tuit]  dictum  parvum  vas  per  dictum  Rohinetum  dictis  executo- 
ribus,  ut  supra. 

[S  G,  n"  gi5;  prise  xii  liv.  t.] 

309.  Item,  une  corne  d'une  unicorne  (i),  que  ledit  Roy  de 
Navarre  donna  a  mondit  Seigneur,  ledit  xxiiii^  jour  de  Janvier 
I'anmil  CCCC  et  III. 

Redditum  fuit  per  predictum  Robinetum  dictis  executoribus,  prout  supra. 
[S  G,  n°  275;  prise  l  liv.  t.] 

3 10.  Item,  un  bien  petit  vaisselet  de  cristal  en  maniere  d'une 
seille  (2)  garnie  d'or,  pendant  a  une  petite  ance  d'or,  lequel  fu 
donne  a  mondit  Seigneur  par  le  sieur  d'Alegre  (3),  son  conseiller, 
a  Paris,  le  xxx^  Jour  de  juing  mil  CCCC  et  IIII,  ouquel  jour 
mondit  Seigneur  fu  saignie. 

3i  I.  Item,  un  autre  bien  petit  vaisselet  de  cristal  en  fa?on  d'un 
baril,  garni  d'or,  pendant  a  une  petite  chaiennete  d'or,  qui  tu 
donnee  a  mondit  Seigneur,  le  dessusdit  xxx^  jour  de  juing  mil 
CCCC  et  IIII,  par  monseigncur  I'evesque  de  Chartres,  lors  son 
tresorier  general. 

3 1 2 .  Item,  une  pomme  de  must,  garnie  d'or,  que  ledit  Robinet 


(i)  Les  cornes  de  i'unicorne  ou  de  la  licorne  sont  frequemment  mention- 
nees  dans  les  inventaires  du  moyen  age.  Le  due  de  Berry  en  possedait  plu- 
sieurs  (voy.  ci-dessous  n""  63o,  63i,  ii38,  iiSg);  elles  etaient  employees 
dans  les  epreuves;  on  leur  attribuait  en  efFet  la  propriete  de  reveler  la  pre- 
sence du  poison  ou  d'en  neutraliser  les  effets.  Elles  etaient  t'aites  de  la 
defense  du  narval,  encore  peu  connu  des  navigateurs.  (Voy.  L.  de  Laborde, 
Glossaire,  au  mot  licorne). 

(2)  Le  mot  seille,  qui  sert  a  designer  un  seau  de  forme  ordinaire,  est 
encore  employe  dans  le  centre  de  la  France. 

(3)  Morinot  de  Tourzel,  sire  d'AUegre,  etait  chambellan  du  Roy  et  du  due 
de  Berry.  Dans  le  compte  de  I'hotel  du  Due  pour  I'annee  1400,  il  refoit 
4  livres  10  sols  tournois  par  jour,  pour  ses  frais,  gages  et  depensen  qualite 
de  chambellan  et  conseiller  du  prince  (Arch.  Nat.  KK,  254,  fol.  66).  En  141 3, 
il  recoit  une  pension  de  1,000  ecus  d'or  {Compte  de  la  Tre'sorerie  du  due  de 
Berry,  KK  25o,  ful.  i3.  —  Voy.  aussi  le  Pere  Anselme,  tome  VII,  707). 


94  JOYAUX,    ETC.,    BONNES   A    MONSEIGNEUR    [fol.    46  V] 

d'Estampes  donna  a  estrainnes  a  mondit  Seigneur,  le  premier 
jour  de  Janvier  Fan  dessusdit  mil  CCCC  et  III  I. 

Traditum  fuit  per  dictum  Robinetum  dictis  executorihus,  ut  supra. 
Ces  VII  parties  acolees  [3oG-3i2]  sont  ainsi  escriptes  et  declarees  ou  11    xi' 
fueillet  dudit  livre  des  comptes  precedens. 
[S  G,  n°  276;  prise  xxx  liv.  t.] 

3 1  3.  Item,  un  grant  mirouer  d'argent  dore,  a  une  grant  lunete, 
lequel  siet  sur  un  piu  d'argent  dore  en  maniere  d'un  chastel,  a 
une  terrace  esmaillee  de  vert,  oil  il  a  pluseurs  enffans  jouans; 
lequel  mirouer  Guillaume  de  Lode  donna  a  estrainnes  a  mondit 
Seigneur,  le  dessusdit  premier  jour  de  Janvier  mil  CCCC  et  1 1 II. 

[S  G,  n°  277;  pcsant  xxvn  marcs,  prise  iii'"  xv  liv.  t.] 

314.  Item,  une  grant  escuelle  d'amatiste  roonde  et  deux  autres 
petites  en  fagon  de  cuvetes;  lesquelles  monseigneur  d'Orleans 
a  donnees  a  mondit  Seigneur. 

[S  G,  n°  916;  prise  xx  iiv.  t.] 

3 1 5.  Item,  vi  platellez  de  bois.  Tun  dedens  I'autre,  pains  a 
ouvraige  de  Damas,  lesquielx  Christofle  de  la  Mer  donna  a 
estrainnes  a  Monseigneur,  le  premier  jour  de  Janvier  Fan 
mil  CCCC  et  nil. 

Redditefuerunt  per  dictum  Robinetum  iste  in  partes  acolate  [3i3-3i5]  dictis 
executoribus.  Et  ideo  acquittatur  idem  Robinetus  de  cisdem,  ut  supra. 
[S  G,  n°  917;  prise  x  liv.  t.] 

3 16.  Item,  une  fleur  de  lis  d'or  pour  mectre  oisellez  de  Chipre 
a  parfumer,  pendant  a  une  petite  chaiennete  d'or,  et  au  bout  un 
crochet;  laquelle  feue  madamoiselle  de  Montpensier,  duchesse 
de  Baviere  (i),  donna  a  mondit  Seigneur  aux  estrainnes,  le  pre- 
mier jour  de  Janvier  Fan  mil  CCCC  et  V. 

Raiee,  car  ledit  Robinet  en  est  acquitle  au  compte  precedent. 
[Get  article  est  en  effct  bifFe  au  registre.] 

3 1 7.  Item,  un  petit  coffret  de  must,  garni  d'or  et  de  xxvii  perles 

(1)  Anne  de  Bourbon,  soeur  du  comte  de  la  Marche,  epousa,  avant  1401, 
Jean  de  Berry,  comte  de  Montpensier,  deuxieme  fiis  du  due  de  Berry;  puis, 
apres  la  mort  de  son  mari,  elle  se  remaria  avec  Louis  III  de  Baviere,  dit  le 
Barbu.  Elle  mourut  en  couches  a  Paris  en  1405  ou  1406,  et  fut  enterree  dans 
I'eglise  des  Jacobins  (Pere  Anselme,  I,  319).  Apres  sa  mort,  Louis  III  epousa 
Catherine  d'Alen^on,  veuve  elle-meme  de  Pierre  de  Navarre. 


JOYAT'X,    ETC.,    BONNES    A    MONSEIGNErR    [fol.   47]  ()5 

moiennes,  lequel  monseigneur  de  la  Croisete  donna  a  mondit 
Seigneur  ausdictes  estrainnes  mil  CCCG  et  V. 
[S  G,  n"  278;  prise  l  liv.  t.] 

3 1 8.  Item,  une  tres  grosse  pommc  de  must,  faite  a  triangles 
en  manicrc  de  demies  lozanges,  garnie  d'or  a  ouvraige  de 
Venise  et  de  pluseurs  petis  esmaulx  de  pelite  roons;  laquelle 
pomme  les  secretaires  de  Monseigneur,  c'est  assavoir  :  maistres 
Pierre  de  Gynes,  Jehan  de  Cande,  Erart  Moriset,  Michiel  Le 
Beuf  et  Regnier  de  Boulegny,  donnerent  a  mondit  Seigneur 
ausdictes  estrainiics. 

[S  G,  n°  279;  prisee  ini"  x  liv.  t.,  vendue  uu"  xii  liv.  t.] 

319.  Item,  un  petit  coffret  de  cristal  garni  d'or  et  de  pluseurs 
perles,  a  petis  boutons  roons,  esmaillez  de  vert  et  de  rouge  cler 
grenetcz;  lequel  la  femme  Jehan  de  la  Barre,  receveur  general  de 
toutes  finances  ou  pais  de  Languedoc  et  duchie  de  Guienne, 
donna  a  mondit  Seigneur  ausdictes  estrainnes  mil  CCCC  et  V. 

Reddite  et  tradite  fuerunt  per  dictum  Robinetum  istc  in  partes  ac(jlate 
[3i7-3ig]  dictis  executoribus,  prout  supra.  Et  ideo  exoneratur  hie  idem 
Robinetus  de  eisdem. 

Ces  VI  parties  acolees  [3i3-3i5,  317-319]  sont  ainsi  escriptes  et  declarees 
ou  11°  XII*  fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  n°  280;  prise  cxii  liv.  x  s.  t.] 

320.  Item,  une  escuelle  de  jaspre  garnie  d'argent,  que  Raymon 
Christofle  donna  a  Monseigneur  ou  mois  de  juing  I'an  mil 
CCCG  et  VI. 

[S  G,  n°  918;  prise  vi  liv.  t.] 

32  1.  Item,  une  escuelle  d'alebastre,  garnie  par  le  bourt  d'argent 
dore,  laquelle  madame  d'Armeignac  (i)  donna  a  mondit  Sei- 
gneur au.x:  estrainnes  du  premier  Jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCG 
et  VI. 

[S  G,  n°  919;  prisd  l  sous  t.] 

(i)  Bonne  de  Berry,  fiUe  du  due  Jean  et  de  Jeanne  d'Armagnac,  epousa 
en  premieres  noces,  en  decembre  1376,  Ame  VII,  comte  de  Savoie,  qui 
mourut  en  1391.  EUe  tut  remariee  (decembre  i393)  a  Bernard  VII,  comte 
dWrmagnac,  son  cousin,  connetable  de  France,  chef  du  parti  des  Arma- 
gnacs.  Elle  mourut  le  3o  decembre  1435  au  chateau  de  Carlat  et  fut 
enterree  aux  Cordeliers  de  Rodez.  De  son  premier  mariage  naquit  Ame  VIII, 
premier  due  de  Savoie;  du  second,  sont  sortis  les  comtes  d'Armagnac,  dues 
de  Nemours.  (Voy.  ci-dessous  n°=  417,  664,  671.) 


96  JOYAUX,  ETC.,   DONNES  A    MONSEIGNEUR   [fol.  47  V°] 

3-22.  Item,  une  grant  tleur  dc  lis  d'argent  dore,  qui  se  ferme  a 
charnieres,  en  laquelle  a  par  dedens  la  Vie  et  Passion  Nostre 
Seigneur  et  pluseurs  sains,  tout  fait  d'ymaiges  d'yvoire;  laquelle 
monseigneur  le  conte  de  Vendosme  donna  a  mondit  Seigneur 
ausdictes  estrainnes  du  premier  jour  de  Janvier  Fan  mil  CCCG 

etVI. 

Reddite  fuerunt  per  dictum  Rohinetum  iste  in  partes  acolate  [320-322] 
dictis  executoribus,  ut  supra.  Et  ideo  exoneratur  hie  idem  Robinetus  de 
eisdem. 

[S  G,  n°  281 ;  prise  xlv  liv.  t.] 

323.  Item,  un  grant  ancrier  roont  d'argent  blanc,  pour  un 
comptouer  (i),  que  les  secretaires  de  Monseigneur  lui  donnerent 
ausdictes  estrainnes  mil  CCCG  et  VI. 

K.  —  Per  mandatum  Domini,  datum  tercia  die  marcii  anno  M"  CCCC"  XIII°, 
hie  traditum,  constat  quod  dictum  ancrier  captum  et  furatum  fuit  in  com- 
putatorio  Domini  hospicii  sui  de  Nigella;  per  quod  mandatum  idem  Do- 
minus  voluit  et  mandavit  dictum  Robinetum  de  eodem  acquictari.  Et  ideo 
exoneratur  hie  de  ipso. 

324.  Item,  un  chandellier  d'argent  dore,  fait  en  maniere  d'une 
terrace  esmailliee  de  vert,  pour  mectre  oisellez  de  Chippre,  ouquel 
a  par  dessus  un  arbre  esmaillie  de  vert  et  un  chiennet  d'argent 
blanc,  lequel  feu  monseigneur  de  Bourbon  donna  a  estrainnes  a 
Monseigneur,  le  premier  jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCG  et  VII. 

Ces  V  parties  acolees  [320-324]  sont  ainsi  declarees  ou  111°  vi"  fueillet 
dudit  livre. 

[S  G,  n°  282  ;  neant  cy  pour  ce  que  ledit  commis  en  a  fait  recepte  ou 
compte  des  funerailles.] 

325.  Item,  un  petit  vaissel  d'amatiste  en  fagon  de  cuvete,  non 
garni,  qui  a  este  envois  a  Monseigneur  en  don. 

[S  G,  n°  920;  prise  iiii  liv.  t.] 

326.  Item,  un  jeu  de  gros  cschaz  et  tables  d'yvoire,  bien 
anciens,  que  messire  Gauchier  de  Passac  donna  a  Monseigneur. 

[S  G,  n°  921  ;  prise  xx  liv.  t.] 

327.  Item,  un  autre  jeu  d'eschaz  cliquetans,  que  Gonstantin  de 
Nicolas  donna  a  Monseigneur. 

[S  G,  n°  922;  prise  iv  liv.  t.] 


(i)  Cf.  la  note  de  I'art.  298. 


JOYAUX,   ETC.,  DONNES   A    MONSEIGNEUR    [fol.  48]  97 

328.  Item,   une  belle  pomme  de  must  qui   se  ouvre  par   le 

milieu  en  deux  pieces,  fermant  a  charnieres  d'or,  et  pendant  a 

une  petite  chaienne  de  mesmes,  paincte  par  dedens  a  yniaiges  de 

la  main  Jehannin  d'Orleans  (i),  qui  ladicte  pomme  ainsi  taicte 

et   garnie,    comme   dit  est,  donna  a  Monseigneur  ou  mois  de 

decembre  Tan  mil  CCCC  et  VIII. 

Reddite  et  tradite  fuerunt  per  dictum  Robinetum  iste  quinque  partes 
acolate  [324-328]  dictis  executoribus,  prout  supra.  Et  ideo  exoneratur  hie 
idem  Rnbinetus  de  eisdem. 

[S  G,  n°  283;  prise  x  iiv.  v  sous  t.] 

329.  Item,'  un  ymaige  d'argent  dore  d'un  homme  qui  souloit 
tenir  en  ses  mains  un  mirouer,  que  les  secretaires  de  Monsei- 
gneur lui  donnerent  aux  estrainnes,  le  premier  jour  de  Janvier 
I'anmil  CCCC  et  VIII. 

K.  —  Dicta  ymago  in  pondere  11  marc,  v  one.  argenti,  cum  pluribus  aliis 
partibus  auri  et  argenti,  tradite  fuerunt  Matheo  Heron,  thesaurario  Domini, 
[ut]  constat  per  suam  certifficacionem  super  iiu'  parte  nonag""  sexti  folii 
hujus  compoti  cum  mandate  dicti  Domini  redditam;  virtute  quorum  dictus 
Robinetus  acquittatur  hie  ad  onus  dicti  thesaurarii. 

330.  Item,  un  petit  ours  d'or,  esmaillie  de  noir,  qui  porta  une 

bote  garnie  d'un  balay,  deux  petis  saphirs  et  vi  perles,  et  est  ledit 

ours  tout  creux  pour  mectre  dedens  oisellez  de  Chipre  ardans 

pour  parfumer ;  lequcl  ainsi  fait  et  garni,  comme  dit  est,  madamc 

de  Bourbon,  contesse  de  Clermont,  donna  a  Monseigneur  aux 

estraines,  le  premier  jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCC  et  IX. 

K.  — Aurum  dicti  ursi  ponderans  in  one.  11  esterl.  traditum  fuit  ex  ordina- 
cione  Domini  Matheo  Heron,  thesaurario  suo  generali,  cum  pluribus  aliis 
partibus,  ut  constat  per  suam  certifficacionem  redditam  cum  mandato 
Domini  super  iiii"  parte  iiii"  xvi''  folii  hujus  compoti;  virtute  quorum 
dictus  Robinetus  acquictatur  hie  de  auro  dicti  ursi  ad  onus  dicti  thesau- 
rarii, ut   super    dicta  iiii'*  parte  iiii'"  xvi''  folii    arrestatur.  —  Jamme  infra- 


(i)  Ce  peintre  s'appelait  reellement  Jean  Grancher  ou  Granchier,  comme 
I'a  etabli  M.  Louis  Jarry  dans  une  notice  intitulee  :  Jean  Grancher  de  Tai- 
nou,  dit  Jean  d'Orleans,  peintre  des  rois  Charles  VI  et  Charles  VII  et  de 
Jean  due  de  Berry.  (Orleans,  Herluison,  1886,  in-8%  16  pages.)  Ce  travail 
public  dans  le  Bulletin  i3o  de  la  Societe  historiqiie  et  archeologiqite  de 
I'Orle'anais,  renferme  les  premiers  renseignements  authentiques  qu'on  pos- 
sede  sur  cet  artiste  qui  a  probablement  laisse  un  his  portant  le  meme  nom 
que  son  pere  et  vivant  encore  a  Bourges  en  1460. 


g8  JOYAl'X,   ETC.,  DONNKS    A    MONSriGNKUR    [fol.   4C)] 

declarate    reddite  fuerunt   per   dictum   Robinetum   predictis  excculoribus, 
prout  supra.  Et  sic  acquittatur  hie  idem  Robinetus  de  eisdem. 
[S  G,  n"  923;  prise  vi  liv.  t.] 

33  I.  Item,  un  tablier  d'argent  dore,  ployant  par  moictie,  fait 
par  dedens  de  pieces  de  nacle  et  garni  de  tables;  lequel  ainsi  fait 
et  garni,  comme  dit  est,  les  ini  secretaires  de  Monseigneur,  c'est 
assavoir  maistres  Pierre  de  Gynes,  Michiel  Le  Beuf,  Erart 
Moriset  et  Odart  de  la  Barre,  lui  donnerent  auxdictcs  cstraines, 
le  premier  jour  de  Janvier  mil  CCCC  et  IX. 

Ces  VII  parties  acolees  [325-33i]  sont  ainsi  declarecs  ou  in"  vii'  fueillet 
dudit  livre. 

[S  G,  n°  284;  prise  11'  liv.  t.] 

332.  Item,  une  cagete  quarree  d'argent  dore  a  mectre  oisellez 
de  Chipre,  laquelle  fu  donnee  a  mondit  Seigneur,  aux  cstraines 
mil  CCCC  et  dix,  par  la  femme  Robinet  d'Estampes. 

[S  G,  11°  285;  neant  cy,  pour  ce  que  Icdit  commis  en  a  fait  rcceptc  ou 
compte  des  funerailles.] 

333.  Item,  un  petit  coffret  de  cippres  marquete,  ferre  d'ar- 
gent, aux  armes  de  monseigneur  le  Due,  qui  fu  donne  a  mon- 
dit Seigneur  par  maistre  Arnoul  Belin  ausdictes  cstraines 
mil  CCCC  et  X. 

[S  G,  n°  286;  prise  lx  sous  t.] 

334.  Item,  une  pomme  d'ambre  et  de  must,  garnie  d'or  et  de 
perles ;  laquelle  le  grant  maistre  de  Roddes  (i)  donna  a  Mon- 
seigneur en  son  chastel  de  Poictiers,  ou  mois  d'aoust  I'an 
mil  CCCC  et  X. 

Reddite  fuerunt  per  dictum  Robinetum  iste  quatuor  [partes]  acolate 
[331-334]  dictis  executoribus,  prout  supra.  Et  ideo  exoncratur  hie  idem 
Robinetus  de  eisdem. 

[S  G,  n°  287;  prise  x  liv.  t.] 

335.  Item,  une  belle  pomme  d'ambre  et  de  must  qui  se  oeuvrc 
par  la  moictie  en  deux  pieces  fermant  a  charnieres,  et  pendant  a 
une  petite  chaienne;  en  laquelle  a   par  dedens  un  ymaige  de 

(i)  Sur  le  grand  prieur  de  Rhodes,  on  peut  consulter  la  Chronique  dii 
Religieux  de  Saint-Denis  (IV,  343,  687).  Le  due  de  Bourgogne  re(;oit 
plusieurs  fois  a  sa  table,  en  141  o  et  en  1413,  ce  personnage  employe  pour 
menager  la  paix  entrc  le  due  de  Berry  et  son  neveu.  (Voy.  E.  Petit,  Itine- 
raire  dcs  dues  dc  Bourgogne,  p.  374,  41)8.) 


JOYAUX,   ETC.   DONNKS   A    MONSEIGNEUR    [fol.  49    vo]  gq 

Nostre   Seigneur  ct  un  de   Nostre  Dame,  de  paincture;  laquelle 

pommc  Robinet  d'Estampes  donna  a  Monseigneur  aux  estrai- 

nes,  le  premier  jour  de  Janvier  Tan  mil  CCCC  et  XI. 

Ces  iiii  parties  acolees  [332-335]  sont  aiiisi  declairees  ou  in  lviii"  fiieillet 
dudit  livre. 

[S  G,  n"  589;  prise  xlv  s.  t.] 

336.  Item,  un  eschaquier  de  Jaspre  et  de  cristal,  fait  aux  armes 
de  feu  pape  Gregoire  (i),  et  par  dehors  est  dc  cippres,  et  y  a  un 
marrellier  de  marqueteure,  et  est  garni  d'eschaz  de  mesmes; 
tout  en  un  estui. 

Reddite   fuerunt  per  dictum  Rohinetum  iste  due  partes  acolate  [335-336] 
dictis  executorihus,  prout  supra. —  Corrigendum  in  compotis  precedentibus. 
[S  G,  n"  924;  prise  xxii  liv.  x  s.  t.] 


PIERRERIE,  TANT  DES  JOYAUX  ET  VAISSELLE  DESPECEZ,  CONTENUZ 
ES  COMPTES  PRECEDENS  ET  EN  CESTUI  PRESENT,  COMME  AUTRE- 
MENT. 


RUBIZ 


337.  Item,  deux  petis  rubiz.  Tun  dcsquielx  est  d'un  portepaix 
d'or,  qui  fu  de  feu  Symonnet  de  Dampmartin,  declaire  en  la 
premiere  partie  du  xii^  fueillet  du  livre  desdiz  comptes  prece- 
dens,  et  I'autre  est  d'un  autre  portepaix  d'or  declaire  en  la 
seconde  partie  du  xvi'^  fueillet  ensuivant.  Pour  ce  icy  deux  rubiz. 

[S  G,  n°=  925,  92G,  927  [n°»  337,  338,  341  de  notre  inventaire;  le  927 
s'applique  a  notre  341];  prises  ensemble  xxii  liv.  x  sous  t.] 

338.  Item,   un  gros   ruby  de  mauvaise   coleur,  qui  est  d'un 


(i)  Le  feu  pape  Gregoire  peut  aussi  bien  designer  Gregoire  XI  (Pierre 
Roger,  ne  au  chateau  de  Maumont  en  Limousin,  ou  a  Beaufort,  en  Anjou, 
selon  d'autres  auteurs),  elu  le  3o  decembre  1370  et  mort  en  1404,  que  Gre- 
goire XII,  elu  le  3o  novembre  1406,  et  depose  au  concile  de  Pise,  le 
5  juin  1409.  On  pourrait  plutot  supposer  qu'il  s'agit  du  dernier,  si  Gre- 
goire XI  n'avait  pas  une  origine  frampaise,  ce  qui  expliquerait  ses  relations 
avec  le  due  de  Berry.  (Voir  leurs  armoiries  dans  les  Vies  des  Papes  de 
Ciaconius,  t.  II,  pp.  574  et  75o.) 


loo  RTBIS    DRPECES    [fol.    5oj 

hannap  de  jaspre,  declaire  en  la  derreniere  partie  du  centesme 

fueillet  ensuivant ;  pour  ce  icv  i  ruby. 

Tradite  fuerunt  per  dictum  Robinetum  iste  ii"  panes  acolate  dictis 
executoribus,  prout  supra.  Et  ideo  exoneratur  hie  idem  Robinetus  de  eisdem. 

339.  Item,  un  ruby  en  un  artnel  appellt*  le  Charbun  de  Bour- 
goigne.  Ainsi  declaire  en  la  v-"  partie  du  xxv^  fueillet  dudit  livre. 

Dictus  rubinus  redditus  fuit  et  traditus  per  executores  et  dictum  Robi- 
netum domino  Regi  cum  pulcherrima  cruce  sibi  data  per  dictum  dominum 
Ducem,  dum  viveret,  prout  constat  per  iitteras  dicti  domini  Regis  datas 
xix'junii  mil"  CCCC»  XVI°,  hie  redditas,  que  servient  inferius  pro  pluribus 
aliis  partibus  in  eisdem  contentis  ad  exoneracionem  dictorum  executorum 
et  dicti  Robineti.  Et  ideo  acquittatur  hie  de  eodem. 

[B,  n°  125.] 

340.  Item,  un  autre  ruby  cabochon  en  un  annel  d'or  que  pie^a 
donna  feu  monseigncur  de  Bourgoigne  a  Monseigneur;  lequel 
ruby  mondit  Seigneur  appelle  a  present  le  Bonhomme.  Ainsi  de- 
claire en  la  vn*^  partie  dudit  xxv^  fueillet. 

K.  — Datus  fuit  per  Dominum  nepoti  suo  domino  duci  Burgondie  moderno, 
per  mandatum  suum  datum  iiii'"  die  maii  anno  M"  CCCC"  XII»,  hie  tra- 
ditum;  virtute  cujus  acquittatur  hie  de  eodem  dictus  Robinetus. 

341 .  Item,  un  ruby  hors  oeuvrc,  de  foible  coleur.  Ainsi  declaire 
en  la  penultieme  partie  du  xxx^'  fueillet  dudit  livre. 

Redditus  fuit  per  dictum  Robinetum  dictis  executoribus,  prout  supra.  Et 
ideo  exoneratur  hie  idem  Robinetus  de  eodem. 
[S  G,  n°  927.] 


RUBIZ    ACHATEZ. 

342.  Item,  un  ruby  a  creste,  assis  en  un  annel  d'or,  qui  est  le 
mcilleur  et  du  nombre  dc  trois  rubiz  assiz  en  hi  anneaulx,  les- 
quielx  Monseigneur  achata  a  Paris,  le  xii«  jour  d'avril  Fan  mil 
CCCC  et  deux,  avant  Pasques,  de  Thomas  Sophie,  autrement 
dit  Rollant,  tous  trois  ensemble  pour  le  pris  et  somme  de  ini'" 
escuz  d'or,  et  desquielx  rubiz  est  faicte  mencion  en  la  derreniere 
partie  du  clviii'^  fueillet  dudit  livre.  Pour  ce  icy  ledit  ruby. 

K.  —  Dictus  rubinus  datus  fuit  domino  duci  Acquitanie  per  mandatum 
super  tercia  parte  lxx*"'  folii  hujus  compoti  traditum;  virtute  cujus  dictus 
Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 


RUBIS    ACHETKS    [fol.    5o    V°]  lOI 

343.  Item,  un  ruby  nonime  Ic  Ruby  de  la  montaigne,  assis  en 
uii  annel  d'or,  lequel  Monseigneur  achata,  le  xxiiii«  jour  d'octo- 
brc  Tan  mil  CCCC  et  V,  de  Jehan  Sac,  marchant  demourant  a 
Paris,  pour  le  pris  et  somme  de  v™  escus  d'or.  Ainsi  declaire 
en  la  v=  partie  du  clx*^  fueillet  dudit  livre. 

Dictus  ruby  traditus  et  redditus  fuit  per  dictum  Rohihetum  dictis  execu- 
toribus,  prout  supra.  Et  ideo  exoneratur  hie  idem  Robinetus  de  eodem. 
fS  G,  n"  1 1 68;  prise  xv^  liv.  t.] 

344.  Item,  un  grant  ruby  plat  en  guise  d'un  cuer,  assis  en  un 
annel  d'or,  que  Monseigneur  achata  de  Nicolas  Picace,  Guille- 
min  Sanguin  (i),  Michaut  dc  Lalier  et  Jehan  Sac,  marchans  et 
bourgois  de  Paris,  le  ini<=  jour  de  septembre  Tan  mil  CCCC  et 
VI,  pourle  pris  et  somme  de  in""  escus  d'or. 

Datus  summo  pontifici  in  uno  annullo  per  mandatum  super  v"  parte 
LXi  folii  hujus  compoti  traditum,  virtute  cujus  dictus  Robinetus  acquittatur 
hie  dc  eodem. 

[B,  n»  1 1 12.] 

345.  Item,  un  tres  bon  ruby  plat  sur  le  longuet,  appelle  le 
Ruby  de  Berry,  assis  en  un  annel  d'or,  que  Monseigneur  achata 
de  madame  d'Orleans  (2),  ou  mois  d'avril  Tan  mil  CCCC  et 
VI 11  apres  Pasques,  la  somme  de  xn'=  escus  d'or;  et  alentour 
dudit  annel  a  xix  dyamens  plaz  et  roons,  que  mondit  Seigneur 
achata  de  Baude  de  Guy,  le  ix^  jour  dejuillet  ensuivant,  chascun 
du  pris  de  v  escus;  valent  iiii^'^  xv  escus. 

Redditus  fuit  iste  ruby  et  traditus  predictis  executoribus  per  dictum  Ro- 
binelum,  ut  supra.  Ideo  exoneratur  hie  de  eodem. 
[S  G,  n"  590;  prise  xvr-  iiii'"'  vii  liv.  x  sous  t.] 

346.  Item,  un  petit  ruby  en  un  annel  d'or,  que  mondit  Sei- 
gneur achata  de  madictc  dame  d'Orleans  ou  mois  de  decembre 


(i)  Sur  I'hotel,  la  fortune  et  la  famille  de  Guillemin  Sanguin,  consultez 
Paris  et  ses  hisloviens  aiix  xiv"  et  xv"  sidcles  par  Le  Roux  de  Lincy  et  Tisse- 
rand  (Paris,  Imp.  imp.,  1867,  in-4°).  Sanguin  avait  ete  anobli  en  1400;  les 
auteurs  cites  plus  haut  ont  donne  le  dessin  de  ses  armoiries  (p.  040)  et  de 
longs  details  sur  son  role  politique,  sur  les  services  qu'il  rendit  a  Jean  sans 
Peur  et  a  son  successeur. 

(2)  Valentine  d'Orleans,  duchesse  d'Orleans,  mourut  le  4  decembre  1408. 
Les  joyaux  achetes  par  le  due  de  Berry  en  avril  et  decembre  (n°  346)  1408, 
furent  done  vendus  par  elle  dans  les  derniers  jours  de  sa  vie. 


102  ri:bis  achetes   [fol.   5  I  vo] 

Tan  mil  CCCC  et  VIII,  pour  le  pris  et  somme  de  ii'-^  escus  d'or, 
paiez  comptans  par  la  main  de  Baude  de  Guy. 

K.  —  Datus  fuit  Johanni  de  Rinmo  per  mandatum  super  ultima  parte 
cLiiii''  folii  presentis  compoti  redditum,  virtute  cujus  dictus  Robinetus  ac- 
quittatur  hie  de  eodem. 

Ces  III  parties  acolccs  [344-346]  sont  ainsi  dcclairees  ou  11'  lxix"  fucillct 
dudit  livrc. 

347.  Item,  un  ruby  appelle  le  Riibj'  de  la  niic,  pesant  v  caraz 
ou  environ,  assis  en  un  annel  d'or,  lequel  Monseigneur  achata 
de  Andre  Sucre,  dit  Massay,  marchant  de  Florence  demourant  a 
Paris,  le  xxvi^  jour  de  juing  mil  CCCC  et  IX,  avec  un  balay  et 
un  dyament  quarrez,  cy  apres  escrips  chascun  en  son  ordre, 
tous  ensemble  pour  le  pris  et  somme  de  vn'"  ni'^  escus  d'or. 
Ainsi  declaire  en  la  ni'^  partie  du  n'-"  lxx=  fueillet  dudit  livre. 

[B,  11°  1 1 1 1 .  —  S  G,  11°  1 1 69 ;  prise  xi-^  xxv  liv.  t.] 

348.  Item,  un  petit  ruby  d'Orient  qui  a  une  fossete,  assis  en 
un  annel  d'or,  lequel  Monseigneur  achata  de  Loys  Gradenigo  (i) 
marchant  de  Venise  demourant  a  Paris,  en  septembre  mil 
CCCC  et  XII,  pour  le  pris  et  somme  de  in'"  escuz  d'or.  Et 
est  appele  le  Rubjy  de  la  fossete;  et  n'est  point  rendu  en  recepte 

ou  compte  precedent. 

Tradite  fuerunt  iste  W  partes  acolate  [347-348]  et  reddite  dictis  cxecuto- 
ribus  per  dictum  Robinetum,  prout  supra.  Ideo  exoncratur  hie  de  cisdem. 

[S  G,  11°  591 ;  prise  un"  liv.  t.J 

349.  Item,  un  petit  ruby  tin,  fait  en  facon  d'un  grain  d'orge, 
assis  en  un  annel  d'or,  que  mondit  Seigneur  achata  dudit 
Loys  Gradenigo,  le  xvui^  jour  de  novembre,  I'an  que  dcssus, 
pour  le  pris  et  somme  de  ni™  escuz  d'or,  et  est  apelle  le  Gi'ain 
d'orge.  Et  n'est  point  rendu  en  recepte  ou  compte  precedent. 

Dictus  dominus  Dux,  per  suas  patentes  litteras  datas  xxn"**  augusti 
M  CCCC   XV,  hie  redditas,  fatetur   habuisse   et  recepisse  a  dicto  Robincto 

(i)  Louis  Gradenigo  demeurait  a  Paris  rue  Neuve  Saint-Merry.  Ce  detail 
est  fourni  par  une  sentence  du  prevot  de  Paris,  datee  de  1414,  rendue  sur 
un  ditferend  survenu  entre  ledit  Gradenigo  et  un  inarchand  de  Lucques 
nomme  Pierre  de  Range.  Dans  cat  acte,  il  est  question  d'une  decharge  de 
2,137  liv.  10  sols  t.  donnee  par  Mace  Heron,  tresorier  du  due  de  Berry,  au 
profit  de  Louis  Gradenigo  (Arch.  Nat.  Y  5228,  fol.  2i);prcuve  nouvelle  des 
relations  constantcs  du  due  de  Berry  avec  tous  Ics  marchands  italicns  tixes 
a  Paris. 


Rl'BIS    ACHETES    [fol.    5  I    V°]  I  o3 

istum  parvum  ruby  et  cundeni  tradidissc  Paulo  de  Limbourc  ct  Hermando 
et  Jehanncquino,  ipsius  fratribus  et  varlctis  camere  dicti  domini  Ducis,  per 
modum  pignoris  et  securitatis  somme  M  scutorum  auri,  de  quo  quidem 
ruby  idem  dominus  Dux  voluit  et  mandavit  per  easdem  litteras  ipsuin  Ro- 
binetum,  reapportando  predictas  litteras  una  cum  recognicione  ipsorum 
camere  varletorum,  exonerari;  a  quo  Paulo  dumtaxat  attulit  litteras  reco- 
gnicionis,  que  videanlur  si  sufficiant. 


RUBIZ    DONNEZ    A    MONDIT    SEIGNEUR. 

35o.  Item,  un  ruby  appelle  le  Ciier  de  France,  assis  en  un  an- 
nel  d'or  que  feu  monseigneur  de  Bourgoigne,  que  Dieux  absoille, 
a  laissie  en  son  testament  a  Monseigneur,  avec  un  dyament  non 
fait,  cy  apres  rendu  ou  chapitre  des  dyamens.  Pour  ce  icy  seule- 
ment  ledit  ruby.  Ainsi  declaire  en  la  n=  partie  du  n*^  xnii°  fueillet 

dudit  livre. 

Traditus  fuit  et  redditus  dictus  ruby  predictis  executoribus,  prout  supra, 
per  dictum  Robinetum.  Ideo  exoneratur  hie  de  eodem. 

[S  G,  n"  592;  prise  viir-  liv.  t.] 

35  I.  Item,  un  petit  ruby  cabochon,  assis  en  un  annel,  que 
monseigneur  le  conte  d'Eu  (i)  donna  a  mondit  Seigneur  aux  es- 
trainnes,  Tan  mil  CCCC  et  IX. 

K.  —  Datus  fuit  Johanni  Lebourne,  contrarotulatori  expensarum  Domini, 
per  mandatum  super  prima  parte  lxix  folii  hujus  compoti  traditum ;  virtute 
cujus  acquictatur  hie  dictus  Robinetus  de  eodem. 

352.  Item,  un  grant  ruby  plat,  appelle  le  Ruby  de  la poulle, 
assis  en  un  annel  d'or,  que  feu  Monseigneur  le  due  d'Orleans 
donna  a  mondit  Seigneur. 

K.  —  Datus  fuit  Guillelmo,  domino  de  Lode,  per  mandatum  super  prima 
parte  lxix  folii  hujus  compoti  traditum;  virtute  cujus  acquittatur  hie  dictus 
Robinetus  de  eodem. 

Ces  II  parties  acolees  [35i-352]  sont  ainsi  declairees  es  penultieme  et 
derreniere  partie  du  iii"  viii°  fueillet  dudit  livre. 


(i)  Philippe  d'Artois,  comte  d'Eu,  connetable  de  P'rance,  epousa,  vers  1 392, 
Marie,  fille  du  due  de  Berry,  veuve  de  Louis  de  Chatillon,  comte  de  Dunois, 
mort  en  1391.  Fait  prisonnier  a  la  bataille  de  Nicopolis,  il  mourut  chez  les 
Turcs  en  i  397.  Son  fils  Charles  d'Artois,  comte  d'Eu,  qui  passa  vingt-trois 
ans  en  captivite  apres  Azincourt  et  mourut  en  1472,  etait  done  petit-tils  du 
due  de  Berry.  C'est  de  Itii  qu'il  s'agit  dans  le  present  article. 


104  RUBIS   BONNES    A    MONSEIGNEL'R    [fol.    52] 

353.  Item,  un  annel  d'or  oti  il  a  un  ruhy  taillie  d'une  teste  cou- 
ronnee  a  la  semblance  d'un  Roy,  que  feumessire  Jehan  de  Mon- 
tagu (i),  en  son  vivant  grant  maistre  d'ostel  du  Roy,  donna  a 
mondit  Seigneur. 

Raie,  car  il  est  escript  apres  ou  chapitre  dcs  scaulx  ct  signez. 

354.  Item,  un  ruhy  taillie  en  facon  dc  rose,  assis  en  un  annel 
d'or,  que  madame  la  Duchcsse  donna  a  mondit  Seigneur,  le 
xviie  jour  de  may  Tan  mil  CCCC  et  XI. 

Dictus  dominus  Dux,  per  suas  patentes  Htteras,  datas  11''"  die  aprilis 
MGCCCXV  ante  Pascham,  fatetur  cepisseet  reccpisse  a  dicto  Robineto  istum 
ruby  et  eundem  dedisse  regi  Romanorum,  cognato  suo;  que  littere  fuerunt 
hie  retente  et  servient  inferius  pro  pluribus  partibus.  Et  ideo  exoncratur 
hie  de  eodem. 

355.  Item,  un  petit  ruby  en  un  annel  d'or,  que  Andre  Ra- 
ponde  donna  a  Monseigneur  de  par  la  ville  d'Avignon  (3^,  ou 

mois  de  juing  Tan  mil  CCCC  et  XI. 

Et  [per]  alias  Htteras  patentes  ipsius  domini  Ducis,  datas  vii""  julii 
MGCCCXV,  hie  redditas,  idem  dominus  Dux  fatetur  cepisse  et  recepisse  a 
dicto  Robineto  dictum  parvum  ruby  et  ipsum  dedisse  Tcvenino  de  Monti- 
gny,  suo  varleto  camere.  Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Rohinetus  de  eodem. 

Ces  II  parties  acolees  [354-355]  sent  ainsi  declairees  es  inr  et  vi»  parties 
du  HI"  Lix»  fueillet  dudit  livre. 

356.  Item,  ung  gros  ruby  en  un  annel  d'or,  que  monseigneur 
de  Charroloys  (3)  donna  a  monseigneur  le  Due  aux  estrainnes,  le 

(i)  Jehan  de  Montaigu,  seigneur  de  Marcoussis,  vidame  de  Laonnois, 
grand  maitre  d'hotel  et  secretaire  du  Roi,  est  bien  connu  par  sa  fin  tragi- 
que  sur  laquelle  on  trouve  de  curieux  details  dans  le  Journal  d'lin  bourgeois^ 
de  Paris,  publie  par  M.  Tuetey.  Le  due  de  Berry  avait  vainement  intercede 
en  sa  faveur  {Chronique  du  Religieiix  de  Saint-Denis,  IV,  275).  Jean  de 
Montaigu  eut  la  tete  tranchee  le  17  octobre  1409,  et  son  corps  ne  fut  enleve 
du  gibet,  pour  etre  inhume  aux  Celestins  de  Marcoussis,  que  le  27  septcm- 
bre  1412. 

(2)  Excommunie  par  le  pape  Urbain  en  1409,  sur  les  instances  du  due 
de  Bourgogne,  en  compagnie  des  dues  de  Bourbon,  d'Orleans  et  du  comtc 
d'Armagnac,  le  due  de  Berry  s'ctait  peut-etre  rendu  aupres  du  pape  pour 
faire  lever  la  sentence  d'excommunication,  ce  qui  expliquerait  ses  relations 
avec  la  ville  d'Avignon  (Douet  d'Arcq,  Choix  de  pieces  inedites,  I,  401). 

(3)  Philippe  de  Bourgogne,  comte  de  Charolais,  ne  a  Dijon  le  3o  juillet 
1396,  tils  aine  de  Jean  sans  Pcur,  devint  due  de  Bourgogne  a  la  mort  de 
son  pere,  en  1419.  II  epousa  en  premieres  noces  une  tille  de  Charles  VI, 
Michelle,  qui  mourut  en  1422,  sans  enfants ;  en  deuxiemes  noces  (1424) 
Bonne  d'Artois,  veuve  du  comtc  de  Nevcrs,  puis,  apres  la  mort  de  celle-ci, 
Isabelle  de  Portugal  (1449)- 


RUBIS    DONNES    A    MONSEIGNELR    [fol.    52    V^]  I  o5 

premier  jour  de  Janvier  Tan  mil  CCCG  et  XII,  et  n'est  point 
rendu  en  recepte  ou  compte  precedent. 

K.  —  Datus  fuit  uxori  Mathei  Heron,  thcsaurarii  Domini,  per  mandatum 
super  vi'*  parte  lxx"'  folii  hujus  compoti  redditum ;  virtutc  cujus  dictus 
Robinetus  acquictatur  hie  de  codem. 

357.  Item,  ung  petit  rubi  cabouchon,  assis  en  un  annel  d'or, 
que  Loys  Gradenigo  donna  a  Monscigneur  aux  estrainnes  mil 
CCCG  et  XII,  et  n'est  point  rendu  en  recepte  ou  compte  pre- 
cedent. 

K. — Datus  fuit  per  dominum  Ducem  domine  ducisse  Borbonii,  [ut]  cons- 
tat per  mandatum  suum,  hie  redditum,  datum  xi*  die  novembris  anno 
M"  CCCC"  tercio  decimo.  Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus  de  eodem. 

358.  Item,  un  ruby  taillie  en  fa^on  d'une  croix,  assis  en  un 
annel  d'or,  lequel  madame  la  duchesse  donna  a  Monseigneur 
aux  estrainnes,  le  premier  jour  de  Janvier  Fan  mil  GCGG  et  XI. 
Ainsi  declaire  en  la  penultieme  partie  du  ii<^  lix^  fueillet  dudit 
livre. 

Datus  fuit  Matheo  Heron,  thesaurario  dicti  Domini  per  mandatum 
super  prima  parte  lxix  folii  hujus  compoti  traditum;  virtutc  cujus  dictus 
Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 


BALAIZ    DESDIZ    JOYAULX    ET    VAISSELLE- 

359.  Item,  de  xxxv  balais  (i)  qui  estoient  en  une  grant  croix 
d'or  appellee  la  Croix  an  camahieu,  declairee  en  la  derreniere 
partie  du  cxxxii^  fueillet  du  livre  des  comptes  precedens,  est 
acquictie  ledit  Robinet  d'Estampes  de  quatre  desdiz  balaiz  pour 
les  causes  contenues  es  corrections  faictes  sur  ladicte  partie;  et 
les  autres  xxxi  sont  cy  renduz  et  declairez  en  la  maniere  qui 
s'ensuit  : 


(i)  D'apres  le  Glossaire  des  Emaiix,  la  dit!erence  du  rubis  proprement  dit 
et  du  rubis  balai  consisterait  dans  la  nuance.  Tandis  que  le  premier  etait 
rouge  vifde  cochenille,  le  balai  serait  d'un  rouge  cedant  au  rose  [sic).  Comme 
aucune  preuve  n'est  invoquee  a  I'appui  de  ces  distinctions,  il  y  aurait  lieu 
de  se  demander  si  le  moyen  age  observait  bien  exactement  ces  ditferences 
d'une  appreciation  assez  delicate. 


106  BALAIS    DEPECES    [fol.    52    V"] 

a.  Et  premiercmcnt,  en  y  a  dix  plusgros  que  les  autres,  de  plu- 
sieurs  famous  et  sortes,  c'est  assavoir  : 

Le  balay  appelle  le  Balaj'  dii  pape,  qui  est  sur  le  roont,  per- 
tuisd,  et  est  glaceux  en  pluseurs  lieux ;  pesant  xii'"'  caraz  de  Paris 
ou  environ. 

Un  autre  balay,  pesant  cxlvh  caraz  de  Paris  ou  environ, 
lequel  est  percie,  et  cabochon  d'un  coste  et  sur  le  plat  de 
I'autre. 

Un  autre  balay,  pesant  cxxxn  caraz  ou  environ,  lequel  n'est 
point  percie,  et  est  sur  le  longuet  cabochon  d'un  coste  et  plat  de 
Tautrc  sur  le  quarre. 

Un  autre  balay  pesant  cxli  caraz  de  Paris  ou  environ,  lequel 

est  cabochon  et  sur  le  plat  de  deux  costez,  et  percie  au  long. 

Isti  quatuor  balaiz  acolati,  cum  vi  aliis  inde  sequentihus  in  prima  pagina 
folii  sequcntis,  traditi  fuerunt  per  executores  ipsius  defuncti  domini  Ducis 
et  dictum  Robinetum  domino  nostro  Regi  cum  pulchcrrima  cruce  sibi  per 
dictum  dominum  Ducern,  dum  viveret,  data,  prout  constat  per  litteras 
patentes  suas  xix»  junii  mil  CCCC  XVI«,  hie  redditas,  que  servient  inferius 
pro  pluribus  aliis  partibus  ibidem  dcclaratis  ad  exoneracionem  dictorum 
executorum  et  ipsius  Robineti.  Et  ideo  exoneratur  hie  idem  Robinetus  de 
eisdem. 

Un  autre  balay,  appelle  le  Balay  de  la  creste  du  coq,  lequel 

est  cabochon  sur  le  longuet  et  percie  au  long;  pesant  vin^'^x  caraz 

de  Paris  ou  environ. 

[B,    121]. 

Un  autre  gros  balay  qui  souloit  estre  ou  milieu  d'une  croix, 
appellee  la  Croix  dc  Bourgoigne,  qui  fu  despecee,  lequel  balay 
est  cabochon,  et  a  une  glace  sur  Tun  des  costez,  et  percie  au 
long ;  pesant  ii'^  xxvni  caraz  de  Paris  ou  environ. 

Un  autre  balay  que  donna  feu  monseigneur  de  Bourgoigne, 
qui  est  longuet  sur  le  cabochon  d'une  part,  a  une  breche  sur  le 
coste,  et  de  Tautrc  part  est  sur  le  plat  et  percie  au  long;  pesant 
vni^''  X  caraz  de  Paris  ou  environ. 

Un  autre  balay  cabochon  et  longuet,  sur  la  fa(;on  d'un 
quartier  de  poire,  et  percie  au  long;  pesant  vni^^  xu  caraz  ou 
environ;  lequel  feu  mondit  seigneur  de  Bourgoigne  donna 
semblahlemeni. 


BALAIS    DEPECKS    [fol.    53]  \OJ 

Un  autre  balay,  recouvrc  de  Anthoine  Manchin  et  Macaye 
qui  Tavoient  en  gaige  du  temps  de  feu  Jehan  d'Estampes. 

Et  un  autre  balay  que  donna  feu  nionseigneur  d'Orleans, 
lequel  est  cabochon  et  longuel,  percie  au  long,  ouquel  a  une 
fossete  en  maniere  d'un  cueur;  pesant  iiii^^  xix  caraz  de  Paris 
ou  environ;  pour  ce  icy  dix  desdiz  balaiz. 

b.  Item,  V  autres  desdiz    balaiz,  de  pluseurs  sortes,  lesquielx 

sont  en  fat^on  dc  cuvetes,  dont  il  en  y  a  deux  perciez ;  pour  ce  icy 

lesdiz  V  balais. 

De  istis  v  balais,  dominus  Dux  dedit  unuin  regi  Romanorum,  prout 
constat  per  litteras  suas  patentcs,  ii*"^  aprilis  M  CCCC  XV  ante  Pascham 
datas,  superius  redditas.  Et  alii  quatuor  balaiz  traditi  fuerunt  executoribus 
dicti  domini  Ducis  per  dictum  Robinetum,  prout  supra.  Et  ideo  acquittatur 
hie  dictus  Robinetus  de  dictis  quinque  balaiz. 

c.  Item,  VII  autres  desdiz  balaiz,  aussi  de  pluseurs  sortes, 
lesquielx  sont  quarrez,  dont  il  en  y  a  deux  perciez,  desquielx 
deux  Tun  est  glaceux;  pour  ce  icy  lesdiz  vii  balaiz. 

De  istis  vii  balais  datus  fuit  unus  per  dictum  duminum  Duccm  revercndo 
in  Christo  patri  domino  archiepiscopo  Bitturicensi,  prout  constat  per  litteras 
dicti  domini  Ducis,  datas  viii''  die  jannuarii  mil  CCCC  XV,  hie  redditas,  que 
servient  inferius  pro  aliis  partibus  ibidem  declaratis. 

Et  alii  VI  balaiz  redditi  fuerunt  executoribus  ipsius  domini  Ducis  per 
dictum  Robinetum,  prout  supra.  Ideo  cxoneratur  hie  idem  Robinetus  de 
dictis  VII  balaiz. 

d.  Item,  VII  autres  desdiz  balais,  lesquielx  sont  cabochons, 
de  pluseurs  famous  et  sortes ;  pour  ce  icy  lesdiz  vii  balaiz. 

Tres  de  istis  vii  balaiz  Iradili  fuerunt  per  executores  dicti  domini 
defuncti  Ducis  et  dictum  Robinetum  domino  nostro  Regi  cum  pulcherrima 
cruee,  causa  ut  supra.  Et  quatuor  alii  balaiz  redditi  fuerunt  dictis  execu- 
toribus per  dictum  Robinetum,  prout  supra.  Ideo  exoneratur  hie  idem 
Robinetus  de  dictis  vii  balaiz. 

e.  Item,  un  autre  desdiz  balaiz,  lequel  est  d'un  coste  plat  sur 

le   quarre  et  de  I'autre  coste  est  cabochon,  et  pertuisie  a  deux 

bouz;  pour  ce  icy  ledit  balay. 

Iste  balay  traditus  fuit  per  dictos  executores  et  Robinetum  domino  nostro 
Regi  cum  pulcherrima  cruee  sibi  [data]  per  dictum  dominum  Ducem,  prout 
supra.  Ideo  exoneratur  hie  idem  Robinetus  de  eodem. 

/.  Item,  un  autre  desdiz  balaiz,  lequel  est  plat  d'un  coste  sur 
la  fa^on  d'un  cueur,  et  de  I'autre  part  est  cabochon,  et  pertuisie 
a  un  bout ;  pour  ce  icy  ledit  balay. 


108  BALAIS   DEPECES    [fol.     53   V"] 

Toutes  lesquellcs  parties  montent  a  ladicte  sommc  de  xxxi 
halaiz. 

Dictus  dominus  Dux,  per  suas  litteras  da'tas  x»  mcnsis  scptembris 
mil  CCCC  XV,  superius  redditas,  fatetur  dictum  balay  a  dicto  Robineto 
reccpisse,  et  eundem  dedisse  domino  comiti  Augi.  Ideo  exoncratur  hie  idem 
Robinetus  dc  eodcm. 

[S  G,  n"  I  i8o  :  quatre  balais  cabochons  yssus  dc  la  Croix  an  camahieu: 
IX' XX  liv.  t.  —  n"  1181  :  quatre  aulres  balais  yssus  de  ladicte  croix  :xviii'=iin" 
]iv.  t.  — n"  1 182  :  six  autres  balais  quarres  yssus  de  la  dicte  croix  :  m" 
liv.  t.] 

360.  Item,  dc  trois  gros  balaiz  qui  sont  d'un  grant  joyau  d'or 
fait  de  maconnerie  en  maniere  de  tabernacle,  declaire  es  ii^  lvh^ 
et  n'^  Lvni<=  fueillez  dudit  livre,  dont  ledit  Robinet  est  chargie  sur 
la  partie  dudit  joyau.  Tun  prins  d\ine  grant  saliere  d'agatlic, 
Tautrc  long  prins  d'un  reliquiere,  ou  il  a  unc  dcs  dens  de  Tenf- 
fance  Nostre  Dame,  et  I'autrc  cabochon  achate  de  Jehan  de  Cal- 
valnay  ni""  francs,  i  cellui  Robinet  rent  le  premier  en  ladicte  saliere 
cy  apres  ou  chapitre  de  la  vaisselle  pour  panneterie.  Pour  ce,  icy 
seulement  les  autres  deux  balaiz  dessusdiz. 

Duo  de  istis  in  balaiz  traditi  fuerunt  per  cxecutores  ipsius  defuncti 
domini  Ducis  et  per  dictum  Robinetum  domino  nostro  Regi  cum  pulcher- 
rima  cruce  sibi  data,  prout  supra  arrestatur.  Ideo  cxoneratur  hie  idem 
Robinetus  de  eisdem. 

36 1.  Item  ii^  xviii  balaiz,  que  ungs  que  autres,  de  pluseurs 
sortes,  dont  il  en  y  a  vn^^  xnii  tant  moiens  comme  petis,  et  les 
autres  lxihi  sont  petis  balaisseaux;  laquelle  pierrerie  est  issue  des 
joyaulxet  vaisselle  qui  s'ensuivent(i),  c'est  assavoir  :  d'un  ymaige 
d'or  de  Dieu  le  Pere,  declaire  en  la  premiere  partie  du  x^fueillet 
du  livre  des  comptes  precedens  :  xv  balaiz. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  Nostre  Dame,  de;:lairc  en  la 
iH'^  partie  dudit  fueillet  :  xxix  tant  balaiz  comme  balaisseaux. 

Item,  d'un  portepaix  d'or  qui  fu  de  feu  Symonnet  de  Damp- 
martin,  declaire  en  la  premiere  partie  du  xii^^  fueillet  ensuivant  : 
XI  tant  balaiz  come  balaisseaux. 

Item,  d'un  joyau  d'or  du  baptisement  Nostre  Seigneur,  declaire 
en  la  ni'^  partie  du  xnu"^  fueillet  ensuivant  :  ix  balaiz. 


1)  Comparer  rdnumeration  de  I'artjcle  36i  avec  celles  des  n"  SGy  et  462. 


DALAIS    DKPF.CES    [fol.    34]  lOQ 

Item,    d'un   ymaige    d'or    de    Nostre    Dame,    declaire    en   la 
iiii«  partie  dudit  xiiii'^  fueillet  :  xii  tant  balaiz  comme  balaisseaux. 
Item,  d'un  ymaige  d'or  de   saint  Jehan  euvangeliste,  declaire 
en  la  v^  partie  dudit  fueillet  :  vi  balaisseaux. 

Item,  des  ymaiges  de  saint  Jehan  Baptiste,  saint  Pol  et  saint 
Pierre,  declairezes  premiere,  ii'-'et  iii*^  parties  du  xv'^  fueillet  ensui- 
vant  :  xni  balais. 

Item,  d'un  yniaige  d'or  de  saint  Denis,  declaire  en  la  vi'^  partie 
dudit  xv«  fueillet  :  iiii  balais. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  saint  Charlemaigne,  declaire  en  la 
premiere  partie  du  xvi^  fueillet  ensuivant  :  i  balay. 

Item,  d'un  portepaix  d'or,  declaire  en  la  if  partie  dudit  fueillet : 
VI  balaiz. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  saint  Loys  (i),  declaire  en  la  pre- 
miere partie  du  xvii^  fueillet  ensuivant :  vii  balais. 

Item,  d'un  petit  barrillet  de  cristal,  declaire  en  la  if  partie  du 
Lxx=  fueillet  ensuivant  :  ii  balaiz. 

Item,  d'un  petit  portepaix  d'or  oil  il  a  une  croix  ou  milieu, 
declaire  en  la  v^  partie  du  lxxif  fueillet  ensuivant  :  ii  balaiz. 

Item,  d'uns  grans  tableaux  d'or  bien  pesant,  csmaillez  par  de- 
dens  tres  richement,  declairez  en  la  iiF  partie  du  cxxxiiiF  fueil- 
let ensuivant  :  i  balay. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  saint  Jehan  Baptiste,  declaire  en  la 
IF  partie  du  cxliF  fueillet  ensuivant  :  vi  balaisseaux. 

Item,  d'un  grant  goubelez  d'agathe,  a  deux  ances  de  mesmes, 
declaire  en  la  derreniere  partie  du  ciiii^^  iiF  fueillet  ensuivant  : 
xxiiii  petis  balais. 

Item,  d'un  tableau  d'or  bien  pesant,  que  donna  le  [sic]  Royne, 
declaire  en  la  iF  partie  du  ciiii^'^  x=  fueillet  :  i  balay. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  saint  Thomas  appostre,  declaire  en 
la  premiere  partie  du  ciiii^^  xiiiF  fueillet  ensuivant  :  in  balais. 

(i)  M.  E.  Petit,  Itine'raires  des  dues  de  Bourgogne  (p.  544),  nous  apprend 
que  Philippe  le  Hardi  avait  offert  a  son  frere  Jean  une  image  de  saint 
Louis  garnie  de  pierres  precieuses,  du  prix  de  3o2  francs  d'or,  aux  etren- 
nes  de  iSgS.  Cette  image  ne  figure  plus  a  notre  inventaire,  que  dans  la 
presente  enumeration  de  joyaux  detruits. 


I  10  BALAIS   DEPECES    [fol.    5^   V°] 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  la  Magdalene,  deciaire  en  la  ir  par- 
tie  du  ciiii^'^  xv^  fueillet  ensuivant  :  v  balais. 

Item,  d'une  saliere  d'agathe  garnie  d'or,  declairee  en  la  ni<=  par- 
tie  du  ccxxvH'^  fueillet  :  i  halay. 

Item,  d'un  grant  pot  de  cristal,  deciaire  en  la  n*^  partie  du 
ii<^  nii^^  Mil'-'  fueillet  ensuivant  :  xv  tant  halaiz  comme  balais- 
seaux. 

Item,  d'un  grant  goubelet  de  cristal,  deciaire  en  la  v^  partie 
dudit  fueillet  :  xini  tant  balaiz  comme  balaisseaux. 

Item,  d'uns  tableaux  d'or  en  facon  d'unes  Heures,  declairees 
en  la  nn'^  partie  du  ii*-"  nn^^  xvi<=  fueillet  ensuivant  :  ii  balais- 
seaux. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  saint  Andre  appostre,  deciaire  en  la 
premiere  partie  du  ii^'  iiii^^  xvin*^  fueillet  ensuivant  :  v  balaiz. 

Item,  de  deux  petis  chandelliers  d'or,  declairez  en  la  derreniere 
partie  du  ii'^  iiii^^  xix<=  fueillet  ensuivant  :  vi  balaisseaux. 

Item,  de  xn  chastons  ou  culez  d'or,  declairez  en  la  iii*^  partie 
du  ni^'  H"^  fueillet  ensuivant  :  n  balaiz. 

Item,  d'une  nef  d'or  (i)  assise  sur  nii  tigres,  declairee  en  la 
derreniere  partie  du  in'-'  Lnii«  fueillet  ensuivant  :  xvi  balaiz. 

Lesquelles  parties  montent  ensemble  a  ladicte  premiere  somme 
de  n^  xvHi  balaiz,  que  uns  que  autres,  de  pluseurs  sortcs,  pour 
cc  icy  vn''''  xnii  balaiz,  tant  moiens  comme  petis,  et  lxhu  petis 
balaisseaulx. 

K.  —  De  numcro  dictorum  vii"  xiiii  balaiz  dominus  Dux  recepit  et  habuit  a 
dicto  Robineto  mi"  xii  qui  positi  fuerunt  insuo  magno  tabulo  reliquiis  mu- 
nito,  per  eum  in  sua  capella  Bitturis  capto  et  dato  ecclesie  Parisiensi,  [ut] 
constat  per  mandatum  suum  datum  iiii'^  die  maii  M"  CCCC°XIII°,  hie  red- 


(i)  La  nef  etait  une  sorte  de  necessaire  en  metal  precieux,  contenant  les 
epices  pour  I'usage  du  souverain  ou  des  princes.  EUe  resta  en  usage  jus- 
qu'a  la  fin  de  I'ancienne  monarchie.  Les  niemoires  du  xvii"  siecle  nous  font 
connaitre  dans  ses  details  la  nef  d'or  de  Louis  XIV.  L'inventaire  du  roi 
Charles  V  offre  I'enumeration  d'une  vingtaine  de  nefs,  la  plupart  en  argent. 
Beaucoup  de  ces  recipients  qui  prirent  par  la  suite  le  nom  de  cadenas, 
etaient  supportcs  par  des  animaux  formant  les  pieds.  M.  de  Laborde  cite 
une  nef  d'or  donnee  par  le  due  de  Berry  a  Charles  VI  pour  les  etrennes 
de  1404,  reposant,  comme  celle  qui  est  decrite  ici,  sur  quatrc  ligres.  II  parait 
difficile  d'admettre  que  ce  soit  la  meme. 


BALAIS    DEPKCKS    [fol.    55]  III 

turn,  serviens  alibi  pro  iiii"^"  xii  saphiris  et  cl  perlis  similiter  positis  in  dicto 
tabulo.  Virtule  cujus  inandati  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de  predictis 
iiii"  XII  balaiz. 

Et  vi""  VI  balaiz,  pro  residue  dictorum  ii"^  xvui  balaiz,  traditi  fuerunt  per 
dictum  Robinetum  dictis  executoribus;  convertendum  in  facto  dicte  execu- 
cionis,  prout  supra.  Ideo  exoneratur  hie  idem  Robinetus  de  eisdem. 

[S  G,  n°  288;  prise  iii'^  ini""  xiii  liv.  t.] 

362.  Item,  de  trois  pctis  balaiz  qui  sont  de  la  pierrerie  que  Re- 
nequin  de  Harlen  a  rendue,  declairez  en  la  penultieme  partie  du 
iic  Lxxie  fueillet  dudit  livre,  ledit  Robinet  est  acquictie  sur  ladicte 
partie  de  Tun  desdiz  balaiz.  Pour  ce,  icy  ii  petis  balaiz. 

Dicti  II  parvi  balaiz  traditi  fuerunt  et  redditi  dictis  executoribus  per  dic- 
tum Robinetum,  prout  supra.  Ideo  exoneratur  hie  de  eisdem. 

[S  G,  n°  289;  prise  viii  Hv.  t.] 


BALAIZ    ACHATEZ    PAR    MONSEIGNEUR    LE    DUG. 

363.  Item,  un  gros  balay,  appelle  le  Gros  balay  de  VeniseM- 
quel  Monseigncur  achata  de  feu  madame  la  duchesse  d'Orleans, 
le  xiii«  jour  de  Janvier  Tan  mil  CCCC  et  VII,  pour  Ic  pris  et 
somme  de  xviii'"  frans. 

Dictus  balay  per  dictos  executores  et  Robinetum  traditus  fuit  domino 
nostro  Regi  cum  pulcherrima  cruce,  sibi  per  dictum  dominum  Dueem,  dum 
viveret,  data,  prout  supra  arrestatur.  Ideo  exoneratur  hie  idem  Robinetus 
de  eodem. 

364.  Item,  un  gros  balay  cabochon  a  une  tranche,  appelle  le 
Balay  d'Orenge,  lequel  Monseigneur  achata  de  messire  Jaques 
de  la  Riviere  (i)  etdu  sire  de  Viezpont(2),le  derrenier  jourd'octo- 


(i)  Jacques  de  la  Riviere,  seigneur  d'Auneau,  fils  de  Bureau  de  la  Riviere 
et  de  Marguerite,  dame  d'Auneau  et  de  Rochefort,  dame  d'honneur  d'lsa- 
beau  de  Baviere.  Sur  sa  tin  tragique  on  peut  consulter  :  Tuetey,  Journal 
d'lin  bourgeois  de  Paris  (p.  3 1 ,  44).  Apres  son  execution,  le  corps  du  sup- 
plieic  fut  pendu  aux  Halles  le  10  juin  141?  et  enterre  seulement  le  23  aout 
suivant.  (Voy.  aussi  Chronique  du  Religieux  de  Saint-Denis,  tome  V,  p.  21, 
55,  147.) 

(2)  Ives,  seigneur  de  Vieuxpont,  etait  attache  au  service  du  roi  de  France. 
Envoye  en  ambassade  avecl'eveque  de  Chalon  et  Simon  de  Nanterre  aupres 
du  due  de  Bourgogne,  il  se  trouvait  a  Dijon  en  mai  et  juin  1415  (Voy.  E. 
Petit,  Itiueraire  clcs  dues  de  Bourgogne,  p.  411^-419  et  ci-dessous  n"  427.) 


112  BALAIS    ACHETES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    55   V"] 

bre    Tan    mil   CCCC  et  VIII,  pour   le   pris   et   sonime  de    ii"" 
escus  d'or. 

Iste  grossus  balaiz  traditus  fuit  per  dictos  executores  et  Robinetum  do- 
mino nostro  Regi  cum  pulcherrima  cruce,  sibi  per  dictum  dominum  Ducem 
data,  prout  superius  arrestatur.  Ideo  cxoneratur  hie  idem  Robinetus  de 
eodem. 

365.  Item,  un  gros  balay  quarre,  pesant  xliii  caraz  de  Jannes 

ou  environ,  assis  en  un  annci  d'or,  lequel  Monseigneur  achata 

de  Andre  Sucre,  dit  Massay,  le  xxvi^  jour  de  juing  mil  CCCC 

et  IX,  avcc  le  Ruby  dc  la  niie,  cy-devant  rendu  ou  chapitre  des 

rubiz,  ct  avcc  un  dyament  quarre  qui  depuis  a  este  baillie  audit 

marchant,    tout    ensemble   pour    le    pris    ct     somme    de    vii"" 

in<^  escus  d'or. 

Traditus  fuit  et  rcdditus  iste  grossus  balay  dictis  executoribus  per  dic- 
tum Robinetum,  prout  supra.  Ideo  exoneratur  hie  de  eodem. 

Ces  HI  parties  acolees  [363-365]  sont  ainsi  declairees  ou  ii'  lxxii"  fueillet 
dudit  livre. 

[S  G,  n°  593;  prise  xvr  iiv.  t.] 


BALAIZ    DONNEZ    A    MONDIT     SEIGNEUR. 

366.  Item,  un  bel  et  gros  balay  longuet  qui  fu  achate  de  Char- 
les de  Vivant  pour  le  pris  et  somme  de  xvni'"  escus  d'or, 
dont  le  Roy  en  paia,  pour  les  estraines  de  mondit  Seigneur  de 
HI  annees,  c'est  assavoir  mil  CCCC  et  un,  mil  CCCC  et  deux, 
mil  CCCC  ct  trois,  xini"^  escus,  et  mondit  Seigneur  paia  le 
surplus  qui  est  ini"^  escus;  pour  cc, icy  ledit  balay.  Ainsi  declairti 
en  la  ni'^  partie  du  n^  xvi'=  fueillet  dudit  livre. 

Traditus  fuit  dictus  balay  per  dictos  executores  et  Robinetum  domino 
nostro  Regi  cum  pulcherrima  cruce,  sibi  per  dictum  dominum  Ducem,  dum 
viveret,  data,  prout  supra  plenius  arrestatur.  Ideo  exoneratur  hie  idem  Ro- 
binetus de  eodem. 


SAPHIRS    DESDIZ    JOVAfLX    ET    VAISSELLE. 

367.  Item,  \\^^  XI  saphirs,  que   uns  que  autres,  de   pluseurs 
sortes,  dont  il  en  y  a  v  grossez,  iiii^^  xiii  lant  moiens  comma 


SAPHIRS    DES    JOYAUX    [fol.    56    V]  Il3 

pctis,  et  XXXIII  autres  plus  pctis ;  laquclle  pierrerie  est  yssue  des 
joyaulx  et  vaisselle  qui  s'ensuivent,  c'est  assavoir  : 

D'un  ymaige  d'or  de  Dieu  le  pere,  declaire  en  la  premiere  par- 
tie  du  x'^  fueillet  du  livre  desdiz  comptes  precedens  :  xvi  saphirs. 
Item,  d'un  ymaige  d'or  de  Nostre  Dame,  declaire  en  la  iiF  par- 
tie  dudit  fueillet  :  xii  saphirs. 

Item,  d'un  portepaix  d'or  qui  fu  de  feu  Symonnet  de  Damp- 
martin,  declaire  en  la  premiere  partie  du  xii^  fueillet  ensuivant  : 
n  saphirs. 

Item,  d'un  Joyau  d'or  du  Baptisement  Nostre  Seigneur,  de- 
claire en  la  iii^  partie  du  xiiiie  fueillet  ensuivant  :  vii  saphirs. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  Nostre  Dame,  declaire  en  la  iiii^  par- 
tie  dudit  xiiii<^  fueillet  :  iiii  saphirs. 

Item,  des  ymaiges  de  saint  Jehan  Baptiste,  saint  Pol  et  saint 
Pierre,  declairez  es  premiere,  ii^  et  iiic  parties  du  xv=  fueillet  en- 
suivant :  XVI  saphirs. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  saint  Denis,  declaire  en  la  vi^  partie 
dudit  xv*:  fueillet  :  ii  saphirs. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  saint  Charlemaigne,  declaire  en  la 
premiere  partie  du  xvi<;  fueillet  ensuivant  :  i  saphir. 

Item,  d'un  portepaix  d'or,  declaire  en  la  ii-^  partie  dudit  fueil- 
let :  II  saphirs. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  saint  Loys,  declaire  en  la  premiere 
partie  du  xvii<=  fueillet  ensuivant  :  in  saphirs. 

Item,  d'un  hannap  d'or  qui  fu  du  roy  Jehan,  declaire  en  la 
lie  partie  du  xxiiii^  fueillet  ensuivant  :  i  saphir. 

Item,  d'un  pie  et  couvercle  d'or  pour  un  voirre,  declairez  en 
la  premiere  partie  du  xli-^  fueillet  :  i  saphir. 

Item,  d'un  petit  barrillet  de  cristal,  declaire  en  la  ii^  partie  du 
Lixi^  fueillet  ensuivant  :  ii  saphirs. 

Item,  d'un  petit  portepaix  d'or  ou  il  a  une  croix  ou  milieu, 
declaire  en  la  v^  partie  du  lxxii<=  fueillet  ensuivant  :  ii  saphirs. 
Item,  d'une  petite  saliere  d'or,  declairee  en  la  ii=  partie  du 
iiiixx  viie  fueillet  ensuivant  :  i  saphir. 

Iteni,  d'uns   grans   tableaux  d'or  bien  pesant,   esmaillez  par 


114  SAPHIRS   DRS   JOYaUX    [fol.    S-j] 

dedens  tres  richement,  declairez  en  la  iii*^partie  du  cxxxiiii^  fueillet 
ensuivant  :  i  saphir. 

Item,  d'un  petit  ymaige  d'or  de  saint  Jehan  Baptiste,  declaird 
en  la  ii^  partie  du  cxlii«  fueillet  ensuivant  :  in  saphirs. 

Item,  d'un  grant  goubelet  d'agathe  a  deux  ances  de  mesmes, 
declairie  en  la  derreniere  partie  du  cini^^  in«  fueillet  ensuivant : 
I  saphir. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  saint  Thomas  appostre,  declaire  en 
la  premiere  partie  du  cnii^''  xiiii^  fueillet  ensuivant  :  i  saphir. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  la  Magdalene,  declaire  en  la 
11^  partie  du  ciiii^-''  xv«  fueillet  ensuivant  :  vii  saphirs. 

Item,  d'une  saliere  d'or,  declairee  en  la  v^  partie  du  ii'^  xxvii^ 
fueillet  ensuivant  :  i  saphir. 

Item,  d'un  hannap  de  jaspre  garni  d'or,  declaire  en  la 
iiii^  partie  du  ii'^  xxxi*^  fueillet  ensuivant  :  i  saphir. 

Item,  d'un  goubelet  de  cristal,  declaire  en  la  premiere  partie 
du  11'-^  xxxii<^  fueillet  ensuivant  :  i  saphir. 

Item,  d'un  grant  pot  de  cristal,  declaire  en  la  w  partie  du 
w^  iiii^^  1111=  fueillet  ensuivant  :  vin  saphirs. 

Item,  d'un  grant  goubelet  de  cristal,  declaire  en  la  v^  partie 
dudit  fueillet  :  ix  saphirs. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  saint  Andrei  appostre,  declairt5  en  la 
premiere  partie  du  i^"  iiii^^  xviii'^  fueillet  ensuivant  :  vii  saphirs. 

Item,  de  xii  chastons  ou  culez  d'or,  declairez  en  la  iii*^  partie 
du  H^'  11^  fueillet  ensuivant  :  iiii  saphirs. 

Item,  d'une  saliere  d'une  coquille  de  perles,  declairee  en  la 
premiere  partie  du  iii<-'  xxiii"^  fueillet  ensuivant  :  i  saphir. 

Item,  d'un  long  goubelet  de  cristal  a  pluseurs  quarrez,  declaire 
en  la  1111=  partie  du  iii^  xxvin<=  fueillet  ensuivant  :  i  saphir. 

Item,  d'une  nef  d'or  assise  sur  iiii  tigres,  declairde  en  la  der- 
reniere partie  du  ni'^  Lini<=  fueillet  ensuivant  :  xii  saphirs. 

Item,  d'un  hannap  d'or  couvert,  declaire  en  la  iii'^  partie  du 
HI'-'  Lv<=  fueillet  ensuivant  :  i  saphir. 

Lesquelles  parties  moment  ensemble  a  ladicte  premiere  somme 
de  \i^^  XI  saphirs,  que  uns  que  autres,  de  pluseurs  sortes;  pour 


SAPHIRS   DES   JOYAUX    [fol.    Sy    V°]  Il5 

ce  icy  v  grossez  saphirs,  iiii^'^  xiii  autres    saphirs,  tant   moiens 
comme  petis,  xxxiii  autres  plus  petis  saphirs. 

K. —  De  dicto  numero  iiii"  xiii  saphirorum  Dominus  habuit  a  dicto  Robi- 
binetu  nii"  xii,  quos  poni  fecit  in  quodani  magno  tabulo,  de  quo  in  arresto 
scripto  super  ultima  parte  liii'"'  folii  hujus  compoti  fit  mencio;  de  quibus 
IIII""  XII  saphiris  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  per  mandatum  redditum 
super  dicta  ultima  parte  liii  folii  dicti  presentis  compoti. 

Et  residuum  dictorum  vi"  xi  saphirorum,  quod  est  xxxviii,  Iraditum  et 
redditum  fuit  predictis  executoribus  per  dictum  Robinetum;  convertendum 
in  facto  dicte  execucionis,  prout  supra.  Ideo  exoneratur  hie  idem  Robinetus 
dft  eisdem. 

[S  G,  n"  290;  de  cinq  gros  saphirs,  un  autre  saphir  et  xxxiii  autres 
saphirs  restans  de  vi"  xi  saphirs...  prises  inr"  liv.  t.,  vendus  iiu"x  liv.  t.] 

368.  Item,  uii  petit  annel  d'or,  ou  il  a  un  tres  petit  saphir  et 
deux  bien  petis  dyamens  poinctus,  lequel  annel  est  d'un  ymaige 
d'or  de  Nostre  Dame  declaire  en  la  in^  partie  du  x'=  fueillet  du 
livre  desdiz  comptes  precedens.  Pour  ce  icy  ledit  annel  garni 
comme  dit  est. 

[S  G,  n°  928;  prise  un  liv.  t.] 

369.  Item,  un  saphir  a  vni  costes,  assis  en  un  annel  d'or  a 
jour,  qui  fu  de  feu  monseigneur  de  Bourgoigne. 

[B,  n°  1 36.  —  S  G,  n°  594;  prise  xl  liv.  t.] 

370.  Item,  un  saphir  hautelet  en  un  annel  d'or. 

Iste  III  partes  acolate  [SGS-jyo]  traditc  fuerunt  et  reddite  dictis  executo- 
ribus per  dictum  Robinetum,  ut  supra.  Ideo  acquittatur  hie  de  eisdem. 

Ces  II  parties  acolees  [369-370],  sont  ainsi  declairees  es  1111°  et  xii°  par- 
ties du  xxv°  fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  n"  595 ;  prise  vi  liv.  xv  sous  t.] 

371.  Item,    un    grant    saphir   de   taille,    lequel    a  une    fosse 

sur  I'un  des  costez,  appelle  le  Saphir  de  Meleiin  (i),  lequel  est  a 

present  en  un  annel.  Ainsi  declaire  en  la  ix^  partie  du  xxvni^ 

fueillet  dudit  livre. 

Dictus  magnus  saphir  per  dictos  executores  et  Robinetum  traditus  fuit 
domino  Regi  cum  pulcherrima  cruce  sibi  per  dictum  defunctum  dominum 
Dueem,  dum  vivebat,  data,  prout  superius  arrestaiur.  Ideo  exoneratur  hie 
Robinetus  de  eodem. 

[B,  n"  174.] 

(i)  n  Garni  d'un  fillet  d'or  »  :  Invent.  B,  n°  174. 


Il6  SAPHIRS    DES    JOYAUX    [fol.    58] 

372.  Item,  Line  grosse  loupe  (i)  de  saphir,  gtirnie  d'un  tilet 
d'or  alentour,  pendant  a  une  chaienne  d'or,  qui  fu  de  feu  mon- 
selgneur  d'Estampes.  Alnsl  declaire  en  la  derreniere  partie  du 
Lxini'^  fueillet  dudit  livre. 

Traditum  fuit  et  redditum  predictis  executoribus,  prout  supra,  per  dictum 
Robinetum.  Ideo  exoneratur  hie. 
[B,  n"  58o.  —  S  G,  n°  596;  prise  xxii  iiv.  x  s.  t.] 

373.  Item,  un  saphir  sur  le  roont  d'un  coste  et  plat  de  Tautre, 
qui  tient  de  la  loupe,  garni  d'or,  qui  fu  dudit  feu  monseigneur 
d'Estampes. 

[B,  11°  58 1.  —  S  G,  11°  5g7;  prise  xxv  Iiv.  t.] 

374.  Item,  une  loupe  de  saphir  longuet,  garni  d'un  filet  d'or, 
pendant  a  deux  petites  chaiennetes  d'or. 

Ces  II  parties  acolees  [373-374]  sont  declairees  es  i"  et  11°  parties  du 
LxV  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n'  582.  —  S  G,  n°  929;  prise  xxx  sous  t.] 

375.  Item,  VI  tabletes  de  saphirs  d'ancienne  fa^on,  de  petite 
valeur,  assises  en  verges  d'or  d'ancienne  fac^on,  escriptes  avec  un 
mauvaiz  dyament,  en  la  xin<=  partie  du  iiii'^^  xv«  fueillet.  Pour  ce 
icy  lesdiz  vi  saphirs. 

[B,  n"  881.  —  S  G,  n"  93o;  prise  vi  Iiv.  t.] 

376.  Item,  un  annel  (2)  d'ancienne  fac;on,  ou  il  a  un  gros 
saphir  de  petite  valeur.  Ainsi  declaire  en  la  derreniere  partie  du 
iHi^^  xv"  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n"  883.  —  S  G,  n°  931  ;  prise  iiii  Iiv.  t.] 

377.  Item,  un  gros  saphir  quarre  en  sa  face,  ouquel  souloit 
avoir  une  teste  d'omme  entaillee,  qui  fu  de  feu  monseigneur  de 
Bourgoigne,  et  souloit  estre  en  un  collier  d'or,  declaire  en  la 
ini<=  partie  du  xxv^  fueillet  dudit  livre;  lequel  est  appele  le  Grant 
saphir  de  Bourgoigne. 

Tradite  fuerunt  istc  quinque  partes  acolatc  [373-377]  et  reddite  predictis 


(i)  Suivant  le  Dictionnaire  dc  Tvevoux,  dont  Littrc  a  reproduit  la  deti- 
nition,  ce  tcrme  se  dit  des  pierres  precieuses  que  la  nature  n'a  pas  achcvees 
et  qui  sont  demeurees  imparfaites.  Et  le  glossaire  donne  comme  exemples  : 
loupes  de  saphirs,  loupes  de  rubis  et  loupes  d'emeraudes. 

(2)  ((  D'or  M  Inv.  B,  n°  883. 


SAPHIRS    DES    JOYAUX    [fol.    Sq]  II-; 

executoribus    per    dictum   Robinetum,    ut   supra.    Idco    exoneratur   hie  dc 
eisdem. 

[S  G,  n»  1327;  prise  xV  francs.] 


SAPHIRS     ACHATEZ    PAR     MONSEIGNEUR. 

378.  Item,  un  annel  d'or  tout  plain,  ouquel  a  une  loupe  de 

saphir  roonde,  de  petite  valeur,  lequel  Monseigneur  achata  a 

Paris,  ou  mois  d'avril  Tan  mil  CCCC  et  II,  de  Jehan  Rataillac, 

marchant   demouraiit   en  ladicte  ville  de   Paris,   la  somme   de 

XV  escus  d'or. 

Traditus  fuit  et  redditus  dictis  executoribus  per  dictum  Robinetum,  prout 
supra.  Idee  exoneratur  hie  de  eodem. 
[S  G,  n"  598;  prise  iiu  liv.  t.] 

379.  Item,  un  annel  d'or  ou  il  a  une  lozange  de  saphir  et  un 

ours  d'or  dessus  ledit  saphir,  avec  deux  esmeraudes  aux  deux 

costez,  lequel  mondit  Seigneur  retint  pour  lui  des  parties  que 

Baude  de  Gui  lui  delivra  pour  les   estraines   du   premier  jour 

de  Janvier  I'an  mil  CCCC  et  V,  et  cousta  lxv  fr. 

K.  —  Datus  fuit  Gervasio  Merlini  per  mandatum  Domini  super  penultima 
parte  lxviii  folii  hujus  compoti  redditum;  virtute  cujus  dictus  Robinetus 
acquittatur  hie  de  eodem  annullo. 

Ces  deux  parties  acolees  [378-379]  sont  ainsi  declairces  ou  cLxiir  fueillet 
dudit  livre. 

380.  Item,  un  saphir  en  triangle  qui  tient  de  la  loupe,  assis  en 

un    annel    d'or,   lequel    Monseigneur    achata  aux   estraines,  le 

premier  jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCC  et  XII,  pour  le  pris  et 

somme  de    xx  escus  d'or,   et  n'est  point  rendu  en  recepte   es 

comptes  precedens. 

Traditus  fuit  et  redditus  predictis  executoribus  per  dictum  Robinetum, 
prout   supra.  Ideo  acquittatur  hie  de  eodem. 

38 1.  Item,  un  gros  saphir  taillie  en  maniere  de  cuvete,  a  plu- 
seurs  petites  lozanges,  assis  en  un  annel  d'or,  lequel  Monseigneur 
achata,  le  iii«  jour  de  septembre  I'an  mil  CCCC  et  VI,  de  Nicolas 
Picace,  Guillaume  Sanguin,  Michaut  de  Lalier  et  Jehan  Sac, 
marchans  et  bourgois  de  Paris,  pour  le  pris  et  somme  de 
iiiic  L  escus,  et  estoit  lors  en  guise  d'un  croissant. 


Il8  SAPHIRS    ACHETES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    59    vo] 

Dictus  dominus  Dux,  per  suas  patentes  littcras,  datas  xvir  scptembris 
mil  CCCC  XIIII,  fatetur  cepisse  et  recepisse  a  dicto  Robineto  diclum  grossum 
saphir  et  eundem  tradidisse  per  modum  pignoris  et  securitatis  Bertholomeo 
dc  Francois,  mercatori,  pro  summa  iin"  l  scutorum  auri;  que  quidem  littere 
redduntur  hie  una  cum  litteris  recognicionis  'dicti  Bertholomei,  per  quas 
promittit  dictum  saphir,  dum  solutus  fuerit  de  dictis  iiii°  i.  scutis,  reddere; 
date  dicte  littere  recognicionis  xx"  die  dicti  mcnsis  scptembris.  Idco  acquit- 
tatur  hie  idem  Robinetus  de  eodem. 

382.  Item,  un  gros  saphir  sur  couleur  de  voirre  blanc,  per- 
tuise,  pendant  a  un  annelet  d'or,  lequel  Monseigneur  achata  de 
Pannier,  marchant  demourant  a  Paris. 

Traditus  fuit  et  redditus  predictis  executoribus  per  dictum  Robinetum,ut 
supra.  Ideo  exoneratur  hie  de  eodem. 

Ces  deux  parties  acolees  [38 1 -382]  sont  ainsi  declarees  es  ir  et  viii°  par- 
ties du  11'=  Lxxiii°  fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  n"  599;  prise  iiii  liv.  t.] 


SAPHn^.S    DONNES    A    MONDIT     SEIGNEUR. 

383.  Item,  un  gros  saphir  cabochon  hors  oeuvre  que  donna  le 
feu  vidame  de  Laonnois  (i),  en  son  vivant  grant  maistre  d'os- 
tel  du  Roy;  lequel  a  estd  prins  et  ostd  du  freteletd'une  grant  sal- 
licre  d'une  agathe  garnie  d'or,  declairee  en  la  premiere  partie 
du  nn^^  vii'^  fueillet  dudit  livre,  oh  il  avoit  este  mis,  comme  il 
appert  par  une  des  corrections  faicte  sur  ladicte  partie.  Pour  ce 
icy  ledit  saphir. 

Redditus  fuit  et  traditus  per  dictum  Robinetum  dictis  executoribus,  prout 
supra. 

384.  Item,  un  saphir  quarre  assis  en  un  annel  d'or,  que  le 
Roy  donna  a  Monseigneur  ou  niois  de  Janvier  Tan  mil  CCCC 

et  I. 

K.  —  Datus  fuit  domino  Bitluricensi  archicpiscopo  per  mandatum  super 
ultima  parte  clxiiii''  folii  hujus  compoti  redditum,  virtute  cujus  dictus  Robi- 
netus acquittutur  hie  dc  codcni. 

[B,  n"  .37.] 

385.  Item,  un  Y  grec  d'un  saphir  assis  en  un  anncl  d'or,  qui 

(i)  Sur  Jean  de  Montaigu,  seigneur  de  Marcoussis,  vidame  de  Laonnois, 
voir  la  note  de  I'article  353. 


SAPHIRS    DONNKS    A    MONSEIGNEUR    [fol.    6o]  II9 

fu  donne  a  mondit  Seigneur  le  xx^^  jour  de  mars  I'an  dessusdit 
mil  CCCC  et  I,  par  feu  messire  Jehan  Dompme  (i). 
[S  G,  n"  600;  prise  vi  liv.  t.] 

386.  Item,  uii  saphir  a  lozangcs,  a  unc  tranche  dessus,  assis 
en  un  annel  d'or,  que  messire  Thibaut  Portier  (2)  donna  a  es- 
trainnes  a  Monseigneur  le  premier  jour  de  Janvier  Tan  mil 
CCCC  et  deux. 

Ces  trois  parties   acolecs  [384-386]   sont  ainsi   declairees  es  11",  in"  et  vi' 
parties  du  11°  xvii'  fueillct  dudit  livrc. 
[S  G,  11°  601 ;  prise  xxx  liv.  t.] 

387.  Item,  un  annel  d'or,  ouquel  a  un  saphir  et  par  dessus  un 
escuijon  aux  armes  de  Monseigneur,  que  le  Roy  de  Sicile  donna 
a  estrainnes  a  mondit  Seigneur  le  premier  Jour  de  Janvier  Tan  mil 
CCCC  et  V.  Ainsi  declaire  en  la  11^  partie  du  n'-~  xvui"^  fueillet 
dudit  livre. 

Tradite  fuerunt  iste  iii  partes  acolate  [385-387]  ^^  reddite  per  dictum 
Robinetum  dictis  executorihus,  prout  supra.  Et  ideo  exoneratur  hie  idem 
Robinetus  de  eisdem. 

[S  G,  n°  602 ;  prise  xx  liv.  t.] 

388.  Item,  un  annel  d'or  oil  il  a  un  ours  de  saphir  sur  une 
terrace  d'esmeraude,  lequel  monseigneur  le  conte  de  Nevers  (3) 
donna  a  estrainnes  a  Monseigneur  le  premier  jour  de  Janvier 
ran  mil  CCCC  et  VII. 

K.  —  Datus  fuit  Martino  Raine  per  mandatum  Domini  super  penultima 
parte  lxviii  folii  presentis  compoti;  virtute  cujus  dictus  Robinetus  acquit- 
tatur  hie  de  eodem  annullo. 

389.  Item,  un  annel  d'or,  ouquel  a  un  heaume  et  i  escu  de 

(i)  Jehan  Dompme  ou  Dompne,  chevalier,  est  nomme  six  fois  dans  Tin- 
ventaire  de  140 1,  surtout  comme  ayant  refu  certains  presents  du  Due.  II  est 
encore  charge  de  porter  une  coupe  d'or  au  roi  de  Navarre. 

(2)  Thibaut  Portier  etait  chambellan  du  due  de  Berry.  On  le  voit,  au 
cornpte  de  I'hotel  de  1399-1400  (Arch.  Nat.,  KK,  264,  fol.  25),  charge  de  la 
distribution  des  aumones  du  prince.  Les  officiers  du  due  ne  negligeaient 
aucune  occasion  de  lui  faire  leur  cour  en  flattant  son  goiit  pour  les  pierres 
precieuses,  les  joyaux  et  les'objets  singuliers  ou  rares. 

(3)  Le  titre  de  comte  de  Nevers  avait  ete  porte  par  Jean  sans  Peur  jus- 
qu'a  la  mort  de  son  pere  (1404).  Devenu  due  de  Bourgogne,  il  ceda  son  an- 
cien  titre  a  son  frere  cadet,  Philippe,  qui  herita  du  comte  de  Nevers  lors  de 
la  mort  de  sa  mere,  Marguerite  de  Flandre.  Philippe,  comte  de  Nevers,  pe- 
ril a  la  bataille  d'Azincourt. 


1  2()  SAPHIRS    DONNICS    A    MONSF.IGNKHR    [tol.    6o    V°] 

mesmcs,  fait  d'un  saphir,  aux  amies  de  Monscigneur,  un  ours 
d'esmeraude  et  un  eigne  de  cassidoine  blanc  soustenant  ledit 
heaume;  lequel  t"u  donne  a  Monseigneur,  auxdictes  estrainncs 
mil  CCCC  et  VII,  par  monscigneur  de  Bourbon,  lors  conte  de 

Clermont. 

Tradiuis  fuit  dictis  executoribus  per  dictum  Robincluin,  lit  supra.  Idco 
acquittatur  hie  de  eodem. 

[S  G,  n"  6o3;  prise  xv  liv.  t.] 

390.  Item,  un  bien  petit  saphir  fait  a  petites  lozanges,  assis  en 
un  annel  d'or  point^onne,  lequel  messire  Pierre  de  Navarre  (1) 
donna  a  mondit  Seigneur  ausdictes  estrainnes  mil  CCCC  et  VII. 

K.  —  Dictus  saphirus  datus  fuit  Gervasio  Merlini  per  mandatum  super 
penultima  parte  lxviii  folii  hujus  compoti.  Et  ideo  acquittatur  hie  dictus 
Robinetus  de  eodem. 

Ces  III  parties  acolees  [SSS-Bgo]  sont  ainsi  declairees  es  vi",  vir  et  derre- 
niere  partie  du  iii"   xi"  fueillet  dudit  livre. 

391.  Item,  un  gros  saphir  quarre,  assis  en  un  annel  d'or  a 
jour,  que  monseigneur  de  Bourgoigne  donna  a  mondit  Seigneur 
ou  mois  de  may  I'an  mil  CCCC  et  IX. 

Dictus  dominus  Dux  per  suas  pateutes  litteras  datas  xix'  maii  MCCCCXVI, 
hie  redditas,  fatetur  recepisse  a  dicto  Robineto  dictum  grossum  saphir  et 
cumdem  sua  manu  dedisse  et  tradidisse  reverendo  in  Christo  patri  archie- 
piseopo  Bitturicensi,  cancellario  suo.  Ideo  exoneratur  hie  idem  Robinetus 
de  eodem. 

392.  Item,  deux  gros  saphirs  cabochons  que  le  Roy  donna  a 
Monseigneur  le  xx«  jour  de  juillet  I'an  mil  CCCC  et  IX. 

Isti  duo  grossi  saphirs  per  predictos  executores  et  Robinetum  traditi  fue- 
runt  domino  nostro  Regi,  una  cum  pulcherrima  cruce  per  eundem  dominum 
Ducem,  dum  vivebat,  data,  prout  superius  arrestatur.  Et  ideo  idem  Robine- 
tus exoneratur  hie  de  eisdcm. 

3q3.  Item,  un  annel  d'or  ou  il  a  un  saphir  cabochon  et  un 

petit  ours  blanc  de  camahieu,  que  monseigneur  de  Nevers  donna 

(i)  Pierre  de  Navarre,  comte  de  Mortain,  ne  a  Evreux  en  i366,  etait  his 
de  Charles  le  Mauvais  et  de  Jeanne  de  France.  II  avait  epouse,  en  aoiit  141 1, 
Catherine,  hlle  de  Pierre  II,  comte  d'Alencpon.  Pierre  de  Navarre  etant  mort 
au  cours  de  Fexpedition  dirigee  centre  la  ville  de  Bourges,  tut  inhume  aux 
Chartreux.  M.  Tuetey,  dans  son  Rccueil  de  Testaments  envegistves  au  Par- 
Icment  de  Paris,  a  public  le  testament  de  Pierre  de  Navarre  (p.  543-547). 
Voyez  aussi  les  details  donnes  sur  ses  obseques  dans  le  Clioix  de  pieces 
inedites  etc.,  recueilli  par  Douet  d'Arcq  (I,  353). 


SAPHIRS    DONNES    A    MONSEIGNEL'R    [fol.    6 1  ]  121 

a  Monseigneur  aux  estrainncs,  Ic  premier  jour  de  Janvier  niil 

CCCC  et  IX. 

Dictus  dominus  Dux  per  suas  patcntes  litteras  datas  xvi>  januarii 
MCCCCXIIII,  superius  redditas,  fatetur  cepisse  et  a  dicto  Robineto  habuisse 
anullum  infra  declaratum,  et  ipsum  dedisse  Johanni  de  Rion,  varleto  ca- 
mere  suo.  Et  ideo  exoneratur  hie  idem  Robinetus  de  eodem. 

394.  Item,  un  annel  d'or  ou  il  a  un  cscu  d'un  saphir  a  in  fleurs 
de  lis  d'or,  endente  de  menuz  balaisseaulx  aux  armes  de  Mon- 
seigneur, que  monseigneur  de  Jaligny  (i),  grant  maistre  d'ostel 
du  Roy,  donna  auxdictes  estrainnes  mil  CCCC  et  IX. 

•     Ces  nil  parties  acolees  [391-394]  sont  ainsi  declarecs   on  m'=  xii'  fucillet 
dudit  livrc. 

[S  G,  11°  604;  prise  x  !iv.  t.] 

395.  Item,  un  saphir  longuet,  cahochon  d'un  coste,  assis  en 
une  brochete  d'or,  lequel  monseigneur  le  due  de  Bourbonnois 
donna  a  Monseigneur  aux  estrainnes  le  premier  jour  de  Janvier 
I'an  mil  CCCC  et  XI.  Ainsi  declaire  en  la  premiere  partie  du 
III'-'  Lx^  fueillet  dudit  livre. 

Tradite  fuerunt  et  reddite  iste  11°  partes  acolate  [394-395]  dictis  executo- 
ribus  per  dictum  Robinetum,  prout  supra;  convertendum  in  dicta  execu- 
cione.  Ideo  exoneratur  hie  idem  Robinetus  de  eisdem. 

[S  G,  n°  6o5;  prise  xx  liv.  t.] 

396.  Item,  un  gros  saphir  longuet,  fait  et  taillie  a  pluseurs 

lozanges,  assis  en  un  annel  d'or,  lequel  saphir  Monseigneur  a 

prins  de  la  belle  couronne  de  madame  la  Duchesse,  et  n'est  point 

es  comptes  precedens. 

K.  —  Datus  fuit  summo  pontifici  per  mandatum  datum  xv'"  januarii  anno 
M°  CCCC"  XII°,  hie  traditum;  virtute  cujus  dictus  Robinetus  acquittatur  hie 
de  eodem. 


ESMERAUDES    DESDIZ    JOYAULX    ET    VAISSELLE. 

397.  Item,  xLvii  esmeraudes,  que  unes  que  autres,  de  pluseurs 
sortes  et  diverses  fa9ons,  dont  il  en  y  a  une  grande  sur  le  quarre, 

(i)  Guichard  Dauphin  II,  seigneur  de  Jaligny,  nommc  grand-maitre  de 
I'hotel  du  Roi  le  3i  oetobre  1409,  apres  le  supplice  de  Jean  de  Montaigu, 
perit  a  la  bataille  d'Azincourt. 


122  EMERAUDES    HES    JOYAUX    [fol.    6  I    V°] 

XV  autres,  tant  moiennes  commc  petiies,  de  pluseurs  fa^ons,  et 
XXXI  autres  tres  petites,  de  petite  valeur;  laquelle  pierrerie  est 
issue  des  joyaulx  qui  s'ensuivent  (i),  c'est  assavoir  : 

D'un  ymaige  d'or  de  Dieu  le  pere,  declaire  en  la  premiere  par- 
tie  du  x^  fueillet  du  livre  dcsdiz  comptes  :  xviii  csmeraudes. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  Nostre  Dame,  declaird  en  la  iii«  par- 
tie  dudit  fueillet  :  une  esmeraude. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  saint  Denis,  declaire  en  la  vi=  par- 
tie  du  xve  fueillet  ensuivant  :  une  esmeraude. 

Item,  d'une  ceincture  d'or,  declairee  en  la  ni«  partie  du  in'-'  et 
i^  fueillet  ensuivant  :  xxiiii  petites  esmeraudes  plates  bien  tenues, 
de  petite  valeur,  dont  il  en  y  a  pluseurs  rompues. 

Item,  d'un  fermail  d'or  en  fa^on  de  couronne,  declare  en  la 
lui'^  partie  du  iii'-^  ii<^  fueillet  ;  ensemble  trois  esmeraudes. 

Lesquelles  parties  montent  ensemble  a  ladicte  premiere  somme 
de  xLvii  esmeraudes,  que  unes  que  autres,  de  pluseurs  sortes. 
Pour  ce  icy  une  grant  esmeraude  sur  le  quarre,  xv  autres,  tant 
moiennes  comme  petites,  de  pluseurs  facons,  et  xxxi  autres  tres 
petites,  de  petite  valeur. 

Rcddite  fuerunt  executoribus  Parisius  per  dictum  Robinetum.  Et  ideo  ac- 
quittatur  hie  de  eisdem. 

[S  G,  11°  291 ;  prise  xxxii  liv.  t.] 

398.  Item,  d'un  ymaige  d'or  de  Nostre  Dame  declaird  en  la 
1111=  partie  du  xiiii^  fueillet  dudit  livre  une  petite  esmeraude  en 
fagon  d'un  livre  ouvert,  qui  est  a  present  assise  en  un  annel  d'or. 
Pour  ce,  icy  ladicte  esmeraude. 

K.  —  Data  fuit  domino  Bitturicensi  archiepiscopo  per  mandatum  super 
ultima  parte  clxiiii'' folii  hujus  compoti  redditum;  virtute  cujus  dictus  Ro- 
binetus  acquittatur  hie  de  eadcm. 

399.  Item,  une  grant  esmeraude  bien  tenure,  hors  ceuvre,  gla- 
cee.  Ainsi  declaree  en  la  vn^  partie  du  xxxni"^  fueillet  dudit  livre. 

Reddita  fuit  per  dictum  Robinetum  Parisius  executoribus.  Et  ideo  acquit- 
tatur hie  dietus  Robinetus  de  cadem. 
[S  G,  n"  982;  prise  xii  liv.  t.] 

(i)  Voy-  ci-dessus  n"  367. 


EMERAUDES    ACHETEES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    62]  123 


ESMERAUDES    ACHATEES     PAR    MONSEIGNEUR. 

400.  Item,  une  esmeraude  a  lozanges,  a  une  tranche  dessus,  en 
un  annel  d'or,  laquelle  Monseigneur  achata  a  Paris  en  son  hos- 
tel de  Ncelle,  le  in'=  jour  d'avril  Tan  mil  CCCC  et  deux,  de  feu 
Nicolas  Picace,  avec  autres  parties  declairces  en  la  ii<=  partie  du 
CLxv^  fueillet  dudit  livre,  tout  pour  le  pris  et  somme  de  v*^  escus 
d'or. 

Redditum  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et  ideo  ac- 
quittatur  hie  ut  supra. 

[S  G,  n"  606;  prise  xv  liv.  t.] 

401.  Item,  un  annel  d'or  ou  il  a  une  mouche  faicte  d'esme- 
raude  (i),  lequel  Monseigneur  achata  en  son  chastel  de  Mehun 
sur  Yevre,  le  xin<^  jour  de  septemhre  I'an  mil  CCCC  et  III,  de 
Jehan  de  Nymegue,  orfevre,  la  somme  de  xx  escus  d'or.  Ainsi 
declaire  en  la  iin=  partie  du  clxv<;  fueillet  dudit  livre. 

K.  —  Datus  fuit  regi  Anglic  per  mandatum  super  prima  parte  lxix  folii 
hujus  compoti  traditum,  virtute  cujus  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de 
eodem. 

402.  Item,  une  esmeraude  a  une  tranche  dessus,  assise  en  un 
annel  d'or,  laquelle  Monseigneur  achata  de  Ponon  le  Large, 
marchant  demourant  a  Paris,  pour  le  pris  et  somme  de  xx  escus. 

[S  G,  n"  607;  prise  vi  liv.  xv  sous  t.] 

403.  Item,  une  esmeraude  plate  sur  facon  de  targe,  assise  en 
un  annel  d'or,  laquelle  mondit  Seigneur  a  achatee  de  Pannier, 
marchant  de  pierrerie  demourant  a  Paris. 

Iste  due  partes  [402-403]  reddite  fuerunt  Parisius  executoribus  per  dictum 
Robinetum.  Et  ideo  acquittatur  hie  de  eisdem. 
[S  G,  n"  608;  prise  xx  liv.  t.] 

404.  Item,  une  petite  esmeraude 'quarree,  assise  en  un  annel 
d'or,  laquelle  Monseigneur  achata  de  Baude  de  Guy,  le  premier 
jour  de  may  I'an  mil  CCCC  et  VI,  pour  le  pris  et  somme  de 
XX  francs. 


(i)  Cf.  I'inventaire  B,  n°  195. 


124  EMERAUDES    ACHETEES    PAR    MONSF.IGNEl"K   [fol.   63] 

Data  fuit  per  dominum  Duccm  domino  Guillclmo  Lurin,  militi,  prout 
constat  per  mandatum  dicti  Domini,  datum  vii»  marcii  anno  M°  CCCCXV». 
Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinelus.  Et  servict  dictum  mandatum  infc- 
rius  de  aliis  partibus  ibidem  declaratis. 

405.  Item,  une  esmeraudecabochonne,  assise  en  un  annel  d'or, 
laquclle  Monseigneur  achata  de  Constantin  de  Nicolas,  orfevre 
demourant  a  Paris,  ou  mois  d'aoust  I'an  mil  CCCC  et  VI. 

Reddita  fuit  Parisius  cxecutoribus  per  dictum  Robinetum.  Et  ideo  acquit- 
tatur hie  idem  Robinctus. 

Ces  nil  parties  aeolees  [402-405]  sont  ainsi  deelairees  ou  n'=  lxxiih'  fueil- 
let  dudit  livre. 

[S  G,  n°  1 304;  non  prise.] 

406.  Item,  une  esmeraude  quarree,  assise  en  un  annel  d'or, 
laquelle  mondit  Seigneur  achata,  oudit  mois  d'aoust,  de  Gauvain 
Trente,  pour  le  pris  et  somme  de  nii^^  escus. 

Datum  fuit  per  dictum  dominum  Ducem  uxori  Burelli  de  Dompnomartino, 
prout  constat  per  litteras  dicti  Domini  datas  vii"  die  maii  M'CCCCXV",  supe- 
rius  redditas.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 

407.  Item,  une  esnieraude  quarree,  assise  en  un  annel  d'or, 
laquelle  Monseigneur  achata,  aux  estrainnes  du  premier  jour  de 
Janvier  I'an  mil  CCCC  et  six,  de  Jehan  Sac,  Guillemin  Sanguin, 
Nicolas  Picace  et  Michaut  de  Lalier,  pour  le  pris  et  somme  de 

c  escus. 

Reddita  fuit  Parisius  cxecutoribus  per  dictum  Robinetum.  Et  ideo  acquit- 
tatur hie  idem  Robinctus  de  eadem. 

[S  G,  n°  609;  prise  xxx  liv.  t.] 

408.  Item,  VI  petites  esmeraudes,  restans  du  nombre  de  vn  pe- 
titesesmeraudesdepluseursfa»;ons,  assises  en  anneaulx,  lesquel- 
les  Monseigneur  achata  ensemble. 

De  istis  vi  parvis  emeraudisredditum  fuerat  Parisius  cxecutoribus  per  dic- 
tum Robinetum  V.  Et  sic  acquittatur  hie  de  dietis  v  emeraudis;  debet  unam. 
[S  G,  n"  610;  de  cinq  de  six  petites  cmcraudes,  prise  xv  liv.  t.] 

409.  Item,  une  esmeraude  quarree,  assise  en  un  annel  d'or, 
qui  fu  achatee  de  Sendre  Billot. 

Reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  cxecutoribus.  Et  ideo  acquit- 
tatur hie  ut  supra. 

[S  G,  n°  (3i  I  ;  prise  xv  liv.  t.] 

410.  Item,  une  croix  d'esmeraude,  assise  en  un  annel  d'or,  que 
Monseigneur  achata  de  Hermant  Rince  xxx  escus  d'or. 


EMERAUDES    ACHETEES    PAR    MONSEIGNEUR    [tol.    63    V°]  125 

K.  —  Data  fuit  domino  episcopo  Carnotensi  per  mandatum  super  ultima 
parte  clxiui"  folii  presentis  compoti  redditum;  virtute  cujus  dictus  Robi- 
netus  acquittatur  hie  de  eadem. 

411.  Item,  une  petite  esmeraude  quarree,  assise  en  un  annel 
d'or  tout  plain  a  quatre  crampons,  appellee  la  Bonne  esmeraude. 

Ces  VI  parties  acolees  [406-411]  sont  ainsi  declairees  ou  11"  lxxv"  fueillet 
dudit  livre. 

[S  G,  n°  612;  prise  xv  liv.  t.] 

412.  Item,  une  petite  esmeraude  quarrde,  assise  en  un  annel 
d'or,  que  Monseigneur  achata  ja  piei^a  de  Renequin  de  Harlen 
X  escus.  Ainsi  declairee  en  la  derreniere  partie  du  ii'^  lxxvi'=  fueil- 
let dudit  livre. 

Iste  due  partes  [411-412]  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum 
Robinetum  executoribus.  Et  idee  ibidem  acquittatur  hie. 


ESMERAUDES     DONNEES    A    MONDIT    SEIGNEUR. 

413.  Item,  une  esmeraude  en  maniere  de  lozange,  a  une  tran- 
che dessus,  assise  en  un  annel  d'or,  que  le  Roy  de  Navarre 
donna  a  Monseigneur  a  Paris,  ou  mois  de  may  Tan  mil  CCCC 
et  nil.  Ainsi  declairee  en  la  nv^  partie  du  ii'^  xix«  fueillet  dudit 
livre. 

Datum  fuit  per  dominum  Ducem  domino  Karolo  de  Lebret,  constabulario 
Francie,  prout  constat  per  litteras  dicti  domini  Ducis  datas  vii»  die  maii 
MCCCCXV",  superius  redditas.  Et  sic  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de 
eadem. 

414.  Item,  une  esmeraude  cabochonne,  assise  en  un  annel  d'or, 
que  Raymon  Christofle  donna  a  Monseigneur  ou  moys  de  juing 
mil  CCCC  et  VI.  Ainsi  declairee  en  la  premiere  partie  du  iii'-' 
xni'=  fueillet  dudit  livre. 

K.  —  Dicta  smaragdis  data  fuit  Johanni  Pigrez  per  mandatum  super  ultima 
parte  clxiiii''  folii  hujus  compoti  redditum;  virtute  cujus  dictus  Robinetus 
acquittatur  hie  de  eadem. 

415.  Item,  un  annel  d'or,  ou  il  a  un  ours  d'esmeraude  sur  une 
terrace  de  mesmes;  ladicte  esmeraude  que  Baude  de  Guy  donna 
a  mondit  Seigneur  aux  estrainnes  mil  CCCC  et  VII.  Ainsi  de- 
clairee en  la  nii'^  partie  dudit  m^  xiii«  fueillet. 


126  EMERAUDES    DONNEES    A    MONSEIGNEUR    [fol.    64] 

K.  —  Datus  fuit  Paulo  de  Limbourc  per  mandatum  super  ultima  parte 
CLXiiii"  folii  hujus  compoti  redditum;  virtute  cujus  dictus  Robinetus  acquit- 
tatur  hie  de  eodem. 

416.  Item,  une  petite  esmeraude  sur  le  quarr^,  assise  en  un 
annel  d'or  poin^onnd,  qui  fu  donnee  a  mondit  seigneur  aus- 
dictes  estrainnes  mil  CCCC  et  VII.  Ainsi  declaird  en  la  v«  par- 
tie  dudit  iii'^  xiii^  fueillet  dudit  livre. 

Reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et  ideo  acquit- 
tatur  hie. 

[S  G,  n"  1 170;  prise  xx  sous  t.] 

417.  Item,  une  esmeraude  quarree,  assise  en  maniere  de  lo- 
zange  en  verge  d'or  plate,  laquelle  Madame  la  contesse  d'Ar- 
meignac  donna  a  Monseigneur  aux  estrainnes  le  premier  jour 
de  Janvier  Tan  mil  CCCC  et  X. 

K.  —  Data  domino  Bitturicensi  archiepiscopo  per  mandatum  super  ultima 
parte  CLxnu"  folii  hujus  compoti  redditum;  virtute  cujus  dictus  Robinetus 
acquittatur  hie  de  eadem. 

418.  Item,  une  petite  esmeraude,  assise  en  un  annel  d'or,  la- 
quelle maistre  Symon  Allegret  donna  a  Monseigneur  aux  es- 
trainnes le  premier  jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCC  et  XI. 

Redditum  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et  ideo 
acquittatur  hie  dictus  Robinetus,  ut  supra. 

Ces  H  parties  acolees  [417-418]  sont  ainsi  deelarees  es  penulti^me  et 
derrenier  fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  n*  614;  prise  x  liv.  t.] 


DYAMENS    DESDIZ    JOYAULX    ET    VAISSELLE. 

419.  Item,  XXX  dyaniens,  que  uns  que  autres,  de  pluseurs  sor- 
tes  et  diverses  fa(;ons,  dont  il  en  y  a  dix  poinctus  de  pluseurs 
sortes,  les  uns  faiz  et  les  autres  non  faiz,  et  tons  les  autres, 
qui  sont  en  nombre  xx,  sont  plus  petis ;  dont  il  en  i  a  dix  et  vni 
poinctus  et  deux  plaz  en  fa^on  de  demies  lozanges;  laquelle 
pierrerie  est  yssue  des  parties  qui  s'ensuivent  (i),  c'est  assavoir  : 

D'un  ymaige  d'or  de  Dieu  le  perc,  declaire  en  la  premiere  par- 

(i)  Voy.  ci-dcssus  les  n"'  36-j  et  397. 


DIAMANTS    DES    JOYAUX    [fol.    65]  I  27 

tie  du  x=  fueillet  du  livre  desdiz  comptes  :  iiii  petis  dyamens 
poinctus. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  Nostre  Dame,  declaire  en  la  iii^  par- 
tie  dudit  fueillet  :  viii  dyamens. 

Item,  d'un  portepaix  d'or  qui  fu  de  feu  Symonnet  de  Damp- 
martin,  declaird  en  la  premiere  partie  du  xn<=  fueillet  ensuivani  : 
nil  dyamens  non  faiz. 

Item,  d'un  autre  portepaix  d'or  ou  il  a  un  crucefix,  declaire  en 
la  11=  partie  du  xvi«  fueillet  ensuivant  :  ni  petis  dyamens. 

Item,  d'unbarillet  de  cristal,  declaire  en  la  n'^  partie  duLix^fueil- 
let  ensuivant  :  i  dyament. 

Item,  d'une  grant  croix  d'or  et  de  pierrerie,  declairde  en  la  pre- 
miere partie  du  cxxxi=  fueillet  ensuivant  :  iii  dyamens. 

Item,  deux  dyamens,  dont  ledit  Robinet  est  chargie  sur  la  par- 
tie  d'une  croix  d'or  appellee  la  Croix  an  camahieii,  declaires  en 
la  derreniere  partie  du  cxxxii^  fueillet  ensuivant. 

Item,trois  petis  dyamens  hors  oeuvre,qui  sontde  la  muselliere 
d'un  ours,  renduz  en  la  iiii^  partie  du  in'-'  lih'^  fueillet  ensuivant. 

Item,  d'une  ceincture  d'or  sur  un  tixude  no\x[sic)  (i),  declairee 
en  la  penultieme  partie  du  ni^  et  i«  fueillet  :  deux  petis  dyamens 
plaz. 

Lesquelles  parties  montent  ensemble  a  ladicte  premiere 
somme  de  xxvii  dyamens,  que  uns  que  autres,  de  pluseurs  sortes 
et  diverses  famous,  pour  ce  icy  :  dix  dyamens  poinctus  de  plu- 
seurs sortes,  les  uns  faiz  et  les  autres  non  faiz,  xvni  petis  dya- 
mens poinctus  et  deux  autres  petis  dyamens  en  fa(;on  de  demies 
lozanges. 

De  istis  xxx  dyamantis  redduntur  Parisius  executorihus  per  dictum  Robi- 
netum  xxviii.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus  de  eisdem.  Debet  11. 

Isti  duo  dyamanti  dati  fuerunt  per  dominum  Ducem  Stephano  de  Monti- 
gny,  prout  constat  per  litteras  dicti  domini  Ducis  datas  xxiiii  die  maii 
MCCCC  XV  apud  Dordanum,  que  littere  posite  sunt  cum  litteris  hujus  in- 
ventarii.  Et  sit  quittus  hie  idem  Robinetus  de  eisdem. 

[S  G,  n°  292;  de  vint  huit  dyamans  restans  de  xxx  dyamans...,  prise 
nil"  X  liv.  t.] 


(0  "  Noir  »,  dans  I'lnventaire  S  G. 


128  DIAMANTS    DES    JOYAUX    [fol.    65    vo] 

420.  Item,  un  mauvaiz  dyament,  assis  en  unc  verge  d'or  d'an- 
cienne  fa^on,  qui  est  escript  avec  vi  talletes  de  saphirs  en  la 
xiii«  partie  du  iiii^^  xv^  fueillet.  Pour  ce  icy  ledit  dyament. 

Ista  pars  reddita  fiiit  Parisius  per  dictum  Robinctum  executoribus.  Et  sic 
acquittatur  hie  dictus  Robinetus  de  eodem. 
[S  G,  n°  293;  prise  xl  sous  t.] 


DYAMENS    ACHATEZ    PAR    MONSEIGNEUR    LE    DUG 

421.  Item,  un  dyament  a  pluseurs  poinctez,  assis  en  un  annel 
d'or  plat,  lequel  Monseigneur  achata  a  Paris,  ou  mois  de  fevrier 
I'an  mil  CCCC  et  un,  de  Hermant  Rince,  orfevre  demourant  a 
Paris,  pour  le  pris  et  somme  de  xxx  escus  d'or.  Ainsi  declare  en 
la  YW^  partie  du  CLXvn«  fueillet  dudit  livre. 

K.  —  Datus  fuit  per  dominum  Paulo  de  Limbourc  per  mandatum  suum 
super  n''^  parte  c""  primi  folii  hujus  compoti  tradituin;  virtute  cujus  dictus 
Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

422.  Item,  un  dyament  poinctu,  non  fait,  lequel  Monseigneur 
achata,  ou  mois  de  juillet  mil  CCCC  et  III,  d'un  marchant  ale- 
ment  appelle  Agapt,  la  somme  de  vi^''  et  v  escus  d'or.  Ainsi  de- 
clare en  la  iii'-'  partie  du  clxxi^  fueillet  dudit  livre. 

Iste  dyamant  redditus  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus, 
et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus  de  eodem. 
[S  G,  n°  6t5;  prise  xx  liv.  t.] 

423.  Item,  un  gros  dyament  poinctu,  non  fait,  lequel  Monsei- 
gneur achata  et  paia  comptans  a  Paris,  le  xxviii'=  jour  de  juing 
I'an  mil  CCCC  et  III  I,  de  Fran^oys  de  Nerly,  marchant  demou- 
rant a  Paris,  la  somme  de  n^  escus  d'or.  Ainsi  declare  en  la 
x"  partie  du  CLXxn'=  fueillet  dudit  livre. 

Redditus  fuit  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum.  Et  ideo  acquit- 
tatur hie  idem  Robinetus  de  eodem. 

424.  Item,  un  gros  dyament  poinctu,  non  fait,  lequel  Monsei- 
gneur achata  dudit  Fran9ois  de  Nerly,  le  vni'=  jour  de  novembre 
I'an  mil  CCCC  et  VI,  pour  le  pris  et  somme  de  xh'^l  escus.  Ainsi 
declare  en  la  v^  partie  du  ii'^  Lxxvuf:  fueillet  dudit  livre. 

K.  —  Datus  fuit  per  dominum  Duccm  duci  d'Yorc  per  mandatum  suum 


DIAMANTS    ACHETES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    66    \°]  I  2g 

super  primo  articulo  ii'^'  pagine  lii'''  folii  hujus  compoti.  Et  ideo  acquittatur 
hie  dictus  Robinetus  de  eodem. 

425.  Item,  un  petit  dyament  poinctu,  non  fait,  assis  en  un  an- 
nel  d'or,  que  mondit  Seigneur  achata  de  Janus  de  Grimault,  ou 
mois  d'avril  Tan  mil  CCCC  ct  VIII  apres  Pasques. 

K.  —  Datus  fuit  Johanni  de  Ryomo  per  mandatum  super  penultima  parte 
Lxviii  folii  hujus  compoti  traditum;  virtute  cujus  dictus  Robinetus  acquit- 
tatur hie  de  eodem. 

426.  Item,  un  dyament  poinctu,  assis  en  un  annel  d'or,  qui  est 

le  plus  petit  de  deux  dyamens  qui  furent  achatez  ensemble  du 

frere  Constantin  de  Nicolas,  orfevre  demourant  a  Paris,  ou  mois 

de  juing  Tan  mil  CCCC  et  VIII,  pour  le  pris  et  somme  de  n'^  frans 

comptans. 

Datus  fuit  Thevenino  de  Montigny,  prout  constat  per  litteras  domini  Du- 
cis  datas  xix^  die  februarii  M  CCCC  XI 111°,  hie  redditas;  et  servient  inferius 
pro  aliis  partibus.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus  de  eodem. 

427.  Item,  un  autre  dyament  poinctu,  appelle  le  Dyament  de 
saint  Loys,  assis  en  un  annel  d'or,  lequel  Monseigneur  achata 
de  messire  Jaques  de  la  Riviere  et  du  sire  de  Viezpont,  le  derrier 
jour  d'octobre  Tan  mil  CCCC  et  VIII,  pour  le  pris  et  somme  de 
111'=  escus  d'or. 

Redditus  et  traditus  fuit  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum.  Et 
sit  quittus  hie  de  eodem. 

[B,  n°  1 122.  —  SO,  n°  616;  prise  iii''  xxxvii  liv.  x  sous  t.] 

428.  Item,  une  petite  poincte  de  dyament  en  une  petite  verge 
d'or,  laquelle  Monseigneur  achata  de  Baude  de  Guy  aux  estrai- 
nes.  Fan  mil  CCCC  et  VIII,  x  escuz  d'or. 

Datus  fuit  per  dominum  Ducemmagistro  Jaeobo  Carite,  per  litteras  domini 
Ducis  datas  vu'  die  deeembris  M  CCCC  XIIII",  superius  redditas.  Et  ideo 
acquittatur  hie  idem  Robinetus  de  eodem. 

Ces  iiii  parties  acolees  [425-428]  sont  ainsi  declairees  ou  11"  lxxviii"  fueillet 
dudit  livre. 

429.  Item,  un  gros  dyament  poinctu,  lequel  Monseigneur 
achata  de  Julien  Symon,  marchant  demourant  a  Paris,  le  xxni^ 
jour  d'aoust,  I'an  mil  CCCC  et  IX,  pour  le  pris  et  somme  de 
vi'^  escus  d'or. 

Datus  fuit  domino  Regi  cum  Riibeyo  de  Bourgoigne,  prout  constat  per  lit- 
teras Regis  datas  xix'  die  junii  M  CCCC  X\'I,  supertus  redditas.  Et  ideo  dic- 
tus Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 


l30  DIAMANTS    ACHETES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.   6j] 

43o.  Item,  uii  dyament  poinctu,  non  fait,  assis  en  un  annel 
d'or,  lequel  Monseigneur  achata  de  Thomas  Sophie,  dit  RoUant, 
marchant  Jannevois,  le  xxvii^  jour  d'aoust  Tan  mil  CCCC  et  IX, 
vi^x  escus  d'or. 

Traditus  ct  redditus  fuit  Parisius  cxecutoribus  per  dictum  Robinetum.  Et 
sic  acquittatur  hie,  ut  supra. 
[S  G,  n"  G17;  prise  xvi  liv.  t.] 

43  I .  Item,  un  grant  dyament  roont  et  plat,  fait  en  fagon  de  mi- 
rouer,  pesant  environ  xxnii  caraz,  lequel  Monseigneur  achata,  en 
un  fermail  d'or,  de  Constantin  de  Nicolas,  marchant  de  Florence 
demourant  a  Paris,  le  xxix<=  jour  d'aoust  Fan  mil  CCCC  et  IX, 
pour  le  pris  et  somme  de  vi""  escus  d'or. 

K.  —  Datus  fuit  domino  duci  Acquitanie  per  mandatum  super  tercia  parte 
Lxx""'  folii  hujus  compoti  traditum,  virtute  cujus  dictus  Robinetus  acquittatur 
hie  de  eodem. 

Ces  parties  acoliies  [429-431]  sent  ainsi  declairees  ou  ii'^  lxxix'  fueillet  du- 
dit  livre. 

432.  Item,  un  petit  dyament  en  fa^on  de  mirouer,  lequel  Mon- 
seigneur achata  hors  oeuvre  de  Baude  de  Guy,  le  xxiiii'^  jour  de 
juillet  mil  CCCC  et  IX,  pour  le  pris  et  somme  de  xx  frans. 

Videatur.  —  Raye,  car  il  est  en  un  ours  rendu  en  la  seconde  page  du  ni"^  lt 
fueillet  des  comptes  precedens  (i). 

433.  Item,  une  teste  d'ours  faicte  d'un  gros  dyament,  laquelle 
mondit  Seigneur  a  eue  de  Baude  de  Guy.  Ainsi  declare  en  la 
premiere  partie  du  n'^  iiii^'^  fueillet  dudit  livre. 

Istud  capud  ursi  redditum  fuit,  de  ordinacione  et  precepto  dicti  domini  Du- 
cis,  Bertholomeo  Sac,  mercatori  Jannensi,  qui  dictum  capud  ursi  vendidit 
dicto  domino  Duci,  co  quod  de  eodem  nichil  receperat  a  dicto  domino 
Duce,  prout  constat  per  litteras  dicti  domini  Ducis  datas  iin'  aprilis 
M  CCCC  XV  ante  Paschas,  hie  retentas,  a  tergo  quarum  certificatum  est 
per  dictum  Bertholomeum  dictum  capud  recepisse  a  dicto  Robineto  de 
Stampis.  Et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  de  eodem  hie. 

434.  Item,  un  grant  dyament  plat  en  lozange,  assis  en  un  annel 
d'or,  que  Monseigneur  achata  d'Octoblanc  aux  estraines,  le 
premier  jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCC  et  X,  pour  le  pris  et 
somme  de  mil  frans.  Ainsi  declaire  en  la  vi«  partie  du  hi*-'  lii« 
fueillet  dudit  livre. 

(i)  Get  article  est  en  effet  bitTe  sur  le  registre. 


DIAMANTS    DONNKS    A    MONSEIGNEUR    [fol.    68]  l3l 

K.  —  Datus  domino  nostro  papc  per  mandatum  super  v'*  parte  lxi  folii 
hujus  compoti  traditum;  virtute  cujus  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de 
eodcm. 


DYAMENS    DONNES    A    MONDIT    SEIGNEUR. 

435.  Item,  un  dyament  poinctu,  non  fait,  assis  en  un  annel 
d'or,  lequel  feu  monseigneur  de  Bourgoigne  laissa  en  son  tes- 
tament a  Monseigneur  avec  le  Ruby  du  cuer  de  France,  cy  des- 
sus  rendu  ou  chapitre  des  ruhiz ;  pour  ce  icy  seulement  ledit 
dyament.  Ainsi  declaire  en  la  ii*^  partie  du  ii'^  xiiii^  fueillet  dudit 
livre. 

[S  G,  n°  618;  prise  c  liv.  t.] 

436.  Item,  un  dyament  poinctu  non  fait,  assis  en  un  annel 
d'or  esmaillie  de  noir,  qui  fu  de  la  mere  de  monseigneur  le  Due, 
et  lui  fu  donne  le  xviii<=  jour  de  decembre  Tan  mil  CCCC  et  un 
par  feu  messire  Loys  de  Sancerre  (i),  en  son  vivant  connestahle 
de  France.  Ainsi  declaire  en  la  premiere  partie  du  n'^  xx'=  fueillet 
dudit  livre. 

Iste  due  partes  accolate  [435-436]  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius  per 
dictum  Robinetum  executoribus.  Et  idee  acquittatur  hie  idem  Robinetus 
de  eisdem. 

[S  G,  n°  6ig;  prise  xni  liv.  x  sous  t.] 

437.  Item,une  petite  poincte  de  dyament,  non  faicte,  assise  en 
un  annel  d'or,  que  Baude  de  Guy  donna  a  mondit  Seigneur,  a 
Paris,  le  xxi^  jour  de  juing  I'an  mil  CCCC  et  deux. 

Ista  parva  puncta  dyamantis  data  fuit  per  dominum  Ducem  Jacobo  Ca- 
rite  per  litteras  domini  Ducis  datas  vii'die  decembris  anno  M°  CCCC  XIIII", 
superius  redditas.  Et  sic  dictus  Robinetus  acquittatur  hie. 

(i)  Louis  de  Sancerre,  chevalier,  seigneur  de.  Charenton,  de  Beaumez, 
de  Conde  et  de  Luzy,  fils  de  Louis  II,  comte  de  Sancerre  et  de  Beatrix  de 
Roucy  (P.  Anselme,  VI,  2o5),  fut  un  des  plus  vaillants  compagnons  d'armes 
de  Duguesclin.  Marechal  de  France  en  i36g,  il  fut  pourvu  de  la  charge  de 
connetable  le  26  juillet  1397,  apres  la  mort  du  comte  d'Eu.  II  mourut  en 
1403,  et  non  en  1402  comme  le  disent  la  plupart  des  historiens.  En  effet, 
son  testament,  signale  par  M.  Tuetey  et  conserve  aux  Archives  Nationales, 
porte  la  date  du  4  fevrier  1403  (1402  vieux  style  :  de  la,  sans  doute,  I'er- 
reur  que  nous  relevons).  Le  corps  de  Louis  de  Sancerre  fut  enterre  a 
Saint-Denis. 


I  32  DIAMANTS    DONNES    A    MONSEIGNEUR    [fo!.   68    \"] 

438.  Item,  un  dyament  non  fait,  a  iiii  poinctes,  assis  en  un 
annel  d'or,  que  feu  Nicolas  Picace,  marchant  de  Jannes,  donna 
a  mondit  Seigneur  le  xiii'=  jour  de  fevrier  Tan  dessusdit  mil 
CCCC  et  deux. 

K.  —  Datus  fuit.per  Dominum  Mileto,  vitrinario  suo,  per  mandatum  super 
vi'"  parte  lxx"'  folii  presentis  compoti  redditum;  virtute  cujus  dictus  Robi- 
netus  acquittatur  hie  de  eodem. 

Ces  n  parties  acolees  [437-438]  sont  ainsi  declarees  es  vi"  et  x"  parties 
du  11"  xxi"  fueillet  dudit  livre. 

439.  Item,  un  annel  d'or,  ouquel  a  deux  dyamens  poinctus,  non 
faiz,  que  le  Roy  donna  a  Monseigneur  ou  mois  de  Janvier  Tan 
mil  CCCC  et  IIII.  Ainsi  declaire  en  la  premiere  partie  du  ii'^ 
xxiii=  fueillet  dudit  livre. 

K. —  Datus  fuitdomino  nostro  pape  per  mandatum  super  v""  parte  lxi  folii 
hujus  compoti  traditum;  virtute  cujus  dictus  Rohinetus  acquittatur  hie  de 
eodem. 

440.  Item,  un  gros  dyament  a  lozanges,  a  une  tranche  dessus, 
assis  en  un  annel  d'or,  qui  est  Tun  de  trois  gros  dyamens  d'un 
fermail  d'or  en  fa^on  de  couronne  declaire  en  la  penultieme 
partie  du  iii'^  ii«  fueillet  du  livre  desdiz  comptes  precedens. 

K.  —  Datus  fuit  Guillelmo  Lurin,  ut  constat  per  mandatum  Domini  da- 
tum VII' die  octobris  anno  M°  CCCC"  XIII",  serviens  pro  aliis  partibus,  hie 
redditum;  virtute  cujus  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem  dyament. 

441.  Item,  un  gros  dyament  poinctu,  taillie  a  pluseurs  lozan- 
ges, que  le  chapitre  de  I'eglise  de  Chartres  donna  hors  oeuvre  a 
mondit  Seigneur;  et  est  appelle  le  Dyament  de  Chartres.  Ainsi 

eclaire  en  la  iii^^  partie  du  iii^  xiiii'=  fueillet  dudit  livre. 

Datus  fuit  per  dictum  dominum  Ducem  domino  duci  Guienne,  prout 
constat  per  mandatum  dicti  domini  ducis  Bitturicensis  datum  vii^  die  de- 
cembris  M°  CCCC  XIIII",  superius  redditum.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem 
Robinetus. 

442.  Item,  un  annel  d'or,  ouquel  a  deux  dyamens  taillez,  I'un 
en  fa9on  de  E,  et  I'autre  en  fayon  de  V,  que  le  Roy  de  Sicile 
donna  a  Monseigneur  aux  estraines  I'an  mil  CCCC  et  VII. 

K.  — Datus  fuit  domino  duci  Clarcncie  per  mandatum  datum  xxii*"*  de- 
cembris  anno  M"  CCCC"  XII%  hie  traditum;  virtute  cujus  dictus  Robinetus 
acquittatur  de  eodem. 

443.  Item,  un  gros  dyament  poinctu,  que  la  royne  de  Sicile 
donna  en  un  annel  a  Monseii^neur. 


DIAMANTS    DONNES    A    MONSEIGNEUR    [fol.    69]  I  33 

Iste  grossus  dyament  rcdditus  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  execu- 
toribus  in  lino  monile  auri,existente  penes  Johannem  Tarenne,  mercatorem 
Parisiensem,  prout  constat  per  inventarium  factum  Parisius,  extimato  va- 
lere  vi""  fr.  Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus  de  eodem. 

444.  Item,  deux  petites  poinctes  de  dyament,  assises  en  une 
verge  d'or,  que  Guillaume  Lurin  donna  a  mondit  Seigneur  aux 
estraines  I'an  mil  CCCC  ct  VIII. 

K.  —  Per  mandatum  Domini  super  11'''  parte  ci  folii  hujus  compoti  tra- 
ditum  constat  quod  idem  dominus  Dux  recepit  a  dicto  Robineto  dictas  duas 
cuspides  cum  virga,  et  de  ipsis  ordinavit  pro  libito  sue  voluntatis.  Et  ideo 
acquittatur  hie  de  eisdem  idem  Robinetus. 

445.  Item,  un  petit  dyament  en  ta^on  de  lozange,  assis  en  un 
annel  d'or,  qui  fu  de  feu  messire  Jehan  de  Montagu,  et,  aprcs 
son  trespassement,  Monseigneur  Teut  de  Tevesque  de  Paris, 
frere  dudit  deffunct,  par  don  du  Roy  nostre  sire.  Ainsi  declaire 
en  la  vn=  partie  du  uF  xvn<=  fueillet  dudit  livre. 

K.  —  Datus  fuit  per  Dominum  Johanni  Carite,  ejus  capellano,  per  man- 
datum  suum  super  ii"*'  parte  xmii'' folii  hujus  compoti  traditum ;  virtute 
cujus  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

446.  Item,  une  poincte  de  dyament,  assise  en  une  verge  d'or 
plate,  non  brunie,  que  Guillaume  Lurin  donna  a  mondit  Sei- 
gneur aux  estraines  I'an  mil  CCCC  et  IX.  Ainsi  declaire  en 
la  1111=  partie  du  ni'^  xvni'^  fueillet  dudit  livre. 

K.  —  Data  fuit  magistro  Johanni  Flamel  per  mandatum  super  prima 
parte  lxix  folii  hujus  compoti  traditum ;  virtute  cujus  dictus  Robinetus 
acquittatur  hie  de  eadem. 

447.  Item,  un  gros  dyament  en  facon  d'un  cueur,  assis  en  un 

annel  d'or,  que  nostre  saint  pere  le  pape  Jehan  XXI I L'  (i)  en- 

voiaen  don  a  Monseigneur,  ou  mois  de  novembre  I'an  mil  CCCC 

et  X,  par  I'evesque  d'Alby. 

K.  —  Datus  fuit  per  dominum  Ducem  domino  episcopo  Carnotensi,  [utj 
constat  per  mandatum  suum  super  primo  articulo  ii"*-  pagine  lh"*'  folii 
hujus  compoti  traditum.  Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus  de  eodem. 

448.  Item,  un  dyament  taillie  en  maniere  d'une  croix,  assis  en 


(i)  Jean  XXIII,  elu  pape  en  1410,  apres  la  mort  d'Alexandre  V,  abdiqua  en 
141 5.  (Voy.  ci-apres  les  articles  83o  et  iiSg.)  L'cveque  d'Albi  en  1410  etait 
Pierre  III  Neveu,  qui  vecut  jusqu'en  1434.  II  avait  remplace,  le  5  septembre 
1410,  Dominique  de  Florence  qui  occupa  le  siege  d'Albi  de  iBgy  a  1409. 


I  34  DIAMANTS    DONNlis    A    MONSEIGNEUR    [fol.   69    vo] 

un  annel  d'or,  lequel  monseigneur  de  Lebret  (i  j,  connestable  de 
France,  donna  a  mondit  Seigneur  aux  estrainnes  Tan  mil  CCCC 

etX. 

K.  —  Datus  fuit  per  Dominum  domino  Guillclmo  dc  Lode  per  mandatum 
suum  super  prima  parte  lxix  folii  hujus  compoti  traditum;  virtutc  cujus 
dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

449.  Item,  un  gros  dyament  poinctu,  assis  en  un  annel  d'or, 
lequel  Jehan  de  la  Barre  (2),  receveur  general  de  toutes  finances 
en  Languedoc  et  Guienne,  donna  a  mondit  Seigneur  auxdictes 

estraines  mil  CCCC  et  X. 

Datus  fuit  domino  Regi,  prout  constat  per  litteras  dicti  domini  Regis  da- 
tas  XIX'  die  junii  M  CCCC  XVI,  superius  redditas.  Et  ideo  acquittatur  hie 
dictus  Robinetus  de  codem. 

Ces  HI  parties  acolees  [447-449]  sont  ainsi  declairecs  ou  111=  lxi'  fueillet 
dudit  livre. 

450.  Item,  un  dyament  poinctu,  assis  en  un  annel  d'or,  que 
Baude  de  Guy  donna  a  mondit  Seigneur   ausdictes   estraines 

mil  CCCC  et  X. 

K.  —  Datus  fuit  per  dominum  Ducem  Jacobo  de  Liliers  per  mandatum 
suum  super  penultima  parte  lxvui  folii  hujus  compoti  traditum.  Et  ideo 
acquitatur  hie  dictus  Robinetus  de  eodem. 

451.  Item,  un  autre  dyament  poinctu,  assis  en  un  annel  d'or, 
que  Robinet  d'Estampes  donna  a  mondit  Seigneur  ausdictes 
estraines  mil  CCCC  et  X. 

Datus  fuit  per  dominum  Ducem  magistro  Guillelmo  de  Champeaux,  prout 
constat  per  litteras  dicti  Domini  datas  vn'' maii  M  CCCC  XV,  superius  red- 
ditas. Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus  de  eodem. 

Ces  deux  parties  acolees  [450-451]  sont  ainsi  dcclairees  es  penulticme  et 
derniere  parties  du  lu''  lxiT  fueillet  dudit  livre. 


(i)  Charles,  sire  d'Albret,  ne  en  1369,  etait  his  d'Arnaud  Amadieu,  comte 
d'Albret,  et  de  Marguerite  de  Bourbon.  Nomme  connetable  en  1403,  apres  la 
mort  de  Louis  de  Sancerre,  il  fut  remplace  en  141 1,  comme  rebelle,  par  le 
comte  de  Saint-Pol,  puis  retabli  dans  sa  charge  apres  la  mort  de  celui-ci,  le 
i3  juillet  1413.  II  perit  a  la  bataille  d'Azincourt.  En  vertu  de  lettres  du 
25  aout  141 1,  il  recevait  du  due  de  Berry  5oo  livres  tournois,  «  par  chacun 
mois  qu'il  a  vacque  et  vacquera  en  ses  conseilz  et  qu'il  a  este  et  sera  en  sa 
compaignic  ».  {Comptes  de  la  Trcsorerie  du  due  de  Berry  pour  141 3-14, 
Arch.  Nat.,  KK  25o,  fol.  i5.) 

(•i)  Sur  Jean  de  la  Barre,  voycz  Douiit  d'Arcq,  Choix  dc  pieces  inedites 
sur  le  regne  de  Charles  VI,  t.  I,  p.  340. 


DIAMANTS    nONNES    A    MONSEIGNEUR    [fol.    Jo]  i35 

452.  Item,  ung  dyament  fait  en  maniere  d'une  fleur  de  lis, 
assis  en  un  annel  d'or,  que  monseigneur  de  Guienne  donna 
a  Monseigneur  ou  mois  d'aoust  Tan  mil  CCCC  et  X. 

K.  —  Datus  fuit  domino  duci  Acquitanic  per  mandatum  datum  xxvii>  julii 
anno  M  CCCC"  XII",  hie  traditum;  virtutc  cujus  dictus  Rohinetus  acquitta- 
tur  hie  dc  eodem. 

453.  Item,  ung  gros  diament  roont  et  plat,  assis  en  un  annel 
d'or  esmaille,  que  mondit  seigneur  de  Guienne  donna  a  Mon- 
seigneur ou  mois  de  juillet  Tan  mil  CCCC  et  XII. 

Datus  fuit  per  dominum  Ducem  domino  episcopo  Carnotensi,  ut  constat 
per  litteras  dicti  Domini  datas  vn°  die  dcccmbris  M  CCCC  XIIII,  hie  rctentas. 
Et  sit  quittus  dictus  Robinetus  de  eodem. 

454.  Item,  un  diament  plat  a  lozanges,  assis  en  un  annel  d'or, 

que  le  Roy  donna  a  Monseigneur  aux  estrainnes  I'an  mil  CCCC 

etXII. 

K.  —  Datus  fuit  Ludovico  de  Prate,  scutiffero  domini  nostri  pape,  per 
mandatum  super  ii"*'  parte  ci  folii  hujus  compoti  redditum.  Et  ideo  quittus 
hie  dictus  Robinetus  de  eodem. 

455.  Item,  ung  autre  diament  poinctu,  assis  en  un  annel  d'or, 
que  la  Royne  donna  a  mondit  Seigneur  ausdictes  estrainnes. 

K.  —  Datus  fuit  uxori  magistri  Petri  Ferronis  per  mandatum  datum  xv'" 
die  januarii  anno  M°  CCCC"  XII",  hie  redditum;  virtute  cujus  dictus  Robi- 
netus acquittatur  hie  de  eodem. 

456.  Item,  ung  autre  diament  poinctu,  fait  a  Paris,  assis  en 

ung  annel  d'or,  que  madame  de  Guienne  (i)  donna  a  mondit 

Seigneur  ausdictes  estrainnes. 

Datus  fuit  per  dictum  mandatum  uxori  magistri  Karoli  Cudoe  (2).  Et  quit- 
tus hie  dictus  Robinetus  de  ipso. 

457.  Item,  un  diament  fait  en  lozange,  assis  en  un  annel  d'or, 
que  monseigneur  de  Nevers  donna  a  Monseigneur  ausdictes 
estrainnes. 


(i)  Marguerite  de  Bourgogne,  filie  de  Jean  sans  Peur,  avait  epouse  Louis, 
due  de  Guyenne.  Le  due  de  Guyenne  etantmort  le  18  deeembre  1415,  Mar- 
guerite se  remaria  en  grande  pompe,a  Dijon  (1422), avec  Artus  de  Bretagne, 
comte  de  Richemont.  Eile  mourut  en  1442.  (Voy.  ci-dessous  art.  1 182). 

(2)  Charles  Culdoe  fut  nomme  prevot  des  marchands,  au  lieu  de  Jean  Jouve- 
nel  des  Ursins,en  1404,  et  remplace  par  Pierre  Geneien  le  20  Janvier  141 1. 
Voyez  surce  personnage  et  sur  Jacqueline  Quipie,  sa  femme,  Tuetcy,  Jo/o-- 
nal  d'lin  bourgeois  dc  Paris,  p.  4. 


I  36  DIAMANTS    DONNES    A    MONSEIGNEUR    [fol.    Jo] 

K.  —  Datus  fuit  per  dictum  mandatum  Paulo  de  Limbourc.  Etquittus  hie 
dictus  Robinetus  de  eodem. 

458.  Item,  Lin  autre  diament,  taille  d'un  E  et  d'un  V,  assis  en 
ung  annel  d'or,  que  Jehan  de  la  Barre  donna  a  Monseigneur 
ausdictes  estrainnes. 

K.  —  Datus  fuit  filie  magistri  Radulphi  de  Presles  per  mandatum  super 
pcnultima  parte  hujus  compoti  traditum,  videlicet  folii  lxviii.  Et  ideo  ac- 
quittatur  hie  de  eodem  dictus  Robinetus. 

459.  Item,  ung  dyament  fait  en  maniere  d'une  roche,  assis  en 
un  annel  d'or,  que  monseigneur  de  Bavierc  (i)  donna  a  Monsei- 
gneur ausdictes  estrainnes. 

K.  —  Datus  fuit  domino  episcopo  Carnotensi  per  mandatum  super  prima 
parte  secunde  pagine  clvii  folii  hujus  compoti  traditum;  virtute  cujus  dictus 
Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

460.  Item,  ung  autre  diament  poinctu,  assis  en  un  annel   d'or 

esmaillie,  que  ledit  Robinet  d'Estampes  donna  a  mondit  Seigneur 

ausdictes  estrainnes. 

K.  —  Datus  fuit  Gervasio  Martini,  barbitonsori  Domini,  per  mandatum 
super  vi^'  parte  hujus  pagine  redditum;  virtute  cujus  dictus  Robinetus  ac- 
quittatur hie  de  eodem. 

461 .  Item,  un  autre  dyament  fait  a  lozanges,  assis  en  un  annel 
d'or,  que  madame  de  Charroloys  (2)  donna  a  mondit  Seigneur 
ausdictes  estrainnes. 

K.  —  Datus  fuit  uxori  magistri  Renerii  de  Bollegny  per  dictum  mandatum 
de  quo  in  arresto  predieto  fit  mencio;  virtute  cujus  acquittatur,  ut  supra. 

Partes  aeolate  [452-461]  non  inveniuntur  poni  in  eompotis  precedentibus) 
et  ideo  de  novo  hie. 


PERLES    DESDIZ    JOYAULX    ET    VAISSELLE 

462.  Item,  treize  cens  et  une  perles,  que  unes  que  autres,  de 

(i)  Louis  III  de  Baviere,  dit  le  Barbu,  frere  de  la  reine  Isabeau,  epousa 
en  premieres  noces  Anne  de  Bourbon,  veuve  de  Jean  de  Berry,  due  de  Mont- 
pensier,morte  vers  1406,  puis,  en  seeondes  noces,  Catherine  d'Alen^on,  veuve 
de  Pierre  de  Navarre.  II  re^ut,  a  I'oceasion  de  ce  second  mariage,  le  eomte 
de  Mortain  (4  mars  141 3).  Yoy.Tuetey,  Journal  d'un  bourgeois  de  Paris  p.  28. 

(2)  Michelle,  fille  de  Charles  VI,  nee  le  11  Janvier  i3g4,  epousa,  en  1409, 
Philippe,  comte  de  Charolais,  fils  aine  de  Jean-Sans-Peur,  qui  devint  due  de 
Bourgogne  en  1419.  Elle  mourut  en  1422,  a  Gand,  sans  laisser  d'enfants  et 
fut  enterree  au  monasterc  dc  Saini-Bavon. 


PERLES    DES    JOYAUX    ET    VAISSELLE    [fol.    70   vo]  I  3" 

pluseurs  sortes,  dont  il  en  y  a  iiii"-'  xxvii  grosses,  v^  xxxvii  de 
compte  et  iii'^  xxxvii  petites;  lesquelles  pedes  sont  issues  des 
joyaulx  et  vaisselle  qui  s'ensuivent,  c'est  assavoir  (i)  : 

D'un  ymaige  d'or  de  Dieu  le  Pere,  declaire  en  la  premiere  partie 
du  x=  fueillet  du  livre  des  comptes  precedens  :  vi'^^  xiii  perles. 

Item,  d'un  ymaige  de  Nostre  Dame,  declaire  en  la  iii<=  partie 
dudit  fueillet  :  lxxiii  perles. 

Item,  d'un  portepaix  d'or,  qui  fu  de  feu  Symonnet  de  Damp- 
martin,  declaire  en  la  premiere  partie  du  xiF  fueillet  ensuivant  : 
Lxnii  perles. 

Item,  d'un  joyau  d'or  du  Baptisement  Nostre  Seigneur,  de- 
claire en  la  in«  partie  du  xiiii'^  fueillet  ensuivant  :  lxxv  perles. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  Nostre  Dame,  declaire  en  la  iin^  par- 
tie  dudit  xiHi^  fueillet  :  xli  perles. 

Item,  d'un  ymaige  d'orde  saint  Jehan  Euvangeliste,  declaire  en 
la  ve  partie  dudit  fueillet  :  xii  perles. 

Item,  des  -ymaiges  de  saint  Jehan  Baptiste,  saint  Pol  et  saint 
Pierre,  declairez  es  premiere,  ii"^  et  ]n<^  parties  du  xv^  fueillet 
ensuivant  :  lxiii  perles. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  saint  Denis,  declaire  en  la  vi^  par- 
tie  dudit  xv:  fueillet  :  iiii  perles. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  saint  Charlemaigne,  declaire  en  la 
premiere  partie  du  xvf  fueillet  ensuivant  :  in  perles. 

Item,  d'un  portepaix  d'or  declaire  en  la  ii^  partie  dudit  fueillet : 
VII  perles. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  saint  Loys,  declaire  en  la  premiere 
partie  du  xvii'^  fueillet  ensuivant  :  xxi  perles. 

Item,  des  pie  et  couvercle  d'or  pour  un  voirre,  declaire  en  la 
premiere  partie  du  xli^  fueillet  ensuivant  :  xx  perles. 

Item,  d'un  hannap  de  cristal,  declaire  en  la  premiere  partie  du 
Liiii^  fueillet  ensuivant  :  iiii  perles. 

Item,  d'un  petit  barrillet  de  cristal,  declaire  en  la  ii^  partie  du 
Lix<=  fueillet  ensuivant  :  viii  perles. 


(i)  Voy.  ci-dessus  Ics  n"'  367,  397  61419. 


I  38  PERLES    DES    JOYAL'X    ET    VAISSELLE    [fol.    71] 

Item,  d'un  grant  saphir,  declaire  en  la  xi<=  partie  du  lxiiii<^  fueil- 
let  ensuivant  :  if  perles. 

Item,  d'un  petit  portepaix  d'or,  ou  il  a  une  croix  ou  milieu,  de- 
claire en  la  v^  partie  du  lxxii<=  fueillet  ensuivant :  xii  perles. 

Item,  d'une  petite  saliere  d'or,  declairee  en  la  ii^  partie  du  iiii^'^ 
vii'=  fueillet  ensuivant :  iiii  perles. 

Item,  d'un  hannap  de  jaspre  couvert,  declaire  en  la  derreniere 
partie  du  c<=  fueillet  :  iiii  perles. 

Item,  d'uns  grans  tableaux  d'or  bien  pesans,  esmaillez  par  de- 
dens  tres  richement,  declairez  en  la  iii=  partie  du  cxxxini=  fueil- 
let ensuivant  :  xii  perles. 

Item,  d'un  petit  ymaige  d'or  de  saint  Jehan  Baptiste,  declaire 
en  la  ii<=  partie  du  clxii"^  fueillet  ensuivant  :  xii  perles. 

Item,  d'un  grant  goubelet  d'agathe,  a  deux  ances  de  mesmes, 
declaire  en  la  derreniere  partie  du  ciiiP'^  iii^  fueillet  ensuivant  : 
iiii'*^''  perles. 

Item,  d'un  tableau  d'or  que  donna  le  Royne  [sic],  declaire  en 
la  ii"-*  partie  du  ciiii^^  x^  fueillet  ensuivant  :  vi  perles. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  saint  Thomas  appostre,  declaire  en 
la  premiere  partie  du  ciiii^^  xiiii"^  fueillet  ensuivant  :  vii  perles. 

Item,  d'un  ymaige  d'or  de  la  Magdalene,  declaire  en  la  ii^  par- 
tie  du  cini'^^  xv^  fueillet  ensuivant  :  xxxii  perles. 

Item,  d'une  saliere  d'agathe,  garnie  d'or,  declaire  en  la  iii=  par- 
tie  du  11'^  xxvii"^  fueillet  ensuivant  :  ii  perles. 

Item,  de  deux  grans  flascons  d'or,  declairez  en  la  premiere 
partie  du  ii'^  xxxi'=  fueillet  ensuivant  :  une  perle  que  Jehanin 
Chcnu  devoit. 

Item,  d'un  hannap  de  jaspre,  garni  d'or,  declaire  en  la  iiii^  par- 
tie  dudit  11'=  xxxi'=  fueillet  :  in  perles. 

Item,  d'un  goubelet  de  cristal,  declaire  en  la  premiere  partie 
du  11'=  XXXII*  fiieillet  ensuivant  :  vi  perles. 

Item,  d'un  voirre  de  cristal,  garni  d'or,  declaire  en  la  iii«  partie 
dudit  fueillet  :  vi  perles. 

Item,  d'un  grant  pot  de  cristal,  declaire  en  la  ii^  partie  du  ii'^ 
iin^'>  iiii<^  tueillet  ensuivant  ;  i.v  perles. 


PERLES    DES    JOYAUX    ET    VAISSELLE    [fol.    7  I    V°J  I  Sq 

Item,  d'un  grant  goubelet  de  cristal,  declaire  en  la  ve  partie 
dudit  fueillet  :  lxx  perles. 

Item,  d'uns  petis  tableaux  d'or  quarrez,  declairez  en  la  penul- 
time  partie  du  ii'^  iiii''^  xiii'=  fueillet  ensuivant :  lxxii  perles. 

Item,  d'uns  grans  tableaux  d'or  en  facon  d'unes  Heures,  de- 
clairez en  la  ^1*=  partie  du  ii'^  ini^^  xvi=  fueillet  ensuivant  :  ii^ 
XLini  perles. 

Item,  d'un  vmaige  d'or  de  saint  Andre  appostre,  declaire  en  la 
premiere  partie  du  ii'-^  ini'^^  xvni'=  fueillet  ensuivant  :  xx  perles. 

Item,  d'un  petis  chandelliers  d'or,  declairez  en  la  derreniere 
partie  du  ii^"  iiii^''  xix=  fueillet  ensuivant :  vi  perles. 

Item,  d'une  ceincture  d'or  sur  un  tixu  vert,  declaire  en  la 
iii«  partie  du  ni<^  i<=  fueillet  ensuivant  :  nii  perles. 

Item,  de  xii  chastons  ou  culez  d'or,  declairez  en  la  ni«  partie 
du  iii'-^  H^  fueillet  ensuivant  :  xxv  perles. 

Item,  d'une  nef  d'or  assise  sur  ini  tigres,  declairee  en  la  der- 
reniere partie  du  iii'=  Lnii<^  fueillet  ensuivant  :  lxxv  perles. 

Item,  d'un  hannap  d'or  convert,  declaire  en  la  in'=  partie  du 
iii^  LV^  fueillet  ensuivant  :  xiii  perles. 

Lesquelles  parties  montent  a  ladicte  premiere  somme  de  xni^ 
et  I  perles.  Pour  ce  icy:  cccc  xxvii  grosses  perles,  v"=  xxxvn  perles 
de  compte  et  trois  cens  xxxvn  petites  perles. 

K.  —  De  numero  dictarum  iin"  xxvii  perlarum  grossarum  dominus  Dux 
habuit  a  dicto  Rohineto  cl,  quas  poni  fecit  in  quodam  magno  tabulo,  de 
quo  in  arresto  scripto  super  ultima  parte  liii"'  folii  hujus  compoti  habetur 
menlio.  Et  de  ipsis  cl  periis  acquittatur  hie  dictus  Robinetus  virtute  man- 
dati  super  dicta  ultima  parte  liii"'  folii  dicti  presentis  compoti  traditi. 

Residuum  dictarum  xiii"  et  i  pessularum,quod  est  xi'=li  pessularum,  red- 
ditur  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum.  Et  ideo  acquittatur  hie 
idem  Robinetus  de  eisdem. 

[S  G,  n"  294  :  pour  unze  cens  cinquante  une  perles...  restans  de  xni''  i  per- 
les... viii"  XXX  liv.  II  sous  XI  den.  t.] 

463.  Item,  un  gros  nacle  de  perle,  ainsi  declaire  en  la  x=  partie 
du  xxxini«  fueillet  dudit  livre. 

Redditur  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et  ideo  acquitta- 
tur hie  dictus  Robinetus 

[S  G,  n°  295;  prise  v  sous  t.] 

404.  Item,  un  tilet  oil  il  a  entilees  l  perles,  grosses  et  menues. 


140  PERLES    DES    JOYAl'X    ET    VAISSELLE    [fol.    72    vo] 

[B,  n"  890.  —  S  G,  n"  296;  prise  vii  liv.  t.] 

465.  Item,  un  noet  ou  il  a  xxxix  menues  perles. 

Ces  deux  parlies  acolees  [464-463]  sont  ainsi  declairees  ou  im"  xvi"  fueil- 
let  dudit  livre. 
[B,  n"  891.  —  S  G,  n°  297;  prise  xxx  sous  t.] 

466.  Item,  XXI  perles  brutes,  hors  oeuvre,  que   Renequin  de 

Harlen  rendi  a  Monseigneur  de  reste  de  la  pierrerie  qui  lui  avoit 

este  baillee  pour  mectre  en  un  grant  joyau  d'or  qu'il  fist  pour 

mondit  Seigneur,  declaire  es  n<^  lvii^,  ii'=  Lviiie  et  ii^  lix<=  fueillez 

du  livre  desdiz  comptes  precedens.  Ainsi  declairees  en  la  premiere 

partie  du  ii'-'  iiii^"  i<=  fueillet  dudit  livre. 

Iste  tres  partes  accolate  [464-466]  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius  exe- 
cutoribus  per  dictum  Robinetum.  Et  ideo  acquittatur  hie  de  eisdeni. 

[S  G,  n"  298;  prise  x  liv.  t.] 

467.  Item,  cent  seize  grosses  perles  qui  sont  d'une  grant  croix 
d'or  et  de  pierrerie  apellee  la  Croix  an  camahieii,  declaree  en  la 
derreniere  partie  du  vi'^'^xii^  fueillet  dudit  livre.  Pour  ce  icy  les- 
dictes  cxvi  grosses  perles. 

De  istis  cxvi  grossis  perlis  redduntur  Parisius  per  dictum  Robinetum  exc- 
cutoribus  11.  Et  residuum,  quod  est  cxiiii,  traditum  fuit  Regi  in  pulcherrima 
cruce^  quam  habuit  de  dicto  domino  duce  Bitturicensi,  ut  constat  per  litte- 
ras  dicti  domini  Regis,  datas  xix^  die  junii  M  CCCC  XVI°,  superius  redditas. 
Et  ideo  dictus  Robinetus  acquittatur  de  eisdem  hie. 

[S  G,  n"  742  ;  de  deux  perles  de  reste  des  cxvi  perles  de  ladicte  Croix  an 
camahieii,  xxvi  liv.  t.] 


PERLES  ACHATEES  PAR  MONSEIGNEUR 

468.  Item,  deux  grosses  perles  en  fa^on  de  poires,  pesant  Tune 
xxxvii  caraz  ou  environ,  et  I'autre  xxvi  caraz,lesquelles  Monsei- 
gneur achata  de  Barthelemi  Sac,  le  xix^  jour  de  juillet  M  CCCC 
et  IX,  les  deus  ensemble  pour  le  pris  et  somme  de  deux  mil  escus 
d'or.  Ainsi  declairees  en  la  iii«  partie  du  ii'^  iiii'^'^  i=  fueillet  dudit 

livre. 

Iste  w  grosse  pessule  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius  executoribus  per 
dictum  Robinetum.  Et  ideo  quittus  hie  de  eisdem. 


PERLES   DONNEES    A    MONSEIGNEUR    [fol.    -jl    vo]  I4I 


PERLES  DONNEES  A    MONDIT   SEIGNEUR 

469.  Item,  une  grosse  perle  tine  et  roonde,  que  le  roy  de  Na- 
varre donna  a  Monseigneur  le  xxviii'=  jour  d'octohre  Tan  mil 
CCCCetVIII. 

K.  —  Data  fuit  domino  duci  Acquitanie  per  mandatum  domini  Ducis  tra- 
ditum  super  prime  articulo  ii"*'  pagine  lii'''  folii  hujus  compoti.  Et  ideo  ac- 
quittatur  hie  dictus  Robinetus  de  ipsa. 

470.  Item,  une  autre  grosse  perle  tine  et  longuete,  en  facon  de 
poire,  que  ledit  roy  de  Navarre  donna  a  mondit  Seigneur  ou 
mois  de  Janvier  ensuivant  oudit  an  mil  CCCC  et  VIII. 

Dicta  pessula  tradita  et  reddita  fuit  Parisius  executoribus  per  dictum  Ro- 
binetum.  Et  ideo  acquittatur  hie  de  eisdem. 

Ces  II  parties  acolees  [469-470]  soot  ainsi  declairees  es  iir  et  iiii"  parties 
du  111"=  xx"  fueillet  dudit  livre. 


SEAULX    ET    SIGNEZ 

471 .  Item,  un  signet  d'or  ou  est  entaillee  une  teste  d'entfant,  et 
pend  ledit  signet  a  une  chaiennete  d'or. 

Datum  fuit  per  dominum  Ducem  domine  ducisse  Borbonii,ut  constat  per 
litteras  dicti  domini  Ducis  vii*  die  marcii  M  CCCC  XV,  superius  redditas. 
Et  sit  quittus  hie  dictus  Robinetus  de  eodem. 

[B,  n"  I  52.] 

472.  Item,  un  signet  d'or  ou  est  le  visaige  de  Monseigneur  con- 
trefait  au  vif  (i). 

Dictum  signetum  redditum  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executo- 
ribus. Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus  de  eodem. 
[B,  n"   154.  —  S  G,  n"  620;  prise  xiii  liv.  t.] 

473.  Item,  un  annel  d'or  ou  il  a  un  signet  d'un  ruby,  a  un  ours 
grave  dedens. 

Iste  anulus  datus  fuit  Johanni  Barre  per  dominum  Ducem,  ut  constat  per 


(i)  De  ce  portrait  du  due  de  Berry,  grave  sur  metal,  il  faut  rapprocher 
les  portraits  en  camahieu,  decrits  sous  les  n""  606  et  611. 


142  SCEAUX    ET    SIGNETS    [fol.   74] 

mandatum  dicti  Domini,  datum  vii'  die  marcii  M  GCCC  XV,  superius  reddi- 
tum.  Et  sic  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

Ces  III  parties  acolees  [471-47?]  sont  ainsi  declarees  ou  xxvii"  fueillet  dudit 
livre. 

474.  Item,  un  seel  d'or  ou  il  a  un  saphir  grave  a  iii  flours  de 
lis  et  un  D.  V.  X.,  et  dessus  un  petit  lyon.  Ainsi  declaire  en  la 
viii^  partie  du  lxiii^  fueillet  dudit  livrc. 

Dictum  sigillum  rcmansit  penes  magistrum  Petrum  de  Gines,  secretarium 
dicti  domini  Ducis,  in  custodia,  prout  certiticatum  fuit  nobis  commissariis 
per  litteras  suas  clausas,  cum  litterishujus  inventarii  positis.  Et  sic  exonera- 
tur  de  eodem  idem  Robinetus.  Respondeat  dictus  de  Gines  de  eodem. 

[B,  n"  557.] 

475.  Item,  un  signet  d'or  ouquel  a  un  saphir  taillie  d'un  ours, 
que  mondit  Seigneur  a  fait  faire;  lequel  saphir  est  du  nombre  de 
XX  saphirs  declairez  en  la  xii'=  partie  du  xxxii=  fueillet  du  livre 
desdiz  comptes,  et  est  rendu  en  la  derreniere  partie  du  clxhi* 
fueillet  ensuivant.  Pour  ce  icy  ledit  signet. 

Datum  fuit  per  dominum  Ducem  domino  Guillelmo  Lurin,  prout  constat 
per  mandatum  dicti  Domini  datum  vii"  die  marcii  M  GCCC  XV,  superius 
redditum.  Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus  de  eodem. 

476.  Item,  un  seel  d'or  ouquel  a  un  saphir  taillie  d'un  due  (i), 

que  le  Roy  donna  a  Monseigneur  ou  mois  de  septemhre  I'an  mil 

GCCC  et  IIII.  Ainsi  declaire  en  la  penultieme  partie  du  ii'^  xvii^ 

fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  n°  G2  I ;  prise  lvii  liv.  x  sous  t.] 

477.  Item,  un  annel  d'or  ou  il  a  une  esmeraude  quarree,  taillde 
d'une  teste  de  Royne,  que  Monseigneur  achata.  Ainsi  declaire 
en  I'antepenultieme  partie  du  n^  lxxv*^  fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  n°  622;  prise  lvi  liv.  v  sous  t.] 

478.  Item,  un  annel  d'or  oij  il  a  un  ruby  taillie  d'une  teste 
couronnee  a  la  semblance  d'un  roy,  que  feu  messire  Jehan  de 
Montagu,  en  son  vivant  grant  maistre  d'ostel  du  Roy,  donna  a 
mondit  Seigneur.  Ainsi  declaire  en  la  premiere  partie  du  iii'^  ix« 
fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  n°  623;  prise  viu"  viii  liv.  xv  sous  t.] 


(1)  Sans  doute  I'oiseau  qui  porte  ce  nom.  Ce  pourrait  bien  etre  une  sorte 
de  rebus  inspire  par  le  due  de  Berry.  Cf.  Ic  dvx  de  I'article  474. 


SCEAUX    ET    SIGNETS    [fol.    74   \°]  148 

479.  Item,  un  annel  d'or  ou  il  a  une  grant  corneline  noire, 
gravee  d'une  teste  d'omme.  Ainsi  declaire  en  la  ix^  partie  du 
iic  iiiixx  ue  fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  n°  G24;  prise  xx  liv.  t.] 


ANNEAULX,  PIERRES  ET  AUTRES  CHOSES  DE  PLUSEURS  MANIERES  DES 
INVENTOIRES,  ET  JOYAULX  DESPECEZ,  TANT  EN  (EUVRE,  HORS  (EUVRE, 
COMME    AUTREMENT. 

480.  Item,  I  cristal  roont  et  plat,  qui  est  d'un  ymaige  d'or  de 
Dieu  le  Pere,  declaire  en  la  premiere  partie  du  x<=  fueillet  du  livre 
desdiz  comptes  precedens.  Pour  ce  icy  ledit  cristal. 

[S  G,  n°  933;  prise  xv  sous  t.] 

481 .  Item,  un  camahieu  plat,  longuet  sur  le  roont,  en  fagon  de 
fons  de  cuve,  ou  il  a  un  petit  ymaige  nu  sur  un  pillier  en  maniere 
d'un  ydole  et  trois  autres  ymaiges;  lequel  camahieu  est  d'un  por- 
tepaix  d'or  qui  fu  de  feu  Symonnet  de  Dampmartin,  declaire  en 
la  premiere  partie  du  xir  fueillet  ensuivant.  Pour  ce  icy  ledit  ca- 
mahieu. 

[S  G,  n°  934;  prise  c  sous  t.] 

482.  Item,  un  cristal  plat  et  quarre  sur  le  longuet,  qui  est  d'un 
joyau  du  Baptisement  Nostre  Seigneur,  declaire  en  la  ni=  partie 
du  xini^  fueillet  ensuivant.  Pour  ce  icy  ledit  cristal. 

Iste  tres  partes  accolate  [480-482],  cum  aliis  tribus  partibus  in  alia  pagina 
immediate  sequentibus,  reddite  fuerunt  Parisius  executoribus  domini  Ducis 
per  dictum  Robinetum.  Et  ideo  idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  eisdem. 

[S  G,  n"  934;  prise  v  sous  t.] 

483.  Item,  un  petit  cristal  plat  et  quarre,  qui  est  du  Joyau  d'un 
ymaige  d'or  de  saint  Jehan  Baptiste,  declaire  en  la  premiere 
partie  du  xv^  fueillet  ensuivant.  Pour  ce  icy  ledit  cristal. 

Nulla  fit  mencio  de  dicto  cristallo  in  articulo  dicti  jocalis.Tamen  magister 
Michael   Maillard,  clericus  dictorum  jocalium,  asseruit    ipsum  cristallum 
fuisse  et  venisse  de  eodem  jocali. 
.  [S  G,  n°  93G;  prise  v  sous  t.] 

484.  Item,  un  cristal  creux  qui  est  d'une  saliere   declairee  en 


144  ANNEAUX   ET   PIERRES   DES   INVENTAIRES    [fol.    jS    vo] 

la  Vine   partie  du  xviii*^  fueillet   ensuivant.    Pour   ce   icy   ledit 

cristal. 

[S  G,  n"  gSy;  prise  xx  sous  t.] 

485.  Item,  un  annel  d'or  ou  il  a  une  teste  d'argent  en  la  sem- 
blance du  roy  Jehan  (1). 

Redditc  fucrunt  ut  supra  [483-485.] 

[B,  n"  140.  —  S  G,  n°  299;  prise  xxx  sous  t.] 

486.  Item,  un  annel  d'or  oil  il  a  un  saphir  citrin  (2)  a  vni  costes. 
K.  —  Datus  fuit  cardinali  Barrensi  (3)  per  mandatum  super  ultima  parte 

CLXiin"  folii  hujus  compoti  redditum;  virtute  cujus  dictus  Robinetus  acquit- 
tatur  hie  de  eodem. 
[B,  ir  141.] 

487.  Item,  une  pierre  eschaquetee  de  pluseurs  couleurs,  assise 
en  un  annel  d'or  a  jour. 

[B,  n"  143.  —  S  G,  n°  626;  prise  xi  liv.  v  sous  t.] 

488.  Item,  une  crapaudine  (4)  assise  en  un  annel  d'or. 
[B,  n°  146,  —  S  G,  n°  626;  prise  uii  liv.  t.] 

489.  Item,  un  annel  d'or  ou  il  a  une  pierre  noire  en  laquelle 

a  lettres  entaillees. 

Iste  tres  partes  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executori- 
bus.  Et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  eisdem. 

Ces  V  parties  acolees  [485-489]  sont  ainsi  declairees  ou  xxvi"  fueillet  du- 
dit  livre. 

[B,  n°  147.  —  S  G,  n"  627;  prise  lx  sous  t.] 

490.  Item,  un  saphir  citrin  sur  couleur  de  perido  (5),  assis  en 


(i)  Portrait  grave  en  creux  comme  celui  du  due  de  Berry  du  n°  472. 

(2)  «  Strin  »  Invent.  B,  n°  141.  Saphir  citrin,  par  corruption  saphistrin. 
Voy.  Glossaire  des  emaiix,  p.  492,  au  mot  Saphistrin.  C'est  probablement 
une  topaze  d'espece  particuliere. 

(3)  Louis  de  Bar,  issu  d'une  famille  tixee  a  Bourges  en  1270  et  qui  dut  en 
grande  partie  son  elevation  a  la  protection  du  due  Jean,  etait  eveque  de 
Verdun.  II  fut  nomme  cardinal  par  le  pape  Benoit  XIII  et  mourut  en  juillet 
1430  a  Verdun,  ou  il  fut  enterre. 

(4)  Encore  une  pierre  qui,  comme  les  langues  de  serpent,  revelait  la  pre- 
sence du  poison  dans  les  mets  ou  les  boissons.  On  I'appelait  ainsi  parce 
qu'on  croyait  qu'elle  se  trouvait  dans  la  tete  des  crapauds.  M.  de  Laborde 
dit  que  ce  terme  a  ete  quelquefois  applique  a  des  fossiles;  mais  ici,  il  est 
bien  pris  dans  le  sens  de  pierre  precieuse. 

(5)  Le  peridot  ou  peridon,  d'apres  le  Glossaire  des  emaiix  et  Littre,  est  une 
pierre  tine,  d'un  vert  jaunatre,  moins  dure  que  le  cristal,  mais  rayant  le 
verre. 


ANNEAUX,    PIKRRES,    ETC.,  BES    INVENTAIRES    [fol.    ^6]  145 

uii  annel  d'or,  et  souloit  estre  hors  oeuvre.  Aiiisi  declaire  en  la 
derreniere  partie  dudit  xxvi"^  fueillet. 

K. — Datus  fuit  episcopo  de  Sarlat  (i)  per  mandatum  domini  Ducis  datum 
xxviii'  die  januarii  anno  M"  CCCC"  X1II%  hie  reddiium  ;  virtutc  cujus  acquit- 
tatur  hie  de  eodem  dictus  Robinetus. 

[B,  n»  149.] 

491.  Item,  deux  gros  yeulx  de  chat  (2),  hors  oeuvre.  Ainsi  de- 
claire en  la  premiere  partie  du  xxvn^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  i5o.  —  S  G,  n"  629;  prise  xx  sous  t.] 

492.  Item,  un  camahieu  d'une  teste  d'enffant. 
[B,  n°  170.  —  S  G,  n°  i3o5;  non  prise.] 

493.  Item,  un  saphir  citrin  cabochon  en  une  broche  d'or. 

Ces  II  parties  acolees  [492-493]  sont  ainsi   declarees  es  1111°  et  derreniere 
partie  du  xxviii"  fueillet  dudit  livre. 
[B,  n°  175.  —  S  G,  n°  63o;  prise  xiii  liv.  x  sous  t.] 

494.  Item,  une  petite  verge  d'or  qui  fu  de  feu  madame  la  Du- 

chesse. 

[S  G,  n°  i3o6;  non  prisee.] 

495.  Item,  une  autre  verge  d'or  roonde,  qui  est  du  nombre  de 
iiii  verges  d'or  roondes  toutes  plainnes  qui  servoient  a  tenir  les 
anneaulx  de  Monseigneur. 

Iste  quinque  partes  accolate  [491-495]  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum 
Robineium  executoribus.  Et  sic  de  eisdem  acquittatur  hie. 
[S  G,  n"  628;  prise  vi  sous  iii  den.  t.] 

496.  Item,  une  grosse  pierre  sur  le  vert  qui  est  contre  venin, 

hors  oeuvre. 

Ista  petra  reperta  fuit  postmodum  multum  modica  et  de  parvo  valore,  et 
ideo  non  fuit  prisata,  et  data  fuit  pluribus  servitoribus  dicti  Domini.  Et  ideo 
acquittatur  hie  idem  Robinetus. 

[B,  n°  201.] 

497.  Item,  une  pierre  longuete  roonde,  que  Ten  dit  qu'elle 
garde  d'avoir  soif  (3). 

Postmodum  reperta  fuit  et  est  nuliius  valoris. 
[B,  n"  204.] 

(i)  En  141  3,  I'eveqiie  de  Sarlat  est  Jean  Arnaud  (1410-6  mai  1416). 

(2)  L'ceil  de  chat  est  une  agate  orientale  chatoyante,  qui  a  deux  ou  trois 
cercles  de  differentes  couleurs  transparentes,  ordinairement  rouges,  jaunes 
et  vertes. 

(3)  On  sait  que  les  voyageurs  mettent  encore  une  pierre  dans  leur  bouche, 
pendant  les  grandes  chaleurs,  pour  combattre  la  secheresse  de  la  langue. 


146  ANKEAUX,    PIERRES,    etc.,    DES    INVENTAIRES    [fol.    j6] 

498.  Item,  un  camahieu  blanc,  ou  il  a  une  teste  d'enffant,  hors 
oeuvre. 

Traditus  et  redditus  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et 
ideo  acquittatur  hie. 

Ces  V  parties  acoiees  [494-498]  sont  ainsi  declarees  ou  xxx"  fueillet  dudit 
livre. 

[B,  n°  206.  —  S  G,  n"  988;  prise  xxv  sous  t.] 

499.  Item,  une  pomme  d'ayment. 

[B,  n°  221.  —  S  G,  n°  989;  prise  v  sous  t.] 

500.  Item,  iiii  petis  camahieux  enchastonnez  en  or. 

[B,  n°  225.  —  S  G,  n°  940;  prise  iiii  liv.    t.] 

5oi.  Item,  IIII  esmaulx  de  pelite  en  lozange;  vi  autres  esmaulx 
de  pelite  avecun  cristal  creux  a  six  pans,  en  fa^on  d'une  cuvete; 
lesquelles  choses  sont  parties  d'une  saliere  de  cassidoine. 

[B,  n"  226.  —  S  G,  u"  941  ;  prisii  xxv  sous  t.] 

502.  Item,  un  camahieu  petit,  ou  il  a  un  petit  lion  taillie,  en- 

chastonne  en  or. 

Ces  nil  parties  acoiees  [499-502]  sont  ainsi  declairees  ou  xxxii"  fueillet 
dudit  livre. 

[B,  n°  227.  —  S  G,  n"  942 ;  prise  xx  sous  t.] 

503.  Item,  une  pierre  serpentine  creuse,  a  viii  costes,  de  la  gran- 
deur du  fons  de  la  paulme  et  de  la  hauteur  d'une  doye.  Ainsi  de- 
claire  en  la  derreniere  partie  du  xxxiii^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  24G.  —  S  G,  n°  943;  prise  v  sous  t.] 

504.  Item,  deux  yeulx  de  chat  enchastonnez  en  or.  Ainsi  de- 
clare en  la  xi^  partie  du  xxxiiii«  fueillet  dudit  livre. 

Iste  VI  partes  accolate  [499-504]  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robi- 
netum executoribus,  ut  supra.  Et  sit  quittus  hie  de  eisdem. 
[B,  n"  257.  —  S  G,  n°  3oo;  prise  xl  sous  t.] 

505.  Item,  iiii  grans  pieces  de  cristaulx  plates. 

[B,  n"  263.] 

506.  Item,  v  pieces  de  cristaulx,  longues  chascune  du  long  d'un 
dour  (i)  et  d'un  petit  doy  de  large. 

Tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus, 
ut  supra. 

[B,  n"  2G4.  —  S  G,  n°  3oi  ;  prise  xxv  sous  t.] 

(i)  Dour,  dor  ou  doire  :  une  mesure  contcnant  quatre  doigts  et  repre- 
sentee, selon  Nicot,  par  le  poing  serre. 


ANNEALX,   PIERRES,   ETC.,   DES    INVENTAIRES    [fol.  ']']\  14- 

507.  Item,  une  piece  de  cristal  roont,  du  hault  de  trois  doves. 
Ces  in  parties  acolees  [SoS-Soy]  sont  ainsi  declairees  oudit   xxxiin"  fueillet 

dudit  livre. 
[B,  n"  265.  —  S  G,  11°  3o2;  prise  xv  sous  t.] 

508.  Item,  une  petite  branche  de  corail  vermeil.  Ainsi  declaird 

en  la  xii=  partie  du  xxv^  fueillet  dudit  livre. 
[B,  n"  277.  —  S  G,  n°  3o3  ;  prise  v  sous  t.] 

509.  Item,  deux  petites  cornes  de  cerf  volant  ^i),  garnies  au 
bout  d'argent  dore. 

[B,  n°  285.  —  S  G,  n°  1282  ;  non  prisees.] 

5  10.  Item,  une  piece  de  cassidoine  roonde,  creuse,  de  la  hau- 
teur de  trois  doye. 

[B,  n°  289.  —  S  G,  n°  804;  prise  xx  sous  t.] 

5i  I.  Item,  VI  pierres  contre  venin,  hors  oeuvre. 
[B,  n°  293.  —  S  G,  n°  944.] 

5  1 2.  Item,  deux  petites  pierres  crapaudines,  hors  oeuvre. 

Iste  VI  partes  simul  accolate  [5o7-5i2]  reddite  fuerunt,  ut  supra.  Et  sit  qui- 
tus  hie  idem  Robinetus  de  eisdem. 

[B,  n"  294.  —  S  G,  11°  945;  prise,  avec  le  n"  544,  5  sous  t.] 

5 1 3.  Item,  deux  pierres  d'estrange  couleur,  enchassees  en  ar- 
gent. 

Ces  V  parties  acolees  [5o9-5i3]  sont  ainsi  declairees  ou  xxvi"  fueillet  dudit 
livre. 

[B,  n°  296.] 

514.  Item,  v  langues  de  serpens,  enchassillees  en  argent  dore. 
Ainsi  declaire  en  la  derreniere  partie  du  lix'^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n"  5 1 5.  —  S  G,  n"  i233 ;  non  prisees.] 

5 1 5.  Item,  un  camahieu  tout  plat,  quarre.  Ainsi  declaire  en  la 

iin«  partie  du  lxii<=  fueillet  dudit  livre. 

Iste  due  partes  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum,  ut  supra. 
[B,  n°  539.  —  S  G,  n"  946;  prise  xx  sous  t.] 

5  16.  Item,  un  annel  d'or,  ouquel  a  un  camahieu  a  in  demiz 
ymaiges. 

[B,  n»  553.  —  S  G,  n°  3o5  ;  prise  iiii  liv.  t.] 

(i)  On  designe  encore  aujourd'hui  sous  le  nom  de  cerf-volant  ou  d'escar- 
bot  un  gros  scarabee  cornu,  appele  lucane,  dont  le  male  est  arme  de  deux 
cornes  tres  fines  et  tres  dures,  qui  pouvaient  fort  bien  servir  de  cure-dent, 
comme  I'a  suppose  M.  de  Laborde. 


148         ANNEAUX,  PIERRES,   ETC.,  DES    INVENTAIRES    [fol.   ']']  V°] 

517.  Item,  un  autre  annel  d'or,  ouquel  a  un  camahieu  oii  il  a 
deux  chevaux  taillez  at  un  enifant,  et  darrieres  un  yniaige  de 
Nostre  Dame  tenant  son  enffant. 

[B,  n"  554.  —  S  G,  n°  807;  prise  vi  liv.  t.] 

5  1 8.  Item,  un  autre  annel  d'or,  ou  il  a  un  camahieu  d'une  teste 
d'enftant  a  grans  cheveulx. 

[B,  n°  556.  —  S  G,  n°  947;  prise  xxx  sous  t.] 

519.  Item,  une  pierre  estrange  enchassde  en  or,  pendant  a  une 
chaienne  d'or. 

[B,  n°  56o.  —  S  G,  n"  3o8;  prise  xxx  sous  t.] 

520.  Item,  une  pierre  appellee  peridon  (i),  enchassee  en  or. 
[B,  n°  56i.  —  S  G,  n"  3og;  prise  xxx  sous  t.] 

521.  Item,  une  pierre  estrange  en  maniere  d'un  croissant,  non 

garnie. 

[B,  n°  562,  —  S  G,  n°  1234;  non  prisee  et  donnee,  si  comme  on  dit,  a  la 
femrrre  Thevenin  de  Bon  Puis  (2).] 

522.  Item,  une  pierre  garnie  d'or;  au  dessus  a  un  bouton. 
[B,  n"  5G3.  —  S  G,  n"  3io;  prisee  xl  sous  t.] 

523.  Item,  une  pierre  cornue,  garnie  de  lilez  d'argent. 

Iste  viii'°  partes  accolate  [5i6-523]  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius  per 
dictum  Robinetum  executoribus.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 
Ces  VIII  parties  acolees  sont  ainsi  declairees  ou  lxiii'  fueillet  dudit  livre. 
[B,  n°  564.  —  S  G,  n°  948;  prise  v  sous  t.] 

524.  Item,  trois  grosses  pommes  de  bericle. 

[B,  n°  570.  —  S  G,  n°  3 1 1 ;  prise  lx  sous  t.] 

525.  Item,  une  autre  pomme  moindre  de  bericle. 
[B,  n°  571.  —  S  G,  11°  3i2  ;  prise  xx  sous  t.] 

526.  Item,  une  autre  petite  pomme  de  bericle. 
[B,  n°  572.  —  S  G,  n"  3i3;  prise  x  sous  t.] 

527.  Item,  un  autre  bericle  fait  en  guise  d'une  tronipe. 
[B,  n"  573.  —  S  G,  n°  949;  prise  11  sous  vi  den.  t.] 

528.  Item,  un  saphir  ou  il  a  une  teste  d'omme,  garni  d'argent. 
Ces  V  parties  acolees  sont  ainsi  declairees  ou  lxiiii"  fueillet  dudit  livre. 
[B,  n"  574.  —  S  G.  n°  gSo;  prise  xxx  sous  t.] 

(i)  Voy.  ci-dcssus  la  note  de  I'art.  490. 

(2)  La  femme  de  Thevenin  de  Bonpuits  s'appelait  Denisette.  (\'oy.  Tuetey, 
Journal  d'un  bourgeois  de  Paris,  p.  63.) 


ANNEAUX,   PIERRES,  ETC.,  DES  INVENTAIRES    [fol.   78]  I49 

529.  Item,  une  piece  de  cassidoine  blanc  ouvre  a  oiseaulx  et 

fueillages,  pendant  a  un  laz. 
[B,  n°  6o3.  —  S  G,  n°  gSi;  prise  xxx  sous  t.] 

530.  Item,  deux  coquilles  de  perles. 
[B,  n"  607.  —  S  G,  11°  952  ;  prise  xx  sous  t.] 

53  I .  Item,  une  autre  coquille  en  maniere  de  limacon. 
[B,  n"  608.  —  S  G,  n°  g53  ;  prise  x  sous  t.] 

532.  Item,  une  piece  de  coraii  vermeil. 

Ces  III!  parties  acolees  sont  ainsi  declairees  ou  lxvi"  fueillet  dudit  livre. 
[B,  n°  610.  —  S  G,  n°  314;  prise  xxv  sous  t.] 

533.  Item,  deux  langues  de  serpent  qui  sont  d'une  saliere, 
declairees  en  la  iiii<=  partie  du  nii^^  vine  fueillet  ensuivant. 

Iste  x"""  partes  accolate  [524-533]  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius  per 
dictum  Robinetum  executoribus.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus 
de  eisdem. 

[S  G,  n"  954;  prise  v  sous  t.] 

534.  Item,  une  autre  langue  de  serpent  (i),  qui  est  d'un  ovier 
d'argent;  declaire  en  la  vi«  partie  dudit  iiii'^^  viii^  fueillet. 

[B,  n°  798.  —  S  G,  n"  i235;  non  prisee.] 

535.  Item,  vii  anneaulx  a  pierres  crapaudines,  xvii  langues  de 
serpens  et  une  piece  de  coraii,  qui  sont  de  deux  espreuves  declai- 
rees es  vii^  et  viii=  parties  dudit  ini''''  viii^  fueillet. 

[S  G,  n"  955;  prise  vi  liv.  t.] 

536.  Item,unviezanneld'or,  oiiilaune  teste  de  camahieu.  Ainsi 
declaire  en  la  penultieme  partie  du  iiii''''  xv^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  882.  —  S  G,  n°  956;  prise  iiii  liv.  t.] 

537.  Item,  plusieurs  pieces  d'ambre  en  une  cassete  de  hois. 

Ainsi  declaire  en  la  v^  partie  du  c''  fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  n"  1286;  non  prisees.] 

538.  Item,  deux  cosses.  Tune  de  prasmed'esmeraude  (2)  et  I'au- 

(i)  On  a  dit  que  la  langue  de  serpent  est  une  pierre  verdatre.  EUe  passait 
pour  reveler  le  poison  dans  les  aliments  ou  les  boissons.  Aussi  en  trouve-t- 
on  un  grand  nombre  dans  les  inventaires.  II  y  en  avait  a  demeure  dans  les 
salieres;  mais  pourquoi  en  placer  dans  les  oviers  ? 

(2)  Le  terme  prasme,  proesme  ou  prisme  d'emeraude  designerait,  d'apres 
Douet  d'Arcq  {Inventaire  des  joyaux  de  la  Coiironne  de  1418,  n"  79),  des 
pierres  dc  qualite  inferieure.  Littrc  dit  que  la  prime  d'emeraude  est  un 
cristal  de  roche  colore,  ce  qui  revient  au  meme. 


I  5o        ANNEAUX,   PIERRES,   ETC.,  DES    INVENTAIRES    [fol.    78    V"] 

tre  de  nacle  de  perlc,   qui  furent  d'un  collier  d'or  en  faijon  de 
chaienne.  Ainsi  declaire  en  la  iii^  partie  du  clxxvi^  fueillet  dudit 

livre. 

[S  G,  n°  634 ;  prise  vi  liv.  t.] 

539.  Item,  deux  pieces  d'agathe  plates,  longuetes  sur  le  roont, 
en  fagon  de  fons  de  cuvete,  I'une  plus  petite  que  I'autre,  qui  sont 
d'une  saliere  declairee  en  la  ni«  partie  du  ii^  xxvif  fueillet  du  livre 
desdiz  comptes  precedens.  Pour  ce  icy  lesdictes  deux  pieces 
d'agathe. 

Tradite  et  redditc  fuerunt  per  dictum  Rohinetum  Parisius  executoribus, 
ut  supra  [534-539.] 

[S  G,  n°  957;  prise  lx  sous  t.] 

540.  Item,  de  deux  bassins  d'or  esmaillez  par  dedens  tres  ri- 
chement,  chascun  de  v  preuzes  (i)  de  rouge  cler,  declairez  en 
la  11=  partie  du  ii^  mixx  ye  fueillet  du  livre  desdiz  comptes  pre- 
cedens, est  demourc  chargie  Icdit  Robinet  d'Estampes  desdiz 
esmaulx,  comme  il  appert  par  I'arrest  mis  sur  ladicte  partie. 
Pour  ce  icy  dix  pieces  d'esmaulx  desdictes  preuzes  et  dix  pieces 
d'esmaulx  desdix  preux. 

Licet  dictus  Robinetus  sit  oneratus  super  ii"*'  parte  11'  iiii"  v"  folii  compo- 
torum  suorum  precedentium  de  decern  esmaulx,  dictarum  decern  probarum 
dumtaxat,  tamen,  faciendo  correctionem  de  diciis  compotis  precedentibus 
cumpresenti  super  isto  articulo,  magister  Michael  Maillardi,  clericus  joca- 
lium  dicti  domini  Ducis,  testifficatus  fuit  quod  in  dictis  pelvibus  erant,  ultra 
dictum  numerum  decern  probarum,  alii   decern  esmaulx   de  decem  probis 


(i)  Aux  neuf  preux  legendaires  choisis  par  tiers  dans  I'histoire  sacree, 
rhistoire  ancienne  et  I'histoire  moderne,  le  moyen  age  donna  en  pendant, 
vers  la  fin  du  xiv"  siecle,  les  preuses  recrutces  dans  la  mythologie  et  surtout 
parmi  les  Amazones  celebres.  Les  noms  pas  plus  que  le  nombre  de  ces 
heroines  ne  furent  jamais  bien  arretes.  Dans  I'inventaire  des  tapisseries  de 
Charles  VI  (n-  i5i,  i5-2  ct  i53),  figurent  trois  tapis,  aux  amies  du  due  de 
Berry,  sur  lesquels  sont  representees  les  dix  preuses,  les  memes  probable- 
ment  qui  etaient  retracees  sur  les  bassins  d'or  emaille.  Ces  dix  preuses, 
pour  lesquelles  le  due  Jean  semble  avoir  eu  un  faible  particulier,  qu'il 
avait  peut-etre  choisies  lui-meme,  se  nommaient  sur  les  tapisseries  Dei- 
phile,  Argentine,  Synoppe,  Hippolyte,  Thamaris,  Teucra,  Penthasilee,  Me- 
nalipe,  Semiramis,  Lampheto.  II  est  d'autant  plus  necessairc  de  signaler 
ici  ces  tapisseries  des  preuses  aux  armes  de  Berry  qu'il  n'en  est  pas  fait 
mention  sur  le  seul  des  trois  inventaires  du  prince  ou  sont  consignees  ses 
tentures.  Ajoutons  que  les  preuses  ne  paraissent  pas  avoir  ete  I'objet  d.e 
recits  litteraires  comme  les  preux. 


ANNEAUX,   PIERRES,   ETC.,   DES    INVENTAIRES   [fol.   79]  l5l 

viris.  Et  ideo  oneratur  hie  idem  Robinctus  dc  xx''  csmaulx,  ct  corrigitur  in 
dictis  suis  precedentibus  compotis  quoad  dictos  x  esmaulx  x  probarum. 

Dicti  xx''  esmaulx  redditi  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  execu- 
toribus.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinctus  de  eisdem. 

[S  G,  n"   1 1 83;  prise  vii'  xxxi  liv.  v  sous  t.] 

541.  Item,  une  grant  coquille  de  perles,  qui  est  d'une  salliere, 
declairee  en  la  premiere  partie  du  iw^  xxiiF  fueillet  ensuivant. 

[S  G,  n"  958;  prise  xx  sous  t.] 

542.  Item,  un  grant  doublet  quarre,  contrefait  de  couleur  de 

saphir,  assis  en  un  culet  d'or,  lequel  Monseigneur  a  fait  faire. 

Queratur  si  inveniri  possit  in  compotis  precedentibus,  quia  non  fuit  inven- 
tus faciendo  correctionem  de  ipsis  cum  prescnti. 

[S  G,  n"  633;  prise  xvi  liv.  t.J 

543.  Item,  deux  grans  pieces  d'esmaulx  plates  et  quarrees,  tres 

richement  esmaillees,  qui  sont  d'uns  grans  tableaux  d'or  et  bien 

pesans  en  fa^on  d'un  livre,  esmaillez  par  dedens  tres  richement. 

Declarez  en  la  iiF  partie  du  vi^^  xnii^  fueillet  dudit  livre.  Pour 

ce  icy  lesdictes  deux  pieces  d'esmaulx. 
[S  G,  n"  1 184;  prise  viir  liv.  t.] 

544.  Item,  un  petit  cristal  creux,  qui  est  du  reliquiere  d'un 

ymaige  d'or  de  la  Magdalene  declarde  en  la  ii^  partie  du  cini'^x 

xv^  fueillet  dudit  livre.  Pour  ce  icy  le  cristal  non  garni. 
[S  G,  n"  3i3;  prise  xx  sous  t.,  vendu  xxii  sous  vi  den.  t.] 

545.  Item,  un  autre  cristal  creux,  goderonne,  qui  est  d'une  sa- 
liere  declairee  en  la  in'  partie  du  in^  lxiii'  fueillet  ensuivant.  Pour 

ce  icy  ledit  cristal. 

Iste  quinque  partes  accolate  [541-543]  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius 
per  dictum  Robinetum  executoribus,  ut  supra. 

[S  G,  n°  939;  prise  xl  sous  t.] 


AUTRES    PARTIES    DESDIZ    INVENTOIRES,  QUI    SONT    DE    NULLE    OU 
PETITE     VALEUR. 

546.  Item,  pluseurs  pierres  et  caillos  de  diverses  couleurs,  qui 
sont  de  petite  valeur.  Ainsi  declaire  en  la  iiii'  partie  du  xxvii' 
fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  1 53.  —  S  G,  n"  1237;  non  prises.] 

Omnes  partes  presentis  capituli  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius  execu- 


I  52  OBJETS    DE    PETITE    VALEUR    [fol.    79    vo] 

tioni  dicti  domini  Ducis  per  dictum  Rohinetum.  Et  ideo  idem  Robinetus  ac- 
qiiittatur  hie  de  eisdem. 

547.  Item,  un  caillou  ou  il  a  une  croix  blanche  parmy. 

[B,  n"  202.  —  S  G,  n°  i238;  non  prise.] 

548.  Item,  une  pierre  blanche  tachee  de  blanc. 

Ces  II  parties  acolees  [547-548]  sont  ainsi  declairees  ou  xxx"  fueillet  du- 
dit  livre. 

[B,  n"  2o3.  —  S  G,  n"  1239;  non  prisee.] 

549.  Item,  deux  petites  pieces,  du  gros  d'une  noix,  de  mine  ( i ) ; 
et  a  en  ycelles  pluseurs  voinnes  de  fin  or. 

[B,  n'  248.  —  S  G,  n"  1240;  non  prisees.] 

550.  Item,  une  autre  piece  moindre,  de  mine  d'or. 
[B,  n°  249.  —  S  G,  n°  1241 ;  non  prisee.] 

55  I .  Item,  une  autre  piece  de  mine  d'argent. 
[B,  no  25o.  —  S  G,  n°  1242;  non  prisee.] 

552.  Item,  une  piece  de  mine  d'or. 

[B,  n"  258.  —  S  G,  n°  1243;  non  prisee.] 

553.  Item,  un  caillou  en  facon  d'un  oeuf. 

[B,  n°  259.  —  S  G,  n"  1244;  non  prise.] 

554.  Item,  un  autre  caillou  noir  longuet. 
[B,  n"  260.  —  S  G,  n°  1 245 ;  non  prise.] 

555.  Item,  un  petit  os  grenete,  en  fa^on  d'un  petit  collier. 
[B,  n°  261.  —  S  G,  no  1246;  non  prise.] 

556.  Item,  une  pierre  sur  couleur  de  jaspre. 

Ces  VIII  parties  acolees  [549-556]  sont  ainsi  declairees  ou  xxxiiii'  fueillet 
dudit  livre. 

[B,  n"  262.  —  S  G,  n«  1247;  non  prisee.] 

557.  Item,  une  petite  coquille  de  lymai;:on.  Ainsi  declaire  en  la 
v^  partie  du  xxxV  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n"  271.  —  S  G,  11°  1248;  non  prisee.] 

558.  Item,  deux  grans  dens  de  sengler  (2).  Ainsi  declaire  en  la 

xni"  partie  dudit  xxxV  fueillet. 

[B,  n"  278.  —  S  G,  11°  1240;  non  prisees.] 

(i)  Ce  sont  prohahlement  dcs  fragments  de  mineral  d'or  et  d'argent  con- 
serves a  titre  de  curiosite  naturellc. 

(2)  Les  defenses  de  sanglier  n'ayant  pas  une  origine  mystcrieuse  comme 
les  cornes  d'unicorne  ou  les  langues  de  serpent,  aucune  vertu  particuliere 
ne  leur  est  attribuee.  On  les  conserve  a  litre  de  curiosite,  surtout  quand  elles 
atteignent  une  dimension  exceptionnelle. 


OBJETS    DE    PETITE   VALEUR    [fol.    8o]  I  53 

559.  Item,  un  aguillon  d'un  pore  espic  (i).  Ainsi  declaire  en 
la  11"  partie  du  xxxvi^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  no  284.  —  S  G,  no  i25o;  non  prise.] 

560.  Item,  unc  empraincte  de  plont,  ou  est  le  visaige  de  Fran- 
9oys  de  Carrare  en  un  coste,  et  en  Tautre  la  marque  de  Fade  (2). 

[B,  no  287.  — S  G,  n"  i25i;  non  prisec] 

56 1.  Item,  xxxv  pierres  de  diverses  fagons  et  couleurs,  de  pe- 
tite valeur,  hors  «uvre. 

Ces  deuxparties  acolees  [56o-56i]  sont  ainsi  declairecs  oudit  xxxvr  fueillet. 
[B,  no  292.  —  S  G,  no  I252  ;  non  prisecs.] 

562.  Item,  une  grant  maschouere  de  serpent. 
[B,  no  309.  —  S  G,  no  i253;  non  prisecs.] 

563.  Item,  une  pierre  en  facon  de  poire. 

Ces  deux  parties  acolees  [562-563]  sont  ainsi  declairees  a  la  fin  du  xxxvii' 
fueillet  dudit  livre. 
[B,  no  3io.  —  S  G,  no  1254;  non  prisee.] 

564.  Item,  deux  pommes  de  voirre,  en  Tunc  desquelles  a  au- 
dedens  un  crucelix,  et  en  I'autre  un  homme  et  une  femme  jouans 
aux  eschaz. 


(i)  Encore  un  ohjet  conserve  a  titrc  de  curiosite  naturelle.  On  sait  que  le 
moyen  age  attribuait  au  pore  epic  la  faculte  de  lancer  ses  aiguillons  a  ceux 
qui  I'attaquaient,  croyance  qui  a  donne  naissance  a  la  devise  de  Louis  XII : 
Comimis  et  emimis.  M.  de  Laborde  dit  que  ce  dard  etait  employe  a  fabriquer 
la  brochette  servant  dans  la  toilette  a  tracer  la  raie  des  cheveux. 

(2)  On  a  signale  plus  haut  (p.  71)  la  dissertation  de  M.  Friedlaender, 
ancien  directeur  du  cabinet  des  medailles  de  Berlin,  sur  les  plus  anciennes 
nnedailles  italiennes.  Or  le  present  article  56o,  en  apparence  bien  insigni- 
tiant,  contient  la  confirmation  formelle  des  hypotheses  du  savant  allemand. 
L'empreinte  en  plomb  decrite  ici  et  qui  figure  dans  le  premier  inventaire 
du  due  de  Berry  (1401),  qui  par  consequent  reproduit  une  piece  anterieure 
au  quinzieme  siecle,  portait,  d'un  cote,  le  portrait  de  F'ran(;ois  de  Carrare, 
de  I'autre,  la  marque  de  Fade  ou  de  Padoe  (inventaire  B),  c'est-a-dire  le  nom 
de  la  ville  de  Padoue.  La  seule  medaiUe  des  seigneurs  de  Carrare  a 
laquelle  cette  designation  puisse  s'appliquer  est  celle  de  Fran(;ois  II  de 
Carrare  dont  le  revers  presente  cette  inscription  en  lettres  gothiques  : 
«  1390  .  DIE  .  19  .  JUNu  .  RECUPERAViT  .  Paduam.  »  Sur  ks  autrcs  pieces 
signalees  par  M.  Friedlaender,  puis  par  M.  Armand,  dans  ses  Medail- 
lein-s  italiens  (tome  II,  page  16,17  et  tome  III,'p.  i56),  le  mot  de  Padoue  ne 
parait  pas.  Ainsi,  les  conjectures  de  M.  Friedlaender  sur  la  date  des  me- 
dailles des  seigneurs  de  Carrare  se  trouvent  pleinement  confirmees  par 
notre  inventaire. 


I  54  OBJETS    1)K    PETITE    VALEUR    [fol.    8o    V°] 

Radiatur,  quia  de  ipsis  acquittatur  dictus  Robinetus  in  penultima  parte 
Lxii  folii  conipotorum  suorum  precedeiitium,  causa  ibidem  declarata. 
En  effet  cet  article  est  biffe  sur  le  manuscrit. 
[B,  n"  548.] 

565.  Item,  une  flour  de  lis  d'ambre. 

[B.  n"  597.  —  S  G,  n"  960;  prise  xx  sous  t.] 

566.  Item,  deux  grans  boutons  d'ambre  estans  en  une  leecte 
avecques  petites  boistes  d'yvoire. 

[B,  n"  599.  —  S  G,  n"  9G1 ;  prises  xxv  sous  t.] 

567.  Item,  un  sac  de  cuir  ou  dedens  a  pluseurs  menues  pier- 
res  de  la  riviere  du  Puy  (i). 

Ces  III  parties  acolees  [bG5-56j]  sont  ainsi  declairees  ou  lxvi"  fueillet  du- 
dit  livre. 
[B,  n°  609.  —  S  G,  n°  3  16;  prise  iiii  liv.  t.] 

568.  Item,  une  piece  d'un  os  noir,  fait  en  guise  d'une  broche 
poinctue  et  creuse  dedens. 

[B,  n°  616.  —  S  G,  n"  962;  prise  v  sous  t.] 

569.  Item,  V  dens  de  senglier. 

[B,  n°  617.  —  S  G,  n"  q63 ;  prise  vi  sous  lu  den.  t.] 

570.  Item,  un  os  d'un  oisel  tres  legier. 

[B,  no  618. —  S  G,  n"  12 53;  «ncant  prise,  lequel  est  en  I'Dstel  Thevenin  de 
Bon  Puis.  »] 

571.  Item,  une  masselliere  (2)  de  giant  (3),  estant  en  un  estui  de 
cuir. 

[B,  no  619.  —  S  G,  n"  12  56  :  n  neant  prisee,  et  est  en  I'ostel  dudit  Thevenin 
de  Bon  Puis  ».] 


(i)  On  trouve  encore  dans  les  montagnes  volcaniques  de  I'Auvergne  dcs 
roches  contenant  des  cristaux  de  saphirs  et  d'amethystes.  M.  Labarte  {In- 
vent, de  Charles  F^p.gS),  a  remarque  que  les  habitants  du  Puy  se  livraient 
a  la  recherche  des  saphirs  il  n'y  a  pas  bien  longtemps.  Les  inventaires 
du  moyen  age  font  souvent  mention  de  saphirs  du  Puy  (Voy.  Invent,  des 
joyanx  de  la  couronne  de  141 S,  n°^  207,  3o3,  325,  36o).  M.  de  Laborde 
pense  que  le  saphir  du  Puy  est  la  pierre  qui  a  re?u  le  nom  de  disthene^  pierre 
d'un  bleu  celeste,  mais  peu  estimee,etant  assez  commune. 

(2)  a  Messeliere  ».  —  Invent.  B,  n"  619. 

(3)  Les  dents  machelieres  sont  les  molaires.  D'apres  Littrc,  le  mot  mais- 
sellier  serait  encore  usite  en  ce  sens  dans  le  Berry.  II  s'agit  sans  doutc  sim- 
plement  d'une  molaire  d'elephant  ou  d'hippopotame,  consideree,  en  raison 
de  sc§  dimensions,  comme  provenant  de  la  machoire  d'un  geant. 


OBJETS    DE    PETITE    VALEUR    [fol.    8l]  l55 

572.  Item,  une  petite  poche  de  toille,  ou  il  a  pluseurs  pieces  de 
gest. 

Ces  V  parties  acolees  [568-572]  sont  ainsi  declairees  ou  lvh'  fueillet  dudit 
livre. 
[B,  n"  625.  —  S  G,  n"  964;  prise  x  sous  t.] 

573.  Item,  un  petit  sac  de  toille,  oil  il  a  pluseurs  pierres  d'am- 
bre  et  de  gest. 

[B,  n"  632.  —  S  G,  n^  ^65;  prise  x  sous  t.] 

574.  Item,  XVI  petites  pieces  d'ambre,  que  blanc  que  autres,  de 
diverses  famous,  avec  un  annel  d'ambre  blanc. 

Ces  deux  parties  acolees  [573-574]  sont  ainsi  declairees  ou  lxviii'  fueillet 
dudit  livre. 

[B,  n°  640.  —  S  G,  n"  966;  prise  v  sous  t.] 


PIERRES    DE    PLUSEURS    MANIERES,  TANT    EN    ANNEAULX    ET    HORS 
(EUVRE,    COMME    AUTREMENT,    ACHATEES    PAR    MONSEIGNEUR 

575.  Item,  un  saphir  citrin  quarre,  hors  oeuvre,  que  Monsei- 
gneur  a  eu  de  Jehan  Boistel,  orfevre  demourant  a  Paris. 

[S  G,  n"  635;  prise  xx  liv.  t.] 

Omnes  partes  presentis  capituli  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius  per 
dictum  Robinetum  executorihus.  Et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  de  eis- 
dem. 

576.  Item,  une  teste  taillee  en  une  pierre  appellee  ycle  (i),  la- 
quelle  mondit  Seigneur  retint  pour  lui  de  pluseurs  joyaulx  et  au- 
tres choses  que  Barthelemy  Rust,  marchant  demourant  a  Paris, 
lui  delivra  et  vendi,  tant  pour  la  teste  et  joustes  faictes  a  Bour- 
ges(2]  le  XXI"  et  xxii"  jours  d'avril  I'an  mil  GCCG  et  V  apres  Pas- 
ques,  que  autrement,  et  cousta  xxx  fr. 


(i)  M.  de  Laborde  n'a  rencontre  le  mot  ycle  que  dans  I'inventaire  du  due 
de  Berry  et  n'a  pu  trouver  une  explication  satisfaisante  de  ce  terme. 

(2)  Certains  tournois  ont  laisse  un  souvenir  dans  les  chroniques  contem- 
poraines,  telles  que  les  joutes  de  Saint-Denis  qui  eurent  lieu  en  1389,  lors 
de  la  reception  du  due  d'Orleansdans  I'ordre  de  la  chevalerie  (Voy.  Clironique 
du  Religieux  de  Saint-Denis,  t.  i,  liv.  x,  chap,  i  et  11,  p.  586-599),  et  les 
joutes  de  Saint-Inglevert  representees  sur  une  tenture  souvent  designee 
dans  les  inventaires  sous  le  nom  de  Tapis  Boucicaut,  du  nom  du  heros  qui 


I  56  PIERRES    ACHETEES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.   8 1    Vo] 

Ces  deux  parties  acolees  [SyS-SyG]  sont  ainsi  declairees  ou  clxxvi"  fueillet 
dudit  livre. 

[S  G,  n«  1 1 7 1 ;  prise  x  liv.  t.] 

577.  Item,  un  annel  d'or  ou  il  a  une  teste  d'ours  faicte  de  cassi 
doine  blanc,  et  a  Fun  des  costes  a  une  esmeraude,  et  a  Tautre  un 
cuer  de  dyament,  lequel  Monseigneur  achata  de  Baude  de  Guy, 
aux  estraines    mil   CCCC    et  VI,  pour   le   pris   et    somme   de 
Lx  escus  d'or. 

[S  G,  n°  636;  prise  x  liv.  t.] 

578.  Item,  un  annel  d'or,  ouquel  a  un  demi  saint  Jehan  Bap- 
tiste  fait  de  cassidoine,  que  Monseigneur  achata  d'un  tailleur  de 
pierrerie  appelle  Cerveil,  pour  le  pris  de  xvi  escus  d'or  comp- 
tans. 

K.  —  Datus  fuit  abbati  de  Bruges  (i)  per  mandatum  super  ultima  parte 
Lxxv"folii  hujuscompoti  redditum.  Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus 
de  eodem. 

Ces  II  parties  acolees  [577-578]  sont  ainsi  declairees  ou  11''  iiii"  1°  fueillet. 

579.  Item,  un  grenat  taillie  en  maniere  d'une  flour  de  lis,  assis 
en  un  annel  d'or,  que  Monseigneur  achata  de  Baude  de  Guy,  aux 
estrainnes  I'an  mil  CCCC  et  VIII,  pour  le  pris  et  somme  de 
VI  escus. 

[S  G,  11°  637;  prise  xl  sous  t.] 

580.  Item,  un  annel  d'or  oil  il  a  une  agathe  blanche  et  raiee, 
laquelle  Monseigneur  achata  de  Constantin  de  Nicolas,  le  xxni' 
jour  d'avril  I'an  mil  CCCC  et  VI,  pour  le  pris  et  somme  de 
XV  frans,  a  lui  lors  pakz  comptans  par  Baude  de  Guy. 

[S  G,  n»  638;  prise  iiii  liv.  t.] 


s'illustra  dans  cette  lutte.  Les  joiites  de  Bourges  ont  eu  moins  de  retentisse- 
ment.  On  voit  par  ce  passage  qu'elles  eurent  lieu  les  21  et  22  avril  1405.  Les 
chroniques  contemporaines  n'en  font  pas  mention.  D'un  article  de  compte, 
publie  par  M.  Fevret  de  Saint-Memin  a  la  suite  d'un  rapport  sur  les  restes 
des  monuments  de  I'ancienne  Chartreuse  de  Dijon,  [Memoires^  de  la  Com- 
mission des  Antiqidtes  du  departement  de  la  Cote-dOr,  annees  1842-46, 
p.  66),  il  resulte  que  Jean  Sans-Peur  prit  pour  embleme  le  rabot  a  i'occa- 
sion  des  joutes  faites  a  Compiegne  en  juin  1405. 

(i)  Est-ce  I'abbaye  d'Eechout  situce  dans  les  environs  de  Bruges.' EUc 
avaita  sa  tete  en  1415  Lambert  II  Hauschilt  ou  Anschilt  qui  executa  des 
travaux  importants. 


PIERRES    ACHETEES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    82    V^]  iSj 

58 1.  Item,  un  grant  grenat  taillie  en  maniere  d'une  croix  dou- 
ble, hors  oeuvre,  que  Monseigncur  achata  ja  piet^a  de  Ponon  le 
Large,  la  somme  de  xxv  frans. 

[S  G,  n"  639;  prise  xl  sous  t.] 

582.  Item,  un  annel  d'or  oil  il  a  une  pierre  de  chapon  (i)  tachee 
de  blanc  et  de  rouge. 

[S.  G,  n°  640;  prise  iiii  iiv.  t.] 

583.  Item,  deux  beaux  camahieux  taillez.  Tun  en  fa^on  d'un 
homme  nu,  de  ni  doiz  de  long,  et  I'autre  taille  en  faijon  d'un  vi- 
saige  de  femme,  de  la  grandeur  de  plain  posse  (2);  lesquelx  Mon- 
seigneur  achata  de  Michiel  de  Bolduc. 

[S  G,  a"  3  17;  prise  iiii"  Iiv.  t.] 

584.  Item,  un  grant  annel  d'argent  dore  ou  11  a  un  grant  saphir 
citrin  plat  a  vni  costes. 

Iste  anulus  datus  fuit  de  ordinacione  dominorum  exccutorum  Bitturis 
episcopo  de  Domnances  (3),  occasione  certorum  serviciorum  divinorum  per 
eum  factorum  apud  Bitturicas  et  alibi  pro  anima  dicti  domini  Ducis,  prout 
in  inventario  facto  Bitturis  plenius  habetur  mencio.  Et  ideo  dictus  Robi- 
netus  de  eodem  acquittatur. 

Ces  VI  parties  acolees  [579-584]  sont  ainsi  declairees  ou  ir  mi"  11"  fueil- 
let  dudit  livre. 

[S  G,  n»  1257;  non  prise.] 

585.  Item,  un  annel  d'or  ou  il  a  une  teste  d'un  viez  homme 

d'une  pierre  jaune. 

Iste  alter  anulus  redditus  fuit  Parisius,  cum  aliis  quinque  partibus  imme- 
diate sequentibus  [585-59o],  per  dictum  Robinetum  executoribus,  ut  supra. 
[S  G,  n"  641;  prise  vi  iiv.  t.] 

586.  Item,  un  autre  annel  d'or  ou  il  a  une  pierre  roonde  et 
noire,  tachee  en  maniere  d'une  estoille. 

[S  G,  n"  642;  prise  vi  Iiv.  t.] 

(i)  D'apres  M.  de  Laborde,  la  pierre  de  chapon  serait  une  pierre  extraite 
du  gesier  d'un  chapon,  a  laquelle  etait  attribuee  quelque  vertu  magique. 
Cette  explication  ne  nous  satisfait  guere;  mais  il  est  difficile  d'en  proposer 
une  plus  acceptable. 

(2)  C'est-a-dire  de  la  grandeur  d'un  pouce  entier. 

(3)  Ce  passage  veut-il  designer  Georges  II,  evfique  de  Domno  en  Dalmatie 
(episcopus  Dumnensis),  de  1412  a  1419,  qui,  chasse  par  les  Turcs,  aurait 
trouve  asile  aupres  du  due  de  Berry?  II  n'y  a  guere  d'autre  eveche  auquel 
cette  designation  puissc  s'appliquer  (Voy.  Gams,  Series  episcopovum  ecclesice 
Catholicce,  Ratisbonne  1873,  in-4). 


I  58  PIERRES    ACHETEES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    83] 

587.  Item,  uii  autre  annel  d'or  ou  il  a  un  camahieu  taillie  en 
semblance  d'une  teste  d'un  viez  homme. 

Ces  in  parties  acolees  [585-587]  sont  ainsi  declairees  ou  m"  Liir  fueillet 
dudil  livre. 

[S  G,  11°  643;  prise  vui  liv.  t.] 

588.  Iteni,  un  bien  petit  camahieu  oil  il  a  d'un  des  costez  un 
bien  petit  ymaige,  et  de  Tautre  coste  deuxymaiges,  garni  et  pen- 
dant a  une  petite  chaiennete  d'or.  Ainsi  declaire  en  la  iii^  par- 
tie  du  iii'^  Liiii^  fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  nt>  644;  prise  vi  liv.  xv  sous  t.] 

589.  Item,un  grant  saphir  citrin,du  gros  de  plain  poing,sur  le 
long,  a  pluseurs  costes,  pertuisie  au  long,  pendant  a  un  laz;  le- 
quel  est  avenu  a  Monseigneur  depuis  les  comptes  precedens. 

[S  G,  no  3 18;  prise  xx  liv.  t.] 

590.  Item,  une  petite  pierre  vert,  plate  et  escripte,  garnie  d'un 
filet  d'or  entour;  laquelle  est  avenue  a  mondit  Seigneur  depuis 
lesdiz  comptes  precedens. 

[S  G,  no  967;  prise  xxv  sous  t.] 


AUTRES   PIERRES  DE    PLUSEURS   MANIERES,  TANT   EN   ANNEAULX  ET  HORS 
(EUVRE,    COMME    AUTREMENT,    DONNEES    A   MONDIT    SEIGNEUR. 

591.  Item,  une  fleur  de  lis  faicte  d'un  grenat,  assise  en  un  annel 
d'or,  qui  fu  donne  a  estraines  a  Monseigneur  le  premier  jour  de 
Janvier  I'an  mil  CCCC  et  un. 

Ista  pars  tradita  et  rcddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executo- 
ribus,  ut  supra.  Et  sit  quittus  hie. 
[S  G,  no  645;  prise  xl  sous  t.] 

592.  Item,  une  jacincte  (i)  roonde,  assise  en  un  annel  d'or  tout 
plain,  que  Baude  de  Guy  donna  a  mondit  Seigneur  le  xi-^  jour  de 
fevrier  I'an  dessusdit  mil  CCCC  et  I. 


(i)  Le  tcrme  hyacinthe  s'appliquerait  plutot,  d'apres  M.  de  Laborde,  a  une 
nuance  qu'a  une  pierre  speciale.  On  designerait  ainsi  soit  le  grenat,  soit  le 
corindon,  soit  la  topaze,  ou  d'autres  pierres  encore,  quand  elles  afFectent  un 
ton  rouge  orange  ou  brun  rougeatre,  et  meme,  suivant  Littre,  une  couleur 
jaune  de  miel. 


PIERRES    DONNKES    A    MONSEIGNEUR    [fol.    84]  I  5q 

Iste  lapis  datus  fuit  per  dominum  Duceni  domino  archiepiscopo  Bitturi- 
censi,  prout  constat  per  litteras  dicti  domini  Ducis  datas  vii"  die  maii 
M  CCCC  XV°,  superius  redditas.  Et  ideo  idem  Robinetus  acquittatur  hie. 

Ces  deux  parties  acolees  [Sgi-Sga]  sont  ainsi  declairees  ou  11'  xxiiii"  fueil- 
let  diidit  livre. 

593.  Item,  une  pierre  serpentine  roonde,  garnie  d'or,  pendant 
a  une  chaienne  d'or,  en  laquelle  est  la  devise  de  Lermite  de  la 
Faye  (i)  qui  la  donna  a  mondit  Seigneur  ou  mois  de  fevrier  I'an 
mil  CCCC  et  III. 

Redditus  fuit  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum.  Et  ideo  acquit- 
tatur hie  idem  Robinetus. 

[S  G,  no  968;  prise  viii  liv.  t.] 

594.  Item,  une  pierre  contre  venin,  appellee  bauzar(2),  garnie 
d'or,  pendant  a  trois  petites  chaiennes  d'or,  que  le  mareschal 
Boussicaut(3)  envoia  en  don  a  Monseigneur  ou  mois  de  novem- 
bre  I'aa  mil  CCCC  et  II II. 

Iste  lapis  redditus  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum,  et  postmodum  da- 
tus de  ordinacione  executorum  domino  constabulario  Francie  domino  co- 
miti  d'Armignac.  Et  sic  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

[S  G.  n"  1 307;  non  prisee.] 

595.  Item,  un  camahieu  assis  en  un  annel  d'or  esmaillie  a  ours 

(i)  Lhermite  de  la  Faye  etait  senechal  de  Beaucaire  et  chambellan  du  roi 
de  France.  II  fut  charge  a  plusieurs  reprises  par  le  Roi  de  missions  de  con- 
fiance  {Chronique  du  Religieux  de  Saint-Denis,  II,  697;  III,  5i3;  V,  81).  Cf. 
no  694  ci-dessous. 

(2)  Le  bauzar  ou  bezoard  est  une  concretion  calculeuse  formee  dans  I'es- 
tomac,  les  intestins  ou  les  voies  urinaires  des  hommes  et  des  animaux.  II 
passait  pour  un  contre-poison  efficace.  Le  bezoar  etait  encore  employe  dans 
la  medecine  au  milieu  du  xvii°  siecle.  Dans  sa  lettre  du  10  octobre  1648, 
Guy  Patin  confond  dans  la  meme  reprobation  ce  bezoar  et  son  ennemi  in- 
time,  Eusebe  Renaudot,  le  Gazetier,  comme  il  I'appelle  avec  mepris.  «  Get 
homme,  ajoute-t-il,  n'est-il  pas  bien  ignorant  de  nous  dire  que  le  Roy  a  gueri 
apres  avoir  pris  du  bezoar...  » 

(3)  Jean  II  Le  Meingre,  comte  de  Beaufort,  plus  connu  sous  le  nom  de 
Boucicaut,  devint  marechal  de  France  le  2  3  decembre  1391  et  niourut  en 
captivite  en  142 1.  Son  pere,  qui  portait  aussi  le  nom  de  Boucicaut,  s'etait 
illustrepar  le  defi  qu'il  adressa,en  1390,  a  tous  les  chevaliers  d'Angleterre  et 
par  les  luttes  qu'il  soutint  pendant  un  mois,  du  20  mars  au  20  avril,  contre 
tous  ceux  qui  se  presenterent  pour  le  combattre  a  Saint-Inglevert.  Ce  fait 
d'armes  eut  un  immense  retentissement.  II  fut  celebre  dans  un  poeme  pu- 
blic par  M.  le  baron  Jerome  Pichon,  et  represente  sur  une  tapisserie  exe- 
cuteepour  Charles  VI  avant  1396,  generalement  connue  a  cette  cpoque  sous 
le  nom  de  Tapis  Boucicaut.  Voy.  ci-dessus  la  note  de  I'art.  576. 


l6o  PIERRES    DONNEKS    A    MONSEIGNEl'R    [fol.   84  V^] 

et  florettes,  que  maistre  Gieffroy   de   Damart  donna  a  Monsei- 
gneur  ou  mois  d'avril  I'an  mil  CCCC  et  deux. 

Ista  pars  reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus,  ut 
supra. 

[S  G,  11°  646;  prise  xlv  sous  t.] 

596.  Item,  un  annel  d'or  ou  il  a  une  pierre  en  maniere  de  sa- 
phir,  escript  a  I'entour  de  lettres  grecques  (i),  que  le  seigneur  de 
Partenay  (2)  envoya  en  don  a  monseigneur  le  Due  ou  moys  de 
may  ran  mil  CCCC  etV. 

597.  Item,  un  autre  annel  d'or,  ou  il  a  entour  iiii  petites  pier- 
res,  que  ledit  seigneur  de  Partenay  envoia  en  don  a  mondit  Sei- 
gneur oudit  moys  de  may  mil  CCCC  et  V. 

Isle  anuius  rcdditus  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus,  ut 
supra. 

[S  G,  no  G47;  prise  xxv  sous  t.] 

598.  Item,  un  annel  d'or,  ou  il  a  un  ours  de  pierre  serpentine, 
que  le  roy  de  Navarre  donna  a  mondit  Seigneur  le  xvi''  jour  de 
decembre  I'an  dessusdit  mil  CCCC  et  V. 

K.  —  Datus  fuit  regi  Anglic  (3)  per  mandatum  Domini  super  sexta  parte 
Lxx""'  folii  hujus  compoti  redditum ;  virtute  cujus  dictus  Robinetus  acquit- 
tatur  hie  de  eodem. 


(i)  L'inventaire  contient  de  nombreuses  mentions  de  joyaux  portant  des 
inscriptions  grecques,  quelquefois  traduites  (voy.  art.  200).  Les  comptes  du 
due  de  Berry  renferment  plusieurs  articles  trahissant  la  vive  sollicitude  du 
due  pour  tous  les  Grecs  qui  se  presentaient  a  sa  cour.  En  voici  quelques 
exemples  :  «A  ung  povre  evesque  de  Gresse,  le  10  juillet  iSgg,  67  sous  6  de- 
niers  tournois. »  (Arch.  Nat.  KK  254,  fol.  19).  —  kA  ung  Grec,  pour  don  a  lui 
fait  par  mond.  Seigneur  pour  Dieu  et  en  aumosne,  le  2  3  mars  140 1,  4  livres 
tournois.))  [Ibid.,  fol.  108  v").  —  «  1416:  AJehaume  la  Viarde,  demourant  a 
Paris,  pour  revestir  Elexi  Cleriot,  povre  home  grec,  8  liv.  t. ;  ))  (Compte  des 
executeurs  testamentaires  SG,  L  f  54,  fol.  262). —  II  y  a  plus,  le  due  de  Berry 
entretenait  des  relations  directes  avec  I'empereur  de  Constantinople,  comme 
le  prouve  I'article  suivant  :  «  A  Mondun  Morel,  chevaucheur  de  M^"',  pour  ses 
«  frais  et  despens  en  alant  de  Paris  en  Lombardie  porter  lettres  de  par 
«  mond.  Seigneur  a  I'Empereur  de  Constantinople,  2  5  escus;  4  avril  140 1.  » 
(KK  254,  fol.  69).  Et  ce  n'est  pas  le  seul  fait  de  ce  genre  dont  on  ait  la 
mention. 

(2)  Jean  I'Archeveque,  seigneur  de  Parthenay,  senechal  de  Poitou,  joua 
un  certain  role  dans  les  negociatiojis  engagees  entre  le  due  de  Berry,  le  roi 
de  France  et  le  due  de  Bourgogne  en  1410  et  141 1.  (Voy.  Clironiqite  du 
Religieux  de  Saint-Denis,  IV,  343,  357,  ^^  ••) 

(3)  Henri  V  qui  monta  sur  le  trone  d'Angleterre  le  20  mars  141 3. 


PIERRES    DONNEES    A    MONSEIGNEUR    [fol.   84   V^]  161 

599.  Item,  un  autre  annel  d'or  ou  il  a  un  camahieu  taillie  en 
fa9on  d'un  ours,  et  deux  petis  grains  d'esmeraude  aux  costez,  que 
ledit  roy  de  Navarre  donna  a  mondit  Seigneur  ledit  xvi"  jour  de 
decemhre  Tan  dessusdit  mil  CCCC  et  V. 

Iste  anulus  redditus  fuit  Parisius  per  dictum  Rohinctuni,  ut  supra. 
[S  G,  no  648;  prise  vr  liv.  xv  sous  t.] 

600.  Item,  un  annel  ou  il  a  une  pierre,  dont  Joseph  espousa 
NostreDame,si  comme  disoit  la  dame  de  Saint-Just  (i)  qui  donna 
ledit  annel  a  mondit  Seigneur  aux  estrainnes,  le  premier  Jour  de 
Janvier  Tan  dessusdit  mil  CCCC  et  V. 

Iste  anulus  redditus  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus,  ut 
supra. 

Ces  via  parties  acolees  [SgS-Goo]  sont  ainsi  declarees  ou  11°  xxv"  fueillet 
dudit  livre. 

[S  G,  n"  i3o8;  non  prise.] 

601.  Item,  un  annel  d'or  ouquel  a  deux  ours  de  cassidoinne, 
et  dessoubz  une  esmeraude,  et  dessus  une  flour  de  lis  de  saphir, 
et  ou  milieu  un  hien  petit  grain  de  ruby,  lequel  annel  ainsy  garni 
la  femmc  maistre  Regnier  de  Boullegny  (2)  donna  a  Monseigneur 
aux  estrainnes,  le  premier  Janvier  I'an  mil  CCCC  et  VI. 

[S  G,  n"  649;  prise  iin  liv.  x  sous  t.] 


(i)  Antoinette  de  Beaufort,  fille  de  Raymond-Louis,  comte  de  Beaufort  et 
d'AIais,  vicomte  de  Turenne,  et  de  Marie  d'Auvergne,  dite  de  Boulogne, 
morte  en  i388,  qui  avait  apporte  en  mariage  la  baronnie  de  Saint-Just,  en 
Champagne.  Antoinette  de  Beaufort  epousa,  en  iSgS,  Jean  le  Meingre,  dit 
Boucicaut,  11°  du  nom.  Sa  grand-mere,  Jeanne  de  Clermont,  dame  de  Saint- 
Just,  etait  la  tante  de  Jeanne  de  Bourgogne  que  le  roi  Jean  epousa,  en  1349, 
apres  la  mort  de  Bonne  de  Luxembourg,  sa  premiere  femme,  mere  du  due 
de  Berry. 

(2)  Regnier  de  Boullegny,  clerc  et  secretaire  du  due  de  Berry,  parait  avoir 
ete  tres  avant  dans  ses  faveurs.  Un  mandement  du  14  juillet  1408  lui  alloue 
une  somme  de  1,000  ecus  d'or  pour  acheter  une  maison  a  Saint-Cloud; 
mais  cette  somme  n'etait  pas  encore  payee  en  1413.  (Arch.  Nat.,  KK  25o, 
fol.  40  v".)  A  la  Noel  de  141 2,  c'est  un  pourpoint  de  fin  drap  noir  de 
Lucques,  coutani  6  ecus  I'aune,  que  Regnier  re(;oit  du  Due  {Ibidem,  fol.  46). 
La  meme  annee,  il  est  gratitie  de  «  draps  de  fine  escarlatte  vermeilie  de  Bru- 
xelles  pour  une  robe  et  un  chaperon  »,  et  encore  de  3oo  martres  de  Prusse 
pour  fourrer  une  robe  {Ibidem,  fol.  54  v").  Ce  personnage,  qui  prend  parfois 
le  titre  de  tresorier  de  France  avec  celui  de  secretaire  du  due  de  Berry,  fut 
accuse  par  I'Universite  de  Paris  de  s'etre  enrichi  d'une  maniere  malhonnete. 
(Voy.  Chroniqiie du  Religieiix  de  Saint-Denis,  t.  IV,  p.  jSi.) 


1 62  PIERRES    DONNEES    A    MONSEIGNEUR    [fol.    85] 

602.  Item,  un  annel  d'or  ou  il  a  deux  testes  d'ours,  Tune  d'uii 
balay  et  I'autre  de  cassidoinne  blanc,  un  cuer  de  saphir  a  I'uu 
des  costez,  et  a  I'autre  coste  une  esmeraude  roonde,  que  mon- 
seigneur  le  conte  d'Eu  donna  a  estrainnes  a  mondit  Seigneur,  le 
premier  jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCC  et  VII. 

Iste  due  partes  [601-602]   tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum 
Robinetum  executoribus,  ut  supra.  Et  ideo  idem  Robinetus  acquittatur  hie. 
[S  G,  n"  764;  prise  vi  iiv.  t.] 

603.  Item,  un  autre  annel  d'or  ou  il  a  une  teste  d'ours  faicte 
de  cassidoinne  blanc,  et  a  I'un  des  costez  une  flour  de  marguerite 
faicte  d'esmeraude,  et  a  I'autre  un  V.  de  saphir;  lequel  fu  donne  a 
mondit  Seigneur  ausdictes  estrainnes  mil  CCCC  et  VII. 

Iste  anulus  redditus  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum,  ut  supra. 
[S  G,  n"  65o;  prise  iiii  Iiv.  x  sous  t.] 

604.  Item,  un  annel  d'or  ou  il  a  une  teste  d'un  viez  homme  a 
grans  cheveux  et  barbe,  faicte  de  camahieu,  lequel  fu  donne  a 
mondit  Seigneur  auxdictes  estraiiines  mil  CCCC  et  VII. 

605.  Item,  un  tres  bon  oeil  de  chat  assis  en  un  annel  d'or,  que 
Poulain  (i)  donna  a  mondit  Seigneur,  ou  mois  de  may  I'an  mil 

CCCC  et  VIII. 

Iste  occulus  datus  fuit  per  dominum  Ducem  domino  cardinali  de 
Barro,  ut  constat  per  mandatum  dicti  Domini  datum  xix'  die  februarii 
M  CCCC  XIIIIo,  superius  redditum.  Et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  de 
eodem. 

606.  Item,  un  annel  d'or  ou  il  a  un  camahieu  fait  a  la  sem- 
blance du  visaige  de  Monseigneur,  dont  le  col  est  de  balay;  le- 
quel annel  ainsi  garni  fu  donnd  a  mondit  Seigneur  aux  estrain- 
nes, le  premier  jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCC  et  VIII,  par  mon- 
seigneur le  due  de  Bourbonnois,  lors  conte  de  Clermont. 

Ista  pars,  cum  aliis  quatuor  partibus  in  alia  pagina  sequentibus  [606-610], 
reddite  et  tradite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus,  ut 
supra.  Et  sit  quittus  hie  de  eisdem. 

[S  G,  n"  65 1  ;  prise  vi  Iiv.  t.] 

607.  Item,  une  amatiste  ou  il  a  un  demi  ymaige  cnleve  qui  fu 

(i)  Un  Jean  Poulain,  garde  des  finances  du  due  de  Touraine,  est  charge, 
le  2  Janvier  141 1,  de  payer  le  prix  de  I'acquisition  du  comte  de  Longue- 
ville  par  ledit  due  de  Touraine.  (Voy.  Douet  d'Arcq,  Choix  de  pieces  ine- 
dites,  t.  I,  p.  108.) 


PIERRES    DONNEES    A    MONSEIGNEUR    [fol.    86]  I  63 

prinse  ou  grant  tableau  d'or  de  haute  taille  que  le  Roy  donna  le 
premier  jour  de  Janvier  mil  CCCC  et  V. 

[S  G,  n"  652;  prise  vi  liv.  t.] 

608.  Item,  un  grant  prasme  d'esmeraude  ou  il  a  d'un  coste 
une  gesine  de  Nostre  Dame,  et  de  Tautre  coste  un  ymaige  de 
Nostre  Dame  et  deux  autres  ymaiges,  que  le  Roy  donna  a  Mon- 
seigneur. 

[S  G,  n"  653;  prise  xxii  liv.  x  sous  t.] 

609.  Item,  une  pierre  longuete  et  roonde,  garnie  d'or,  ou  il  a 
escript  :  Deus  homo  f actus  est,  pendant  a  un  laz ;  laquelle  feue 
madame  de  Saint-Just  dessusdicte,  que  Dieux  absoille,  donna  a 
mondit  Seigneur. 

[S  G,  no  3ig;  prise  xlv  sous  t.] 

610.  Item,  une  loupe  de  saphir  toute  roonde,  de  petite  valeur, 
assise  en  un  annel,  que  Pannier  donna  a  mondit  Seigneur,  aux 
estrainnes  mil  CCCC  et  IX. 

Ces  X  parties  acolees  [601-610]  sont  ainsi   declarees  ou  lu"  xx"  et  m'  xxi" 
fueillez  dudit  livre. 
[S  G,  n°  654;  prise  xxx  sous  t.] 

61 1.  Item,  un  annel  d'or  ouquel  est  le  visaige  de  monseigneur 
le  Due  contrefait  d'une  pierre  de  camahieu,  lequel  monseigneur 
le  conte  de  Eu  donna  a  mondit  Seigneur  aux  estrainnes,  le  pre- 
mier jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCC  et  XII ;  et  n'est  point  rendu 
en  recepte  es  comptes  precedens. 

Iste  anulus  redditus  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum,  ut  supra. 
[S  G,  n"  655;  prise  vi  liv.  t.] 

612.  Item,  un  autre  annel  d'or  ouquel  a  un  ours  de  saphir  sur 
une  terrace  d'esmeraude,  lequel  monseigneur  de  Jailligny,  grant 
maistre  d'ostel  du  Roy,  donna  a  mondit  Seigneur  ausdictes  es- 
trainnes mil  CCCC  et  XII;  et  n'est  point  rendu  en  recepte  es 
comptes  precedens. 

K.  —  Datus  fuit  per  Dominum  consiliario  suo  magistro  Michaeli  Bovis  per 
mandatuni  suum  traditum  supra  ii"'"  parte  ci  folii  hujus  compoti;  virtute 
cujus  dictus  Robinctus  acquittatur  hie  dc  codem. 


164  VAISSELLE   DES    INVENTAIRES    [fol.   87] 


VAISSELLE    ET   MITRES    CHOSES,  TANT   D  OR    ET   1)  ARGENT 
COMME  AUTREMENT,  POUR  PANNETERIE,  QUI  SONT  DESDIZ  INVENTOIRES, 

61 3.  Item,  une  grant  nef  d'argent  dore,  qui  fu  de  feu  monsei- 
gneur  d'Estampes,  assise  sur  un  chastel  estant  sur  un  pie  esmail- 
lie  de  vi  esmaulx  aux  armes  de  monscigneur  le  Due  (i);  et  est  le 
corps  de  ladicte  nef  escript  de  lettres  grecques  et  esmaillie  de 
X  esmaulx  ausdictes  armes,  et  dessus  les  deux  bouz  a  deux  chas- 
teaulx,  en  cliascun  un  lion  emmantelle,  esmaillie  ausdictes  armes; 

pesant  xxxvii  marcs  v  onces  x  esterlins. 

[B,  n»  57.] 

Dicta  navis  tradita  et  reddita  fuit  Parisius,  immediate  post  obitum  dicti 
domini  Ducis,  per  dictum  Robinetum  executoribus,  et  postmodum  per  ordi- 
nacionem  dictorum  executorum  inventoriata  et  vendita  cum  alia  vassella  alba 
et  deaurata  in  numero  viii'  iiii'"'  xiiii  marcarum  v  onciarum  obol. ;  precium 
cujus  traditum  fuit  per  dictam  ordinationem,  in  summa  vi"'  ix"  xxxiii  lib. 
VII  sol.  VI  den.  t.,  Johanni  Lebourne,  commisso  ad  hoc  ex  parte  dictorum 
executorum,  convertendum  in  obsequiis  et  funeralibus  et  in  aliis  necessi- 
tatibus  dicte  execucionis,  prout  plenius  constat  per  dictum  inventarium  sub 
sigillo  Castelleti  factum,  ccrtificacionem  dictorum  executorum  dicto  inven- 
tario  alligatam,  et  per  litteram  recognitoriam  dicti  Lebourne,  datam  xxvi 
junii  M  CCGC  XVI°,  per  quam  confessus  est  recepisse  dictam  summam.  Et 
ideo  de  eadem  navi  idem  Robinetus  acquittatur  hie  super  dictum  Lebourne, 
ad  computandum  de  dictis  vi'"  ix"  xxxiii  lib.  vii  sol.  vi  den.  t. 

614.  Item,  VI  tranchouers  quarrez,  d'argent,  dorez;en  chascun 
a  un  escu(;on  taillie  aux  armes  de  Monseigneur;  pesant  vi  marcs 
IIII  onces  V  esterlins. 

Reddita  et  tradita  fucrunt  per  dictum  Robinetum  executioni  dicti  domini 
Ducis;  convertendum  in  facto  exccutionis  dicti  domini  Ducis.  Et  ideo  de  eis- 
dem  idem  Robinetus  acquittatur  hie. 

Ces  II  parties  acolees  [613-G14]  sont  ainsi  dcclairees  ou  xviii"  fueillet  du- 
dit  livre. 

[S  G,  n"  320;  neant  cy  pour  ce  que  ledit  commis  en  a  fait  rccepte  ou 
compte  des  funerailles.] 

61  5.  Item,  une  nef  d'argent  dore  qui  siet  sur  deux  ours,  et  sur 

(i)  Get  objet,  dccrit  ii  I'inventairo  B  sous  le  n^  57,  portait  alors  les  armes 
du  donatcur,  le  comte  d'Etampes,  que  le  due  de  Berry  tit  enlever  et  rem- 
placer  par  les  siennes,  comme  cela  rcsultc  d'une  note  marginale  dudit 
invenlaire  i-5. 


VAISSELLE   DES    INVENTAIRES    [fol.    87  V^]  I  65 

chascLin  bout  de  ladicte  nef  a  un  ymaige  tenant  un  escu^on  aux 
amies  de  mondit  Seigneur,  pesant  xxix  marcs  vii  onces  v  ester- 
lins.  Ainsi  declairee  en  la  vi'=  partie  dudit  xxni^  fueillet  dudit  livre. 

Reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus  et  vendita,  prout 
in  prima  parte  iiujus  capituii  •  [constat] ;  precium  cujus  receptum  fuit  per 
Johannem  Lebourne,  in  summa  vi"  ix°  xxxiii  lib.  vii  sol.  vi  den.  t.,  prout  in 
dicta  prima  parte  superius;quare  super  dictum  Lebourne  ad  computandum, 
ut  supra. 

[B,  no  1 1 3.] 

616.  Item,  une  saliere  de  cristal,  garnie  d'argent,  en  laquelle 
souloit  avoir  des  reliques ;  declairee  en  la  xi"  partie  du  xxvii"  fueil- 
let du  livre  desdiz  comptes  precedens.  Pour  ce  icy  seulement  la- 
dicte saliere. 

[B,  n"  160.  —  S  G,  n"  121  ;  prise  lx  sous  t.] 

617.  Item,  une  saliere  ou  il  a  un  heri^on  de  mer  (i),  et  dessus 
une  branche  de  corail,  garnie  de  langues  de  serpens,  assise  sur 
un  pie  d'argent  dore;  pesant  ensemble  in  marcs  et  demi. 

[B,  no  3 1 3.  —  S  G,  no  322  ;  prisee  xv  liv.  t.,  vendue  xvi  liv.  t.] 

618.  Item,  une  salliere  de  lignum  allocs  (2),  en  fai^on  de  lozange, 
garnie  d'or  et  de  petites  perles,  et  par  dessus  a  un  arbre  de  co- 
rail  a  petites  branches  et  fueilles  d'or  en  fa(;on  de  chesne,  ou  il  a 
pluseurs  glans  de  licorne,  et  en  la  tige  dudit  arbre  a  un  petit 
ours  d'or  montant  contremont  I'arbre ;  pesant  tout  ensemble 
I  marc  vin  esterlins. 

Iste  tres  partes  accolate  [616-618]  reddite  et  tradite  fuerunt  Parisius  per 
dictum  Robinetum  executoribus.  Et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  hie. 

Ces  II  parties  acolees  [617-618]  sont  ainsi  declairees  ou  xxxviir  fueillet  du- 
dit livre. 

[B,  n"  314.  —  S  G,  no  g6g ;  prise  lx  liv.  t.] 

(1)  L'oursin  ou  herisson  de  mer  a  des  formes  assez  variables.  Le  plus  com- 
mun,  dit  Littre,  a  I'apparence  d'un  bouton  ou  d'un  turban. 

{2)  Rapprochez  de  cet  article  celui  qui  se  trouve  dans  VInventaire  des 
joyaiix  de  la  Couronne  de  1418  :  «  Un  hanap  de  linon  allouez,  et  sont  les 
bandes  de  la  cuve  dudit  hanap  et  du  couvecle  esmaillees  des  armes.de  mon- 
seigneur  de  Berry,  et  est  le  souage  dud.  hanap  poin^onne  a  orbevoyes  sans 
pierrerie,  ct  est  le  fretelet  dud.  couvecle  d'un  saphir  et  de  trois  perles  de 
compte  bructes,  environne  de  trois  glans  et  de  trois  pommectes  d'or.  Et  le 
donna  au  Roy  nostredit  seigneur  de  Berry  au  voyage  de  Languedoc.  Et  poise 
tout  ensemble  six  marcs  une  once.  »  (Douet  d'Arcq,  Choix  de  pieces  ine'dites, 
t.  II,  p.  284.  —  Cf  le  no  709  du  present  inventaire.) 


1 66  VAISSELLE    DES    INVENTAIRES    [fol.    88] 

619.  Item,  une  espreuve  d'or,  ou  il  a  pluseurs  langues  de  ser- 
pens, licorne  et  autres  pierres  centre  le  venin,  pendans  a  chaien- 
netes  d'or;  pesans  ensemble  i  marc  iii  onces  xv  esterlins.  Ainsi 
declare  en  la  premiere  partie  du  xxxix«  fueillet  dudit  livre. 

Ista  pars  reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum,  ut  supra. 
[B,  n°  323.  —  S  G,  11°  656;  pesant  ensemble  i  marc  11  onces  xviii  esterlins 
ct  demi,  prise  lxxv  liv.  t.] 

620.  Item,  VI  tranchouers  roons,  d'argent,  dorez,  dont  les  v 
sont  du  nombre  de  vi  dont  est  faicte  mencion  en  I'arrest  mis  sur 
la  11=  partie  du  xxxix-^  fueillet  dudit  livre,  et  I'autre  est  declaire  en 
la  iii*^  partie  du  cnii^^  et  1*=  fueillet   ensuivant.  Pour  ce  icy  les- 

diz  VI  tranchouers. 

Ista  VI  scinsoria  reddita  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executo- 
ribus  et  vendita,  prout  in  prima  parte  hujus  capituli  arrestatur;  et  precium 
traditum  Johanni  Lebourne  in  summa  vi"  ix"  xxxin  lib.  vii  sol.  t.,  ut  in  dicta 
prima  parte;  et  idco  super  dictum  Lebourne. 

[Cf.  B,  n«  324]. 

621.  Item,  une  cuillez  d'or  a  courte  queue,  esmaillee  par  la 
queue  auxarmes  de  feu  monseigneur  d'Estampes;  pesant  i  once 
et  demie.  Ainsi  declairee  en  la  iiii'^  partie  dudit  xxxix<^  fueillet. 

Ista  pars  cum  ix  aliis  partibus  immediate  sequentibus  reddite  et  tradite 
fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et  ideo  idem  Robine- 
tus  acquittatur  hie  de  eisdem. 

[B,  n"  326.  —  S  G,  n"  756;  prise  x  liv.  t.] 

622.  Item,  une  nef  de  cristal  ouvree,  garnie  d'argent  dore,  a 
deux  serpens  volans,  les  elles  esmaillees,  et  siet  sur  un  pie  de 
ma^onnerie;  pesant  tout  vii  marcs  11  onces  xv  esterlins. 

[B,  n°  509.  —  S  G,  n"  970;  prise  xl  liv.  t.] 

623.  Item,  une  salliere  de  cristal  avec  le  couvercle,  estant  sur 
un  serpant  volant,  a  une  teste  d'enffant,  et  vers  la  queue  une  teste 
d'omme,  et  y  fault  une  aile;  scant  sur  un  pie  esmaillie  de  plu- 
seurs ymaiges  et  bestes;  garnie  alentour  avecques  le  couvercle 
depierrerie  de  petite  valeur;  pesant  iiii  marcs  iii  onces  et  demie. 

[B,  n"  5 10.  —  S  G,  n"  971  ;  prise  xxxii  liv.  t.] 

624.  Item,  une  saliere  d'une  pierre  serpentine  garnie  d'or,  le 
couvercle  couronne,  et  un  fretelet  fait  de  fueilles  esmaillees  de 
blanc  et  de  rouge  cler;  pesant  i  marc  mi  onces  v  esterlins. 

[B,  n"  3u.  —  S  G,  n"  323;  prise  xl  liv.  t.] 


VAISSELLE    DES    INVENTAIRES    [fol.    88    V^]  167 

625.  Item,  une  branche  de  corail  vermeil,  scant  sur  un  pie 
d'argent  dore,  en  laquelle  a  pluscurs  langues  de  serpens;  et  siet 
ledit  pie  sur  quatre  serpens  volans;  pesant  tout  v  marcs  ii  onces 

V  esterlins. 

[B,  11°  5 1 3.  —  S  G,  n°  324;  prise  xxx  liv.  t.] 

626.  Item,  une  autre  branche  de  corail  vermeil,  ou  il  a  pluseurs 
langues  de  serpens,  assis  sur  une  roche,  a  un  palliz  treille  en- 
tour;  par  dessus  un  pie  d'argent  dore  ou  il  a  entour  fueillages 
d'cnleveure;  pesant  in  marcs  vn  onces. 

Ccs  V  parties  acolccs  [622-62ri]  sont  ainsi  declarees  ou  lix"  fueillet  dudit 
livre. 

[B,  n"  514.  —  S  G,  n"  325;  neant  cy  pour  ce  que  ledit  commis  en  a  fait 
recepte  ou  compte  des  funerailles]. 

627.  Item,  une  broche  de  cristal,  garnie  d'or,  pour  nienger 
frezes  (i),  en  laquelle  a  v  perles. 

[B,  n"  558.  —  S  G,  n°  326 :  prise  x  liv.  t.] 

628.  Item,  une  autre  broche  de  cristal,  garnie  d'argent. 

Ces  II  parties  acolees  [627-628]  sont  ainsi  declairees  ou  LXiir  fueillet  dudit 
livre. 

[B,  n"  559.  —  S  G,  n"  072;  prise  xx  sous  t.] 

629.  Item,  une  broche  d'argent  dore,  en  laquelle  a  deux  cornes 

de  serpens  (2). 

[B,  n"  6i3.  —  S  G,  n»  973;  prise  xl  sous  t.] 

630.  Item,  une  corne  entiere  d'une  unicorne. 

[B,  n"  614.  —  S  G,  no  327;  prise  11"  liv.  t.] 

(i)  L'usage  de  cet  instrument  montre  a  quel  degre  s'etaient  developpes  le 
luxe  de  la  table  et  la  recherche  dans  le  service  a  une  epoque  qu'on  est 
•  encore  trop  porte  a  considerer  comme  a  moitie  barbare.  A-t-on  rien  imagine 
de  plus  ingenieux  et  de  plus  raffine  que  ces  broches  de  cristal  pour  piquer 
les  fraises?  (Voyez,  dans  le  Glossaire  des  emaiix,  I'article  consacre  aux  bro- 
ches a  rotir  le  fromage.)  II  nous  parait  bien  difficile  d'admettre  que  des 
gens  assez  delicats  pour  employer  des  ustensiles  speciaux  a  manger  les 
fraises,  ne  fissent  pas  emploi  de  fourchettes  pour  porter  les  viandes  a  leur 
bouche.  Qu'on  rapproche  du  present  article  les  n°=  646,  656,  657,  659,  on 
verra  que  la  fourchette  n'etait  pas  si  rare  qu'on  le  dit  generalement  a  la 
fin  du  XIV°  siecle. 

(2)  On  ne  sait  trop  cc  qu'on  designait  par  le  terme  de  cornes  de  serpent. 
Est-ce  un  objet  qui  servait  aux  epreuves,  comme  les  langues  de  serpent 
ou  la  corne  d'unicorne?  S'agit-il  simplement  d'une  curiosite  naturelle  du 
regne  animal  ou  mineral  ?  Les  points  de  comparaison  manquent  pour  don- 
ner  une  explication  satisfaisante. 


I  68  VAISSELLE   DES    INVKNTAIRES    [fol.    89] 

63 1 .  Item,  une  piece  de  corne  d'une  unicorne. 

Dicta  pecia  unicornu  data  fuit  per  dominum  Ducem  pluribus  suis  servi- 
toribus,  ut  constat  per  litteras  dicti  Domini  datas  vii'  die  maii  M  CCCC  XV, 
superius  redditas.  Et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  de  eadcm. 

Ces  III  parties  acolees  [62g-63i]  sont  ainsi  declairecs  ou  i.xvii'  fucilict 
dudit  livre. 

[B,  n"  61 5]. 

632.  Item,  une  autre  grant  saliere  d'une  agathe,  garnie  d'or,  et 
sur  le  pie  et  couvercle  a  esmaulx  de  pelite  garniz  de  pierrerie, 
c'est  assavoir  :  de  vi  halais,  deux  gros  saphirs,  iiii  esmeraudes, 
V  petis  balaisseaux,  v  petis  saphirs,  xxxvi  grosses  perles,  lxvi  me- 
nues  perles;  et  sur  le  couvercle  de  ladicte  saliere  a  un  fretelet 
garni  d'un  gros  balay  cabochon  glaceux  et  de  vi  grosses  perles, 
lequel  balay  en  avoit  este  oste  et  mis  en  un  grant  joyau,  dont 
mencionest  faicte  es  ii^  lvii,  ti^  lvhi  et  n'^  lix  fueillez  du  livre  des 
comptes  precedens.  Pour  ce  icy  ladicte  saliere  ainsi  faicte  et 
garnie,  comme  dit  est,  pesant  xvi  marcs  in  onces;  laquelle  est 
declairee  en  la  premiere  partie  du  ini'^^  vii^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n°  785.  —  S  G,  n»  771;  prisee  iiii"  escus,  vendue  v"  111"=  liv.  t.] 

633.  Item,  une  nef  d'argent  dore,  assise  sur  un  pie  de  mac^on- 
nerie,  ou  il  a  deux  angels  couronnez,  faiz  en  guise  de  serenes,  a 
nil  levriers  ;  et  est  le  fons  de  ladicte  nef  de  cassidoinne;  et  sur 
les  deux  bouz  a  en  chascun  un  chastel,  sur  I'un  desquielx  est 
Sanson  fortin  (i);  pesant  tout  ensemble  lvii  marcs  iiii  onces. 
Ainsi  declairee  en  la  iii<=  partie  dudit  1111^^=  vii^  fueillet  dudit  livre. 

[B,  n"  787.  —  S  G,  no  974;  prise  V=  lxxv  liv.  t.] 

634.  Item,  un  galiot  d'argent  dore,  seant  sur  une  branche  de 
corail,  ou  il  a  un  pie,  esmaillie  aux  armes  de  Monseigneur, 
seant  sur  iiii  angels  jouans  de  pluseurs  instrumens,  et  est  le 
voile  de  corail,  et  y  a  pluseurs  langues  de  serpens;  pesant  tout 

xiiii  marcs  11  onces. 

Iste  tres  partes  accolate,  cum  duodecim  aliis  partibus  immediate  sequen- 
tibus  [632-644],  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum 
executoribus.  Et  ideo  idem  Robinetus  acquittatur  de  eisdem. 

[B,  n°  790.  —  S  G,  n"  328;  prise  vi"  liv.  t.] 

(i)  Le  fort  Samson.  Rapprochez  1 'article  182  de  VInveutairc  de  Charles  V : 
«  Un  Sanson  fortin  d'or,  assis  sur  un  lyon...  »  et  les  art.  1/31  et  2692  du 
mSme  inventaire. 


VAISSELLE   DES    INVENTAIRES    [fol.   QO]  169 

635.  Item,  vi  tranchouers  quarrez  d'argent,  dorcz,  bourdez  sur 
le  roont  tout  enlentour;  pesant  viii  marcs  vi  onces  x  esterlins. 

[B,  n°  791.  —  S  G,  n"  329;  neant  cy  pour  ce  que  ledit  commis  en  a  fait 
reccptc  ou  compte  ties  funerailles.] 

636.  Item,  une  grant  salliere  d'argent,  doree,  assise  sur  un  pie 
de  ma^onnerie  esmaillie  a  petis  arbresseaulx,  seant  sur  in  lions; 
et  est  le  fons  de  ladicte  salliere  de  jaspre  vert;  pesant  tout  en- 
semble XII  marcs  v  onces. 

[B,  n"  yc)2.  —  S  G,  n°  973;  prise  c  liv.  t.] 

637.  Item,  une  autre  salliere  d'argent,  doree,  oil  il  a  sur  le  pie 
III  bestes  sauvaiges  a  demiz  hommes  jouans  de  instrumens;  et 
est  ladicte  salliere  d'une  coquille  de  perles,  et  le  couvercle  esmail- 
lie d'ymaiges;  pesant  tout  vi  marcs  in  onces  xvii  esterlins  obole. 

[B,  n»  793.  —  S  G,  n"  976;  prise  l  liv.  t.] 

638.  Item,  une  autre  salliere  d'une  coquille  deperle,  seant  sur 
un  pie  d'argent  dore  ;  et  sur  le  couvercle  a  un  bouton  esmaillie 
de  bleu;  pesant  n  marcs  x  esterlins. 

[B,  n"  794.  — S  G,  n°  33o;  prise  xii  liv.  t.] 

63g.  Item,  une  salliere  d'argent,  doree,  a  trois  cristaulx,  et  en- 
tour  trois  couronnes,  et  ou  milieu  un  petit  escu^on  aux  armes 
de  nionseigneur  d'Estampes,  duquel  elle  fu ;  pesant  n  marcs 
nil  onces  ii  esterlins  obole. 

[B,  n"  795.  —  S  G,  no  33i  ;  prise  xvi  liv.  t.] 

640.  Item,  une  autre  salliere  a  pie,  d'argent,  doree,  ou  il  a  une 
branche  de  corail  dessus,  et  iiii  petis  escu(;ons  aux  armes  de  Mon- 
seigneur  et  deux  petites  langues  de  serpens;  pesant  i  marc 
VII  onces. 

[B,  n"  797.  —  S  G,  no  977;  prise  xv  liv.  t.] 

641.  Item,  une  espreuve  d'argent,  doree,  d'ancienne  fa^on, 
en  laquelle  a  une  branche  d'argent  dore,  ou  sont  pluseurs  langues 
de  serpent,  et  pendent  plusieurs  pierres  a  chaiennes ;  pesant 
IX  marcs  i  once. 

[B,  n"  801.  —  S  G,  no  332;  prise  lx  liv.  t.] 

642.  Item,  une  autre  espreuve  d'argent  dore,  assise  sur  un  pie 
cizelle  a  pluseurs  ymaiges,  et  a  dessus  une  branche  garnie  de 


170  VAISSELLE    DES    INYEXTAIRES    [fol.    Ql] 

langues  de  serpens  et  d'escucons  aux  armes  de  pape  Gregoire; 
pesant  v  marcs  11  onces  xv  esterlins. 
[B,  n»  802.  —  S  G,  n°  978;  prise  xl  liv.  t.] 

643.  Item,  un  arbre  d'une  espreuve  d'argent  dore,  garni  de 
langues  de  serpens  et  de  pluseurs  pierres;  et  en  y  fault  pluseurs; 
et  n'a point  depie  ledit  arbre;  pesant  v  marcs  n  onces  et  demie. 

[B,  n°  8o3.  —  S  G,  n°  <)70;  prise  xxxii  liv.  t.] 

644.  Item,  une  grant  langue  de  serpent,  garnie  d'argent  et  de 
petite  pierrerie. 

Ces  XI  parties  acolees  [634-644]  sont  ainsi  declairees  es  iiii"  vii,  iiiii"  viii 
et  mi"  IX*  fueillez  dudit  livre. 
[B,  n"  804.  —  S  G,  n°  gSo;  prise  xx  sous  t.] 

645.  Item,  deux  cuilliers  d'or,  dont  Tune  a  la  queue  torse  et 
seignee  d'un  I  par  darriere;  pesant  toutes  deux  ensemble 
II  onces  II  esterlins  et  obole. 

[B,  n°  879.  —  S  G,  n"  333;  prise  xvi  liv.  t.] 

646.  Item,  une  petite  cuiller  et  une  forchete  avec  une  curedent 
d'or  (ij;  pesant  ensemble  xix  esterlins. 

Ces  deux  parties  acolees  [645-646]  sont  ainsi  declairees  ou  iiii"  x\"  fueil- 
let  dudit  livre. 

[B,  n"  880.  —  S  G,  n°  334;  prise  viii  liv.  t.] 


VAISSELLE  ET  AUTRES  CHOSES ,  TANT  DOR  ET  D  ARGENT  COMME 
AUTREMENT,  POUR  LADICTE  PANNETTERIE,  ACHATEES  PAR  MON- 
SEIGNEUR 

647.  Item,  une  petite  salliere  de  cassidoine,  seant  sur  un  pie 
d'or  en  maniere  d'un  lis,  le  couvercle  couronne,  et  sur  le  frete- 
let  a  un  balay  et  trois  perles ;  laquelle  salliere  Monseigneur  list 

(1)  Ici,  nous  avons  un  cure-dents  avec  cuiller  et  fourchette.  L'article  656 
signale  un  cure-oreilles  faisant  partie  d'un  convert  de  table.  On  trouve  dans 
le  Glossaire  de  Gay  trois  dessins  de  cure-dents  et  de  cure-oreilles  de  date 
assez  ancienne.  Les  plus  anciennes  mentions  d'objets  de  cette  nature  on^ 
ete  relevees  dans  VInventaire  de  Charles  V.  Rappelons  aussi  les  articles  409 
et  410  de  VInventaire  des  joyaux  de  la  Couronne  en  1418:  «  Un  coustellet 
d'or  a  furger  dens.  —  Un  coustellet  d'or,  en  fa^on  de  furgettes,  a  furger 
dens  et  a  curer  oreilles.  » 


VAISSELLE    ACHETEE    PAR    MONSEIGNEL'R    [fol.   9 1    V^]  I7I 

faire,  par  la  main  de  Baude  de  Guy,  ou  mois  de  Janvier  Tan 
mil  CCCC  et  un.  Laquelle  est  ainsi  declairee  ou  cLxxvin'fueillet 

dudit  livre. 

[S  G,  11°  335  ;  prise  cxii  liv.  x  sous  t.] 

648.  Item,  une  salliere  d'or,  dont  le  couvercle  est  de  nacle  de 
perle,  laquelle  salliere  fu  de  feu  monseigneur  d'Estampes,  que 
Christofle  de  La  Mer  bailla.  Ainsi  declaree  en  la  premiere  partie 
du  cLxxix^  fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  11°  336;  prise  xvi  liv.  t.] 

649.  Item,  une  grant  salliere,  appellee  la  Salliere  du  pavilion, 
dont  le  font  est  d'un  cassidoine  en  fa(jon  d'une  coquille  garnie 
d'or  en  maniere  d'une  nef,  et  les  hours  sont  garniz  de  v  balaiz, 
V  saphirs  et  xvi  perles,  et  aux  deux  bouz  deux  chasteaulx  ou  il  a 
en  Tun  un  eigne  navrt3,  esmaillie  de  blanc,  au  col  duquel  pend 
un  escufon  esmaillie  aux  amies  de  Monseigneur,  garni  entour 
ledit  chastel  de  deux  balaiz  et  deux  saphirs,  et  sur  chascune 
tournelle  une  perle;  et  sur  Tautre  chastel  a  un  ours  portant  un 
heaume  sur  sa  teste,  esmaillie  aux  armes  de  mondit  Seigneur, 
garni  entour  ledit  chastel  de  deux  balaiz  et  deux  saphirs,  et  sur 
chascune  tournelle  une  perle;  et  le  couvercle  d'icelle  est  d'or, 
fait  en  maniere  d'un  pavilion  esmaillie  de  blanc,  et  sur  le  frete- 
let  du  couvercle  a  une  fleur  de  lis  d'or  a  iiii  florons,  en  chascun 
floron  un  saphir,  et  une  perle  dessus;  et  ou  milieu  de  ladicte 
fleur  de  lis  a  i  balay  et  une  perle  dessus.  Et  souloit  seoir  ladicte 
salliere  sur  un  chariot  d'or  a  nn  roes,  ou  il  avoit  ou  moieu  de 
chascune  roe  une  perle;  lequel  chariot  fu  baillie  a  Mace  Heron, 
tresorier  de  Monseigneur,  sans  lesdictes  nn  perles,  comme  il 
appert  par  I'arrest  mis  sur  ladicte  salliere,  qui  est  la  n''  partie  du 
cLxxix"  fueillet  du  livre  des  comptes  precedens.  Pour  ce  icy 
ladicte  saliere  sanz  pie,  ainsi  faicte  et  garnie,  comme  dit  est, 
avec  les  nii  perles  dudit  pie. 

Iste  tres  paries,  cum  quatuor  aliis  partibus  immediate  sequentibus  [647- 
653],  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executori- 
bus.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 

[S  G,  n"  337;  prise  m  liv.  t.] 

65o.  Item,  une  salliere  d'une  amatiste,  garnie  d'or  et  de  me- 


172  VAISSELLE   ACHETEE    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    92  V] 

nue  pierrerie,  c'est  assavoir  :  dc  iii  balaiz,  in  saphirs  et  xvi  per- 
les,  faicte  a  la  devise  de  Monseigneur ;  laquelle  mondit  Sei- 
gneur achata  en  son  cliastel  d'Estampes,  le  xxV^  jour  d'aoust,  Pan 
mil  CCCC  et  III  du  petit  Hermant,  orfevre  demourant  a  Pa- 
ris (i),  avec  autres  parties  declairees  en  la  penultieme  partie  du 
CLxxix^  fueillet  dessusdit,  pour  le  pris  et  somme  de  xvi^'^  escus 
d'or.  Pour  ce  icy  seulement  ladicte  salliere. 
[S  G,  n"  338;  prise  lxx  liv.  t.] 

65  I.  Item,  d'une  salliere  d'agathe,  garnie  d'or,  declairee  en  la 
derreniere  partie  dudit  clxxix'^  fueillet,  est  deschargie  et  acquit- 
tie  ledit  Robinet  pour  les  causes  contenues  en  I'arrest  mis  sur  la- 
dicte salliere,  excepte  de  Tor  et  du  couvercle  et  pierrerie  d'icelle. 
Pour  ce  icy  seulement  le  couvercle  de  ladicte  salliere,  garni  de 
xxiiii  perles  et  iiii  camahieux  et  trois  onces  d'or,  dont  estoit  gar- 
nie ladicte  saliere. 

K.  — Dicte  tresuncie  auri,  de  quibus  dicta  saleria  erat  inunita,  tradite  fue- 
runt,  cum  pluribus  aliis  auri  et  argenti  partibus,  Matheo  Heron,  thesaurario 
generali  dicti  Domini,  per  mandatum  Domini  et  recognicionem  dicti  the- 
saurarii  super  iiii'"  parte  nonag""  sexti  folii  hujus  compoti  redditum;  vir- 
tute  quorum  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  ad  onus  predict!  thesaurarii, 
ut  super  dicta  1111"  parte  iiii"  xvi"  folii  arrestatur. 

[S  G,  n°  98 1  ;  prise  ledit  couvercle  xl  liv.  t.] 

652.  Item,  un  pannier  fait  de  fil  d'argent  blanc,  que  Monsei- 
gneur achata  avec  un  autre  pareil  qu'il  a  depuis  donne  a  ma- 
dame  la  Duchesse,  de  Baude  de  Guy,  a  Paris,  ou  mois  de  mars 
I'an  mil  CCCC  et  un.  Pour  ce  icy  seulement  ledit  pannier  ainsi 
declaire  en  la  ii'^  partie  du  cnn^^^  i"^  fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  n"  339;  neant  cy  pour  ce  que  ledit  commis  en  a  fait  recepte  ou  compte 
dcs  funeraillcs.] 

653.  Item,  un  vaissel  d'amatiste  sur  la  facon  d'une  nef,  garni 
d'un  pie  et  d'un  couvercle  d'argent  dore,  pesant  tout  environ 
XXVI  marcs;  lequel  Monseigneur  achata  de   Baude  de  Guy,  le 


(i)  Hermant  jouissait  d'une  grandc  reputation  pour  la  taillc  du  dia- 
mant;  il  est  cite  par  M.  de  Laborde  a  I'article  Diamant  de  son  Glossaire 
(p.  249).  Guillebert  de  Metz  le  nomme  parmi  les  plus  celebres  artisans  de 
Paris.  (Voy.  Le  Roux  de  Lincy  et  Tisserand,  Paris  et  ses  historiens  an  xiV 
et  an  xw  siecles,  p.  233,  482  et  483). 


VAISSELLK    ACHETEK    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    q3]  lj3 

viii^  jour  de  juillet  mil  CCCG  et  VI,  pour  le  pris  et  somme  de 
iii'^  L  escus  d'or.  Ainsi  declaire  en  la  premiere  partie  du  ii'-^  iiii^'' 
iii^  fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  n"  340;  prise  ii'^  l  liv.  t.] 

654.  Item,  VI  tranchouers  d'argent  dorez,  tous  roons,  pesant 

VI  marcs,  que  Monseigneur  achata  verez  ja  pieca  de  Jehan  Ta- 

renne,  et  depuis  ont  este  dorez;  declarez  en  la  premiere  partie 

du  ciiii'^^  1*=  fueillet  dudit  livre. 

Ista  VI  scinsoria  reddita  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executo- 
ribus,  et  vendita,  prout  in  prima  parte  folii  iiii"  vii  superius  [arrestatur]. 
Et  precium  receptum  per  Johannem  Lebourne  in  summa  vi™  ix"  xxxiii  lib. 

VII  sol.  VI  den.  t.,ut  in  dicto  folio.  Et  ideo  super  dictum  Lebourne  ad  com- 
putandum. 

655.  Item,  une  grant  langue  de  serpent,  garnie  d'argent  dore, 
couronnee. 

Ista  pars,  cum  vi  aliis  partibus  immediate  scquentibus  [655-66 1],  reddite 
fuerunt  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum.  Et  ideo  acquittatur 
hie. 

[S  G,  n°  982;  prise  c  sous  t.] 

656.  Item,  une  cuiller,  un  coutel,  une  forchete,  un  poin(^on, 
une  cureoreille  et  une  curedent,  tout  de  cristal,  garniz  d'or,  en 
un  estui  de  cuir. 

[S  G,  n"  341 ;  prise  xxxii  liv.  t.] 

657.  Item,  quatre  forchetes  d'argent  a  manches  de  cristal,  de- 
dens  un  estui  de  cuir. 

[S  G,  n°  342;  prise  vi  liv.  t.] 

658.  Item,  trois  couteaulx  a  manches  de  Jaspre,  dont  Tun  est 
plus  grant  que  les  autres,  tous  en  une  gaynne. 

[B,  no  279J. 

659.  Item,  deux  forchetes  de  pierre  serpentine  garnie  d'or, 
lesquelles  avec  unes  paternostres  de  cassidoinne,  dont  mencion 
est  faicte  en  la  v^  partie  du  i^'  lxviii^  fueillet  du  livre  desdiz 
comptes  precedens,  Monseigneur  achata  de  Constantin  de  Ni- 
colas, marchant  demourant  a  Paris,  le  xxix'^  jour  d'aoust  Tan 
mil  CCCG  et  IX,  tout  ensemble  pour  le  pris  et  somme  de  iiii^^ 
X  frans.  Pour  ce  icy  seulement  lesdictes  deux  forchetes. 

[S  G,  n"  343;  prise  xi.  liv.  t.] 


174  VAISSKLLE   ACHETEE    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    94] 

660.  Item,  une  cuiller  de  pierre  serpentine  dont  le  manche  est 
de  cristal,  garnie  d'or,  avec  une  petite  forchete,  tout  en  un  estui 
de  cuir. 

[S  G,  n°  344;  prise  xl  liv.  t.] 

661.  Item,  une  cuiller  de  cristal  a  un  manche  ploiant  en  deux 
pieces,  en  un  estui  de  cuir. 

Ces  VII  parties  acolees  [655-66 1]  sont  ainsi  declairees  en  la  derreniere 
partie  du  11°  lxvii"  fueillet  et  en  I'autre  fueillet  ensuivant,  qui  est  11''  Lxviir 
fueillet  dudit  livre. 

[S  G,  n°  345;  prise  vi  liv.  t.J 


VAISSELLE  ET  AUTRES  CHOSES,  TANT  D  OR  ET  D  ARGENT  COMME  AU- 
TREMENT,  POUR  LADICTE  PANNETERIE ,  DONNEES  A  MONDIT  SEI- 
GNEUR. 


662.  Item,  une  salliere  de  cassidoinne,  garnie  d'or,  et  ou  frete- 
Icr  du  couvercle  a  i  balay  et  in  perles,  lequel  balay  est  de  la 
pierrerie  d'une  croix  d'or,  appellee  la  Croix  de  Bourgoigne,  que 
Monseigneur  list  pie^a  despecier.  Laquelle  salliere,  sans  lesdiz 
balay  et  perles,  messire  Thibaut  Portier  donna  a  mondit  Sei- 
gneur le  xviii^  jour  de  Janvier  Pan  mil  CCCC  et  un. 

[S  G,  n°657;  prise  xl  liv.  t.] 

663.  Item,  une  salliere  d'une  pierre  d'agathe,  dont  le  couver- 
cle est  d'or  a  flcurs  de  lis  taillees  aux  armes  de  Monseigneur,  sur 
le  fretelet  de  laquelle  a  un  saphir  et  viii  perles;  et  siet  sur  iiii 
roes  d'or  en  maniere  d'un  chariot,  et  au  bout  du  moieu  de  chas- 
cune'roe  a  une  perle.  Laquelle  salliere  Jehannin  Chenu,  orfevre 
de  mondit  Seigneur,  a  faicte  d'un  vaissel  d'une  pierre  d'agathe, 
garni  d'or,  que  le  chapitre  de  I'eglise  de  Bourges  donna  a  mon- 
dit Seigneur  le  ii^  jour  de  septembre  I'an  mil  CCCC  et  deux. 

Iste  due  partes  [662-663]  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius  per  dic- 
tum Robinetum  cxecutoribus.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Rohinctus  de 
eisdem. 

[S  G,  n"  658;  pesant  11  marcs  vii  onccs  v  csteriins;  prise  vi"  liv.  t.] 


VAISSELLE    DONNEE    A   MONSEIGNEUR    [fol.    9 5]  IjS 

664.  Item,  une  petite  saliere  d'agathe,  ganiie  d'or,  et  tout  en- 
tour  a  fleurs  de  lis  taillees  aux  armes  de  Monseigneur,  et  sur  le 
fretelet  du  couvercle  une  perle;  et  siet  ladicte  salliere  sur  deux 
petiz  oursellez  d'or.  Laquelle  salliere  madame  la  contesse  d'Ar- 
meignac  donna  a  estrainnes  a  Monseigneur  le  preniier  jour  de 
Janvier  I'an  mil  CCCC  et  deux. 

[S  G,  n"  659;  prise  xl  liv.  t.] 

665.  Item,  une  salliere  de  cassidoinne,  garnie  d'or,  en  fa^on 
d'une  cuvete,  et  ou  fretelet  du  couvercle  a  un  saphir,  et  est  assise 
en  une  charrete  d'or  a  deux  roes;  ou  moyeu  de  chascune  roe  une 
perle,  et  entre  les  lymons  a  un  petit  chevalet  d'or,  au  col  duquel 
pend  un  petit  balaisseau ;  et  a  chascun  lymon  pendent  deux  au- 
tres  petis  balaisseaux  et  in  perles.  Laquelle  salliere  ainsi  garnie, 
comme  dit  est,  fu  donnee  a  estrainnes  a  mondit  Seigneur,  le  pre- 
mier jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCC  et  III,  par  maistre  Nicolas 
Viaut  (i),  son  conseiller. 

[S  G,  n°  346;  prise  viii"  liv.  t.] 

666.  Item,  une  autre  salliere  de  cassidoinne,  garnie  d'or,  a  ou- 
vraige  de  Damas,  scant  sur  un  ours  d'or  esmaillie  de  blanc  qui  a 
en  I'espaule  un  balay  et  au  col  une  perle;  et  ou  fretelet  du  cou- 
vercle une  petite  loupe  de  saphir;  et  est  ledit  ours  sur  une  ter- 
race esmaillee  de  vert,  et  un  homme  qui  le  tient  a  une  petite 
chaienne.  Laquelle  salliere  fu  donnee  a  mondit  Seigneur  aux- 
dictes  estrainnes  mil  CCCC  et  III  par  monseigneur  Martin 
Gouge,  lors  son  tresorier  general,  et  a  present  evesque  de  Char- 
tres  (2). 


(i)  Nicolas  Viaud,  conseiller  du  due  de  Berry  et  I'un  des  gens  de  ses  comp- 
tes,  recevait  en  cettc  qualite  3o  sous  de  gages  par  jour  quand  il  residait  a 
Bourges,  et  60  sous  quand  il  chevauchait  au  dehors  pour  les  affaires  du 
Due  (Arch.  Nat.,  KK  2  5o,  fol.  i8  v").  Apres  la  mort  de  Hugues  de  Magnac, 
eveque  de  Limoges  (1412),  Nicolas  Viaud  disputa  ce  siege  a  Renaud  de  Pey- 
russe  que  la  Gallia  Christiana  considtre  comme  le  veritable  titulaire.  II  mou- 
rut  vers  le  mois  de  juillet  1419  [Joiirrial  de  Nicolas  de  Baye,  t.  II,  p.  240), 
laissant  un  testament  date  du  i3  mai  1418,  dont  le  texte  a  ete  consei-vc 
(Tuetey,  Testaments  enregistres  au  Parlement  de  Paris,  p.  264). 

(2)  Martin  Gouge  de  Charpaignes,  tresorier  general  du  due  de  Berry,  oc- 
cupa  le  siege  episcopal  de  Chartres  de  1406  au  i3  mai  1415.  (Tuetey,  Jour- 
nal d'lin  bourgeois  de  Paris,  p.  94,  note  3.) 


176  VAISSELLE     nONNEE    A    MONSEIGNEUR    [fol.    qS    V°] 

Iste  tres  partes  [664-666]  i-eddite  fuerunt  Parisius,  ut  supra. 
Ces  V  parties  acolces  [662-666]  sont  ainsi  declairees  ou  ii"^  xxvii"  fueillet 
dudit  livrc. 

[S  G,  n"  347;  prise  lxx  liv.  t.] 

667.  Item,  Line  petite  salliere  d'or,  dont  le  tons  et  couvercle 
sont  d'agathe-,  qui  fu  donnee  a  mondit  Seigneur,  a  Paris,  le  xxx'^ 
jour  de  juing.  Tan  mil  CCCC  et  1111,  par  monseigneur  I'eves- 
quede  Paris  a  present,  et  lors  evcsquc  dc  Poictiers(i)  et  chancel- 
lier  de  mondit  Seigneur. 

[S  G,  n°  348;  prise  xviii  liv.  t.] 

668.  Item,  unc  autre  petite  saliere  de  cassidoinnc,  garnie  d'or 
a  ouvraige  de  Venise,  de  petites  esmeraudes  et  rubiz  d'Alixan- 
dre;  et  sur  le  fretelet  du  couvercle  un  saphir.  Laquelle  sal- 
liere monseigneur  de  Lebret,  connestable  de  France,  donna  a 
mondit  Seigneur  a  estrainnes  le  premier  jour  de  Janvier  Tan  des- 
susdit  mil  CCCC  et  1111. 

Iste  due  partes,  cum  aliis  ii"""  partibus  sequentibus  [667-670],  reddite  fue- 
runt Parisius,  ut  supra. 
[S  G,  n"  349;  prise  xxx  liv.  t.] 

669.  Item,  une  autre  salliere  d'agathe,  garnie  d'or  et  de  pierre- 
rie,  c'est  assavoir  :  le  couvercle  de  six  petis  balaisseaux  et  xii  per- 
les,  et  le  fretelet  d'un  balay  et  vi  perles;  le  pie  de  laquelle  est  fait 
en  maniere  d'une  terrace  esmaillee  de  vert,  close  d'une  haie  en- 
tour  et  garnie  de  trois  petis  balais  et  vi  perles,  et  entour  de  plu- 
sieurs  menues  perles ;  et  pendent  a  ladicte  saliere  trois  petites 
langues  de  serpent,  in  petites  pierres  serpentines  et  ni  perles.  La- 
quelle salliere  ainsy  garnie,  comme  dit  est,  feu  monseigneur  I'ar- 
cevesque  d'Aux  donna  a  estrainnes  a  mondit  Seigneur  ledit  pre- 
mier jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCC  et  1 1 11. 

[S  G,  n"  35o;  prise  vii^*  liv.  t.] 

670.  Item,  une  salliere  d'agathe,  garnie  d'or,  couronnec,  sur 


(1)  Gerard  de  iVIontaigu,  eveque  de  Poitiers  de  1406  a  1409,  puis  eveque 
de  Paris  de  1409  au  ib  septembre  1420,  etait  frere  du  grand  maitre  d'hotel 
du  Roi,  mis  a  mort  en  141 2,  ct  de  I'archeveque  de  Sens  qui  perit  a  Azin- 
court.  11  fut  charge  de  prononcer,  en  1417,  I'excommunication  contre  Jean 
sans  Peur. 


VAISSELLK    DONNEE    A    MONSEIGNEUR    [fol.   96   V"]  I  77 

le  pit3  de  laquelle  a  iin  tigres  d'or  et  iiii  mirouers  de  saphir,  et  le 
fretelet  du  couvercle  est  fait  en  maniere  d'une  couronne  d'em- 
pereur,  ouquela  un  balay  longuet  et  iiii  perles  branlans.  Laquelle 
salliere  la  femme  de  monseigneur  le  vidame  de  Laonnois,  en  son 
vivant  grant  maistre  d'ostel  du  Roy,  donna  a  Monseigneur,  a  Mar- 
coussis,  le  xxix=  jour  de  mars  Tan  dessusdit  mil  CCCC  et  IIII. 
[S  G,  n"  35i;  prise  ii'"  xxv  liv.  t.] 

67 1 .  Item,  une  salliere  de  cassidoinne,  garnie  d'or  et  de  vi  per- 
les, et  sur  le  fretelet  du  couvercle  a  un  camahieu.  Laquelle  sal- 
liere madame  d'Armeignac  donna  a  mondit  Seigneur  a  estrain- 
nes  le  premier  jour  de  Janvier  Fan  dessus  dit  mil  CCCC  et  V. 

[S  G,  11°  660;  prise  xxx  liv.  t.] 

672.  Item,  une  petite  salliere  d'or  et  de  grenat,  en  fagon  d'une 
nef,  garnie  aux  deux  bouz  chascun  d'un  balay,  et  le  fretelet  d'une 
perle,  seant  sur  deux  bestes  estranges.  Laquelle  salliere  monsei- 
gneur le  conte  daulphin  d'Auvergne  (i)  donna  a  mondit  Seigneur 
ausdictes  estrainnes  mil  CCCC  et  V. 

K.  —  Per  mandatum  Domini,  datum  xx™^  die  julii  anno  M»  CCCC"  XII", 
hie  traditum,  constat  quod,  ex  ordinacione  ejusdem,  aurum  dicte  salserie  et 
plurium  aliorum  vasorum  ct  jocalium  ascendens  et  ponderans  in  universe 
ad  summam  videlicet  :  auri  n""""  unciarum  viii  esterl.,  et  cxxni  marcarumi 
vu  unciarum  xii  esterl.  cum  obolo  argenti,  ut  apparet  per  recognicionem 
Mathei  Heron,  ihesaurarii  gcneralis  dicti  Domini,  datam  x*  die  ejusdem 
mensis  julii  anno  predicto,  hie  similiter  traditam,  deliberatum  fuit  dicto 
thesaurario;  et  ideo  de  auro  dicte  salserie,  ascendente  ad  iiii  uncias  xin  es- 
terl. auri,  acquictatur  hie  dictus  Robinetus  ad  onus  dicti  thesaurarii. 

[S  G,  n°  352;  de  deux  grenaz,  une  perle  et  deux  balaiz  yssviz  de  ladicte  sa- 
lierc,  XVI  liv.  t.] 

673.  Item,  une  autre  salliere  d'or  et  de  cassidoinne,  a  ouvraige 
de  Venise,  garnie  de  pluseurs  petis  grenaz,  laquelle  I'evesque  de 
Beauvais  (2)  donna  a  mondit  Seigneur  ausdictes  estrainnes  mil 
CCCCet  V. 

(1)  Beraud  III,  comte  de  Clermont  et  de  Sancerre,  dauphin  d'Auvergne, 
fils  de  Beraud  II  et  de  Marguerite  de  Sancerre.  II  succcda  a  son  perc  en 
1400  et  mourut  en  1426. 

(2)  En  1406  le  siege  episcopal  de  Beauvais  est  occupe  par  Pierre  de  Sa- 
voisy,  mort  en  141 2.  II  avait  succede  a  Thomas  d'Estouteville  en  iSgS.  Le 
testament  de  Pierre  de  Savoisy  a  ete  conserve  dans  un  manuscrit  de  la  Bi- 
bliotheque  Nationale.  (Tuetey,  Clioix  de  testaments,  p.  2(32). 


IjS  VAISSELLK    bONNEF,    A    MONSEIGNEUR    [fol.    97] 

Iste  tres  partes  [Gyi-Gyi]  reddite  ct  tradite  tuerunt  Parisins,  ut  supra. 
[S  G,  11°  353;  prise  xi.  liv.  t.] 

674.  Item,  Line  saliiere  d'argent  dore,  faicte  en  nianiere  d'un 
petit  galiot,  ou  milieu  duquel  a  un  mast  d'argent  dore,  garni  en- 
tour  de  VI  langues  de  serpent,  et  dessus  un  grant  serpent  volant 
et  deux  petis ;  et  a  chascun  bout  dudit  galiot  a  un  autre  serpent 
volant.  Laquelle  saliiere  feue  madamoiselle  de  Montpensier,  du- 
chesse  de  Baviere,  donna  a  estrainnes  a  Monseigneur  ledit  pre- 
mier jour  de  Janvier  mil  GGGC  et  III  (i). 

fS  G,  11°  354;  prise  xxx  liv.  t.] 

GyS.  Item,  une  espreuve  d'une  grant  langue  de  serpent,  scant 
sur  un  pie  d'argent  dore  en  fayon  d'un  arbre  auquel  pendent 
deux  escuyons  esmaillez  aux  armes  de  Monseigneur.  Laquelle 
espreuve  feu  maistre  Jehan  Gouge  (2),  en  son  vivant  tresorier  de 
Monseigneur,  lui  donna  Ic  xii'^  jour  de  fevrier  Tan  mil  GGGG 
et  un. 

[S  G,  n°    983;  prise  xx  liv.  t.] 

6/6.  Item,  un  galiot  de  cristal,  garni  dVjr  et  de  pierrerie,  c'est 
assavoir  :  de  x  balaisseaux,  ix  petis  saphirs  et  de  lxxi  perles;  et 
a  Tun  des  bouz  dudit  galiot  a  un  chastel  ou  il  a  un  ymaige  de 
saint  George  tenant  soubz  lui  un  serpent,  et  sa  targe  est  garnie 
d'un  dyament  poinctu  ou  milieu,  et  a  Tautre  bout  a  une  royne 
tenant  un  heaume  entre  ses  mains.  Lequel  galiot  ainsi  fait  et 
garni,  comme  dit  est,  le  roy  de  Sicile  donna  a  mondit  Seigneur 
aux  estrainnes  le  premier  jour  de  Janvier  I'an  mil  GGGG  et  VI. 

Iste  tres  partes  [674-676]  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum 
Rohinetum,  ut  supra. 

[S  G,  11"  355;  prise  vi'=  lxxv  trans;  vendu  vii"'  liv.  t.] 

677.  Item,  une  petite  saliiere  de  cristal,  garnie  d'or,  a  in  ances 
et  couvercle  d'or,  a  ouvraige  de  Venise,  garnie  de  menuz  grenaz 


(i)  L'inventaire  S  G  dit  1404. 

(2)  Peut-etre  le  frere  de  I'eveque  de  Chartrcs,  Martin  Gouge,  aussi  treso- 
rier du  due  de  Berry.  Jean  Gouge  est  qualitie,  dans  le  compte  de  I'hotel  du 
Due  de  1399-1400,  a  la  fois  receveur  general  d'Auvergne  pour  le  Roi,  et 
receveur  des  aides  pour  les  dioceses  de  Clermont  et  de  Saint-Flour.  (Arch. 
Nat.,  KK  254,  fol.  35  ct  57.) 


VAISSELLE    DONNEE    A    MONSEtGNEUR    [fol.   97    V°]  I  jg 

et  esmeraudes  dc  petite  valeur;  et  sur  le  milieu  du  couvercle  a 
un  grenat,  et  ou  fretelet  une  perle,  seant  sur  in  chiennez,  par 
dessus  un  entablement  d'or.  Laquelle  salliere  ainsi  faicte  et  gar- 
nie,  comme  dit  est,  fudonnee  a  mondit  Seigneur,  ou  mois  de  de- 
cembre  I'an  mil  CCCG  et  VI,  par  Tevesque  de  Chartres  dessus 
dit,  lors  tresorier  general  de  mondit  Seigneur. 

K.  —  Aurum  dicte  saleric  ponderans  an  uncias  iiii  esterl.,  cum  pluribus 
aliis  partibus  auri  et  argenti,  traditum  fuit  Matheo  Heron,  thesaurario  suo 
generali,  ut  constat  per  mandatum  suum  et  certifficacionem  ejusdcm  thesau- 
rarii  super  iiii'' parte  iiii"  xvi''  folii  hujus  compoti  redditum;  virtutc  quo- 
rum  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  dc  dicto  auro. 

[S  G,  n°  356;  d'un  grenat,  perle  et  cristal  yssus  de  ladicte  saliere,  lx 
sous  t.] 

678.  Item,  une  petite  salliere  de  cassidoinne,  garnie  d'or,  en  fa- 
9on  de  navete,  de  I'ouvraige  de  Venise,  et  sur  le  fretelet  du  cou- 
vercle a  nil  perles.  Laquelle  salliere  fu  donnee  a  mondit  Seigneur, 
auxdictes  estrainnes  Tan  mil  CCCG  et  VI,  par  le  patriarche 
d'Alixandrie,  a  present  cardinal  de  Reims  (i). 

Iste  due  partes  [677-678]  rcddite  ct  tradite  fucrunt  Parisius  per  dictum 
Robinetum,  ut  supra. 

[S  G,  n°  357;  prise  lx  liv.  t.] 

679.  Item,  une  salliere  de  cristal,  garnie  d'or,  en  fa^on  d'une 
navete,  et  entour  vi  petites  tournelles,  garnie  de  vi  balaiz  et  xvii 
perles  grossetes,  et  sur  le  couvercle  un  eigne  esmaillie  de  blanc, 
navre  d'un  balay,  tenant  un  roolleau  ou  a  cscript :  Le  temps  venra, 
qui  seoit  sur  un  ours  d'or.  Laquelle  salliere  ainsi  faicte  et  garnie, 
comme  dit  est,  Guillaume  de  Lodde  (2)  donna  auxdictes  estrain- 
nes mil  GGGG  et  VI.  Mondit  Seigneur  a  fait  bailler  ledit  ours 
sur  quoy  seoit  ladicte  salliere  a  Mace  Heron,  son  tresorier  gene- 
ral, pour  les  causes  contenues  en  I'arrest  mis  sur  ladicte  salliere 


(i)  Simon  dc  Cramand,  cveque  de  Poitiers  de  i385  a  i3gi,  archevcque  de 
Reims  en  1409,  nomme  cardinal  en  1413  par  le  pape  Jean  XXIII;  il  occupa 
de  nouveau  le  siege  de  Poitiers  de  141 3  a  1424  et  mourut  en  1429. 

(2)  Guillaume  de  Lodde,  ecuyer  et  chambellan  du  due  de  Berry,  recevait, 
en  1414,  un  don  de  12000  livres  tournois.  (Arch.  Nat.,  KK  25o,  fol.  141  v".) 
II  commandait  la  meme  annee,  ce  qui  expliquerait  ce  don  de  12000  liv., 
avec  le  due  de  Bourbon  et  le  comte  d'Eu,  I'armee  royale  qui  assiegea  Ba- 
paume  occupee  par  les  troupes  du  due  de  Bourgognc.  {Clironique  du  Reli- 
gieiix  de  Saint-Denis,  t.  V,  p.  363.) 


l8o  VAISSELLE    DONNEE    A    MONSEIGNEUR    [fol.   98    \°] 

qui  est  la  derriere  partie  du  iii^'  xxii'=  fueillct  du  livre  desdiz 
comptes  precedens.  Pour  ce  icy  ladicte  salliere  sans  ledit 
ours. 

Ista  pars  reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Rohinctum,  ut  supra. 

[S  G,  n°  358;  prisee  ladicte  saliere  sanz  ledit  ours  cl  liv.  t.] 

680.  Item,  une  salliere  de  jaspre,  garnie  d'or,  scant  sur  deux 
ours  d'or  et  deux  chiennez  esmaillez  de  blanc;  laquelle  feu  mes- 
sire  Asselin  Royne  (i),  en  son  vivant  tresorier  de  I'eglise  de 
Saint-Hylairede  Poictiers,  donna  a  mondit  Seigneur  aux  estrain- 
nes  mil  CCCCetVII. 

[S  G,  n°  359;  prise  lx  liv.  t.] 

681.  Item,  une  bien  petite  salliere  de  cristal,  garnie  d'or,  seant 
sur  un  eigne  esmaillie  de  blanc,  et  y  pendent  pluseurs  menues 
perles;  laquelle  maistre  Guillaume  de  Ruilly  (2)  donna  a  mondit 
Seigneur  ausdictes  estrainnes  mil  CCCC  et  VII. 

[S  G,  11°  36o;  prise  xiiii  liv.  t.] 

682.  Item,  une  salliere  de  cassidoinne,  garnie  d'or,  en  maniere 
d'un  chastel,  de  vi  balaisseaux,  deux  petis  saphirs  et  pluseurs 
menues  perles,  et  ou  fretelet  du  couvercle  a  un  saphir  et  iin  per- 
les. Laquelle  salliere  monseigneur  le  conte  Daulphin  donna  a 
mondit  Seigneur  ausdictes  estrainnes  mil  CCCC  et  VII. 

[S  G,  n"  36 1 ;  prise  iiii"  x  liv.  t.] 

683.  Item,  une  bien  petite  salliere  de  cassidoinne,  garnie  d'or, 
ouvree  entour  en  maniere  de  plumes,  laquelle  madame  de  la 
Marche  (3)  donna  a  Monseigneur  aux  estrainnes  I'an  mil  CCCC 
et  VII. 

(i)  Asselin  Reine,  tresorier  de  I'eglise  de  Poitiers,  avait  ete  jusqu'a  sa  mort 
(1404)  confesseur  du  due  de  Berry.  Son  testament  (Tuetey,  Clioix  de  testa- 
ments, p.  258)  est  date  du  17  octobre  1404. 

(2)  Guillaume  de  Ruilly  fut  successivement,  en  i339,  «  contreroulcur  de  la 
despense  de  I'ostel  du  Due  »,  avec  80  livres  de  pension  annuelle  et  60  francs 
de  supplement,  puis,  en  1400,  secretaire  ct  garde  des  joyaux,  avec  60  livres 
dc  pension  annuelle  (Arch.  Nat.,  KK  254,  fol.  ii,  34  et  69),  entin,  en  141  3, 
«  conseiller  du  due  de  Berry  en  sa  Chambre  des  comptes,  aux  gages  dc  i5  sols 
tournois  par  jour,  avec  pension  dc  100  liv.  tournois  par  an  »  (Arch.  Nat.,  KK 
25o,  fol.   19.) 

(3)  Beatrix  dc  Navarre,  femme  dc  .lacqucs  II  de  Bourbon,  comte  de  la 
Marche  (Voy.  ci-dessus,  p.  40,  note  i). 


VAISSELLE    DONNEE    A    MONSEIGNEUR   [fol.    99]  181 

Istc  quatuor  partes,  cum  aliis  11''"'  partibus  in  pagina  sequent!  [68o-685], 
tradite  ct  reddite  fucrunt  Parisius  per  dictum  Robinetum,  ut  supra. 

[S  G,  n"  06 1 ;  prise  xii  liv.  t.] 

684.  Item,  Line  petite  salliere  dc  cassidoinne,  gariiie  d'or,  sur 
lepiede  laquelle  a  iii  angels  qui  lasoustiennent;el  ou  freteletdu 
couvercle  a  vi  perles  roondes  branlans,  ettout  au-dessusun  petit 
ruby  plat  de  petite  valeur.  Laquelle  salliere  ainsi  faicteet  garnie, 
comme  dit  est,  monseigneur  le  conte  de  Vendosme  (i)  donna  a 
mondit  seigneur  le  Due  le  ix<^  jour  d'avril  Tan  mil  GCCC  et  IX 
apres  Pasques. 

[S  G,  n"  362;  prise  lx  liv.  t.] 

685.  Item,  une  salliere  de  pierre  serpentine  a  couvercle  de 
mesmes,  garnie  d'or,  assise  sur  pilliers,  en  maniere  d'une  fon- 
taine;  et  ou  couvercle  a  nii  balaisseaux  et  mi  perles,  et  le  fretelet 
est  d'une  flour  de  lis  d'or  a  iiii  florons,  garnie  de  iii  perles;  et 
siet  ladicte  salliere  sur  une  pierre  de  cassidoine  plate,  taillee  du 
coste  de  dessoubz  en  fagon  d'une  coquille,  garnie  d'or  entour, 
en  maniere  d'une  haye ;  et  par  dessus  ladicte  pierre,  aux  costez 
de  ladicte  salliere,  a  deux  ours  droiz,  esmaillez  dc  blanc,  qui  out 
■chascunune  ceincture  ettasse(3)en  escharpe,  tenant  chascun  une 

coupe ;  et  ont  ou  front  chascun  un  petit  ruby  arsis  (3).  Laquelle 
salliere  ainsi  faicte  et  garnie,  comme  dit  est,  le  roy  de  Navarre 
donna  a  mondit  Seigneur  le  xxi^  jour  d'octobre  I'an  mil  CCCG 
etIX. 

[S  G,  n"  3G3;  prise  iiii"  liv.  t.] 

686.  Item,  une  saliere  d'or  et  de  cristal,  le  pie  et  couvercle  de 
laquelle  sont  d'esmaulx  de  pelite,  garnie  de  deux  balaiz,  deux 
saphirs  et  viii  grosses  perles ;  et  le  fretelet  garni  d'un  saphir  et 
V  perles  branlans.  Laquelle  salliere  ainsi  faicte  et  garnie,  comme 


(i)  Louis  de  Bourbon,  fils  de  Jean  de  Bourbon  et  de  Catherine  de  Ven- 
dome,  ne  vers  1376,  succeda  a  sa  mere  en  141 2  en  qualite  de  comte  de  Ven- 
dome  et  mourut  en  1446.  II  etait  frere  du  comte  de  la  Marche. 

(2)  Ici  tasse  est  pris  dans  le  sens  du  mot  allemand  tasche  ou  de  I'italien 
tasca  (bourse). 

(3)  C'est-a-dire  briile. 


I  82  VAISSELLE   DONNEE    A    MONSEIGNEUR    [fol.   99   vo] 

dit  est,  le  roy  de  Sicile  donna  a   Monseigneur  aux  estraines  le 
premier  jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCC  et  IX. 

[S  G,  n°  364;  prise  11=  xxv  liv.  t.] 

687.  Item,  une  petite  salliere  depierre  serpentine,  toute  roonde, 
le  pie  et  couvercle  d'argent  dore,  et  ou  fretelet  du  couvercle  a 
HI  pierres  roondes  sur  couleur  d'amatistes  et  quatre  petites  per- 
les.  Laquelle  salliere  monseigneur  le  conted'Armeignac  donna  a 
mondit  Seigneur  a  estrainnes  le  premier  jour  de  Janvier  Tan 
mil  CCCC  et  six. 

Iste  due  partes,  cum  ii*"'"  aliis  partibus  in  alia  pagina  sequentibus  [686- 
689],  tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum,  ut  supra. 
[S  G,  n°  365 ;  prise  xxii  liv.  x  sous  t.] 

688.  Item,  une  salliere  de  cristal,  garnie  d'argent  dore,  en  ma- 
niere  d'une  petite  nef,  garnie  aux  deux  bouz  de  pluseurs  langues 
de  serpens,  scant  sur  un  pie  d'argent  dore;  laquelle  rnaistre 
Philippes  de  Corbie  (i)  donna  a  Monseigneur  ou  mois  de  juillet 

I'an  mil  CCCC  et  IX. 

[S  G,  11°  366;  prise  xl  liv.  t.] 

689.  Item,  une  salliere  d'argent,  faicte  en  facon  d'une  aus- 
truce  ;  le  ventre  de  laquelle  est  d'une  coquille  de  perlc;  et  siet 
sur  une  terrace  d'argent  dore  esmaillee  de  vert.  Laquelle  salliere 
fu  donnee  a  Monseigneur  aux  estrainnes,  le  premier  jour  de  Jan- 
vier Tan  mil  CCCC  et  IX,  par  monseigneur  de  Clermont,  a  pre- 
sent due  de  Bourbonnois. 

fS  G,  n"  367;  prise  xl  liv.  t.] 

690.  Item,  une  petite  forchete  d'or  et  de  cristal,  que  monsei- 
gneur le  conte  d'Eu  (2)  donna  a  estrainnes  a  Monseigneur  le  pre- 
mier jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCC  et  I II I. 

[S  G,  11°  368 ;  prise  mi  liv.  t,] 


(1)  Philippe  de  Corbie,  seigneur  de  Mareuil  et  de  Jaigny,  maitre  des 
requetesde  I'hotel  du  Roi,  etait  tilsnaturel  d'Arnaud  de  Corbie,  premier  pre- 
sident du  Parlement  de  Paris  en  1373,  devenu  chancelicr  de  France  en 
i388,  et  qui  conserva  ces  fonctions  jusqu'en  141 3.  Philippe  est  nomme  dans 
le  testament  de  son  pere  public  par  M.  Tuetey  {Choix  de  Testaments,  p. 
285-295.  —  Cf.  Blanchard,  Genealogies  des  maistres  des  reqiiestes  ordinaires 
de  I'hostel  du  Roy,  Paris,  1670,  in-fol.  p.  86.) 

(2)  Charles  d'Artois,  comte  d'Eu,  fils  de  Philippe  d'Artois,  connetable  de 
France;  il  mourut  en  1472. 


VAISSELLE    DONNEE    A    MONSEIGNEUR    [fol.     1 OO  V^]  1 83 

691.  Item,  une  cuiller  decorneline  aun  manche  d'argent  dore, 
en  un  estui  de  cuir,  que  monseigneur  d'Armeignac  donna  a 
Monseigneur. 

[S  G,  n"  9S4;  prise  xi.  sous  t.] 

692.  Item,  une  petite  nefde  cristal,  garnie  d'argent  dore,  seant 
sur  un  pie  d'argent  dore,  et  tout  entour  de  la  bordeure  de  ladicte 
nef  et  du  pie  d'icelle  a  petites  fleurs  esmaillees  de  bleu.  Laquclle 
nef  monseigneur  ie  grant  maistrc  de  Roddes  (i)  donna  a  Monsei- 
gneur ou  mois  de  novembre  Tan  mil  CCCC  et  X. 

[S  G,  n°  369;  ncant  pour  cc  que  Icdit  commis  en  a  fait  rccepte  ou  compte 
des  funerailles.] 

693.  Item,  une  salliere  faicte  en  maniere  d'un  serpent  volant 
d'argent  dore,  qui  a  en  la  gueule  une  petite  langue  de  serpent, 
seant  sur  un  pie  d'argent  dore,  ouvre  en  maniere  de  branches 
fueillues ;  et  dessoubz  la  teste  dudit  serpent  est  le  lieu  a  mettre 
le  sel  qui  est  d'une  petite  pierre  de  jaspre  vermeil.  Laquelle  sal- 
liere monseigneur  le  conte  d'Eu  donna  a  mondit  seigneur  le 
Due  aux  estrainnes  le  premier  jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCC 

etXI. 

[S  G,  n°  (jSS;  prise  xii  liv.  t.] 

094.  Item,  une  grant  saliere  d'agathe  en  fa^on  d'un  hannap, 
goderonnee,  garnie  d'or,  les  pie  et  couvercle  d'or,  et  le  fretelet 
est  d'un  bouton  d'or  esmaillie  de  bleu.  Laquelle  saliere  messire 
Lermite  de  la  Faye  (2)  donna  a  Monseigneur  aux  estrainnes  le 
premier  jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCC  et  XII.  Et  n'est  point 
rendue  en  recepte  es  comptes  precedens  (3). 

Iste  iiii"  partes,  cum  parte  in  pagina  sequenti  [690  a  694],  tradite  et  red- 
dite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum,  ut  supra. 

[S  G,  n"  662;  prise  vi"  liv.  t.] 

695.  Item,  une  saliere  d'or,  ouvree  aouvraige  de  Venise,  faicte 
a  pans,  ou  fons  et  ou  couvercle  de  laquelle  a  deux  pieces  plates 


(i)  Philibert  de   Naillac   tut   grand   maitre  de  I'ordre  dc   Rhodes  de  1396 
a  142 1. 

(2)  Voy.  sur  Lhermite  de  la  Faye  la  note  de  I'art.  593. 

(3)  Get  article  et  les  deux  suivants,  d'une  ecriture  difFerente  du  reste  du 
compte,  out  ete  ajoutes  apres  coup. 


184  VAISSELLE    DONNEE    A    MONSEIGNEUR    [fol.    lOl] 

de  cassidoinne;  et  siet  sur  iiii  roes  d'or  en  maniere  d'un  chariot, 
et  ou  fretelet  du  couvercle  a  deux  petis  balaisscaux,  deux  petites 
langues  de  serpens  et  deux  perles  branlans,  et  par  dessus  a  i  sa- 
phir  longuet.  Laquelle  salliere  ainsi  faicte  et  garnie,  conimc  dit 
est,  fu  donnee  a  mondit  Seigneur,  ausdictes  estrainnes  mil  CCCC 
et  XII,  par  sire  Mace  Heron,  son  tresorier  general;  et  n'est 
point  rendue  en  recepte  es  comptes  precedens. 

K.  —  Missa  fuit  cl  data  summo  pontifici,  et  portata  cidem  per  magistrum 
Michaelem  Bovis,  [ut]  constat  per  mandatum  Domini  datum  xi"  die  aprilis, 
anno  M°  CCCCXII'",  hie  traditum;  virtute  cujus  acquittatur  hie  dictus  Robi- 
netus  de  eadem. 

696.  Item,  une  autre  saliere  d'or,  faicte  et  esmaillee  en  fayon 
d'un  petit  chiennet,  seant  sur  un  entablement  d'or,  garni  de 
V  balaisseaux  et  v  perles.  Laquelle  saliere  fu  donnee  a  mondit 
Seigneur,  ausdictes  estrainnes  mil  CCCC  et  XII,  par  madame  la 
Duchesse,  sa  compaigne;  et  n'est  point  rendue  en  recepte  es 
comptes  precedens. 

K.  —  Data  fuit  domino  duci  Acquitanie  (i)  per  mandatum  super  prima 
parte  secunde  pagine  clvii  folii  hujus  compoti  redditum;  virtute  cujus  dictus 
Robinctus  acquittatur  hie  de  eadem. 


VAISSELLE,  TANT   d'oR  ET   d'aRGENT  COMME   AUTREMENT,   POUR 
ESCHANCONNERIE,   QUI    EST    DESDIZ    INVENTOIRES. 

697.  Item,  de  xii  hannaps  d'argent,  dorez,  qui  furent  de  feu 
monscigneurd'Estampes,esmaillez  ou  fons  des  lettres  del'ABC, 
pesans  ensemble  xli  marcs  v  onces  x  esterlins,  ledit  Robinet 
d'Estampes  est  deschargie  et  acquittie  d'un  d'iceulx  hannaps 
pour  les  causes  contenues  en  I'arrest  mis  sur  la  partie  desdiz 
hannaps,  qui  est  la  derriere  partie  du  xx'^  fueillet  du  livre  desdiz 
comptes  precedens.  Pour  ce  icy  seulement  xi  desdiz  hannaps. 

Isti  xi"'""  ciphi  redditi  fuerunt  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinc- 
tum  et  postmodum  venditi,  prout  superius  folio  iiii"  vii  in  prima  parte  dicti 


;i)  Louis,  due  dc  Guienne,  his  de  Charles  VI,  mort  en  1415. 


VAISSELLE    DES    INVENTAIRES    [fol.    I  O  I    V°]  I  85 

folii,  et  precium  receptum  fuit  per  Johannem  Lebourne  in  summa  de 
VI"  ix°  xxxin  lib.  VII  sol.  vi  den.  t.,  prout  ibi;  et  ideo  super  ipsum  Le- 
bourne (i). 

[B,  n-  84.] 

698.  Item,  six  hannaps  d'argent,  dorez,  esmaillez  ou  fons  d'un 
chapellet  de  flours  de  courte  cornille  (2);  pesans  xvi  marcs. 

K.  —  Dicti  VI  ciphi,  cum  aliis  jocalihus  auri  et  argenti,  traditi  fuerunt 
Matheo  Heron,  thesaurario  Domini,  [ut]  constat  per  suam  certifficacionem 
redditam  cum  mandato  ejusdem  Domini  super  iiii'*  parte  nonagesimi 
vi"  folii  hujus  compoti;  virtutc  quorum  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de 
ipsis  ad  onus  dicti  thcsaurarii. 

[B,  n"  85.] 

699.  Item,  VI  autres  hannaps  d'argent,  dorez,  esmaillez  ou  fons 
de  flours  de  horraiche(3);  pesans  xviii  marcs  11  onces  x  esterlins. 

Redditi  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  cxecutoribus,  et  venditi, 
prout  superius  prima  parte;  precium  quorum  receptum  fuit  per  Johannem 
Lebourne  in  summa  vi"  ix'=  xxxiii  lib.  vii  sol.  vi  den.  t.,  ut  in  prima  parte 
folii  iiii"  VII  superius;  et  ideo  super  dictum  Lebourne. 

[B,  n"  8G.] 

700.  Item,  de  six  autres  hannaps  d'argent,  dorez,  esmaillez 
ou  fons  d'un  soleil,  pesans  ensemble  xviii  marcs  iiii  onces  x  es- 
terlins, ledit  Robinet  d'Estampes  est  deschargie  et  acquittie 
d'un  desdiz  hannaps  pour  les  causes  contenues  en  I'arrest  mis  en 
la  partie  d'iceulx  six  hannaps,  qui  est  la  iii«  du  xxi^  fueillet  en- 
suivant.  Pour  ce  icy  seulement  v  desdiz  hannaps  (4), 

K.  —  Dicti  quinque  ciphi  in  pondere  xv  marc.  11  one.  argenti,  cum  aliis 
pluribus  jocalibus  auri   et  argenti,  traditi  fuerunt  Matheo  Heron,  thesau- 


(i)  Une  note  de  I'inventaire  B  constatait  la  perte  d'un  des  hanaps.  II  est 
done  singulier  qu'on  en  fasse  figurer  encore  douze  au  present  inventaire. 

(2)  Est-ce  la  corniole,  dont  le  fruit  appele  chataigne  d'eau  se  mange  dans 
certains  pays,  qu'on  a  voulu  designer  ici  ?  La  corniole,  aussi  nominee  tri- 
bule  aquatique,  a  une  petite  fleur  blanche,  a  quatre  petales. 

(3)  Les  feuilles  de  mouron  et  de  genet  etaient  les  emblemes  favoris  de 
Charles  VI;  I'epi  d'or  avait  ete  adopte  par  le  due  de  Touraine.  La  fleur  de 
bourrache  se  rencontre  aussi  assez  frequemment  dans  les  inventaires  de 
cette  epoque;  on  la  trouve  deja  sur  celui  de  Charles  V;  n°  278  :  «  un  hannap 
cizelle  de  rozes  et  fleurs  de  bourresches.  »  —  Voy.  aussi  le  n°  976. 

(4)  D'apres  I'inventaire  B  (n"  87)  un  des  hanaps  avait  cite  perdu  «  penes 
Casinum  de  Serenviller  ».  Casin  de  Serenviller,  chambellan  du  due  de 
Berry,  est  souvent  cite  dans  les  notes  de  I'inventaire  B,  au  sujet  des  pre- 
sents qu'il  re?oit  de  son  maitre.  II  mourut  avant  1416;  car  il  n'est  plus 
question  dc  lui  dans  les  deux  derniers  inventaires. 


I  86  VAISSELLE    DES    INVENTAIRES    [fol.    I  02] 

rario  Domini,  [ut]  constat  per  suam  certifficacionem  redditam  cum  mandato 
dicti  Domini  super  nii^  parte  nonagcsimi  vi'' folii  hujus  compoti;  virtute 
quorum  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  ad  onus  dicti  thesaurarii. 
[B,  n"  87.] 

701.  Item,  deux  bassins  d'argeiit,  dorez,  a  laver,  qui  furent  de 
feu  monseigneur  d'Estampes,  esmaillez  ou  fons  aux  amies  de 
la  royne  Jehanne  d'Evreux  (i),  pesant  xi  marcs  ni  onces. 

K.  —  Dicti  duo  pelves  traditi  t'uerunt,  cum  pluribus  aliis  partibus  auri  et 
argenti,  Matheo  Heron,  thesaurario  Domini,  [ut]  constat  per  certifficacionem 
suam  redditam  cum  mandato  ejusdem  Domini  super  iiu'"  parte  nu"  xvi'' 
folii  hujus  compoti;  virtute  quorum  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  ad 
onus  dicti  thesaurarii. 

[B,  n"  90.] 

702.  Item,  deux  bassins  d'argent,  dorez,  goderonnez,  esmaillez 
es  fons  de  deux  ymaiges,  Tun  de  Hetor  de  Troye  et  Tautre  de 
Bertran  de  Claquin  (2),  pesans  xx  marcs  11  onces  x  esterlins. 

Dicti  duo  pelves  redditi  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executo- 
ribus,  et  venditi,  prout  in  prima  parte  folii  nu'^'^  vn  superius,  et  precium  re- 
ceptum  per  Johannem  Lcbourne  in  summa  vr"  ix''  xxxni  lib.  vn  sol.  vi  den. 
t.,  prout  ibi.  Quare  super  ipsum  ad  computandum. 

[B,  n"  no.] 

703.  Item,  de  deux  tassesd'or,pIainnes,  asouaige(3),  sans  cou- 
vercle,  ou  fons  desquelles  par  dehors  avoit  en  chascune  un  escu- 
9on  hachie  aux  amies  de  feu  monseigneur  d'Estampes,  pesans 
ensemble  ni  marcs  v  onces,  ledit  Robinet  d'Estampes  est  des- 
chargie  et  acquictie  de  Tune  desdictes  tasses  (4)  pour  les  causes 


(i)  Jeanne  d'Evreux,  troisieme  femme  du  roi  Charles  IV,  mariee  en  i325, 
morte  le  4  mars  iSyo.  On  trouve  beaucoup  d'ohjets  lui  ayant  appartenu 
dans  I'inventaire  de  Charles  V. 

(2)  «  Bertrand  du  Guesclin  »  sur  I'inventaire  B.  Get  article  prouve  la  po- 
pularite  dont  jouissait  Ic  heros  de  la  guerre  contre  les  Anglais.  L'inven- 
tairc  dcs  tapisseries  de  Charles  VI  donnc  un  autre  tcmoignage  de  cctte 
prompte  apotheosc.  Du  Guesclin  etait  represente  sur  une  tenture  de  la 
collection  royale.  Enfin,  on  sait  que  le  nombre  des  Prcux  t'ut  augmcnte  en 
sa  faveur,  et  porte,  pour  lui  faire  place,  de  neuf  a  dix. 

(ji)  Voy.  I'explication  du  mot  plain  {planus),  tout  plain,  donnee  par  M.  La- 
barte,  dans  Vlnventaire  de  Charles  V  (p.  16,  note  2).  II  designerait  des 
pieces  d'orfevrerie,  ou  meme  dcs  etofles  sans  orncment,  tout  unies.  Le  terme 
souaige,  signifie  moulurc,boudin ;  il  s'agit  done  d'un  vase  uni,  n'ayant  pour 
toute  decoration  qu'une  moulure. 

(4)  L'iuventaire  B,  porte  cette  note  :  «  una  fuit  perdita  in  Nigella,  ut  per 
conipotum...  » 


VAISSELLE   DES  INVENTAIRES    [fol.    I02    V"]  187 

contenues  en  Tarrcst  mis  sur  la  partie  d'icelles  ii  tasses  qui  est  la 
vni<^  du  XL=  fueillet  ensuivant.  Pour  ce  icy  seulement  Tune  des- 
dictes  tasses. 

Dicta  tassa  auri  reddita  ct  tradita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinctum 
cxccutoribus.  Et  ideo  acquittatur  de  eadem  dictus  Robinctus. 

[B,  a"  341.  —  S  G,  n"  6G3;  I'une  des  deux  pcsant  i  marc  vi  onccs  iiii  es- 
tcrliiis  et  demi ;  prise  ex  liv.  t.] 

704.  Item,  de  vint  et  deux  tasses  d'argent  dore,  oil  avoit  en 
chascune  un  ours  grave  ou  fons,  pesans  ensemble  xlhii  marcs 
III  onces,  ledit  Robinet  d'Estampes  est  deschargie  et  acquictie 
de  xiiii  desdictes  tasses  pour  les  causes  contenues  es  corrections 
ou  arrests  mis  sur  la  partie  d'icelles  xxii  tasses,  qui  est  la  v=  partie 
du  XLi<=  fueillet  ensuivant.  Ainsi  demeure  seulement  vni  desdictes 
tasses;  et  Monseigneur  en  a  achate  ini  parailles  qui  sont  declai- 
rees  en  la  in''  partie  du  ciiii^^  et  iiir  fueillet  ensuivant.  Pour  ce 
icy  lesdictes  deux  parties,  xii  tasses. 

K.  —  Una  de  dictis  xu"-"  tassis  argcnti  amissa  fuit  die  festi  sancti  Andree 
apostoli  anno  M"  CCGC"  XIII  in  hospicio  deNigella,ut  constat  per  certiffica- 
cionem  magistrorum  hospicii  et  contrarotulatoris  expensarum  hospicii  dicti 
Domini,  datam  vii""  die  decembris  sequentis  eodem  anno,  ligatam  cum  man- 
date Domini  super  n"  parte  cxviii  folii  iiii"  compoti  dicti  Robineti  reddito; 
virtute  quorum  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de  dicta  tassa. 

De  dictis  xi  tassis  remanentibus  de  dictis  xii  tassis,  una  dc  eisdem  fuit 
amissa  in  hospicio  Nigelle  viii»  die  junii  M  CCCC  XVI",  prout  constat  per 
litteras  dicti  domini  Ducis  datas  dicta  die  et  per  certifficacionem  magistro- 
rum hospicii  et  contrarotulatoris  ejusdem,  hie  redditas.  Et  residuum,  quod  est 
X  tassarum,  redditum  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus  et 
venditum,  prout  in  prima  parte  folii  iiii"  vii  superius;  precium  quarum  re- 
ceptum  fuit  per  Johannem  Lebourne  in  summa  vi™  ix"=  xxxiii  lib.  vii  sol.  vi 
den.  t.,  prout  ibi.  Et  ideo  super  dictum  Lebourne. 

[B,  n»  349.] 

705.  Item,  une  cruche  d'argent,  mal  doree,  a  mectre  eaue,  sur 
laquelle  sont  hachees  les  armes  de  Monseigneur;  pesant  xii  marcs 
V[  onces  et  demie.  Ainsi  declairee  en  la  derriere  partie  du  xl""= 
fueillet  dudit  livre. 

Dicta  crucha  reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinctum  executoribus,  et 
vendita,  ut  supra.  Et  precium  receptum  per  dictum  Lebourne  in  summa 
superius.  Quare  super  ipsum. 

[B,  n"  344.] 

706.  Item,  de  une  paire  de  bassins  d'argent  dorez  a  laver,  et 


1  88  VAISSELLE    DES    INVENTAIRES    [fol.     Io3] 

ou  fons  esmaillez  aux  armes  de  Monseigneur,  et  sur  les  hours 
hachiez  a  fueillages  et  a  ours,  pesans  ensemble  xvi  marcs  i  once 
et  demie,  ledit  Robinet  d'Estampes  est  deschargie  et  acquictie 
de  Tun  desdiz  bassins  pour  les  causes  contenues  en  Tarrest  mis 
sur  la  partie  d'iceulx  bassins,  qui  est  la  vi=  partie  dudit  xnMueil- 
let;  et  monseigneur  le  Due  a  achate  un  autre  en  lieu,  pesant 
VIII  marcs  x  esterlins,  qui  est  declaire  en  la  iiF  partie  du  ii'-^ 
iiii^^  vii^  fueillet  ensuivant.  Pour  ce  icy  pour  lesdictes  deux  par- 
ties, deux  bassins  d'argent  dorez,  esmaillez  ou  fons  aux  armes 
de  Monseigneur;  pesans  ensemble  environ  xvi  marcs. 

Isti  duo  pelves  redditi  fuerunt  Parisius  executoribus  per  dictum  Rohine- 
tum  et  venditi,  ut  supra;  preciiim  quorum  receptum  fuit  per  dictum  Le- 
bourne,  prout  in  11''"=  partibus  precedentibus.  Et  ideo  super  ipsum. 

[B,  no  35o.] 

707.  Item,  un  camahieu  ou  il  a  pluseurs  ymaiges  de  taille  en- 
tour  Ic  pie,  et  le  couvercle  garni  d'or;  et  y  a  mi  saphirs, 
mi  petites  esmeraudes  et  vm  petites  perlcs  de  petite  valeur. 

[B,  n"  43o.  —  S  G,  n"  oHf);  prise  ini"  liv.  t.] 

708.  Item,  d'un  hannap  de  cristal  garni  d'or  et  de  pierrerie, 
declaire  en  la  premiere  partie  du  liiii'=  fueillet  dudit  livre,  ledit 
Robinet  d'Estampes  est  acquictie  dudit  or  et  pierrerie  pour  les 
causes  contenues  en  I'arrest  mis  sur  la  partie  dudit  hannap. 
Pour  ce  icy  seulement  ledit  hannap  de  cristal,  sanz  couvercle, 
non  garni. 

Iste  11"  partes  [707-708]   tradite   et   reddite   fuerunt   Parisius  per  dictum 
Robinclum  executoribus.  Et  ideo  idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  eisdem. 
[B,  u°  453.  —  S  G,  n"  370,  prise  xu  liv.  t.] 

709.  Item,  un  hannap  de  lignum  allocs,  couvert,  garni  d'or, 
pesant  vii  onces. 

[B,  n"  455.  —  S  G,  n"  371  ;  prise  xxxvi  liv.  t.] 

710.  Item,  un  hannap  de  cristal,  garni  d'argent  dore,  avec  le 
pie;  et  sur  le  couvercle  a  vi  esmaulx  de  petite  valeur,  et  ou  fons 
une  rose  enlevee;  pesant  11  marcs  vii  onces  xv  esterlins. 

[B,  n°  456.  —  S  G,  n"  372  ;  prise  xxx  liv.  t.] 

711.  Item,  un  hannap  de  cristal  avecques  le  couvercle,  garni 
d'argent  dore,  sur  un  pie  goderonne,  seant  sur  iii  tournelles; 


VAISSELLE    DES    INVENTAIRES    [fol.    1 04]  I  89 

sur  le  couvercle  un  freteletde  fa(;on  de  bouton  d'argent  dore;  pe- 
sant  III  marcs  vii  onces  x  esterlins. 

Iste  tres  partes  accolate  [709-711]  tradite  el  reddite  fuerunt  Parisius  per 
dictum  Robinetum,  ut  supra. 

[B,  n"  45-.  —  S  G,  n°  373;  prise  xl  liv.  t.] 

712.  Item,  un  goubelet  de  jaspre,  garni  d'argent  dore,  seant 
sur  un  pie,  ou  il  a  de  mauvaise  pierrerie;  et  sur  le  fretelet  a  une 
tour;  pesant  tout  in  marcs  iii  onces  v  esterlins. 

[B,  a"  460.  —  S  G,  n°  987;  prise  xviii  liv.  t.] 

713.  Un  goubelet  de  cristal,  a  deux  ances  de  mesmes,  garni 
d'argent  dore,  esmaillie  sur  le  couvercle  d'un  Agnus  Dei;  pesant 
VI  marcs  v  onces  v  esterlins. 

[B,  n°  461.  —  S  G,  n°  988;  prise  l  liv.  t.] 

714.  Item,  un  goubelet  de  cristal,  garni  d'argent  dore,  seant 
sur  un  pie  a  iiii  leonceaulx;  et  sur  le  couvercle,  qui  semblable- 
ment  est  de  cristal,  a  un  fretelet  d'une  amatiste;  pesant  tout 
II  marcs  v  onces  vii  esterlins  obole. 

[B,  n°  465.  —  S  G,  n"  989;  prise  xvi  liv.  t.] 

715.  Item,  un  goubelet  de  cristal,  garni  d'argent  dore,  assis 
sur  un  pie,  hachie  de  branches  aians  en  chascune  iii  rozes;  et 
sur  le  fretellet  du  couvercle  un  bouton  roont,  esmaillie  de  bleu, 
et  pardessus  une  roze  vermeille;  pesant  tout  ii  marcs  v  onces. 

Iste  quatuor  partes  [712-715]  reddite  fuerunt  ut  supra. 
[B,  n"  466.  —  S  G,  11°  374;  prise  xvi  liv.  t.] 

716.  Item,  un  petit  goubelet  d'une  amatiste,  sans  couvercle, 
garni  d'argent  dore ;  pesant  i  marc  ii  onces. 

[B,  n»  469.  —  S  G,  n"  375  ;  prise  x  liv.  t.] 

717.  Item,  une  aiguiere  de  cristal,  garnie  d'or,  a  un  biberon 
d'une  serpent  volant ;  et  dessus  le  couvercle  a  un  esmail,  et 
alentour  vi  perles  ;  pesant  tout  iii  marcs  iii  onces  xv  esterlins. 

[B,  n"  474.  —  S  G,  n"  376;  prise  nii"''  liv.  t.] 

718.  Item,  une  autre  aiguiere  de  cristal,  avecques  I'ance  ou- 
vree  de  mesmes,  le  pie  et  couvercle  d'or  tout  plain  ;  pesant 
ensemble  ii  marcs  vi  onces  x  esterlins. 

[B,  n"  475.  —  S  G,  n°  377;  prise  xl  liv.  t.] 

719.  Item,  une  aiguiere  de  jaspre,  a  un  biberon  d'une  teste  de 


igo  va'SSellt:  des  inventaires  [fol.  104  \°] 

serpent,  garnie  d'or ,    et    le    fretclet    esmaillie  de  vert;   pesant 
11  marcs  vi  onces  v  esterlins. 

[B,  n»  476.  —  S  G,  n"  990;  prise  lxx  liv.  t.] 

720.  Item,  une  autre  grant  aiguiere  d'argent,  doree,  a  un  bi- 
beron  d'une  teste  de  serpent,  esmaillee  par  dehors  a  esmaulx  de 
pelite  et  de  maconnerie  de  pluseurs  ymaiges  et  bestes  eslevez ; 
et  dessus  le  couvercle  un  chastel  oil  il  a  un  homme  jouant  d'une 
musete;  pesant  tout  ix  marcs  vi  onces  xv  esterlins. 

Iste  quinque  partes,  cum  trihus  aliis  partibus  scquentibus  in  alia  pagina 
[716  a  723],  reddite  et  tradite  fucrunt  Parisius  per  dictum  Robinetum,  ut 
supra. 

[B,  n''477.  —  S  0,11°  378;  neant  cy  pour  cc  que  Icdit  commis  en  a  fait  rc- 
cepte  ou  compte  des  funerailles.] 

721.  Item,  une  aiguiere  de  cristal  d'ancienne  facon,  a  un  bi- 
beron  d'une  serpent  tenant  a  un  lion,  et  I'ance  d'une  serpent  vo- 
laige,  assise  sur  un  pie  fait  de  fueillages;  pesant  vni  marcs. 

[B,  n"  478.  —  S  G,  n-  991 ;  prise  xlviii  liv.  t.] 

722.  Item,  une  aiguiere  de  cristal,  a  un  biberon  d'une  serpent, 
garnie  d'argent  dore,  et  alentour    fait   de  fueillages  esmaillez; 

pesant  ini  marcs. 

[B,  n°  479.  —  S  G,  n"  992  ;  prise  xviii  liv.  t.] 

723.  Item,  une  autre  aiguiere  de  cristal,  d'ancienne  fagon,  a  un 
biberon  d'une  serpent,  et  I'ance  d'une  serpent  volaige,  garnie 
alenviron  de  fueillages  esmaillez  de  bleu;  pesant  ni  marcs  vi  on- 
ces V  esterlins. 

[B,  n»  480.  —  S  G,  n"  379;  prise  xxini  liv.  t.] 

724.  Item,  une  autre  aiguiere  semblable  et  de  semblable  facon  ; 
pesant  in  marcs  nii  onces  v  esterlins. 

[B,  n^  481.  —  S  G,  n"  38o;  prise  xx  liv.  t.] 

725.  Item,  une  autre  aiguiere  de  cristal,  I'ance  de  mesmes 
avec  le  couvercle,  garnie  d'argent  dore,  a  un  biberon;  et  sur  le 
couvercle  a  un  fretelet  de  fueilles  de  chesne;  pesant  ni  marcs 
VI  onces  v  esterlins. 

[B,  n"  482.  —  S  G,  n"  38 1  ;  prise  xxiiii  liv.  t.] 

726.  Item,  une  aiguiere  de  cristal  avecques  le  couvercle,  gar- 
nie d'argent  dore,  a  un  biberon  d'une  aigle  volant,  et  I'ance  d'un 


VAISSELLE   DES    INVENTAIRES    [fol.    1  o5   V°]  IQI 

serpent  volant,  le  pie  hachie  de  rozes ;  pesant  ii  marcs  mi  on- 
ces  II  esterlins  obole. 

[B,  n"  488.  —  S  G,  11"  3S2 ;  prise  xii  liv.  t.] 

727.  Item,  une  aiguiere  d'argent,  doree,  esmaille  par  dehors 
de  pluseurs  esmaulx  de  hommes  sauvaiges  et  autres  devises  ; 
pesant  in  marcs  v  onces. 

Iste  im'"'  partes,  cum  aliis  iiii"''  partibus  in  pagina  Gcquenti  [724  a  73i], 
tradite  et  reddile  fuerunt  Parisius,  iit  supra. 
[B,  n"  489.  —  S  G,  11°  383;  prise  xxvi  liv.  t.] 

728.  Item,  un  pot  de  cristal,  avec  I'ance  de  mesmes,  garni  d'or ; 
et  sur  le  couvercle  un  fretelet  oil  il  a  un  saphir  et  in  petites  per- 
les ;  pesant  vii  marcs  in  onces  x  esterlins. 

[B,  n"  492.  —  S  G,  n"  384;  prise  iiii"  liv.  t.] 

729.  Item,  un  autre  pot  de  cristal,  avec  I'ance  de  mesmes, 
garni  d'or  et  de  semblable  maniere;  et  sur  le  fretelet  a  un  sa- 
phir et  III  petites  perles;  pesant  v  marcs  vii  onces  xii  esterlins. 

[B,  n"  493.  —  S  G,  n"  385;  prise  im"  liv.  t.] 

730.  Item,  un  pot  de  porcellainne,  a  une  ance  d'argent  blanc, 
et  le  demourant  avec  le  couvercle  garni  d'argent  dore,  et  dessus 
le  couvercle  a  un  esmail  de  pelite;  pesant  i  marc  v  onces 
XV  esterlins. 

[B,  11°  494.  —  S  G,  n»  993  ;  prise  c  sous  t.] 

73  I.  Item,  un  autre  pot  de  porcellainne,  avec  I'ance  de  mes- 
mes garnie  d'argent  dore;  et  dessus  le  fretelet  une  roze  d'argent 
doree ;  pesant  i  marc  i  once. 

[B,  n"  495.  —  S  G,  11°  994;  prise  c  sous  t.] 

732.  Item,  un  long  pot  de  jaspre,  qui  fu  de  feu  monseigneur 
d'Estampes,  a  un  pie  d'argent  (i),  esmaillie  d'esmaulx  de  pe- 
lite, et  dessus  le  couvercle  a  I'endroit  de  I'ance  a  une  serpent  vo- 
lant; pesant  tout  ix  marcs  v  onces  x  esterlins. 

[B,  n"  496.  —  S  G,  n"  386;  prise  xxxvi  liv.  t.] 

733.  Item,  un  grant  pot  de  cristal,  Tance  de  mesmes,  garni 
d'argent  dore;  ety  a  sur  le  pie  pluseurs  ymaiges  jouans  d'instru- 


L'inventairc  B  dit  :  «  A  un  pic  d'or  ». 


192  VAISSELLE    DES    INVENTAIRES    [fol.    1 06  vc] 

mens,  faisans    pluseurs  contenances,   et  dessus    le  fretelet  une 
branchc  de  chesne;  pesant  ii  marcs  ii  onces  xv  esterlins. 
[B,  n"  497;  —  S  G,  n"  3S7;  prise  lxx  liv.  t.] 

734.  Item,  un  petit  pot  de  crista!,  Tance  et  couvercle  de  mes- 
mes,  garni  d'argent  dore ;  on  fons  un  roy  seant  en  une  chaiere 
esmaillee,  tenant  un  escu  aux  amies  de  France;  et  dessus  le 
fretelet  du  couvercle  un  saphir  ;  pesant  ensemble  iii  marcs  i  once 
XII  esterlins  obole. 

[B,  n°  498.  —  S  G,  n°  388;  prise  xx  liv.  t.] 

735.  Item,  une  pincte  de  cristal,  garnie  d'argent  dore,  et  sur 
le  pie  esmaillie  en  aucuns  lieux,  et  en  autres  a  chaitive  pierre- 
rie ;  et  sur  le  fretelet  un  bouton  esmaillie  de  bleu,  alentour  de 
menues  perles;  pesant  x  marcs  i  once. 

Iste  quatuor  partes,  cum  tribus  aliis  partibus  immediate  sequentibus  [732- 
738],  tradite  et  reddite  fucrunt  Parisius  per  dictum  Robinetum,  ut  supra. 
[B,  n°  499.  —  S  G,  n"  9o5;  prise  c  liv.  t.J 

736.  Item,  d'un  petit  barrillet  de  cristal,  garni  d'or  et  de  pier- 
rerie,  dcclaire  en  la  n'^  partie  du  lix*^  fueillet  dudit  livre  des  comp- 
tes  precedens,  est  deschargie  et  acquictie  ledit  Robinet  d'Estam- 
pes  de  Tor  et  pierrerie  dudit  barrillet  pour  les  causes  contenues 
en  I'arrest  mis  sur  ladicte  partie.  Pour  ce  icy  seulement  ledit 
barrillet  de  cristal  non  garni. 

[Dans  I'inventaire  B,  n"  5o6,  cet  article  est  plus  complet.  —  S  G,  n°  996; 
ledit  barillet  non  garni;  prise  xx  s.  t.] 

737.  Item,  deux  barrillez  de  cristal,  garniz  d'argent  dore,  es- 
cript  a  Fentour  de  lettres  grecques;  en  chascun  trois  piez  et  deux 

ances;  pesant  v  marcs  ii  onces  x  esterlins. 

[B,  no  507.  —  S  G,  n"  389;  prise  xxxii  liv.  t.] 

738.  Item,  une  serpent  volaige  de  cristal,  garnie  d'argent 
dore,  a  piez  de  griffon  et  deux  ailes  esmaillees;  et  a  dessus  un 
homme  nu  d'argent  blanc,  a  un  chapel  esmaillie;  et  sur  la  teste 
dudit  serpent  a  une  branche  de  corail ;  pesant  v  marcs  i  once  x  es- 
terlins. 

[B,  n°  5 1 6.  —  S  G,  n°  997;  prise  xxx  liv.  t.] 

739.  Item,  deux  petis  flascons  de  deux  pierres  de  roche  blan- 


VAISSELLE    DEs'lNVENTAIRRS    [fol.    \  OJ    V»]  ig3 

che    et    vermeille,   esquielx   a    deux    cristaulx   garniz   d'argent 
dore,  et  en  chascun  un  esmail  vermeil  ou  il  a  une  estoille  et  un 
soleil  dedens;  pesant  ix  marcs  in  onces. 
[B,  n»  8o5.  —  S  G,  n"  3yo;  prise  xxiiii  liv.  t.] 

740.  Item,  une  bouteille  de  jaspre  noir,  garnie  d'un  tixu  de 
soye  vermeille,  dont  la  boucle,  le  mordant  et  pluseurs  clos  sur 
ledit  tixu,  faiz  en  guise  de  campanes,  sont  d'or,  et  Testoupillon  ( i ) 
garni  d'or  en  maniere  d'une  roze;  pesant  tout  ensemble  xnii 
marcs. 

[B,  n"  807.  —  S  G,  n"  3gi ;  prise  lxx  liv.  t.] 

741.  Item,  une  grant  boutaille  de  pourfire  de  Romme  (2),  sans 
estoupillon,  garnie  d'un  tixu  de  soye  bleue,  sur  lequel  a  plu- 
seurs clos  d'argent  dorez;  pesant  xxni  marcs  nii  onces. 

[B,  n"  808.  ■ —  S  G,  n°  998;  prise  xii  liv.  t.] 

742.  Item,  une  autre  grant  bouteille  de  Jaspre  vermeil,  garnie 
en  I'un  des  bouz  d'argent  dore,  ou  il  a  un  escu9on  esmaille  aux 
armes  de  Monseigneur,  et  entour  ledit  escugon  deux  ours,  et 
au  dessus  un  eigne;  pesant  vn  marcs  i  once.  Et  est  mise  en  un 
estui  de  cuir  feustre  de  veluiau,  fermant  a  clef,  ou  se  tient  une 
chaienne  d'argent  dore. 

Reddite  fuerunt  ut  supra  [739-745]. 

[B,  n°  809.  —  S  G,  n"  999;  prise  xvi  liv.  t.] 

743.  Item,  un  barril  de  pourfire  de  Romme,  garni  de  cuivre, 

[B,  11°  8[(i.  —  S  G,  11°  1000;  prise  iiii  liv.  x  sous  t.] 

744.  Item,  un  barril  de  bois,  tout  a  euvre  de  Damas,  ouvrd 
d'argent  dore,  dont  les  deux  tons  sont  d'yvoire  a  ymaiges  enle- 
vez,  scant  sur  quatre  angels  d'yvoire,  chascun  tenant  un  doublet, 
et  y  a  une  ceincture  azurce,  clouee  de  clos  de  semblable  ouvre; 
pesant  tout  ensemble  v  marcs  i  once  et  demie. 

[B,  n"  81 1.  —  S  G,  n°  392  ;  prise  xxv  liv.  t.] 

(i)  Estoupillon  est  pris  ici  dans  ie  sens  de  bouchon.  Ce  terme  designait 
encore  recemment  I'etoupe  formant  la  bourre  dans  les  canons  de  la  marine. 

(2)  Le  porphyre  vient  d'Orient.  M.  de  Laborde,  dans  son  Glossaire,  raconte 
qu'il  a  rencontre  des  montagnes  entieres  de  porphyre  durant  son  voyage  a 
travers  I'Arabie  Petree.  Le  moyen  age  dit :  porphyre  de  Rome,  en  raison  sans 
doute  de  la  grande  quantite  de  statues,  de  colonnes  et  de  vases  en  por- 
phyre amassee  a  Rome  par  les  succcsseurs  d'Auguste. 

i3 


194  VAISSELLE    DES    INVENTAIRES    [fol.    I  o8] 

745.  Item,  deux  barrilz  de  pourtire,  garniz  d'argent  vere  et 
de  deux  tixuz  de  soye,  clouez  de  peiiz  clos  d'argent  vere;  pesant 
XVI  marcs  v  onces. 

[B,  n"  812.  —  S  G,  n°  3g3;  prise  xx  liv.  t.] 

746.  Item,  un  petit  pot  d'argent  mauvaiz  dore,  fait  en  maniere 
de  neelleure,  hachie  a  tabernacles,  ou  il  a  pluseurs  ymaiges  de 
roys  et  d'evesques,  I'ance  d'un  serpent,  le  couvercle  hachie  de 
lettres  grecques ;  pesant  iii  marcs  11  onces  v  esterlins. 

Redditus  fuit  Parisius  ut  supra. 

[B,  11°  814.  —  S  G,  11°  394;  prise  xx  liv.  t.] 

747.  Item,  une  aiguiere  d'argent  dore,  hachee  alentour  de 
lettres  grecques  sur  autre  devise,  le  couvercle  couronne;  pesant 
II  marcs  111  onces  v  esterlins. 

K.  —  Dicta  aquaria,  cum  pluribus  aliis  vasis  et  jocalibus  auri  et  argenti, 
tradita  fuerunt  Matheo  Heron,  thesaurario  Domini,  [ut]  constat  per  suam 
certifficacionem  redditam  cum  mandato  ejusdem  Domini  super  iiii"  parte 
nil"  xvi''  folii  hujus  compoti;  virtute  quorum  dictus  Robinetus  acquittatur 
hie  de  ipsa  ad  onus  dicti  thesaurarii. 

[B,  n"8ig.] 

748.  Item,  une  aiguiere  a  deux  biberons  d'argent  dore,  gode- 
ronnee  et  poin^^onnee,  qui  a  sur  le  couvercle  un  fretelet  esmail- 
lie  de  bleu,  qui  t"u  de  feu  monseigneur  d'Estampes;  pesant  in 
marcs  i  once. 

K.  —  Tradita  fuit  ut  supra,  et  acquittatur  hie  dictus  Robinetus  de  eadem 
ad  onus  dicti  thesaurarii. 
[B,  n"  823.] 

749.  Item,  un  autre  aiguiere  d'argent  dore,  oil  il  a  fueilles  de 
chesne  tout  alentour,  et  le  biberon  d'un  horn  me  portant  un  pe- 
tit pot  a  son  col,  qui  fu  de  feu  mondit  seigneur  d'Estampes;  pe- 
sant III  marcs  mi  onces  x  esterlins. 

Ista  pars,  cum  quatuor  aliis  partibus  sequentibus  [749-753],  reddite  et  tra- 
dite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et  ideo  acquit- 
tatur hie. 

[B,  n"  824.  —  S  G,  n»  395;  neant  pour  ce  que  ledit  commis  en  a  compte 
ou  compte  des  funerailles,  et  aussi  que  ladictc  aiguiere  fut  donnee  a  maistre 
Nicolas  des  Pres  a  Bourges...] 

750.  Item,  une  aiguiere  de  jasprc,  garnie  d'argent  dore,  sanz 
biberon,  poin^onnee  ;  pesant  iii  marcs  vi  onces  x  esterlins. 

[B,  n"  825.  —  S  G,  n"  looi ;  prise  xii  liv.  t.] 


VAISSELLE   DES    INVENTAIRES    [fol.     I O9]  igS 

751.  Item,  une  aiguiere  de  cristal,  sanz  couvercle,  a  un  bibe- 

ron,  gariiie  d'argent  dore,  goderonnec,  scant  sur  trois  tours;  pe- 

sant  n  marcs  vi  onces  x  esterlins. 

[B,  n°  82G.  —  S  G,  n°  1002;  prise  xvii  liv.  x  sous  t.] 

752.  Item,  un  hannap  d'argent  dore,  goderonne,  fait  a  fueil- 
lages,  OLi  il  [a]  sur  aucuns  des  goderons  fueillages  et  lis  d'enle- 
veure  (i),  et  sur  le  couvercle  un  fretelet  roont,  esmaillie,  qui  fu 
de  feu  monseigneur  d'Estampes;  pesant  iii  marcs  vi  onces  xv  es- 
terlins. 

[B,  n°  827.  —  S  G,  n°  3g6;  neant  cy  comme  dessus.] 

753  Item,  un  hannap  de  jaspre,  garni  d'argent  dore,  et  un 
couvercle  dessus,  hachie  de  rozes  et  autres  flours,  et  le  fretelet 
esmaillie  de  bleu;  pesant  tout  iiii  mars  v  onces  x  esterlins. 

[B,  n"  829.  —  S  G,  n"  397;  prise  xxiiii  liv.  t.] 

754.  Item,  un  hannap  de  Jaspre  vermeil,  sans  couvercle,  assis 
sur  un  pie  d'argent  dore,  esleve  et  esmaillie  en  pluseurs  lieux  de 
fueillages,  et  bourde  par  dessus;  pesant  n  marcs  v  onces  v  es- 
terlins. 

Ista  pars  reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum,  ut  supra. 
[B,  n°  83o.  —  S  G,  n°  ioo3;  prise  xiii  liv.  t.] 

755.  Item,  une  coupe  d'argent  dore,  dont  le  pie  est  rompu 
aupres  de  la  coupe,  goderonnee ;  pesant  avec  le  couvercle  ii  marcs 

I  once  X  esterlins. 

K.  —  Dicta  cupa,  cum  aliis  pluribus  jocalibus  auri  et  argenti,  tradita  fuerunt 
Matheo  Heron,  thesaurario  Domini,  [ut]  constat  per  suam  certifficacionem 
redditam  cum  mandato  ejusdem  Domini  super  iiii'*  parte  nonagesimi  vi"  folii 
hujus  compoti;  virtute  quorum  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de  eadem, 
ad  onus  dicti  thesaurarii. 

[B,  n»83i.] 

756.  Item,  le  couvercle  d'un  hannap  d'argent  dore,  esmaillie 
par  dessus  de  femmes  qui  couronnent  deux  cerfs,  et  sur  le  fre- 
telet a  un  bouton  esmaillie  de  bleu,  lequel  couvercle  sert  a  un 
hannap  de  voirre,  ou  il  a  ou  milieu  un  esmail;  pesant  i  marc 
III  onces  X  esterlins. 

[B,  n"  832.  —  S  G,  n°  1004;  prise  x  liv.  t.] 

757.  Item,  une   coupe  d'un  oeuf  d'austruce,  garnie  d'argent 

(i)  C'est-a-dire  en  relief 


I  9^  VAISSELLE    DES    INVENTAIRES    [fol.    I  I  o] 

dore,  esmaillee  sur  le  couvercle  a  un  J,  une  R  et  un  E,  et  sur  le 
fretelet  un  aigle  volant;  pesant  v  marcs  iiii  onces  x  esterlins. 

Iste  due  partes,  cum  qualuor  aliis  partibus  sequentibus  in  alia  pagina  [ySG- 
761],  reddite  et  tradile  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus; 
et  ideo  acquittatur  hie. 

[B,  n°  837.  —  S  G,  n"  39S;  prise  xxx  liv.  t.] 

758.  Item,  une  noix  d'Inde,  garnie  d'argent  dore,  et  dessus  le 
fretelet  du  couvercle  a  un  lion,  auquel  pend  une  langue  de  ser- 
pent; pesant  vn  onces  v  esterlins. 

[B,  11°  838.  —  S  G,  n°  ioo5;  prise  lx  sous  t.] 

'759.  Item,  un  goubelet  d'yvoire,  fait  a  ymaiges  eslevez,  garni 
par  dedens  d'argent  dore,  esmaillie  ou  fons,  scant  sur  un  pie 
d'argent  esmaillie;  pesant,  avec  le  couvercle  de  mesmes,  11  marcs 
VI  onces  xv  esterlins. 

[B,  n"  839.  —  S  G,  n"  399;  prise  xxii  liv.  t.] 

760.  Item,  une  aiguiere  de  mesmes,  a  un  biberon,  sur  le  cou- 
vercle de  laquelle  a  un  bouton  esmaillie  de  bleu  ;  pesant  u  marcs 
iin  onces  v  esterlins. 

[B,  n"  840.  —  S  G,  n"  400;  prise  xx  liv.  t.] 

761.  Item,  un  grant  creusequin  (i)  de  madre  (2),  convert,  les 


(i)  Crosequin  dans  I'lnvent.  B,  n"  841.  Le  mot  creusequin,  d'originc  ger- 
manique,  etait  employe  pour  designer  un  gobelet  ordinairement  couvert  : 
«  Un  gobelet  d'or  en  guise  de  creusequin  d'Allemaigne.  » 

(2)  Le  mot  madre,  sur  lequel  on  a  longtcmps  discute,  designait  un  bois 
dur  et  veine,  servant  a  fabriquer  des  coupes  a  boire.  M.  de  Laborde  cite  de 
nombreux  exemples  de  hanaps,  coupes  ou  creusequins  en  madre;  il  pense 
que  ce  terme  servait  a  designer  un  bois  tres  dur,  fort  employe  au  moyen 
age  dans  la  confection  des  vases  a  boire,  et  il  ajoute  :  «  Le  mot  madre  s'e- 
tendit  plus  tard  a  tons  les  vases  a  boire,  quelle  que  fut  la  matiere  dout  ils 
etaient  faits  ce  qui  ne  nous  parait  pas  prouve.  «  —  Douet  d'Arcq,  de  son 
cote,  dit  que  le  mot  madre  designc  tantot  des  agates  ou  autres  picrres  tines 
veinees,  tantot  du  bois  veine  ou  marbre.  Certaines  personnes,  ajoute-t-il, 
ont  voulu  y  voir  de  la  porcelaine.  (Voy.  Inventaive  des  joyaux  de  la  coii- 
ronne  de  J 41 8,  n"  63,  269  et  suivants.) 

La  correspondance  de  Peiresc  avec  les  freres  Dupuy,  que  public  en  ce 
moment  M.  Tamizey  de  Larroque,  contient  (tome  II,  p.  336), un  long  passage 
qu'il  faudrait  pouvoir  citer  en  entier,  ou  Peiresc  compare  les  tables  citrines 
des  anciens,  faites  avec  une  certaine  espece  de  citronnier,  aux  tables  ma- 
drees.  Les  tables  madrees  etaient  done  des  tables  de  bois,  ou  les  noeuds  ou 
loupes  de  la  matiere  formaient  des  dessins  singuliers.  Ce  mot  ne  viendrait-il 


VAISSELLE    DES    INVENTAIRES    [fol.    I  I O    vo]  \qj 

bours  garni  d'argent  dore  esmaillie,  ou  fons  un  escu  aux  armes 
de  Monseigneur;  pesant  ii  marcs  v  onces  xv  esterlins. 

[B,  n°  841.  —  S  G,  n°  401 ;  prise  x  liv.  t.] 

762.  Item,  un  autre  creusequin  de  madre,  non  garni. 
[B,  n"  842.  —  S  G,  n"  1006;  prise  xlv  sous  t.] 

763.  Item,  un  petit  hannap  de  madre,  couvert,  dont  les  pie  et 
fretelet  sont  d'argent  dore,  et  ou  fons  esmaillie  des  armes  de  feue 
madame  Katherine  de  France  (i);  pesant  iii  onces  v  esterlins. 

[B,  n"  844.  —  S  G,  n"  402  ;  prise  xlv  sous  t.] 

764.  Item,  un  petit  hannap  de  jaspre  vermeil,  rompu,  sur^un 
pie  d'argent  dore  esmaillie,  et  ou  fons  dudit  pie  a  un  escu^on 
des  armes  de  Monseigneur;  pesant  i  marc  iiii  onces. 

[B,  n"  845.  —  S  G,  n"  1007;  prise  iiii  liv.  t.J 

765.  Item,  un  petit  goubelet  de  cristal,  avec  I'aiguiere  de  mes- 
mes,  garniz  d'or,  a  couvercle,  et  fault  la  bourdeure  dudit  gou- 
belet; pesant  tout  ensemble  11  marcs  i  once  x  esterlins. 

[B,  n»  846.  —  S  G,  n"  403  ;  prise  xlv  liv.  t.] 

766.  Item,  un  petit  hannap  de  madre,  a  couvercle,  le  pie  et  le 
fretelet  d'or,  ouquel  fretelet  a  i  saphir  et  v  perles. 

Reddite  fuerunt  Parisius,  ut  supra. 

[B,  11°  847.  —  S  G,  n°  404;  prise  xxiiii  liv.  t.] 

767.  Item,  deux  bassins  d'argent  a  laver,  dorez  par  dedens, 
esmaillez  ou  fons,  Tun  d'un  homme  tenant  un  oiseau,  et  I'autrc 
d'un  homme  scant,  aiant  une  jambe  sur  autre;  pesant  ensemble 
xiiii  marcs  n  onces. 

K.  —  Dicti  duo  pelves  traditi  fuerunt,  cum  pluribus  aliis  partibus  auri  et 
argenti,  Matheo  Heron,  thesaurario  domini  Ducis,  [ut]  constat  per  certitfica- 


pas  de  Madere,  d'ou  Ton  tirait  les  bois  les  plus  precieux?  Voy.  Littre  aux 
mots  madre  et  madre.  Bois  madre  se  dit  encore  d'un  bois  veine  ou  tachete. 

Dans  un  compte  du  due  de  Berry  (Arch.  Nat.,  KK  25o,  2'  partie,  fol.  74) 
on  rencontre  un  achat  de  cinq  coupes  de  madre  pour  le  prix  de  38  liv. 
2  sous  6  deniers.  Ce  n'est  done  pas  une  matiere  bien  couteuse.  Citons  encore 
une  «  coupe  de  madre  a  pare...  (sic)  »  donnee  par  le  due  de  Bourgogne  a 
son  frere  Jean,  en  i386  (E.  Petit,  Itine'raires  des  dues  de  Bourgogne  p.  522). 

(1)  Catherine  de  France,  fille  de  Charles  V,  avait  epouse  Jean  de  Berri, 
comte  de  Montpensier,  fils  du  due  de  Berri,  mort  sans  posterite  du  vivant 
de  son  pere.  Elle-meme  mourut  en  i388. 


iq8  VAISSELLE    DKS    INVENTAIRES    [fol.    Ill] 

tionem  suam  et  mandatiim  dicti  Domini  super  iin'"  parte  nonagesimi  vi''  fo- 
lii  hujus  -compoti  redditum;  virtute  quorum  dictus  Robinetus  acquittatur 
hie  de  ipsis  ad  onus  ejusdcm  thesaurarii. 
[B,  n"  85o.] 

768.  Item,  deux  petites  pinctes,  chascune  d'une  noix  d'Inde, 
garnies  d'argent  vere;  pesant  ensemble  v  marcs  11  onces  x  ester- 

lins. 

[B,  11°  856.  —  S  G,  n°  looSj  prise  xxiiii  liv.  t.] 

769.  Item,  d'un  hanap  de  jaspre,  convert,  garni  d'or  et  de  pier- 
rerie,  declaire  en  la  derriere  partie  du  c«  fueillet  dudit  livre  des 
comptes  precedens,  est  ledit  Robinet  d'Estampes  deschargie  et 
acquittie  de  Tor  et  picrrerie  d'icellui  goubelet,  comme  il  appert 
par  la  correction  on  arrest  mis  sur  ladicte  partie;  pour  ce  icy  seu- 
lement  ledit  hannap  avec  le  couvercle  tout  de  jaspre,  non  garniz. 

[B,  n°  936  (i).  —  S  G,  n°  1009;  prise  vi  liv.  t.] 

770.  Item,  un  goubelet  de  jaspre  en  maniere  d\m  creusequin, 
qui  fu  de  feu  monseigneur  d'Estampes,  garni  d'argent  le  pie  et 
le  couvercle,  et  ou  fretelet  a  une  aigle  d'esmail,  et  six  petits  es- 
maulx  sur  le  pie;  pesant  tout  11  marcs  ini  onces  xu  esterlins 

obole. 

Iste  III  partes,  cum  ii*""  aliis  partibus  immediate  sequentibus  [768-772], 
reddite  et  tradite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus,  ut 
supra. 

[B,  no  938.  —  S  G,  no  loio;  prise  xvi  liv.  t.] 

771.  Item,  un  pot  de  cassidoine  ouvre,  a  un  couvercle  de  mes- 
mes,  garni  d'or;  et  ou  fretelet  du  couvercle  a  un  saphir  et  trois 
perles;  lequel  pot  est  ainsi  declaire  tant  ou  ni'-'  article  du  ci=  fueil- 
let dudit  livre,  comme  en  la  correction  faicte  sur  ledit  article. 

[S  G,  n"  405 ;  prise  lxx  liv.  t.] 

772.  Item,  un  hannap  de  voirre,  ou  fons  duquel  a  un  P  cou- 
ronne  (2)  et  un  laz  d'amours,  estant  en  un  estui  de  cuir.  Ainsi 
declaire  en  la  penultime  partie  du  ini^^  xix<=  fueillet  dudit  livre. 

[B,  no  925.  —  S  G,  no  406  ;  prise  vin  sous  parisis;  valent  x  sous  t.] 


(i)  Voir  ci-apres  cet  article  936  qui  est  plus  dcvcloppe  que  Ic  n°  769  du 
present  inventaire. 

(2)  Ce  hanap  venait  peut-ctrc  du  chef  de  la  maison  de  Valois,  du  roi  Phi- 
lippe VI. 


VAISSELLE    ACHETEE    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    I  I  2]  I  99 


VAISSELLE,    TANT    D  OR    ET    D  ARGENT,    COMME    AUTREMENT,    POUR 
LADICTE   ESCHANCONNERIE,    ACHATEE    PAR    MONSEIGNEUR. 

773.  Item,  une  fiole  de  cristal  ouvree,  garnie  d'or  et  de  pier- 
rerie,  laquelle  Monseigneur  achata  en  son  chastel  d'Estampes, 
le  xx«  jour  d'aoust  Tan  mil  CCCC  et  trois,  de  Victor  Wieric  (i), 
orfevre  et  varlet  de  chambre  de  Monseigneur,  la  somme  de  ii'-'  l 
escus  d'or. 

[S  G,  n°  407;  prise  vn"  liv.  t.] 

774.  Item,  un  pot  de  bericle,  non  garni,  lequel  Monseigneur 
achata  a  Paris,  en  son  hostel  de  Neelle,  lexxvni'^  jour  de  Janvier 
Tan  dessusdit  mil  CCCC  et  III,  de  Jehan  Pannier,  marchant  de 
pierrerie  demourant  a  Paris,  avec  un  annel  d'or  a  une  croix  de 
dyamant,  dont  est  faicte  mencion  en  la  ni=  partie  du  cnii^-'^  u<^  fueil- 
let  du  livre  desdiz  comptes  precedens,  tout  ensemble  pour  le 
pris  et  somme  de  xl  escus  d'or;  pour  ce  icy  seulement  ledit  pot  de 

bericle. 

Iste  11°  partes  (773-774)  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum, 
ut  supra. 

[S  G,  ii"  loi  I  ;  prise  ledit  pot  de  bericle  seulement  vi  liv.  t.] 

775.  Item,  une  pincte  de  bericle  garnie  de  ii  marcs  ii  on- 
ces  d'or  ou  environ,  et  le  fretelet  garni  de  vi  perles  et  i  balay, 
laquelle  Monseigneur  achata  de  Francoys  de  Nerly,  marchant 
demourant  a  Paris,  avec  les  parties  des  estraines  que  ledit  Fran- 
cois delivra  a  mondit  Seigneur  pour  le  premier  jour  de  Janvier 
Tan  mil  CCCC  et  II II,  la  somme  de  in'^  l  frans. 

Ista  pars  reddita  fuit  Parisius,  ut  supra. 
[S  G,  n"  408;  prise  ciiii'"'  liv.  t.] 

776.  Item,  un  hannap  d'or,  convert,  d'ancienne  fa^on,  ou  il  a 
entour  le  couvercle  vi  ymaiges  faiz  en  maniere  de  haulte  taille, 
et  entour  chascun  ymaige  un  rooleau  escript ;  et  le  fretelet  du 


(i)  L'inventaire  S  G  appclle  cet  orfevre  Victor  Wyont. 


200  VAISSELLE    ACHETEE    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    112   V°] 

couvercle  est  fait  en  maniere  d'une  grosse  pomme;  garniz  lesdiz 
couvercle  et  fretelet  de  vii  balais,  ix  saphirs,  in  mauvaises  gros- 
ses perles  brutes,  xii  autres  perles  bructes  plus  petites  ;  et  ou 
fons  dudit  hannap  a  un  balay  plus  grosset  que  les  autres,  seant 
sur  III  poissons  en  maniere  de  chaboz;  et  est  garni  le  pie  dudit 
hannap  tout  alentour  de  saphirs,  balaisseaux  et  perles  de  pe- 
tite valeur.  Et  est  toute  la  pierrerie  tant  dudit  hannap  que  du 
couvercle  assise  a  jour. 

Et  entour  dudit  couvercle  a  cscript  ce  qui  s'ensuit  (i)  : 

Pontificiim  votis  anmiant  dii  romane  reipublicc  archanaque  in 
orbis  presidia,  Apollinis  jiissii,  summa  cum  veneracione,  ex  hoc 
Paladis  cypho  sacramenta  libariint  aniuiatim,  quorum  nutu  ro- 
mano  imperio  regna  cessere. 

Et  ou  roolleau  d'un  desdiz  ymaiges  appelle  Marcus  Emilius, 
affuble  d'un  mantel  et  arme  dcssoubz  de  lammes  ou  de  plates, 
a  escript  : 

Virtutis  genus  primum  consiliare  hominum  mentes  privatas, 
reipublice  fere  esteros  (2)  primum  legibus,  dehinc  annis  compes- 
cere. 

Ou  roolleau  du  second  ymaige,  nomme  Sempronius  Gallus, 
qui  a  pendu  un  astralabe  a  sa  ceincture,  a  escript : 

Quanto  igitur  rerum  federe  juvant  elementa  celum,  jnembra 
siiccurrunt  compagini,  et  res  ipsa  publica  deffensenda. 
Ou    roolleau    du    tiers    ymaige,   appelle   Publius    Claudius,   a 
escript  : 


(i)  L'article  55  du  present  inventaire  a  deja  offert  un  exemple  d'inscrip- 
tions  latines  difficiles  a  expliquer  et  ii  rectifier.  Celles  que  contient  le  present 
article  ne  le  cedent  en  rien,  sous  ce  rapport,  aux  precedentes.  On  trouve  ici 
un  assemblage  de  noms  etranges  et  inconnus.  En  vain  avons-nous  longue- 
ment  etudie  ce  texte,  en  vain  I'avons-nous  soumis  a  des  erudits  competents, 
il  a  ete  impossible  d'en  tirer  un  sens  clair.  II  semble  probable  que  le  hanap, 
dit  d'ancienne  fafon,  etait  une  oeuvre  du  moyen  age,  vieille  d'un  sieclc 
ou  deux  peut-etre,  destinee  a  des  conjurations  magiques.  Tout  ce  que 
nous  pouvons  assurer,  c'est  que  le  texte  a  ete  lu  et  reproduit  avec  la  plus 
scrupuleuse  fidelite.  Dans  les  cas  douteux,  nous  donnons  en  note  la  secondc 
lecture  possible. 

(2)  Lisez  :  extoos. 


VAISSELLE   ACHETEE    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.     I  I  3]  20I 

Non  aspernandiim  igitur  astra  obsequiis,  denique  siipplices 
diis  Jiinc  [i)  jiisto  bellorum  titulo  nostre  reipublice  faveant. 

Ou  rooUeau  du  iiii^  yniaige,  appelle  Celius  Servilius,  qui  tient 
en  sa  main  une  rose,  de  laquelle  ist  une  fleur  de  lis  ou  est  entee 
une  pomme  de  pin,  a  escript  : 

Prophanum  nichil  excolunt  sidera  omnia  bona  que  sagax  na- 
tura  e  tenebris  celo  protulit. 

Ou  roolleau  du  v^  ymaige,  appelle  Lucius  Cantulius,  qui  tient 
un  doy  en  sa  bouche  et  une  main  en  un  vaissel  roont,  a  escript  : 

Ea  superum  dono  felicibus  auspiciis  inchoare,  si  ad  or  bis  re- 
fugium   inter   archana  queque  ipsam  rempublicam  suspicimus. 

Et  ou  roolleau  du  vi^  et  derrenier  ymaige,  appelle  Lucius 
Simius  (2),  qui  tient  une  verge  en  sa  main,  a  escript  : 

Litat  in/elix  cineres  urna  et  dira  premunt  fontes  fata,  dum 
se  celestibus  feda  coequant  ingenia. 

Datus  fuit  domino  Regi  per  dictum  dominum  Ducem,  ut  constat  per  lit- 
teras  Regis  datas  xix*  die  junii  M  CCCC  XVI%  superius  redditas.  Et  ideo 
idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

jjj.  Item,  un  autre  hannap  d'or,  d'ancicnne  facon,  nomme  le 
hannap  au  serpent,  dont  le  couvercle  est  d'une  coquille  de  nacle 
de  perle  de  la  fa^on  d'un  limagon,  garni  d'or;  et  par  dessus 
ladicte  coquille  a  un  serpent  et  un  homme  qui  le  tient  par  une 
chaienne  tout  d'or,  lequel  serpent  a  en  la  bouche  i  balay;  et  est 
garni  ledit  hannap  de  pierrerie,  c'est  assavoir  :  de  xi  balays  et 
xvHi  perles,  et  alentour  dudit  hannap  a  escript  six  vers;  les 
deux  premiers  sont  : 

Hie  ydram  necat,  ille  Jehum,  phites  jacet  illo ; 

Te  moritur,  jaspus,  capitis  de  jaspide  dictus. 

Les  deux  seconds  sont  : 

Te  Peam  (3)  hoc  celo  vocitant  serpente  sodalem, 

Te  Luculum  Alchides,  te  natus  Agenore  Cadmus. 

Et  les  tiers  sont : 


(i)  Ou  huic. 

(2)  Ou  Sunius. 

(3)  Le  texte  donne  Tepeam  en  un  seul  mot. 


202  VAISSELLE    ACHETEE    PAR    MONSEIGNEUK    [fol.    Il3    V^] 

Hec  perit  in/Iumine  jaciilo  Thecus,  ille  sagita, 
Ac  celojaspus  qui  te pomponte  triumphiis. 

Et  entour  du  couvercle  dudit  hannap  sont  escripz  les  vers  qui 
s'ensuivent  : 

Persica,  quam  tcllus  genuit,  deditydra  triumphiim; 
Hac  Liicio  Liiculo  p[r]ostrata,  itt  condita  Roma  est, 
Post  centum  septem  decies  tria  [i]  predia  lustra. 

Et  en  la  coquille  qui  est  oudit  couvercle  a  escript  : 

Hec  me  tutam  conca  humex  cositum  semum,  quod  nulle  po- 

tuere  vires. 

Datus  fuit  per  dominum  Ducem,  Bitturis,  regi  Sicillie,  prout  constat  per 
certificacionem  dicti  regis,  datam  xxiiii  die  junii  M  CCCC  XVI,  hie  reten- 
tam  et  positam  cum  aliis  litteris  hujus  inventarii;  per  quam  certificacionem 
dictus  rex  Sicilie  confessus  est  dictum  ciphum  recepisse,  vita  dicti  domini 
Ducis  comite;  et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  codem. 

778.  Item,  un  gouhelet  de  cristal,  garni  d'or,  lequel  Monsei- 
gneur  achata  de  Michaut  de  Lalier,  le  xxiiii^  jour  de  septembre 
Tan  mil  CCCC  et  1 1 1 1 ,  pour  le  pris  et  somme  de  cent  escus  d'or, 
ouquel  a  un  couvercle  de  cristal  garni  de  x  onces  d'or  ou  envi- 
ron, lequel  couvercle  Monseigneur  achata  de  Baude  de  Guy, 
le  xxv<=  jour  de  decembre  ensuivant,  la  somme  de  \i^^  frans  d'or. 

[S  G,  n"  409;  prise  c  liv.  t.] 

779.  Item,  d'un  grant  goubelet  d'agathe,  a  deux  ances  de  mes- 
mcs,  declaire  en  la  derriere  partie  du  ciin^^  ni<=  fueillet  du  livre 
desdis  comptes  precedens,  ledit  Robinet  d'Estampes  est  acquic- 
tie  et  deschargie  de  I'or  et  pierrerie  dudit  goubelet  pour  les 
causes  contenues  en  Tarrest  ou  correction  faicte  sur  ladicte  par- 
tie.  Pour  ce  icy  seulement  ledit  goubelet  d'agathe  non  garni. 

Iste  n"  partes  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executori- 
bus;  et  ideo  idem  Robinetus  acquittatur  hie. 
[B,  n"  5i.  —  S  G,  n°  1012;  prise  l  liv.  t.] 

780.  Item,  un  hannap  d'argcnt  blanc,  convert,  martelle  ou  tons, 
pesant  in  onces  xn  esterlins  et  obolc,  a  vii  frans  v  sous  t.  le  marc, 

(i)  Ou  tua. 


YAISSELLE   ACHETEE    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.     II4   V°]  2o3 

valent  xxii  tVans  vi  sous  t;  lequel  hannap  fu  achate  par  Monsei- 
gneur  de  Jehan  Tarenne,  bourgeois  et  changeur  de  Paris,  a  Vin- 
cestre  lez  Paris  (i),  le  xxi^  jour  de  Juing  Tan  mil  CCCG  et  V, 
ledit  pris  de  xxii  frans  vi  sous  t. 

Redditus  fuit  Parisius  cxecutorihus  per  dictum  Robinetum,  et  venditus, 
prout  superius  folio  iiii"  vii,  in  prima  parte  ibi;  et  precium  receptum  per 
Johannem  Lebourne  in  summa  vi"  ix"  xxxiii  lib.  vii  sol.  vi  den.  t.,  ut  in 
dicta  parte;  quare  super  dictum  Lebourne  ad  computandum. 

781.  Item,  une  coupe  d'or  et  d'esmaulx  de  pelite,  couverte, 
garnie  de  petites  esmeraudes,  ruhiz  d'Alixandre  et  menues  per- 
les ;  laquelle  Monseigneur  achata  du  grant  Allehret,  orfevre  de- 
mourant  a  Paris,  ou  mois  de  mars  Tan  mil  CCCG  et  V,  pour 
le  pris  et  somme  de  vi^  escus  d'or,  et  y  failloit  xviii  esmeraudes, 
XXXII  perles  et  xii  rubiz  d'Alixandre,  que  mondit  Seigneur  a  fait 
mettre  par  la  main  de  Baude  de  Guy  le  xxv=  jour  dudit  mois  de 
mars,  qui  ont  couste  dudit  Baude,  avec  I'or  et  fagon,  iiii^^  frans . 

Ista  pars  tradita  et  reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executo- 
ribus.  Et  ideo  acquittatur  hie. 
[S  G,  n"  1 192;  prise  vi  liv.  t.] 

782.  Item,  d'un  grant  pot  de  cristal,  garni  d'or  et  de  pierrerie, 
declaire  en  la  ii'^  partie  du  ii'^  iiii^^  iiii^  fueillet  dudit  livre,  est 
acquictie  ledit  Robinet  d'Estampes  de  Tor  et  pierrerie  dudit  pot, 
comme  il  appert  par  I'arrest  mis  sur  ladicte  partie.  Pour  ce  icy 
seulement  ledit  pot  de  cristal  avec  un  couvercle  de  mesmes,  non 
garni. 

[S  G,  n"  ioi3;  prise  c  liv.  t.] 

783.  Item,  d'un  grant  goubelet  de  cristal,  garni  d'or  et  de  pier- 
rerie, declaire  en  la  v*^  partie  dudit  ii'-^  iiii^^  ini'=  fueillet,  ledit 
Robinet  d'Estampes  est  acquictie  de  Tor  et  pierrerie  dudit  gou- 
belet pour  les  causes  contenues  en  I'arrest  mis  sur  ladicte  par- 
tie.  Pour  ce  icy  seulement  ledit  goubelet  de  cristal  avec  un  cou- 
vercle de  mesmes,  non  garniz. 

Iste  due  partes  [782-783]  tradite  et  reddite  fuerunt,  ut  supra. 


(i)  C'est  le  chateau  de  Bicetre  ou  residait  souvent  le  due  de  Berry.  Cette 
magnifique  demeure  fut  saccagee  par  les  bouchers  de  Paris.  (Voy.  C/;ro»i^/(C 
du  Religieux  de  Saint-Denis,  t.  IV,  p.  52 1.) 


204  VAISSELLE    ACHETEE    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.     Il5  V°] 

784.  Item,  un  goubelet  de  cristal,  couvert ,  fait  a  pluseurs 
quarres,  lequel  Monseigneur  a  fait  garnir  d'or,  et  la  bourdeure 
du  couvercle  esmailler  a  ours  et  cignes  a  la  devise  de  Monsei- 
gneur; et  ou  fretelet  dudit  couvercle  sont  esmaillees  les  armes  de 
mondit  Seigneur. 

Ista  pars  tradita  et  reddita  fuit  Parisius,  ut  supra. 
[S  G,  n"  410;  prise  lx  liv.  t.] 

785.  Item,  un  bel  hannap  d'or  et  d'csmaulx  de  pelite,  ouvre  a 
jour  bien  delieement,  avec  le  couvercle  de  mesmes,  et  ou  fre- 
telet dudit  couvercle  a  un  balay  et  in  grosses  perles  que  le  feu 
vidame  de  Laonnois,  en  son  vivant  grant  maistre  d'ostel  du  Roy, 
donna  a  Monseigneur;  lequel  hannap,  avec  une  aiguiere  paraille 
cy  apres  escripte,  Monseigneur  a  fait  faire  parWilequin  (i)et  ses 
deux  compaignons,  orfevres  a  Bourges;  et  poise  ledit  hannap, 
sanz  la  pierrerie  qui  est  ou  fretelet,  vni  marcs  vii  onces  v  esterlins 
et  obole  ;  prisie  par  Jehannin  Chenu,  orfevre  de  Monseigneur, 
a  Lxiiii  frans  le  marc,  vault  v-'  lxx  frans  mi  sous  t. ,  sans  la  fa^on 
qui  couste,  tant  du  hannap  commc  de  Faiguiere,  ensemble 
vii'^  L  frans. 

Iste  ciphus  datus  fuit  per  dominum  Ducem,  Bitturis,  domino  duci 
Guiennej  prout  constat  per  litteras  dicti  domini  Ducis,  Bitturis  datas  vii'  die 
decembris  mil  CCCC  XIIII",  superius  redditas.  Et  ideo  idem  Robinetus  de 
eodem  acquittatur. 

786.  Item,  une  belle  aiguiere  d'or  et  d'esmaulx  de  pelite 
pour  servir  audit  hannap  (2),  ouvre  paraillement  dudit  hannap ; 
et  ou  fretelet  du  couvercle  a  un  gros  saphir  longuet,  percie,  et  iiii 
grosses  perles,  pesant  vii  caraz  la  piece  ou  environ;  laquelle 
pierrerie  Monseigneur  achata  de  Baude  de  Guy,  le  vnF  jour  de 
novembre  Tan  mil  CCCC  et  VI 1,  pour  le  pris  et  somme  de 
ix^^  frans;  et  poise  ladicte  aiguiere,  sans  ladicte  pierrerie, 
V  marcs  vi  onces  xini  esterlins  obole,  qui  couste,  sans  la  fa^on 
dont  mencion   est   faicte   ou    hannap  dessusdit,   audit   pris   de 

(1)  II  s'appelait  Willequin  Bonnin.  Voy.  ci-apres  I'article  798. 

(2)  Le  hanap,  suivant  M.  de  Laborde,  est  un  vase  a  boirc  couvert,  soit 
en  forme  de  coupe,  soit  en  forme  de  calice,  ordinairement  accompagne  de 
son  aiguiere. 


VAISSELLE   ACHETEE    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    116]  2o5 

Lxiiii  frans  le  marc,  prisie  par  ledit  Jehannin  Chenu,  iii'-'  lxxih 
frans  xvi  sous  t. 

Ista  aquaria  auri  data  fuit,  ut  supra. 

787.  Item,  d'une  bien  grant  cruche  de  pourfire,  a  une  ance  dc 
mesmes,  a  un  couvercle  d'or  et  a  un  pie  d'argent  blanc,  declaire 
en  la  premiere  partie  du  ii'^  ini'^''  vi«  fueillet  du  livre  desdiz  comp- 
tes  precedens,  est  acquictie  et  deschargie  ledit  Robinet  d'Estam- 
pes  desdiz  couvercle  d'or  et  pie  d'argent,  comme  il  appert  par  la 
correction  faicte  sur  ladicte  partie.  Pour  ce  icy  ladicte  cruche  de 
pourfire,  a  une  ance  de  mesmes,  non  garnie. 

Ista  pars,  cum  duabus  partibus  immediate  sequentibus  [787-789],  tradite 
et  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et  idco 
acquittatur  hie  idem  Robinetus. 

[S  G,  no  ioi5;  prise  l  liv.  t.] 

788.  Item,  un  goubelet  de  cristal  a  pluseurs  quarres,  a  un 
couvercle  de  mesmes,  roont  et  plat,  garni  d'or;  et  ou  fretelet  du- 
dit  couvercle  a  un  petit  ours  d'or,  tenant  un  balay. 

[S  G,  no  664;  et  le  pie  d'or,  pesant  ensemble  11  marcs  i  once  xvn  esterlins 
et  demi;  prise  lxv  liv.  t.] 

789.  Item,  d'un  pot  d'agathe,  garni  d'or,  a  ours  et  cignes  enle- 
vez,  declaire  en  la  derriere  partie  du  ii'^  ini'"'  vie  fueillet  ensui- 
vant,  est  acquictie  et  deschargie  ledit  Robinet  d'Estampes  des 
pie  et  couvercle  d'or  dudit  pot  seulement,  comme  il  appert  par 
la  correction  faicte  sur  ladicte  partie.  Pour  ce  icy  ledit  pot  d'a- 
gathe sanz  couvercle,  bourde  d'or  et  seme  d'ours  et  cignes  d'or 

enlevez. 

[S  G,  no  41 1 ;  prise  lxvii  liv.  x  sous  t.] 

790.  Item,  deux  bassins  d'argent  dore,  pesans  ensemble  xir 
marcs  v  onces  xu  esterlins  et  obole,  lesquielx  Jehan  Tarenne 
bailla  et  delivra  ou  mois  de  fevrier  I'an  mil  CCCC  et  V;  et,  au 
pris  de  x  frans  le  marc,  valent  vi'^^  vn  frans  vii  deniers  et  obole  t. 

Isti  duo  pelves  redditi  fuerunt  Parisius  executoribus  per  dictum  Robine- 
tum et  postmodum  venditi,  prout  superius  folio  iiii"  vn  in  prima  parte 
dicti  folii,  et  precium  receptum  per  Johannem  Lebourne  in  summa  vi'" 
IX'  xxxin  lib.  vn  sol.  vi  den.  t.,  prout  ibi.  Et  ideo  super  dictum  Lebourne. 

791.  Item,  un  vaissel  de  pierre  serpentine  en  maniere  d'un 
creusequin,  dont  le  couvercle  est  bourde  d'argent  dore,  lequel 


206  VAISSELLE   ACHETKE    PAR   MONSEIGNEUR    [fol.    I  I  7] 

Monseigneur  achata,  ou  mois  de  fevrier  Tan  mil  CCCC  ct  VIII, 
Lx  escus  d'or  comptans. 
[S  G,  n»  1016;  prise  vi  liv.  t.] 

792.  Item,  un  grant  hannap  dc  jaspre  vermeil,  garni  d'argent 
dore,  couvert,  ouvre  en  maniere  dc  plumes  (i);  et  sur  le  fretelet 
du  couvercle  sont  les  amies  de  feu  monseigneur  d'Orleans ; 
lequel  hannap  ainsi  fait,  comme  dit  est,  Monseigneur  achata  de 
Forest  de  Corbechy,  marchant  de  Florence,  levni<=jour  de  juing 
Tan  mil  CCCC  et  IX,  pour  le  pris  et  somme  de  vi^^  vin  liv. 
XVI  sous  III  den.  t. 

Iste  due  partes  [791-792]  tradite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetuni 
executoribus.  Et  ideo  acquittatur  hie. 

[S  G,  n"  412;  pesant  xini  marcs  xii  onces;  prise  vii'"  liv.  t.] 

7g3.  Item,  xii  grans  poz  d'argent,  dorez,  tous  plains,  armoiez 
sur  les  couvercles  aux  armes  de  Monseigneur,  pesans  ensemble 
vi^x  marcs,  lesquielx  furent  achatez  de  Jehan  Tarenne,  le  v<=  jour 
d'avril  I'an  mil  CCCC  et  VIII  avant  Pasques,  au  pris  de  x  francs 
le  marc,  valent  xii^  liv.  t. 

De  istis  xii'^'"  potis  argenti,  redditi  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum 
executoribus  xi,  qui  venditi  fuerunt,  prout  superius  prima  parte  folii  im"  vii; 
precium  quorum  traditum  fuit  Johanni  Lebourne  in  summa  vi"  ix''  xxxiii  lib. 
VII  sol.  VI  den.  t.,  ut  ibi;  quare  super  dictum  Lebourne. 

Et  alia  retenta  fuit  per  Bernardum  d'Armignac,  dictum  Cadet,  prout  in 
inventario  dicte  vasselle  reperitur. 

794.  Item,  VI  autres  grans  poz  d'argent,  dorez,  en  fa^on  de 

poires,  tous  plains,  a  un  escu  sur  I'ance  de  chascun,  hachie  aux 

armes  de  Monseigneur,  pesans  ensemble  lxiii  marcs  iiii  onces ; 

lesquielx  furent  achatez  dudit  Jehan  Tarenne,  ledit  v^  Jour  d'avril 

mil  CCCC  et  VIII  avant  Pasques,  audit  pris  dc  x  frans  le  marc ; 

valent  vi^  xxxv  liv.  t. 

Dicti  VI  poti  redditi  fuerunt,  ut  supra,  et  venditi;  precium  quorum  recep- 
tum  fuit  per  dictum  Lebourne,  ut  supra.  Et  ideo  super  ipsum. 

795.  Item,  une  aiguiere  de  cristal,  en  fa^on  d'un  poisson, 
garnic  d'argent  dore,  que  mondit  Seigneur  achata  aux  estrainnes 
mil  CCCC  et  VI. 

(i)Il  s'agit  sans  doute  d'un  dessin,  representant  des  plumes,  grave  sur  I'ar- 
gent. 


VAISSELLE    ACHETEE    PAR    MONSEIGNEl'R    [fol.    I  1 8]  IQ-J 

Ista  pars  rcddita  fuit  Parisius  cxccutoribus  per  dictum  Robineium,  ut 
supra. 

[S  G,  11°  41  3;  prise  viii  liv.  t.] 

796.  Item,  quatre  aiguieres  d'argent,  dorees,  armoiees  sur  les 

couvercles  aux  amies  de  Monseigneur,  pesans  ensemble  xvi  marcs 

nil  onces  ;  lesquelles  mondit  Seigneur  achata  de  Jehan  Tarenne 

devant  dit,  ou  mois  de  Janvier  Tan  mil  CCCC  et  IX,  au  pris  de 

X  frans  le  marc;  valent  vni'^^  v  frans. 

Reddite  fuerunt  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum  et  vendite 
prout  in  prima  parte  folii  im"  vii  superius;  precium  quarum  aquararium 
receptum  fuit  per  Johannem  Lebourne  in  summa  vi"  ix"  xxxiii  lib.  vii  sol. 
VI  den.  t.,  ut  ibi.  Et  ideo  super  ipsum. 

797.  Item,  de  xxvii  tasses  d'argent  blanc,  armoies  aux  armes 
de  Monseigneur,  declairees  en  la  derriere  partie  du  ii^  nii''^  vni^ 
fueillet  dudit  livre  desdiz  comptes  precedens,  est  acquictie  et 
deschargie  ledit  Robinet  d'Estampes  seulement  de  sept  desdictcs 
tasses,  comme  il  appert  par  les  corrections  faictes  sur  ladicte 
partie.  Pour  ce  icy  le  residu  qui  est  xx  tasses. 

K.  — Una  dexx"  tassis  in  serie  declaratis  amissa  fuit,  ut  constat  per  certifti- 
cacionem  magistrorum  hospicii  et  contrarotulatoris  expensarum  dicti  Do- 
mini, datam  ultima  die  augusti  anno  M°  CCCC"  XIII",  hie  traditam,  cum  man- 
date dicti  Domini  simul  suto,  dato  tercia  die  marcii  anno  M°  CCCC"  XIII", 
per  quod  mandatur  dictum  Robinetum  teneri  quictum  de  dicta  tassa. 

K.  —  Due  alie  dictarum  xx"  tassarum  acomodate  fuerunt  domino  de  Mar- 
chia,  tempore  quo  erat  in  turre  Bicturicensi,  et  ibidem  amisse,  [ut]  constat 
per  mandatum  Domini  datum  xi"  die  aprilis  anno  M"  CCGC°  XII",  hie  red- 
ditum,  per  quod  dictus  Dominus  mandat  dictum  Robinetum  de  eisdem 
acquittari.  Et  ideo  exoneratur  hie  de  ipsis,  virtute  ipsius  mandati. 

K.  —  Una  de  dictis  tassis  data  fuit  Perrino  Lestringal  (i),  sommellario 
esehansonnerie  Domini,  per  mandatum  suum  traditum  super  seeunda  parte 
CI  folii  hujus  compoti. 

Quatuor  de  dictis  tassis  date  fuerunt  pridem  comiti  Augi  per  litteras  dicti 
domini  Duels,  datas  xxiii^  die  maii  M  CCCC  XVI,  hie  retentas. 

Et  residuum,  quod  est  xir  tassarum,  redditum  fuit  Parisius  per  dictum 
Robinetum  executoribus,  et  venditum,  prout  in  prima  parte  superius  folii 
iin""  VII,  et  precium  receptum  per  Johannem  Lebourne  in  summa  vi"  ix=,  xxxni 
lib.  VII  sol.  VI  den.  t.,  ut  ibi.  Quare  super  ipsum. 

798.  Item,  un  goubelet  d'or  et  d'esmaulx  de  pelite,  couvert, 
Guvre  tres  richement  a  jour  de  petites  florettes  de  pluseurs  cou- 

(i)  Pierre  Lestringal  figure  dans  le  chapitre  des  sommeliers  et  autres  gens 
d'eehansonnerie,  parmi  les  serviteurs  du  Due  qui  refurent  des  habits  de 
deuil  (Invent.  S  G,  fol.  ig5  v°). 


208  VAISSELLE    ACHETEE    PAR    MONSEIGNEUR   [fol.     Il8  V"] 

leurs;  et  ou  fretelet  du  couvercle  a  un  balay  room  qui  est  de  la 
pierrerie  d'un  ymaige  d'or  de  Nostre  Dame,  declaire  en  la  iii=  par- 
tie  du  X'  fueillet  dudit  livre ;  lequel  goubelet  Monseigneur  a  eu 
de  Willequin  Bonnin  et  de  ses  deux  compaignons,  orfevres 
ouvrans  pour  mondit  Seigneur  a  Bourges.  Pour  ce  icy  ledit 
goubelet,  ainsi  fait  et  garni,  comme  dit  est,  pesant 

Ista  pars  reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  cxecutoribus.  Et 
ideo  acquittatur  hie. 

[S  G,  no  665  ;  prise  lxv  liv.  t.] 

799.  Item,  un  hannap  d'or,  tout  plain,  convert,  qui  a  sur  le 
fretelet  un  ours  d'or  enleve,  lequel  hannap  poise  nii  marcs 
HI  onces  V  esterlins  d'or;  et  a  este  fait  de  Tor  d'un  grant  collier 
d'or  plat,  fait  a  la  devise  de  mondit  Seigneur;  lequel  fu  achate 
aux  estrainnes  I'an  mil  CCCC  XII,  pour  le  pris  et  somme  de 
V'-"  frans ;  appert  par  les  lettres  de  mondit  Seigneur  sur  ce  don- 
nees  le  xxi^  jour  de  mars  oudit  an,  cy  rendues.  Pour  ce  icy  ledit 
hannap. 

K.^  Dictus  ciphus  datus  fuit  per  dominum  Ducem  duci  d'Yorc,  [ut]  constat 
per  mandatum  suum  super  primo  articulo  scripto  in  secunda  pagina  lit''  fo- 
lii  hujus  libri.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus  de  eodem. 

Habeantur  dicte  litere. 

K.  —  Tradidit,  et  ponuntur  in  ligacia  litterarum  hujus  compoti. 


VAISSELLE,  TANT  D  OR  ET  D  ARGENT,  COMME    AUTREMENT,  POUR  LADICTE 
ESCHANCONNERIE,  DONNEE   A    MONDIT    SEIGNEUR 

800.  Item,  d'un  hannap  de  jaspre,  garni  d'or  et  de  pierrerie, 
declaire  en  la  iiu"  partie  du  11"=  xxxi*^  fueillet  dudit  livre  des  comp- 
tes  precedens,  est  seulement  deschargie  et  acquictie  ledit  Robi- 
net  d'Estampes  de  I'or  et  pierrerie  dudit  hannap  pour  les  causes 
contenues  en  la  correction  faicte  sur  ladicte  partie.  Pour  ce  icy 
ledit  hannap  de  jaspre,  a  un  couvercle  de  mesmes,  non  garniz. 

[S  G,  n"  414;  prise  lx  sous  t.] 

801.  Item,  d'un  goubelet  de  cristal,  garni  d'or,  declaire  en  la 
premiere  partie  du  11'^  xxxii=  fueillet  ensuivant,  est  seulement 
deschargie  ledit  Robinet  d'Estampes  de  I'or  et  pierrerie  dudit 


VAISSELLE   DONNEE   A  MONSEIGN'EUR   [fol.     I  I  g]  2O9 

goubelet  pour  les  causes  declairdes  en  la  correction  faicte  sur 
ladicte  partie.  Pour  ce  icy  ledit  goubelet  de  cristal  sanz  couvercle, 
non  garni. 

Iste  due  partes  accolate  [800-801]  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum 
Robinetum  executoribus.  Et  sic  idem  Robmetus  acquittatur  hie  de  eisdem. 

[S  G,  n"  41 5;  prise  xl  sous  t.] 

802.  Item,  d'un  voirre  de  cristal,  garni  d'or,  declaire  en  la 
troisieme  partie  dudit  u^  xxxii^  fueillet,  est  seulement  acquictid 
et  deschargie  ledit  Robinet  d'Estampes  de  I'or  et  pierrerie  dudit 
voirre  pour  les  causes  contenues  es  corrections  faictes  sur  ladicte 
partie.  Pour  ce  icy  ledit  voirre  sanz  couvercle,  non  garni. 

[S  G,  n"  416;  prise  vi  liv.  t.] 

803.  Item,  un  goubelet  et  un  pot  de  voirre  en  maniere  d'esmail 
blanc,  garniz  d'or,  que  Ic  conte  de  Saint-Pol  donna  a  estrainnes 
a  Monseigneur,  le  premier  jour  de  Janvier  Tan  mil  CCCC  et  I. 

[S  G,  n°  417;  prise  xxiiii  liv.  t.] 

804.  Item,   deux  bouteilles  de  Jaspre  noir,  garnies  d'argent 

dore,  et  en  chascune  un  tixu  de  soye  garnie  de  boucle,  mordant, 

et  les  clos  d'argent  dore;  lesquelles   messire  Thibaut  Portier 

donna  a  estrainnes  a  Monseigneur,  le  premier  jour  de  Janvier  I'an 

mil  CCCC  etIIII. 

Iste  tres  partes,  cum  aliis  in'""  partibus  in  alia  pagina  sequentibus  [801- 
807],  tradite  fuerunt  Parisius,  ut  supra. 
[S  G,  n°  418;  prise  xx  liv.  t.] 

805.  Item,  un  hannap  d'alebastre,  convert,  garni  d'argent  dore; 
lequel  maistre  Gieffroy  Robin  (i)  donna  a  estrainnes  a  Monsei- 
gneur, le  premier  jour  de  Janvier  mil  CCCC  et  deux. 

[S  G,  n"  419;  prise  xii  liv.  t.] 

806.  Item,  une  aiguiere  de  cristal,  ouvree  a  bestes,  a  une  ance 
de  mesmes,  garnie  d'or,  a  petis  soulaux  esmailliez  de  rouge ;  et 
ou  fretelet  a  un  saphir  et  ini  perles;  laquelle  aiguiere  sans  garni- 
son  fu  donnee  a  Monseigneur  par  I'evesque   de  Chartres,  du 


(i)GeofFroy  Robin  etait  attache  au  service  du  due  de  Berry, comme  le  prou- 
vent  certains  articles  de  comptes  encore  existants,  notamment  celui-ci  :  «  A 
maistre  Geuffroy  Robin,  pour  argent  a  luy  rendu  qu'il  a  baillie,  du  com- 
mandement  de  mond.  Seigneur,  a  un  joueur  de  basteaulx,  le  iii»  jour  dudit 
moys  de  mai  1400.  »  (Arch.  Nat.,  KK  254,  fol.  78  v".) 


14 


210  VAISSELLE    BONNEE    A   MONSEIGNEUR    [fol.    I  20] 

temps  qu'il  estoit  son  tresorier,  et  ladicte  garnison  fu  faite  par  la 
main  de  Jehan  Tarenne,  bourgeois  et  changeur  de  Paris.  Pour 
ce  icy  ladicte  aiguiere,  ainsi  faicte  et  garnie,  comme  dit  est. 

[S  G,  n"  420;  prise  iiii"  x  liv.  t.] 

807.  Item,  une  ampole  ou  fiole  roonde  de  pierre,  sur  couleur 
de  pierre  serpentine,  garnie  d'or,  pendant  a  un  tixu  de  soye;  la- 
quelle  fu  donnee  a  Monseigneur,  ou  mois  de  fevrier  I'an  mil 
CCCC  et  VII,  par  madame  de  Bourbon,  contesse  de  Clermont. 

[S  G,  n°  421  ;  prise  xxx  liv.  t.] 

808.  Item,  un  barrillet  de  cristal,  garni  d'or  et  de  pierrerie, 
c'est  assavoir  :  de  xiiii  petis  balais  et  xvi  trochez  de  perles,  en 
chascun  trochet  in  perles,  et  pend  a  un  tixu  de  til  d'or  trait; 
laquelle  garnison  fu  donnee  a  monseigneur  le  Due  par  monsei- 
gneur de  Vendosme  a  estrainnes,  le  premier  jour  de  Janvier  I'an 
mil  CCCC  et  VII ;  et  ledit  barrillet,  sanz  garniz,  lui  avoit  para- 
vant  este  donne  par  I'evesque  de  Chartres,  lors  son  tresorier 
general.  Pour  ce  icy  ledit  barrillet  de  cristal,  ainsi  fait  et  garni 
comme  dit  est. 

[S  G,  n"  422;  prise  11"  xxv  liv.  t.] 

809.  Item,  un  goubelet  de  cristal,  a  couvcrcle  de  mesmes,  que 
la  Royne  donna  a  Monseigneur,  a  Meleun,  ou  mois  dc  juing  I'an 
mil  CCCC  et  VIII,  et  Ta  fait  mondit  Seigneur  garnir  par  la 
main  de  Jehan  Tarenne  d'un  marc,  x  esterlins  d'or,  ou  environ, 
poin9onne  (i)  par  le  pie  a  ours  et  branches  d'orengier,  le  cou- 
vercle  couronne,  et  ou  fons  et  couvercle  a  un  esmail  roont  aux 
armes  de  Monseigneur,  et  ou  fretelet  a  i  saphir  et  iiii  perles;  et 
a  couste  I'or,  pierrerie  et  fa^on,  ini'^'^  x  frans.  Pour  ce  icy  ledit 
goubelet  de  cristal,  ainsi  garni  comme  dit  est. 

Iste  due  partes  cum  in''""  aliis  partibus  in  pagina  sequent!  declaratis 
[808-812],  reddite  et  tradite  fucrunt  Parisius  per  dictum  Robinetum,  ut 
supra. 

[S  G,  n°  423  ;  prise  mi"  liv.  t.] 

810.  Item,  un  petit  pot  de  jaspre  sur  le  vert,  martele,  que  la 

(1)  Poin?onne  veut  dire,  en  general,  decore  d'orncments  (fleurs  de  lis, 
ours,  etc.)  a  I'aide  d'un  poin^on  en  fcr  qui  servait  a  estamper  sur  Ic  metal 
un  dessin  quelconque. 


VAISSELLE    DONNEE    A   MONSEIGNEUR    [fol.    I2l]  211 

Royne  donna  a  Monseigneur,  a  Meleun,  oudit  mois  de  juing 
mil  CCCC  et  VIII ;  et  Ta  fait  mondit  Seigneur  garnir  de  vi  onces 
d'or;  a  un  couvercle  pendant  a  une  ance;  et  ou  fretelet  du  cou- 
vercle  a  v  perles  et  i  saphir;  et  a  couste  Tor,  pierrerie  et  fa^on 
ini^''  frans.  Pour  ce  icy  ledit  pot  de  jaspre,  ainsi  fait  et  garni 
comme  dit  est. 
[S  G,  n°  424;  prise  iiii"  liv.  t.] 

811.  Item,  deux  pos  de  cristal,  en  chascun  une  ance  de  mes- 
mes,  faiz  a  pluseurs  quarres  (i),  que  la  Royne  donna  a  Monsei- 
gneur, a  Meleun,  oudit  mois  de  juing  mil  CCCC  et  VIII  ;lesquels 
mondit  Seigneur  a  faiz  garnir  d'or;  et  ou  fretelet  du  couvercle  de 
chascun  sont  ses  armes  faictes  d'esmail;  et  donna  ladicte  garni- 
son  I'evesque  de  Lavaur  (2).  Pour  ce  icy  lesdiz  deux  pos  de 
cristal,  ainsi  faiz  et  garniz  comme  dit  est. 

[S  G,  n°  423;  prise  11"  liv.  t.] 

812.  Item,  un  autre  pot  de  cristal  roont,  plain,  a  une  ance  de 
mesmes,  que  la  Royne  donna  a  Monseigneur,  a  Meleun,  oudit 
mois  de  Juing  Tan  mil  CCCC  et  VIII;  lequel  mondit  Seigneur 
a  fait  garnir  d'or;  et  [ou]  fretelet  du  couvercle  sont  esmaillees  ses 
armes;  et  donna  ladicte  garnison  ledit  evesque  de  Lavaur.  Pour 
ce  icy  ledit  pot  de  cristal,  ainsi  fait  et  garni  comme  dit  est. 

[S  G,  n°  426;  prise  iiii"  x  liv.  t.] 

8 1 3.  Item,  un  autre  pot  de  cristal,  a  pluseurs  quarres,  a  deux 
ances  de  mesmes,  que  la  Royne  donna  a  Monseigneur,  a  Meleun, 
oudit  mois  de  juing  mil  CCCC  et  VIII;  lequel  mondit  Seigneur 
a  fait  garnir  d'or;  et  le  fretelet  du  couvercle  est  esmaillie  a  ses 
armes;  et  donna  ladicte  garnison  Jamet  de  Nesson  (3).  Pour  ce 
icy  ledit  pot  de  cristal,  ainsi  fait  et  garni  comme  dit  est. 


(i)  Quarres  ou  cares  signifie  facettes. 

(2)  Pierre  Neveu,  qui  occupa  le  siege  de  Lavaur  de  1408  au  5  septem- 
bre  1410.  Guillaume  Neveu,  probablement  un  parent  de  Pierre,  reijut  divers 
presents  du  due  de  Berry,  d'apres  I'inventaire  de  140 1. 

(3)  L'un  des  gens  des  comptes  du  Due  s'appelait  Barthelemy  de  Nesson. 
(Arch.  Nat.,  KK  25o,  fol.  134  v°.)  Parmi  les  secretaires  du  Due,  faisant 
partie  de  sa  maison  au  moment  de  sa  mort(Inventaire  L  f,  54),  figure  Pierre 
de  Nesson.  Nous  ignorons  quelle  situation  Jamet  de  Nesson  occupait  aupres 
du  due  de  Berry. 


212  VAISSELLE  DONNEE   A    MONSEIGNEUR    [fol.    121    V^] 

Ista  pars  reddita  fuit,  ut  supra. 
[S  G,  n°  427;  prise  vi"  liv.  t.] 

814.  Item,  un  hannap  de  cristal,  ouvre,  garni  d'or,  asoulaux  et 
estoilles  esmaillez  de  blanc  et  de  rouge  cler,  le  couvercle  d'or, 
alentour  duquel  a  viii  pieces  de  bericles  roondes  et  plates,  as- 
sises a  jour;  le  fretelet  du  couvercle  esmaillie  de  blanc  et  garni 
de  VI  dyamens  plaz,  vi  perles  et  i  saphir;  lequel  hannap,  ainsy 
garni  comme  dit  est,  I'evesque  de  Chartres  donna  a  Monsei- 
gneur  ou  mois  de  Juillet  I'an  mil  CCCG  et  VIII. 

K.  —  Dictus  ciphus  cristalli,  cum  aquaria  in  articulo  sequenti  declarata 
[814-81 5],  munita  ut  in  serie,  dati  fuerunt  summo  pontifici  et  missi  per 
magistrum  Michaelem  Bovis,  per  mandatum  super  secunda  parte  clxv''  folii 
hujus  compoti.  Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus  de  ipsis. 

81 5.  Item,  une  aiguiere  de  cristal,  toute  plainne,  garnie  d'or, 
de  paraille  devise  dudit  hannap;  I'ance  et  biberon  d'or;  le  fretelet 
du  couvercle  esmaillie  de  blanc  et  garni  de  vi  dyamens  plaz, 
VI  perles  et  i  saphir;  laquelle  aiguiere,  ainsi  garnie  comme  dit 
est,  I'evesque  de  Chartres  donna  a  mondit  Seigneur  avec  le  han- 
nap dessusdit,  oudit  mois  de  juillet  mil  CCCC  et  VIII. 

816.  Item,  un  goubelet  de  voirre  en  maniere  d'esmail  blanc, 
le  pie  et  couvercle  duquel  sont  garniz  d'un  petit  d'or ;  lequel 
goubelet  ainsi  garni  messire  Olivier  de  Mauny  (i)  donna  a 
Monseigneur  aux  estraines,  le  premier  jour  de  janvicr  Fan  mil 

CCCC  et  VI. 

Ista  pars  reddita  fuit  Parisius  per  dictum    Robinetum  executoribus.  Et 
ideo  de  eadem  idem  Robinetus  acquittatur  hie. 
[S  G,  n"  1017;  prise  viii  liv.  t.] 

817.  Item,  d'un  long  goubelet  de  cristal,  a  pluseurs  quarres, 
declaire  en  la  iiii^  partie  du  iii'^  xxviii«  fueillet  dudit  livre  des 
comptes  precedens,  est  seulement  deschargie  ledit  Robinet  d'Es- 


(i)  Olivier  de  Mauny  avait  ete  investi,  en  septembre  1404,  de  la  capitai- 
nerie  de  Saint-Malo  qu'avait  occupee  Renaud  de  Trie,  amiral  de  France.  Le 
Borgne  de  la  Heuse  la  lui  disputa  et  lui  intenta  un  proces  que  le  Parle- 
ment  trancha  en  faveur  d'Olivier  en  1407.  (Voy.  Tuetey,  Choix  de  Testa- 
ments, p.  418,  et  Journal  de  Nicolas  de  Baje,  t.  I,  p.  i53.)  Le  14  dccembre 
141 5,  Olivier  de  Mauny  fut  nomme  bailli  de  Caen.  {Journal  de  N.  de  Baye, 
t.  II,  p.  2H0.) 


VAISSELLE    DONNKE    A   MONSEIGNEUR    [fol.    I  22    vo]  2l3 

tampes  de  Tor  et  pierrerie  dudit  goubelet  pour  les  causes  conte- 
nues  en  la  correction  faicte  sur  ladicte  partie.  Pour  ce  icy  ledit 
goubelet  de  cristal  sanz  couvercle,  non  garni. 
[S  G,  n°  1018  ;  prise  xvi  liv.  t.] 

818.  Item,  un  pot  de  cristal,  a  une  ance  de  mesnies,  fait  a 
pluseurs  quarres,  garni  d'or;  et  ou  fons  et  ou  fretelet  du  cou- 
vercle sent  les  armes  de  Monseigneur,  faictes  d'esmail ;  lequel 
pot  feu  messire  Jehan  de  Montagu,  en  son  vivant  grant  maistre 
d'ostel  du  Roy,  donna  a  Monseigneur,  sans  garnison,  et  mondit 
Seigneur  I'a  ainsi  fait  garnir  comme  dit  est. 

[S  G,  n"  428;  prise  cl  liv.  t.] 

8ig.  Item,  un  grant  bassin  de  pourfire,  garni  d'argent  dore, 
que  le  grant  prieurde  Thoulouse  (i)  donna  a  Monseigneur  ou 
mois  de  decembre  Tan  mil  CCCC  et  VII. 

Iste  tres  partes,  cum  aliis  iii*""  partibus  in  pagina  sequenti  [817-822], 
tradite  et  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum,  ut  supra. 

[S  G,  n"  loig;  pesant  I'argent  trois  marcs,  car  le  bassin  est  rompu; 
prise  XXII  liv.  x  sous  t.] 

820.  Item,  une  aiguiere,  sans  couvercle,  large  par  dessus,  qui 
est  de  voirre  taint  sur  la  couleur  dudit  bassin,  que  ledit  prieur 
donna  a  Monseigneur  oudit  mois  de  decembre  mil  CCCC  et  VII. 

[S  G,  n°  429;  prise  x  liv.  t.] 

821.  Item,  deux  grans  ampoles  ou  lioles  de  voirre  taint  sur 
couleur  de  pierre  serpentine,  Tune  en  fafon  de  poire  et  I'autre 
en  fa9on  de  cougourde  (2),  garnies  d'argent  dord,  pendans  chas- 
cune  a  un  tixu  de  soye  noire;  lesquelles  ledit  grant  prieur  de 
Toulouse  donna  a  mondit  Seigneur  oudit  mois  de  decembre 
mil  CCCC  et  VII. 

[S  G,  n°  430;  prise  xv  liv.  t.] 


(i)  Raymond  de  Lescure,  grand  commandeur  de  Malte,  grand  prieur  de 
Toulouse,  lieutenant  du  Grand  Maitre  et  administrateur  du  tresor  de  I'Or- 
dre,  joua  un  role  considerable  au  debut  du  quinzieme  siecle  et  se  fit  remar- 
quer  egalement  par  ses  talents  militaires  et  ses  qualites  administratives.  II 
mourut  en  141 1,  dans  un  combat  contre  ies  Turcs.  (Voy.  Du  Bourg,  His- 
toire  du  grand  prieiire  de  Toulouse.  Toulouse,  i883,  in-8%  p.  149). 

(2)  Cette  ampoule  avait  sans  doute  la  forme  d'une  gourde  ou  courge, 
ofFrant  deux  parties  spheriques  separees  par  un  renflement, 


214  VAISSELLE   DONNEE    A   MONSEIGNEUR    [fol.    123] 

822.  Item,  un  goubelet  de  madre,  garni  d'argent  dore;  et  sur 
le  fretelet  du  couvercle  a  une  pierre  de  mine  d'or;  lequel  gou- 
belet un  chevallier  d'Alemaigne  a  donne  a  mondit  Seigneur. 

[S  G,  n°  1020;  prise  viii  liv.  t.] 

823.  Item,  une  aiguiere  d'une  pierre  estrange,  sur  le  vert,  ta- 
chee,  garnie  de  faulse  pierrerie,  que  la  Royne  donna  a  Monsei- 
gneur,  a  Meleun,  ou  mois  de  juing  Tan  mil  CCCC  et  VI 1 1 . 

[S  G,  n°  1021  ;  prise  xv  liv.  t.] 

824.  Item,  un  grant  pot  de  cristal,  a  deux  ances  de  mesmes, 

garni  d'argent  dore,  et  sur  le  couvercle  a  un  hault  tabernacle 

d'argent  dore,  fait  de  maconnerie,  bien  delieement  ouvre ;  et  siet 

ledit  pot  sur  un  grant  pie  d'argent  dore  esmaillie ;  et  y  a  pluseurs 

ymaigesde  taille  quisoustiennent  ledit  pot;  lequelpot,  ainsi  garni 

comme  dit  est,  I'abbe  du  Bore  de  Deolx  (i)  a  donne  a  Monsei- 

gneur. 

[S  G,  n"  43 1  ;  pesant  ensemble  xxxviii  marcs  iiii  onces;  prise  iiii"  l  liv.  t.] 

825.  Item,  un  autre  grant  pot  de  cristal,  garni  d'argent  dore, 
a  une  ance  et  biberon  de  mesmes,  garni  d'argent  dore,  le  cou- 
vercle couronne,  et  le  fretelet  fait  de  branches;  et  siet  sur  un  pie 
d'argent  dore;  lequel  pot,  ainsi  garni  comme  dit  est,  monsei- 
gneur  le  conte  daulphin  d'Auvergne  a  donne  a  Monseigneur. 

Iste  tres  partes,  cum  aliis  111''"°  partibus  in  pagina  sequenti  contentis 
[823-828],  reddite  et  tradite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum,  ut 
supra. 

[S  G,  n"  1022;  pesant  XXV  marcs  et  demi;  prise  iii"  liv.  t.] 

826.  Item,  une  aiguiere  de  cristal,  ouvree  a  fueillages  et  a 
oiseaulx,  garnie  d'argent  dore,  scant  sur  iii  leonceaulx  d'argent 
dore ;  laquelle  fu  donnee  a  Monseigneur  par  Christofle  de  la  Mer, 
lui  estant  son  tresorier  general  (2). 

[S  G,  n°  432  ;  prise  xxxvi  liv.  t.] 


(i)  Bourg  Dieu  ou  Deols  au  diocese  de  Bourges.  Un  abbe  de  Deols, 
nomme  Helias,  est  cite  dans  les  actes  du  concile  de  Pise  en  1409.  Son  predc- 
cesseur  se  nommait  Hugues  IV  de  Cros  (i383). 

(2)  Christophe  de  la  Mer  avait  d'abord  ete  conseiller  du  due  de  Berry  vers 
1400  (Voy.  Arch.  Nat.,  KK  264,  fol.  62.)  En  1394,  Philippe  le  Hardi  achetait 
a  un  Christophe  de  la  Mer,  marchand  genois,  un  certain  nombre  de  joyaux. 
(E.  Petit,  Itine'raires  d^s  dues  de  Boiirgogne,  p.  549.)  Ce  meme  marchand 


VAISSELLE   DONNEE   A    MONSEIGNEUR    [fol.     1 24]  21  5 

827.  Item,  III  pos  de  voirre,  garniz  d'argent  dore,  que  feue  ma- 
damoiselle  de  Baviere  (i),  que  Dieux  absoille,  donna  a  Mon- 
seigneur. 

[S.  G,  n°  1023  ;  prise  xl  liv.  t.] 

828.  Item,  d'une  aiguiere  de  voirre  taint  en  maniere  d'une 
agathe,  declairee  en  la  derriere  partie  du  iii^  lxihi^  fueillet  dudit 
livre  des  comptes  precedens,  est  seulement  deschargie  ledit  Ro- 
binet  d'Estampes  de  Tor  dont  estoit  garnie  ladicte  aiguiere, 
comma  il  appert  par  la  correction  faicte  sur  ladicte  partie.  Pour 
ce  icy  ladicte  aiguiere  de  voirre  taint  en  maniere  d'une  agathe, 
sanz  couvercle,  ance  et  biberon,  non  garnie. 

[S  G,  n°  1024;  prise  i  sol  iii  den.  t.] 

829.  Item,  un  hannap  d'argent  blanc,  convert,  ouvre  par  dehors 
a  fueillages  enlevez  en  maniere  de  haulte  taille,  et  martele  par 
dedans,  duquel  la  bourdeure,  le  fretelet  du  couvercle  et  le  souaige 
du  pie  sont  d'or ;  et  fu  donne  a  monseigneur  le  Due  par  Guil- 
laume  de  Lode,  son  escuier  et  chambellan,  aux  estraines,  la  pre- 
mier jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCC  et  X. 

Redditus  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetuni  executoribus  et  postmodum 
venditus,  prout  in  prima  parte  folii  iiii"  vii  superius;  precium  cujus  recep- 
tum  fuit  per  Johannem  Lebourne  in  summa  vi""  ix"  xxxni  lib.vii  sol.  vi  den. 
t.,  ut  ibi.  Et  ideo  super  ipsum. 

830.  Item,  une  aiguiere  de  pourcellainne  ouvree,  les  pid,  cou- 
vercle et  biberon  de  laquelle  sont  d'argent  dore ;  et  I'envoia  nostre 
saint  pare  papa  Jehan  xxni^  en  don  a  Monseigneur,  par  I'evesqua 
d'Alby  (2),  ou  mois  de  novembre  I'an  mil  CCCC  at  X. 

Ista  pars  reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.   Et 
ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus  de  eadem. 
[S  G,  n"  1025;  prise  xviii  liv.  t.] 

83 1.  Item,  un  goubelet  d'or,   convert,  asmaille    alentour  de 

vendit,  pour  le  prix  de  7400  livres,  la  belle  croix  d'or  garnie  de  pierreries 
dont  le  due  de  Bourgogne  fit  present  au  due  de  Berry,  le  6  avril  i3gg  {Ibi- 
dem, p.  562.)  Le  marchand  est  peut-etre  le  meme  individu  que  le  conseiller 
devenu  par  la  suite  tresorier  general  du  Due. 

(i)  C'est  la  bru  du  due  de  Berry,  morte  vers  1406,  devenue  duchesse  de 
Baviere  apres  la  mort  de  son  premier  mari,  le  comte  de  Montpensier,  fils 
du  due  de  Berry.  (Voy.  ci-dessus  la  note  de  I'art.  3 16.) 

(2)  Cf.  I'article  447  du  present  inventaire. 


2l6  VAISSELLE    DONNEE   A    MONSEIGNEUR    [fol.    1 24    V°] 

I'istoire  saint  George,  et  le  couvercle  esmailli^  de  quatre  roynes, 

et  sur  le  fretelet  a  un  empereur  enleve,  et  le  pie  ouvre  en  maniere 

d'une  raiz  de  souleil ;  lequel  goubelet  monseigneur  de  Bourgoi- 

gne  donna  a  mondit  Seigneur  aux  estrainnes,  le  premier  jour  de 

Janvier  Tan  mil  CCCG  XII.  Et  n'est  point  rendu  en  recepte  ou 

compte  precedant  (i). 

K.  —  Datus  fuit  domine  ducissc  Borbonensi  per  mandatum  super  ii*  parte 
CLXv"  folii  hujus  compoti  redditum;  vitute  cujus  acquittatur  hie  dictus  Ro- 
binetus. 

832.  Item,  une  aiguiere  d'or,  toute  plainne,  en  Tance  et  ou  pi6 
de  laquelle  a  escript  qu'elle  fu  de  monseigneur  saint  Loys,  roy 
de  France;  laquelle  Tevesque  de  Chartres  (2)  donna  a  mondit 
Seigneur,  ausdictes  estrainnes  mil  CCCG  XII.  Et  n'est  point 
rendu  en  recepte  es  comptes  precedens. 

K.  —  Dicta  aquaria  data  fuit  domino  duci  Acquitanie  per  mandatum 
super  vi''  parte  lxx""  folii  hujus  compoti  traditum;  virtute  cujus  dictus 
Robinetus  acquittatur  hie  de  eadem. 

833.  Item,   un  hannap  d'or,  tout   plain,  convert;  le    fretelet 

duquel  est  d'un  gros  bouton  d'or  roont;  lequel  hannap  Guil- 

laume  de  Lode  donna  a  mondit  Seigneur  ausdictes  estrainnes 

mil    GGGG   XII.  Et  n'est    point  rendu   en   recepte  ou  compte 

precedant. 

K.  —  Dictus  ciphus  datus  fuit  domino  Alvarro  Quaralle  per  mandatum 
super  prima  parte  secunde  pagine  clvii  folii  hujus  compoti  traditum;  virtute 
cujus  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

834.  Item,  un  goubelet  d'argent  dore,  couvert,  ouvre  de  taber- 
nacles et  fenestraiges  d'argent  blanc  et  d'esmail,  de  plusieurs 
couleurs  en  m.aniere  de  voirrieres,  seant  sur  trois  ours  d'argent 
dorez;  et  sur  le  fretelet  a  un  autre  ours;  lequel  goubelet  Bureau 
de  Dampmartin  donna  a  mondit  Seigneur  ausdictes  estrainnes. 
Et  n'est  point  rendu  en  recepte  es  comptes  precedens. 

Ista  pars  reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et 
ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 

[S  G,  n<»  433;  pesant  vi  marcs  mi  onces;  prise  lxv  liv.  t.] 

(i)  Get  article  et  les  trois  suivants  ont  ete  ajoutes  apres  coup,  ainsi  que  le 
prouve  la  difference  de  I'ecriture  et  de  I'encre. 

(2)  Gette  aiguiere  donnee  par  I'eveque  de  Chartres  ne  provenait-elle  pas 
du  tresor  de  la  cathedrale  ,'' 


VAISSELLE   DES    INVENTAIRES    [fol.     12  5]  21 7 


VAISSELLE    D  ARGENT,   POUR    FRUITERIE,   DES    INVENTOIRES 

835.  Item,  de  x  petites  escuelles  d'argent  blanc  pour  servir  de 
fruit,  declairees  en  la  vine  partie  du  xxii=  fueillet  du  livre  desdiz 
comptes  precedens,  a  monseigneur  le  Due  fait  oster  les  amies  de 
feu  monseigneur  d'Estampes  et  y  mettre  les  siennes,  et,  avec  ce, 
les  a  faictes  dorer,  comme  il  appert  par  la  correction  faicte  sur 
ladicte  partie.  Pour  ce  icy  lesdictes  x  petites  escuelles  d'argent 
dore  pour  servir  de  fruit,  signees  aux  armes  de  mondit  Seigneur, 
pesant  ensemble  xii  marcs  vi  onces  x  esterlins. 

K.  —  Una  de  dictis  x  scutellis  amissa  fuit  mense  marcii  anno  M°  CCCC  XII, 
ut  con.stat  per  certifficacionem  magistrorum  hospicii  et  contrarotulatoris 
expense  dicti  Domini,  datam  prima  die  aprilis  sequentis,  eodem  anno, 
ligatam  cum  mandato  Domini  super  secunda  parte  cxviii  folii  presentis 
compoti  tradito;  virtute  quorum  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de  dicta 
scutella. 

K.  —  Quinque  scutelle  dc  numero  dictarum  x""  scutellarum  amisse  fue- 
runt,  videlicet :  due  prime  in  villis  Meluni  et  Corholii,  tempore  quo  dominus 
Dux  ibidem  aftuit,  credens  ire  Parisius  ad  Regemet  fuit  impeditus;  alie  due 
Bitturis,  videlicet :  una  in  hospicio  Jacopitarum,  mense  marcii  M  CCCC  XI, 
et  alia  in  hospicio  archiepiscopi,  die  Pasche  sequentis;  et  ultima  in  hospicio 
Nigelle,  Parisius,  in  camera  comitis  Augui,  mense  decembris  M  CCCC  XII, 
[ut]  constat  per  certifficacionem  magistrorum  hospicii  Domini,  datam  ultima 
die  marcii  M  CCCC  XII,  hie  traditam  cum  mandato  Domini  date  xi*  die 
aprilis  sequentis,  eodem  anno;  virtute  quorum  dictus  Robinetus  acquittatur 
hie  de  dictis  v  scutellis. 

Residuum  dictarum  scutellarum,  quod  est  quatuor,  redditum  fuit  Parisius 
exeeutoribus  per  dictum  Robinetum,  et  venditum,  prout  in  prima  parte  folii 
iiii"  VII  superius,  et  preeium  receptum  per  Johannem  Lebourne  in  summa 
de  VI"  ix°  xxxiii  lib.  vii  sol.  vi  den.  t.,  ut  ibi  plenius.  Et  ideo  super  dictum 
Lebourne. 

[B,  no  104.] 

836.  Item,  deux  paires  de  chandelliers  d'argent  blanc,  ou  il  a 

en  chascun  deux  broches,  pesans  ensemble  xxxvii  marcs  i  once 

X  esterlins. 

Ista  duo  candelabra  reddita  fuerunt  Parisius  exeeutoribus  per  dictum 
Robinetum,  et  vendita,  prout  in  prima  parte  superius  folii  iiii"  vii,  et  pre- 
eium receptum  per  Johannem  Lebourne  in  summa  de  vi"  ix°  xxxiji  lib, 
vii  sol.  VI  den.  t.,  ut  ibi  plenius;  quare  super  ipsum, 

[B,  no  357.] 


2l8  VAISSELLE    ACHETEE   PAR   MONSEIGNEUR    [fol.    I  26] 


AUTRE    VAISSELLE    D  ARGENT,   POUR    FRUITERIE,   ACHATEE 
PAR    MONSEIGNEUR   LE   DUG. 

837.  Item,  VI  platellez  d'argent  dorez,  pour  servir  de  fruit, 
esmaillez  ou  fons  aux  armes  de  Monseigneur,  pesans  ensemble 
XV  marcs  iii  onces  d'argent;  lesquelx  Monseigneur  achata  de 
Jehan  Tarenne,  le  v^  jour  d'avril  mil  CCCC  et  VIII  avant  Pas- 
ques,  au  pris  de  x  frans  le  marc;  valent  cliii  liv.  xv  sous  t. 

Isti  VI  platelli  redditi  fuerunt  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum, 
et  venditi,  prout  superius  prima  parte  folii  iiii"''  vii,  et  precium  receptum 
per  Johannem  Lebourne  in  summa  vi*"  ix''  xxxiii  lib.  vii  sol.  vi  den.  t.,  ut 
plenius  ibi.  Et  ideo  super  ipsum. 


VAISSELLE    d'argent,    POUR    ESPICERIE,    DES    INVENTOIRES. 

838.  Item,  un  dragouer  d'argent  dore,  et  ou  fons  d'icellui  avoit 
un  esmail  roont  des  armes  de  Monseigneur,  et  sur  le  bourt 
dudit  dragouer  trois  esmaulx  desdictes  armes,  et  estoit  hachie 
sur  le  pie  et  sur  ledit  bourt  de  fueillages;  qui  fu  de  feu  Monsei- 
gneur d'Estampes;  pesant  x  marcs  vii  onces  xv  esterlins. 

[B,  no  355.] 

839.  Item,  un  autre  petit  dragouer  d'argent  dore,  ou  fons 
duquel  a  un  esmail  roont  aux  armes  de  Monseigneur;  et  est  fait 
par  les  bours  par  maniere  de  pampes  hachees  a  fueillages; 
pesant  xi  mars  ii  onces. 

Iste  due  partes  accolate  [SSS-SSg]  reddite  fuerunt  Parisius  executoribus 
per  dictum  Robinetum,  et  vendite,  prout  superius  prima  parte  folii  nn^vii, 
et  precium  receptum  per  Johannem  Lebourne  in  summa  de  vi"  ix"  xxxiii  lib. 
VII  sol.  VI  den.  t.,  ut  plenius  ibi.  Ideo  super  dictum  Lebourne. 

[B,  no  356.] 

840.  Item,  un  dragouer  d'argent  dore,  esmaillie  sur  le  pie  a 
ymaiges  de  pluseurs  esmaulx,  et  par  dedens  a  un  esmail  d'un 
lion;  pesant  v  marcs  vii  onces  xv  esterlins. 


VAISSELLE   ACHETEE   PAR    MONSEIGNEUR    [fol.     127    vo]  219 

Ista  pars  reddita  et  tradita  fuit  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et 
ideo  idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  dicto  dragerio. 

[B,  no  863.  —  S  G,  n°  434  :  neant  cy,  pource  que  ledit  commis  en  a  fait 
recepte  ou  compte  des  funcrailles.] 


AUTRE    VAISSELLE    D  ARGENT,    POUR    ESPICERIE,    ACHATEE 
PAR    MONDIT    SEIGNEUR. 

841 .  Item,  un  dragouer  d'argent  dore,  pesant  ix  marcs  vi  onces 
X  esterlins;  lequel  mondit  Seigneur  achata  de  Jehan  Tarenne, 
bourgeois  et  changeur  de  Paris,  le  iiii«  jour  de  mars  Tan  mil 
CCCC  et  nil,  pour  le  pris  de  x  frans  le  marc,  valent  iiii'''^  xviii 
frans  ii  sous  vi  deniers  t. 

Dictum  dragerium  redditum  fuit  Parisius  executoribus  per  dictum  Robi- 
netum, et  venditum,  prout  superius  prima  parte  folii  nu'"  vii,  et  precium 
receptum  per  Johannem  Lebourne  in  summavi"  ix°  xxxni  lib.  vnsol.  vi  den. 
t.,  ut  ibi  plenius.  Et  ideo  super  ipsum. 


AUTRE    VAISSELLE    D  ARGENT    ET    AUTREMENT,    POUR    ESPICERIE, 
DONNEE    A    MONDIT    SEIGNEUR. 


842.  Item,  un  dragouer  de  jaspre,  garni  d'argent  dore  et  de 
pluseurs  pierres  de  diverses  manieres  et  perles  de  petite  valeur, 
que  le  grant  prieur  de  Thoulouse  donna  a  mondit  Seigneur  a 
estrainnes,  le  premier  Jour  de  Janvier  Tan  mil  CCCC  et  VII. 

Ista  pars  reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et  ideo 
acquittatur  hie  idem  Robinetus. 

[S  G,  n°  435;  prise  xxiiii  liv.  t.] 


VAISSELLE    D  ARGENT,    POUR    CUISINE,    DES    INVENTOIRES. 

843.  Item,  de  xii  escuelles  d'argent  dore,  toutes  plainnes, 
pesans  ensemble  xxiiii  marcs  iiii  onces,  declairees  en  la  premiere 
partie  du  xxiiii«  fueillet  du  livre  desdiz  comptes  precedens,  est 


220  VAISSELLE    DES    INVENTAIRES    [fol.     I  28   V] 

deschargie  ledit  Robinet  d'Estampes  de  xi  desdictes  escuelles 
pour  les  causes  contenues  es  corrections  faictes  sur  ladicte  partie. 
Pour  ce  icy  seulement  une  desdictes  escuelles,  pesant  i  marc 
VII  onces  d'argent. 

K.  —  Dicta  scutella,  cum  aliis  partibus  auri  et  argenti,  tradita  fuit  Matheo 
Heron,  thesaurario  Domini,  [ut]  constat  persuam  certifficacionem  cum  man- 
dato  ejusdem  Domini  redditam  super  iiii'"  parte  iiii"  xvi"  folii  hujus  com- 
poti;  virtute  quorum  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  ad  onus  dicti  thesau- 
rarii. 


AUTRE  VAISSELLE  d'aRGENT,  POUR  CUISINE,  ACHATEE  PAR  MONSEIGNEUR. 

844.  Item,  de  douze  plaz  d'argent  dorez,  aux  armes  de  Monsei- 
gneur,  pesans  ensemble  xlviii  marcs  v  onces  v  esterlins,  declairez 
en  la  premiere  partie  du  ciiii^'^  vi^  fueillet  dudit  livre,  est  acquit- 
tie  ledit  Robinet  d'Estampes  de  vii  desdiz  plaz  pour  les  causes 
contenues  es  corrections  faictes  sur  ladicte  partie.  Pour  ce  icy 

seulement  cinq  desdiz  plaz. 

K.  — Unusdictorumquinque  discorum  amissus  fuit  Bitturis,  xvi'^die  julii 
anno  M"  CCCC°  XII%  [ut]  constat  per  certifficacionem  magistrorum  hospicii 
et  mandatum  Domini  supra  ii"*^  parte  cxxv«  folii  hujus  compoti  traditum; 
quorum  virtute  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de  ipso. 

K.  —  Unus  alius,  in  pondere  iii  marcorum  vi  onciarum,  traditus  fuit  Ma- 
theo Heron,  [ut]  constat  per  suam  certifficacionem,  dp  qua  habetur  mencio 
in  primo  articuio  scripto  super  articulo  sequenti,  et  acquittatur  hie  de 
eodem,  ad  onus  dicti  thesaurarii,  ut  ibidem. 

De  residuo  dictorum  discorum,  quod  est  HI,  unus  redditus  fuit  Parisius 
executoribus  per  dictum  Robinetum,  et  venditus,  prout  superius  prima 
parte  folii  iiii'-vii,  et  precium  traditum  Johanni  Lebourne  in  summa  vi""  ix" 
xxxiu  lib.  vu  sol.  VI  den.  t.,  ut  plenius  ibi.  Quare  super  dictum  Lebourne. 

Et  duo  alii  amissi  fuerunt,  unus  apud  Sanctum  Dyonisium,  prout  constat 
per  litteras  dicti  domini  Ducis  et  per  certifficacionem  magistrorum  hospicii 
dicti  Domini  datas,  videlicet  illas  de  dicto  domino  Duce  x»  septembris 
M  CCCC  XV,  et  certificationem  xxviii  julii  M  CCCC  XV,  hie  redditas. 

Et  alius  in  hospicio  Nigelle,  Parisius,  ut  constat  per  litteras  dicti  domini 
Ducis  et  per  certifficacionem  dictorum  magistrorum  hospicii,  similiter  hie 
redditas.  Et  idem  Robinetus  exoneratur  hie  de  eisdem. 

845.  Item,  de  six  grans  plaz  d'argent  dorez,  aux  armes  de 
mondit  Seigneur,  pesans  ensemble  lx  marcs  ii  onces  xv  ester- 
lins, declairez  en  la  ii«  partie  dudit  ciiii^^  vi=  fueillet,  est  seule- 
ment acquittie  ledit   Robinet  d'Estampes  de  I'un  desdiz  plaz 


VAISSELLE    ACHETEE    par    MONSEIGNEUR    [fol.     129]  22  1 

pour  les  causes  contenues  en  la  correction  faicte   sur  ladicte 
partie.  Pour  ce  icy  cinq  desdiz  plaz. 

K.  —  Duo  dictorum  quinque  discorum,  in  pondere  xix  marcarum  vi  on- 
ciarum  argenti,  traditi  fuerunt  cum  aliis  pluribus  partibus  auri  et  argenti 
Matheo  Heron,  thesaurario  suo,  [ut]  constat  per  suam  certifficacionem  cum 
mandato  ejusdem  Domini  redditam  super  quarta  parte  nonagesimi  sexti 
folii  hujus  compoti;  virtute  quorum  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de 
ipsis  ad  onus  dicti  thesaurarii. 

Residuum,  quod  est  III,  redditum  fuit  Parisius  executoribus  per  dictum 
Robinetum,  et  postmodum  venditum,  prout  superius  prima  parte  folii 
nil"  VH,  et  precium  receptum  per  Johannem  Lebourne  in  summa  de  vi" 
ix'=  xxxni  lib.  vn  sol.  vi  den.  t.,  ut  plenius  ibi.  Et  ideo  super  ipsum. 

846.  Item,  de  xii  escuelles  d'argent  dore,  ausdictes  amies,  pe- 
sans  ensemble  xxxvi  marcs  11  onces  xv  esterlins,  declairees  en  la 
iii«  partie  dudit  ciiiF'*^  vi«  fueillet,  est  acquittie  ledit  Robinet 
d'Estampes  de  quatre  desdictes  escuelles  pour  les  causes  conte- 
nues es  corrections  faictes  sur  ladicte  partie.  Pour  ce  icy  seule- 
ment  viii  desdictes  escuelles. 

K.  —  Dicteocto  scutelIe,ponderantes  xxni  marcas  vii  oncias  argenti,  tradite 
fuerunt,  cum  aliis  pluribus  partibus  auri  et  argenti,  Matheo  Heron,  thesau- 
rario Domini,  [ut]  constat  per  certiflBcacionem  suam  redditam  cum  mandato 
ipsius  Domini  super  quarta  parte  nonagesimi  vi''  folii  presentis  compoti ; 
virtute  quorum  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de  ipsis  ad  onus  dicti  the- 
saurarii. 

847.  Item,  de  sept  plaz  d'argent  blanc ,  pesans  ensemble 
xxvni  marcs  xii  esterlins  obole,  declairez  en  Ja  penultime  partie 
dudit  ciiii'^''  vi=  fueillet,  est  acquittie  ledit  Robinet  d'Estampes 
de  six  desdiz  plaz  pour  les  causes  contenues  es  corrections  faic- 
tes sur  ladicte  partie.  Pour  ce  icy  seulement  I'un  desdiz  plaz. 

K.  —  Amissus  fuit  apud  Magdunum,  n''*  die  augusti  anno  M"  CCCC°  XH", 
[ut]  constat  per  certifficacionem  et  mandatum  super  secunda  parte  cxxv" 
folii  hujus  compoti  redditum;  quorum  virtute  dictus  Robinetus  acquittatur 
hie  de  eodem. 

848.  Item,  de  trois  dozaines  d'escuelles  d'argent  dorees,  ar- 
moiees  aux  armes  de  Monseigneur,  pesans  ensemble  environ 
Lxxn  marcs,  declairees  es  ini^  et  ve  parties  du  ii'^  lui^^  x=  fueillet 
dudit  livre,  est  acquittie  ledit  Robinet  d'Estampes  de  xv  des- 
dictes escuelles,  comme  il  appert  par  les  corrections  faictes  sur 
la  premiere  desdictes  deux  parties.  Pour  ce  icy  xxi  desdictes 
escuelles. 


222  VAISSELLE    ACHETEE    PAR   MONSEIGNEUR    [fol.    l3o] 

K.  —  Una  de  dictis  xxi  scutellis  amissa  fuit  in  hospicio  domini  archiepis- 
copi,  Bicturis,  xxix*  die  marcii  anno  M"  CCCC  XI",  [ut]  constat  per  certiffi- 
cacionem  magistrorum  hospicii  dicti  domini  Ducis,  datam  xi"  die  februarii 
anno  M"  CCCC°  XII",  ligatam  cum  mandato  cjusdem  Domini  super  11''°  parte 
cxxv''  folii  hujus  compoti  tradito;  virtute  quorum  dictus  Robinetus  acquit- 
tatur  hie  de  ipsa. 

Item,  tres  de  dictis  xxi  scutellis  amisse  fuerunt  in  hospicio  dicti  domini 
Ducis,  prout  constat  per  certii^icacionem  magistrorum  hospicii  dicti  Domini, 
datam  xxviii"  die  julii  M  CCCC  XV,  alligatam  cum  mandato  ejusdem  Do- 
mini, dato  x*  die  scptembris  M  CCCC  XV,  superius  reddito.  Et  sic  de  eis- 
dem  acquittatur  idem  Robinetus. 

Et  alie  xvii  scutelle  remanentes  de  dictis  xxi  reddite  fuerunt  Parisius  exe- 
cutoribus  per  dictum  Robinetum,  et  postmodum  vendite,  prout  superius 
prima  parte  folii  iiii"  vii,  et  precium  receptum  per  Johannem  Lebourne 
predictum  in  summa  de  vi""  ix"  xxxiii  lib.  vii  sol.  vi  den.  t.,  ut  ibi  plenius 
arrestatur.  Quarc  super  dictuna  Lebourne. 

849.  Item,  de  ix  plaz  d'argent  blanc,  armoies  aux  armes  de 
Monseigneur,  pesans  ensemble  environ  xxxvi  marcs,  declairez 
en  la  derriere  partie  dudit  11'^  ini''^  x^  fueillet,  est  seulement  ac- 
quittie  ledit  Robinet  d'Estampes  de  trois  desdiz  plaz  pour  les 
causes  contenues  en  la  correction  faicte  sur  ladicte  partie.  Pour 
ce  icy  vi  desdiz  plaz,  pesans  ensemble  environ  xxiiii  marcs. 

K.  — Unus  de  dictis  vi  discis  amissus  fuit  xxii"*^  die  februarii  anno  M'CCCC" 
XII",  in  hospicio  de  Nigella,  ut  constat  per  certifficacionem  magistrorum 
hospicii  et  contrarotulatoris  expense  dicti  Domini,  datam  viii*  die  marcii 
sequentis  eodem  anno,  ligatam  cum  mandato  dicti  Domini  super  n'^'  parte 
cxviii  folii  hujus  compoti  reddito;  virtute  quorum  acquittatur  hie  dictus 
Robinetus  de  dicto  disco. 

K.  —  Unus  alius  perditus  fuit  xxviii'  die  novembris  anno  predicto  in  hos- 
picio de  Nigella,  [ut]  constat  per  certifficacionem  dictorum  magistrorum 
hospicii  et  mandatum  Domini  super  11'  parte  cxxv"  folii  hujus  compoti  red- 
ditum.  Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinetus  de  eodem. 

Item  de  dictis  vi  discis  fuerunt  tres  alii  amissi  in  hospicio  dicti  domini 
Ducis,  [ut]  apparet  per  certificacionem  magistrorum  hospicii  ejusdem  Domini 
et  per  mandatum  dicti  Domini,  datum  et  redditum^  prout  superius  parte 
precedenti.  Et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  de  eisdem. 

Et  alius  discus  redditus  fuit  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum, 
et  postmodum  venditus  pro  facto  execucionis,  prout  superius  prima  parte 
folii  mi"  vii;  precium  cujus  receptum  fuit  per  dictum  Johannem  Lebourne 
in  summa  vi°  ix"  xxxiii  lib.  vii  sol.  vi  den.  t.,  ut  ibi  plenius  arrestatur.  Et 
idco  super  ipsuni. 


LIVRES    DES    INVENTAIRES    [fol.     l3l]  22  3 


LES   LIVRES  DES   INVENTOIRES  {i\ 


85o.  Item,  unes  Petites  Heiires  de  Nostre  Dame,  nommees  les 
Heures  de  Pucelle  (2),  enluminees  de  blanc  et  de  noir,  a  I'usaige 
des  Prescheurs,  garnies  de  petis  fermouers  d'or  ou  il  a  une 
Annunciation ;  et  au  bout  des  tirans  a  deux  petis  boutons  de 
perles;  couvertes  d'un  drap  de  soye  bleue. 

Iste  Ore  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus 
domini  Ducis.  Et  ideo  de  eisdem  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 

[B,  n"  171.  —  S  G,  no  1078;  prise  xv  liv.  t.] 

(i)  L'etude  consacree  par  M.  Leopold  Delisle  aux  livres  du  due  de  Berry 
et  inseree  dans  le  Cabinet  des  manuscrits  de  la  Bibliotlieqiie  nationale 
(t.  I,  p.  56-68,  et  t.  Ill,  p.  170-194,  326,  339-340  et  389)  resume  et  com- 
plete les  nombreuses  publications  anterieures  sur  le  meme  sujet.  (Le 
Laboureur,  Histoire  de  Charles  VI,  Introduction,  p.  76 ;  comte  Auguste  de 
Bastard,  Librairie  de  Jean  de  France,  due  de  Berry,  Paulin  Paris,  Cata- 
logue des  livres  du  due  de  Berry,  dans  le  Bulletin  du  Bibliophile  de  1837; 
Douet  d'Arcq,  Notice  sur  la  bibliotheque  de  Jean  due  de  Berry  en  14^6, 
dans  la  Revue  arche'ologique,  t.  VII,  i85o,  p.  145-168  et  224-233;  Hiver 
de  Beauvoir,  la  Librairie  de  Jehan  due  de  Berry  au  chateau  de  Mehun-sur- 
Yevre  en  1416,  in-S",  i860).  —  II  suffira  de  renvoyer,  sur  chaque  article  de 
notre  inventaire,  au  catalogue  methodique  dresse  par  M.  Delisle,  t.  Ill, 
p.  170  et  suivantes,  en  faisant  observer  une  fois  pour  toutes  :  1°  que  I'in- 
ventaire  des  Archives  est  designe  dans  le  Cabinet  des  manuscrits  par  la 
lettre  B,  et  que  celui  de  140 1  auquel  nous  avons  assigne  la  lettre  B  porte 
au  contraire  la  lettre  A  chez  M.  Delisle;  2°  que  les  numeros  de  notre  inven- 
taire ne  correspondent  pas  a  ceux  du  Cabinet  des  manuscrits.  Voici  la  cause 
de  cette  divergence.  Naguere,  les  articles  de  I'lnventaire  des  Archives 
n'etaient  pas  numerotes;  seuls,  les  livres  avaient  refu  des  numeros.  C'est 
ainsi  que  le  present  article  85o  -repond  a  B,  n°  i  de  M.  Delisle,  85 1  a  B, 
n"  2,  et  ainsi  de  suite  jusqu'a  I'article  1006  qui  correspond  au  n°  07.  Quant 
aux  manuscrits  numerotes  chez  M.  Delisle  i58,  iSg,  etc.,  ils  se  retrouvent 
aux  articles  1228  et  suivants  de  la  presente  publication  jusqu'au  n°  i25i,  der- 
nier de  I'inventaire  (n"  181  du  Cabinet  des  manuscrits). 

(2)Voy.  Cabinet  des  manuscrits,  t.  Ill,  p.  180  (n"  108).  Dans  un  article  sur 
les  livres  d' Heures  du  due  de  Berry  {Gazette  des  Beaux-Arts,  1884,  I, 
p.  282),  M.  Delisle,  apres  avoir  releve  le  nom  de  J.  Pucelle  au  bas  de  cer- 
taines  pages  du  Breviaire  de  Belleville  (Voy.  ci-dessous  n"  963),  suppose 
que  les  Heures  de  Pucelle  avaient  peut-etre  re?u  leur  nom  du  miniaturiste 
charge  de  les  decorer. 


224  LIVRES    DES    INVENTAIRES    [fol.    l3l] 

85  I.  Item,  unes  tres  belles //ez/re^  (i),  contenantpluseurs  Heu- 
res  et  commemoracions  de  Dieu  et  de  ses  sains,  au  commance- 
ment  desquelles  est  le  kalendreer  tres  richement  historie  des 
epistres  de  saint  Pol,  de  Tancien  et  nouvel-  Testament  et,  apres 
sont  pluseurs  enseignemens,  escripz  en  fran^ois,  de  bien  et  hon- 
nestement  vivre  selon  Dieu;  et  lesquelles  Heures  sont  tres  riche- 
ment historiees  en  pluseurs  lieux,  et  mesmement  au  commance- 
ment  des  Heures  de  Nostre-Dame,  d'une  Annunciacion  et  de 
pluseurs  appostres  alentour,  et  en  la  tin  a  une  oroison  escripte 
en  latin,  qui  se  commance  sancta  crux;  et  souloient  estre  cou- 
vertes  d'un  satin  bleu,  double  d'un  tiercelin  vermeil  (2),  et  a  pre- 
sent sont  couvertes  de  drap  de  damas  violet,  garnie  de  deux  fer- 
mouers  d'or  a  deux  ours  tenant  les  armes  de  Monseigneur,  assis 
sur  tixuz  noirs,  semez  de  treflez  d'or;  et  est  le  pipe  (3)  desdictes 
Heures  d'or,  esmaillee  aux  armes  de  Monseigneur,  garnie  de 
deux  perles,  et  ou  milieu  un  balay  longuet. 

Date  fuerunt  per  dominum  Ducem  Bicturicensem  et  per  ejus  litteras  datas 
XXVIII"  die  mail  M  CCCC  XVI",  uxori  dicti  Robineti  de  Stampis,  hie  redditas. 
Et  sit  quietus  hie  idem  Robinetus. 

[B,  11°  172.] 

852.  Item,  un  petit  livre  (4)  convert  de  cuir,  ou  il  a  pluseurs 
figures  de  papes,  avecques  aucunes  propheties  d'eulx, 

[B,  11°  3 II.  —  S  G,  n°  1079;  prise  xxv  sous  t.] 

853.  Item,  une  tres  belle  Bible  en  fran^ois  (5),  escripte  de  let- 
tre  de  fourme  (6),  tres  richement  historiee  au  commancement. 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  179  (no  102).  Bibl.  Nat.,  fonds  latin  n"  18014. 
Sur  ce  manuscrit  qui  ne  contient  pas  moins  de  cent  treize  miniatures  d'une 
remarquable  execution,  mais  sans  les  attributs  ordinaires  du  due  (ours, 
eigne,  initiales  VE),  il  faut  consulter  Particle  de  M.  Delisle  cite  dans  la  note 
precedente  {Ga:^ette  des  Beaux-Arts,  1884,  I,  397-399). 

(2)  C'est  la  couverture  qu'elles  ont  dans  I'lnventaire  B,  c'est-a-dire  en  1402. 

(3)  La  pipe  est  une  tige  de  metal,  parfois  ornee  de  pierres  precieuses,  a 
laquellc  s'attachent  les  signets  ou  signaux. 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  188  (n»  222). 

(5)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  172  (n°  7).  Bibl.  Nat.,  fonds  franfais,  n^  20090. 

(6)  Get  article  et  les  suivants  renferment  un  certain  nombre  de  termes 
techniques  servant  a  caracteriser  les  divers  types  d'ecriture  au  debut  du 
XV'  siecle.  La  lettre  de  forme  ou  de  fourme,  (n°  853)  est  la  gothique  soignee 
des  manuscrits  (Voy.   Littre,   au  mot  Lettre,  n"   3).  La  lettre   boulonnaise 


LIVRES   DES    INVENTAIRES    [fol.     l3l     vo]  225 

garnie  de  quatre  fermouers  d'or,  es  deux  desquelx  a  deux  balais 
et  es  deux  autres  deux  saphirs,  en  chascun  deu^t  perles,  esmaillez 
des  amies  de  France;  et,  au  bouz  des  tirans,  en  chascun,  un  bouton 
de  perles,  et  sur  ie  tixu  d'un  chascun,  petites  flours  de  lis  d'or 
clouecs;  et  y  a  une  pipe  de  deux  testes  de  serpent  garnie  de  sei- 
gnaulx. 

Iste  due  partes,  cum  ii"'""  aliis  partihus  in  pagina  sequent!  [852-855],  red- 
dite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et  sic  de  cisdem 
idem  Robinetus  acquittatur  hie. 

[B,  n°  gSo.  —  S  G,  n"  455;  prise  in  liv.  t.] 

854.  Item,  une  autre  Bible  en  frangois  (i),  escripte  de  leltre 
fran9oise,  tres  richement  historiee  au  commancement,  laquelle 
donna  a  Monseigneur  Raolet  d'Actonville  (2),  garnie  de  nii  fer- 
mouers d'argent  dorez,  en  chascun  un  ymaige  esmaillee  des 
iiii  euvangelistes;  et  sont  les  tixuz  de  soye  vert;  et  dessus  Tune 
des  aiz  a  un  cadran  d'argent  dore,  et  les  douze  signes  alenviron, 
et  dessus  I'autre  aiz  un  astralabe  avecques  pluseurs  escriptures. 

[B,  n"  952.  —  S  G,  n"  456;  prise  u'l  liv.  t.] 

855.  Item,  un  tres  hel  Decret  (3),  escriptde  lettre  boulonnoise, 
tres  richement  historic  au  commancement  d'ymaiges  romains. 


(n°  855),  tire  son  nom  de  Bologne ;  c'est  Vitcilique  qui  a  servi  de  modele 
pour  les  premiers  caracteres  mobiles  d'imprimerie.  La  lettre  de  court 
(n°  SSg)  ou  lettre  courant  (no  924),  est  la  cursive  employee  pour  les  chartes 
et  actes  de  chancellerie.  La  lettre  gascoigne  (n°  902)  ou  gasconne,  designe- 
rait  I'ecriture  du  midi  de  la  France,  peut-etre  par  opposition  a  la  lettre 
fran(;aise  (n°  854).  Enfin  la  lettre  ronde  (n"  926)  rappelerait,  d'apres  Du 
Cange,  la  forme  de  I'ancienne  onciale,  mais  dans  des  proportions  reduites. 
Seuls,  des  exemples  pourraient  faire  apprecier  les  nuances  souvent  tres 
delicates  qui  distinguent  ces  difterents  caracteres. 

(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  172  (n"  9).  Bibl.  Nat.,  fends  frangais, 
no   159. 

(2)  Raoulet  d'Auquetonville,  seigneur  de  Belleval,  ecuyer  d'ecurie  du  Roi 
des  iSgo,  puis  I'un  des  generaux  conseillers  sur  le  fait  des  aides  en  Lan- 
guedoc  en  140 1,  (Arch.  Nat.,  K  27,  n»  33),  avait  joue  un  role  capital  dans 
I'assassinat  du  due  d'Orleans.  Monstrelet  dit  a  son  sujet  (t.  I,  p.  i58): 
«  Et  fut  Ie  principal  conducteur  de  ce  cruel  homicide  ung  nomme  Raoulet 
d'Actonville,  de  nation  Normant,  auquel  paravant  le  due  d'Orleans  avoit 
fait  oster  I'otfice  des  generaulx,  duquel  Ie  Roy  I'avoit  pourveu  a  la  priere 
du  due  Philippe  de  Bourgongne  ». 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  182  (n"  i38). 

i5 


226  LIVRES   DES    INVENTAIRES    [fol.     I  3  2] 

garnie  de  iiii  fermouers  d'argent  aux  armes  de  Monseigneur; 
couvert  d'un  drap  de  soye  bleu,  double  de  tiercelin  vermeil. 

[B,  n°  953.  —  S  G,  n"  457;  prise  cxxv  liv.  t.] 

856.  Item,  un  livre  de  Titc  Live  (i),  tres  richement  historie 
au  commancement  de  la  fundacion  de  la  cite  de  Romme;  couvert 
de  veluiau  vermeil,  fermant  a  iiii  fermouers  d'argent  dore, 
esmaillez  d'une  flour  de  bourrache;  et  les  tixuz  a  marguerites. 

Dictus  Robinelus  acquittatur  de  isto  libro,  ut  supra. 
[B,  n°  gSg.  • —  S  G,  n"  458;  prise  cxxv  liv.  t.] 

857.  Item,  un  livre  en  Francois,  des  vii  Planetcs  (2),  autrement 

magique,  historie  en    pluseurs  lieux,  et  au  commancement  un 

Couronnement  de  Dieu  et  Nostre  Dame  d'enlumineure;  couvert 

de  cuir  empraint,  a  nii  fermouers  d'argent  dorcz,  esmailliez  aux 

armes  de  Monseigneur. 

Redditus  fuit  per  dictum  Robinetum  Parisius  executoribus ;  et  sic  de 
eodem  acquittatur. 

[B,  n°  969.  —  S  G,  11°  ii63;  prise  l  liv.  t.] 

858.  Item,  un  autre  livre  en  fran^ois,  appelle  Ranconnal  (3), 
historie  au  commancement  d'un  pape,  de  I'eglise  et  de  la  syna- 
gogue; couvert  de  cuir  rouge  empraint,  a  deux  fermouers  d'ar- 
gent, dorez,  esmaillez  d'une  Annunciation. 

Ista  pars  cum  parte  sequenti  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robine- 
tum executoribus,  ut  supra. 

[B,  n°  970.  —  S  G,  n°  459;  prise  l  liv.  t.] 

859.  Item,  un  livre  appelle  Ovide,  Methamorphoieos  '4),  escript 
en  fran9ois,de  lettre  de  court,  et  glose  en  pluseurs  lieux;  couvert 
de  cuir  vermeil  empraint,  et  fermant  a  ini  fermouers  de  cuivre. 

[B,  972.  —  S  G,  n"  460.] 

860.  Item,  le  livre  de  Machaut  (5),  garni  de  deux  fermouers 
d'argent  dorez,  et  deux  tixuz  de  soye  vermeille;  couvert  de  cuir 
vermeil  empraint. 

K.  —  Datus  fuit  duci  Clarencie  per  mandatum  super  prima  parte  lxix 

(1)  Cab.  dcs  man.,  t.  Ill,  p.  189  (n"  233).  Bibl.  Nat.,  fonds  tVancais,  n"  2G3. 

(2)  Cab.  dcs  man.,  t.  Ill,  p.  i85  (n°  180). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.   174  (11°  43).  Bibl.  Nat.,  fonds  fran^ais,  n"  17G. 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  192  (n°  267).  Bibl.  Nat.,  fonds  frans:ais,  n°  373. 

(5)  Cab.  dcs  man.,  t.  Ill,  p.  193  (n°  282). 


LIVRES    DES    INVENTAIRES    [fol.     I  3  3]  22^ 

folii  hujus  compoti  traditum;  virtute  cujus  dictus  Robinetus  acquittatur  hie 
de  eodem. 
[B,  973.] 

86 1.  Item,  un  livre  de  Suetoyne  (i),  autrement  nomme 
Liican,  escript  en  frangoys,  commen^ant  au  livre  de  Genesis,  et 
fenyssant  au  livre  de  Lucan  et  a  la  mort  de  Julius  Cesar;  couvert 
de  cuir  vermeil  empraint,  et  fermant  a  deux  fermouers  d'argent, 
esmaillez  aux  armes  de  Monseigneur,  sur  deux  tixuz  de  soye 
vert. 

[B,  n*  974.  —  S  G,  n°  4G1  ;  prise  xxx  liv.  t.] 

862.  Item,  un  livre  des  Truis  Maries  (2)  et  de  leur  saincte 
lignee,  escript  en  fran^oys,  de  lettre  de  court,  et  au  commance- 
ment  historie  d'elles  et  de  leurs  mariz;  couvert  de  cuir  vermeil 
empraint,  et  fermant  a  ini  fermouers  de  cuivre  sur  cuir. 

Iste  due  partes,  cum  u'""  aliis  partibus  in  alia  pagina  sequenti  [861-864], 
reddite  fucrunt  Parisius  per  dictum  Robiuetum  executoribus.  Et  ideo  idem 
Robinetus  acquittatur  hie. 

[B,  n°  976.  — •  S  G,  n"  1080;  prise  x  liv.  t.] 

863.  Item,  un  livre  escript  en  fran^ois,  tres  notablement 
historie  en  pluseurs  lieux,  des  Croniques  de  France  (3),  ou  pre- 
mier fueillet  [un  escu  (4)]  aux  armes  de  feu  monseigneur  Aymeri 
de  Rochechouart  (5) ;  couvert  de  cuir  empraint,  et  fermant  a  ini 
fermouers  de  cuivre;  et  y  fault  deux  fermouers. 

[B,  n°  980.  —  S  G,  n"  462 ;  prise  c  liv.  t.] 

864.  Item,  un  livre  de  la  Cite  de  Dieu  (6),  translate  en  francjoys, 
fenissant  au  x=  livre  inclus,  oili  deffaillent  les  histoires  et  grans 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  189  (n*  232).  Bibl.  Nat.,  fonds  fran?ais,n°  246. 
L'inventaire  B  appelle  I'auteur  «  Suytoynne.  » 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  188  (n°  21 3). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  190  (n«  240).  Bibl.  Nat.,  fonds  frangais,  n"  2608. 

(4)  Invent.  B,  n"  980. 

(5)  Les  armes  des  vicomtes  de  Rochechouart  sont  fasce  onde  d'argent 
et  de  gueules  de  six  pieces.  D'apres  le  Pere  Anselme  (tome  IV,  p.  65 1),  le 
dernier  des  vicomtes  de  Rochechouart  ayant  re^u  le  nom  d'Aymeri  serait 
Aymeri  XI,  mort  en  i3o6.  Cependant  il  cite  un  de  ses  descendants  vivant 
en  1 353  et  portant  le  nom  d'xVymeri;  mais  celui-ci,  n'ctant  pas  I'aine  de  la 
famiile,  avait  pris  les  armes  de  Chabanais  et  Confoians. 

(G)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  iSi  (n"  118). 


228  LIVRF.S   I)i:S    INVENTAIRES    [fol.    I  33    V"] 

lettres;  couvert  de  cuir  vermeil  empraint,  et  fermant  a  deux  fer- 
mouers  de  cuivre;  et  n'y  a  aucuns  clos. 

[B,  n"  q8i.  —  S  G,  n°  1081 ;  prise  xxxi  liv.  v  sous  t.] 

865.  Item,  un  autre  livre  de  la  Cite  de  Dieu  (i),  translate  en 
frani^oys,  commaiKjant  al  xr'  livre,  et  y  faillent  les  histoires  et 
grans  lettres;  couvert  de  cuir  paraillement  comme  I'autre  pre- 
cedent. 

[B,  n°  982.  —  S  G,  n°  1082;  prise  xxxi  liv.  v  sous  t.] 

866.  Item,  un  livre  escript  en  franijoys  rime,  de  la  Destruc- 
tion de  Troye  (2),  couvert  de  cuir  hlanc,  a  deux  fermouers  de 

cuivre. 

[B,  11°  985.  —  S  G,  no  4(53;  prise  l  sous  t.] 

867.  Item,  un  autre  livre  en  latin,  escript  de  lettre  boulon- 
noise,  appelle  le  Livre  des proiiffii  ruraulx  (3j;  couveri:  de  cuir 
Jaune,  a  deux  petis  fermouers  de  cuivre,  et  sur  chascune  aiz  a 
v  petis  bouUons. 

[B,  986.] 

868.  Item,  un  autre  livre,  des  Di^  des philosophes  (4),  de  la  Vie 
de  phiseurs  sains,  avec  le  Bestiaire;  couvert  de  cuir  vermeil 
empraint,  a  ini  fermouers  de  cuivre  et  tixus  de  fil. 

Iste  quatuor  partes  accolate  [863-868]  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum 
Robinetum  executoribus,  ut  supra. 

[B,  n°  988.  —  S  G,  n«  464;  prise  xii  liv.  x  sous  t.] 

869.  Item,  un  autre  livre,  appelle  le  Livre  des  Roys  (5),  selon  la 
Bible,  commandant  au  pere  Samuel;  couvert  de  cuir  vermeil 
empraint,  a  deux  fermouers  de  cuivre  qui  ont  testes  de  serpent, 
et  les  tixus  de  soye,  dorez  par  dessus. 

[B,  n°  989.  —  S  G,  no  ioS3;  prise  c  sous  t.] 

870.  Item,  un  autre  livre,  appelle  le  Livre  dii  Tresor  (6),  hys- 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  ill,  p.  181  (n°  118). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  189  (n-  229). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  186  (n°  i86). 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  i85  (n»   169). 

(5)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  172  (no  17). 

(6)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  i83  (n<>  147).  Bibl.  Nat.,  fonds  frauv'ais,  n"  568. 


LIVRES    DES    INVKNTAIRES    [fol.     I  34    vo]  229 

toriti  au  commancement  de  la  Creation  du  monde,  escript  de 
lettre  de  court;  convert  de  cuir  vermeil  empraint,  et  de  deux  fcr- 
mouers  de  cuivre;  et  sur  les  aiz  n'a  aucuns  clos. 
[B,  n"  990.  —  S  G,  n"  466;  prise  c  sous  t.] 

871.  Item,  un  autre  livre  escript  et  note  de  Lai^  anciens  (i); 
couvert  d'un  cuir  vermeil  tout  plain,  a  deux  fermouers  de  cuivre. 
Iste  trcs  partes  reddite  fuerunt,  ut  supra. 
[B,  n"  991.  — ■  S  G,  n°  1084;  prise  l  sous  t.] 

873.  Item,  un  livre  de  Francois  Petrarque  (2),  des  Remedes  de 
I'line  et  de  V autre  fortune,  translate  en  francoys;  couvert  de 
veluiau  vermeil,  a  deux  fermouers  d'argent  dorez,  esmaillez  aux 
amies  de  Monseigneur  et  de  monseigneur  d'Orleans. 

Iste  liber  traditus  et  rcdditus  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  execu- 
toribus.  Et  ideo  de  eodem  idem  Robinetus  acquittatur. 

[B,  n°  994.  —  S  G,  a"  5G2  ;  prise  xxx  liv.  t.] 

873.  Item,  un  livre  escript  en  frangois,  de  lettre  de  fourme, 
d'Ovide,  Metamorpho^eos  (3);  couvert  de  cuir  vermeil  empraint, 
a  deux  fermouers  d'argent  dorez,  touz  plains,  et  les  tixuz  de  soye 
vermeille. 

[B,  n°  993.  —  S  G,  n"  io85;  prise  xxx  liv.  t.] 

874.  Item,  un  livre  nomme  Pontifical  (4),  escript  de  tres  grosse 
lettre,  pour  sacrer  roys,  emperieres,  arcevesques  et  evesques; 
couvert  d'un  drap  de  soye  azuree,  double  d'un  tiercelin,  a  deux 
fermouers  d'argent  dorez,  aux  amies  de  Monseigneur. 

[B,  n"  997.  —  S  G,  n°  466;  prise  xv  liv.  t.] 

875.  Item,  un  livre  de  Regnart  (5),  et  pluseurs  autres  livres 
dedens;  couvert  de  cuir  vermeil  empraint,  a  deux  fermouers  de 
cuivre,  et  est  la  corroye  desdiz  fermouers  de  cuir  vermeil  tout 
plain. 


(i)  Cab.  desman.,  t.  Ill,  p.  192  (11°  274). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  i85  (n"  171). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  192  (n°  266). 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  178  (n-go).  Bibl.  Nat.,  fonds  latin,  n"  8886. 

(5)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  192  (n°  273).  C'est  le  Roman  du  Renard,  alors 
tres  populaire.  On  en  trouve  de  nombreuses  copies  dans  les  bibliotheques 
de  Charles  V  et  de  Charles  VI. 


23o  LIVRES    DES    INVENTAIRES    [fol.    I  35    V°] 

Iste    trcs  partes   accolate   [873-875]   rcdditc  fucrunt  Parisius  per  dictum 
Robinetum  exccutoribus.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 
[B,  n°  998.  —  S  G,  11"  467;  prise  l  sous  t.] 

876.  Item,  un  tres  bel  livre  de  la  Legcnde  dore'c  (i),  historic  au 
commancement  et  en  pluseurs  autres  lieux  tres  richcment;  con- 
vert de  drap  de  soye  vermeil,  double  de  tiercelin,  a  deux  fer- 
mouers  d'argent  dorez,  esmaillcz  de  saint  Jehan  et  saint  Jaques. 

[B,  n"  1000.  —  S  G,  n"  468;  prise  i.xxv  liv.  t.] 

877.  Item,  un  livre  en  frangois,  de  VAristotc  (2),  appelle  Du 
del  et  du  monde;  convert  d'un  drap  de  soye  ouvre,  double  d'un 
viez  cendal,  a  deux  fermouers  d'argent  dorez,  esmaillez  aux 
arnies  de  Monseigneur,  assis  sur  tixuz  de  soye  vermeille. 

[B,  n"  ioo3.  —  S  G,  n"  469;  prise  xii  liv.  x  s.  t.] 

878.  Item,  un  livre  du  Goiivernement  des  Roys  (3),  en  fran9oys, 
qui  se  commance  :  regnabit  rex  et  sapiens  erit,  historic  au  com- 
mancement d'un  roy  estant  en  une  chaiere  et  de  pluseurs  per- 
sonnaiges  estans  a  ses  piez;  convert  d'un  cuir  vermeil  empraint, 
a  deux  fermouers  d'argent  dorez,  esmaillez  aux  amies  de  Mon- 
seigneur, et  sont  faiz  les  tixuz  a  fleurs  de  lis  d'or  de  Chippre. 

Iste  tres  partes  [876-878]  reddite  fuerunt  ut  supra.  Et  ideo  acquittatur 
hie  idem  Robinetus. 

[B,  n"  1004.  —  S  G,  11"  470;  prise  xii  liv.  x  sous  t.] 

879.  Item,  un  livre  en  francoys,  appelle  le  Livre  de  I'empe- 
reur  ce7e.y?e (4),  historic  au  commancement  deDieu,Nostre  Dame 
et  de  pluseurs  sains,  et  d'une  femme  escripvant  en  une  chaiere, 
et  au  dessoubz  les  armes  de  monseigneur  d'Orleans;  couvert  de 
veluiau  vermeil,  a  deux  fermouers  esmaillez  aux  armes  de  Mon- 
seigneur et  de  monseigneur  d'Orleans. 

[B,  n"  ioo5.  —  S  G,  n"  io8(j;  prise  xv  liv.  t.] 

880.  Item,  un  petit  livre  en  francoys,  appelle  le  Livre  de  divi- 
nacion  (5^,  historic  au   commancement  d'un  due  scant  en  une 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.   18.S  (n"  211). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  HI,  p.  i.S3  (n"  134).  Bibl.  Nat.,  fonds  t'ran,;ais,  n"'  565 
ou  1082. 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  i<S4  (n"  166). 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  182  (11°  i35). 

(5)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  i85  (n°  178). 


LIVRES    DES    INVENTAIRES    [fol.    I  36]  23  I 

chaiere  et  d'un  docteur  qui  lui  presente  un  livre;  convert  d'un 
veluiau  vermeil  double  de  cendal,  fermant  a  deux  fermouers  d'or, 
esmaillez  aux  armes  de  Monseigneur,  et  tixus  de  soye,  et  aux 
bouz  deux  gros  boutons  de  perles,  et  en  la  pipe  a  deux  perles. 
[B,  n"  1006.  —  S  G,  n"  1087;  prise  xxvii  liv.  x  sous  t.] 

881.  Item,  un  livre  en  Francois,  des  Loiianges  de  saint  Jehan 
eiivangeliste  (i),  historie  en  pluseurs  lieux,  et  au  commance- 
ment  a  un  escu  des  armes  feue  madamc  la  Duchesse ;  convert 
d'un  drap  de  soye  sur  bleu,  garni  a  fermouez  d'argent  dorez, 
esmaillez  auxdictes  armes,  et  tixuz  de  soye  bleue. 

Iste  tres  partes  [879-881]  reddite  fuerunt,  ut  supra. 
[B,  n°  1009. —  S  G,  n"  1088;  prise  c  sous  t.] 

882.  Item,  un  P.saiilticr  (2),  bien  ancien,  historie  le  kalendrier 
et  ailleurs  en  plusieurs  lieux,  qui  fu  de  saint  Thomas  de  Con- 
turbiere,  ou  il  a  deux  petis  fermouers  d'argent  blanc;  con- 
vert de  veluiau  violet. 

[B,  n"  1 010.  —  S  G,  n"  471  ;  prise  iiii  liv.  t.] 

883.  Item,  un  livre  du  Songe  dii  prieitr  d'Assalon  (3)  sur  le 
fait  du  scisme  de  I'Eglise  (4);  ou  premier  fueillet  a  un  escu  des 
armes  de  Monseigneur;  convert  de  cuir  vermeil  empraint,  a  deux 
fermouers  d'argent  dorez,  a  deux  tixuz  de  soye  noire. 

[B,  11°  loi  I.  —  S  G,  n"  1089;  prise  l  sous  t.] 

884.  Item,  un  livre  appelle  le  Livre  des  escha^  (5),  en  franyoys, 
escript  de  lettre  de  court,  historie  au  commancement  d'un  roy 
scant  en  une  chaiere  et  d'un  religieux  (6)  qui  lui  presente  un 
livre  ;  couvert  de  cuir  vermeil  empraint,  a  deux  fermouers  de 
cuivre. 

(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  188  (n°  216). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  173  (n°  ig). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  189  (11°  22  5). 

(4)  L'apparition  de  Jehan  de  Menu  ou  le  Songe  du  Prieur  de  Salon,  par 
Honorc  Bonnet,  prieur  de  Salon,  a  ete  publiee  par  M.  le  baron  Jerome 
Pichon  (Paris,  Silvestre,  1845,  pet.  in-4°,  fig.).  Get  ouvrage  se  trouve  aussi 
mentionne  dans  VInventaire  de  la  bibliotlieque  de  Cliarles  VI  fait  au  Lou- 
vre par  ordre  du  Regent  en  1423  (Paris,  Lahure,  Societe  des  Bibliophiles, 
1867,  n"  211). 

(5)  Cab.  desman.,  t.  Ill,  p.  i85  (n"  172). 

(6)  «  A  genolz  »  dans  I'lnventaire  B. 


232  LIVRES   DES    INVENTAIRKS    [fol.    l2>y] 

Istc  tres  partes  accolate  [882-884]  reddile  fuerunt  per  dictuni  Robinetum 
Parisius  executoribus.  Et  sic  idem  Robinetus  de  eisdem  acquittatur  hie. 
[B,  n°  1012.  —  S  G,  11"=  472 ;  prise  lxxv  sous  t.] 

885.  Item,  un  livrc  en  frani;oys,  escript  dc  lettre  de  court, 
appelle  le  Livre  des  Omelies  saint  Gregoire  f  i  j,  historie  en  aucuns 
lieux;  convert  de  cuir  vermeil  empraint,  a  deux  fermouers  de 
cuivre. 

[B,  n"  ioi3.  —  S  G,  n°  470  ;  prise  c  sous  t.] 

886.  Item,  un  livre  en  fran9oys,  escript  de  lettre  de  court, 
nomme  le  Livre  du  dyalogiie  saint  Gregoire  (2) ;  couvert  et  garni 
comme  le  precedent. 

[B,  n"  1014.  —  S  G,  n"  474;  prise  lxxv  sous  t.] 

887.  Item,  un  livre  en  latin  (3),  de  pluseurs  lettres  closes  en- 
voiees  par  le  Roy  sur  le  fait  du  scisme  de  Teglise,  et  de  la  Relation 
dii  prieiir  d'Absalon  (4I ;  couvert  de  cuir  vermeil  et  fermant 
comme  les  dessus  nommez. 

Rcdditc  fuerunt  ut  supra  [880-887]. 

[B,  n"  10 1 5.  —  S  G,  n°  1090;  prise  xii  sous  vi  deniers  t.] 

888.  Item,  un  livre  appelle  les  Croniques  d'Angleterre  (5\ 
escript  en  mauvais  francoys,  de  lettre  de  court;  couvert  de  cuir 
fauve,  a  deux  petiz  fermouers  de  laton. 

[B,  n"  1017.  —  S  G,  n"  loqi  ;  prise  xxx  sous  t.] 

889.  Item,  un  autre  livre  en  francoys,  escript  de  lettre  de 
fourme,  des  Epistres  et  Eiivangiles  de  toute  Tannee  i6i,  historie 
en  pluseurs  lieux;  couvert  de  cuir  vermeil  empraint,  a  deuxpetis 
fermouers  de  cuivre  et  seignaux  de  pluseurs  soyes. 

[B,  n"  1018.  — ■  S  G,  n"  473;  prise  c  sous  t.] 

890.  Item,  un  petit  livre  en  francoys  (7),  escript  de  lettre  de 
court,  du  Gouvernement  des  Roj^s  et  des  princes,  appelle  le  Secret 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  181  (n"  i23). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  181  (n"  122). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  189  (u"  223). 

(4)  Voy.  ci-dessus  le  n"  883,  note  4. 

(5)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  190  (n"  25 1). 

(6)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  177  (n"  80). 

(7)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  184  (n"  164). 


LIVRES  DES    INVENTAIRES   [fol.    I  37   V^]  233 

des  secre\,  que  fist  Aristote ;  couvert  de  cuir  vert,  a  deux  fer- 
mouers  de  laton. 

[B,  n-  I022.  —  S  G,  n"  476;  prise  x  sous  t.] 

891.  Item,  un  Hvre  en  frangoys,  escript  de  lettre  de  court, 
appele  le  Livre  de  spera  (i);  couvert  de  cuir  vert  comnie  le  pre- 
cedant. 

Reddite  fuerunt  per  dictum  Robinetum,  ut  supra  [888-891]. 
[B,  n"  1023.  —  S  G,  n"  1092;  prise   xxv  sous  t.]  L'inventaire  S  G  ajoute 
a  la  fin  de  cet  article  :  "  a  deux  fermoers  de  laton.  » 

892.  Item,  un  petit  livre,  escript  de  grosse  lettre  et  note  en 
aucuns  lieux,  du  Sacre  du  rojr  de  France  (2) ;  couvert  de  viez 
cuir  blanc,  sanz  fermouers. 

[B,  n"  io3i.  — S  G,  n°  1287;  non  prise,  lequel  est  en  I'ostel  de  Thevenin 
de  Bon  Puis,et  est  ordonne  estre  mis  en  la  librairie  duRoy,  comme  Ten  dit.] 

893.  Item,  un  livre  en  francoys,  nomme  le  Livre  du  gouver- 
nement  des  roys  et  des  princes  (3i,  historic  au  commancement 
d'un  roy  et  d'un  religieux  qui  lui  presente  un  livre. 

[B,  n"  io32.  —  S  G,  n"  1093  ;  prise  lxii  sous  vi  deniers  t.] 

894.  Item,  un  autre  semblable  livre  et  de  semblable  matiere 
comme  le  precedant  (4),  qui  fu  de  feu  monseigneur  d'Estam- 
pes;  couvert  d'un  cuir  vermeil  empraint,  et  sont  v  clos  sur  chas- 
cune  aiz. 

[B,  n"  io33.  —  S  G,  n'  477;  prise  l  sous  t.] 

895.  Item,  un  livre  de  V Appocalipse  (5),  escript  de  lettre  de 
court,  translate  en  francoys,  et  y  a  pluseurs  exemples  apres; 
couvert  de  cuir  rouge,  a  deux  fermouers  de  laton. 

Redditi  fuerunt  ut  supra  [892-895]. 

[B,  n"  1034.  —  S  G,  n"  478;  prise  xxx  sous  t.] 

896.  Item,  un  livre  en  fran(;oys,  escript  de  lettre  de  fourme, 
appelle  le  Livre  de  Vegesse  et  de  chevallerie  (6),  historic  au  com- 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  i85  (n°  174). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  178  (n"  91). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  184  (n°  161). 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  184  (n°  162). 

(5)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  174  (n°  38). 

(6)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  186  (n°  189). 


234  LIVRES    DF-S    INVENTAIRES    [fol.    I  38    V°] 

manccment  de  trois  hommes  d'armes,  Tun  a  chcval  et  deux  a 
pie;  coLivert  de  cuir  blanc,  a  deux  fermouers  de  laton. 

[R,  a"  io35.  —  S  G,  n"  470;  prise  xir  sous  vi  deniers  t.] 

807.  Item,  un  petit  romans  de  Miserere  mei  Dens  (i);   cou- 

vert  comme  le  prccedant. 

[B,  n"  io3G.  —  S  G,  n°  1094;  prise  v  sous  t.] 

898.  Item,  un  petit  livre  en  fran^ois,  du  pseaume  de  Eruc- 
tavit  (2),  non  convert,  lie  entre  deux  aiz. 

[B,  n"  1037.  —  S.  G,  11°  480;  prise  v  sous  t.] 

899.  Item,  un  petit  livre  de  VOffice  de  la  Conversion  saint 
Pol  (3);  convert  de  cuir  rouge,  a  deux  fermouers  de  laton. 

[B,  n°  io3q.  —  S  G,  n"  1288;  non  prise;  lequel  est  en  I'ostel  dudit  The- 
vcnin  de  Bon  Puis.] 

900.  Item,  un  autre  petit  livre  de  la  Vie  saint  Germain  d'Au- 
cerre  et  de  ses  miracles  (4),  translate  en  francoys;  convert  de 
cuir  fauve,  sanz  aiz. 

Iste  quinque  partes  accolate  [896-goo]    rcddite  fucrunt  per  dictum  Robi- 
nctum  Parisius  executoribus,  ut  supra. 
[B,  n"  1040.  —  S  G,  n"  481 ;  prise  xv  sous  t.] 

901.  Item,  un  autre  livre  de  papier,  faisant  mencion  du  Pro- 
ces  de  la  canoniiation  de  Charles  de  Blois  (5);  convert  de  par- 
chemin. 

[B,  n°  1042.  —  S.  G,  n"  1289;'  non  prise.] 

902.  Item,  un  petit  livre  en  papier  (6),  escript  de  lettre  gas- 
coigne. 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  182  (n"  i3o). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  182  (n"  i3i).  Evuctavit  est  le  premier  mot  du 
2°  verset  du  psaume  XLIV  :  «  Eructavit  cor  meum  verbum  bonum  :  dico  ego 
opera  mea  regi.  »  Les  Peres  de  FEglise  ont  vu  dans  cc  psaume  une  allusion 
au  mystere  de  I'lncarnation  et  Tont  frequemment  cite. 

(3)  Cab.  des  man.,  l.  Ill,  p.  178  (n"  92). 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.   188  (n"  218). 

(5)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  18S  (n"  221).  Second  fils  de  Gui  de  Chiitillon, 
I"  du  nom,  comte  de  Blois,  et  de  Marguerite  de  Valois,  Charles  de  Blois, 
dit  le  Saint,  naqn'it  en  i3i9;  il  epousa,  par  contrat  du  4  juin  i  337,  Jeanne  de 
Brctagne,  niece  de  Jean  III,  due  de  Bretagne,  qui  lui  laissa  le  duche  de  Bre- 
tagne  dent  il  fit  hommage  a  Philippe  de  Valois.  Charles  de  Blois  perdit  la 
vie  au  combat  d'Aurai,  le  29  septembre  1364. 

(6)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  194  (n°  296). 


LIVRES   DES   INVENTAIRES    [fol.    I  Sq]  235 

[B,  n"  1043.  —  S  G,  n"  1290;  non  prise;  Icsquclz  sont  en  I'ostel  dudit 
Thevenin  du  Bon  Puis.] 

903.  Item,  plusieurs  quaiers  de  parchemin,  non  reliez  (i),  es- 
crips  de  lettre  de  court,  de  VIstoire  de  Troye. 

904.  Item,  pluseurs  quaiers  de  parchemin,  non  reliez,  de  la 
Vic  ct  translacion  saint  Gildas  (2)  et  du  Saint  calice  de  la  Cene. 

[B,  n"  1044-1045.  —  S  G,  n"^  logS-iogG;  prises  les  deux  l  sous  t.] 

905.  Item,  une  Bible  [3]  abreviee  en  un  grant  roolle,  riche- 
ment  historieeet  enluminee,  commandant :  Hie  ineipit prologus. 

[B,  n"   1048.  —  S  G,  n"  482;  prise  xii  liv.  x  s.  t.] 

906.  Item,  un  Psaultier  (4)  escript  en  latin  et  fran^oys,  tres 
richement  enlumine,  ou  il  avoit  pluseurs  histoires  au  comman- 
cement  de  la  main  feu  maistre  Andre  Beaunepveu ;  convert  d'un 
veluiau  vermeil,  a  deux  fermouers  d'or,  esmaillez  aux  armes  de 

Monseigneur. 
Istc  VI  partes  [901-906J  rcdditc  fuerunt,  ut  supra. 
[B,  n"  1049.  —  S  G,  n"  483;  prise  c  liv.  t.] 

907.  Item,  un  Breviere  en  deux  volumes  (5i,  oi^i  il  a  pluseurs 

histoires  de  blanc  et  de  noir;  couvert  d'un  drap  de  soye  blanche, 

fermans  chascun  a  deux  fermouers  d'or,  les  uns  esmaillez  aux 

armes  d'Orleans,  et  les  autres  a  ymaiges. 
[B,  n"  io5i.  —  S  G,  n"  484;  prise  cl  liv.  t.] 

908.  Item,  un  livre  en  fran^ois,  de  VYmaige  du  monde  (6),  que 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  189  (n°  228). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  188  (n"  220). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  172  (n"  16). 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  173  (n"  3o).  Bibl.  Nat.,  fonds  frani;:ais,  n"  i3o9i. 
Les  24  graudes  miniatures  qui  ornent  les  premiers  feuillets  de  ce  manuscrit 
sont  un  des  chefs-d'oeuvre  de  Tart  au  xiv  siecle.  Andre  Beauneveu,  peintre 
et  imagier,  fut  employe  des  1364  aux  tombeaux  de  Saint-Denis  (Delisle, 
Mandements  de  Charles  V  et  Cab.  desman.,  t.  I,  p.  62,  note  8).  On  voit  par 
notre  inventaire  que  Beauneveu,  qui  vivait  encore  en  1401,  mourut  avant  la 
redaction  de  I'inventaire  de  141 3.  (Cf.  Delisle,  Melanges  de  paleographie  ct 
de  bibliographie,  p.  297,  298,  et  Gazette  des  Beaux- Arts,  t.  XXVI,  1884, 
p.  392-393).  Froissart  (liv.  IV,  ch.  xiv)  met  Beauneveu  au  premier  rang  des 
artistes  de  son  temps  et  fait  mention  des  travaux  donl  il  etait  charge  pour 
le  due  de  Berry. 

(5)  Cab.  desman.,  t.  Ill,  p.  ijb  (n"  5i). 

(6)  Cab.  desman,,  t.  Ill,  p.  182  (n"  141).  Bibl.  Nat.,  fonds  fran^ais,  n°  574. 


236  LIVRES    DES    INVENTAIRES    [fol.     l39    V^] 

fist  maistre  Gossevin,  historic  en  pluscurs  lieux;  convert  de  cuir 
vermeil  cmpraint,  a  deux  tixuz  de  soyc  noire,  et  deux  fermouers 
d'argent  aux  amies  de  Revel. 

[B,  n"  1064.  —  S  G,  n°  485;  prise  xxii  liv.  x  sous  t.] 

909.  Deux  grans  livrcs  de  Magique  (i),  escrips  en  espaignol, 
Tun  convert  d'une  pel  rouge,  et  Tautre  d'une  blanche  pel,  sanz 

aiz. 

Iste  trcs  partes  [907-909]  redditc  fucrunt  per  dictum  Robinctum ,  ul 
supra. 

[B,  n"  io65.  —  S  G,  n°  1291  ;  Icsquclz  maistre  Arnoul  Belin  a  euz  comme 
Ten  dit.l 


LeS  AUTRES  LIVRES  QUE  MONDIT  SeIGNELR  A  EUZ  DEPUIS  LEDIT 
INVENTOIRE,  TANT  PAR  ACHAT  (2)  COMME  PAR  DON,  ET  AUTREMENT. 

Et  PREMIEREMENT  s'eNSUIVENT  LES  LIVRES  DECLAIREZ  EN  DEUX 
CHAPITRES,  l'uN  COMMANCANT  OU  II'^  XXXVII^  ET  l'aUTRE  OU  11  = 
XXXVIIie  FUEILLEZ  DU   LIVRE  DES   COMPTES  PRECEDENS. 

910.  Item,  un  livre  des  Histoires  de  Troye,  d'Alixandre  et 
des  Romains  (3),  ouquel  fault  le  commancement,  lequel  fu  du 
Roy;  et  au  commancement  du  second  fueillet  a  escript  :  etfait; 
et  est  convert  de  cuir  vert,  fermant  a  deux  fermouers  de  laton. 

911.  Item,  un  grant  livre  de  Valerius  Maximus  (4),  historie 
et  escript  de  lettre  de  court;  et  au  commancement  du  second 
fueillet  a  escript  :  iirbis  Rome;  convert  de  veluian  vermeil, 
garni  de  nn  fermouers  d'argent  dorez,  esmaillez  aux  armes  de 
Monseigneur;  lequel  sire  Jaqnes  Conran  Ini  envoia  a  estraines 
le  premier  jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCC  et  I. 

(i)  Cab.  desman.,  I.  Ill,  p.  i85  (n"  179). 

(2)  Les  manuscrits  compris  dans  ce  chapitrc  cntrerent  dans  la  collection 
du  due  de  Berry  posterieurcment  a  la  redaction  de  Tinventairc  de  1402. 
Aussi  aucun  d'eux  ne  figure-t-il  sur  I'inventaire  B. 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  189  (n"  226). 

(4)  Cab,  des  man.,  t.  Ill,  p.   187  (n"  206).  Bibl.  Nat.,  fends  fran^ais,  n"  282. 


LIVRES   ACQUIS   APRKS    1 40  I     [fol.    1 40    V°]  237 

Ista  pars,  cum  duabus  partibus  sequentibus  [911-913],  reddite  fuerunt  per 
dictum  Robinetum,  ul  supra. 
[S  G,  n"  1097;  prise  lxxv  liv.  t.] 

912.  Item,  un  livre  de  Troye  la  grant  (i),  escript  en  fran^ois, 
de  lettre  de  fourmc;  ex.  au  commancement  du  second  fueillet  a 
escript :  les  parolles;  et  est  couvert  de  veluiau  vermeil,  fermanta 
deux  fermouers  d'argent  dorez,  roons;  lequel  fu  achate  par 
mondit  Seigneur  de  Bureau  de  Dampmartin,  bourgois  et  chan- 
geur  de  Paris,  ou  mois  d'avril  I'an  mil  CCCC  et  II. 

[S  G,  n"   1098;  prise  xl  liv.  t.] 

9 1 3.  Item,  un  grant  livre,  appelle  les  Croniqiies  de  Biir- 
gues  (2),  escript  en  fran(;oys,  de  lettre  de  court;  et  au  commance- 
ment du  second  fueillet  a  escrit :  nont  mie;  et  est  couvert  de  ve- 
luiau vermeil,  a  quatre  fermouers,  et  cinq  boullons  sur  chas- 
cune  aiz  de  cuivre  dorez  ;  lequel  fu  achate  par  mondit  seigneur 
le  Due  de  Hanequin  de  Virelay,  demourant  en  rue  Neuve  Nos- 
tre-Dame,  a  Paris,  ou  mois  de  fcvrier  mil  CCCC  et  deux,  la 
somme  de  deux  cens  escus  d'or. 

[S  G,  n"  4S6;  prise  c  liv.  t.] 

914.  Item,  un  livre  d'Ovide,  Metamorpho\eos  (3),  escript  en 
frangois  rime;  et  au  commancement  du  second  fueillet  a  es- 
cript :  de  la  disputoison ;  et  est  couvert  de  cuir  vermeil  empraint, 
a  deux  fermouers  d'argent  neellez,  et  tixuz  rouges,  garni  de  plu- 

seurs  seignaulx. 

[S  G,  11°  487;  prise  xxv  liv.  t.] 

915.  Item,  un  livre  de  Valerius  Maximus  (4),  translate  en 
frangois,  escript  de  lettre  de  court,  historic  au  commancement 
d'un  roy  et  un  frere  de  Tordre  de  Saint  Jehan  qui  lui  presente 
un  livre,  et  d'autres  histoires;  et  au  commancement  du  second 
fueillet  a  escript :  marie  ausquielx ;  et  est  couvert  de  cuir  vermeil 
empraint,  a  deux  fermouers  d'argent  neellez,  et  tixuz  noirs  (5). 

[S  G,  n"  1099;  prise  xxv  liv.  t.] 

(i)  Cab.  des  )nan.,  i.  Ill,  p.  189  (n°  227). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  191  (n"  253). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  192  (n°  265). 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  187  (no  207). 

(5)  Get  article  a  cte  intercale  apres  coup  sur  le  registre. 


238  LIVRES   ACQUIS   APRES    1 40 1     [fol.    141] 

9 1 6.  Item,  un  livre  de  Titus  Livius  (i),  translate  en  frangoys, 
escript  de  lettre  de  fourme;  et  au  commancement  du.  second 
fueillet  dudit  livre  a  escript :  pa)-  la  maniere;  et  est  convert  de 
veluiau  vermeil,  a  deux  fermouers  d'argent  dorez,  esmaillez 
chascun  d'un  personnaige,  et  sur  chascune  aiz  a  v  gros  bouUons 
dorez,  hachiez  a  flours  de  bourraiche,  garniz  d'une  pipe  d'argent 
doree,  a  trois  flours  de  bourraiche  esrnaillees. 

[S  G,  n"  1 100;  prise  cl  liv.  t.] 

917.  Item,  un  livre  des  Di\  moraiilx  des  philosophes  (2),  es- 
cript en  franv'ois,  de  lettre  de  court,  historic  au  commancement 
d'enlumineure,  et  ailleurs  de  blanc  et  de  noir;  et  au  commance- 
ment du  second  fueillet  a  escript :  nc  sera  mie ;  convert  de  cuir 
rouge  empraint,  a  deux  petis  fermouers  de  cuivre  hachiez,  et 
tixuz  noirs ;  lequel  livre  mondit  Seigneur  achata  de  maistre  Re- 
gnault  du  Montet  (3),  ou  mois  de  Janvier  Fan  mil  CCCC  et  trois, 
avec  unes  Heures  de  Nostre  Dame,  qu'il  donna  a  monseigneur 
de  Vendosme,  et  avec  un  livre  de  Mandevillc  qui  (4)  donna  a 
Jehan  Barre,  son  varlet  de  chambre,  tout  ensemble  pour  le  pris 
et  somme  de  nii'^'^  escus  d'or. 

[S  G,  n»  488;  prise  lxxv  sous  t.] 

918.  Item,  un  livre,  appelle  Cy  nous  dit  (5),  escript  en  frangoys, 
de  lettre  de  fourme;  et  au  commancement  du  second  fueillet  a 
escript :  de  la  Trinite;  couvert  de  veluiau  noir,  a  deux  fermouers 
d'argent  dorez,  esmaillez  a  fleurs,  et  sur  chascune  aiz  v  clos  de 
cuivre  dorez;  lequel  livre  mondit  Seigneur  achata  a  Paris,  ou 
mois  de    fevrier  I'an  dessusdit  mil  CCCC  et  III,  de  Jehan  le 


(i)  Cab.  des  man.^  t.  Ill,  p.  189  (n»  236). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  184  (no  168). 

(3)  Regnault  du  Montet,  dont  le  nom  revient  plus  loin  (art.  919  ct  920), 
etait  un  libraire  demeurant  dans  la  rue  des  Parcheminiers;  il  fut  implique 
dans  le  proces  de  trahison  intente  au  chanoine  Fusoris  (Arch.  nat.,LL  188, 
fol.  8  vo)  et  elargi  (fol.  17  v").  Le  due  de  Berry  acheta  de  nombrcux  manus- 
crits  a  cc  libraire  (Voir  la  table  du  present  invcntaire  ct  celle  du  Cabinet 
des  maniiscrits). 

(4)  Lisez  :  «  qu'il  donna  ». 

(5)  Cab.  des  man.,  t.  HI,  p.  174  (n"  41). 


LIVRES    ACQUIS    APRES    1 4O I     [fol.     I42]  239 

Moustardier,  escripvain  de  fourmc,  demourant  en  ladicte  ville  de 

Paris. 
Ista  pars  redditur,  ut  supra. 
[S  G,  n"  489;  prise  xv  liv.  t.] 

919.  Item,  un  gros  volume  (i),  escript  en  fran^oys,  de  lettre  de 
court,  ouquel  sont  contenuz  les  livres  qui  s'ensuivent  :  le  livre 
des  Proprietcs  des  chases,  le  livrc  de  VIstoire  de  Thebes,  le  livre 
de  VIstoire  de  Trqye,  le  livre  d'Orose,  le  livre  de  Lucan,  le  Ro- 
tnans  de  la  Rose,  le  Testament  maistre  Jehan  dc  Mehun,  le  Tre- 
sor  et  le  Testament  diidit  maistre  Jehan  de  Mehun,  Boece,  de 
Consolation,  Matheole  et  autrcs  livres,  et  ou  derrenier  est  le 
Viendier  Taillevent  (2);  et  au  commancement  du  second  fueillet 
dudit  volume  est  escript  :  en  especial;  et  est  convert  de  cuir 
rouge  empraint,  a  quatre  fermouers  de  cuivre,  et  v  gros  boul- 
lons  de  mesmcs  sur  chascune  aiz;  lequel  volume  mondit  Sei- 
gneur achata,  ou  moys  de  may  mil  CCCC  et  IIII,  de  maistre 
Regnault  du  Montet,  la  somme  de  ii*^  escus  d'or. 

[S  G,  no  1 101 ;  prise  lxxv  liv.  t.] 

920.  Item,  un  grant  livre  appelle  le  livre  de  Lancelot  du 
Lac  [3],  escript  en  fran^ois,  de  lettre  de  fournie,  tres  bien  historic 
au  commancement  et  en  pluseurs  lieux;  et  au  commancement  du 
second  fueillet  a  escript  :  en  la  Jin ;  et  est  convert  de  drap  de 
soye  vert,  a  deux  fermouers  dorez,  et  sur  chascune  aiz  a  v  boul- 
lons  de  cuivre  dorez;  lequel  livre  mondit  Seigneur  achata,  ou 
mois  de  Janvier  Tan  que  dessus  mil  CCCC  et  IIII,  de  maistre 
Regnault  du  Montet,  demourant  a  Paris,  la  somme  de  01*^  escus 
d'or. 

Iste  due  partes  [919-920]  reddite  fuerunt,  ut  supra. 
[S  G,  n"  490;  prise  cxxv  liv.  t.] 

(i).  Cab.  desman.,  t.  HI,  p.  i83  (n"  146). 

(2)  Taillevent  est  le  pseudonyme  de  Guillaume  Tircl,  qui  tut  sergent 
d'armes  de  Philippe  VI,  queux  du  roi  Jean,  et  ecuyer  de  cuisine  sous 
Charles  V  et  Charles  VI.  II  composa  son  traite  de  cuisine  ou  viandier  a 
I'instigation  de  Charles  V,  et  fut  enterre  a  Hennemont  pres  de  Saint- 
Germain,  ou  M.le  baron  J.  Pichon  a  retrouve  sa  tombe.Le  viandier  de  Tail- 
levent fut  imprime  en  caracteres  gothiques  vers  1490  (Voy.  Cat.  des  livres 
du  baron  Pichon,  i86q,  n°s  271  et  272). 

(3)  Cab. des  ma>i.,  t.III,p.  192  (n°2  7o).  Bibl.  Nat.,fonds  fran(;ais,n°'  1 17  a  120. 


240  LIVRF.S    ACQUIS   APRKS    14OI     [fol.     142    V'^] 

92 1 .  Item,  le  tiers  volume  du  Miroiier  historial  de  Vincent  (i), 
escript  en  fran^oys,  de  lettre  de  fourme ;  et  au  commance- 
ment  du  second  fueillet  a  escript:  xxiiw  livre;  ct  est  couvert  de 
cuirblanc;  lequel  mondit  Seigneur  achata,  le  xxi'^  jour  dudit 
mois  de  Janvier,  de  Colin  Beaucousin,  la  somme  de  xl  escus  d'or. 

[S  G.  n»  1 102 ;  prise  xxx  liv.  t.] 

922.  Item,  un  petit  livre  de  VEspere  du  del  et  du  monde  (2), 
escript  en  franyoys,  de  lettre  courant;  et  au  commancemcnt  du 
second  fueillet  a  escript  :  de  I'inequalite  des  jours;  couvert  de  cuir 
vermeil  empraint,  fermant  a  deux  fermouers  de  laton;  lequel 
Monseigneur  retint  pour  lui  d'une  grant  quantite  de  livres  qu'il 
achata  de  Baude  de  Guy,  le  xvi'^  jour  de  decemhre  mil  CCCC 
et  V,  et  donna  lors  tant  a  sa  chapelle  de  Bourges  que  a  pluseurs 
personnes,  tout  ensemble  pour  le  pris  et  somme  de  n™  ii*^  xx 

escus. 

Iste  due  partes  [1)21-922]  reddite  fucrunt  Parisius  per  dictum  Robinetum 
executoribus,  ut  supra. 

[S  G,  no   I  io3;  prise  l  sous  t.] 

923.  Item,  un  livre  en  fran^oys  de  VEspere  du  del  et  du 
monde  [3],  escript  de  lettre  courant;  et  au  commancemcnt  du 
second  fueillet  a  escript :  le  monde  est  tout  roont,  historie  en  plu- 
seurs lieux,  couvert  de  cuir  vermeil  empraint,  fermant  a  deux 
fermouers  d'argent  dorez,tous  plains,  a  deux  tixuz  de  soye  noire; 
lequel  mondit  Seigneur  retint  pour  lui  de  ladicte  grant  quantity 
de  livres  dessusdiz. 

[S  G,  no  491 ;  prise  xv  liv.  t.] 

924.  Item,  le  livre  de  Titus  Livius  (4),  en  trois  volumes,  escript 
en  fran^oys,  de  lettre  courant;  et  au  commancemcnt  du  second 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  HI,  p.   i-Sy  (a"  2u3). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  HI,  p.  i85  (n"  lyS).  — C'est  le  Traite  de  la  Sphere  de 
Jean  de  Sacro  Bosco  (Voy.  Inventaire  de  la  bibliothdque  de  Charles  VI, 
no  58o).  Ce  livre  a  ete  tres  repandu  au  xiV  siecle.  On  en  rencontre  au 
moins  quatre  exemplaires  dans  la  librairie  de  Charles  V  {Cab.  des  man., 
t.  HI,  p.  142)  et  plusieurs  copies  chez  le  due  de  Berry.  Le  livre  de  Spera 
(no  891  ci-dcssus)  est  une  version  latine  de  cet  ouvragc. 

(3)  Cab.  desman.,  t.  HI,  p.  i85  (n°  176). 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  HI,  p.  189  (n"  234). 


LIVRES   ACQUIS    APRES     1 40 1    [fol.    143]  24! 

fueillet  d'un  desdiz  volumes  a  escript  :  le  consul  fu  occis;et  au 
commancement  du  second  fueillet  de  I'autre  volume  a  escripT  : 
de  la  destruction ;  et  au  commancement  du  second  fueillet  du 
tiers  volume  a  escript  :  seroient;  couvers  de  cuir  vermeil  em- 
praint,  fermant  chascune  volume  de  deux  fermouers  d'argent 
dorcz,  tons  plains,  a  deux  tixus  de  soye  vermeille;  lequel  livre 
mondit  Seigneur  a  semblablement  retenu. 

Reddite  fuerunt  per  dictum  Robiuctum,  ut  supra  [923-924]. 

[S  G,  11°  492;  prise  lxxvi  liv.  t.] 

925.  Item,  un  livre  en  fran9oys  (i)  qui  parle  que  les  Gregoys 
devindrent  et  oili  il  alerent  apres  la  grant  destruction  de  Troye, 
escript  de  lettre  courant ;  et  au  commancement  du  second  fueillet 
a  escript  : /'oz/r  Troye  restaurer,  historic  au  commancement; 
convert  de  cuir  vermeil  empraint,  fermant  a  deux  fermouers 
d'argent  dorez,  a  deux  tixuz  de  soye  vermeille,  et  sur  chascune 
aiz  a  V  petis  clos  d'argent  dorez,  en  maniere  d'estoilles;  lequel 
livre  mondit  Seigneur  retint  pour  lui  comme  dessus. 

[S  G,  n"  493;  prise  xv  liv.  t.] 

926.  Item,  la  Bible  en  un  volume  (2),  escripte  en  fran^oys,  de 
lettre  roonde,  historiee  en  pluseurs  lieux  tres  richement,  et  au 
commancement  de  la  Trinitie,  Nostre  Dame  en  son  trosne  et 
pluseurs  angels  et  patriarches;  et  au  commancement  du  second 
fueillet  a  escript :  comme  fait  lajournee;  convert  de  veluiau  ver- 
meil, fermant  a  quatre  fermouers  d'argent  dorez,  esmaillez  ou 
milieu,  a  chascun  un  tixu  de  soye  bleue. 

Iste  due  partes  [925-926]  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum, 
ut  supra. 

[S  G,  n°  494;  prise  in"   lxxv  liv.  t.] 

927.  Item,  un  livre  de  la  Cite  de  Dieu  (3),  escript  en  frangoys, 
de  lettre  roonde;  et  au  commancement  du  second  fueillet  a 
escript  :  pluseurs  ont  iisurpe,  tres  richement  historic  au  com- 
mancement et  en  pluseurs  lieux;  couveri;  de  veluiau  vermeil  et 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  189  (n"  23 1).  Bibl.  nat.,  fonds  fran^ais  n"  256. 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  172  (n°  11). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  180  (n"  116). 

16 


242  LIVRKS  ACQUIS   APRES    I4OI     [fol.    1 44] 

fermant  a  quatre  fermouers  d'argent  dorez,  en  chascun  uii  tixu 
de  soye  bleue,  et  sur  chascune  aiz  a  v  clos  roons  d'argent  dorez. 
[S  G,  n°  495;  prise  11°  liv.  t.] 

928.  Item,  un  livre  du  pelerinaigc  du  corps  et  de  Tame,  appelle 
le  Pelerin  (i),  escript  en  fran^oys,  de  lettre  courant,  historic 
au  commancement  et  en  pluseurs  lieux  de  blanc  et  de  noir;  et  au 
commancement  du  second  fueillet  a  escript :  dedens  lui  et  lame; 
convert  de  cuir  vermeil  empraint,  fermant  a  deux  fermouers 
d'argent  blanc,  a  deux  tixus  de  soye  noire. 

Reddite  fuerunt,  ut  supra  [927-928]. 
[S  G,  11°  496;  prise  xl  liv.  t.] 

929.  Item,  un  livre  appelle  le  Livre  Goddeffroy  de  Boiillon  (2), 
qui  parle  du  passaige  d'oultremer  et  du  conquest  de  la  Terre 
saincte,  escript  en  fran^oys,  de  vieille  lettre  de  fourme;  et  au 
commancement  du  second  fueillet  a  q?>cv\^x  :  penticrs  et  fist; 
convert  de  cuir  vermeil  empraint,  a  deux  fermouers  de  cuivre, 
et  sur  chascune  aiz  v  boullons  de  mesmes.  Lequel  livre,  avec  plu- 
seurs autres  livres  declairez  en  la  ni-^  partie  du  11'-'  xlii=  fueillet  du 
livre  des  comptes  precedens  dudit  Robinet  d'Estampes,  mondit 
Seigneur  achata  a  Paris,  le  xxvii=  Jour  d'aoust  mil  CCGG  et  V, 
de  Bureau  de  Dampmartin,  tout  ensemble  pour  le  pris  ci  somme 
de  n™  XXV  livres  tournois. 

Redditus  fuit  per  dictum  Robinetum  Parisius  executoribus,  ut  supra. 
[S  G,  11"  497;  prise  xx  liv.  t.] 

930.  Item,  le  Romans  de  I'limain  voyage  de  vie  humaine  (3j 
qui  est  expose  sur  le  Romans  de  la  Rose,  escript  en  fran^ois,  de 
lettre  de  fourme,  tres  bien  historie ;  et  au  commancement  du 
second  fueillet  a  escript :  de  gent  de  toiite  maniere;et  est  couvert 
de  cuir  vermeil  empraint,  a  deux  fermouers  d'argent  blanc,  oil  il 
a  en  I'un  une  Annunciacion,  et  en  I'autre  saint  Pierre  et  saint  Pol ; 
et    par  dessus   a   unc  chemise  de  toille   blanche ;   lequel   livre 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.   193  (11°  280).  Bihl.  Nat.,  tbnds  fran^ais,  11°  829. 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  191   (n°  255). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  192  (ii"  278). 


LIVRES   ACQUIS   APRES     1 40  I     [fol.    1 45]  243 

mondit  Seigneur  achata  de  Baude  de  Guy,  marchant,  demourant 
a  Paris. 

Datus  fuit  per  dominum  Ducein  Bernardo  d'Armignac,  filio  domini  comitis 
Armigniaci,  constabulario  Francie,  prout  constat  per  litteras  domini  Diicis 
datas  xxviii"  die  maii  M  CCCC  XVI",  hie  redditas.  Et  sic  acquittatur  hie 
idem  Robinctus. 

93 1,  hem,  d'unes  tres  belles  Heures  de  Nostre  Dame  (i), 
escriptes  de  grosse  lettre  de  fourme,  declaireesou  ii^  xliii«  fueillet 
du  livre  desdiz  comptes  precedeiis,  est  deschargie  et  acquictie 
ledit  Robinet  d'Estampesdesdictes  Heures,  sanz  la  pipe  d'icelles, 
pour  les  causes  contenues  en  la  correction  faicte  sur  la  partie 
desdictes  Heures;  pour  ce  icy  seulement  une  pipe  faicte  d'un 
fermail  d'or,  garnie  d'un  fin  balay  ou  milieu,  pesant  xx  caraz,  et 
iiiiperles  fines  roondes  entour,  pesant  chascune  nii  caraz;  lequel 
fermail  mondit  Seigneur  retint  pour  mectre  esdictes  Heures  de 
pluseurs  joyaulx  et  autres  choses  que  Barthelemy  Rust,  mar- 
chant,  demourant  a  Paris,  lui  vendi  et  delivra,  tant  pour  la  teste 
et  joustes  faictes  a  Bourges  le  xxi  et  le  xxu"^  jours  d'avril  I'an 
mil  CCCC  et  cinq  apres  Pasques,  que  autrement;  et  cousta  la 
somme  de  iii'^  xxxvii  frans  x  sous  t. 

Ista  pars,  cum   n**"' partibus  sequenlibiis    [931-933],  reddite  fuerunt  per 
dictum  Robinetum  Parisius  executoribus,  ut  supra. 
[S  G,  n°  1292;  prise  vii"  liv.  t.] 


AUTRES    LIVRES    DECLAIREZ    OU    CHAPITRE    COMMANCANT 
OU    11'^   XLV<=    FUEILLET    DUDIT    LIVRE. 

932.  Item,  un  petit  livre  appelle  le  Livre  de  long  estudei-i),  fait 
et  compile  par  une  femme  appellee  Cristine  (3),  escript  de  lettre 

(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  179  (n°  io3).  —  Voy.  aussi  Gaiette  des  Beaux- 
Arts,  article  cite,  n"  27. 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  193  (n"  286). 

(3)  Christine  de  Pisan,  nee  a  Venise  vers  i363,  conduite  de  bonne  heure 
en  France  par  son  pere  Thomas  de  Pisan,  conseiller  de  la  republique  dc 
Venise,  perdit  a  I'age  de  vingt-cinq  ans,  son  pere  et  son  mari  Etienne  Du 
Castel,  gentiihomme  picard,et  dut  suffire  par  son  talent  a  ses  besoins  et  ii 
ceux  de  ses  enfants.  Elle  dedia  nombre  de  ses  ouvrages  aux  dues  de  Bour- 
gogne  et  de  Berry,  surtout  au  dernier.  Elle  mourut  vers  143 1. 


244  LIVHES    DONNES   AU    DUG    [fol.     1 45    vo] 

de  court,  historic  de  hlanc  et  de  noir;  couvert  de  cuir  vermeil 
empraint,  a  deux  fermouers  de  cuivre  et  tixus  noirs ;  et  au  com- 
mancement  du  second  fueillet  a  escript :  de  souverain  sens;  lequel 
livre  fu  donne  a  Monseigneur  en  son  hostel  de  Neelle,  a  Paris, 
par  la  dessusdicte  Cristine,  le  xx*^  jours  de  mars  Tan  mil  CCCC 
et  deux, 

[S  G,  11"  1 104;  prise  c  sous  t.] 

933.  Item,  un  petit  livre  appelle  le  Livre  de  lafleur  des  histoi- 
res  de  la  tcrre  d'Orient  (i),  escript  en  frangoys,  de  lettrede  court, 
enlumine  et  historic  en  pluseurs  lieux;  en  la  fin  duquel  a  un 
autre  Livre  de  toiites  les  provinces  et  cite^  de  I'universel  monde; 
et  au  commancement  du  second  fueillet  a  escript  :  du  royaiime; 
couvert  de  veluiau  vermeil,  a  deux  fermouers  d'argent  dorez, 
esmaillez  aux  armes  de  feu  monseigneur  de  Bourgoigne,  et  sei- 
gnaulx  de  pluseurs  couleurs,  et  sur  chascune  ais  v  bouUons 
d'argent  dorez,  hachiez;  lequel  livre  mondit  seigneur  de  Bour- 
goigne donna  a  Monseigneur,  a  Paris,  le  xxn^^jour  dudit  mois  de 
mars  Tan  dessusdit  mil  CCCC  et  deux. 

[S  G,  11°  I  io5;  prise  xx  liv.  t.] 

934.  Item,  une  belle  Bible  en  deux  volumes  (2),  cscripte  en 
fran^oys,  de  lettre  de  fourme;  et  au  commancement  du  tiers 
fueillet  du  premier  volume  a  escript :  les  nouvelles  fere,  et  au 
commancement  du  tiers  fueillet  du  second  volume  a  ee.cript :  ini- 
qiiite;  couvers  tons  deux  de  drap  de  soye  vert,  ouvre  a  oiseaulx, 
double  de  tiercelin  vermeil,  et  fermans  chascun  de  ini  fermouers 
d'or ;  et  ou  premier  volume  a  une  pipe  d'or,  et  ou  second  n'en  a 
point;  laquelle  Bible  le  Roy  donna  a  monseigneur  le  Due,  a 
Paris,  lexxv^jour  d'avrilensuivantapres  Pasques  I'an  mil  CCCC 
et  III. 

Ista  pars,  cum  parte  sequenti  [934-935],  reddite  fuerunt  Parisius  per  dic- 
tum Robinetum,  ut  supra. 

[S  G,  n"  1 1 06;  prise  iiii'^  liv.  t.] 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  u)i  (n"  256). 

(2)  Cab.  des  man..,  t.    Ill,  p.    172   (n"   12).  —  Le  tome    I"  est  au   British 
Museum. 


LIVRES   DONNES    AU   DUG    [fol.    1 46    V°]  245 

935.  Item,  un  petit  livre  d'astrologie,  en  latin  (i),  ouquel  sont 
les  quatre  elemens  et  les  xii  signes  figurez  et  les  planetes ;  oti  il  a 
escript  au  commancement  du  second  fueWlet:  nomi nil m  itaque; 
convert  de  cuir  vermeil  empraint,  a  deux  fermouers  de  cuivre; 
lequel  livre  I'abbe  de  Bruges  donna  a  Monseigneur,  a  Paris,  le 
vn=  jour  de  juing  Tan  dessusdit  mil  CCCC  et  III. 

Ut  supra. 

[S  G,  n°  1 107;  prise  c  sous  t.] 

936.  Item,  le  Romans  de  la  Rose  et  le  Testament  maistre 
Jehan  de  Mehiin  (2),  en  un  volume  escript  de  lettre  de  court;  et  au 
commancement  du  second  fueillet  a  escript  :  ens  en  le  milieu,  et 
est  convert  de  cuir  rouge  empraint,  fermant  a  deux  fermouers 
d'argent  dorez,  esquels  a  escript :  le  Romans  de  la  Rose;  et  sont 
les  tixuz  de  soye  noire,  et  sur  chascune  aiz  a  v  boullons  d'argent 
dorez;  lesquelx  Romans  et  Testamens  dessusdiz  furent  donnez 
a  Monseigneur,  le  vii^  Jour  de  juillet  Fan  dessusdit  mil  CCCC 
et  trois,  par  Tevesque  de  Chartres,  lors  son  tresorier  general. 

Dictum  Romancium  cum  Tcstamcntomagistri  Johannis  de  Magduno  datum 
fuit  Guillelmo  Lurin  per  mandatum  Domini,  datum  tercia  die  marcii  anno 
M"  CCCC"  XIII",  redditum  super  penultima  parte  xxxiii  folii  hujus  compoti. 
Et  ideo  acquittatur  hie  di  Robinetus  de  eisdem. 

937.  Item,  un  livre  esv  pt  en  frangoys,  de  lettre  de  court,  de 
VIstoire  dc  Thebes  et  de  Troye  (3) ;  et  au  commancement  du 
second  fueillet  a  escript :  Edipus  qui  estoit  avec  Polibon ;  convert 
de  cuir  vermeil  empraint,  a  deux  fermouers  de  laton  et  v  boul- 
lons de  mesmes  sur  chascune  aiz;  lequel  livre  ledit  evesque  de 
Chartres  donna  a  mondit  Seigneur,  I'an  et  jour  dessusdiz. 

[S  G,  n"  498;  prise  xv  liv.  t.] 

938.  Item,  un  Livre  de  Sydrac  (4),  escript  en  fran^oys,  de  lettre 
de  fourme;et  au  commancement  du  second  fueillet  a  escript : 
cellui  vint;  convert  de  cuir  vermeil  empraint,  a  deux  fermouers 
d'argent  dorez,  esmaillez  aux  armes  de  Monseigneur,  et  les  tixuz 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  i85  (n"  177). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  192  (n»  276).  Bibl.  Nat.,  fonds  fran^ais,  n"  38o. 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  189  (n"  23o). 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  i83  (n°  149).  —  Sans  doute  le  n'   1 1 1 13  de  la 
Bibliotheque  de  Bruxelles.  Ge  manuscrit  porte  la  signature  du  due  de  Berry. 


246  LIVRES   DONNES    AU    DUG    [fol.     1 47] 

de  soye  noire;  et  par  dessus  ledit  livre  a  une  chemise  de  drap  de 
soye  noir,  double  de  sendal  vermeil;  lequel  livre  fu  donne  a 
Monseigneur  a  estraines,  le  premier  jour  de  Janvier  Tan  mil 
CCCC  et  III,  par  messire  Guillaume  Boisratier,  a  present  arce- 
vesque  de  Bourges. 

Iste  due  partes  [gSy-pSS]  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Rohinetum 
executorihus,  ut  supra. 

[S  G,  n"  1 108;  prise  xx  liv.  t.] 

939.  Item,  un  livre  des  Proprie'tes  des  chases  (i),  escript  en 
fran^oys,  de  lettre  de  court ;  et  au  commancement  du  second 
fueillet  a  escript  :  apri's  parle;  couvert  de  cuir  vermeil  empraint, 
a  deux  ferniouers  de  cuivre  dorez  et  cinq  houUons  de  mesmes 
sur  chascune  aiz ;  lequel  livre  les  ini  secretcres  de  Monseigneur, 
c'est  assavoir  maistres  Pierre  de  Gynes,  Michiel  Le  Beuf,  Jehan 
de  Cande  et  Erart  Moriset  lui  donnerent,  ausdictes  estraines 
mil  CCCC  etIII. 

[S  G,  n"  499;  prise  i.  liv.  t.] 

940.  Item,  le  Livre  des  femmes  nobles  et  renommees,  que  fist 
Jehan  Bocace  (2),  escript  en  fran(;oys,  de  lettre  de  fourme;  et  au 
commancement  du  second  fueillet  a  escript  :  la  riibrice  Ixiij''; 
couvert  de  veluiau  ouvre  de  pluseurs  couleurs,  I'ermant  a  deux 
fermouers  d'argent  dorez,  esmaillez  Tun  d'un  Roy  et  Tautre 
d'une  Royne;  et  sur  chascune  aiz  a  v  boullons  de  cuivre  dorez; 
lequel  livre  Jehan  de  la  Barre  donna  a  Monseigneur,  ou  mois  de 
fevricr  ensuivant  Tan  dessusdit  mil  CCCC  et  III. 

Iste  due  partes,  cum  ii"""  partihus  in  pagina  sequeati  [939-942],  rcdduntur 
Parisius  per  dictum  Rohinetum  executorihus,  ut  supra. 
[S  G,  n°  5oo;  prise  xl  liv.  t.] 

94! .  Item,  un  bien  petiot  livret  (3),  ouquel  a  pluseurs  oroisons 
et  commemoracions  de  sains  et  de  sainctes,  au  commancement 
duquel  est  escripte  Toroison  O  intemerata;  fermant  a  deux  petis 
fermouers  d'or,  sanz  tixuz;  ouquel  mondit  Seigneur  a  tait  mectre 

(i)  Cab.  des  ma>i.,  l.  Ill,  p.   iN3  [n-  14b). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  iNS  (u"  209).  Bib.  nat.,  fonds  fran?ais,  n"  398. 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  180  (n°  1 13).  —  Voy.  aussi  Gazette  des  Beaux- 
Arts,  article  cite,  n"  37. 


LIVRES   DONNES   AU   DUG    [fol.    1 48]  247 

une  pipe  d'or,  garnie  d'un  grain  de  ruby  et  de  deux  poinctes  de 
dyamens;  lequel  livre  le  Roy  donna  a  mondit  Seigneur,  ou  mois 
de  may  ensuivant  Tan  mil  CCCC  et  II 1 1. 

[S  G,  n°  1 1 72 ;  prise  xii  liv.  t.] 

942.  Item,  un  livre  de  la  Cite  de  Dieu  (i),  en  deux  volumes, 
escript  en  fran^oys,  de  lettre  de  court,  historic  en  pluseurs  lieux; 
et  ou  commancement  du  second  fueillet  du  premier  volume  a 
escript  :  sains  de  monseigneur  saint  Denis,  et  au  commancement 
du  second  fueillet  du  second  volume  a  escript  : psaiiltiers ;  con- 
vert chascun  desdiz  volumes  de  veluiau  vermeil,  a  deux  fer- 
mouers  d'argent  dorez,  esmaillez  aux  armes  de  Monseigneur,  et 
une  pipe  de  mesmes,  garnie  de  pluseurs  seignaulx;  lequel  livre 
sire  Jaques  Courau  donna  a  mondit  Seigneur,  le  xx^  jour  de  juing 
ensuivant  Tan  dessusdit  mil  CCCC  et  II 1 1. 

Reddite  fuenint,  ut  supra. 
[S  G,  n"  5oi ;  prise  c  liv.  t.] 

943.  Item,  un  livre  en  fran9oys,  des  Fai^  et  bonnes  meiirs  du 
saige  Roy  Charles,  V"  roy  d'icellui  nom  (2),  ou  il  a  escript  au 
commancement  du  second  fueillet:  ses  escuiers;  convert  de  cuir 
vermeil  empraint,  a  deux  fermouers  et  clos  de  cuivre;  lequel 
livre  damoiselle  Cristine  de  Pisan  donna  a  mondit  Seigneur  a 
estrainnes,  le  premier  jour  de  Janvier  Tan  mil  CCCC  et  IIII. 

[S  G,  n°  1 109;  prise  lxxv  sous  t.] 

944.  Item,  un  livre  en  fran9oys  appelle  le  Livre  des  pro- 
blemes  d'Aristote  (3),  translate  ou  expose  de  latin  en  fran^oys  par 
maistre  Evrart  de  Coucy  (4),  jadiz  phizicien  du  Roy  Charles  le 
Quint,  escript  de  lettre  courant,  historic  au  commancement  et 
en  pluseurs  lieux;  et  au  commancement  du  second  fueillet  a 
escript :  francoise ;  convert  de  cuir  vermeil  empraint,  fcrmant  a 
quatrc  fermouers  de  laton,  et  sur  chascune  aiz  a  v  boullons  de 
laton;  lequel  livre  fu  donne  a  mondit  Seigneur,  ou  mois  de  sep- 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  181  (11°  1 19). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  190  (n"  246). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  i83  (n"  i53). 

(4)  «  Coussy  »  dans  I'lnventaire  S  G. 


248  LIVRES    DONNES    AU    DUG    [fol.    1 49] 

tembre  I'an  mil  CCCC  et  V,  par  messire  Guillaume  Boisratier, 
a  present  arcevesque  de  Bourges. 

Iste  due  partes  redditc  fucrunt  per  dictum  Rohinctum  Parisius,  at  supra. 

[S  G,  n"  1 1 10;  prise  lxxv  liv.  t.] 

945.  Item,  trois  volumes  du  Mirouer  historial  (i ),  en  francoys, 
escript  de  lettre  boulonnoise;  et  au  commancement  du  second 
fueillet  du  premier  volume  a  escript  -.paroles  come  de  Genesy  de 
la  Bible,  historie  de  iii^xx  histoires ;  et  au  commancement  du 
second  fueillet  du  second  volume  a  escript :  esveille-{sil  oist  gens,  * 
ouquel  a  V^  xni  histoires;  et  au  commancement  du  second 
fueillet  du  tiers  volume  a  escript :  le  commancement  du  regne  de 
France,  historie  de  iiii^^  xii  histoires;  couvers  de  cuir  vermeil 
empraint,  fermans  chascun  volume  de  iin  fermouers  de  laton. 

[S  G,  n"  mi;  prise  iiii"  lxxv  liv.  t.] 

946.  Item,  un  livre  des  Miracles  Nostre  Dame  (21,  escript  en 

francoys,  de  lettre  dc  fourme,  et  note  en  aucuns  lieux;  et  au 

commancement  du  second  fueillet  a  escript :  comment  que;  et  est 

couvert  de  viez  veluiau  violet,  double  de  tiercelin  vermeil;  et  fer- 

mant  a  deux  fermouers  d'argent  dorez,  esmaillez  aux  armes  de 

France ;  lequel  mondit  Seigneur  a  eu  du  Roy. 
Reddite  fuerunt,  ut  supra  [943  et  946]. 
[S  G,  n°  5o2;  prise  xxx  liv.  t.] 

947.  Item,  un  livre  <X Ethiques  et  Polithiqiies  (3),  en  deux 
volumes,  escript  en  frangoys,  de  lettre  de  fourme;  et  au  comman- 
cement du  second  fueillet  du  premier  volume,  c'est  assavoir 
Ethiques,  a  escript :  ces  si  comme ;  ex  au  commancement  du  second 
fueillet  de  I'autre  volume,  c'est  assavoir  Polithiqiies,  a  escript :  et 
ceste  commiinite;  et  sont  couvers  chascun  de  veluiau  vermeil,  a 
deux  fermouers  d'argent  dorez,  esmaillez,  Tun  aux  armes  de 
Monseigneur,  et  Tautre  aux  armes  de  feu  monseigneur  d'Or- 
leans  qui  donna  lesdiz  deux  volumes  a  mondit  Seigneur. 

[S  G,  n°  5o3 ;  prise  lxxv  liv.  t.] 

(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  187  (11°  202). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  188  (n»  214). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill, p.  i83  (n"  i5i).  Le  second  volume  porte  le  n^QioG 
du  fojids  fran(;ais,  a  la  Bibliothcque  Nationale. 


LIVRES    DONNES    AU   DUG    [fol.    1 49    V^]  249 

948.  Item,  le  Livre  de  laprinse  et  mort  dii  roy  Richart  d'An- 
gleterre  (i),  escript  en  francoys  rime,  de  lettre  de  court,  et 
historic  en  pluseurs  lieux;  et  au  commancement  du  second 
fueillet  a  escript :  qii'il  eiist;  convert  de  drap  de  soye  noir,  a  deux 
fermouers  roons  d'argent  dorez,  esmaillez  aux  armes  de  France; 
que  le  feu  vidame  de  Laonnois,  en  son  vivant  grant  maistre 
d'ostel  du  Roy,  donna  a  Monseigneur. 

Reddite  fuerunt  istc  due  partes  [947-948],  ut  supra. 
[S  G,  11"  1 1 12  ;  prise  vi  liv.  v  snus  t.] 

949.  Item,  le  Livre  de  Vespitre  que  Othea  la  deesse  envoia  a 
Ethor  (2),  compile  par  damoiselle  Cristine  de  Pizan,  escript  en 
frangois,  de  lettre  de  court,  tres  bien  historic;  et  au  commance- 
ment du  second  fueillet  a  escript  •.pour  ce  le  dy ;  convert  de  cuir 
vermeil  empraint,  a  deux  fermouers  de  cuivre  et  tixus  noirs; 
lequel  livre  ladicte  Cristine  a  donne  a  mondit  Seigneur. 

[S  G,  n»  iii3;  prise  l  sous  t.] 

950.  Item,  un  petit  livre  en  latin  qui  s'adrece  a  monseigneur 
le  Due,  compile  par  Aymeri,  abbe  de  Moisac  (3),  des  Lamen- 
tations de  la  mort  du  roy  Charlemaigne  (4),  escript  de  lettre  de 
fourme  et  historic  en  pluseurs  lieux;  et  au  commancement  du 
second  fueillet  a  escript  \partibus;  convert  de  cuir  vermeil  hous- 
sie,  et  par  dessus  une  chemise  de  drap  de  damas  noir,  double  de 
tiercelin  vermeil;  garni  de  deux  fermouers  d'or,  ou  il  a,  en  I'un, 
un  ours,  et  en  I'autre,  un  eigne,  tenant  chascun  un  escu^on  esmail- 
lie  aux  armes  de  Monseigneur;  lequel  livre  I'evcsque  de  Saint 
Flour  (5)  donna  a  estraines  a  mondit  Seigneur,  le  premier  jourde 
Janvier  Tan  mil  CCCC  et  V. 

(1)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  190  (n"  252). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  193  (11°  290). 

(3)  Aimery  de  Peyrat,  abbe  de  Moissac  de  iSyi  a  1403,  composa  plusieurs 
ouvrages,  outre  celui  qui  est  cite  dans  cet  article,  notamment  une  vie  du 
pape  Urbain  V.  (Voy.  Gallia  Christiana,  t.  I,  col.  170). 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  190  (n"  245). 

(5)  Gerard  ou  Geraud  du  Puy  occupa  le  siege  episcopal  de  Saint-P'Iour  de 
1405  a  1414.  II  succedait  a  Pierre  de  Manhac  ou  de  Maignac.  La  Gallia 
Christiana  (II,  426)  cite  I'hommage  du  manuscrit  sur  les  lamentations  de' 
la  mort  de  Charlemagne,  ofFert  au  due  de  Berry  le  i"  Janvier  1405  [1406  n, 
st.],comme  le  premier  acte  du  nouvcl  eveque  apres  son  investiture. 


25o  IJVRES   DONNES   AU   DUG    [fol.    I  5o  V°] 

Reddite  fucrunt  ut  supra  [949-950]. 
[S  G,  n"  1 1 14;  prise  xx  liv.  t.] 

q5i.  Item,  un  autre  livre  appelle  le  Tresor  de  Sapience  (i), 
escript  en  fran^ois,  de  lettre  de  court ;  et  au  commancement  du 
second  fueillet  a  escript:  ^tozY  donne';et  est  convert  de  cuir  rouge 
empraint,  a  deux  fcrmouers  de  cuivre,  et  v  petis  boullons  de 
mesmes  sur  chascune  aiz;  lequel  maistre  Gieffroy  Robin  donna 
a  mondit  Seigneur,  ausdictes  estrainnes  mil  CCCC  et  V. 

[S  G,  n°  1 1 15;  prise  xv  liv.  t.] 

952.  Item,  un  livre  de  la  Mutacion  de  Fortune  (2),  escript  en 
fran^oys  rime,  de  lettre  de  court,  compile  par  une  damoiselle 
appellee  Cristine  de  Pizan,  historic  en  aucuns  lieux;  et  au  com- 
mancement du  second  fueillet  a  escript  :  travail  penible;  et  est 
convert  de  cuir  vermeil  empraint,  a  deux  fermouers  de  cuivre  et 
V  boullons  de  mesmes  sur  chascune  aiz;  lequel  livre  ladicte  da- 
moiselle donna  a  Monseigneur,ou  mois  de  mars  Tan  mil  CCCC 

et  III. 

Iste  due  partes  [951-952]  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum, 
ut  supra. 

[S  G,  n°  1 1 1 6 ;  prise  x  liv.  t.J 


AUTRES    LIVRES    DECLAIREZ    OU    CHAPITRE    COMMANCANT    OU 
in'^    XXXie    FUEILLET    DUDIT    LIVRE    DESDIZ    COMPTES    PRECEDENS. 

953.  Item,  un  livre  d^Ethiqucs  {3],  escript  en  francoys,  de  lettre 
de  fourme;  et  au  commancement  du  second  fueillet  a  escript :  en 
puet  I'en;  convert  de  veluiau  vermeil,  a  deux  fermouers  d'argent 
dorez,  esmaillez,  I'un  d'une  Nostre  Dame,  et  Tautre  de  la  Mag- 
dalene, et  v  boullons  de  mesmes  sur  chascune  aiz;  lequel  livre 
Bureau  de  Dampmartin,  bourgois  et  marchant  de  Paris,  a  fait 
faire  par  le  commandement  de  Monseigneur. 

[S  G,  n°  1 1 17;  prise  xxx  liv.  t.] 


(i)  Cab.  des  man..,  t.  HI,  p.  i85  (n°  170). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  igS  (n°  287).  A  la  Bihliotheque  de  La  Hayc. 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  iS3  (n"  i5o). 


LIVRES    ACQUIS    APRES    1 40 1    [fol.    l5l    V°]  25  I 

954.  Item,  unromans  qui  parle  des  Qiiatre  fil\Haymon  (i),de 
Reliant  et  Olivier  et  pluseursautres,  escript  de  lettre  de  court;  et 
au  commancement  du  second  fueillct  a  escript  :  pour  aller  a 
Paris ;  coxiYen  de  cuir  rouge  empraint,  a  deux  fermouers  de  iaton 
et  V  boullons  de  mesmes  sur  chascune  aiz ;  lequel  Monseigneur 
achata  de  maistre  Jehan  Flamel,  son  secretere,  le  pris  et  somme 
de  XXX  frans. 

[S  G,  n°  1 1 18;  prise  xv  !iv.  t.] 

g55.  Item,  un  livre  appelle  les  Croniques  deBurgues  (2),  escript 
en  fran(;oys,  de  lettre  de  court,  bien  historie  et  enlumine;  et  au 
commancement  du  second  fueillet  apres  la  table  et  le  prologue 
d'icellui  a  escript  :  car  elles  furcnt  composees;  convert  d'un  drap 
de  soye  ouvre  a  fueillages  rouges  et  blans  sur  un  champ  bleu,  et 
fermant  a  deux  fermouers  de  Iaton,  et  v  boullons  de  mesmes  sur 
chascune  aiz;  lequel  livre  Monseigneur  achata,  le  xxix'^  jour  d'oc- 
tobre  mil  CCCC  et  VII,  la  somme  de  vin^^  escus  d'or  comptans. 

Iste  tres  partes  accolate  [gSS-gSS]  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum 
Robinetum  executoribus.  Et   ideo   de   eisdem  acquittatur  idem  Robinetus. 

[S  G,  n°  504;  prise  c  liv.  t.] 

956.  Item,  un  livre  escript  de  lettre  de  fourme  (3),  ouquel  est 
le  Romans  de  la  Rose,  le  Livre  de  la  Violete,  le  Livre  de  la 
Penthere  et  le  Testament  maistre  Jehan  de  Mehun,  bien  historie 
et  enlumine  de  blanc  et  de  noir;  et  au  commancement  du  second 
fueillet  a  escript :  qiiej'oypres  (4) ;  convert  de  drap  d'or,  a  deux 
fermouers  d'argent  dorez,  esmaillez.  Tun  d'un  demi  ymaige  de 
Dieu,  et  Tautre  d'un  demi  ymaige  de  Nostre  Dame  tenant  son 
entfant;  lequel  livre  Monseigneur  a  achate  la  somme  devi'^^escus 
d'or  comptans. 


(i)  Cab.  des  man.,i.  Ill,  p.  192  (11°  269).  Sur  Jean  Flamel,  secretaire  du 
Due,  et  les  notes  dont  il  a  enrichi  les  manuscritsde  son  maitre,  consultez  le 
memeouvrage,  t.  I,  p.  58,  61  (note),  69,  ett.  Ill,  p.  192,  3ii,  339.  M.  Delisle 
a  donne,  dans  I'album  paleographique  qui  accompagne  son  livre,  un  spe- 
cimen de  I'ecriture  de  Flamel  qui  fut  certaincmcnt  un  des  plus  habiles 
calligraphes  de  son  temps. 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  191  (n"  254). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  192  (n°  277). 

(4)  Le  manuscrit  S  G  porte,  apres,  au  lieu  de  pres. 


252  LIVRES    ACQUIS    [fol.    I  52    V°] 

P.eddita  fuit  ista  pars,  ut  supra. 
[S  G,  n°  5o5;  prise  l  Hv.  t.]. 

957.  Item,  un  grant  Livre  des  VII Ars  ii),  en  latin,  escript  de 
lettre  de  fourme,  et  commance  au  livre  de  Priscian,  de  VArt  de 
gramaire,  tres  bien  historic  et  enlumine;  et  au  commancement 
du  second  fueillet  a  escript ;  qiiamvis  contractiim ;  couvert  de  cuir 
rouge  empraint,  fermant  a  quatre  fermouers  d'argent  dorez, 
esmaillez  aux  armes  de  Monseigneur,  et  par  dessus  a  une  che- 
mise de  drap  de  soye  bleu  ouvre  a  oiseaulx  et  autres  choses, 
doublec  de  tiercelin  rouge;  lequel  livre  avoit  autrefoiz  este  de 
Monseigneur  et  a  este  recouvre  apres  le  trespas  de  feu  monsei- 
gneur d'Orleans  a  qui  mondit  Seigneur  Tavoit  donne. 

[S  G,  n"  1 1  19;  prise  lxxv  liv.  t.] 

958.  Item,  une  belle  Bible  en  latin  (2),  escripte  de  lettre  bou- 
lonnoise,  bien  historiee  et  enluminee  d'ouvraige  romain;  et  au 
commancement  du  second  fueillet  a  escript  :  sponditque;  et  par 
dessus  les  fueilles  a  escu^ons  pains  aux  armes  de  feu  pape  Cle- 
ment dc  Geneve  et  de  celles  de  Monseigneur;  couverte  de  veluiau 
vermeil  brode,  fermant  a  quatre  fermouers  d'argent  dorez, 
esmaillez  aux  armes  de  Monseigneur,  et  par  dessus  une  chemise 
de  drap  de  damas  bleu,  double  de  tercelin  vermeil;  laquelle 
Bible  avoit  autrefoiz  este  de  Monseigneur,  et  semblablement  a 
este  recouvree  apres  le  trespas  de  feu  mondit  seigneur  d'Orleans 
a  qui  mondit  Seigneur  I'avoit  donnee. 

Iste  due  partes  [gSy-gSSJ  reddite  tuerunt  Parisius  per  dictum  Rohinetum, 
ut  supra. 

[S  G,  n°  1 120;  prise  in"  lxxv  liv.  t.] 

959.  Item,  un  livre  compile  de  pluseurs  balades  et  dictiez  (3), 

fait  et  compose  par  damoiselle  Cristine  de  Pizan,  escript  de  lettre 

de  court,  bien  historic  et  enlumine ;  et  au  commancement  du 

(i)  Cab.  desman.,  t.  Ill,  p.  191  (ir  257).  Au  British  IVIuseum  :  fonds  Bur- 
iiey  n"  275.  Voir  la  note  du  due  de  Berry,  reproduite  par  M.  Delisle. 

(2)  Cab.  dcs  man.,  t.  Ill,  p.  171  (ir  3). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  HI,  p.  193  (n»  291).  Voy.  aussi  Gazette  des  Beaux- 
Arts,  article  deja  cite,  n°  24.  Les  premiers  ouvrages  de  Christine  de  Pisan, 
composes  de  ballades,  lais,  virelais  et  rondeaux,  et  diverses  autres  poesies, 
{ivaient  rc^u  de  I'autcur  le  iiom  de  Dictie:^. 


LIVRES    ACQUIS   APRES    14OI    [fol.    I  5  3]  2  53 

second  fueillet,  apres  la  table  dudit  livre,  a  escript :  tons  mes  bons 
jours;  couvert  de  drap  de  soye  noir  ouvre,  a  deux  fermouers  de 
cuivre  dorez,  a  v  boullons  de  mesmes  sur  chascune  aiz ;  lequel 
livre  Monseigneur  a  achate  de  ladicte  damoiselle  ii^"  escus. 

[S  G,  n»  5o6;  prise  l  liv.  t.] 

960.  Item,  unes  belles  Heures[i),  tres  bien  et  richement  histo- 
riees;  ct  au  commancement  est  le  kalendrier,  bien  richement 
escript  et  historic;  et  apres  est  historiee  la  Vie  et  Passion  de 
Saincte  Katherine;  et  ensuivant  sont  escriptes  les  quatre  Euvan- 
giles  et  deux  oroisons  de  Nostre  Dame;  et  apres  commancent  les 
Heures  de  Nostre  Dame,  et  s'ensuivent  pluseurs  autres  heures  et 
oroisons ;  et  au  commancement  du  second  fueillet  desdictes 
Heures  de  Nostre  Dame,  a  escript  :  audieritis;  couvertes  de  ve- 
luiau  vermeil,  a  deux  fermouers  d'or,  esquielx  sont  les  armes  de 
Monseigneur  de  haulte  taille;  et  par  dessus  lesdictes  Heures  a 
une  chemise  de  veluiau  vermeil,  double  de  satin  rouge;  les- 
quelles  Heures  Monseigneur  a  fait  faire  par  ses  ouvriers. 

Iste  due  partes  [959-960]  reddite  fuerunt,  ut  supra. 

[S  G,  11°  507  :  et  bnt  este  prisees,  avccques  une  pippe  garnie  d'un  fin  balay 
ou  milieu,  pesant  vint  caraz,  et  quatre  perles  fines  rondes  entour,  pesans 
chascune  quatre  caraz,  viii"  lxxv  liv.  t.] 

g6i.  Item,  unes  tres  grans  moult  belles  et  riches  Heures  (2), 
tres  notablement  enluminees  et  historiees  de  grans  histoires  de  la 
main  Jaquemart  de  Hodin  et  autres  ouvriers  de  Monseigneur, 
esquelles  sont  les  Heures  de  Nostre  Dame,  les  sept  Pseaulmes,  les 
Heures  de  la  Croix  et  du  Saint  Esperit,  de  la  Passion  et  du  Saint 
Esperit  encores,  et  TOffice  des  mors;  et  au  commancement  du 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  HI,  p.  179  (n«  100).  —  Ce  manuscrit  appartient  aujour- 
d'hui  a  M.  Edmond  dc  Rothschild.  Voyez  I'article  de  M.  Delisle  dans  la  Ga- 
:^ette  des  Beaux-Arts  (1884,  I,  399-400)  et  les  Melanges  de  paleographie  et 
de  bibliographic  du  meme  auteur.  (Paris,  Champion,  1880,  in-8°),  p.  283-293. 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  179  (n°  99).  Bibl.  Nat.,  fonds  latin,  n°9i9.  — La 
note  de  Jean  Flamel,  inscrite  au  commencement  du  volume,  est  reproduite 
par  M.  Delisle.  De  tous  les  manuscrits  du  due  de  Berry,  celui-ci  fut  estmie 
au  plus  haut  prix  par  les  executeurs  testamentaires.  M.  Delisle  {Ga:{ette  des 
Beaux-Arts,  1884,  I,  p.  393097)  a  fait  observer  que  les  grandes  miniatures, 
executees  par  Jacquemart  de  Hesdin,  ont  disparu.  Les  attributs  ordinaires 
du  due  de  Berry,  ours,  eigne,  initiales  V  E,  sont  repetes  dans  les  encadre- 
ments  de  la  plupart  des  pages  avec  les  armoiries  du  proprietaire. 


254  LIVRES   ACQUIS    APRES    1 40 1    [fol.    I  54] 

second  fueillet  des  Heures  Nostre  Dame  a  escript  :/Iamme;cou- 
vertes  de  veluiau  violet,  et  fermans  a  deux  grans  fermouers  d'or, 
garniz  chascun  d'un  balay,  i  saphir  et  vi  grosses  perles ;  et  y 
a  une  pipe  d'or,  ou  sont  atachiez  les  seignaulx,  garnie  d'un  gros 
balay  et  iiii  grosses  perles;  laquelle  pierrerie  est  d'une  chaienne 
en  facon  de  paternostres  et  de  certains  culez  qui  furent  de  feu 
messire  Jehan  de  Montagu,  deciairez  lesdiz  chastons  en  la 
111=  partie  du  iii'-'  ii'^  fueillet  desdiz  comptes  precedens,  et  ladicte 
chaienne  en  la  premiere  partie  du  in^  nii«  fueillet  ensuivant;  et 
ont  lesdictes  Heures  une  grant  chemise  dedrap  de  damas  violet, 
double  de  mesmes;  lesquelles  Heures  mondit  Seigneur  a  faictes 
faire  ainsy  et  par  la  maniere  qu'elles  sont  dessus  devisees. 

Iste  Horc  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  cxecutoribus,  u 
supra. 

[S  G,  no  1 1  59;  prise  iiH"'  liv.  t.] 

962.  Item,  un  petit  livre  appelle  le  Dyalogiic  saint  Gre- 
goire  [i)^  escript  en  fran^oys;  et  au  commancement  du  second 
fueillet  a  escript :  loing  nous  ne  veoons;  historic  en  aucuns  lieux; 
convert  de  cuir  rouge  empraint,  a  deux  fermouers  de  laton; 
lequel  Monseigneur  achata  de  Jehan  Colin,  le  ix^  jour  de  juillet 
Tan  mil  CCCC  et  IX,  pour  le  pris  et  somme  de  xv  escus  d'or. 

Redditus  fuit  Parisius,  ut  supra. 

[S  G,  n°  5o8;  prise  lxxv  sous  t.] 


AUTRES    LIVRES    DECLAIREZ    OU    CHAPITRE    COMMANCANT    OU 
IIlC     XXXV"    FUEILLET    DU     LIVRE     DESDIZ     COMPTES     PRECEDENS 

963.  Item,  d'un  Breviere  en  deux  volumes  (2),  appellez  les  Bre- 

(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  181  (11°  120). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  lyS  (n"  55).  Bibl.  Nat.,  fonds  latin,  n°'  10483  et 
10484.  L'un  des  deux  volumes  de  ce  breviaire  est  expose  dans  la  galerie 
Mazarine.  Ce  manuscrit  portait  le  nom  de  Breviaire  de  Belleville  parce 
qu'il  avait  appartenu  a  Olivier  do  Clisson,  seigneur  de  Belleville,  avant 
d'entrer  dans  la  librairie  du  Louvre.  Dans  son  article  sur  les  livres  d'Heu- 
res  duduc  de  Berry  {Ga:{ette  des  Beaux-Arts,  1884,  I,  282-285),  M.  Delisle 
a  raconte  par  le  detail  I'histoire  de  ce  manuscrit,  un  des  chefs-d'oeuvre  de 


LIVRES   DONNES   AU    DL'C    [fol.    164   vo]  255 

vieres  de  Belleville,  a  Tusaigc  de  Jacobins,  trcs  bien  et  riche- 
ment  historiez,  enluminez.^  declairez  en  la  premiere  partie  du 
iiic  xxxv"^  fueillet  du  livre  desdiz  comptes  precedens,  est  des- 
chargie  ledit  Robinet  d'Estampes  du  premier  desdiz  volumes 
pour  Ics  causes  contenues  en  la  correction  faicte  sur  ladicte 
partie.  Pour  ce  icy  seulement  le  second  desdiz  volumes,  et  au 
commancement  du  second  fueillet  du  psaultier  dudit  volume  a 
escript  -.jiisticie  et  sperate;  convert  de  drap  de  soye  vert  ouvre  a 
bestes  estranges,  et  par  dessus  unc  chemise  d'autre  drap  de  soye 
noir  ouvre  a  fueillaiges  de  blanc  et  de  bleu,  fcrmans  a  deux  fer- 
mouers  d'or  esmailles  aux  amies  de  France. 

K.— Dicta  duo  voluminabreviarii  in  presenti  articulo  declarati  data  fuerunt 
domine  Marie  de  Francia,  religiose  de  Poissiaco  (i),  per  mandatum  Domini 
super  penultima  parte  lxviii  folii  hujus  compoti  redditum.  Et  ideo  acquit- 
tatur  hie  dictus  Robinetus  de  presenti  volumine. 

964.  Item,  un  tres  bel  livre  de  la  Cite  de  Dieu  (2),  escript  en 
fran^oys,  de  lettre  de  court,  tres  bien  historic  et  enlumine,  et  au 
commancement  du  second  fueillet  a  escript :  Monseigneur  Saint- 
Denis;  et  est  convert  de  veluiau  vermeil,  a  ini  fermouers  de  cui- 
vre  dorez;  lequel  livre  Salemon,  secretere  du  Roy  nostre  sire, 
donna  a  mondit  Seigneur. 

[S  G,  n"  5og;  prise  cxxv  liv.  t.J. 

965.  Item,  une  belle  Bible  en  latin  (3),  escripte  de  lettre  bou- 
lonnoise,  qui  fu  du  roy  Robert,  jadiz  roy  de  Sicile,  tres  bien 
historiee  et  enluminee  d'ouvraige  romain;  et  au  commancement 
du  second  fueillet  a  escript :  one  usque  ad  Egiptum;  couverte  de 
cuir  rouge  empraint,  a  nii  fermouers  d'argent  dorez,  esmaillez 
aux  armes  de  Monseigneur,  et  par  dessus  une  chemise  de  drap 


la  calligraphic  au  moyen  age.  II  a  en  meme  temps  releve  plusieurs  noms 
inscrits  au  has  des  pages  qui  sent  peut-etre  ceux  des  miniaturistes  charges 
de  decorer  le  volume.  —  On  peut  consulter  aussi  I'article  de  M.  Marcel  de 
Freville  publie  dans  les  Nouvelles  Archives  de  Vart  francais  de  1874-75, 
p.  145-155,  sur  la  symbolique  des  miniatures. 

(i)  Sur  Marie  de  France,  religieuse  a  Poissy,  voyez  ci-dessus  la  note  2  de 
la  page  41. 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  180  (no  ii5). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  171  (n°  i). 


2  56    .  LIVRES   BONNES   AU    DUG    [fol.    I  55    Vo] 

de  damas  bleu,  double  detiercelin  vermeil;  laquelle  monseigneur 
d'Orleans  donna  a  Monseigneur,  le  xvni''  jour  d'aoust  Tan  mil 
CCCCet  VII. 

Iste  due  partes  [964-965]  reddite  fueruiit  Parisius  per  dictum  Robinetum 
executoribus.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 
[S  G,  n»  1 193;  prise  irL  liv.  t.] 

966.  Item,  une  autre  Bible  en  deux  petis  volumes  (i),  escripte 
en  fran^oys,  de  lettre  de  t'ourme,  bien  historiee  et  cnluminee;  et 
au  commancement  du  second  fueillet  du  premier  volume  a  es- 
cript  :  du  saircment;  et  au  commancement  du  second  fueillet  de 
I'autre  volume  a  escript  :  nais  seront  destriiit;  convert  chascun 
volume  de  drap  de  soye  ouvree  a  fueillages,  fermant  a  ini  fer- 
mouers  d'or,  esmaillez  aux  amies  de  France,  et  en  chascun  un 
ymaige,  a  une  pipe  d'or  esmaillee  ausdictes  armes,  et  par  dessus 
une  chemise  de  drap  de  damas  violet,  double  de  tiercelin  noir; 
laquelle  Bible  le  feu  vidame  de  Laonnois,  en  son  vivant  grant 
maistre  d'ostel  du  Roy,  donna  a  Monseigneur,  ou  mois  d'aoust 
Fan  mil  CCCC  et  VII,  et  mondit  Seigneur  y  a  depuis  fait  faire 
lesdictes  chemises. 

Ista  Biblia  data  fuit  per  dominum  Ducem  et  per  suas  litteras  datas  prima 
die  junii  M  CCCC  XVI",  hie  retentas,  domine  ducisse  de  Borhonio,  ejus  filie. 
Et  ideo  idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  eadem. 

967.  Item,  un  livre  des  Croniqiies  de  France  (2),  fait  par  mais- 
tre Jehan  Froissart,  depuis  le  temps  du  roy  Charles  le  Quart, 
des  guerres  de  France,  d'Angleterre  et  autres  royaumes,  escript 
en  fran^ois,  de  lettre  de  court;  et  au  commancement  du  second 
fueillet  a  escript :  entre  les  autres;  convert  de  cuir  rouge  housse, 
et  fermant  a  quatre  fermouers  de  laton  en  fai;on  de  crochez; 
lequel  livre  fu  donne  a  Monseigneur,  le  vni<=  jour  de  novembre 
Tan  mil  CCCC  et  VII,  par  messire  Guillaume  Boisratier,  a 
present  arcevesque  de  Bourges. 

[S  G,  n°  5io;  prise  xl  liv.  t.] 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  172  (n°  i3).  — Le  tome  II  porte  le  n"  5707  dans 
le  fonds  fran^ais,  a  la  Bibl.  Nat. 
(2)  Cab.  des  man.,  t.III,p.  190  (n°  243). Bibl.  Nat.,  fonds  frangais,  n''2G4i. 


LIVRES    DONNES    AU    DUG    [fol.     I  56]  257 

968.  Item,  unesHeures{i)  esquelles  le  roy  Jehan,  pere  de  Mon- 
seigneur,  apprist  a  lire,  et  tout  au  commancement  est  le  kalen- 
drier,  et  apres,  pluseurs  enseignemens  en  fran^oys  de  bien  vivre 
selon  Dieu,  les  Heures  de  Nostre  Dame,  les  Heures  de  la  Tri- 
nitie,  I'Office  des  mors,  et  pluseurs  autres  Heures  et  Oroisons, 
tant  en  latin  que  en  fran<;oys;  et  au  commancement  du  second 
fueillet,  apres  la  fin  du  kalendrier  a  escript  -.par  ceste  viande; 
couvertes  de  drap  de  damas  noir;  lesquelles  le  roy  de  Sicile 
donna  a  Monseigneur,  le  xxiii^  jour  d'octobre  I'an  mil  CCCC 
et  VII,  et  depuis  y  a  fait  faire  mondit  Seigneur  deux  fermouers 
d'or,  esmaillez  a  ses  armes,  a  une  pipe  de  mesmes,  garnie  d'un 
balay  pesant  environ  x  caraz  et  deux  perles,  et  par  dessus  une 
chemise  de  drap  de  damas  violet,  double  de  tiercelin  noir;  les- 
quielx  fermouers  et  pipe  ainsi  garnie,  avec  ladicte  chemise,  ont 
couste  de  Baude  de  Guy  iiii'"^  frans. 

Iste  due  partes  [967-968]  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum 
executoribus.  Et  ideo  acquittatur  hie. 
[S  G,  n°  1 1 2 1 ;  prise  cxxv  liv.  t.] 

969.  Item,  un  livre  appelle  Terence  (2),  escript  en  latin,  de 
lettre  de  fourme,  tres  bien  historic  et  enlumine;  et  au  comman- 
cement du  second  fueillet  a  escript :  nempe;  convert  d'un  drap  de 
soye  ouvre  sur  un  champ  violet,  et  par  dessus  une  chemise  de 
drap  de  soye  vermeil,  fermant  a  deux  fermouers  d'argent  dorez, 
sanz  tixus;  lequel  livre  fu  donne  a  mondit  Seigneur,  ou  mois  de 
Janvier  I'an  mil  CCCC  et  VII,  par  monseigneur  Martin  Gouge, 
lors  son  tresorier  general  et  a  present  evesque  de  Chartres. 

Ista  pars,  cum  ii''""  partibus  sequentibus  [969-971],  reddite  fuerunt  Pari- 
sius per  dictum  Robinetum,  ut  supra. 
[S  G,  n°  1 1 22 ;  prise  xxx  liv.  t.] 

970.  Item,  un  livre  des  Croniques  de  France  (3),  escript  en 
fran^oys,  de  lettre  de  court,  tres  bien  historie  en  pluseurs  lieux; 
et  au  commancement  du  second  fueillet  de  la  table  dudit  livre  a 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.   178  (n"  96).  —  Voy.  Gazette  des   Beaux-Arts, 
article  cite,  n°  20. 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  191  (n"  261).  Bibl.  Nat.,  fonds  latin,  n°  7907  A. 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  190  (n"  239). 

17 


258  LIVRES   DONNES   AU   DUG    [fol.     I  67] 

escript  :  comment  Childerich ;  couvert  de  veluiau  noir,  a  deux 
fermouers  de  laton,  et  v  boullons  de  mesmes  sur  chascune  aiz; 
lequel  livre  Jehan  de  ia  Barre,  receveur  general  de  toutes  finan- 
ces en  Languedoc  et  duchid  de  Guienne,  donna  a  Monseigneur, 
ou  mois  d'avril  apres  Pasques  Fan  mil  CCCC  et  huit. 
[S  G,  n"  5ii ;  prise  c  liv.  t.] 

971.  Item,  un  tres  bel  Breviere  (i),  escript  de  bonne  lettre  de 
fourme,  a  I'usaige  de  Paris,  qui  fu  du  Roy,  bien  historic  et  enlu- 
mind,  et  au  commancement  du  second  fueillet,  apres  la  fin  du 
kalendrier,  a  escript  :  cognovit  bos;  couvert  d'un  drap  de  soye 
ouvre,  et  par  dessus  une  chemise  de  drap  de  damas  noir,  double 
d'un  tercelin  vermeil,  fermant  a  deux  fermouers  d'or  en  fa9on 
de  chasteaulx,  et  n'y  a  point  de  pipe;  lequel  breviere  Monsei- 
gneur a  eu  de  feue  madame  d'Orleans,  et  avoit  este  de  feu  mon- 
seigneur d'Orleans,  son  mary,  a  qui  mondit  Seigneur  I'avoit 
donnd. 

Ymo  est  una  parva  pipa  auri  cum  11'""  parvis  ursis. 
[S  0,11°  5i2;  prise  11=  liv.  t.] 

972.  Item*,  le  Mirouer  historial  de  Vincent  (2),  en  trois  volu- 
mes, escripz  en  fran^oys,  de  bonne  lettre  de  fourme  paraille,  tres 
bien  et  richement  historiez  et  enluminez;  et  au  commancement 
du  second  fueillet  du  premier  volume  a  escript :  la  voye;  au  com- 
mancement du  second  fueillet  du  second  volume  a  escript  :  du 
prieur;  et  au  commancement  du  second  fueillet  du  tiers  volume 
a  escript :  temps;  et  sont  couvers  de  drap  de  soye  vert  use,  chas- 
cun  a  deux  fermouers  d'argent  dorez,  rompus,  esmaillez  aux 
armes  de  Monseigneur;  et  faillent  les  esmaulx  en  aucuns  desdiz 
fermouers;  lequel  livre  fu  de  feu  messire  Jehan  de  Montagu, 
auquel  Monseigneur  le  donna  en  son  vivant ;  et  depuis,  apres  son 
trespassement,  mondit  Seigneur  I'a  recouvre,  c'est  assavoir  les 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  176  (11°  Sg).  Bibl.  Nat.,  foods  latin,  n°  4052.  Sur 
ce  manuscrit,  qui  provenait  de  la  librairie  du  Louvre  et  qui  fit  retour  a 
Charles  Vil,  voir  I'article  de  M.  Delisle  dans  la  Ga:{ette  des  Beaux-Arts 
(1884,  t.  I,  p.  285-287). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  187  (n°  201). 


I.IVRES   DONNES   AU    DUG   [fol.    I  Sj    Y°]  aSg 

deux  derriers  volumes  de  monseigneur  de  Guienne,  et  le  premier 
volume  du  prevost  de  Paris,  par  don  du  Roy  nostre  sire. 

K.  —  Dictum  Speculum  historiale  datum  fuit  domino  duci  Burgondie  per 
mandatum  Domini  datum  nona  die  februarii  anno  M°  CCCC"  XII°,  hie  red- 
ditum,  serviens  alibi  pro  aliis  partibus;  virtute  cujus  acquittatur  hie  dictus 
Robinetus  de  eodem. 

973.  Item,  un  Breviere  (i)  en  deux  petis  volumes,  escript  de 
menue  lettre  de  fourme,  et  au  commancement  du  second  fueillet 
du  psaultier  d'un  desdiz  volumes  a  escript :  mei  et  exaudi;  et  au 
commancement  du  second  fueillet  du  psaultier  de  Tautre  volume 
a  escript :  in  cubilibus;  et  sont  couvers  de  drap  de  soye  bleu,  et 
fermans  chascun  a  deux  fermouers  d'or,  esmaillez  aux  armes  de 
Monseigneur,  et  ont  chascun  une  chemise  de  veluiau  noir,  dou- 
ble de  tercelin  rouge;  lequel  breviere  monseigneur  de  Guienne 
donna  a  Monseigneur,  ou  mois  de  novembre  mil  CCCC  et  IX; 
et,  depuis,  I'a  mondit  Seigneur  fait  relier,  couvrir  et  garnir  en  la 
maniere  dessusdicte;  et  cousterent  les  fermouers  seulement  de 
Jehan  Tarenne,  avec  le  tixu,  xxx  frans. 

974.  Item,  un  livre  de  bien  grosse  lettre  de  fourme  (2),  ouquel 
sont  pluseurs  Oroisons  en  latin  a  Dieu  et  Nostre  Dame,  le  Psaul- 
tier saint  Jeroysme,  les  vii  Pseaumes  compilez  par  Fran^oys 
Petrarque,  les  Heures  de  la  Croix  et  du  Saint  Esperit,  et  plu- 
seurs autres  devocions  et  contemplacions  a  Dieu ;  et  au  comman- 
cement du  second  fueillet  a  escript :  ac  sompnolencia ;  convert  de 
cuir  rouge  empraint,  a  un  viez  fermouer  d'argent  blanc,  et  fault 
I'autre  fermouer;  lequel  livre  maistre  Philippe  de  Corbie  (3), 
conseiller  et  maistre  des  requestes  de  I'ostel  du  Roy  et  de  Mon- 
seigneur, donna  a  mondit  Seigneur,  le  xvii«  jour  de  novembre 
I'an  mil  CCCC  et  IX. 

Ista  pars  reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et  sic 
idem  Robinetus  acquittatur  hie. 
[S  G,  n°  5i3 ;  prise  lxxv  sous  t.] 

975.  Item,  un  autre  livre  (4)  ouquel  est  contenu  tout  le  Psaul- 

(i)  Cab.  des  man.,t.  Ill,  p.  lyS  (n°  53).  —  Voy.  Gat^ette  des  Beaux-Arts,  n"  12. 

(2)  Cab.  des  wan.,  t.  Ill,  p.  i8o(n°  1 12).  —  YoY.Ga:{ette  des  Beaux- Arts,n''l>6. 

(3)  Sur  Philippe  de  Corbie  voyez  ci-dessus  la  note  i  de  la  page  182. 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  lyS  (n"  3i). 


26o  LIVRES   DONNES   AU   DUG    [fol.    I  58    V^] 

tier  et  pluseurs  autres  devocions  parmy  ledit  psaultier;  au  com- 
mancement  du  second  fueillet  ouquel  a  escript  •.faniim  ( i )  offeres ; 
et  est  couvert  de  cuir  vermeil  empraint,  a  deux  fermouers  d'ar- 
gent,  esmaillez  aux  armes  de  feu  messire  Jehan  de  Montagu ; 
lequellivre  fu  dudit  deffunct,  et  I'envoia  querir  mondit  Seigneur, 
apres  sa  mort,  chez  Fremin  de  Revelle,  escripvain  demourant  a 
Paris,  le  xxv^  jour  d'octobre  I'an  mil  CCCC  et  IX. 

[S  G,  n°  514;  prise  xxv  liv.  t.] 

976.  Item,  un  livre  en  latin  De  Meditationibus  editis  ab  An- 
selmo  Cantnariensi  archiepiscopo  (2),  ouquel  a  pluseurs  belles 
oroisons,  escript  de  lettre  de  fourme;  et  au  commancement  du 
second  fueillet  a  escript :  tes  dicam;  couvert  de  cuir  rouge,  a  deux 
fermouers  d'or,  ou  il  a  en  chascun  un  escu  esmaillie  des  armes  de 
Monseigneur,  et  au  bout  des  tirans  a  un  bouton  de  perles,  et  a  une 
chemise  de  drap  de  soye  vermeil,  double  de  cendal  vert;  lequel 
livre  I'evesque  de  Saint- Flour  donna  a  Monseigneur  auxestrain- 

nes,  le  premier  jour  de  Janvier  I'an  dessusdit  mil  CCCC  et  IX. 

Iste  due  partes  [975-976]  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinelum, 
ut  supra. 

fS  G,  n"  1 123;  prise  xxv  liv.  t.] 

977.  Item,  un  petit  livre  ou  sont  les  sept  Pseaumes  (3),  escripz 
de  lettre  de  fourme,  et  entre  chascun  ver  desdiz  pseaumes  a  un 
autre  ver  fait  sur  la  substance  des  vers  d'iceulx  vii  Pseaulmes; 
bien  historic  au  commancement  et  enlumine ;  et  au  commance- 
ment du  second  fueillet  a  escript :  jiiam  injirmus ;  couwert  de  cuir 
rouge  empraint,  a  deux  fermouers  d'argent  dorez,  esmaillez  d'une 
couronne  d'espines,  et  escript  dedens  ladicte  couronne  Jliesus;ei 
y  a  une  chemise  d'un  drap  de  soye  noir,  seme  de  fueillages  vers, 
double  de  tiercelin  noir;  lequel  livre  Cristine  de  Pisan  donna  a 
mondit  Seigneur  aux  estraines,  le  premier  jour  de  Janvier  I'an 
mil  CCCC  et  IX. 

Iste  parvus  liber  redditus  fuit  Parisius,  ut  supra. 
[S  G,  n°  1 124;  prise  c  sous  t.] 

(i)  Ou  «  Saniim  »  Ms.  S  G. 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  181  (n»  i2  5).  Saint  Anselme  successeur  de 
Lanfranc  sur  le  siege  de  Cantorbery  en  1093,  mort  en  i  109. 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  182  (n-  129). 


LIVRES   ACQUIS  APRES    1 40  I     [fol.    I  60]  26 1 


AUTRES    LIVRES    DECLAIREZ    OU    CHAPITRE    COMMANCANT    OU 
III'^    XLIIII«   FUEILLET    DUDIT    LIVRE 

978.  Item,  une  belle  Bible  (i),  escripte  en  fran^oys,  de  lettre 
de  fourme,  bien  historiee;  et  au  commancement  du  second  fueil- 
let  a  escript  :  des  generacions  Caym  XVI ;  couverte  de  veluiau 
vermeil  ouvre,  a  deux  fermouers  d'argent  dorez,  esmaillez  de 
Adam  et  Eve,  et  v  boullons  de  cuivre  dorez  sur  chascune  aiz,  et 
une  pipe  d'argent  doree  a  pluseurs  seignaulx  de  soye. 

Ista  pulcra  Biblia  reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executo- 
ribus.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 
[S  G,  n°  1 125;  prise  11°  l  liv.  t.] 

979.  Item,  un  petit  volume,  escript  en  fran^oys,  de  lettre  cou- 
rant  (2),  ouquel  a  pluseurs  livres,  le  premier  du  Gouvernement 
des  roys  et  des  princes,  le  second  du  Tresor  de  Sapience,  et, 
apres,  pluseurs  autres  livres;  et  au  commancement  du  second 
fueillet  dudit  volume  a  escript:  Phelipe  qui  translata  ce  livre; 
convert  de  cuir  vermeil  empraint,  a  deux  fermouers  de  laton  et 
V  petiz  boullons  de  mesmes  sur  chascune  aiz. 

980.  Item,  un  livre  de  VIstoire  de  Lesignen  (3),  en  latin,  de 
lettre  courant;  et  au  commancement  du  second  fueillet,  apres  la 
premiere  histoire  dudit  livre,  a  escript  :  Ornatus  stans  super 
equm;  couvert  de  cuir  vermeil  empraint,  a  deux  fermouers  de 
laton  et  v  petis  boullons  de  mesmes  sur  chascune  aiz. 

[S  G,  n"  1 126;  prise  x  liv.  t.] 

98 1 .  Item,  un  autre  livre  de  VIstoire  de  Lesignen  (4),  escript  en 
latin,  de  lettre  de  fourme,  bien  historic  ;et  au  commancement  du 
second  fueillet  apres  la  premiere  histoire  a  escript  :  sola  sed  tan- 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  172  (n"  8). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  184  (no  i65). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.   190  (n"  249). 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  190  (n"  248). 


262  LIVRES    ACQUIS   APRES    14OI    [fol.    I  60   \°] 

turn;  couvert  de  drap  de  damas  rouge,  fermant  a  deux  fermouers 
de  laton,  at  tixuz  de  soye. 
[S  G,  n°  5i5  ;  prise  x  liv.  t.] 

982.  Item,  un  petit  livre  appelle  Marc  Pol,  du  Devisement  dii 
monde  (i),  escript  en  fran9ois,  de  lettre  de  fourme;  et  au  com- 
mancement  du  second  fueillet,  apres  la  premiere  histoire,  a 
escript  \  fist  retraire;  couvert  de  cuir  vermeil  empraint,  a  deux 
fermouers  de  laton. 

[S  G,  n"  5i6;  prise  vi  liv.  v  sous  t.] 

983.  Item,  un  livre  du  Mirouer  des  dames  (2),  escript  en  fran- 
9ois,  de  lettre  de  fourme;  et  au  commancement  du  second  fueillet 
a  escript :  ter  et  reposer;  couvert  de  veluiau  vermeil,  a  deux  fer- 
mouers de  laton  hachiez,  et  v  bouUons  de  niesmes  sur  chascune 

aiz,  tous  plains. 

[S  G,  n"  517;  prise  xx  liv.  t.] 

984.  Item,  un  petit  livre  des  Ymaiges  du  del  et  du  monde  (3), 
escript  en  frangoys,  de  lettre  de  fourme;  et  au  commancement  du 
second  fueillet  a  escript :  sont  en  la  voye;  couvert  de  cuir  vert,  et 
fermant  a  deux  petis  fermouers  de  cuivre. 

[S  G,  n"  5i8;  prise  lv  sous  t.] 

985.  Item,  un  livre  appelle  le  Livre  de  I'arbre  des  batailles  (4), 
escript  en  fran^ois,  de  lettre  de  court,  historic  et  enlumine;  et  au 
commancement  du  second  fueillet,  apres  la  premiere  histoire,  a 
escript :  revient  comment;  couvert  de  cuir  vermeil  empraint,  a 
deux  fermouers  de  cuivre  et  v  bouUons  de  mesmes  sur  chas- 
cune aiz. 

Iste  tres  partes  accolate,  cum  iii>>"''  aliis  partibus  sequentibus  [980-985], 
reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et  ideo  de 
eisdem  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 

[S  G,  n°  619;  prise  vi  liv.  v  sous  t.] 


(i)  Cab.  desman.,  t.  Ill,  p.  186  (n°  197).  Bibl.Nat.,  fonds  fran^ais,  n°563i. 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  198  (n"  285).  —  C'est  peut-etre  le  n»  9555  de  la 
Bibliotheque  de  Bruxelles,  ou  le  ms.  add.  29986  de  Londres. 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  i85  (n°  173). 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  193   (n"  294).  —  Au  Musee  Britannique,  ms. 
Reg.  20  C  VI II. 


LIVRES   ACQUIS  APRES    1 40  I    [fol.    161    W°]  263 

986.  Item,  une  bien  grant  mappamonde  (i),  bien  historiee, 
enroollee  dedens  un  grant  et  long  estui  de  bois,  laquelle  maistre 
Gontier  Col  (2)  donna  a  Monseigneur. 

[S  G,  n°  520;  prise  cxxv  liv.  t.] 

987.  Item,  une  autre  mappamonde  (3)  en  uns  tableaux  de 
boiz  longuez,  fermans  en  maniere  d'un  livre. 

[S  G,  n°  1 127;  prise  c  sous  t.] 

988.  Item,  une  autre  mappamonde  (4)  en  un  roolle  de  parche- 
min,  dedens  un  estui  de  cuir. 

Iste  tres  partes  [986-988]  redditc  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum, 
ut  supra. 

[S  G,  n°  1 1 28 ;  prise  l  sous  t.] 


AUTRES    LIVRES    DECLAIREZ    OU    CHAPITRE    COMMANCANT    OU 
III*^  LXV«    FUEILLET    DUDIT    LIVRE 

989.  Item,  un  livre  de  V Informacion  desroys  et  des princes  (5), 
fait  et  compile  par  un  maistre  en  theologie  de  I'Ordre  de  saint 
Dominique;  et  au  commancement  du  second  fueillet  a  escript  : 
vivans;  convert  de  cuir  rouge  empraint,  a  deux  fermouers  de  cui- 
vre;  lequel  Monseigneur  achata  de  maistre  Regnault  du  Montet, 
libraire  demourant  a  Paris,  ou  mois  de  fevrier  I'an  mil  CCCC 

etIX. 

[S  G,  n°  521 ;  prise  vi  liv.  v  sous  t.] 

990.  Item,  un  petit  livre  bien  ancien,  de  la  Vie  des  Peres  (6), 
escript  en  Francois;  et  au  commancement  du  second  fueillet  a  es- 
cript :  tost  a  perfection ;  convert  de  cuir  blanc,  et  sur  chascune  des 
aiz  a  V  boullons  de  laton,  fermant  a  deux  fermouers  de  mesmes; 

(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  186  (n"  191). 

(2)  Gontier  Col  etait  notaire  et  conseiller  du  Roi  (Voy.  Journal  de  Nicolas 
de  Baye,  t.  II,  p.  74,  et  Paris  et  ses  historiens,  p.  129  et  419).  On  I'appelle, 
dans  ce  dernier  ouvrage,  Gautier;  mais  c'est  par  erreur. 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  186  (n»  igS). 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  186  (n°  194). 

(5)  Cab.  des  man.,  X.  Ill,  p.  184  (n°i67).  Bibl.Nat.,  fonds  fran^ais,  n"  1210. 

(6)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  188  (n"  212  bis). 


264  LIVRES   DONNES    AU    DUG    [fol.    1 62] 

lequel  Hvre  mondit  Seigneur  achata  dudit  maistre  Regnault  du 
Montet,  ou  mois  de  mars  mil  CCCG  et  IX  avant  Pasques,  pour 
le  pris  et  somme  de  xii  escus  d'or. 

Iste  due  partes  [989-990]  reddite  fuerunt,  ut  supra. 

[S  G,  n°  1 1 29;  prise  c  sous  t.] 


AUTRES  LIVRES  DECLAIREZ  OU  CHAPITRE  COMMANCANT  OU 
111=  LXVI«  FUEILLET  ENSUIVANT 

991.  Item,  un  petit  livre  en  fran^oys,  de  lettre  roonde,  intitule 
Des  bonnes  meurs  (i),  lequel  parle  du  remede  qui  est  centre  les 
VII  pechiez  mortels,  et  des  trois  estas;  et  au  commancement  du 
second  fueillet  a  escript :  et  tons  les  siens ;  historic  en  pluseurs 
lieux;  convert  de  cuir  vermeil  empraint,  a  deux  fermouers  de 
laton  dorez,  hachiez  des  armes  de  monseigneur  le  Due,  et  sur 
chascune  aiz  v  petis  boullons  de  mesmes  ;  lequel  livre  fu  donne 
a  mondit  Seigneur,  le  iiii=  jour  de  mars  mil  CCCG  et  IX  avant 
Pasques,  par  frere  Jaques  Legrant,  Augustin  (2). 

Iste  liber  redditus  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum,  ut  supra. 
[S  G,  n"  522  ;  prise  vi  liv.  v  sous  t.] 

992.  Item,  un  petit  Messel  (3)  a  I'usaige  de  Paris,  escript  de 
bonne  lettre  de  fourme,  et  au  commancement  du  second  fueillet 
apres  le  kalendrier,  a  escript  :  bant  et  que  sequebantur;  convert 
de  cuir  rouge  empraint,  et  pardessus  a  une  chemise  de  drap  de  da- 

(1)  Cab.  des  wa«.t.  III,p.  182  (n°  i34).  Bibl.  Nat.,fonds  fran^ais,  n"  io2  3.Ce 
manuscrit  porte  une  note  de  la  main  de  Jean  Flamel,  secretaire  du  due  de 
Berry,  que  M.  Delisle  a  reproduite  a  la  page  3ii  du  meme  volume  et  dont 
il  donne  le  fac-simile  dans  I'album  paleographique  annexe  a  son  ouvrage 
(planche  XLVII,  n°  i).  Cette  note  declare  que  le  manuscrit  fut  ofFert  au  due 
de  Berry,  comme  il  est  dit  ici,  par  Jacques  Legrant,  de  I'ordre  des  ermites 
de  Saint-Augustin,  qui  I'avait  fait  executer. 

(2)  Jacques  Legrant,  religieux  Augustin,  etait  un  predicateur  renomme 
pour  la  hardiesse  de  ses  sermons  et  un  fougeux  adversaire  du  parti  bour- 
guignon.  Voyez  I'anecdote  rapportee  dans  Paris  et  ses  liistorieiis  (p.  405-406). 
Ses  violences  allerent  jusqu'a  le  faire  excommunier  avec  les  principaux 
chefs  des  Armagnacs. 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  177  (n"  77). 


LIVRES    DONNES    AU   DUG    [fol.    1 62    V^]  265 

mas  rouge,  doubld  de  tercelin  vermeil,  a  deux  fermouers  d'or  aux 
armesde  Monseigneur;  lequel  messel  I'arcevesque  de  Sens  donna 
a  mondit  Seigneur,  le  vni=  jour  de  novembre  Pan  mil  CCCC  et  X, 
sans  ladicte  chemise  et  fermouers  que  mondit  Seigneur  y  a  de- 

puis  fait  faire. 

K.  —  Datum  fuit  presens  missale  domino  archiepiscopo  Bitturicensi  per 
mandatum  super  ii*' parte  clxv"  folii  hujus  compoti  redditum;  virtute  cujus 
dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

993.  Item,  un  livre  de  Jehan  Bocace,  des  Cas  des  nobles 
hommes  et  femmes  [i],  translate  de  latin  en  fran^oys  par  Laurens 
de  Premierfait,  clerc,  escript  de  lectre  de  fourme,  bien  enlumine 
et  historic;  et  au  commancement  du  second  fueillet  a  escript :  il 
ont  plaisir;  convert  de  drap  de  damas  noir,  et  fermant  a  deux 
fermouers  d'argent  dorez,  esquelz  est  escript  le  nom  dudit  livre; 
lequel  monseigneur  I'evesque  de  Chartres  donna  a  Monseigneur 
aux  estraines,  le  premier  jour  de  Janvier  mil  CCCC  et  X. 

[S  G,  n"  523;  prise  c  liv.  t.] 

994.  Item,  un  livre  contrefait  d'une  piece  de  bois(2)  paincte  en 
semblance  d'un  livre,  ou  il  n'a  nuls  fueillets  ne  riens  escript; 
convert  de  veluiau  blanc,  a  deux  fermouers  d'argent  dorez,  es- 
maillez  aux  armes  de  Monseigneur;  lequel  livre  Pol  de  Lim- 
bourc  et  ses  deux  freres  donnerent  a  mondit  Seigneur  ausdictes 
estrainnes  mil  CCCC  etX. 

[S  G,  n»  ii3o;  prise  l  sous  t.] 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  187  (n"  208).  Les  auteurs  de  Paris  et  ses  histo- 
riens  au  xiv"  et  au  xv-  slides,  ont  fait  reproduire  en  couleur  (p.  414)  une 
miniature  representant  Laurent  de  Premierfaict  et  Antoine  d'Arezzo 
occupes  a  traduire  le  Decameron  de  Bocace,  puis  offrant  leur  traduction  au 
due  de  Berry.  On  trouvera  dans  le  meme  volume  (p.  412  et  suiv.)  des  details 
sur  le  village  de  Premier-Faict,  au  diocese  de  Troyes,  et  sur  la  protection 
accordee  a  Laurent  par  Bureau  de  Dampmartin,  originaire  de  Semoine, 
localite  situee  dans  le  voisinage  de  Premier-Faict. 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  194  (n»  297). 


2  66  LIVRES    NOUVELLEMENT   ACQUIS    [fol.    I  63] 


AUTRES  LIVRES  QUI  SONT  AVENUZ  A  MONDIT  SEIGNEUR  LE  DUG  DE- 
PUIS  LESDIZ  COMPTES  PRECEDENS  ET  NE  SONT  POINT  DECLAIREZ 
OUDIT    LIVRE. 

995.  Item,  le  tiers  livre  de  loys,  en  fran^ois,  qui  est  appellez 
I'Enforciade  (i),  escript  de  lettre  de  fourme ;  et  au  commance- 
ment  du  second  fueillet  a  escript :  il  a  empiriee ;  couvert  de  cuir 
noir  houssie,  a  deux  fermouers  de  cuivre  et  v  boullons  de 
mesmes  sur  chascune  aiz;  lequel  livre  fu  donne  a  Monseigneur 
par  messire  Guillaume  de  Tignonville  (2),  chevalier,  ou  moys  de 

may  I'an  mil  CCCC  et  XII. 

Iste  tres  partes  [ggS-ggS]  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum 
executoribus.  Et  ideo  acquittatur  hie. 
[S  G,  n°  ii3i;  prise  vii  liv.  x  sous  t.] 

996.  Item,  un  autre  livre  de  droit,  en  Francois,  appelle<Z)f- 
geste  vielle  (3),  escript  de  lettre  de  fourme;  et  au  commancement 
du  second  fueillet  a  escript :  lerent  si  escristrent ;  couvert  de  cuir 
blanc,  a  deux  fermouers  de  cuivre  et  v  boullons  de  mesmes  sur 
chascune  aiz;  lequel  livre  fu  semblablement  donne  a  mondit  Sei- 
gneur par  ledit  de  Tignonville,  oudit  mois  de  may  mil  CCCC 

etXII. 

Ista  pars  reddita  fuit,  ut  supra. 

[S  G,  n°  1 1 32 ;  prise  xii  liv.  x  sous  t.] 

997.  Item,  unes  i/ewre.y  (4)  esquelles  sont  les  Heuresde  Nostre 
Dame,  les  sept  Pseaumes,  Vigiles  de  mors,  et,  apres  pluseurs 
oroisons,  messes,  le  Psaultier  saint  Jeroyme  et  pluseurs  autres 
devocions ;  et  au  commancement  sont  les  iiii  Euvangiles  et  le 


(1)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  182  (11°  iSy). 

(2)  Guillaume  de  Tignonville,  prevot  de  Paris,  est  connu  surtout  pour  sa 
rigueur  envers  deux  ctudiants  de  I'Universite  de  Paris  convaincus  de  plu- 
sieurs  mefaits  et  qui  furcnt  executes.  Le  s'  de  Tignonville  fut  excommunie 
pour  ce  fait  et  remplace,  le  5  mai  1408,  par  Pierre  des  Essarts,  partisan 
devoue  du  due  de  Bourgogne. 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  182  (n°  136). 

(4)  Cab.  desman.,  t.  Ill,  p.  179  (n"  106). 


LIVRES    NOUVELLEMENT    ACQUIS    [fol.    I  63   V^]  267 

kalendrier;  et  a  escript  au  commancement  du  second  fueillet 
desdictes  Heures  de  Nostre  Dame  :  stirpis;  couvertes  de  veluiau 
vermeil,  a  deux  fermouers  d'or,  ou  sont  les  armes  de  Monsei- 
gneur,  faictes  de  neelleure,  et  une  petite  pipe  d'or,  esmaillee 
desdictes  armes,  et,  par  dessus,  une  chemise  de  satin  bleu,  dou- 
ble de  tercelin  rouge;  lesquelles  Heures  a  prinses  mondit  Sei- 
gneur dudit  Robinet  d'Estampes  en  lieu  d'unes  autres  Heures 
qui  lui  a  donnees,  dont  mencion  est  faicte  en  la  premiere  partie 
du  ii'^  XLni«  fueillet  du  livre  desdiz  comptes  precedens. 

Iste  Ore  date  fuerunt  episcopo  Claromontensi  (1),  ejus  consiliario,  per  lit- 
teras  domini  Ducis,  datas  viii^  januarii  M  CCCG  XV,  superius  redditas.  Et 
ideo  idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  eisdem. 

998.  Item,  un  Breviere  en  deux  volumes  (2),  a  Tusage  de  Paris, 
escript  de  lettre  de  fourme  et  historie  en  plusieurs  lieux;  convert 
de  veluiau  rouge,  fermant  a  deux  fermouers  d'argent  dorez,  es- 
maillez  aux  armes  de  Navarre;  et  au  commancement  du  second 
fueilet  du  premier  volume  a  escript :  Syon  montem;  et  au  com- 
mancement du  second  fueillet  de  I'autre  volume  a  escript :  dixit 
ad  me;  lequel  breviere  la  femme  de  feu  monseigneur  Pierre  de 
Navarre  (3)  donna  a  Monseigneur,  ou  mois  de  novembre  I'an  mil 
quatre  cens  et  XH  (4). 

Ista  pars  reddita  fuit  per  dictum  Robinetum  Parisius  executoribus.  Et  sic 
acquittatur  hie. 

999.  Item,  un  petit  livre  apelle  Colletere  (5),  escript  de  lettre 
de  fourme;  et  au  commancement  du  second  fueillet  a  escript : 
misericordia  tua;  convert  de  drap  de  soye,  a  deux  fermouers 


(i)  Martin  Gouge,  de  Charpaignes,  conseiller  et  chancelier  du  due  de 
Berry,  quitta,  le  i3  mai  141 5,  le  siege  de  Chartres  (voy.  ci-dessus,  p.  175, 
note  2)  pour  celui  de  Clermont,  ou  il  rempla^a  Henri  de  la  Tour.  II  devint 
chancelier  de  France  en  1420  et  mourut  en  1444. 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  175  (n°  56).  —  Voy.  aussi  Gazette  des  Beaux- 
Arts,  article  cite,  n"  XV. 

(3)  Sur  Catherine  d'Alen^on,  qui  perdit  son  premier  mari,  Pierre  de 
Navarre  en  juin  1412,  voyez  ci-dessus  la  note  i  de  la  page  41. 

(4)  Cet  article  et  les  suivants  jusqu'au  n"  1006,  occupant  quatre  feuillets, 
ne  sont  pas  de  la  meme  ecriture  que  les  precedents.  On  remarque  aussi 
certaines  differences  d'orthographe. 

(5)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  177  (n"  85). 


268  LIVRES    NOUVELLEMENT    ACQUIS    [fol.    1 64] 

d'argent  dorez,  esquielx  a  une  Annunciacion;  et  est  ledit  livre 

garni  d'une  pipe  d'or,  a  in  perles,  i  saphir  et  i  balaisseau;  lequel 

livre  fu  semblablement  donne  a  mondit  Seigneur,  oudit  mois  de 

novembre,  par  ladicte  dame. 

Datus  fuit  per  dominum  Ducem  thesaurario  sue  capelle  Bitturicensis,  per 
litteras  suas,  datas  viii"  die  januarii  M  CCCC  XV,  superius  redditas.  Et  sic 
idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

1000.  Item,  un  livre  en  fran^ois,  apelle  \e  Livre  des  Merveilles 
dii  monde,  de  la  Terre  Saincte,  du  grant  Kaam  d'Ynde  et  de 
Tartaric  (i),  escript  de  lettre  de  fourme,  historic  au  commance- 
ment  et  en  pluseurs  lieux;  et  au  commancement  du  second  fueil- 
let  a  escript  :  poys  de  bonnes  cite-{ ;  couvert  de  cuir  vermeil  em- 
praint,  a  deux  fermouers  de  lacton  et  tixus  de  soye ;  lequel  livre, 
avec  le  messel  cy  apres  escript,  Monseigneur  achata  de  maistre 
Regnault  du  Montet,  libraire  demourant  a  Paris,  ou  moys  d'oc- 
tobre  mil  CCCC  et  XII,  tous  deux  enssamble  pour  le  pris  et 
somme  de  cent  escus  d'or. 

K.  —  Datus  fuit  deffuncto  domino  Petro  des  Essars  (2),  nuper'  preposito 
Parisius,  per  mandatum  super  vi'"  parte  lxx""  folii  hujus  compoti  redditum; 
virtute  cujus  acquittatur  hie  dictus  Robinetus  de  eodem. 

looi.  Item,  un  Messel  (3)  a  Tusaige  de  Paris,  escript  de  lettre 
de  fourme;  et  au  commancement  du  second  fueillet  a  escript :  bit 
eum  regnum;-  couvert  de  cuir  vermeil  empraint,  a  deux  fer- 
mouers d'argent  dorez,  esmaillez  d'une  Annunciacion,  etpardes- 
sus  a  une  chemise  de  drap  de  soye  blanche  ouvre,  doublee  d'un 
autre  drap  de  soye  bleu ;  lequel  messel,  avec  le  livre  devant  es- 
cript, mondit  Seigneur  achata  dudit  maistre  Regnauh  du  Montet, 
comme  dit  est,  oudit  mois  d'octobre,  tous  deux  enssemble  pour 
ledit  pris  de  c  escus  d'or. 

Ista  pars  reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinctum  executioni  domini 
Ducia.  Et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  hie. 

(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  i86  (n"  198). 

(2)  Nomme  prevot  de  Paris  le  5  mai  1408,  en  remplaeement  de  Guil- 
laume  de  Tignonville,  par  I'influence  du  due  de  Bourgogne,  Pierre  des 
Essarts  prit  une  part  active  au  supplice  de  Jean  de  Montaigu,  puis  fut  lui- 
meme  condamne  a  mort  et  execute  aux  Halles  le  i"  juillet  I4i3  (Felibien, 
Histoire  de  Paris,  t.  II,  p.  767,  et  Preuves  t.  11,  p.  554). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  177  (n-  76). 


LIVRES    NOUVELLEMENT   ACQUIS    [fol.    I  64  vo]  269 

1002.  Item,  unes  petixes  Heiires  (i),  esquelles  sont  les  Heures 
de  Nostre  Dame,  les  sept  Pseaumes,  I'Office  des  mors,  les  Heures 
de  la  Passion  Nostre  Seigneur,  la  Vie  saincte  Marguerite,  et  plu- 
seursautres  suffraiges  et  devocions,  tres  bien  escriptes  et  enlumi- 
nees ;  et  au  commancement  du  second  fueillet  des  Heures  de  Nos- 
tre Dame  a  escript :  sunt  omnes  fines ;  et  sont  couvertes  de  deux 
ais  d'argent  dore,  ou  il  a,  d'un  couste,  un  Crucifiement,  et,  de 
Tautre  part,  un  Couronnement  de  Nostre  Dame,  fermans  a  deux 
fermouers  de  mesmes;lesquelles  Heures  mondit  Seigneur  achata 
dudit  maistre  Regnault  du  Montet,  ou  moys  de  Janvier  I'an  mil 
IHI^  et  XII,  pour  le  pris  et  somme  de  xxx  escus  d'or  comptans. 

K.  —  Date  fuerunt  per  dominum  Ducem  domino  episcopo  Carnotensi  (2), 
[ut]  constat  per  mandatum  datum  v'*  die  septembris  anno  M°  CCCC°  XIIII", 
hie  traditum,  serviens  alibi  pro  aliis  partibus;  virtute  cujus  dictus  Robi- 
netus  acquittatur  hie  de  eisdem. 

ioo3.  Item,  un  Livre  de  medecine[2>)  qui  traicte  de  la  vertu  des 
herbes  et  des  bestes,  escript  en  latin,  de  lettre  de  fourme,  ouquel 
sont  lesdictes  herbes  et  bestes  contrefaictes  de  painture;  et  au 
commancement  du  second  feueillet,  apres  la  table  dudit  livre,  a 
escript :  quartus  ex  premissis ;  convert  de  cuir  rouge  empraint,  a 
deux  fermouers  de  cuivre  et  petis  boullons  de  mesmes  sur  les 
aiz;  lequel  livre  maistre  Simon  Alligret  (4)  donna  a  mondit  Sei- 
gneur aux  estraines,  le  premier  jour  de  Janvier  I'an  mil  CCCG 

etXII. 

K.  —  Datus  fuit  per  Dominum  cappelle  sue  Bicturicensi  per  suum  manda- 


(1)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  180  (n»  107).  —  Voy.  Gazette  des  Beaux-Arts, 
article  cite,  n°  3i. 

(2)  Martin  Gouge  de  Charpaignes.  (Voy.  la  note  i  de  la  p.  267). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  186  (n°  i85). 

(4)  Simon  AUegret,  medecin  du  due  de  Berry,  chanoine  de  Notre-Dame 
de  Paris,  logeait  au  cloitre  Notre-Dame  ou  il  recevait  parfois  la  visite 
du  Due  qui  sejournait  chez  lui  plusieurs  jours  (Felibien,  Histoire  de 
Paris,  t.  II,  p.  768).  II  avait  100  liv.  de  gages  annuels  (Arch.  Nat.,  KK  253 
n°  2,  fol.  1 3).  Le  1 3  novembre  141 3,  le  Due  lui  alloue  mille  ecus  d'or  «  pour 
ses  tres  grans,  bons  et  agreables  services  »  (KK  2  5o,  fol.  28  v°).  II  re?oit  un 
mois  apres,  60  ecus  d'or  pour  acheter  une  mule,  du  velours  noir  pour  faire 
un  grand  chapeau  et  3oo  martres,  du  prix  de  168  fr.  i5  s.,  pour  fourrer  une 
houppelande  {Ibid.,  fol.  29  v%  5o  v°  et  56  V").  Simon  AUegret  mourut  le 
22  octobre  141 5. 


270  LIVRES   NOUVELLEMENT  ACQUIS    [fol.    I  65] 

turn  super  11**  parte  ci   folii  hujus  compoti  traditum;  virtutc  cujus  dictus 
Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

1004.  Item,  ung  Livi^e  des  fai:{  d' amies  et  de  chevalerie  (i), 

compose  par  une  damoiselle  apellee  Cristine  de  Pizan,  escript 

en  fran^ois,  de  lettre  de  court,  historic  au  commancement  et  en- 

lumine;  et  a  escript  au  commancement  du  second  feueillet,  apres 

la  table  :  le  recite  le  poete ;  convert  de  cuir  rouge  empraint,  a 

deux  fermouers  de  cuivre  et  gros  bouUons  de  mesmes  sur  les 

aiz;  lequel  livre  ladicte  damoiselle  donna  a  mondit  Seigneur, 

ausdictes  estrainnes  mil  IIII<^  et  XII. 

K. —  Datus  fuit  iste  liber  per  Dominum  Johanni  de  la  Barre  (2),  per  man- 
datum  suum  datum  xxi"  die  marcii  anno  M°  CCCC°  XII""',  hie  redditum; 
virtute  cujus  dictus  Robinetus  acquittatur  de  eodem. 

ioo5.  Item,  un  livre  de  Marc  Paule,  des  Merveilles  d'Aise 
la  grant,  et  d'Inde  la  majoiir  et  mineur,  et  des  diverses  regions  du 
monde  (3j,  escript  en  fran^ois,  de  bonne  lettre  de  fourme,  tres 
bien  historic  et  cnlumine  tout  au  long;  et  au  commancement  du 
second  feueillet  a  escript  :  Tartars  en  leurs  tantes ;  convert  de 
veluiau,  ouvre  et  fermant  a  deux  fermouers  d'argent  dorez, 
esmaillez  aux  armes  de  monscigncur  dc  Bourgoigne,  et  sur  les 
aiz  a  gros  boullons  de  cuivre,  dorez  et  hachiez;  lequel  livrt 
mondit  seigneur  de  Bourgoigne  donna  a  mondit  Seigneur,  oudit 
mois  de  Janvier  mil  1111=  et  XII. 

Iste  liber  redditus  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.   Et 
ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 
[S  G,  n°  558;  prise  cxxv  liv.  t.] 

1006.  Item,  ung  petit  livret  (4),  ouquel  a  pluseurs  Oroisons 
escriptes  en  latin,  de  bonne  lettre  de  fourme,  et  les  rubriches  es- 

(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  igS  (n»  289).  Voyez,  dans  le  volume  sur  Paris 
et  ses  historiens  au  xiv"  et  au  xv°  siecles,  la  reproduction  d'une  miniature 
representant  Christine  de  Pisan  composant  ses  ouvrages  (p.  428),  et,  dans  le 
meme  livre  (p.  418),  I'heliogravure  d'une  autre  miniature  montrant 
Christine  ofFrant  a  Louis,  due  d'Orleans,  la  dedicace  de  son  epitre  d'Othea 
a  Hector,  dont  il  a  ete  question  a  I'article  949  ci-dessus. 

(2)  Jean  de  la  Barre,  receveur  general  des  finances  de  Languedoc  et  de 
Guienne,  est  cite  ci-dessus  pages  i34  et  258. 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  186  (n°  196).  Bibl.  Nat.,  fonds  fran^ais,  n»  2810. 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  180  (n°  1 1 1).  —  Voy.  Gazette  des  Beaux- Arts, 
art.  cite,  n"  35. 


LIVRES    NOUVELLEMENT   ACQUIS    [fol.    1 65   V°]  2/1 

crlptes  en  Francois,  tres  bien  ystorie  et  enlumine ;  et  au  com- 
mancement  du  second  feueillet  a  escript :  tani  quia  peccavi;  cou- 
vert  de  cuir  rouge  housse,  sans  fermouers;  lequel  monseigneur 
de  Guienne  donna  a  Monseigneur,  ou  mois  de  Juillet  mil  quatre 

cens  et  douze. 

Datus  fuit  regi  Hyspanie  (i)  per  dominum  Ducem,  ut  constat  per  man- 
datum  dicti  domini  Ducis  datum  vii"  die  julii  anno  M  CCCC  XV,  superius 
redditum.  Et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

[S  G,  n°  1293  :  donne,  comme  Ten  dit,  au  roy  de  Castelle.] 


DRAPS  DE  SOYE,  LINGE, 


ET    AUTRES   PARTIES   RESTANS    DE    l'iNVENTOIRE    FAIT    DES    CHOSES 
ESTANS    EN    l'oSTEL    DE    LA    CHANCELLERIE    DE    BOURGES. 

1007.  Item,  una  nappe  de  soye  a  rayes  d'or  et  de  soye  ver- 
meille,  et  aux  deux  bouz  d'icelle  est  litellee  (2)  de  pluseurs  ou- 
vraiges  d'or  et  de  soye  ;  contenant  v  aulnes  et  demie. 

[B,  n°  1 193.  —  S  G,  n°  710;  prise  chascune  aulne  xx  sous  parisis,  valent 
VI  livres  xii  sous  vi  deniers  t.] 

1008.  Item,  une  touaille  (3)  ordonnee  pour  recevoir  le  corps 
Nostre  Seigneur,  armoieeaux  deux  bouz  aux  armes  d'Estampes, 
de  Castelle  et  de  France,  et  y  sont  les  quatre  euvangelistes;  con- 
tenant  III  aulnes  et  demie. 

Tradite  fuerunt  et  reddite  iste  11°  partes  acolate  [1007-1008]  dictis  execu- 
toribus  per  dictum  Robinetum,  ut  supra;  ideo  acquittatur  hie  de  eisdem. 

[B,  n°  1 194.  —  S  G,  no  453 ;  non  prise.] 


(i)  Sur  le  roi  d'Espagne  ou  de  Castille,  voyez  ci-dessus  la  note  2  de  la 
page  20. 

(2)  Le  terme  liteau,  qui  a  donne  litelle,  est  encore  en  usage.  II  designe 
les  raies,  ordinairement  colorees,  placees  vers  les  bouts  des  nappes  ou  ser- 
viettes de  toile  unie. 

(3)  Les  touailles  sont  des  serviettes.  Le  Dictionnaire  de  V Academic  men- 
tionne  encore  ce  mot,  un  peu  hors  d'usage  aujourd'hui,  et  lui  donne  le  sens 
d'essuie-mains. 


272  DRAPS    DE    SOIE    LINGE,   ETC.    [fol.    1 66] 

1009.  Item,  nil  couvertures  pour  orilliers,  de  cendal  (i)  ter- 
celin  vermeil. 

De  istis  iiii"  cooperturis  tradite  fuerunt  ii*  ipsarum  predictis  executoribus 
per  dictum  Robinetum,  prout  supra.  Ideo  de  ipsis  11''"'  acquittatur  hie. 

Et  alie  11'  cooperture  date  fuerunt  per  dominum  Ducem  comitisse  (sic) 
Bitturicensi,  uxori  sue,  prout  certificatum  est  per  Stephanum  de  Rodcs  (2), 
quondam  varletum  camere  dicti  domini  Ducis,  per  litteras  sub  signo  duorum 
notariorum  Castellati  parisiensis,  hie  redditas.  Et  sic  de  eisdem  acquittatur 
idem  Robinetus. 

[B,  n°  1201.] 

I  o I  o.  Item,  une  touaille  de  coton,  fait  en  maniere  de  tripe  (3), 
en  laquelie  a  liteaux  de  deux  costez;  contenant  une  aulne  delong 
ou  environ. 
[B,  n°  1 2 14.] 

loi  I.  Item,  un  couvrechief  d'orties,  a  baptisier  enffans,  frange 
de  blanc  et  de  vermeil. 
[B,  n»  i2o5.  —  S  G,  n°  1267;  non  prise.] 

I0I2.  Item,  trois  pieces  de  flocars  (4)  a  atourner  dames,  a  la 
maniere  d'Alemaigne. 
[B,  n"  1206.  —  S  G,  n°  1268;  non  prisees]. 

ioi3.  Item,  une  aulmuce  (5)  pour  mectre  par  nuit,  ordonnde 
pour  cardinaulx,  ouvree  de  fueilles  de  vigne  et  de  roses. 

[B,  n°  1207.] 


(i)  Sur  ce  mot  voyez  la  note  3  de  la  p.  19. 

(2)  Thevenin  de  Rodes  figure  en  tete  des  valets  de  chambre  qui  faisaient 
partie  de  la  maison  du  due  de  Berry  lors  de  son  deces  et  qui  re?urent  une 
certaine  somme  pour  leur  deuil.  D'apr^s  I'etat  dresse  a  I'occasion  de  ses 
obseques  et  funerailles  (Invent.  S  G,  fol.  188),  le  due  de  Berry  n'avait  pas 
moins  de  quinze  valets  de  chambre. 

(3)  La  tripe  etait  une  etoffe  veloutee,  a  poils  longs.  Une  touaille  faite  en 
maniere  de  tripe  parait  signifier  un  essuie-mains  a  longs  poils,  ofFrant 
quelque  analogic  avec  nos  serviettes  eponges. 

(4)  Le  floquart  etait  le  voile  flottant  qui  enveloppait  le  hennin  et  tombait 
dans  le  dos.  Ce  terme  se  trouve  dans  I'inventaire  du  due  d'Anjou  (vers 
1 365);  le  floquart  est,  par  consequent,  bien  anterieur  a  I'arrivee  de  la  reine 
Isabeau  de  Baviere. 

(5)  L'aumusse  est  une  sorte  de  capuchon  assez  semblable  a  ces  capes  que 
mettent  les  paysannes  de  certains  pays.  Jusqu'au  xiv°  siecle,  elle  fut  employee 
par  les  laiques  des  deux  sexes  aussi  bien  que  par  les  clercs.  Peu  a  peu  elle 
devint  I'attribut  distinctif  des  chanoines,  qui,  apres  s'en  etre  servi  durant 
les  offices  pour  se  preserver  du  froid,  prirent  I'habitude  de  le  porter  sur  le 
bras  comme  un  insigne  de  leur  dignite.  L'appjication  de  ce  vetement  a  un 
usage  nocturne  est  a  noter. 


DRAPS    DF,    SOIR,    LINGR,    ETC.    [fol.    1 66   \°]  l-jl 

1014.  Item,  VII  cotiVez  d'yvoire  a  vi  pans,  a  ymaiges  cslevez, 
marquctcz,  fermans  chascun  a  une  clef. 

[B,  n"  1208.  —  S  G,  ri"  1209;  non  prises.] 

10 1 5.  Item,  de  deux  autres  petis  coffrez  d'yvoire,  fermans 
comme  les  precedens,  declairez  en  la  premiere  partie  du  cxix^  fueil- 
let  du  livre  des  comptes  precedens,  est  descliargie  et  acquictie 
ledit  Rohinet  d'Estampes  de  I'un  seulcment.  Pour  ce  icy  I'autre 
coffret. 

Tradite  fucrunt  iste  vi  partes  acolate,  cum  vi  aliis  partibus  immediate 
sequentibus  [1010-1021]  in  prima  pagina  folii  sequentis,  dictis  executori- 
bus'per  dictum  Robinctum,  ut  supra.  Ideo  acquittatur  hie  de  eisdcm. 

[B,  n°  12  1 1.'' — S  G,  n"  1270;  non  prises.] 

1016.  Item,  deux  autres  petis  coffrez  d'yvoire,  fermans  comme 
dessus. 

[B,  n"  12 1 2.  —  S  G,  n"  1271 ;  non  prises.] 

1 01 7.  Item,  un  autre  coffret  de  boys,  ouvre  a  Jour. 

[B,  n°  12  i3.  —  S  G,  n"  1272;  lequel  est  en  I'ostel  Thevenin  de  Bon  Puis.] 

1 01 8.  Item,  deux  tabliers  (i)  de  cypres,  marquetez,  ploians, 
dont  Tun  est  sanz  charnieres;  esquielx  n'a  aucuns  tables  ne 
eschaz. 

[B,  u"  1 2  14.  —  S  G,  n"  1273  ;  lesquelz  messeigneurs  de  Groslee  et  de  Lo- 
piat  out,  comme  Ten  dit.] 

1019.  Item,  un  vaissel  de  cuivre  fait  en  maniere  d'un  dra- 
gouer,  ouquel  a  un  couvercle,  a  mectre  oisellez  de  Chippre. 

[B,  n°  12  1 5.  —  S  G,  n"  1274;  non  prise.] 

1020.  Item,  iiii  plaz  de  voirre,  c'est  assavoir  :  deux  grans  et 
deux  petis,  ouvrez  de  paincture  (2),  a  pluseurs  ouvraiges. 

[B,  n°  121G.  —  S  G,  n°  1275;  non  prises.] 

1021.  Item,  VII  escuelles  de  bois,  que  grans  que  petites,  painc- 
tes  a  ouvraige  de  Damas. 

[B,  n°  1217.  —  S  G,  n°  1276;  non  prisces.] 

1022.  Item,  deux  grans  draps  de  tres  deliee  et  tres  fine  toille  (3) 

(i)  «  Tableaux  »  dans  I'inventaire  B,  n»  12 14. 

(2)  Sans  doute  queique  produit  des  fabriques  de  Murano  qui  se  repandi- 
rent  partout  a  la  fin  du  xiv°  siecle.  L'inventaire  B  dit  :  «  de  peinture  d'or.  » 

(3)  L'inventaire  de  Charles  V  constate  deja  la  reputation  des  toiles  fines 
de  Reims.  Les  ouvriers  de  Laon  et  de  Compiegne  snnt  les  sen's  qui  entrent 


274  DRAPS    DE    SOIK,    LINGE,  ETC.   [fol.    I  67   vo] 

dc  Reins,  pour  mettrc  sur  liz  dc  parement;  chascun  drap  de  six 
lez  et  VI  aulncs  dc  long. 

De  istis  duobus  magnis  linteaniinihus  traditum  fuit  unum  dictis  executo- 
ribus  per  dictum  Robinetum,  ut  supra.  Ideo  acquittatur  hie  de  eodem. 

Et  aliud  datum  fuit  per  dominumDuccm  domine  ducisse,uxori  sue,  prout 
certificatum  est  per  Stephauum  de  Rodes,  varletum  camcre  domiiii  Ducis, 
[ut]  per  litteras  sub  signis  manualibus  duorum  notariorum  Castclleti  Pari- 
siensis,  superius  redditas,  constat. 

[B,  n"  1218.] 

1023.  hem,  unc  piece  estroicte  de  tres  fine  toilie  de  Reins, 
contenant  xl  aulnes  a  I'aune  du  drap. 

Dicta  tele  pecia  reddita  fuit  et  dictis  executoribus  tradita  per  dictum  Ro- 
binetum, ut  supra.  Ideo  acquittatur  hie. 
|B,  n»  1 2 19.] 

1024.  Item,  une  autre  piece  de  toilie  fine  de  Reins,  contenant 
XLiii  aulnes  a  I'aune  du  drap. 

Ista  pecia  tele  data  fuit  per  dominum  Duccm  domine  ducisse,  uxori  sue, 
prout  certificatum  est  per  Stephauum  de  Rodes,  quondam  varletum  camere 
dicti  Domini,  per  litteras  factas  sub  signis  manualibus  duorum  notariorum 
Castclleti  Parisicnsis,  superius  redditas.  Et  ideo  acquittatur  idem  Robinetus. 

[B,  n°  1220.] 

1025.  Item,  XH  touailles  de  Reins,  tres  fines,  contenant  chas- 
cune  deux  aulnes,  et  en  Tune  d'icelles  a  environ  demic  aulne  de 
frange  de  pluseurs  soyes,  et  ou  milieu  d'icelle  frange  a  un  es- 
cu^on  de  brodeure  aux  armes  de  Monseigncur. 

Ista  xii"'"  manutergia   reddita  fuerunt  predictis  executoribus  per  dictum 
Robinetum.  Ideo  exoncratur  hie  de  eisdem. 
[B,  n"  1 22 1.] 

1026.  Item,  une  paire  de  linceulx  de  tres  deliee  toilie  de  Reins, 
supportez,  chascun  de  vii  lez  et  de  v  aulnes  et  demie  de  long. 

Data  fuerunt  per  dominum  Ducem  domine  ducisse,  uxori  sue,  prout  cer- 
tificatum est  per  Stephauum  de  Rodes,  varletum  camere  dicti  Domini,  sub 
litteris  confectis  per  duos  notarios  Castelleti  Parisicnsis,  superius  redditis. 
Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 

[B,    n"I222.] 

1027.  Item,  un  autre  linceul  de  six  aulnes  dc  long,  de  fine 
toilie  dc  Reins,  et  de  six  lez. 

en  concurrence  avcc  les  tisserands  remois.  II  n'est  pas  question  dans  I'in- 
ventaire  de  Charles  V  de  ces  nappes  de  Paris  dont  parlc  celui  du  due  dc 
Berry;  serait-ce  d(ine  luie  intiustrie  ncc  entrc   i3<S()  et  1413.'' 


DRAPS    DE    SOIE,    LINGE,    ETC.    [fol.     1 68]  275 

Dictum  linteamen  amissum  fuit  Bitturis  in  adventu  regis  Romanorum,  ut 
constat  per  litteras  patentes  dicti  domini  Ducis,  datas  vii"  die  marcii  M  CCCC 
XV,  superius  redditas.  Ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus  de  eodem. 

fB,  n°  1223.] 

1028.  Item,  un  autre  linceul  de  v  lez  et  de  six  aulnes  de  long 
de  toille  de  Reins. 

Redditum  fuit  dictis  executoribus  et  traditum  per  dictum  Robinetum,  ut 
supra.  Ideo  exoneralur  hie  de  eodem. 
[B,  n"  1225.] 

1029.  Item,  un  autre  linceul  de  toille  de  Reins,  de  v  lez,  lequel 
est  bien  use  et  percie  en  pluseurs  lieux,  contenant  hi  aulnes  et 
demie  de  Urns,. 

[B,  n"  1226.] 

io3o.  Item,  un  autre  linceul  de  fine  toille  de  Reins,  dentele, 
bien  use  et  supporte,  contenant  iiii  lez  et  quatre  aulnes  de  long, 
et  y  a  un  pcrtuis. 

Iste  due  partes  [1029-1030]  date  fuerunt  per  dominum  Ducem  domine  du- 
cisse,  uxori  sue,  prout  certificatum  est  per  Stephanum  de  Rndes,  quondam 
varletum  camere  domini  Ducis,  per  litteras  Castelleti  Parisiensis  .superius 
redditas.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 

[B,  n»  1228.] 

io3i.  Item,  un  autre  linceul  de  toille  de  Reins,  endentelle, 
de  IIII  lez  et  iii  aulnes  de  long. 

Traditum   fuit   dictis    executoribus  et  redditum  per   dictum  Robinetum, 
prout  supra.  Ideo  exoneratur  hie  de  eodem. 
[B,  n"  1229.] 

io32.  Item,  un  autre  linceul  de  toille  de  Reins,  de  trois  aulnes 
de  long  et  de  trois  lez. 

Datum  fuit  per  dominum  Ducem  domine  comitisse,  uxori  sue,  prout  cer- 
tificatum est  per  Stephanum  de  Rodes,  ejus  varletum  camere,  per  litteras  ' 
sub  signis  manualibus  duorum  notariorum  Castelleti  Parisiensis,  superius 
redditas.  Et  sic  acquittatur  idem  Robinetus. 

[B,  n°  i2  3o.] 

io33.  Item,  un  autre  linceul  de  toille  de  Reins,  de  in  aulnes 
et  un  quartier  de  long  et  de  v  lez  de  large. 

[B,  n°  1 23 1.] 

1034.  Item,  un  autre  linceul  de  grosse  toille  de  chenevaz,  dc 
quatre  lez,  et  de  quatre  aulnes  de  long. 

[B,  n"  1232.] 


276  DRAPS    DK    SOIK,    LINGE,  ETC.   [fol.    I  68  V°] 

io35.  Item,  un  autre  linceul   de  grosse  toille  bourgoise,   de 
nil  lez  et  de  iii  aulnes  et  demie  de  long. 

[B,  n°  1233.] 

io36.  Item,  un  petit  linceul  de  bersueil  (i),  d'orties  (2),  de 
V  quartiers  de  long  et  de  iiii  lez. 

[B,  n"  1234.] 

loBj.  Item,  un  autre  petit  linceul  semblable  au  precedent,  de 
quatre  lez  et  d'une  aulne  de  long. 

Reddite  fuemnt  iste  quinque  partes  acolate  [io33-io37]  et  tradite  predictis 
executoribus  per  dictum  Robinetum,  ut  supra.  Ideo  acquittatur  hie  de 
eisdem. 

[B,  n«i2  35.] 

io38.  Item,  une  piece  de  toille  de  Reins,  bien  fine,  contenant 

XI  aulnes. 

Dicta  pecia  tele  data  fuit  per  dominum  Ducem  domine  comitisse,  uxori 
sue,  prout  certificatum  est  per  Stephanum  de  Rodes,  quondam  varletum 
camere  dicti  domini  Ducis,  [ut]  per  litteras  sub  signis  manualibus  duorum 
notariorum  confectas  constat.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 

[B,  n"  1236.] 

1039.  Item,  une  piece  de  nappes  tines,  de  deux  aulnes  de  lez 
et  de  XXXI  aulnes  de  long. 

[B,  n°  1238.] 

1040.  Item,  une  autre  piece  de  nappes  de  Reins,  de  deux 
aulnes  de  lez  et  de  xxv  aulnes  et  demie  de  long. 

Tradite  fuerunt    dictis    executoribus  et    reddite    iste    11"    partes    acolate 
[1039-1040]  per  dictum  Robinetum,  ut  supra.  Ideo  exoneratur  hie  de  eisdem. 
[B,  n«  1239.] 

1 041.  Item,  une  autre  piece  de  nappes,  de  I'ouvraige  de  Pa- 
ris contenant  xi  aulnes  de  long  et  iii  quartiers  et  demi  de  large. 

[B,  n"  1240.] 

1042.  Item,  une  aultre  piece  de  nappes,  de  Touvraige  de  Paris, 


(i)  «  Bressueil  »  dans  I'lnventaire  B. 

(2)  On  a  vu  plus  haut  (art.  loi  i)  «  un  couvrechief  d'orties  a  baptiser  en- 
fants  ».  Le  present  article  designe  clairement  une  couverture  de  berceau  fa- 
briquee  avec  des  orties.  Le  Dictionnaire  de  Trevoux  dit  positivement  qu'on 
tissait  de  la  toile  d'orties  comme  de  la  toile  de  chanvre ;  comme  le  sue  d'orties 
passait  pour  avoir  des  vertus  particulieres  pour  arreter  le  crachement  de 
sang,  peut-etre  la  toile  fabriquee  avec  I'ortie  etait-elle  employee  specialc- 
mcnt  pour  I'usage  des  petits  enfants. 


DRAPS    DE    SOIK,    LINGE.    ETC.    [fol.    I  69] 


^/  / 


contenant  xviii  auines  et  demic  de  long  ct  in  e^uartiers  et  demi 

de  lez. 

[B,  n"  1241.] 

1043.  Item,   Line  autre  piece  de    nappes,  dudit  ouvraige  de 
Paris,   de  xi  auines  et  demie  de  long,  de  hi  quarticrs  et  demi 

de  lez. 

[B,  n°  1242.] 

1044.  Item,  une  autre  piece  de  nappes  dudit  ouvraige  de 
Paris,  du  long  et  du  lez  de  la  precedent. 

K.  —  Dominus  Dux,  per  suas  litteras,  datas  xx''  die  julii  anno  M°  CCCC°  XII", 
hie  traditas,  confitetur  a  dicto  Robineto  recepisse  quatuor  pecias  maparum 
in  nil"  articulis  acolatis  designatas  [1041-1044],  et  ipsas  tradidit  et  delibe- 
ravit  in  officio  sue  pannetarie  pro  cothidie  cohoperiendo  mensas  ejusdem  et 
domini  comitis  Augui,  ejus  tilii.  Et  ideo  acquittatur  hie  dictus  Robinelus 
de  eisdem. 

Tamen  sciatur  qui  habet  custodiam  de  ipsis  et  respondeat. 

[B,  n°  1243.] 

1045.  Item,  XII  servietes  de  Reins,  tres  fines,  en  une  piece, 
garnies  de  linteaulx,  chascune  d'une  aulne  de  long. 

[B,  n°  1245.] 

1046.  Item,  autres  xii  servietes  de  Reins,  tres  fines,  garnies  et 
du  long  comme  les  precedens. 

[B,  n°  1246.] 

1047.  Item,  VI  tres  fines  servietes  de  Reins,  en  une  piece, 
garnies  comme  dessus,  et  du  long  des  precedens. 

Reddite  fuerunt  dictis  executoribus  et  tradite  iste  tres  partes  acolate,  cum 
aliis  \\""^  partibus  in  sequent!  pagina  immediate  sequentibus  [1045-1049],  per 
dictum  Robinetum,  ut  supra.  Ideo  exoneratur  hie  de  eisdem. 

[B,  n°  1247.] 

1048.  Item,  deux  tres  grosses  et  rudes  tayes  (i)  a  coultes,  et 
III  tayes  de  coulsins  oti  il  a  pluseurs  palateaux  (2). 

[B,  n"  1248.  —  S  G,  n"  1277;  les  trois  tayes  de  coissins  non  prisees.] 

1049.  Item,  deux  chemises,  Tune  brodee,  et  Tautre  de  Nostre 
Dame  de  Chartres. 


(i)  Le  mot  taie  est  restc  en  usage,  mais  s'applique  exclusivement  aux 
oreillers.  D'apres  Du  Cange,  la  coulte  serait  un  coussiu  allonge,  une  sorte  de 
matelas. 

(2)  Les  inventaires  B  et  S  G  portent  «  paleteaux  ».  Ce  mot  signifie  des  pie- 
ces d'etoffe  servant  a  recouvrir  les  trous. 


278  DRAPS   DE  SOIE,   LINGE,  ETC.  [fol.    I  70] 

Rcdditc  fuerunt  istc  ir  partes  dictis  cxccutoribus  per  dictum  Rohinetum, 
lit  supra. 

[B,  n"  1249.  — S  G,  n"  1278;  non  prisccs.] 

io5o.  Item,  six  couvrechiefs  de  lin,  chascun  d'une  aulne  et 
un  quartier  dc  long,  qui  sont  en  un  cotfrc  quarre  dc  cyppres 
marquete,  garni  de  cuivre  dore. 

Dc  istis  VI  capitogiis  unum  fuitBitturis  perdituni  in  servicio  domini  ducis 
Acquitanie,  mense  novcmbris  M  CCCC  XIIII'",  prout  constat  per  littcras 
patentes  dici  defuncti  domini  Ducis,  [datas]  XVI*  januarii  M  CCCC  XIIII'", 
supcrius  redditas.  Et  alia  quinquc  reddita  fuerunt  dictis  cxccutoribus  per 
dictum  Robinetum,  prout  supra.  Ideo  exoneratur  hie  de  istis  vi  capitogiis. 

[B,  n»  i2  5o.] 

io5i.  Item,  deux  pieces  de  corail  en  maniere  de  branches. 
Iste  due  pecie,  in  aducendo  Bitturis  Parisius,  dilaccrate  fuerunt  et  pcrdite 

per  partes,  taliter  quod  de  nullo  valorc  fuerunt. 

[B,  n"  1 25 1.] 

io52.  Item,  un  mirouer  d'acier,  contenant  demi  pie  de  roont, 
qui  est  en  un  petit  estuy  de  cuir. 
[B,  n-  1252.  —  S  G,  n°  1279;  non  prise.] 

i()5  3.  Item,  un  gros  crista!  roont,  de  demi  pie  de  long,  avec 
un  couvercle  esbrechie. 

Rcdditc  fuerunt  predictis  cxccutoribus  et  tradite  istc  11°  partes  acolate 
[io52-io53]  per  dictum  Robinetum,  prout  supra.  Idco  exoneratur  hie  de 
eisdem. 

[B,  n°  1253.  —  S  G,  n"  1280;  non  prise.] 

1054.  Item,  un  coutel  de  Castelle,  dont  le  manche  est  fait  d'os 
noir  et  blanc,  mis  en  une  chaitive  gaynne. 

Iste  custellus  redditus  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  cxccutoribus 
sine  prccio,  quianullius  valoris.  Et  sic  dc  codem  acquittatur  idem  Robinctus. 

[B,  n°  1254.] 

io55.  Item,  une  estrille  de  fer  blanc. 

Reddita  fuit  dictis  cxccutoribus  per  dictum  Robinetum,  prout  supra.  Ideo 
acquittatur  hie. 

[B,  n°  1255.  —  S  G,  n"  1281  :  donnce,  comme  Ten  dit,  a  monscigneur  de 
Lopiat.] 


JOYAUX   DONNKS    EN    GAGE    [tol.     1 73]  279 


DESPENCE    DE    JOYAULX,   VAISSELLE,    PIERRERIE 


E7  AUTRES  CHOSES  BAILLEES  PAR  MONSEIGNELR  LE  DUG,  OU  DE  SON 
COMMANDEMENT,  A  PLUSEURS  PERSONNES,  TANT  EN  GAIGES  COMME 
AUTREMENT,  CONTENUES  ET  DECLAIREES  TANT  ES  GOMPTES  PRECEDENS 
COMME  EN  CESTUI  PRESENT,  LESQUIELX,  PAR  l'oRDONNANCE  DE  MES- 
SIEURS DES  COMPTES,  LEDIT  ROBINET  d'eSTAMPES  RENT  ICY  ENSEMBLE 
A  SA  DESCHARGE  PAR  MANIERE  DE  TABLE,  NONOBSTANT  Qu'lL  EN  SOIT 
ACQUICTIE  SUR  CHASCUNE  PARTIE,  AFFIN  que  plus  GRANT  MEMOIRE 
SOIT  DE  LES  RECOUVRER  QUANT  TEMPS  ET  LIEU  SERA. 

io56.  Premierement,  a  Christofle  de  la  Mer,  un  ymaige 
d'or  de  saint  Phelipe,  declaire  en  la  v^  partie  du  xv^  fueillet  du 
livre  desdiz  comptes  precedens ;  lequel  ymaige  lui  a  este  baiilie 
pour  les  causes  contenues  en  la  correction  faicte  sur  ladicte 
partie.  Pour  ce  icy  ledit  ymaige  (ij. 
[B,  n°  37.] 

1057.    Item,   audit  Christofle  de  la  Mer,   un  ymaige  d'or  de 
saint  Charlemaigne,  declaire  en  la  premiere  partie  du  xvi<=  fueil- 
let ensuivant ;  lequel  ymaige  lui  a  este  baiilie  pour  les  causes, 
etc.  Pour  ce  icy  ledit  ymaige. 
[B,  n°  40.] 

io58.   Item,  audit  Christofle,  un  ymaige  d'or  de  saint  Jaques, 
declaire  en  la  derniere  partie  dudit  xvi<=  fueillet;  lequel  ymaige 
lui  a  este  baiilie  pour  les  causes,  etc.  Pour  ce  icy  ledit  ymaige. 
[B,  n»  46.] 

1059.  Item,  a  monseigneur  le  due  de  Bourbonnois,  une  grant 
coupe  d'esmaux  de  pelite  a  jour,  garnie  d'or,   declairee  en  la 


(i)  L'inventuirc  B  dunne  une  description  detaiUee  de  plusieurs  joyaux 
indiques  ici  sommairement.  Aussi  avons-nous  reproduit  integralcment  les 
articles  de  I'inventaire  de  1402  correspondant  a  ceux  de  ce  chapitre. 


28o  JOYAUX    DONNES    KN    GAGE    [fol.    17?    V°] 

penultime  partie  du  xviic  fucillet  ensuivant;  laquelle  lui  a  este 
baillee  pour  les  causes,  etc.  Pour  ce  icy  ladicte  coupe.  / 

[B,  n"  3o.] 

1060.  Item,  a  Barthelemy  Sac,  un  tres  bou  ruby  plat,  assis  en 
un  annel  d'or,  declaire  en  la  viii^  partie  du  xxv*^  fueillet  ensui- 
vant ;  lequel  ruby  lui  a  este  baillie  pour  les  causes  etc.  Pour  ce 
icy  ledit  ruby. 

[B,  n°  128.  —  S  G,  n°  i33o;  prise  m  frans.] 

1061.  Item,  a  Nicolas  Spinole,  un  annel  d'or  ou  est  la  plus 
grant  piece  d'un  ruby  qui  tu  du  Roy,  declaire  en  la  penultime 
partie  dudit  xxv"  fueillet;  lequel  ruby  lui  a  este  baillie  pour  les 
causes,  etc.  Pour  ce  icy  ledit  ruby. 

[B,  n"  i3i.] 

1062.  Item,  a  sire  Mace  Heron,  conseiller  et  tresorier  general 
de  mondit  seigneur  le  Due,  un  ymaige  d'or  de  Nostre  Dame, 
esmaille  de  bleu,  declaire  en  la  premiere  partie  du  xliii''  fueillet 
ensuivant;  lequel  ymaige  lui  a  este  bailie  pour  les  causes  etc. 
Pour  ce  icy  ledit  ymaige  de  Nostre  Dame. 

[B,  n"  36o.] 

io63.  Item,  a  Jehan  Tarenne,  la  menue  pierrerie  qui  estoit  es 
mictres  de  vi  evesques  pers  de  France,  d'une  grant  nef  d'or 
declairec  en  la  derriere  partie  du  iiii^^  vi«  fueillet  ensuivant; 
laquelle  pierrerie  lui  a  este  bailliee  comme  il  appert  par  les  cor- 
rections faictes  sur  ladicte  partie.  Pour  ce  icy  ladicte  menue 
pierrerie. 

K.  —  Dicta  minuta  pcrreria  datafuit  dicto  Johanni  Tarenne  per  mandatum 
Domini,  datum  nona  die  februarii  anno  M°  CCCC°  XII°,  hie  traditum; 
virtute  cujus  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de  eadem,  ac  eciam  dictus 
Johannes  Tarenne. 

[B,  n«  784.] 

1064.  Item,  a  Nicolas  Spinole,  un  dyament  plat  a  six  costes, 
assis  en  un  annel  declaire  en  la  penultime  partie  du  ci*^  fueillet 
ensuivant;  lequel  dyament  lui  a  este  baillie  pour  les  causes,  etc. 
Pour  ce  icy  ledit  dyament. 

[B,  n"  947.] 

io65.  Item,  ii  Christotle  de  la  Mer  dessus  nomme,  une  croix 


JOYAUX    DONNES   EN    GAGE    [fol.    I  74    V"]  28  I 

d'or  garnie  de  neuf  balais  a  jour,  declairee  en  la  dcrriere  partie 
du  vi^^  ix«  fueillet  ensuivant ;  laquelle  croix  lui  a  estc  bailliee 
pour  les  causes,  etc.  Pour  ce  icy  ladicte  croix. 

1066.  Item,  a  sire  Mace  Heron,  tresorier  dessusdit,  une  croix 
d'or  garnie  de  ini^'^  xvni  grosses  perles  brutes,  declairee  en  la 
IF  partie  du  vi^^  xi"  fueillet  ensuivant;  laquelle  croix  lui  a  este 
baillee  pour  les  causes,  etc.  Pour  ce  icy  ladicte  croix. 

1067.  Item,  audit  sire  Mace  Heron,  une  petite  croix  d'or,  nom- 
mee  la  Petite  Croix  aux  esmeraiides^  declairee  en  la  derriere 
partie  dudit  vi^^  xie  fueillet;  laquelle  croix  lui  a  este  baillee  pour 
les  causes,  etc.  Pour  ce  icy  ladicte  croix. 

[B,  n°  2  3.] 

1068.  Item,  a  monseigneur  le  conte  d'Alen(;on,  deux  gros 
balais,  c'est  assavoir  :  un  roont  qui  a  une  glace  sur  le  bourt  et 
Tautre  quarre;  lesquelx  deux  balais  sont  de  la  pierrerie  de  une 
grant  croix  d'or  appellee  la  Croix  an  camahieu^  declairee  en 
la  derriere  partie  du  vi^^  xii<=  fueillet  ensuivant;  lesquielx  deux 
balais  lui  ont  este  baillez  pour  les  causes,  etc.  Pour  ce  icy  lesdiz 
deux  gros  balaiz. 

[B,  n"  1081.] 

io6g.  Item,  a  mondit  seigneur  le  conte  d'Alencon,  deux 
autres  balais,  Tun  quarre  et  Tautre  long  et  quarre,  qui  sont  de  la 
pierrerie  de  ladicte  croix;  et  lui  ont  este  baillez  pour  les  causes. 
etc.  Pour  ce  icy  lesdiz  deux  balaiz. 

1070.  Item,aBureau  de  Dampmartin,  une  croix  d'or  nommee 
la  Croix  aux  cristaulx  (i),  declairee  en  la  premiere  partie  du 
vi'^^  xiii''  fueillet  ensuivant;  laquelle  croix  lui  a  este  baillee  pour 
les  causes,  etc.  Pour  ce  icy  ladicte  Croix  aux  cristaulx. 

1 07 1.  Item,  a  sire  Mace  Heron,  tresorier  general  dessusdit, 
unstres  beaux  tableaux  d'or  en  facon  d'un  livre  !'2j,  declairez  en  la 
premiere  partie  du  v\^^  xv"  fueillet  ensuivant ;  lesquielx  tableaux 
lui  ont  este  baillez  pour  les  causes,  etc.  Pour  ce  icy  lesdiz  tableaux. 

(i)  Voyez  ci-apres  rarliclc  iioo. 
(2)  Voyez  ci-apres  I'article  iii3. 


282  JOYAUX    DONNKS    EN    GAGE    [fol.    I  76] 

1072.  Item,  a  Guillaumc  de  Lode,  escuicr  ct  chambcllan  de 
mondit  seigneur  le  Due,  un  tableau  d'or  ployant  a  couplez, 
declaire  en  la  premiere  partie  du  vi^J^  xvi'=  fueillet  ensuivant; 
lequel  tableau  lui  a  este  bailie  pour  les  causes,  etc.  Pour  ce  icy 
ledit  tableau. 

1073.  Item,  a  Bureau  de  Dampmartin,  un  grant  joyau  d'or,  de 
trois  piez  et  demi  de  haut  ct  de  pie  et  demi  de  le,  declaire  en 
la  premiere  partie  du  vi^^  xix<^  fueillet  ensuivant;  lequel  Joyau  lui 
a  este  bailie  pour  les  causes,  etc.   Pour  ce  icy  ledit  joyau.  (i) 

K.  —  Super  dicta  prima  parte  cxxxix  folii  compotorum  precedentium  dicti 
Robincti  arrcstatur  quod  dominus  Dux  recuperavit  a  dicto  Burclln  dictum 
ji>cale,etiam  de  ipsooneratur  dictus  Robinetus  supcriusin  preseuti  compoto, 
iu  priuio  articulo  v^'  Iblii.  Et  idco  cxoncratusest  dictus  Robinetus  de  codem. 

1074.  Item,  a  Guillaumc  de  Lode  dessus  nomme,  un  taber- 
nacle d'or  appelle  le  Joyau  du  Mont  dc  Calvaire  (21,  declaire  en 
la  derriere  partie  dudit  vi>^>^  xix*^  fueillet;  lequel  joyau  lui  a  este 
bailie  pour  les  causes,  etc.  Pour  ce  icy  ledit  tabernacle. 

1075.  Item,  a  sire  Mace  Heron,  tresorier  general  dessusdit, 
un  tabernacle  d'or  ouquel  a  le  Jugement  Nostre  Seigneur,  garni 
de  pierrerie,  declaire  en  la  derriere  partie  du  vii^^<;  fueillet;  lequel 
tabernacle  lui  a  este  bailie  pcjur  les  causes,  etc.  Pour  ce  icy 
ledit  tabernacle. 

1976.  Item,  a  Nicolas  Corny  (3),  un  gros  dyament  plat  et  room, 
en  fa^on  de  mirouer,  qui  souloit  estre  en  un  fermail  d'or  en  fa9on 
de  roze,  declaire  en  la  n^  partie  du  vn^^  ix<=  fueillet  ensuivant; 
lequel  dyament  lui  a  este  bailie  pour  les  causes  etc.  Pour  ce 
icy  ledit  dyament. 

1077.  Item,  a  Constantin  de  Nicolas,  un  gros  balay  quarre 
appelle  le  Balay  de  David  (4),  declaire  en   la  derriere  partie  du 


(i)  Voyez  le  n"  14  du  present  inventaire. 

(2)  Voy.  le  n"  i  i  1  1  du  present  inventaire. 

(3)  Nicolas  Cosmy,  marchand  dc  draps  d'or  et  de  soie,  etait  mort  en  141 1, 
com  me  le  prouvc  un  pavement  fait  a  cette  cpoque  a  son  cxecuteur  testa- 
mcntaire,  Cosme  Cosmy,  pour  six  aunes  de  velours  azure  livrees  a  la  Reine 
par  ledit  Nicolas,  le  7  mars  1410,  et  employees  a  une  chapelle  brodee  par 
.lean  de  Clarcy  (Arch,  nat.,  KK  48,  fol.  107  v°.) 

(4)  Voyez  ci-apres  Particle  11 58. 


JOYAUX    DONNKS   EN    GAGE    [fol.    fjj]  283 

viii^^  11=  fueillet  ensuivani;  lequcl  balay  lui  a  eslc  bailie  pour  Ics 
causes  etc.  Pour  ce  icy  ledit  balay. 
[B,  ir  124.] 

1078.  Item,  a  Christoflc  de  la  Mer  dcssusdit,  un  ymaige  d'or 
de  saint  Jehan  euvangeliste,  declaire  en  la  ii[=  partie  du 
ix^^  xiiii'=  fueillet  ensuivant;  lequel  ymaige  lui  a  este  bailie  pour 
les  causes,  etc.  Pour  ce  icy  ledit  ymaige. 

1079.  Item,  audit  Christofle  de  la  Mer,  un  autre  ymaige 
d'or  de  saint  Estiennc,  declaire  en  la  penultime  partie  dudit 
ix^^  xiiii'^  fueillet;  lequel  ymaige  lui  a  este  bailie  pour  les  causes, 
etc.  Pour  ce  icy  ledit  ymaige. 

1080.  Item,  audit  Christofle,  un  ymaige  d'or  de  saint  An- 
thoine,  declaire  en  la  derriere  partie  du  ix^-^  xnii'-^  fueillet;  lequel 
ymaige  lui  a  este  bailie  pour  les  causes,  etc.  Pour  ce  icy  ledit 
ymaige. 

1081.  Item,  plus  audit  Christofle,  un  ymaige  d'or  de  saint 
Loys  de  Marseille  declaire  en  la  premiere  partie  du  ix"^^ 
xv^  fueillet  ensuivant;  lequel  ymaige  lui  a  este  bailie  pou'-  les 
causes,  etc.  Pour  ce  icy  ledit  ymaige. 

[B,  n°  1 160.] 

1082.  Item,  plus  audit  Christofle,  une  nef  d'or  scant  sur  une 
berbiz,  declairee  en  la  premiere  partie  du  n^  xxvi'-"  fueillet  ensui- 
vant; laquelle  nef  lui  a  este  baillee  pour  les  causes,  etc.  Pour  ce 
icy  ladicte  nef. 

io83.  Item,  a  maistre  Jehan  Juvenel  (i),  un  volume  en  latin  de 
lettre  boulonnoise,  ouquel  a  pluseurs  livres,  declaire  en  la 
ni"^  partie  du  u"^  xlv^  fueillet  ensuivant;  lequel  livre  mondit  Sei- 


(i)  Jean  Juvenel  des  Ursins,  baron  de  Trainel,  president  au  Parlement, 
mort  a  Poitiers  en  143 1  dans  un  age  avance.  Le  Louvre  possede  un  precieux 
tableau  (n°  65 1  de  I'ecole  fran^aise),  execute  vers  144S,  nu  Jean  Juvenel 
est  represente  agenouillc,  accompagne  de  Michelle  de  Vitri,  sa  temme, 
et  de  ses  onze  enfants  dont  I'aine  fat  successivement  evequc  de  Beauvais 
et  de  Laon,  puis  archeveque  de  Reims.  Cette  peinture  provient  de  ia  cha- 
pelle  que  la  famille  des  Ursins  possedait  dans  Teglisc  de  Notre-Damc  de 
Paris. 


284  JOYAtlX   DONNKS    EN    GAGE    [tol.    I  78] 

gneur  lui  a  preste,  comme  il  appert  par  la  correction  faicte  sur 
ladicte  partie.  Pour  ce  icy  ledit  volume. 

K.  —  Dominus  Dux  per  mandatum  suum,  datum  tcrcia  die  marcii  anno 
M°  CGCC°  XIII°,  hie  redditum,  dedit  dictum  volumen  predicto  magistro 
Johanni  Juvenel,  ct  corrigitur  super  dicta  tercia  parte  dicti  ii-^  xlv''  folii  com- 
potorum  precedentium  dicti  Robineti. 

1084.  Item,  a  JehanTarenne,  la  Croix  an  rubi:{,  une  couronne 
at  une  pomme  gariiies  de  pierrerie,  iiii^''  xnii  balais,  lxiii  saphirs 
et  iii^"  iin^''  nil  perles;  toutes  lesquelles  parties  sont  d'un  gram 
joyau  d'or  fait  de  ma^onnerie  en  maniere  d'un  tabernacle,  declaire 
es  n^' Lvii%  ii'-"  LVHi%  11=  Lix"^  fucillez  ensuivans;  et  lui  ont  este 
baillces  pour  les  causes,  etc.   Pour  ce  icy  lesdictes  parties. 

[S  G,  n"  i322  :  la  Croix  aiix  rubis  s,&ri\ic  de  xluu  rubis  et  de  xxmi  dia- 
mans  pointus,  pesant  i  marc  v  onces  et  demie,  priseexvii"  frans;  —  n"  i323  : 
la  petite  couronne  d'or  garnie  de  cinq  diamans  plas  et  de  xx  perles  de 
compte,  prisee  111'=  lxvi  frans;  —  n°  1324  :  la  pomme  de  cristal,  garnie  d'or, 
de  nil  perles  et  d'un  petit  balay,  prisee  11"  l  frans.] 

1 08 5.  Item,  a  Bureau  de  Dampmartin  dessusdit,  un  pie  d'ar- 
gent  dore  fait  en  maniere  de  tabernacle,  declaire  en  la  premiere 
partie  du  ii^'  lx'=  fueillet  ensuivant;  lequel  pie  lui  a  este  baillie 
avec  la  Croix  aiix  cristaulx  dessusdicte,  pour  les  causes,  etc. 
Pour  ce  icy   ledit  pie. 

1086.  Item,  audit  Bureau  de  Dampmartin,  deux  saphirs  qui 
sont  du  nombre  de  vi  gros  saphirs  qui  furent  de  la  Croix  an 
camahieu,  declairez  en  la  premiere  partie  du  n*-^  lxxui^  fueillet 
ensuivant;  lesquielx  deux  saphirs  lui  ont  este  bailiez  en  garde, 
comme  il  appert  par  la  correction  faicte  sur  ladicte  partie.  Pour 
ce  icy  lesdiz  deux  saphirs. 

1087.  Item,  a  Andre  Succre,  dit  Massay,  un  gros  dyament 
quarre  plat,  pesant  xixcaraz  de  Jannes  ou  environ,  declaire  en  la 
11*=  partie  du  n^'  lxxix"  fueillet  ensuivant;  lequel  dyament  lui  a 
este  bailie  pour  les  causes,  etc.  Pour  ce  icy  ledit  dyament. 

1088.  Item,  a  monseigneur  le  due  de  Bourbonnois  dessus 
nomme,  un  grant  couvercle  d'or  ct  d'esmaulx  de  pelite  a  jour, 
declaire  en  la  penultime  partie  du  ii'-'  nii^'^  vi'^  fueillet  ensuivant; 
lequel  couvercle  lui  a  este  baillie  avec  la  coupe  d'esmaulx  de 


JOYAUX    DONNKS    EN    GAGE    [fol.    I  79]  285 

pelite  dessusdicte  pour  les  causes,  etc.  Pour  ce  icy  ledit  cou- 

vercle. 
[B,  ir  56.] 

1089.  Item,  au  confesseur  de  Monseigncur  (i),  chappellains, 
clers  et  autres  gens  de  la  chappelle  de  mondit  Seigneur,  une  croix 
d'or  en  laquelle  a  un  crucetix  esmaillie  de  blanc,  declairee  en  la 
penultime  partie  du  ii'-"  iiii^^  xii'^  fueillet  ensuivant;  laquelle  croix 
leur  a  este  baillee  pour  les  causes,  etc.  Pour  ce  icy  ladicte  croix. 

K.  —  Dominus  Dux  recuperavit  a  dictis  confessore,  capellanis,  clericis  et 
aliis  dictis  gentibus  sue  capelle,  per  manus  Mathei  Heron,  thesaurarii  sui 
generalis,  dictam  crucem  auri,  quani  postmodum  dedit  domino  duci  Acqui- 
tanie,  [ut]  constat  per  mandatum  suum  superius  redditum  super  ultimo  ar- 
ticulo  Lxxv"  folii  hujus  compoti.  Et  corrigitur  super  dicta  penuitima  parte 
11'=  iin""  XII  folii  lihri  compotorum  precedentium. 

1090.  Item,  a ,  un  petit  tableau  d'or  ou  il  a  un  ymaige  (2j 

de  saint  Loys,  roy  de  France,  fait  d'esmaulx  de  pelite  (3),  declaire 
en  la  derriere  partie  du  ii^  im^x  xv^  fueillet  ensuivant;  lequel  ta- 
bleau a  este  baillie  pour  les  causes,  etc.  Pour  ce  icy  ledit  tableau. 

1 09 1.  Item,  a  Barthelemy  Rust,  un  grant  balay  plat  en  un 

fermail,  declaire  en  la  ii<=  partie  du  ni'^  x^  fueillet  ensuivant;  lequel 

balay  lui  a  este  baillie  pour  les  causes,  etc.   Pour  ce  icy  ledit 

balay. 

[S  G,  n°  1329  :  lequel  balay  Bcrthelemi  Rust  tient  en  gage  pour  la  somme 
de  viii""  XL  fr.,  si  comme  il  dit,  et  a  este  prise  par  Albert  du  Molin,  Julien 
Simon  et  Hermant  Rainse  ladicte  somme  de  viii"'  xl  frans.] 

1092.  Item,  a  Baude  de  Guy,  un  annel  d'or  ou  il  a  un  balay 
tout  roont,  declaire  en  la  ni<^  partie  dudit  in^"  x*^  fueillet;  lequel 
balay  lui  a  este  baillie  pour  les  causes,  etc.  Pour  ce  icy  ledit 
balay. 

1093.  Item,  a  maistre  Pierre  de  Veronne  (qj,  le  premier  volume 

(i)  La  note  placee  en  marge  de  I'art.  i2o5  nous  apprend  que  le  confes- 
seur du  due  de  Berry  en  1416  etait  I'eveque  de  Sarlat,  Jean  III  Arnaud. 

(2)  Cette  image  emaillee  du  roi  saint  Louis,  qui  passa  de  mains  en  mains, 
semble  plutot  une  oeuvre  de  fantaisie  qu'un  portrait  authentique. 

(3)  Voy.  ci-dessus  le  n°  71  du  present  inventaire. 

(4)  Pierre  de  Verone  fut  impliquc  dans  le  proces  du  chanoine  Fusoris 
qui  etait  accuse  d'intelligences  avec  les  Anglais  (Arch.  Nat.,  LL  85,  fol.  11 
V").  —  Les  interrogatoires  font  savoir  que  Pierre  de  Verone,  age  de 
trcntc-six  ans  en   I4i5,  demeurant  rue  Saint-Jacques,  est  »  ne  de  Veronne 


286  JOYAUX   DONNES    EN    GAGE    [fol.    1 8o] 

d\in  breviere  en  deux  volumes  appeilez  les  Brevirres  de  Belle- 
villL\  declairez  en  la  premiere  partie  du  ni'-^  xxxv-'  fueillet  ensui- 
vant;  lequel  volume  lui  a  este  bailie  en  garde,  comme  il  appert 
par  la  correction  faicte  sur  ladicte  partie  (i).  Pour  ceicy  ledit  pre- 
mier volume. 

1094.  Item,  a ,  un  petit  Joyau  d'or,  ou  milieu  duquel  a  une 

grant  pierre  de  camahieu,  declaire  en  la  derriere  partie  du 
in<=  L'=  fueillet  ensuivant;  lequel  joyau  lui  a  este  baillie  pour  les 
causes,  etc.  Pour  ce  icy  ledit  joyau. 

1095.  Item,  audit  tresorier,  un  pie  d'argent  pour  servir  audit 
joyau,  fait  en  maniere  de  tabernacle,  ou  il  a  un  petit  ymaige  de 
taille  de  Nostre  Dame,  declaire  en  la  premiere  partie  du  vi^^ 
xn'^  fueillet  dudit  livre  ;  lequel  pic  lui  a  este  baillie  pour  les  cau- 
ses, etc.  Pour  ce  icy  ledit  pie. 

logG.  Item,  a  Perrin  de  Ladehors,  un  ours  d'or  esmaille  de 
blanc,  pesant  ini  onces  at  demie  d'or  ou  environ,  garni  de  picrre- 
rie,  declaire  en  la  penultime  partie  du  iii^'  li'^  fueillet  ensuivant; 
lequel  ours  lui  a  este  bailie  pour  les  causes,  etc.  Pour  ce  icy  ledit 
ours. 

1097.  Item,  a dessus  dit,  avec  le  petit  joyau  du  camahieu 

devant  escript  [no  1094],  une  petite  croix  d'or  pour  porter  au  col, 
declairee  en  la  derriere  partie  dudit  in*-'  li'^  fueillet;  laquelle  croix 
lui  a  este  baillee  pour  les  causes,  etc.  Pour  ce  icy  ladicte  croix. 

1098.  Item,  a  Nicolas  Corny,  un  fermail  dor,  ouquel  est  assis 
un  gros  balay  pesant  ii'-'  xii  caraz  de  Jannes  ou  environ,  lequel 
balay  fu  achate  de  Janus  de  Grimault  et  d'autre  pierrerie;  lequel 
fermail  est  declaire  en  la  derriere  partie  du  xxix''  fueillet  de  ce 


en  Lombardic,  et  sc  mesle  de  aler  a  I'estude  et  de  gouverncr  la  librairyc  do 
Mons.  de  Berry,  et  est  cure  de  Montgiscal,  au  diocese  de  Toulouse.  »  L'accu- 
sation  intentee  centre  lui  reposait  sur  un  voyage  qu'il  avait  fait  en  Anglc- 
tcrre  «  fu  XV  ans  ou  environ  »  pour  chercher  a  vendrc  une  Bible  au  roi 
Richard;  dc  Londres  il  avait  cte  a  Bruges,  «  aucuns  bourgeois  vduianl 
I'achetcr  pour  la  donncr  au  due  de  Bourgogne  ».  Par  la  suite,  ccltc  Bible  fut 
vendue  par  Pierre  de  Vcrone  au  due  dc  Berry. 
(i)  Voyez  ci-dcssus  Tarticlc  gfo. 


JOYAUX    DONNF.S    KN    GAGE    [fol.    l8l]  2S7 

present  compte,  et  lui  a  estc  baillic  pour  Ics  causes  contenues,  etc. 
Pour  ce  icy  ledil  fermail. 

[OOQ.  Item,  a  Baude  de  Guy,  ung  saphir  plat  a  viii  costes, 
assiscn  uiiannel  d'or,  declaireen  la  iiii«  partie  du  ii^'lxxiii«  fucillet 
dudit  livre  des  comptes  precedens;  lequel  saphir  lui  fu  baillic 
pour  Ic  fairc  graver  par  uii  appelle  Scapessonal(i),  ainsi  c|u'il  ap- 
pert  par  la  correction,  etc.  Pour  ce  icy  ledit  saphir. 

K.  — •  Constat  per  mandatum  Domini,  datum  nona  die  februarii  anno 
M°  CCCC°  duodecimo,  hie  traditum,  quod  casu  fortuito  dictus  saphirus  in- 
ter manus  dicti  Scapessonal,  qui  ipsum  credebat  gravare  sive  cavare,  fuit  di- 
ruptus  ct  omnino  devastatus,  et,  hiis  considcratis,  dictus  Dominus  quictavit 
dictum  Scapsonal  de  eodem.  Et  ideo,  virtutc  dicti  mandati,  acquittanlur  hie 
dicti  Robinctus  et  Scapsonal  de  ipso. 

Presens  inventarium,  continens  ix^^  i  folia  (2)  visum  ct  correc- 
tum  tuitper  nosStephanum  de  Brayo  ctNicolaum  de  Pratis,  Regis 
consiliarios,  et  per  litteras  dicti  domini  Regis  ad  hoc  comniissos, 
datas  viii'i  die  augusti  M  CCCC  XVI°,  supcrius  in  principio 
hujus  inventarii  transcriptas,  et  clausum  xxiii^  die  januarii,  anno 
supra,  presentibus  ad  hoc  cantore  ecclesie  Parisiensis  (3),  com- 
misso  pro  Rege  Sicilie,  magistro  Arnulpho  Belin,  thesaurario 
cappelle  Bitturicensis,  ct  dicto  Robineto  de  Stampis,  exccutori- 
bus  testamenti  dicti  domini  Ducis ;  in  quo  quidem  inventario 
idem  Robinetus  acquittatur  et  exoncratur,  prout  in  arresto  ibi- 
dem de  manu  alterius  nostrum  continetur,  testibus  signetis  nos- 
tris  manualibus  hie  appositis,  die  et  anno  quibus  supra.  —  N.  de 
Pratis  ;  Bray. 

(i)  Contrairement  a  ce  qu'a  dit  Labartc  {Hist,  des  arts  inditstr.,  2"  ed.  t.  I, 
p.  197-218)  i'art  de  la  glyptiquc  fut  certainement  pratique  dans  les  pays 
d'occidcnt  pendant  le  moyen  age.  (Voir  Demay,  Lcs pierrcs  grave'es  employees 
dans  les  sceaux  du  moyen  age,  en  tete  de  VInventaire  des  sceaux  de  I'Avtois 
et  de  la  Picardie,  tirage  a  part,  Paris,  1877,  in-8°,68  p.  et  6  pi.)  Mais  jusqu'ici 
on  n'a  signale  aucun  graveur  d'intaillcs  anterieur  a  Scapessonal.  Ce  dernier, 
a  en  juger  par  la  forme  de  son  nom,  etait  sans  doute  d'origine  italienne. 

(2)  Le  quatrieme  compte  de  Robinet  d'Etampes  finit  en  eftet  ici,  au  feuil- 
let  181.  Le  compte  qui  vient  ensuite,  commen(;ant  le  3i  Janvier  1413  pour 
aller  jusqu'au  jour  de  la  mort  du  due  dc  Berry,  a  un  numcrotage  special  (i  a 
36),  dont  nous  n'avons  pas  a  tenir  compte. 

(3)  Pctrus  Liberi  hominisou  Pierre  de  Libron,  apres  avoir  ete  chanoine  dc 
Chartres,  fut  re?u  chanoine  de  Notre-Dame  de  Paris  le  24  fevrier  1414 
(nouv.  St.),  puis,  chanlrc  de  la  mcme  eglise,  le  4  octobrc  suivant. 


!88  CROIX    ACHETEES    PAR    MONSEIGNEUR    ffol.    I  82  | 


COMPTE  DE  ROBINET  D'ESTAMPES 

ESCUIER,  CONSEILLER  ET  GARDE  DES  JOYAULX  DE  TRES  HAULT  ET 
PUISSANT  PRINCE  MONSEIGNEUR  JEHAN,  FILZ  DE  ROY  DE  FRANCE,  DUG 
DE  BERRY  ET  d'aUVERGNE,  CONTE  DE  POICTOU,  d'eSTAMPES,  DE 
BOULONGNE  ET  d'aUVERGNE,  DES  JOYAULX  VAISSELLE,  PIERRERIE, 
LIVRES  ET  AUTRES  CHOSES  QUI  SONT  ADVENUES  A  MONDIT  SEIGNEUR 
LE  DUC,  TANT  PAR  ACHAPT  COMME  PAR  DON  ET  AUTREMENT,  DEPUIS 
LE  DERRENIER  JOUR  DE  JANVIER  l'aN  MIL  QUATRE  CENS  ET  DOUZE 
EXCLUS,  QUE  LE  PRECEDANT  COMPTE  OU  INVENTOIRE  FENIST,  JUSQUES 
AU  QUINZIESME  JOUR  DU  MOYS  DE  JUING  l'aN  MIL  QUATRE  CENS  ET 
SEIZE,  QUE  LEDIT  MONSEIGNEUR  LE  DUC  ALA  DE  VIE  A  TRESPASSE- 
MENT,  DONT  LEDIT  ROBINET  A  EU  COGNOISSANCE,  OUQUEL  TEMPS 
SONT   COMPRIS    III    ANNEES    IIII    MOIS   ET    DEMI   (l] 


JOYAULX  POUR  CHAPELLE 

CROIX,  TANT  d'oR  ET  d'aRGENT  QUE  AUTREMENT,  ACHAPTEES  ET 
RECOUVREES  PAR  MONSEIGNEUR 

I  100.  Premierement,  une  grant  croix  d'or,  nommec  la  Croix 
mix  cristaulx,  garnie  de  sept  gros  balaiz  cabochons,  de  unze  gros 
saphirs  et  de  trente  et  six  grosses  perles  de  pluseurs  sortes ;  et 
dedans  ladicte  croix  a  une  grant  croix  du  fust  de  la  vraye  croix, 
couverte  de  cristaulx  de  toutes  pars,  seant  sur  ung  pie  d'argent 
dore;  laquelle  croix  ainsi  garnie  mondit  Seigneur  a  recouvree  de 

(i)  Au  dessus  de  ce  litre  on  lit  les  notes  suivantes  :  «  Per  modum  invenlarii 
ab  ultima  die  januarii  M  CCCCXII"  usque  ad  quindeciniam  diem  junii 
M  CCCXVI".  —  Traditum  Parisius  per  dictum  Robinetum  coram  nobis  Ste- 
phano  dc  Brayo  ct  Nicolao  de  Pratis,  commissariis  ad  hoc  ex  parte  Regis, 
xxiii"  die  octobris  mil"  CCCC  XVI°.  —  Pro  camera.  » 


CROIX  ACHETEES   PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    1 82    Vo]  289 

Bureau  Dampmartin,  auquel  mondit  Seigneur  I'avoit  baillee  en 
gaige  pour  certaine  somme  d'argent. 
[S  G,  n°  772;  prisee  viii""  frans,  vendue  x™  frans,  pour  ce  x""  liv.  t.] 
I  loi.  Item,  une  petite  croix  d'or,  ou  il  a  du  fust  de  la  vraye 
croix,  couverte  de  cristal,  garnie  entour  de  quatre  balaiz  quarrez, 
et  aux  quatre  boutz  quatre  esmeraudes  quarrees  et  douze  grosses 
perles  assises  a  jour;  laquelle  croix  ainsi  garnie  mondit  Seigneur 
a  recouvree  de  sire  Mace  Heron,  tresorier  general  de  mondit 
Seigneur,  ou  moys  de  decembre  mil  quatre  cens  et  quinze ;  la- 
quelle croix  mondit  Seigneur  lui  avoit  baillee  pour  engaiger;  et 
siet  ladicte  croix  sur  ung  pie  d'argent  dore,  ouvre  par  manierc 
de  haulte  taille,  que  mondit  Seigneur  fist  faire  par  Harmant 
Rince,  son  orfevre. 

Iste  due  partes  accolate  [iioo-iioi]  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum 
Robinetum  executoribus;  convertendum  in  facto  exccucionis  dicti  Domini. 
Et  ideo  idem  Robinetus  acquittatur  de  eisdem. 

[S  G,  n»  571 ;  prisee  par  Albert  du  Molin  et  Julien  Simon  xin°  l  liv.  t.] 

1 102.  Item,  une  autre  croix  d'or,  garnie  de  neuf  gros  balaiz 
cabochons  assis  a  jour,  et  ou  millieu  d'icelle  croix  a  ung  gros 
saphir  a  jour,  ouquel  est  entaille  Dieu  le  pere,  et  alentour  dudit 
saphir  pluseurs  reliques;  seant  sur  ung  pi^  d'argent  dore,  fait  de 
haulte  taille  en  maniere  de  tabernacle;  laquelle  croix  mondit 
seigneur  a  recouvree  de  Christofle  de  la  Mer,  auquel  il  I'avoit 
baillee  en  gaige  pour  certainne  somme  d'argent. 

Dicta  crux  reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum,  ut  supra. 

[S  G,  n°  575;  prise  xiiii  liv.  t.] 


CROIX,  TANT  d'or  ET     d'aRGENT    COMME    AUTREMENT,    DONNEES 
A    MONDIT    SEIGNEUR 

[Neant.] 

TABLEAUX,  RELIQUIERES    ET    PETIZ    JOYAULX,    TANT    d'oR   ET  d'aRGENT 
COMME  AUTREMENT,  ACHAPTEZ  ET  RECOUVREZ  PAR  MONDIT  SEIGNEUR 

iio3.    Item,  ung  tableau   d'or  ployant  a  couples,  garny  de 

19 


290  TABLEAUX   ACHETES   PAR   MONSEIGNEUR   [fol.    I  83    V°] 

pluseurs  reliques,  ouquel  a  dix  pieces,  et  ou  millieu  desdictes 
dix  pieces  a  une  grant  piece  quarrde,  en  laquelle  a  pluseurs  reli- 
ques, et  est  garnie  de  pierrerie,  c'est  assavoir  :  de  vint  et  quatre 
grosses  perles,  dont  les  huit  pevent  bien  poiser  par  advis  de  huit  a 
neuf  caraz  la  piece,  et  de  cinq  saphirs,  que  grans  que  petis,  dont 
les  troys  sont  quarrez  et  les  deux  a  huit  costes,  et  de  cinq  balaiz 
cabochons ;  et  a  chascun  des  coings  de  ladicte  piece  a  ung 
euvangeliste  d'or;  lequel  tableau  ainsi  garny,  commc  dit  est, 
poise  XXII  marcs  v  onces  xv  esterlins;  et  est  ledit  tableau  en  ung 
estuy  garny  d'or  fermant  a  clef  et  pandent  a  une  chaienne  d'or. 
Lequel  tableau  avec  ledit  estuy  a  este  recouvre  de  Guillaume  de 
Lodde,  auquel  monseigneur  le  Due  I'avoit  bailie  pour  certains 
grans  ses  affaires,  dont  il  avoit  chargie  ledit  Guillaume  de  Lodde. 

Iste  tabulus  redditus  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et 
ideo  de  ipso  acquittatur  hie. 

[B,  n°  1162.  —  S  G,  n"  577;  prise  ii"  11'=  l  liv.  t.] 

1 1 04.  Item,  ung  tableau  de  boys,  ou  il  a  par  dedans  ung  ymaige 
de  Nostre  Dame  tenant  son  enffant  et  pluseurs  anges  alentour, 
fait  de  broderie  ;  lequel  Monseigneur  achapta  et  paia  comptant  en 
son  hostel  de  Neelle  d'un  brodeur,  pour  le  pris  et  somme  de 
vint  escuz. 

Dictus  tabulus  datus  fuit  per  dictum  dominum  Ducem  domine  de  Bourbo- 
nio,  ejus  filie,  prout  constat  per  litteras  patentes  ipsius  Domini,  datas  se- 
cunda  aprilis  M  CCCG  XV,  ante  Pascas,  hie  redditas,  que  servient  inferius 
pro  aliis  partibus;  et  ideo  dictus  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

iio5.  Item,  ung  tableau  d'or  treilleisse,  qui  fut  appourte, 
comme  on  dit,  de  Romme,  et  y  a  dedans  ung  crucifi,  Nostre 
Dame  et  saint  Jehan,  d'ancienne  fa9on ;  garny  ledit  tableau  de 
soixante  et  dix  sept  perles,  trente  et  troys  balaiz  et  trente  et  ung 
saphir,  pesant  quatourze  mars  quatre  onces ;  lequel  tableau  feu 
monseigneur  de  Guienne,  que  Dieu  pardoint,  laissa  en  son  tes- 
tament a  Monseigneur. 

1 106.  Item,  ung  autre  tableau  d'ancienne  fa^on,  semblablement 
venu  de  Romme,  comme  on  dit,  fait  d'un  Dieu  de  Pitie  ou  mi- 
lieu; ouquel  a  dessoubz  de  la  robe  Nostre  Seigneur  soubz  ung 
cristal  garny  de  vint  et  six  saphirs,  six  esmeraudes,  dix  huit  ba- 


TABLEAUX    ACHETES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.     I  84]  29 1 

laiz,  quinze  camahieux  et  de  six  vings  une  perles;  pesant  ledit 
tableau  dix  huit  mars  six  onces  ;  lequel  tableau  feu  mondit  sei- 
gneur de  Guienne  laissa  pareillement  a  mondit  Seigneur  en  son 
testament. 

Dictus  dominus  Dux,  per  suas  patentes  litteras  datas  xxvi»  maii  M  CCCG 
XVI,  hie  redditas,  confitetur  recepissc  a  dicto  Robineto  istas  11"  partes  accola- 
tas  [iio5-iio6],  et  eas  dedisse  sacre  capelle  sui  palacii  Bicturicensis.  Et 
ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus  de  eisdem. 

1 107.  Item,  deux  tableaux  de  boys,  dorez  de  fin  or,  en  chas- 

cun  desquelx  sont  faiz  de  I'ouvrage  de  musaique  deux  ymaiges 

de  Nostre  Dame  tenans  leurs  enffans,  I'une  assise  sur  une  chaiere 

d'icellui  ouvrage,  I'autre  toute  droicte,  coronnee  d'une  coronne 

d'orfaverie,  garnie  de  faulce  pierrerie;  et  sont  les  lisieres  de  la 

draperie   garnies   d'orfaverie ;    lesquelx    tableaux   Monseigneur 

achapta  de  George  Principe,  avec  trente  huit  livres  et  demie  de 

matiere  dudit  ouvraige,  pour  le  prix  et  somme  de  six  vins  quinze 

livres  dix  sols  tournois,  le  second  jour  d'avrill'an  mil  quatre  cens 

et  quinze, 

Dictus  dominus  Dux,  per  suas  patentes  litteras  datas  xviii*  maii  M  CCCC 
XVI,  hie  redditas,  fatetur  reeepisse  a  dicto  Robineto  istos  11°'  tabulos  et  eos 
dedisse,  videlicet  unum  eidem  Robineto  et  alium  domino  Guillelmo  Lorin, 
militi.  Et  ideo  acquittatur  dictus  Robinetus  de  eisdem. 


TABLEAUX,  RELIQUIERES    ET    PETIS    JOYAULX,    TANT    d'or    ET    d'aRGENT 
QUE    AUTREMENT,    DONNEZ    A    MONDIT    SEIGNEUR 

1 108  Item,  ung  petit  tableau  d'or  quarrd,  ouquel  a  ung  es- 
mail  de  saint  Jehaneuvangeliste,  pendent  a  une  chaienne  d'or ;  le- 
quel tableau  madame  la  duchesse  de  Baviere  (i)  donna  a  Monsei- 
gneur aux  estrainnes,  le  premier  jour  de  Janvier  I'an  mil  quatre 
cens  et  treize. 

Iste  tabulus  redditus  fuit  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum  et 
sic  de  eodem  acquittatur. 

[S  G,  no  446;  prise  xxv  liv.  t.] 


(i)  Catherine  d'Alenfon,  veuve  de  Pierre  de  Navarre,  remariee  a  Louis  le 
Barbu,  frere  de  la  reine  Isabeau. 


292  TABLEAUX   DONNES   A    MONSEIGNEUR    [fol.     I  85] 

1 109.  Item,  uiig  petit  tabernacle  d'or  oil  il  a  ung  ymaige  (i)  de 
Nostre  Dame  grosse,  dont  le  ventre  est  de  nacle  de  perle,  ceint 
d'une  ceincture,  tenant  en  sa  main  un  livreet  ung  autre  ymage  de 
saincte  Helizabet  qui  embrasse  ledit  ymage  de  Nostre  Dame,  gar- 
niz  entour  de  six  balaiz,  six  perles  et  ung  diament,  fermant  a 
deux  petis  huisselez  de  cristal;  et  est  fait  ledit  tabernacle  par  des- 
sus  de  mafonnerie,  garniz  de  deux  camahieux,  quatre  saphirs, 
quatre  balaisseaux  et  vint  troys  perles,  scant  sur  ung  entable- 
ment d'or,  garny  de  cinq  balaisseaux,  cinq  saphirs  et  trente  quatre 
petites  perles ;  lequel  tabernacle  madame  la  Duchesse  donna  a 
mondit  Seigneur  aux  estrainnes,  le  premier  jour  de  Janvier  I'an 
mil  quatre  cens  et  quatourze. 

Istepars  reddita  fuitParisius  per  dictum  Robinetum  exccutoribus,ut  supra. 
[S  G,  n"  712  ;  prise  in"'  xxxvii  liv.  x  sous  t.] 

1 1 10.  Item,  ungs  petis  tableaux  d'or,  ou  il  a  pluseurs  histoires 
de  la  Vie  et  Passion  Nostre  Seigneur  et  Nostre  Dame,  esmaillez 
par  dedans  et  dehors,  ployans  a  troys  couplez,  c'est  assavoir  : 
deux  aux  coustes  et  ung  dessus;  lesquelx  tableaux  monsei- 
gneur  I'evesque  de  Chartres  donna  a  mondit  Seigneur,  ausdictes 
estrainnes  mil  quatre  cens  et  quatourze. 

Idem  dominus  Dux,  per  suas  patentes  litteras  datas  ii'^"  aprilis  M  CCCC  XV 
ante  Paschas,  superius  redditas,  confitetur  cepisse  et  a  dicto  Robineto  rece- 
pisse  istos  parvos  tabulos  et  eos  dedisse  domine  de  Bourbonio,  sue  filie.  Et 
ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus  de  eisdem. 


GRANS    JOYAULX    ET    TABERNACLES    D  OR    ET     DE     PIERRERIE     ACHAPTEZ 
ET    RECOUVREZ    PAR    MONDIT     SEIGNEUR 

iiii.  Item,  ung  tabernacle  d'or  appelle  le  Joyau  dti  Mont 


(i)  Dans  les  pieces  jointes  aux  Itineraires  des  dues  de  Boiirgogne,  M.  E.  Pe- 
tit, fait  mention  de  deux  images  de  Notre  Dame  donnees  au  due  de  Berry, 
en  1392  et  iSgy  (p.  548  et  55o),  par  Philippe  le  Hardi.  L'un  de  ces  articles 
repondrait  assez  exactement  a  la  description  de  notre  inventaire.  II  y  e:st 
en  effet  question  d'une  Notre  Dame  enceinte  faite  de  la  coquille  d'une 
perle;  mais  notre  texte  dit  expressement  que  I'article  1109  fut  offert  par  la 
duchesse,  le  i"  Janvier  141 5.  L'image  donnee  par  le  due  de  Bourgogne 
serait  done  plutotcelle  dont  il  est  question  dans  les  articles  36 1,  367  et  462. 


JOYAUX   ACHETES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    1 86]  298 

de  Calvaire,  a  six  pilliers  d'or  qui  soustiennent  une  voulte;  ou- 
quel  tabernacle  a  deux  ymages,  I'un  d'un  due,  Tautre  d'une  du- 
chesse,  avec  une  petite  croix  d'or  qui  sert  audit  tabernacle,  en 
laquelle  a  du  fust  de  la  vraye  croix ;  et  est  garnie  la  voulte  dudit 
tabernacle  de  pluseurs  perles,  c'est  assavoir  :  de  soixante-six  per- 
les  de  troys  a  quatre  caraz  la  piece  par  advis,  et  de  six  grosses  per- 
les pesans  de  neuf  a  dix  caraz  la  piece  ou  environ;  et  en  ladicte 
croix  a  ou  millieu  ung  ruby  grosset  sur  le  roont,  quatre  diamens 
dont  les  deux  sont  ung  poy  plus  grosses  que  les  autres,  quatre 
saphirs  a  huit  coustez  sur  les  quatre  boutz  de  ladicte  croix,  et  treize 
grosses  perles,  poisans  de  neuf  a  douze  caraz  la  piece  par  advis; 
et  ou  bas  de  ladicte  croix  a  ung  escucon  des  armes  de  mondit 
Seigneur;  et  pendent  audit  tabernacle,  aux  coustes  desdictes  croix, 
deux  petites  fioles  de  cristal,  en  I'une  desquelles  a  du  sang  de 
Nostre  Seigneur,  et  en  I'autre  du  lait  de  Nostre  Dame,  prins  en  la 
Saincte  Chappelle  du  Palaiz,  a  Paris  ( i ) ;  lesquelles  deux  fioles  sont 
dedans  deux  autres  plus  grans  fioles  garnies  de  petiz  balaiz  et  de 
huit  perles,  et  sur  chascune  fiole  a  une  couronne  d'or;  et  poise 
ledit  tabernacle  avec  ladicte  croix  et  pierrerie  tout  ensemble,  sans 
lesdictes  fioles,  douze  mars  cinq  onces  et  demie;  lequel  taber- 
nacle, tout  ainsi  garny  comme  dit  est,  Monseigneur  a  recouvre  de 
Guillaume  de  Lodde,  auquel  il  I'avoit  bailie  pour  certains  affaires 
dont  il  avoit  chargie  icellui  Guillaume  de  Lodde  (2). 

Ista  pars  reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et  ideo 
de  eadem  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 

[B,  n°  ii5g.  —  S  G,  n°  yiS;  prise  v™  vi"  xxv  liv.  t.] 

1 1 12.  Item,  ung  tabernacle  d'or,  ouquel  est  le  jugement  Nos- 
tre Seigneur,  garny  de  pierrerie,  c'est  assavoir  :  balaiz,  saphirs, 
perles   et  rubiz  ;  pesant  tout  ensemble  xxxi  mars  d'or;   lequel 

(i)  Le  due  de  Berry,  on  I'a  deja  dit,  ne  negligeait  rien  pour  se  procurer  des 
reliques  de  tous  cotes.  De  la,  ces  echanges  avec  les  eglises,  qui  ne  laissent  pas, 
que  de  causer  quelque  etonnement.  Les  sanctuaires  les  plus  veneres  furent 
mis  a  contribution  pour  former  cette  collection  singuliere  dont  I'inventaire 
de  1416  (ms.  S  G)  donne  la  liste  la  plus  complete.  On  est  surpris  devoir  les 
chanoines,  gardiens  naturels  de  ces  pieux  tresors,  se  preter  avec  complai- 
sance a  ces  fantaisies  princieres. 

(2)  Voyez  a  ce  sujet  I'article  1074  ci-dessus. 


294  JOYAUX  ACHETES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    I  86  V"] 

tabernacle  Monseigneur  achapta  ja  pieca  de  Forest  Corbechi, 
marchant  de  Florance,  demorant  a  Paris,  pour  le  pris  et  somme 
de  troys  mille  escuz,  et  nagueres  Monseigneur  a  recouvre  ycellui 
tabernacle  de  sire  Mace  Heron,  son  tresorier  general,  auquel  il 
Favoit  fait  bailler  par  ledit  Robinet  pour  engaiger  pour  la  ran- 
(;on  de  monseigneur  de  la  Marche  (i). 

Idem  dominus  Dux,  per  suas  patentes  litteras  datas  xvi*  die  januarii  M 
CCCC  XIIII,  hie  redditas,  confitetur  cepisse  et  a  dicto  Robineto  habuisse  is- 
tud  tabernaculum  et  ilium  dedisse  domino  Acquittanie,  que  quidem  littere 
servient  inferius  pro  aliis  partibus.  Quare  idem  Robinetus  acquitattur  hie  de 
eodem. 

1 1 13.  Item,  ung  tres  beaulx  tableaux  d'or  en  fa9on  d'un  livre, 
esquelx  par  dedans  sont  I'Annunciacion,  le  Crucifiement,  I'Apa- 
ricion  et  la  Resurection  de  haulte  taille,  et  entour  a  escrinez  ou 
il  a  pluseurs  reliques  que  Monseigneur  y  a  fait  mectre,  et  sont 
lesdiz  tableaux  garniz  de  xxii  balaiz  et  iin^^  huit  perles,  et  de 
chascun  couste  par  dehors  a  cinq  gros  boillons  d'or;  lesquelx  ta- 
bleaux Monseigneur  achapta  ja  piega  de  Bureau  Dampmartin, 
bourgois  de  Paris,  pour  le  pris  et  somme  de  six  mille  escuz; 
lesquelx  tableaux  mondit  Seigneur  a  recouvrez  de  sire  Mace  He- 
ron, son  tresorier  general,  auquel  il  les  avoit  semblablement  fait 
bailler  pour  iceulx  engaiger  pour  la  ran9on  de  monseigneur  de 

la  Marche  (2). 

Dicti  tabuli  redditi  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus. 
Et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  eisdem. 

[S  G,  n°  770;  prise  iii"  in"^  lxxv  liv.  t.J 


(i)  Bernard  d'Armagnac,  comte  de  Pardiac  et  de  la  Marche,  vicomte  de 
Carlat  et  de  Murat,  deuxieme  fils  du  connetable  Bernard  d'Armagnac  et  de 
Bonne  de  Berry,  et,  par  consequent,  petit-fils  du  due  Jean,  ce  qui  explique  les 
emprunts  faits  par  le  due  de  Berri  pour  payer  sa  ranfon.  II  epousa  Eleonore 
de  Bourbon  et  mourut  vers  1462.  Son  fils,  Jacques  d'Armagnac,  due  de  Ne- 
mours et  comte  de  la  Marche,  fut  un  des  bibliophiles  les  plus  distingues  de 
son  temps  (Voy.  Delisle  :  Cabinet  des  manuscrits,  I,  86.)  Sa  fin  tragique 
(1477),  suivie  de  confiscation,  rendit  le  roi  Louis  XI  proprietaire  de  ses  li- 
vres  et  de  ses  autres  biens.  (Voy.  ci-dessus  I'article  1  075.) 

(2)  Voyez  ci-dessus  I'article  107 1. 


IMAGES   ACHETEES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    1 87  V°]  agS 


YMAIGES,    TANT    D  OR    ET    D  ARGENT    COMME    AUTREMENT,  ACHAPTEZ    ET 
RECOUVREZ    PAR    MONDIT    SEIGNEUR 

1 1 14.  Item,  ung  ymaige  d'or  (i)  de  saint  Michiel  qui  tient  ung 
serpent  soubz  lui,  seant  sur  ung  petit  entablement  et  une  terrace 
d'or,  esmaillez  de  vert ;  et  en  sa  targe  a  ung  grant  saphir  carre,  ba- 
laisseaux  et  huit  perles;  et  en  la  croix  qui  tient  en  sa  main  a  ung 
diament  poinctu,  quatre  perles  de  compte  et  quatre  autres  bien 
petites;  et  en  son  chappel  ung  ruby,  et  au  bout  de  son  espee  une 
perle;  et  entour  I'entablement  a  dix  balaisseaux,  dix  saphirs  et 
soixante  dix  huit  perles  de  compte;  et  par  dessus  ladicte  terrace  a 
petis  arbresseaulx  sans  perrerie ;  poisant  tout  ensemble  cinq  mars 
cinq  onces  cinq  estellins.  Lequel  ymage,  tout  ainsi  garny  comma 
dit  est,  Monseigneur  a  recouvre  de  sire  Mace  Heron,  son  treso- 
rier,  auquel  il  I'avoit  bailie. 

1 11 5.  Item,  ung  grant  ymage  d'or  de  Nostra  Seigneur,  pesant 
xxiiii  marcs  xii  esterlins  obole  d'or,  garny  en  la  poictrine  d'un 
fermail  d'or  en  fagon  d'un  lis,  garny  d'un  gros  saphir  cabochon 
que  donna  le  feu  vidame  de  Laonnois,  in  balaiz,  vi  grosses  per- 
les; et  ledit  ymage  garny  d'un  diademe  garny  de  in  balaiz  iiii  sa- 
phirs et  xviii  perles;  et  tient  ledit  ymage  en  sa  main  une  petite 
croix  d'or  garnie  de  xliiii  rubiz  et  xxiiii  diamens  poinctuz;  la- 
quelle  pierrerie,  sans  lesdiz  gros  saphir  et  croix  aux  rubiz  et 
diamens,  est  de  la  plus  grosse  pierrerie  d'un  grant  tabernacle  d'or 
que  Monseigneur  a  recouvre  de  Bureau  Dampmartin,  plus  a 
plain  declaire  en  la...  partie  du...  fueillet  du  compte  precedent. 

[S  G,  n°  1 325  :  et  est  prisee  toute  la  pierrerie  dudit  ymage  11"°  1111°  trans.  — 
Item  est  prise  I'or  dudit  ymage  xv'  iiii"  x  frans,  et  le  pie  d'argent  oil  siet  ledit 
ymage  est  prise  ci  frans;  par  ainsi  monte  tout  ledit  ymage  mi"  cxl  frans.] 

1 1 16.  Item,  ung  autre  grant  ymage  d'or  de  Nostre  Dame  et 
son  enifant,  garny  ledit  image  en  la  poictrine  d'un  gros  balay; 


(i)  Note  en  marge:  «  Raie  pour  ce  qu'il  est  escript  ou  compte  precedant. » 
Get  article  est  en  effet  biffe.  On  le  trouve  plus  haut  sous  le  no  90. 


296  IMAGES   ACHETEES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    187    \°] 

et  tient  ledit  ymage  un  reliquiere  garny  de  xxiiii  petites  perles 

et  V  grosses  perles,   un  gros  saphir,  vi  rubiz,  vi  diamens  et  de 

VI  pieces  de  cristal ;  ouquel  reliquiere  souloit  avoir  une  des  dens 

de  I'enffance  Nostre  Dame;  et  sur  la  teste  dudit  ymage  a  une 

coronne  d'or  garnie  de  x  balaiz,  vi  saphirs,  xlix  perles;  et  le  dia- 

deme  dudit  ymage  garny  de  iii  saphirs,  iiii  balaiz  et  xviii  perles; 

et  le  diademe  de  I'enffant  garny  de  in  balaiz  et  xii  perles;  la- 

quelle  pierrerie,  sans  lesdiz  gros  balay  et  reliquiere,  est  dudit 

grant  joyau  declare  en  la dudit  fueillet;  et  poise  ledit  ymage 

ainsi  garny  xxiii  marcs  ii  onces  xvii  esterlins. 

Iste  due  partes  [i  i  i5-i  1 16]  reddite  fuerunt  Parisius  executoribus  per  dic- 
tum Robinetum.  Et  ideo  de  eisdem  acquittatur. 

[Cf.  B,  n°  3.  —  S  G,  n°  i326  :  ledit  ymage  garni  comme  dessus,  sanz  le 
reliquiaire,  vault  et  est  prise,  comprins  le  pie  quiestd'argent,iiii"vii''iiiifrahs; 
et  ledit  reliquiaire,  garni  comme  dessus,  est  prise  nn°  l  frans.] 


YMAIGES,     TANT    D  OR     ET     D  ARGENT    COMME     AUTREMENT,     DONNEZ 
A    MONDIT  SEIGNEUR 

[Neant.] 

CALICES,   POURTEPAIX    ET    BURETTES,    TANT    d'oR    ET    d'aRGENT    COMME 
AUTREMENT,    ACHAPTEZ    PAR    MONDIT    SEIGNEUR 

[Neant.] 

CALICES,    POURTEPAIX    ET    BURETTES,    TANT     d'oR     ET     d'aRGENT     QUE 
AUTREMENT,  DONNEZ    A    MONDIT    SEIGNEUR 

1 1 17.  Item,  ung  pourtepaix  d'or,  ouquel  a  ou  millieu  ung 
saint  Christofle  enleve,  garny  entour  de  six  balaisseaux  et  de 
quatourze  perles,  scant  sur  troys  ours  d'or;  lequel  pourtepaix, 
ainsi  fait  et  garny  comme  dit  est,  monseigneur  le  conte  de  Ven- 
dosme  donna  a  Monseigneur  aux  estrainnes,  le  premier  jour  de 
Janvier  I'an  mil  quatre  cens  et  treize. 

Dictus  dominus  Dux,  per  suas  patcntes  litteras  datas  v  die  septembris 
M  CCCC  XIIII,  hie  redditas,  contitetur  cepisse  et  a  dicto  Robineto  recepissc 


CALICES,    ETC.,    DONNES   A    MONSEIGNEUR    [fol.    I  88    V°]  297 

istam  pacem  et  earn  dedisse  sacre  capellc  palacii  sui  Bitturicensis.  Et  idco 
acquittatur  idem  Robinetus  de  eadem;  que  quidem  littcre  servient  inferius 
pro  aliis  partibus. 

1 1 18.  Item,  ung  pourtepaix  d'ivoyre,  quarre,  dedans  lequel 
a  ung  Crucifiement,  Nostre  Dame,  saint  Jehanet  pluseurs  autres 
ymaiges  entour,  faiz  d'or;  lequel  pourtepaix  maistre  Pierre  de 
Gines  donna  a  mondit  Seigneur  ausdictes  estrainnes  mil  quatre 
cens  et  treize. 

Ista  pars  reddita  fuit  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum.  Et 
sic  de  eadem  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 

[S  G,  n°  714;  prise  xxx  liv.  t.] 

iiig.  Item,  ung  pourtepaix  d'or  ou  il  a  une  Pitie,  et  devant 
ung  cristal,  et  aux  quatre  boutz  les  quatre  euvangelistes,  et  au- 
dessus  une  petite  croix  d'or  garnie  ou  millieu  d'un  camahieu  et 
dessus  d'un  saphir  et  huit  perles  aux  coustez;  lequel  pourtepaix 
monseigneur  de  Vendosme,  grant  maistre  d'ostel  du  Roy,  donna 
a  mondit  Seigneur  aux  estrainnes,  le  premier  jour  de  Janvier  I'an 
mil  quatre  cens  et  quatourze. 

Idem  dominus  Dux,  per  suas  patentes  litteras  datas  xvi*  die  januarii 
M  CCCC  XIIII,  superius  redditas,  fatetur  cepisse  et  a  dicto  Robineto  habuisse 
istam  partem  cum  11''""  aliis  partibus  immediate  sequentibus  in  altera  pa- 
gina  [1119-1121],  et  eas  dedisse  sacre  capelle  sui  palacii  Bitturicensis.  Et 
ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus  de  eisdem. 

1 120.  Item,  ung  calice  d'or  et  d'esmaulx  de  pelite,  lequel  I'ar- 
cevesque  de  Bourges  (i)  donna  a  mondit  Seigneur  ausdictes  es- 
trainnes mil  1111*=  et  XIIII. 

1 121.  Item,  ung  calice  d'or,  de  haulte  taille,  lequel  I'evesque 
de  Chartres  donna  a  mondit  Seigneur  ausdictes  estrainnes  mil 
quatre  cens  et  quatourze. 


(i)  Guillaume  de  Boisratier,  archeveque  de  Bourges  de  1409  au  19  juil- 
let  142 1  et  chancelier  du  due  de  Berry,  etait  en  grande  faveur  a  la  cour  de 
Bourges.  II  remplit  plusieurs  missions  de  confiance,  tant  aupres  du  due  de 
Bourgogne  qu'aupres  du  roi  de  France  (Voy.  Chronique  du  Religieux  de 
Saint-Denis,  IV,  349,  SSy,  685.)  II  recevait  du  Due  8  frans  de  gages  par  jour, 
outre  une  pension  annuelle  de  1000  livres  (Arch.  Nat.,  KK  25o,  fol.  i3) 
et  de  frequents  cadeaux  :  un  jour,  six  aunes  et  demie  de  satin  alexandrin 
pour  doubler  sa  chasuble  (Ibid.,  fol.  48);  un  autre,  du.  velours  noir  ou  du 
velours  a  long  poil  pour  chapeaux,  ou  encore  du  satin  cramoisi  pour  chasu- 
ble {Ibid.,  fol.  5o).  Et  tout  cela  dans  I'espace  de  quelques  mois. 


298  CALICES,   ETC.,   DONNES   A    MONSEIGNEUR  [fol.    1 89] 

1 122.   Item,  ung  pourtepaix  d'or,  de  demi  pie  de  hault  et  de 

plaine  paulme  de  large,   en  laquelle  a  par  dedans  une  Veroni- 

que  esmaillee  de  blanc,   et  entour  pluseurs  anges  esmaillez  de 

pluseurs  couleurs,  garnie  entour  de  troys  balaiz,  quatre  saphirs 

et  seize  perles,  ouvre  entour  a  ouvraige  de  Venise,  ou  il  a  de  pe- 

tis  saphirs  du  Puy  et  grans  d'esmeraude ;  et  au  dessoubz  a  escript : 

Pax  vobis;  lequel  pourtepaix  reverends  peres  en  Dieu  I'arce- 

vesque  de  Bourges  et  I'evesque  de  Clarmont  (i)  ont  donne  a 

Monseigneur  aux   estrainnes,  le  premier  jour  de   Janvier   Tan 

mil  quatre  cens  et  quinze. 

Reddita  tuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et  ideo  acquit- 
tatur  hie. 

[S  G,  11°  715  :  prise  iii"  liv.  t.] 


CHANDELIERS,     BENOISTIERS     ET     AULTIERS    PORTATIFS,    TANT     D  OR    ET 
d'aRGENT    COMME    AUTREMENT,    ACHAPTEZ    PAR    MONDIT    SEIGNEUR 

[Neant.] 

CHANDELIERS     BENOISTIERS    ET    AULTIERS     PORTATIFS,    TANT     d'oR     ET 
d'aRGENT     COMME    AUTREMENT,    DONNEZ    A    MONDIT    SEIGNEUR 

[Neant.] 

RELIQUES  SAINCTES  DONNEES  A   MONDIT    SEIGNEUR 

[Neant.] 

JOYAULX     POUR    LE    CORPS    DE    MONSEIGNEUR. 

[Neant.] 

COLLIERS,    ESCHARPES    ET    CEINCTURES,    TANT    d'oR    ET   d'aRGENT    QUE 
AUTREMENT,  ACHAPTEZ  PAR  MONDIT  SEIGNEUR 

1 1 23.  Item,  ung  collier  fait  de  lil  d'or  en  maniere  d'un  tixu, 
seme  de  petis  ours  esmaillez  de  blanc,  pesant  ung  marc  et  demi 
d'or  ou  environ,  lequel  or  maistre  Mace  Heron,  tresorier  general 


(i)  Martin  Gouge,  de  Charpaignes,  dont  11  est  souvent  question  ci-dcssus. 
(Voyez  les  notes  des  articles  997  et  1002.) 


COLLIERS,    ETC.,    ACHETES    PAR    MONSEIGNEUR   [fol.    I QO  vo]     299 

de  mondit  Seigneur,  a  bailie  a  Harmant  Rince.  orfevre  de  mon- 

dit  Seigneur,  pour  faire  ycellui  collier. 

Idem  dominus  Dux,  per  suas  patentes  litteras  datas  n"  aprilis  M  CCCC  XV 
ante  Paschas,  superius  redditas,  confitetur  cepisse  et  a  dicto  Robineto  ha- 
buisse  dictum  collier  et  dedisse  regi  Romanorum,  cognato  suo.  Et  ideo  ac- 
quittatur  hie  idem  Robinetus  de  eodem. 


COLLIERS,    ESCHARPES    ET    CEINCTURES,    TANT    D  OR    ET    D  ARGENT    QUE 
AUTREMENT,    DONNEZ    A    MONDIT    SEIGNEUR 

[Neant.] 

FERMAILLEZ,   TANT  d'oR  ET  DE    PIERRERIE    QUE  AUTREMENT,    ACHAPTEZ 
ET    RECOUVREZ    PAR    MONDIT    SEIGNEUR 

1 1 24.  Item,  ung  fermaillet  d'or  ouquel  a  une  estoille  de  saphir, 

six  rubiz  telzquelz,  six  diamens  poinctus  et  trente  perles;  lequel 

est  d'un  ymage  d'or  de  Nostre  Dame  que  Monseigneur  fist  pieca 

despecer,  et  a  este  recouvre  de  Jehan  Broquiers,  auquel  mondit 

Seigneur  I'avoit  bailie  en  gaige. 

Raid  pour  ce  qu'il  est  escript  ou  compte  precedent.  (Get  article  est  en  effet 
biffe.) 


FERMAILLEZ,    TANT    D  OR    ET    DE    PIERRERIE    QUE    AUTREMENT,    DONNEZ 
A    MONDIT    SEIGNEUR 

[Neant.] 

BULETES  ,    PETIS    RELIQUIERES    ET    PATERNOSTRES  ,    TANT    d'oR    ET    DE 
PIERRERIE  QUE  AUTREMENT,  ACHAPTEZ   PAR    MONDIT    SEIGNEUR 

[Neant.] 

BULETES,    PETIS    RELIQUIERES    ET    PATERNOSTRES,    TANT     d'oR     ET     DE 
PIERRERIE  QUE    AUTREMENT,  DONNEZ  A    MONDIT    SEIGNEUR 

1 125.  Item,  ung  petit  reliquiere  d'or  en  maniere  de  fond  de 
cuve,  ou  millieu  duquel  a  ung  esmail  de  Nostre  Dame  tenant 
son   enffant,  ouvre  alentour  de  menu   ouvraige  de  la  fa^on  de 


300  BULLETTES,  ETC.,    DONNEES   A    MONSEIGNEUR    [fol.    I92J 

Venise;  lequel  reliquiere  Charles,  filz  de  monseigneur  de  Bour- 
bon (i),  donna  a  Monseigneur  aux  estrainnes,  le  premier  jour  de 
Janvier  Fan  mil  qualre  cens  et  treize. 

1 126.  Item,  une  petite  croix  d'or  pour  pandre  a  unes  pater- 
nostres,  ou  millieu  de  laquelle  a  ung  camahieu  taille  en  facon 
d'un  ymaige  de  saincte  Katherine,  et  audessus  a  ung  diament  en 
maniere  d'une  flour,  et  aux  troys  autres  boutz  troys  perles;  et 
est  ouvre  par  darriere  a  menu  ouvraige  de  la  fa^on  de  Venise ; 
laquelle  croix  madame  de  Bourbon  donna  a  mondit  Seigneur 
ausdictes  estrainnes,  I'an  mil  quatre  cens  et  treize. 

Iste  due  partes  [1125-1126]  reddite  et  tradite  fuerunt  Parisius  executori- 
bus  per  dictum  Robinetum.  Quare  de  eisdem  exoneratur  idem  Robinetus. 
[S  G,  no  716;  prise  cxii  liv.  x  sous  t.] 

1 127.  Item,  une  autre  petite  croix  d'or  pour  pendre  a  unes  pa- 
ternostres,  ou  millieu  de  laquelle  a  ung  camahieu  taille  en  ma- 
niere d'une  teste  de  femme,  et  aux  quatre  bouz  de  la  croix  a 
quatre  escu^ons  de  diamens  ;  laquelle  croix  le  sire  d'Alegre  donna 
a  mondit  Seigneur  ausdictes  estrainnes  mil  quatre  cens  et  treize. 

Dicta  crux  reddita  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et 
idee  acquittatur  hie  de  eadem. 
[S  G,  n"  717;  prise  mi"  liv.  t.] 

1 1 28.  Item,  unes  paternostres  d'or,  ouvrees  par  dedans  de  I'An- 
nunciacion  et  pluseurs  autres  ymaiges,  fermans  chascune  a  ung 
crochet  d'or,  enfiUees  en  ung  laz  fait  de  fil  d'argent  trait ;  les- 
quelles  paternostres  monseigneur  le  due  d'lorc  donna  a  mondit 
Seigneur,  le  xnii=  jour  de  septembre  mil  quatre  cens  et  treize. 

Date  fuerunt  per  dominum  Ducem  et  per  suas  litteras,  datas  vii"  die  octo- 
bris  M  CCCC  XIII,  Guillelmo  Lorin,  ejus  varleto  camere;  que  littere  red- 
dite et  retcnte  sunt  hie  et  posite  cum  litteris  inventarii  precedentis.  Et  ideo 
idem  Robinetus  acquittatur  hie. 

1 1 29.  Item,  ung  petit  reliquiere  d'or  roont,  pour  pourter  au 
col,  qui  s'euvre  par  le  millieu,  garny  d'un  des  coustes  d'un  saphir 
en  fagon  d'une  croix,  et  entour  quatre  rubiz  et  quatre  diamens, 


(i)  Charles  de  Bourbon,  comte  de  Clermont,  his  aine  de  Jean,  due  de 
Bourbon  et  de  Marie,  fille  du  due  dc  Berry,  cpousa  xVgnes  de  Bourgognc, 
fille  de  Jean-Sans-Peur.  Fait  prisonnier  a  la  baHaille  d'Azincourt,  il  mourut' 
en  captivite,  le  4  deccmbre  1456. 


BULLETTES,  ETC.,  DONNKRS    A    MONSEIGNEUR    [fol.    1  92    V°]      3o  I 

et  de  I'autre  couste  d'un  camahieu  fait  en  semblance  d'une  da- 
moiselle,  et  entour  quatre  csmeraudes  et  iiii  diamens;  esmaille 
par  dedans,  d'un  couste  de  la  Passion,  et  de  Tautre  cousie  une 
Croix, et  a[ujdessus  dudit  reliquiere  a  une  bonne  perle  roonde,  pen- 
dant a  un  laz  de  tixu  d'or,  que  I'evesque  de  Lodeve  (i)  a  donne  a 
Monseigneur,  lexxv^jour  d'octobre  mil  quatre  cens  et  quatourze. 
Datum  fuit  per  dominum  Ducem  dicto  Guillelmo  Lorin,  ut  apparet  per 
litteras  suas,  datas  vii^  die  decembris  M  CCCC  XIIII,  retentas  et  positas  ut 
supra.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 

I  i3o.  Item,  unes  tres  belles  paternostres  de  corail  vermeil,  es- 
quelles  a  treize  seignaulx  d'or;  lesquelles  paternostres  Robinet 
d'Estampes  a  donnees  a  Monseigneur  aux  estrainnes,  le  premier 
jour  de  Janvier  I'an  mil  quatre  cens  et  quatourze. 

Date  fuerunt  per  dominum  Ducem  domino  comiti  Augi,  proitt  constat  per 
litteras  suas  datas  xvi*  die  januarii  M  CCCC  XIIII,  superius  redditas.  Et 
ideo  idem  Robinetus  acquittatur  de  eisdeni. 

1  i3i.  Item,  une  paternostres  faictes  de  must,  enfillees  en  ung 
laz  fait  de  filet  d'or  et  de  soye  bleue,  garnies  de  troys  boutons 
de  perles;  lesquelles  la  roynne  de  Chippre  (2)  a  donnees  a  Mon- 
seigneur, aux  estrainnes  mil  quatre  cens  et  quinze. 
.  Reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et  ideo  ac- 
quittatur hie  de  eisdem. 

[S  G,  n"  718;  prise  xxx  liv.  t.] 


JOYAULX  ET   AUTRES  CHOSES  DE  DIVERSES  MANIERES  ACHAPTEES  PAR 
MONDIT    SEIGNEUR 

1 1 32.  Item,  ung  cristal  roont  et  creux,  hors  oeuvre,  qui  estoit 
en  ung  grant  joyau  d'or  declare  en  la  premiere  partie  du  v^  fueil- 
let  du  compte  precedant. 

Redditus  fuit  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum.  Et  ideo  ac- 
quittatur hie  idem  Robinetus. 

[S  G,  n°  719  ;  prise  x  liv.  t.] 


(i)  Michel  Leboeuf  eveque  de  Lodeve  de  141 3  a  1480,  avait  ete  un  des 
secretaires  du  due  de  Berry  (Voy.  ci-dessus,  art.  79,  3 18,  etc.). 

(2)  Charlotte  de  Bourbon,  femme  de  Jean  II,  roi  de  Chypre,  de  Jerusalem 
et  d'Armenie  (Voy.  la  note  2  de  la  page  39). 


3o2  JOYAUX    DONNES    A    MONSEIGNEUR    [fol.    ig3    V] 


JOYAULX    ET    AUTRES    CHOSES    DE    DIVERSES   MANIERES    DONNEES    A 
MONDIT    SEIGNEUR 

1 1 33.  Item,  une  pomme  d'or  en  laquelle  il  a  du  must,  qui 

s'euvre  a  quatre  quartiers,  et  ou  millieu  a  un  ymaige  de  Nostra 

Dame  fermant  a  viz,  que  tient  ung  saint  Michiel,  et  par  dessus 

chascun  quartier  a  ung  ymaige  garny  entour  de  perles;  laquelle 

pomme  maistre  Pierre  de  Lesclat  ( i)  a  donnee  a  Monseigneur  aux 

estrainnes,  le   premier  jour  de  Janvier  I'an  mil  quatre  cens  et 

quatourze. 

Datum  fuit  per  dominum  Ducem  filie  domini  ducis  Borbonii  per  litteras 
dicti  Domini,  datas  ii'  die  aprilis  M  CCCG  XV,  redditas  superius.  Et  ideo 
idem  Robinetus  acquittatur  hie. 

1 1 34.  Item,  une  pomme  d'or  qui  s'euvre,  garnie  entour  de 
pierrerie  de  petite  valeur,  c'est  assavoir  :  de  quatre  balaisseaux, 
quatre  saphirs  et  vint  et  quatre  perles ;  laquelle  pomme  madame  de 
Bourbon  a  donnee  a  Monseigneur  ausdictes  estrainnes. 

Datum  fuit  per  dictum  dominum  Ducem  uxori  dicti  Robineti  de  Stampis, 
prout  constat  per  litteras  datas  xv°  die  maii  M  CCCG  XVI,  hie  redditas.  El 
ideo  quittus  [sit]  hie  idem  Robinetus. 

1 1 35.  Item,  une  pomme  d'or  faicte  de  haulte  taille  en  mani^re 
de  morisque  (2),  pendant  a  ung  petit  annelet  d'or,  et  dessoubz  a- 
ung  escu  fait  aux  armes  de  Monseigneur;  laquelle  madamoiselle 
de  Nevers  (3)  a  donnee  a  mondit  Seigneur,  ausdictes  estrainnes 
quatre  cens  et  quatourze. 

(i)  Pierre  de  I'Esclat,  maitre  des  requetes  de  I'hotel  depuis  iSgy,  un  des 
principaux  conseillers  de  la  reine  et  du  due  de  Berry,  fut  emprisonne  avec 
I'eveque  de  Chartres  et  d'autres  personnages,  lors  de  I'arrestation  de  Jean  de 
Montaigu  [Chronique  du  Religieiix  de  Saint-Denis,  t.  IV,  p.  273).  II  se  racheta 
cette  fois  a  prix  d'argent;  mais,  arrete  de  nouveau  lors  de  la  revolution  bour- 
guignonne,  il  fut  mis  a  mort  le  12  juin  1418  (Tuetey,  Journal  dun  bourgeois 
de  Paris,  p.  94).  Charles  VI  fit  don  a  Jean  Sac,  son  conseiller,  de  la  maison 
que  feu  Pierre  de  I'Esclat  possedait  rue  Jean-Pain-Mollet,  en  paiement  de 
la  somme  lui  restant  due  par  les  heritiers  de  celui-ci  (Longnon,  Paris  pen- 
dant la  domination  anglaise,  p.  61). 

(2)  D'apres  M.  de  Laborde,  les  dessins  a  la  morisque  seraient  les  orne- 
ments  nommes  arabesques. 

(3)  Bonne  d'Artois,  tille  de  Philippe,  comte  d'Eu,  avait  epouse,  le  20  juin 


JOYAUX   DONNKS   A    MONSEIGNEUR   [fol.     1 94]  3o3 

Redditum  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  exccutoribus.  Et  sit  quittus 
hie  idem  Robinetus. 

[S  G,  n°  720;  prise  xxxv  liv.  t.] 

1 1 36.  Item,  une  gibeciere  faicte  de  til  d'or,  garnie  entour  d'un 

balaisseau  et   six  perles,  et  dessus  le  couvercle  ung  balaisseau 

et  six  perles;  laquelle  monseigneur  de  Pontieu  (i)  a  doniiee  a 

Monseigneur  aux  estraiiines,  le  premier  jour  de  Janvier  mil  quatre 

cens  et  quinze. 

Data  fuit  per  dictum  dominum  Ducem  regi  Ciprie,  prout  constat  per 
litteras  dicti  domini  Ducis,  datas  viii'  die  januarii  M  CCCG  XV,  hie  retentas. 
Et  ideo  acquittatur  idem  Robinetus. 

1 137.  Item,  une  pomme  faicte  de  must,  garnie  d'or,  pendant  a 
ung  laz,  et  au  bout  ung  bouton  de  perles;  laquelle  pomme  la 
royne  de  Chippre  a  donnee  a  Monseigneur  ausdictes  estrainnes 
quatre  cens  et  quinze. 

Redditum    fuit   Parisius  executoribus   per  dictum  Robinetum.    Et    ideo 
exoneratur  hie  de  eodem. 
[S  G,  n°  721  ;  prise  xxx  liv.  t.] 

1 1 38.  Item,  une  corne  d'une  unicorne,  toute  entiere,  laquelle 
maistre  Mace  Heron,  tresorier  de  Monseigneur,  lui  donna  aus- 
dictes estrainnes  quatre  cens  et  quinze. 

[S  G,  n"  722  ;  lion  prisee.] 

1 1 39.  Item,  une  corne  d'une  unicorne,  toute  entiere,  dedans 
ung  forreau  de  cuir  rouge,  que  pape  Jehan  (2),  envoya  en  don  a 
Monseigneur  en  son  chastel  deDourdan(3),  ou  moys  d'avril  I'an 
mil  quatre  cens  et  quinze. 


141 3,  Philippe,  troisieme  fils  de  Philippe  le  Hardi,  ne  en  iSSg,  a  qui  Jean 
sans  Peur  avait  cede  le  comte  de  Nevers  quand  lui-meme  devint  due  de 
Bourgogne.  Bonne  mourut  en  1425.  Apres  la  mort  de  son  premier  man, 
tue  a  Azincourt,  elle  epousa  Philippe  le  Bon,  son  neveu. 

(i)  Charles,  comte  de  Ponthieu,  cinquieme  fils  de  Gharles  VI,  plus  tard 
roi  sous  le  nom  de  Charles  VII.  II  porta  le  titre  de  comte  de  Ponthieu  jusqu'a 
la  mort  de  son  frere  Jean,  deeede  sans  posterite  en  1416.  II  devint  alors 
dauphin  et  refut  le  duche  de  Touraine  apres  la  mort  du  due  de  Berri. 

(2)  L'inventaire  S  G  dit :  «  Que  feu  pape  Jean  XXIII  donna  a  Monseigneur, 
et  envoya  en  son  chastel  de  Dourdan  ou  moys  etc...  » 

(3)  Sur  le  chateau  de  Dourdan,  voyez  la  Chroniqiie  a'line  ancienne  ville 
royale,  Dourdan,  capitale  du  Hurepoix,  par  M.  Joseph  Guyot  (Paris,  Aubry, 
1869,  in-S").  Le  due  de  Berry,  devenu  proprietaire  de  Dourdan  par  suite  de 
la  cession  de  Louis,  comte  d'Etampes  ct  de  Dourdan,  s'empressa  d'en  trans- 


3o4  JOYAUX    DONNES    A    MONSEIGNEUR    [fol.     1 94   V] 

Iste  due  partes  accolate  (ii38-ii3())    redditc  fuerunl  Parisius  per  dictum 
Robinetum  executoribus.  Et  ideo  acquittatur  hie  de  eisdem. 

[S  G,  n"  52  5;  iion  prisee.] 

1 140.  Item,  ung  grant  ancrier  d'argent  blanc,  ouvrt-  par  dessus 
et  alentour  le  pid  aux  armes  de  Monseigneur,  seant  sur  plu- 
seurs  ours;  lequel  ancrier  fut  donne  a  mondit  Seigneur  par  ses 
secretaires,  aux  estrainnes,  le  premier  jour  de  Janvier  I'an  mil 
quatre  cens  et  quatourze. 

Redditus  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum,  ut  supra. 

[S  G,  n°  723;  prise  lxxii  liv.  t.] 


PIERRERIE,   TANT  DES  JOYAULX  ET   VAISSELLE    DESPECIEZ   CONTENUZ  ES 
COMPTES    PRECEDENS    ET    EN    CESTUI    PRESENT,   COMME    AUTREMENT 

RUBIZ 

1 141.  Item,  trois  petis  rubiz  qui  sont  d'un  grant  joyau  d'or 
declare  en  la  premiere  partie  du  cinquieme  fueillet  du  compte 
precedant  (i). 

Redditi  fuerunt  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum,  ut  supra. 

[S  G,  n°  724;  prise  xx  liv.  t.] 


RUBIZ   ACHAPTEZ  PAR  MONDIT   SEIGNEUR 

1 142.  Item,  deux  petis  rubiz  longuez,  assis  en  deux  anneaulx 
d'or,  lesquielx  Monseigneur  achapta  a  Paris,  en  son  hostel  de 
Neelle  (2),  le  xvii=  jour  de  mars  I'an  mil  quatre  cens  et  douze,  de 

ferer  la  nu-propriete  a  Philippe  le  Hardi,  en  1887.  Ce  n'est  qu'apres  cette 
vente  qu'il  entra  en  jouissance  de  ce  domaine,  lors  de  la  mort  du  comte 
d'Etampes  qui  s'eteignit  de  vieillesse,  le6  mai  1400,  a  I'hotel  de  Nesle,  chez 
le  due  de  Berri  lui-meme.  C'est  le  due  Jean  qui  fit  construire  les  fortifica- 
tions de  la  ville.  II  entretint  le  chateau  bati  vers  1222,  y  ajouta  un  jardin  ct 
I'habita  jusqu'a  sa  mort. 

(i)  Au  5°  feuillet  du  compte  de  1414  se  trouve  decrit  le  joyau  d'or  portant 
ci-dessus  le  n°  14.  Le  5°  feuillet  du  present  compte  est  occupe  par  Tarticle 
II II,  relatif  au  joyau  dit  du  mont  de  Calvaire. 

(2)  L'hotel  de  Nesle  etait  la  demeure  habituelle  du  due  de  Berry  quand  il 
residait  a  Paris.  C'est  la  qu'il  traitait  le  due  de  Bourgogne  et  les  autres  per- 
sonnages  dc  la  cour. 


JOYAUX   DONNES   A   MONSEIGNEUR    [fol.    IqS]  3o5 

Loys  Gradcnigo,  marchant  de  Vcnise  demorant  a  Paris,  touz 

deux  ensemble  pour  le  pris  et  somme  de  six  cens  trcnie  huit 

escuz. 

Dati  fuerunt  per  dictum  dominum  Ducem,  videlicet  unus  domine  ducisse 
de  Queries  per  litteras  dicti  domini  Ducis,  datas  viiMie  octohris  M  CCCC  XII  I, 
et  alter  Stephano  de  Montigny  per  litteras  dicti  domini  Ducis,  datas  x"  die 
septembris  M  CCCC  XV,  hie  redditas.  Et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  hie. 

1 143.  Item,  ung  tres  bon  ruby  plat  sur  le  longuet,  assis  en  ung 
annel  d'or,  que  Monseigneur  achapta  de  Pietre  Fatinant  (i),  le 
quatriesme  jour  de  juing  Fan  mil  quatre  cens  et  treize,  pour  le 

pris  et  somme  de  quatre  mille  escuz. 

Redditus  fuit  executoribus  Parisius  per  dictum  Robinetum.  Et  ideo  exo- 
neratur  hie  de  eodem. 

[S  G,  n°  iiyS;  prise  11'"  11'=  l  liv.  t.] 

1 144.  Item,  ung  ruby  a  creste,  assis  en  ung  annel  d'or,  que 
Monseigneur  achapta,  en  aoust  mil  quatre  cens  et  quatourze,  de 
Francequin  Palingre,  pourle  pris  et  somme  de  soixante  escuzd'or. 

Datus  fuit  per  dictum  dominum  Ducem  Stephano  de  Montigny,  prout 
constat  per  litteras  dicti  domini  Ducis  datas  vii''  die  julii  M  CCCC  XV,  hie 
retentas.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 

1 145.  Item,  ung  ruby  longuet,  assis  en  ung  annel  d'or,  que 

Monseigneur  achapta,  le  xxvnie  Jour  de  juillet  I'an  mil  IIII'^  et 

XIIII,de  Pierre  Fatinant,  pour  le  pris  et  somme  [de]  treize  cens 

cinquante  livres  tournois. 

Datus  fuit  similiter  per  dominum  Ducem  domino  comiti  Augi  per  litteras 
dicti  Domini,  datas  vii'^  die  julii  M  CCCC  XV,  hie  retentas.  Et  quittatur  hie 
idem  Robinetus  de  eodem. 

1 146.  Item,  ung  ruby  pesant  ung  carat  et  un  quart,  en  fa^on 
d'un  oeil,  assis  en  ung  annel  d'or,  lequel  Monseigneur  achapta 
de  Pierre  Fatinant  et  Barthelemy  Sac  de  Gennes,  demorans  a 


(i)  Pierre  Fatinant,  marchand  genois  installe  a  Paris,  parait  souvent 
sur  les  comptes  royaux  de  I'epoque.  En  141 1,  il  donne  quittance,  comme 
executeur  testamentaire  de  Nicolas  Picasse,  avec  Barthelemy  Sac,  de  la 
somme  de  140  livres,  payee  pour  des  joyaux  et  diamants  remis  a  la  reine 
Isabeau  (Arch.  Nat.,  KK  48,  fol.  43  r°.).  Nous  le  retrouvons,  en  1422,  a  cote 
de  Jean  et  Barthelemi  Sac  et  de  Barthelemi  Rast,  dans  I'acte  de  donation  de 
la  maison  de  feu  Pierre  de  I'Esclat  en  faveur  de  Jean  Sac  (Voy.  ci-dessus  la 
note  de  I'art.  11 33).  Pierre  Fatinant  avait  un  frere,  nomme  Gabriel,  qui 
fournit  a  la  reine  Isabeau,  en  novembre  1397,  des  garnitures  de  hanaps  de 
madre,  avec  etuis  de  cuir,  etc.  (Arch.  Nat.,  KK  41,  fol.  i36  v°.) 


3o6  JOYAUX   DONNES   A    MONSEIGNEUR    [fol.    igS   V°] 

Paris,  le  derrenier  jour  d'aoust  Tan  mil  IIII^  et  XV,  pour  lepris 
et  somme  de  quatre  cens  escuz. 

Datus  fuit  per  dictum  dominum  Ducem  Stephano  de  Montigny  per  litl-ras 
dicti  domini  Ducis,  datas  viii"  die  januarii  M  CCGC  XV,  superius  redditas. 
Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus  de  eodem. 

1147.  Item,  ung  tres  bon  ruby,  appelle  le  Riibjy  de  la poule, 
que  Monseigneur  achaptades  heritiers  de  feu  messire  Guillaume 
de  Lodde,  pour  le  pris  et  somme  de  sept  cens  frans. 

Redditus  fuit  cxecutoribus  per  dictum  Robinetum  Parisius.  Et  ideo  de 
eodem  acquittatur  hie. 

[S  G,  n°  725;  prise  xi"^  xxv  liv.  t.] 


RUBIZ    DONNEZ    A    MONDIT   SEIGNEUR 

1 148.  Item,  un  gros  ruby,  lequel  Monseigneur  appelle  le  Roy 
des  rubi'{^  assis  en  ung  annel  d'or,  que  monseigneur  de  Bour- 
goigne  donna  a  Monseigneur  ou  moys  de  juilletl'an  mil  IIII^  et 
XIII ;  et  fut  de  Loys  Gradenigo,  marchant  de  Venise. 

Redditus  fuit  dicto  Ludovico,  de  ordinacione  dicti  domini  Ducis,  et  per 
ejus  litteras,  datas  vii»  die  junii  M  CCGC  XVI,  unacum  litteris  executorum 
ejusdem  Domini,  dicte  littere  alligate,  et  litteras  recognitorias  dicti  Ludovici, 
totum  hie  retentum.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 

1 149.  Item,  ung  annel  d'or  ou  il  a  ung  ruby  de  foible  couleur 
et  une  esmeraude,  lequel  monseigneur  le  conte  de  Vertus  (i) 
donnaamondit  Seigneur  auxestrainnes,  le  premier  jour  de  Jan- 
vier I'an  mil  IlllcetXIII. 

Datus  fuit  magistro  Jacobo  Carite  (2)  per  dictum  dominum  Ducem,  prout 
constat  per  litteras  dicti  Domini,  datas  xxviii^  die  januarii  M  CCGC  XIII, 
hie  retentas.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 


(i)  Philippe,  eomte  de  Vertus,  troisieme  fils  de  Louis  d'Orleans,  assas- 
sine  en  1407,  et  frere  de  Gharles,  due  d'Orleans,  et  de  Jean,  due  d'Angou- 
leme.  Ne  en  juillet  iSgG,  Philippe  mourut  en  1420.  II  avait  ete  fiance  a  la 
fille  de  Jean  sans  Peur;  mais  il  ne  fut  pas  donne  suite  a  ce  projet  de 
mariage.  M.  Tuetey  a  signale,  dans  la  notice  preliminaire  de  son  Recueil 
de  Testaments,  le  compte  de  I'execution  testamentaire  du  eomte  de  Vertus, 
date  de  1421  (Arch.  Nat.,  KK  348.). 

(2)  Jacques  Garite  etait  un  des  chapelains  du  Due.  II  figure  sur  les  listes 
de  serviteurs  dressees  apres  sa  mort  (Voy.  Invent.  S  G,  fol.  190).  II  s'appe- 
lait  Jean-Jacques  Garite,  commc  le  prouve  la  note  de  I'article  445  ei-dcssus. 


RUBIS    DONNES    A    MONSEIGNEUR    [fol.    1 96]  Boj 

I  i5o.  Item,  ung  ruby  en  maniere  d'un  escui^on,  assis  en  ung 
annel  d'or,  que  Guillaume  de  Lodde  donna  a  mondit  Seigneur 
ausdictes  estrainnes  mil  quatre  cens  et  treize. 

Datus  fuit  domino  comiti  Augi  per  litteras  dicti  domini  Ducis,  datas  vii" 
die  decembris  M  CCCC  XIIII,  superius  redditas.  Et  ideo  acquittatur  idem 
Robinetus. 

ii5i.  Item,  ung  petit  ruby  plat  et  room,  assis  en  un  annel 
d'or,  lequel  monseigneur  d'Orleans  (i)  a  donne  a  Monseigneur 
aux  estrainnes,  le  premier  jour  de  Janvier  Fan  mil  quatre  cens  et 
quatourze. 

Redditus  fuit  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum.  Et  ideo  acquit- 
tatur hie  de  eodem  idem  Robinetus. 
[S  G,  n°  726;  prise  xl  liv.  t.] 

1 1 52.  Item,  ung  tres  bon  ruby  longuet  sur  le  cabochon,  ap- 
pelle  le  Ruby  de  Giiienne ;  lequel  ruby  mondit  seigneur  de 
Guienne  envoia  en  don  a  Monseigneur,  le  xviii^  jour  de  may, 
par  monseigneur  de  Chartres,  son  chancellier. 

Redditus  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum,  ut  supra. 

[S  G,  n°  1 1 74;  prise  11"  11°  l  liv.  t.] 

I I  53.  Item,  ung  ruby  plat  et  quarre,  assis  en  ung  annel  d'or, 
que  Jehan  de  la  Barre  donna  a  Monseigneur  aux  estrainnes,  le 
premier  jour  de  Janvier  Tan  mil  quatre  cens  et  quatourze. 

Datus  fuit  per  dictum  dominum  Ducem  domino  episcopo  Claromontensi, 
prout  constat  per  litteras  dicti  domini  Ducis,  datas  vii"  die  marcii  M  CCCC 
XV,  hie  retentas  et  redditas.  Et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

1 154.  Item,  ung  petit  ruby  assis  en  ung  annel  d'or,  que  The- 
venin  de  Montigny  (2)  a  donne  a  mondit  Seigneur. 
[S  G,  n°  1 175;  prise  cxii  liv.  x  sous  t.] 

1 1  5  5 .  Item,  ung  ruby  cabochon,  assis  en  ung  annel  d'or,  que  le 


(i)  Charles,  fils  aine  de  Louis  d'Orleans  et  de  Valentine  de  Milan,  ne  a 
Paris,  le  26  mai  i3gi,  mort  le  4  Janvier  1465. 

(2)  Thevenin  de  Montigni,  valet  de  chambre  du  Due  (Voy.  ci-dessus 
n°355),  est  qualifie  grand  clerc  et  docteur  dans  une  decision  rapportee  par 
Nicolas  de  Baye  (Tuetey,  Journal  de  N.  de  Baye,  t.  I,  p.  247).  En  1409,  son 
nom  est  cite  dans  un  conflit  survenu  entre  deux  archeveques  de  Toulouse. 
II  avail  ete  envoye  en  Languedoc  en  qualite  de  reformateur  par  le  roi  et  le 
due  de  Berry  (Douet  d'Arcq,  Choix  de  pUces  ine'dites,  t.  II,  p.  6-7). 


3o8  RUBIS    DONNES   A    MONSEIGNEUR    fol.    1 96    V] 

conte  de  Tripoli  (i)  donna  a  Monseigneur  a  Paris,  en  son  hostel 
de  Neelle,  ou  moys  de  juing  mil  quatre  cens  et  seize. 

Iste  due  partes  [i  i54-ii55]  redditc  fuerunt  executorihus  Parisius  per  dic- 
tum Robinetum.  Et  ideo  acquittatur  hie  de  eisdem  idem  Robinetus. 

[S  G,  n"  1 1 76 ;  prise  nii"=  l  liv.  t.] 


BALAIX    DESDIZ    JOYAULX     ET     VAISSELLE 

11  56.  Item,  troys  petis  balaiz,  dont  les  deux  sont  d'une  pe- 
tite salliere  d'or  et  de  grenat  en  facon  d'une  nef,  declairee  en  la 
penultime  partie  du  iiii^^  \\i^  fueillet  du  compte  precedant,  et 
I'autre  est  d'un  petit  ours  d'or  esmaille  de  noir,  declaire  en  la 
derreniere  partie  du  quarante  huitiesme  fueillet  dudit  compte. 

Iste  gemme  reddite  fuerunt  Parisius  cxecutoribus  per  dictum  Robinetum. 
Et  ideo  de  eisdem  acquittatur. 

1157.  Item,  de  iiii'^^  vii  balaiz,  que  gros  que  moiens  que  petis, 
qui  sont  d'un  grant  joyau  d'or  declare  en  la  premiere  partie  du 
cinquiesme  fueillet  du  compte  precedant,  ledit  Robinet  en  rent 
cy  devant  sur  les  parties  de  deux  grans  ymages  d'or,  I'un  de 
Nostre  Seigneur  et  I'autre  de  Nostre  Dame  et  son  enffant,  xxiii 
des  plus  gros  balaiz  de  pluseurs  sortes  et  famous,  et  les  autres 
Lxiiii  ledit  Robinet  rent  yci.  Pour  ce,Lxiiii  desdiz  balaiz,  que  uns 

que  autres. 

De  istis  lxiiii  balaiz  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum 
cxecutoribus  l.  Et  ideo  de  tanto  acquittatur  hie. 

Respondeat  dictus  Robinetus  de  xiiii  balaiz  restantibus  de  lxiiii  predictis. 

De  dictis  xiiii  balaiz,  dati  fuerunt  per  dictum  dominum  Ducem,  videlicet 
Guillelmo  fratri  Hennequineto  I,  Stephano  de  Montigny  I,  marescallo  regis 
Hongarie  II.  filio  magistri  Mathei  Heron  I,  et  dicto  Robineto  I,  prout  per 
litteras  dicti'  Domini,  datas  vii-  die  junii  M  CCCC  XV,  hie  retentas,  constat. 

Respondeat  dictus  Robinetus  de  residuo,  quod  est  viii. 

De  istis  vui'"  balaiz,  dati  fuerunt  per  dominum  Ducem,  videlicet  Burello 
de  Dompnomartino,  prout  constat  per  certificacionem  dicti  Burelli,  datam 
xx"  die  junii  M  CCCC  XVI,  inferius  redditam,  causa  in  eadem  certificacione 
declarata,  1111°''. 


(i)Le  comte  de    Tripoli  nu    de    Trois   Citez,    suivant   Monstrelet,   etait 
frere  du  roi  de  Chypre. 


BALAIS   DES   JOYAUX    [fol.    1 97]  3og 

Et  similiter  Hermanno  Rince  (i),  aurifabro  suo,  prout  constat  per  certifica- 
cionem  ejusdem  Hermandi,  datam  ultima  die  octobris  M  CCCC  XVI,  signo 
manuali  suo  signatam,  hie  redditam  iiii". 

[S  G,  n"  740;  prise  1111°  lxxiii  liv.  t.] 


BALAIZ    ACHAPTEZ     ET     RECOUV-REZ    PAR    MONDIT     SEIGNEUR. 

1 1  58.  Item,  ung  gros  balay  quarre,  appelle  le  Balay  de  Da- 
vid (2),  lequel  a  este  recouvre  de  Constantin  de  Nicolas  (3)  par 
la  main  de  Bureau  Dampmartin,  auquel  Constantin  mondit  Sei- 
gneur I'avoit  fait  bailler  en  gaige  de  la  somme  de  viim  ix^  xlii  li- 
vres  x  sous  t.,  comme  il  appert  par  le  compte  precedant. 

[S  G,  n"  1 328;  prise  V"  V  frans.] 

1 1  59.  Item,  ung  balay  tout  roont,  hors  oeuvre,  que  Jamet  de 
Nesson  donna  a  Monseigneur  en  ung  annel;  lequel  a  este  re- 
couvre de  Baude  de  Guy,  a  qui  mondit  Seigneur  Tavoit  pie^a 
bailie,  comme  il  appert  par  le  compte  precedant. 

Istedue  partes  (i  i58-i  iSg)  tradite  fuerunt  Parisius  executoribus  per  dic- 
tum Robinetum.  Et  ideo  de  eisdem  acquittatur  hie. 

1 160.  Item,  ung  autre  balay  cabouchon,  a  une  plate  face  sur  le 


(i)  Herman  Rince  ou  Rinsscl,  orfevre  du  due  de  Berry,  dont  on  a  vu 
tigurer  le  nom  sur  plusieurs  articles  du  present  inventaire,  etait  un  des 
fournisseurs  ordinaires  de  la  reine  Isabeau,  comme  le  montrent  divers  arti- 
cles des  comptes  royaux.  Ainsi  la  reine  lui  achete,  en  septembre  1402, 
une  echarpe  d'or  de  deux  chaines  assemblees,  avee  rubis,  diamants  et  eme- 
raudes,  du  prix  de  366  livres  parisis,  pour  en  faire  son  plaisir  (Arch.  Nat., 
KK  43,  fol.  93).  Le  10  mai  1404,  Herman  Rinssel  fournit  a  Isabeau  un 
collier  d'or  emaille  donne  a  la  petite  Martelie,  du  prix  de  54  liv.  tournois 
{Ibid.,  fol.  83). 

(2)  Sur  le  balai  David  mis  en  gage,  voyez  la  note  3,  p.  i3,  du  present 
inventaire. 

(3)  Constantin  de  Nicolas,  non  plus  que  beaucoup  de  marchands  parisiens 
cites  dans  les  articles  suivants,  ne  figure  pas  sur  les  listes  des  bourgeois  de 
Paris  au  debut  du  quinzieme  siecle  inserees  dans  I'ouvrage  de  MM.  LeRoux 
de  Lincy  et  Tisserand,  Paris  et  ses  historiens  aux  xiV  et  xV  siecles 
(p.  353-370).  Le  Tresor  des  Chartes  contient  (J  i52,  n"  26)  un  accord 
passe,  le  18  juin  1414,  par  le  procureur  general  du  Parlement  avec  Cons- 
tantin de  Nicolas,  orfevre  et  bourgeois  de  Paris,  au  sujet  des  poursuites 
contre  lui  intentees  pour  n'avoir  pas  acquitte,  outre  I'imposition  commune 
de  4  deniers  par  livre,  divers  autres  droits  dus  pour  le  transport  des  joyaux 
et  pierreries  hors  du  royaume. 


3lO  BALAIS   ACHETES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    1 97    vo] 

ront,  perce  tout  au  long,  glace  au  travers,  pesant  ex  caraz  ou 
environ;  lequel  balay  Monseigneur  achata  de  Jehan  Chambon, 
pour  le  pris  et  somme  de  ii"»  escuz,  le  xiiii=  jour  de  juillet  I'an 
mil  quatre  cens  et  quinze. 

Traditus  fuit  domino  Regi  cum  pulcherrima  cruce,  prout  constat  per  lit- 
teras  dicti  domini  Regis,  datas  xix*  die  junii  M  CCCC  XVI,  redditas  super 
inventario  precedenti.  Et  sic  de  eodcm  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 


BALAIZ   DONNEZ  A  MONDIT    SEIGNEUR. 

1 161.  Item,  ung  annel  d'or  oii  il  a  ung  ours  fait  d'un  balay, 
que  monseigneur  le  conte  d'Eu  donna  a  monseigneur  le  Due 
aux  estrainnes,  le  premier  jour  de  Janvier  I'an  mil  quatre  cens 
et  treize. 

Datus  fuit  per  dominum  Ducem  Martino  Raine,  varleto  camere  sue,  prout 
constat  per  litteras  dicti  domini  Ducis,  datas  xxviii  die  januarii  M  CCCC 
XIII,  superius  redditas.  Et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

1 162.  Item,  ung  balay  en  fa^on  de  cuvete,  assis  en  ung  annel 
d'or,  que  I'evesque  d'Alby  donna  a  Monseigneur  aux  estrainnes, 
le  premier  jour  de  Janvier  I'an  mil  quatre  cens  et  quatourze. 

Datus  fuit  domino  episcopo  Carnotensi,  et  de  presenti  episcopo  Claromen- 
tensi,  prout  constat  per  litteras  domini  Ducis,  datas  xix'  die  februarii  M  CCCC 
XIIII.  Et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

1 1 63.  Item,  ung  gros  balay  cabochon,  appelle  le  Balay  de  la 
chasteigne,  assis  en  une  branche  d'orengier,  que  monseigneur 
de  Guienne  donna  a  mondit  Seigneur  ausdictes  estrainnes,  le 
premier  jour  de  Janvier  I'an  dessusdit  mil  quatre  cens  et  qua- 
tourze. 

Traditus  et  positus  fuit  in  pulcherrima  cruce  domini  Regis,  ut  constat  per 
litteras  dicti  domini  Regis,  datas  xix'  die  junii  M  CCCC  XVI,  redditas  super 
inventario  precedenti,  Et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 


SAPHIRS   DESDIZ    JOYAULX   ET     VAISSELLE. 


1 164.    Item,   deux  petis  saphirs  hors  oeuvre  qui  sont  d'ung 


SAPHIRS    DES   JOYAUX    [fol.    I98   vo]  3ll 

petit  ours  d'or  esmaille  de  noir,  declaire  en  la  derreniere  partic 

du  xLviii=  fueillet  du  compte  precedant. 

Reddite  fuerunt  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum.  Et  ideo  de 
eisdem  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 


SAPHIRS    ACHAPTEZ     ET    RECOUVREZ    PAR    MONDIT    SEIGNEUR 

1x6  5.  Item,  deux  saphirs  qui  sont  du  nombre  de  six  gros  sa- 
phirs  qui  furent  de  la  Croix  an  camahieu,  declairez  en  la  pre- 
miere partie  du  ii'^  lxxiii^  fueillet  de  I'inventaire ;  lesquelx  deux 
saphirs  Monseigneur  a  recouvrez  de  Bureau  Dampmartin,auquel 
mondit  Seigneur  les  avoit  baillez  en  garde. 

De  istis  duobus  saphirs  unus  redditus  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum 
executoribus,  et  alius  datus  fuit  domino  archiepiscopo  Remensi  (i),  prout 
constat  per  litteras  dicti  domini  Ducis,  datas  xv*  die  maii  M  CCCC  XVI. 
Et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  hie,  et  sunt  littere  superius  reddite. 

[Voyez  dans  B,  n"  1 081,  la  description  de  cette  croix.  —  S  G,  n°  746  ;  prise 
ledit  saphir  lxi  liv.  v  sous  t.] 

1 166.  Item,  de  cinquante  et  quatrc  saphirs,  que  gros  que 
moiens  que  petis,  qui  sont  d'un  grant  joyau  d'or,  declare  en  la 
premiere  patrie  du  cinquieme  fueillet  du  compte  precedant,  ledit 
Robinet  en  rent  cy  devant  sur  les  parties  de  deux  grans  ymages 
d'or,  c'est  assavoir  Tun  de  Nostre  Seigneur,  et  I'autre  de  Nostre 
Dame  et  son  enflfant,  xiiii  des  plus  gros  saphirs  de  pluseurs  fa- 
mous et  sortes  ;  et  les  autres  xl  ledit  Robinet  rent  yci ;  pour  ce,  xl 
desdiz  saphirs  de  pluseurs  sortes  et  diverses  fa«;ons. 

De  istis  xl  saphirs,  redditi  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum  execu- 
toribus XXXVII. 

Respondeat  de  residuo,  quod  est  in. 

Isti  tres  saphirs  dati  fuerunt  per  dictum  dominum  Ducem,  videlicet,  epis- 
copo  Constanciensi  I  (2),  episcopo  de  Lodeve  I,  die  qua  fuerunt  sacrati,  [ut] 
constat  per  litteras  dicti  domini  Ducis,  datas  vii*  die  julii  M  CCCC  XV,  supe- 
rius redditas ;  et  I  Imperatori,  prout  constat  per  alias  litteras,  datas  u''^  aprilis 


(i)  Sur  Simond  de  Cramand,  archeveque  de  Reims  depuis  1409,  voyez  ci- 
dessus  I'article  678. 

(2)  Jean  II  de  Marie,  nomme  eveque  de  Coutances  le  2  avril  1414.  H  fut 
tue  a  Paris  par  les  Bourguignons,  le  29  mai  1418,  avec  son  pere,  Henri  de 
Marie,  chancelier  de  France. 


3  12  SAPHIRS    ACHETES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    1 99] 

M  CCCC  XV  ante  Paschas,  superius  redditas.  Et  sic  idem  Robinetiis  acquit- 
tatur  de  eisdem. 

[S  G,  n°  741  ;  et  rend  ledit  Robinet  xxxvii  saphirs  de  plusieurs  sortes,  pri- 
ses CL  liv.  t. ;  vendus  viii"  liv.  t.] 


SAPHIRS     DONNEZ    A    MONDIT    SEIGNEUR 

1 167.  Item,  ung  saphir  fait  en  maniere  d'une  cuvete,  assis  en 
ung  annel  d'or,  que  maistre  Symon  AlHgret  donna  a  Monsei- 
gneur  aux  estrainnes,  le  premier  jour  de  Janvier  Tan  mil  quatre 
cans  et  treize. 

Datus  fuit  Thome  de  Rancon  (i),scancionario  domini  Ducis,  prout  constat 
per  litteras  dicti  Domini,  datas  vii^  die  julii  M  CCCC  XV,  superius  redditas. 
Ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus  de  eodem. 

1 1 68.  Item,  ung  saphir  en  maniere  de  cuvete,  assis  en  ung  an- 
nel d'or  esmaille  a  rosiers  vers  semez  de  roses  vermeilles,  que 
maistre  Guillaume  de  Champeaux  (2)  donna  a  Monseigneur  aux 
estrainnes,  Fan  mil  quatre  cens  et  quatourze. 

Datus  fuit  episcopo  Carcassonnensi  (3),  prout  constat  per  litteras  dicti 
domini  Ducis,  datas  x^  septembris  M  CCCC  XV,  superius  redditas.  Et  sic 
idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

1 1 69.  Item,  ung  ours  de  saphir,  assis  en  ung  annel  d'or,  lequel 
monseigneur  de  Bourbon  a  donne  a  mondit  Seigneur  ausdictes 
estrainnes  mil  1111^  et  XIIII. 

Iste  ursus  datus  fuit  Gervasio  Merlin,  barbitonsori  domini  Ducis,  ut  cons- 
tat per  litteras  dicti  domini  Ducis,  datas  vii'  die  mail  M  CCCC  XV,  hie  red- 
ditas. Et  ideo  idem  Robinetus  acquittatur  hie. 

(i)  Thomas  de  Rancon  figure  comme  echanson  sur  la  liste  dcs  officicrs 
de  la  maison  du  Due  donnee  a  la  fin  de  I'lnventaire  S  G(fol.  190  v°). 

(2)  Guillaume  de  Champeaux  est  tantotqualifie  conseilleret  secretaire  du 
due  de  Berry  (141 3-14  :  Arch.  Nat.,  KK  25o,  fol.  38  v),  tantot  conseillcr  et 
maitre  des  requetes  de  I'hotel  du  Due  {Ibid.,  fol.  14).  En  cette  qualite,  il 
rcfoit  de  nombreux  presents  de  son  maitre :  400  ecus  d'or,  puis  du  drap,  du 
camelot,  des  fourrures  et  une  certaine  somme  «  pour  acheter  de  la  vaisselle 
d'argent  pour  luy  aider  a  amesnagier  »  {Ibid.  fol.  25  v%  3i,  47,  5i,  56  v"). 
Du  19  juin  141 3  au  20  septembre,  il  parcourt  I'Auvergne  pour  inspecter  les 
etats  des  receveurs  du  pays,  faire  rentrer  I'argent  et  I'envoyer  a  Paris  {Ibid., 
fol.  63  v°).  Nicolas  de  Baye,  dans  son  Journal  (t.  II,  p.  257),  dit  qu'il  ctait 
maitre  de  la  Chambre  des  Comptes  en  1416. 

(3)  Geraud  du  Puy  occupa  le  siege  episcopal  de  Carcassonne  du  19  avril 
1413  au  4  septembre  1420. 


SAPHIRS    DONNES   A    MONSEIGNEUR    [fol.    1 99  V°]  3l3 

1 170.  Item,  ung  saphir  a  huit  pans,  assis  en  ung  annel  d'or, 

que  monseigneur  I'arcevesque    de  Bourges   donna  a  Monsei- 

gneur    quant  il  lui  fist  hommaige  du    chastel  de    Mehun,    ou 

moys  de  may  Fan  mil  quatre  cens  et  quatourze. 

Datus  fuit  domino  archiepiscopo  Turonensi,  die  qua  fuit  consecratus  in 
archiepiscopo(i),prout  constat  per  litteras  dicti  Domini,  datasxvi  die  januarii 
M  CCCC  XIIII,  superius  redditas.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus 
de  eodem. 


ESMERAUDES    DESDIZ    JOYAULX    ET    VAISSELLE 

Neant. 

ESMERAUDES    ACHAPTEES    PAR    MONDIT    SEIGNEUR 

1 171.  Item,  une  esmeraude  quarree,  assise  en  ung  annel'd'or, 

que  Monseigneur  achapta  de  Perrin  de  la  Dehors   la  somme 

de  soixante  dix  escuz,  le  premier  jour  de  juillet  I'an  mil  quatre 

cens  et  quinze. 

Reddita  fuit  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum.  Et  ideo  acquit- 
tatur hie. 


[S  G,  n"  727;  prise  xlv  liv.  t.] 


ESMERAUDES    DONNEES    A    MONDIT    SEIGNEUR 

1 173.  Item,  une  esmeraude  cabouchonne  sur  le  quarre,  assise 

en  ung  annel  d'or,  que  Pierre  Culon  (2),  receveur  des  Aides  en 

Berry,  donna  a  Monseigneur,  aux  estrainnes,  le  premier  jour  de 

Janvier  I'an  mil  quatre  cens  et  quatourze, 

Reddita   fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum   executoribus.  Et  sic  idem 
Robinetus  acquittatur  de  eadem. 
[S  G,  n"  728;  prise  xxvii  liv.  t.] 


(i)  Jacques  Gelu  remplav-a  Ameil  Dubreuil  sur  le  siege  archiepiscopal 
de  Tours  apres  le  1"  septembre  1414. 

(2)  Un  certain  Culon  figure  comme  clerc  des  offices  dans  I'etat  de  la  mai- 
son  du  Due  en  iSgS.  Est-ce  Ic  memc  qui  parait  ici  comme  receveur  des 
aides  ? 


3  14  DIAMANTS   DES   JOYAUX    [fol.    20l] 


DYAMENS    DESDIZ    JOYAULX    ET    VAISSELLE 

1 173.  Item,  deux  diamens  poinctuz,  qui  sont  d'un  grant  joyau 
d'or  declare  en  la  premiere  partie  du  cinquieme  fueillet  du 
compte  precedant. 

Redditi  fuerunt  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum.  Et  ideo 
[sit]  quietus  hie  de  eisdem. 

[S  G,  n"  729;  prise  xxxii  liv.  t.] 


DYAMENS  ACHAPTEZ   ET    RECOUVREZ    PAR  MONDIT  SEIGNEUR 

1 174.  Item,  ung  petit  dianient  poinctu,  assis  en  ung  annel  d'or 

poin9onne,  ou  il  a  ung  J  et  une  M  couronnez,  lequel  Monsei- 

gneur  achapta  ja  piega  de  Kirigo  des  Vignes,  le  xxiii^  jour  de 

may  Tan  mil  quatre  cens  et  treize,  pour  le  pris  et   somme  de 

trente  escuz  d'or. 

Datus  fuit  Johanni  Dupre(i),  speciario  dicti  domini  Ducis,prout  constat  per 
litteras  domini  Ducis,  datas  v"  die  septembris  M  CCCC  XIIII,  superius  red- 
ditas.  Et  ideo  de  eodem  acquittatur  idem  Robinetus. 

1 175.  Item,  unggros  diament  quarre  et  plat,  pesant  dix  et  neuf 
caraz  de  Jannes  ou  environ,  que  Monseigneur  achapta  de  Andre 
Succre,  dit  Massaye,  avec  autre  perrerie ;  lequel  a  este  recouvre 
dudit  marchant  auquel  mondit  Seigneur  I'avoit  bailie  en  gaige. 

Redditus  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus  in  uno  moniie 
existente  penes  Johannem  Tarenne  impignorato.  Et  de  eodem  idem  Robi- 
netus hie  acquittatur. 

1 176.  Item,  ung  gros  diament  roont  et  plat  en  fagon  d'un  mi- 
rouer,  assis  en  ung  annel  d'or,  que  Monseigneur  a  achapte  de 


(i)  Un  Jean  Dupre  I'aine  figure  parmi  ies  chefs  d'ofBce  dans  I'etat  de 
la  maison  du  due  de  Berry  dresse  au  moment  de  sa  mort  (Invent.  S  G, 
fol.  190).  Du  Cange  explique  ainsi  Ies  fonctions  de  ce  serviteur  dont  le 
titre  se  traduit  par  Ic  mot  epieier  :  «  rerum  quarumcumque  et  supelleeti- 
lium  negotiator.  » 


DIAMANTS   ACHETES    PAR    MONSEIGNEUR   [fol.    201    Vo]  3l5 

Julian  Symon  (i),  le  xvi"^  jour  de  Juillet  mil  quatre  cens  et  qua- 
torze,  pour  le  pris  et  somme  de  quatre  vins  escuz. 

Datus  fuit  per  dominum  Ducem  domino  episcopo  Carnotensi,  prout  constat 
per  litteras  dicti  domini  Ducis,  datas  v"  die  septembris'M  CCGG  XIIII,  supe- 
rius  redditas.  Et  sic  de  eodem  acquittatur  idem  Robinetus. 

1 177.  Item,  ung  autre  gros  diament  roont  et  plat  en  fa^on 
d'un  mirouer,  assis  en  un  annel  d'or,  que  Monseigneur  a  recou- 
vrd  de  Nicolas  Comy,  a  qui  mondit  Seigneur  I'avoit  bailie  en 
gaige,  et  I'achapta  ja  pie^a  Monseigneur  de  Michiel  de  Paxi  deux 
mille  six  cens  escuz. 

Redditus  fuit  Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum.  Et  ideo  ac- 
quittatur hie  idem  Robinetus. 
[S  G,  n"  i33i ;  prise  m  frans.] 

1 178.  Item,  ung  petit  diament  poinctu  (2)  naif,  assis  en  ung 
annel  d'or,  que  Monseigneur  achapta,  en  aoust  mil  quatre  cens  et 
quatourze,  de  Constantin  de  Nicolas,  marchant  de  Florance 
demorant  a  Paris,  pour  le  pris  et  somme  de  xxx  escuz  d'or 
comptans. 

Datus  fuit  per  dominum  Ducem  et  per  suas  litteras,  datas  vii°  die  julii 
M  GGGG  XV,  superius  redditas,  Stephano  de  Montigny.  Et  ideo  de  eodem 
acquittatur  idem  Robinetus. 

1 179.  Item,  ung  gros  diament  plat  quarre,  assis  en  ung  annel 

d'or,  que  Monseigneur  achapta,  en  septembre  mil  quatre  cens  et 

quatourze,  de  Berthelemy  de  Frangoys,  marcheant  et  bourgois  de 

Paris,  pour  lepris  et  somme  de  quatre  cens  cinquante  escuz. 

Datus  fuit  domino  episcopo  Carnotensi  per  dictum  dominum  Ducem  et 
per  suas  litteras,  datas  v*  die  septembris  M  GGGG  XIIIP,  superius  redditas. 
Et  ideo  acquittatur  de  eodem  idem  Robinetus. 

1 180.  Item,  ung  diament  en  fa^on  d'un  mirouer,  assis  en  ung 
annel  d'or  en  maniere  d'une  rose  esmaille,  que  Monseigneur 

(i)  Julien  Simon  parait  sur  la  liste  des  changeurs,  lapidaires  et  orfevres, 
dressee  par  les  auteurs  de  Paris  et  ses  liistoriens  aiix  xiv°  et  xv"  siecles 
(p.  363). 

(2)  D'apres  le  Glossaire  des  Emaux  (p.  249),  les  mots  diamant  pointu  et 
diamant  naif  designeraient  des  pierres  non  taillees,  conservees  dans  leur 
etat  naturel.  Le  moyen  age  recherchait  toutes  les  sortes  de  diamants,  surtout 
ceuxqui  affectaient  des  formes  singulieres,  tels  que  les  diamants  en  miroir, 
en  tables,  en  losange.  Gertaines  pierres  avaient  refu  la  forme  d'une  lettre, 
comme  un  E  ou  un  V  (cf.  art.  458,  6o3). 


3l6  DIAMANTS    ACHETES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.    202] 

achapta  de  Harmant  Rince,  I'an  mil  quatre  cens  et  quatourze, 

pour  le  pris  et  somme  de  soixante  escuz  d'or. 

Datus  fuit  per  dominum  Ducem  Stcphano  de  Montigny  per  litteras  dicti 
Domini,  datasx"  die  septembris  M  CCCC  XV,  superius  redditas.  Et  sic  de 
eodem  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 


DYAMENS    DONNEZ    A    MONDIT    SEIGNEUR 

1181.  Item,  deux  petis  diamens  poinctus,  assis  en  ung  annel 
d'or,  que  la  duchesse  de  Guesles  (i)  envoya  en  don  a  Monsei- 
gneur,  le  xxiii"  Jour  d'aoust  Tan  mil  quatre  cens  et  treize. 

Dati  fuerunt  Stephano  de  Montigny  per  dictum  dominum  Ducem  et  per 
suas  litteras,  datas  vii'  die  julii  M  CCCC  XV,  superius  redditas.  Et  ideo  de 
ipsis  acquittatur  idem  Robinetus. 

1 182.  Item,  ung  diament  poinctu,  assis  en  ung  annel  d'or,  que 
madame  la  duchesse  de  Guienne  donna  a  mondit  Seigneur  aux 
estrainnes,  le  premier  jour  de  Janvier  Tan  dessusdit  mil  Illl^et 
treize. 

Datus  fuit  per  dominum  Ducem  uxori  Baude  de  Guy,  prout  constat  per 
litteras  suas,  datas  xxviii*  die  januarii  M  CCCC  XIII,  superius  retentas.  Et 
ideo  idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

1 1 83.  Item,  ung  annel  d'or,  ou  il  a  ung  diament  fait  en  maniere 
de  lozange  et  six  petis  escu^ons  de  diamens  alentour;  lequel 
madame  la  contesse  de  Nevers  donna  a  Monseigneur  ausdictes 
estrainnes  mil  quatre  cens  et  treize. 

Datus  fuit  Johanni  de  Ryon  per  dominum  Ducem,  [ut]  apparet  per  litteras 
dicti  Domini,  datas  ut  supra  parte  prccedcnte.  Et  sic  idem  Robinetus  ac- 
quittatur. 

1 184.  Item,  ung  diament  poinctu  naif,  assis  en  ung  annel  d'or, 
que  Robinet  d'Estampes  donna  a  Monseigneur  ausdictes  estrain- 
nes mil  quatre  cens  et  treize. 

Datus  fuit  uxori  Johannis  des  Ysles  (2),  varleti  camere  dicti  Domini,  prout 

(i)  Lc  due  de  Gueldrc  est  souvent  nomme  due  de  Guesles  ou  Guelles  par 
les  chroniqueurs,  en  particulier  par  Monstrelet.  La  duchesse  de  Gueldre 
etait  Marie,  fille  de  Jean  III,  comte  de  Harcourt  et  d'Aumale;  elle  avait 
epouse,  en  mai  1405,  Renaud  IV,  due  de  Gueldre,  de  Zutphen  et  de  Juliers, 
qui  avait  succede  a  son  frerc  Guillaumc  en  1402. 

(2)  Ce  valet  de  chambre  ne  figure  pas  sur  I'etat  de  la  maison  du  due  de 
Berry  dresse  apres  sa  mort. 


DIAMANTS   DONNES    A    MONSEIGNEUR    [fol.    202    V^]  3iy 

constat  per  litteras  suas,   datas  iii"  die  marcii  M  CCCC  XIII,  hie  retentas. 
Et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  de  eodeni. 

1 1 85.  Item,  ung  gros  diament  poinctu,  assis  en  ung  annel  d'or 
esmaille  a  rosiers  vers  semez  de  roses  vermeilles,  que  la  royne 
d'Angleterre  (i)  a  envoye  a  Monseigneur  en  don,  par  enseignes, 
le  xiii^  jour  de  juillet  mil  quatre  cens  et  quatourze. 

Datus  fuit  fratri  Hennequinet  per  dominum  Ducem  et  per  litteras  dicti 
domini  Ducis,  datas  V  septembris  M  CCCC  XIIII",  superius  redditas.  Et 
ideo  de  eodem  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 

1 1 86.  Item,  ung  gros  diament  en  fa^on  de  mirouer,  assis  en 
ung  annel  d'or  esmaille  de  bleu,  seme  de  roses  de  rouge  cler, 
que  la  femme  Fran^oys  de  Neisly  donna  a  Monseigneur,  le 
xxviie  jour  d'aoust  Fan  mil  quatre  cens  et  quinze. 

Datus  fuit  domino  episcopo  Claromontensi  per  dominum  Ducem,  prout 
constat  per  litteras  dicti  domini  Ducis  datas  ii"  die  aprilis  M  CCCC  XV.  Et 
sic  idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

1 187.  Item,  ung  diament  poinctu  naif,  assis  en  ung  annel  d'or, 
que  Thevenin  de  Montigny  donna  a  Monseigneur,  le  vii«  jour  de 

may  I'an  mil  quatre  cens  et  quinze. 

Redditus  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et  ideo  ac- 
quittatur hie. 

[S  G,  n°  ySo ;  prise  xiii  liv.  x  sous  t.] 

1 188.  Item,  ung  gros  diament  poinctu  non  fait,  assis  en  ung 
annel  d'or,  que  le  Roy  a  donne  a  Monseigneur,  et  I'a  delivre  Le 
Vavasseur,  general  de  France  (2),  en  novembre  mil  quatre  cens  et 
quatourze. 

Redditus  Parisius  executoribus,  ut  supra,  et  est  in  uno  monile  auri  penes 
Johannem  Tarenne  impignorato. 

1 189.  Item,  ung  diament  poinctu,  assis  en  ung  annel  d'or  es- 
maille de  blanc  et  de  rouge  cler,  que  monseigneur  d'Eu  donna 
aux  estrainnes  a  Monseigneur,  Fan  mil  quatre  cens  et  quatourze. 


(i)  Jeanne,  fille  de  Charles  le  Mauvais,  roi  de  Navarre,  veuve  de  Jean  IV, 
due  de  Bretagne,  avait  epouse,  en  1403,  Henri  IV,  roi  d'Angleterre,  veuf  lui- 
meme  de  Marie  Bohun,  fille  du  eomte  de  Hereford.  Jeanne  mourut  le 
10  juillet  1437,  sans  avoir  eu  d'enfants  de  son  second  epoux. 

(2)  C'est-a-dire  general  des  aides  ou  des  finances.  Les  generaux  des 
finances  etaient  les  principaux  offieiers  charges  de  la  perception  des 
impots. 


3l8  DIAMANTS   DONNES   A    MONSEIGNEUR    [fol.   2o3    V"] 

Datus  Robineto  d'Estampes  per  dominum  Ducem  et  per  litteras  suas,  da- 
tas  XIX*  die  februarii  M  CCGC  XIIII,  superius  redditas.  Et  ideo  de  eodem 
acquittatur  idem  Robinetus. 

1 190.  Item,  ung  aiinel  dor  poin^onne,  ou  il  a  deux  petis  dia- 

mens  poinctuz,  que  Monseigneur  de  la  Marche  donna  a  mondit 

Seigneur  ausdictes  estrainnes. 

Datus  fuit  magistro  Jacobo  Carite  per  dominum  Ducem  et  per  litteras 
superius,  parte  precedenti.  Et  ideo  acquittatur  idem  Robinetus. 

1 191.  Item,  ung  diament  poinctu  hautclet,  assis  en  ung  annel 
d'or,  que  messire  Guy  de  la  Roche  donna  a  mondit  Seigneur 
ausdictes  estrainnes. 

Datus  fuit  Stephano  de  Montigny  per  litteras  dicti  Domini,  datas  vii"  die 
maii  M  CCGC  XV,  superius  redditas.  Et  sit  de  eodem  quittus  idem  Robi- 
netus. 

1 192.  Item,  ung  annel  d'or  esmaille  de  bleu,  seme  de  goutes 
de  rouge  cler,  ouquel  a  ou  millieu  une  fleur  de  diament,  et  aux 
quatre  coustes  de  ladicte  fleur  a  quatre  grains  d'esmeraude,  que 
Constantin  de  Nicolas  donna  a  mondit  Seigneur  ausdictes  es- 
trainnes. 

Datus  fuit  Elyoto  La  Fleute,  pennetcrio  domini  Ducis  (i),  prout  constat 
per  litteras  suas,  datas  x'  die  septembris  M  CCGC  XV,  superius  redditas. 
Et  ideo  de  eodem  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 

1 193.  Item,  ung  diament  poinctu  naif,  assis  en  ung  annel  d'or 
tout  plain,  que  maistre  Mace  Heron,  tresorier  general,  donna  a 
mondit  Seigneur,  le  ix«  jour  d'aoust  Pan  mil  quatre  cens  et  quinze. 

Datus  fuit  Bernardo  d'Armignac  per  litteras  domini  Ducis,  datas  vii'mar- 
cii  M  GCGG  XV,  superius  redditas.  Et  ideo  acquittatur  idem  Robinetus  de 
eodem. 

1 194.  Item,  ung  diament  poinctu  hautelet,  assis  en  ung  annel 

d'or,  que  Thevenin  de  Montigny  donna  a  mondit  Seigneur  aux 

estrainnes  mil  quatre  cens  et  quinze. 

Datus  fuit  domino  Oliverio  de  Mauni  (2),  militi,  [ut]  apparet  per  litteras 
domini  Ducis,  datas  viii' januarii  M  GGGG  XV,  superius  redditas.  Et  acquit- 
tatur hie  idem  Robinetus,  ut  supra. 

1 195.  Item,  ung  diament  poinctu  naif,  assis  en  une  verge  d'or 


(i)  Ge  pannetier  n'est  pas  nomme  sur  la  liste  des  officicrs  du  Due  dressee 
apres  sa  mort. 
(2)  Sur  Olivier  de  Mauny  voyez  la  note  de  la  page  212. 


DIAMANTS   BONNES   A   MONSEIGNEUR    [fol.    204]  3l9 

non  brunie,  que  ledit  Robinet  d'Estampes  donna  a  Monseigneur 
ausdictes  estrainnes  mil  quatre  cens  et  quinze. 

Datus  fuit  Gervasio  Merlin,  barbitonsori  domini  Ducis,  per  litteras  suas 
datas  et  redditas  prout  in  parte  precedenti.  Et  sic  idem  Robinetus  ac- 
quittatur. 

1 1 96.  Item,  ung  gros  diament  plat  et  quarre,  assis  en  un  annel 
d'or  esmaille  de  blanc  et  rouge,  que  monseigneur  de  Clermont 
a  donne  a  Monseigneur;  auquel  mondit  Seigneur  I'avoit  pid(;a 
donne  et  achate  de  Berthelemy  de  Fran^oys  pour  le  pris  et 
somme  de  iiii'^  l  escuz. 

1 197.  Item,  ung  gros  diament  en  fa^on  de  mirouer,  que  feu 
monseigneur  de  Guienne  laissa  en  son  testament  a  Monseigneur. 

Isti  duo  dyamens  [1196-1197]   redditi  fuerunt  Parisius  executoribus  per 
dictum  Robinetum.  Et  ideo  de  eisdem  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 
[S  G,  n°  735  ;  prise  vi°  liv.  t.] 


PERLES    DESDIZ    JOYAULX    ET    VAISSELLE 

1 198.  Item,  huit  perles  de  compte  hors  oeuvre,  dont  I'une  est 

d'une  petite  salliere  d'or  et  de  grenat  en  fa^on  d'une  nef,  declai- 

ree  en  la  penultime  partie  du  iiii^^  xvi=  fueillet  du  compte  prece- 

dant,  et  I'autre  est  d'une  petite  salliere  de  cristal,  garnie  d'or,  a 

troys  ances,  declairee  en  la  penultime  partie  du  iiii'^^  xvii«  fueillet 

dudit  compte,  et  lej.  six  autres  perles  sont  d'ung  petit  ours  d'or 

esmaille  de  noir,  declaire  en  la  derreniere  partie  du  xLvni=  fueillet 

dudit  precedant  compte. 

Iste  viii°  pessule  reddite  fuerunt  per  dictum  Robinetum  Parisius  executori- 
bus. Et  ideo  acquittatur  hie  de  eisdem. 

1 199.  Item,  de  iinc  vii  perles,  que  unes  que  autres,  qui  sont 
d'un  grant  joyau  d'or  declare  en  la  premiere  partie  du  cinquiesme 
fueillet  du  compte  precedant,  ledit  Robinet  en  rent  cy  devant 
cent  et  trois  des  plus  grosses  perles  sur  les  parties  de  deux  grans 
ymages  d'or,  I'un  de  Nostre  Seigneur  et  I'autre  de  Nostre  Dame 
et  son  enffant;  et  les  autres  iii'^  iin  perles  ledit  Robinet  rent  yci. 
Pour  ce  iii'^  iiii  desdictes  perles  de  pluseurs  sortes  et  famous. 


320  PERLES    DES   JOYAUX    [fol.   204    V^] 

De  istis  iii*^  iiii  pessulis,  remanentihus  de  iiii''  vii,  rcdduntur  Parisius  exe- 
cutoribus  per  dictum  Robinetum  11"  xxi  pessule.  Etsic  de  eisdem  acquittatur. 

Respondfeat  de  residuo,  quod  est  iiii"^  in  pessule. 

De  isto  residue  date  fuerunt  pluribus  personis  per  dictum  dominum  Du- 
cem,  prout  constat  per  litteras  suas,  datas  vii*  die  julii  M  CCCC  XV,  supe- 
rius  redditas,  partes  plenius  in  eisdem  litteris  declarate  :  xxvi  pessule. 

Et  per  aliud  mandatum  dicti  domini  Ducis,  superius  redditum,  datum 
vii*  die  marcii  M  CCCC  XV,  date  fuerunt  certis  personis  in  eodem  mandato 
declaratis  xxxvii  pessule. 

Et  similiter  date  fuerunt  per  dictum  Dominum  Burello  de  Dompnomartino 
XX  pessule,  prout  certlficatum  est  per  ipsum  Burellum  per  litteram  suam, 
datam  xx"  die  junii  M  CCCC  XVI°^  positam  cum  litteris  hujus  inventarii,  in 
rccompensacionem  certarum  aliarum  rerum  dicto  domino  Duci  per  dictum 
Burellum  datarum.  Et  ideo  de  dictis  iiii'"  in  pessulis  acquittatur  idem  Ro- 
binetus. 

[S  G,  n°  732  ;  ledit  Robinet  en  rend  nr  xxxiiii,  prisees  vi°  xvi  liv.  t.  ;vendues 
VI "  XX  liv.  t.l 


PERLES    ACHAPTEES    PAR    MONDIT    SEIGNEUR 

Neant. 

PERLES    DONNEES    A    MONDIT    SEIGNEUR 

1200.  Item,  une  grosse  perle,  nommee  la  Grosse  perle  de 
Berry^  assise  en  ung  annel  esmaille  de  noir ;  laquelle  feu  monsei- 
gneur  de  Guienne,  que  Dieu  pardoint,  donna  a  Monseigneur  en 
son  testament. 

[S  G,  n°  733;  prise  iiii""  liv.  t.] 

1201.  Item,  une  autre  grosse  perle,  nommee  ISi  Grosse  perle 
de  Naverre,  assise  en  ung  annel  esmaille  de  noir,  laquelle  feu 
mondit  seigneur  de  Guienne  laissa  semblablement  a  mondit 
Seigneur. 

Iste  due  partes  ( 1 200-1 20 1 )  reddite  fuerunt  Parisius  executoribus  per  dic- 
tum Robinetum.  Et  ideo  idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  eisdem. 
[S  G,  no  734  ;  prise  11"  liv.  t.] 


SEAULX    ET    SIGNEZ    ACHAPTEZ    PAR    MONDIT    SEIGNEUR 

Neant. 


ANNEAUX   DES   JOYAUX    [fol.    2o5    vo]  321 

SEAULX    ET    SIGNEZ    DONNEZ    A    MONDIT    SEIGNEUR 

Neant. 


ANNEAULX,    PIERRES    ET    AUTRES    CHOSES     DE    PLUSEURS    MANIERES 
DESDIZ    JOYAULX    ET    VAISSELLE 

1 202 .  Item,  deux  grenaz,  I'un  grant  en  fa^on  de  navete,  et  I'autre 
petit  et  roont,  qui  sont  d'une  petite  salliere  d'or  et  de  grenat  en 
fa^on  d'une  nef,  declaire  en  la  penultime  partie  du  iiii''''  xvi«  fueil- 
let  du  compte  precedant. 

i2o3.  Item,  une  pierre  estrange  de  couleur  tannde,  en  laquelle 
a  ung  ymage  de  Nostre  Dame  tenant  son  enffant,  une  sepulture 
et  autres  ymages;  laquelle  pierre  est  d'un  petit  tableau  d'or 
quarre,  de  la  grandeur  du  fond  de  la  main,  declaire  en  la  me  par- 
tie  du  xii^  fueillet  dudit  compte  precedant. 

1204.  Item,  ung  cristal,  ung  grenat  et  pluseurs  autres  menuz 
grenaz  et  esmeraudes  de  petite  valeur,  qui  sont  d'une  petite  sal- 
liere de  cristal,  garnie  d'or,  a  troys  hances,  declairde  en  la  penul- 
time partie  du  iiii^'^  xvn«  fueillet  dudit  compte  precedant. 

Iste  tres  partes  accolate  (i 202-1 204)  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum 
Robinetum  executoribus.  Et  ideo  de  eisdem  acquittatur  idem  Robinetus. 


PIERRES  DE    PLUSEURS  MANIERES,   TANT    EN  ANNEAULX  ET  HORS  (EUVRE 
COMMME  AUTREMENT,  ACHAPTEES    PAR   MONDIT  SEIGNEUR 

i2o5.  Item,  ung  annel  d'or  esmaille,  ou  il  a  une  louppe  sem- 
blant  a  louppe  de  saphir,  et  par  dessus  a  ung  poisson  taille  de  la 
fayon  d'un  gornaut  (i),  que  Monseigneur  achapta,  ou  moys  de 
juing  mil  quatre  cens  et  quatourze,  de  Harmant  Rince,  orfevre 
demourant  a  Paris,  pour  le  pris  et  somme  de  vint  escuz  d'or. 

(i)  D'apres  Godefroy,  le  mot  gornal  ou  gornart  designerait  le  rouget  ou 
lievre  de  mer. 


322  PIERRES   ACHETEES   PAR    MONSEIGNEUR    [fol.   2o6    V°] 

Datus  fuit  episcopo  de  Sallat  (i),  confessori  domini  Ducis,  [ui]  constat  per 
litteras  dicti  Domini,  datas  x*  die  septembris  M  CCCC  XV,  superius  reddi- 
tas.  Et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem, 

1206.  Item,  ung  saphir  citrin,  en  £39011  d'un  oeil,  assis  en  ung 
annel  d'or,  qui  fu  achaptd  de  Guillaume  Crochet,  marchant 
demorant  a  Paris,  en  decembre  mil  quatre  cens  et  quatourze, 
le  pris  et  somme  de  vint  et  troys  escuz  d'or. 

Datus  fuit  Johanni  Barre,  cambellano  domini  Ducis  (2),  per  litteras  suas 
datas  VIII  die  januarii  M  CCCC  XV,  superius  redditas.  Et  sic  de. eodem 
acquittatur  hie  idem  Robinetus. 


PIERRES  DE  PLUSEURS    MANIERES,  TANT  EN    ANNEAULX   ET  HORS   CEUVRE 
COMME    AUTREMENT,    DONNEZ    A    MONDIT    SEIGNEUR 

1207.  Item,  ung  annel  d'or,  ouquel  a  un  moton  de  cassidoine 
sur  une  fueille  faicte  d'esmeraude,  lequel  messire  Guichart  Daul- 
phin  donna  a  Monseigneur  aux  estrainnes,  le  premier  jour  de 
Janvier  I'an  mil  quatre  cens  et  treize. 

Datus  fuit  per  dominum  Ducem  magistro  Miloni  Le  Cavelier,  [ut]  constat 
per  litteras  suas,  datas  xix»  die  februarii  M  CCCC  XIIII,  superius  redditas. 
Et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  hie. 

1208.  Item,  ung  annel  d'or,  ou  il  a  une  teste  d'un  More  fait  de 
cassidoine,  que  monseigneur  de  Baviere  donna  a  Monseigneur 
aux  estrainnes  mil  quatre  cens  et  quatourze. 

Datus  fuit  Johanni  Barre,  cambellano  domini  Ducis,  [ut]  constat  per  litte- 
ras suas,  datas  x»  die  septembris  M  CCCC  XV,  superius  redditas.  Et  ideo 
de  eodem  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 


VAISSELLE    ET    AUTRES     CHOSES,    TANT    d'oR    ET    d'aRGENT    COMME 
AUTREMENT,     POUR     PANNETERIE ,     ACHAPTEE     PAR     MONDIT    SEIGNEUR 

Neant. 


(1)  Jean  III  Arnaud  occupa  le  siege  episcopal  de  Sarlat  de  1410  au 
6  mai  1416. 

(2)  L'etat  de  la  maison  du  Due  ne  contient  aucun  officier  du  nom  de 
Jean  Barre,  ni  sur  la  liste  des  chambellans,  ni  sur  celle  des  valets  de  cham- 
bre  (voy.  art.  917).  Peut-etre  ce  Jean  Barre,  dont  la  qualite  est  confirmee 
par  I'art.  1208,  mourut-il  avant  son  maitre. 


VAISSELLE    d'oR    ET   d'aRGENT    [fol.    207   V]  323 


VAISSELLE    ET    AUTRES    CHOSES,    TANT     D  OR    ET    D  ARGENT    COMME 
AUTREMENT,    POUR   LADICTE  PANNETERIE,   DONNEE  A   MONDIT   SEIGNEUR 

i2og.  Item,  une  cuiller  de  pierre  serpentine,  garnie  au  bout 
d'argent  dore,  laquelle  monseigneur  le  due  de  Bourbon  donna 
a  Monseigneur,  le  xvii^  jour  de  septembre  I'an  mil  quatre  cens 

et  treize. 

Ista  pars  cumin''"'  partibus  immediate  sequentibus  [1209-12 12]  redduntur 
Parisius  executoribus  per  dictum  Robinetum.  Et  sic  de  eisdem  acquittatur 
hie. 

[S  G,  n°  1 177;  prise  xx  sous  t.] 

1 2 10.  Item,  une  petite  salliere  d'or,  dont  le  couvercle  est  fait 
a  ouvraige  de  Venise,  garny  d'un  saphir,  et  le  fertelet  est  d'une 
perle;  et  ou  fond  de  ladicte  salliere  a  ung  autre  saphir,  scant  sur 
quatre  petis  chiennez;  laquelle  salliere  le  cardinal  de  Pize  (i) 
donna  a  Monseigneur  aux  estrainnes,  le  premier  jour  de  Janvier 
Tan  mil  quatre  cens  et  quatourze. 

[S  G,  n"  736;  prise  iin"liv.  t.] 

121 1.  Item,  une  petite  salliere  de  gathe,  garnie  d'or,  dont  le 
couvercle  est  d'or,  et  au  dessus  a  ung  fertelet  garny  d'un  saphir 
et  quatre  perles,  laquelle  salliere  Pol  de  Limbourg  (2)  donna  a 

(i)  Adhemar  Alamanno,  cardinal  archeveque  de  Pise,  fut  envoye  en  France 
comme  legat  du  Saint-Siege  par  le  pape  Jean  XXIII,  en  141 1.  II  fit  de  grands 
efforts  pour  retablir  la  paix  entre  le  parti  des  Armagnacs  et  celui  des  Bour- 
guignons.  (Voyez  Journal  de  Nicolas  de  Baye,  a  la  table,  et  Chronique  du 
Religieux  de  Saint-Denis,  t.  IV,  p.  553.) 

(2)  Pol  de  Limbourg  est  un  des  miniaturistes  employes  par  le  due  de  Berry 
sur  lequel  on  possede  le  moins  de  renseignements.  (Voy.  Delisle,  Cabi- 
binet  des  Manuscrits,  1. 1,  p.  62,  et  L.  de  Laborde,  Dues  de  Bourgogne,  t.  I, 
p.  cxxi).  Les  comptes  encore  existants  nous  apprennent  qu'il  avait,  en  141 3, 
le  titre  de  valet  de  chambre  du  due  Jean  (Arch.  Nat.,  KK  25o,  fol.  25  v°)  et 
qu'il  refut,  le  g  novembre  141 3,  la  somme  de  112  liv.  10  s.  t.  en  considera- 
tion de  ses  bons  et  agreables  services  «  pour  soy  vestir,  ordonner  et  estre 
plus  honnestement  en  son  service.  »  On  a  vu  plus  haut  (art.  995)  le  don 
singulier  qu'il  offrit  au  Due,  avec  ses  deux  freres,  d'un  livre  figure ;  i'anecdote 
prouve  que  le  due  de  Berry  soufFrait  volontiers  la  plaisanterie.  L'inventaire 
de  1416  decrit,  sous  le  n°  1064,  ""  manuscrit  dont  Pol  de  Limbourg  avait 
commence  la  decoration  et  qui  n'etait  pas  termine  a  la  mort  du  due  de 
Berry. 


324  VAISSELLE    d'oR   ET   d'aRGENT    [fol.    2o8] 

mondit  Seigneur  ausdictes  estrainnes  mil  quatre  cens  et  qua- 
tourze. 

[S  G,  n°  737;  prise  xxx  liv.  t.] 

12 12.  Item,  une  autre  salliere  d'or  et  de  pierre  serpentine,  gar- 
nie  de  seize  perles  branlans,  que  ung  portefaiz  porte,  seant  sur 
une  terrace  garnie  de  petis  saphirs  et  grains  d'esmeraude,  et  le 
couvercle  de  pierre  serpentine  garny  d'or  et  de  pierrerie,  c'est 
assavoir  de  troys  saphirs,  troys  balaisseaux  et  six  perles,  et  le 
fertelet  d'un  balay  et  quatre  perles ;  laquelle  salliere  rnessire 
Guillaume  de  Lodde  donna  a  mondit  Seigneur  ausdictes  estrain- 
nes mil  quatre  cens  et  quatourze. 

[S  G,  n°  738;  prise  vi""  liv.  t.] 

121 3.  Item,  une  petite  salliere  d'or,  dont  le  fond  et  le  couve- 
cle  sont  de  cassidoine,  et  par  dessus  ung  fertelet  garny  d'un  sa- 
phir  et  cinq  perles,  et  entour  le  couvercle  a  escript  :  Le  temps 
vendra  (i);  laquelle  salliere  madame  de  Bourbon  a  donnee  a 
Monseigneur  aux  estrainnes,  le  premier  jour  de  Janvier  I'an  mil 
quatre  cens  et  quinze. 

Data  fuit  regi  Chiprie  per  dictum  dominum  Duceni,  [ut]  constat  per  lit- 
teras  suas,  datas  viii"  die  januarii  M  CCCG  XV,  superius  redditas.  Et  ideo 
acquittatur  hie  idem  Robinetus. 


VAISSELLE,    TANT    D  OR    ET    D  ARGENT    COMME    AUTREMENT,    POUR 
ESCHANCONNERIE,    ACHAPTEE    PAR     MONSEIGNEUR 

1 2 14.  Item,  ung  hannap  d'or  tout  plain,  convert,  lequel  mon- 
seigneur le  Due  achapta  de  Jehan  Tarenne  aux  estrainnes  mil 
quatre  cens  et  treize. 

Datus  fuit  Guillelmo  de  la  Haye,  scutifero,  [ut]  constat  per  litteras  dicti 
domini  Ducis,  vu*  die  septembris  M  CCGC  XIIII  datas,  superius  redditas. 
Et  ideo  idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  eodem. 

1 2 1 5.  Item,  deux  douzainnes  de  tasses  d'argent  dorees,  signees 
ou  fonds  d'un  ours,  pesans  xlviii  marcs  iiii  onces  x  esterlins,  au 

(1)  Cette  allusion  a  une  autre  vie  revient  frequemment,  comme  on  sait, 
sur  Ics  manuscrits  ayant  fait  partie  de  la  librairie  du  due  de  Berry. 


VAISSELLE    d'oR    ET    d'aRGENT    [fol.    2O9]  325 

pris  de  dix  frans  cinq  sols  tournois  le  marc,  valient  iiii'^  ini'^''  xvii 
livres  xv  sols  iii  deniers  obole;  lesquelles  Monseigneur  a  achap- 
tees  de  Audebert  Catin,  changeur  et  bourgois  de  Paris  (i). 

Iste  due  duodene  tassarum  reddite  fuerunt  Parisius  execucioni  dicti  domini 
Ducis  per  dictum  Robinetum,  et  postmodum  vendite  pro  facto  dicte  execu- 
cionis,  prout  plenius  in  prima  parte  folii  mi"  vii  de  compote  aut  inventorio 
precedent!;  et  precium  earumdem  receptum  per  Johannem  Lebourne  in 
summade  vi"  ix"  xxxiii  lib.  vii  sol.vi  den.  t.,  ut  plenius  in  inventario  prece- 
denti,  tolio  predicto,  arrestatur.  Quare  super  dictum  Lebourne  ad  compu- 
tandum. 

1216.  Item,  douze  tasses  blanches,  signees  semblablement  ou 
fonds  d'un  ours,  pesant  xviii  marcs  xii  esterlins  obole;  lesquelles 
Monseigneur  a  achaptees  de  Audebert  Catin,  changeur  et  bour- 
gois de  Paris,  au  pris  de  sept  frans  dix  sols  tournois  le  marc, 
valient  six  vins  quinze  livres  onze  sols  huit  deniers  tournoys. 

De  dictis  xii'^'"  tassis  redduntur  per  dictum  Robinetum,  ut  supra,  x;  pre- 
cium quarum  receptum  fuit  per  Johannem  Lebourne,  ut  supra. 

Et  due  alie  tradite  fuerunt  filio  domini  comitis  Armigniaci,  prout  reperi- 
tur  in  inventario  facto  Parisius  post  obitum  dicti  domini  Ducis  per  n""  no- 
taries Castelleti  Parisiensis. 

1 217.  Item,  deux  bassins  d'argent  dorez,  ouvrez  par  dedans  a 
fueillages,  pesant  xi  marcs  d'argent  ou  environ;  lesquielx  Mon- 
seigneur achapta  de  Denisot  Lebrethon,  aux  estrainnes  mil  qua- 
tre  cens  et  treize,  pour  le  pris  et  somme  de  cent  cinquante  frans. 

Dati  fuerunt  per  dcuninum  Ducem  capelle  sue  Bitturicensi,  prout  constat 
per  litteras  dicti  domini  Ducis,  datas  xvi»  die  januarii  M  CCCC  XIIII,supe- 
rius  redditas.  Et  sic  idem  Robinetus  acquittatur  hie  de  eisdem. 

1 2 18.  Item,  ung  hannap  d'or  tout  plain,  couvert,  lequel  Mon- 
seigneur achapta  de  Jehan  Tarenne,  aux  estrainnes  Fan  mil  qua- 

tre  cens  et  quatourze. 

Datus  fuit  domino  de  Gaucourt,  [ut]  constat  per  litteras  domini  Ducis, 
datas  xvm^  die  maii  M  CCCC  XV,  redditas*  superius.  Et  dictus  Robinetus 
acquittatur,  ut  supra. 


(i)  Audebert  Catin  est  porte  sur  la  liste  des  changeurs,  lapidaires  et  orfe- 
vres  donnee  dans  Paris  et  ses  historiens  aux  xiv"  et  \V  siecles,  p.  362. 


326  VAISSELLE   d'oR    ET   d'aRGENT    [fol.    2  I  o] 


VAISSELLE,  TANT   D  OR  ET  D  ARGENT    COMME  AUTREMENT,  POUR  LADICTE 
ESCHANCONNERIE,    DONNEE    A    MONSEIGNEUR 

1 2 19.  Item,  une  petite  aiguiere  de  cristal,  faicte  a  Paris,  garnie 
d'or,  hachiee  sur  le  pie  et  Fance,  esmaillee  a  la  devise  de  Mon- 
seigneur;  et  ou  couvercle  a  troys  petis  balaisseaulx  et  six  petites 
perles;  laquelle  aiguiere  monseigneur  Farcevesque  de  Bourges, 
chancellier  de  mondit  Seigneur,  lui  donna  ou  mois  de  mars  I'an 

mil  Illl^et  XIII. 

[S  G,  n°  45i ;  prise  c  liv.  t.] 

1220.  Item,  ung  hannap  d'or,  ouvre  a  hours  et  branches  d'o- 
rengier  en  maniere  de  haulte  taille,  et  ou  fond  a  ung  eigne,  es- 
maille  de  blanc  et  d'un  escu  aux  armes  de  Monseigneur,  et  des- 
sus  le  couvercle  ung  fertelet  d'un  eigne  esmaille  de  blanc,  garny 
entour  de  huit  perles  branlans;  lequel  hannap  fut  donne  a  Mon- 
seigneur par  Jehan  de  la  Barre  aux  estrainnes,  le  premier  jour  du 
mois  de  Janvier  I'an  mil  quatre  cens  et  quinze. 

Iste  due  partes  [1219-1220]  reddite  fuerunt  Parisius  executoribus  per  dic- 
tum Robinetum.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus  de  eisdem. 


VAISSELLE,    TANT    d'oR    ET    d'aRGENT    COMME    AUTREMENT,    POUR 
FRUICTERIE,    ACHAPTEE    PAR    MONDIT    SEIGNEUR 

1 22 1.  Item,  six  petites  escuelles  d'argent  dorees,  armoyees  aux 
armes  de  Monseigneur,  pesans  dix  marcs  sept  estellins  obole; 
lesquelles  Monseigneur  aachaptees  de  Audebert  Catin,  bourgois 
et  changeur  de  Paris,  au  pris  de  dix  frans  cinq  sols  tournois  le 
marc,  valient  cent  deux  livres,  dix  huit  sols,  onze  deniers  tour- 
nois. 

De  istis  vi  parvis  scuteliis,  redduntur  Parisius  executoribus  per  dictum 
Robinetum  quinque,  que  postmodum  vendite  fuerunt  pro  facto  execucionis 
dicti  Domini.  Et  precium  receptum  per  Johannem  Lebourne,  commissum 
ad  receptam  bonorum  remanentium  ejusdem  Domini,  in  summa  vi"  ix<=  xxxiii 
lib.  VII  sol.  VI  den.  t.,  prout  plenius  in  inventario  aut  compoto  precedenti, 
folio  im"  VII,  mencio  habetur.  Quare  super  dictum  Lebourne. 


VAISSELLE    d'oR   ET   d'aRGENT    [fol.    2  10  V^]  327 

Respondeat  dictus  Robinetus  de  alia. 

Amissa  fuit  in  hospicio  Nigelle,  prout  constat  per  mandatum  dicti  domini 
Duels,  datum  ii"  die  junii  M  CCCG  XVI,  ut  per  certificacionem  magistrorum 
hospicii  dicti  Domini,  dicto  mandate  alligatam,  hie  redditam.  Et  sic  de 
eadem  exoneratur  idem  Robinetus. 

1222.  Item,  six  autres  peds  platelez  d'argent  dorez  vermeilz, 

armoiez  aux  armes  de  Monseigneur,  pesans  dix  mars  treize  estel- 

lins  obole;  lesquelx  Monseigneur  a  achaptez  de  Audebert  Catin, 

bourgois  et  changeur  de  Paris,  au  pris  de  dix  livres  cinq  sols 

tournois  le  marc,  valient  cent  troys  livres,  sept  sols,  troys  de- 

niers  obole  tournois. 

Isti  VI  parvi  disci  redditi  fuerunt  ut  supra,  et  postmodum  venditi,  et  pre- 
cium  receptum,  ut  superius  parte  preccdenti. 


VAISSELLE,    TANT    d'oR    ET    d'aRGENT     COMME     AUTREMENT,    POUR 
LADICTE    FRUITERIE,    DONNEE   A    MONDIT    SEIGNEUR 

Neant. 

VAISSELLE,    TANT    d'oR     ET    d'aRGENT    COMME   AUTREMENT,    POUR 
ESPICERIE,    ACHAPTEE    PAR    MONDIT    SEIGNEUR 

Neant. 

VAISSELLE,    TANT    d'oR    ET    d'aRGENT     COMME    AUTREMENT,    POUR 
LADICTE    ESPICERIE,    DONNEE    A    MONDIT    SEIGNEUR 

1223.  Item,  ung  dragouer  d'argent  dore,  hachie  sur  les  bours 
et  sur  le  pie  de  flours,  lequel  monseigneur  d'Armeignac  donna 
a  Monseigneur  aux  estrainnes,  le  premier  jour  de  Janvier  Tan 
mil  quatre  cens  et  treize. 

1224.  Item,  ung  autre  dragouer  d'argent  dore,  ouquel  a  ou 
millieu  ung  chastel,  et  entour  le  pie  pluseurs  tournelles,  hachie 
par  dedans  a  paons;  lequel  I'evesque  de  Chartres  donna  a  Mon- 
seigneur ausdictes  estrainnes. 

Iste  due  partes  [i 223- 1224]  reddite  fuerunt  Parisius  per  dictum  Robinetum 


328  VAISSELLE    d'aRGENT    [fol.   211    V] 

executoribus,  et  postmodum  vendite  pro  facto  dicte  execucionis,  et  precium 
receptum  per  Johannem  Lebourne,  commissum  ad  receptam  bonorum  dicte 
execucionis,  in  summa  vi"  ix'=  xxxiii  lib.  vii  sol.  vi  den.  t.,  prout  latius  in  in- 
ventario  aut  compoto  precedenti,  folio  iin"  vii,  mencio  habctur.  Ideo  super 
dictum  Lebourne. 


AUTRE    VAISSELLE    D  ARGENT    POUR    CUISINE,    ACHAPTEE    PAR 
MONDIT    SEIGNEUR 

1225.  Item,  six  grans  plaz  d'argent  dorez,  armoyez  aux  armes 
de  Monseigneur,  pesans  soixante  mars,  sept  onces,cinq  estellins; 
lesquelx  Monseigneur  a  achaptez  de  Audebert  Catin,  bourgois 
et  changeur  de  Paris,  au  pris  de  dix  franz  cinq  sols  tournois  le 
marc ;  valient  six  cens  vint  et  quatre  livres,  cinq  sols,  neuf  deniers 
tournois. 

1226.  Item,  douze  petis  plaz  d'argent  dorez,  armoiez  aux  ar- 
mes de  Monseigneur,  pesans  lx  marcs  vi  onces  xv  esterlins;  les- 
quelx Monseigneur  a  achaptez  de  Audebert  Catin,  bourgois  et 
changeur  de  Paris,  au  pris  de  x  frans  v  sous  t.  le  marc;  valient 
vi'=  xxiii  livres  xii  sous  x  deniers  t. 

1227.  Item,  deux  douzainnes  d'escuelles  d'argent  dorees,  ar- 
moides  aux  armes  de  Monseigneur,  pesans  lxi  marcs  iiii  onces; 
lesquelles  Monseigneur  a  achaptees  de  Audebert  Catin,  bour- 
gois et  changeur  de  Paris,  au  pris  de  x  frans  v  sous  t.  le  marc ; 
valient  vi^  xxix  livres  i  soux  deniers  obole  tournois. 

Iste  tres  partes  accolate  [1225-1227]  reddite  fuerunt  Parisius  executoribus 
per  dictum  Robinetum,  et  postmodum  vendite,  et  precium  receptum  per 
Johannem  Lebourne,  ut  supra,  pagina  precedenti. 


LIVRES    ACHAPTEZ     PAR    MONDlT    SEIGNEUR 

1228.  Item,  ung  livre  appelle  le  livre  de  Oy  nous  dit  (i),  es- 
cript  en  frangoys,  de  bonne  lettre  de  fourme  ;  et  au  commance- 

(i)  L.  Delisle,  Cabinet  des  maniiscrits,  t.  Ill,  p.  174  (n"  42). 


LIVRES   ACHETES    PAR   MONSEIGNEUR    [fol.    212    V]  32g 

ment  du  second  fueillet  a  escript :  I'imaige  de  Dieu ;  couveri  de 
cuir  vermeil  empraint,  a  deux  fcrmoiers  de  latton  et  cinq  petis 
boillions  de  mesmes  sur  chascune  aiz;  lequel  livre  Monseigneur 
achapta  de  maistre  Regnault  du  Montet,  librairc  demorant  a 
Paris,  en  fevrier  mil  quatre  cens  et  douze,  pour  le  pris  et  somme 
de  vint  escuz. 
[S  G,  n°  526;  prise  x  liv.  parisis,  vciidu  xiii  liv.  t.] 

L229.  Item,  ung  autre  livre  appelle  le  Dialogue  Saint  Gre- 
goire  (i),  escript  en  fran^oys,  de  lettre  de  court,  et  au  comman- 
cement  du  second  fueillet,  apres  la  table  dudit  livre,  a  escript  : 
oyes  des  hommes,  couvert  de  vielz  cuir  vert,  a  deux  fermoiers 
de  cuivre  et  cinq  petis  boillons  de  mesmes  sur  chascune  aiz ;  le- 
quel livre  mondit  Seigneur  achapta  dudit  maistre  Regnault,  oudit 
mois  de  fevrier  mil  quatre  cens  et  douze,  pour  le  pris  et  somme 
de  dix  escuz  d'or. 

Iste  duo  libri  [1228- 1229]  redditi  fuerunt  Parisius  executoribus  per  dictum 
Robinetum.  Et  ideo  acquittatur  hie  de  cisdem. 

[S  G,  n°  1 1 38 ;  prise  c  sous  t.] 

i23o.  Item,  les  Decades  de  Titus  Liviiis  (2),  en  troys  grans 
volumes,  escriptes  en  fran^oys,  de  bonne  lettre  de  fourme,  tres 
bien  ystoriees  et  enluminees;  et  au  commancement  du  second 
fueillet  du  premier  volume,  apres  le  prelogue  et  la  table  dudit 
volume,  a  escript :  lespoetes;  au  commancement  du  second  fueil- 
let du  second  volume,  apres  I'exposicion  des  motz  qui  n'ont 
point  de  propre  frangoys,  a  escript :  de  puissance ;  et  au  comman- 
cement du  second  fueillet  du  tiers  volume,  apres  les  dictes  expo- 
sicion  et  table,  a  escript :  pluseurs  coursses;  couvert  chascun  vo- 
lume de  cuir  vermeil  empraint,  a  deux  fermouers  d'argent  dorez, 
esmaillez  d'un  ymage  de  Nostre  Dame  tenant  son  enffant,  et  par 
dessus  a  une  chemise  d'un  satin  vermeil  figure  de  rainceaux,  de 
roses  et  cignes,  double  de  tiercelin  noir;  lesquelles  Decades 
Monseigneur    achapta   de   Jehan  de   la    Cloche,    tresorier    de 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  181  (n°  121). 
(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  189  (n-  235). 


33o  LIVRES    ACHETES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.   2  I  3] 

France  (i),  environ  le  moys  de  septembre  I'an  mil  quatre  cens  et 

treize,  pour  le  pris  et  somme  de 

[S  G,  n°  1 1 36;  prise  in''  lxxv  liv.  t.] 

123  I.  Item,  ung  livre  appelle  \e  Brut  d'Angleterre  (2),  escript 
en  frangoys  rime,  de  lettre  de  court;  et  au  commancement  du 
second  fueillet  a  escript  :  iingjili  avoit;  convert  de  cuir  vermeil 
empraint,  a  deux  petis  fermouers  de  cuivre  et  cinq  boillons  de 
mesmes  sur  chascune  aiz. 

Redditi  fuerunt,  ut  supra  [i23o-i23i]. 

[S  G, -:n°  517;  prise  c  sous  t.] 

1232.  Item,  unes  petites  Heures  (3),  esquelles  sont  les  Heures 
de  Nostre  Dame,  les  sept  Pseaulmes,  Vigilles  de  mors,  et  aiytres 
devocions;  et  au  commancement  a  une  oroison  de  saint  Jehan 
Baptiste  et  le  kalendier;  et  a  escript  au  commancernent  du 
second  fueillet  desdictes  Heures  de  Nostre-Dame :  quoniam ;  cou- 
vertes  de  drap  d'or,  fermans  a  deux  fermouers  d'or  esmaillez  aux 
armes  de  Monseigneur,  ouvre  ledit  drapt  d'or  a  fleurs  de  liz,  et 
par  dessus  une  chemise  de  drap  de  damas  bleu,  double  de  tier- 
celin  rouge ;  lesquelles  Heures  mondit  Seigneur  achapta  a  Paris 
en  son  hostel  de  Neelle,  le  xi'=  jour  de  decembre  quatre  cens  et 
quinze,  pour  le  pris  et  somme  de  cinquante  escuz  d'or  comp- 

tans  de... 

Redditus  ut  supra. 

[S  G,  n"  739;  prise  xv  liv.  t.]  , 

1233.  Item,  ung  petit  livre  de  la  Passion  Nostre  Seigneur  (4); 
convert  de  cuir  rouge  empraint,  fermant  a  deux  fermouers  de 
latton;  et  a  escript  au  commancement  du  second  fueillet  dudit 
livre: pour  ce  appelle  I'en;  lequelle  livre  Monseigneur  achapta 
d'un  libraire  de  Paris,  pour  le  pris  et  somme  de  six  escuz. 

(i).Icaii  dc  la  Cloche,  concierge  de  la  conciergerie  du  chastel  Saint- 
Antoine  a  Paris  pour  le  due  de  Guienne,  aurait  perdu  sa  charge  de  tresorier 
de  France  avant  1409,  d'apres  un  document  de  cette  date  ou  il  est  qualifie 
«  nagueres  tresorier  de  France  »  (Arch.  Nat.,  Y  382,  fol.  196). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  192  (n"  271). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  180  (n°  i  lo).  —  Voy.  Gazette  des  Bcaux-Avts, 
1884,  t.  I,  n°  34. 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  182  (n"  i33). 


LIVRES   ACHETES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.   2l3   V"]  33  I 

Redditus  fuit  ut  supra. 

[S  G,  n"  53o;  prise  lxvii  sous  vi  den.  t.] 

1234.  Item,  ung  livre  des  Proprietcs  des  chases  (i),  escript  en 
fran^oys,  de  lettre  courant,  et  historic  en  aucuns  lieux;  convert 
de  cuir  rouge  empraint,  a  deux  fermouers  d'argent  dorez,  et  par 
dessus  une  chemise  de  toille  blanche,  et  an  commancement  du 
second  fueillet  dudit  livre,  apres  le  rebriches,  a  escript :  diverses 
sciences  (2) ;  lequel  livre  Monseigneur  achapta  a  Paris,  en  son  hos- 
tel de  Neelle,  avecques  deux  autres  livres  cy  apres  declaires,  le 
second  jour  de  mars  Fan  mil  quatre  cens  et  quinze,  de  maistre 
Regnault  du  Montet,  pour  le  pris  et  somme  de  six  vings  escuz 

d'or. 
[S  G,  n°  1 141  ;  prise  l  liv.  t.] 

1235.  Item,  ung  autre  livre  appelle  le  Livre  du  pelerinaige  de 

vie  Jnimaj'ne  f3),  escript  de  lettre  courant,  en  fran^oys  rime,  et 

historic  en  pluseurs  lieux;  convert  de  cuir  rouge  empraint,  fer- 

mant  a  deux  fermouers  de  latton,  et  par  dessus  une  chemise  de 

toille  blanche;  et  au  commancement  du  second  fueillet  dudit 

livre  a  escript :  avec  son  pere  Lucifer  ;  lequel  livre  Monseigneur 

achapta  de  maistre  Regnault  du  Montet,  avecque  le  livre  prece- 

dant. 

[S  G,  n"  1 140;  prise  xv  liv.  t.] 

1236.  Item,  ung  autre  livre  appelle  les  Croniques  Martinien- 
nes  (4),  convert  de  cuir  rouge  empraint,  escript  de  lettre  cou- 
rant, fermant  a  deux  fermouers  d'argent  blanc ;  et  au  comman- 
cement du  second  fueillet  dudit  livre  a  escript :  il  escript  la 
science;  lequel  livre  Monseigneur  achapta  de  maistre  Regnault 
du  Montet,  avecques  les  deux  livres  precedans. 

[S  G,  n"  1 160;  prise  xv  liv.  t.] 

1237.  Item,  ung  tres  bon  et  tres  bel  Breviere{5),  en  deux  volu- 

(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  i83  (n"  144). 

(2)  L'inventaire  S  G  complete  ainsi  la  reference  :  diverses  sciences  que 
voiis  ave^  assemble:^.  » 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  193  (n"  279). 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  187  (n"  204). 

(5)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  174  (n"  5o).  Bibl.Nat.,  fends  fran^ais,  n"  6747. 
—  Voy.  Gazette  des  Beaux-Arts,  1884,  t.  I,  n"  9. 


332  LIVRES  ACHETES    PAR    MONSEIGNEUR    [fol.   214] 

mes  tres  richement  historiez  et  cnluminez  et  notez;  couverts  de 
cuir  rouge,  et  par  dessus  de  drap  de  soye  vert  use,  fermant  chas- 
cun  volume  a  deux  fermouers  de  latton;  lesquelx  Monseigneur  a 
achaptez  a  Paris  pour  le  pris  et  somme  de  iiii^  escuz,  et  depuis 
mondit  Seigneur  a  fait  faire  a  chascun  desdiz  volumes  une  che- 
mise de  veluyau  violet  figure,  et  deux  fermoers  d'argent  dorez, 
esmaillez  aux  armes  de  mondit  Seigneur,  et  deux  pipes  d'argent 
dorees,  garnies  de  seignaulx. 
Iste  iiii""'  partes  [1234-1237]  redditc  fuerunt  ut  supra. 


LIVRES    DONNEZ    A    MONDIT    SEIGNEUR 

1238.  Item,  ung  petit  livre  du  Tresor  maistre  Jchan  de 
Mt'/?207(i),  escript  en  franc^oys  rime,  de  grosse  lettre  de  fourme, 
hien  ystorie  et  enlumine  ;  et  au  commancemement  du  second 
fueillet  a  escript  :  qui  contre  (2) ;  couvert  de  veluyau  vermeil,  a 
deux  fermoyers  d'or,  touz  plains;  lequel  livre  Monseigneur  le 
due  de  Baviere  donna  a  Monseigneur  aux  estrainnes,  le  premier 
jour  de  Janvier  Tan  mil  quatre  cens  et  treize. 

[S  G,  n"  528;  prise  x  liv.  t.] 

1239.  Item,  ung  autre  livre  qui  est  intitule  :  le  Livre  de  la 
paix  (3),  escript  en  frangoys,  de  lettre  de  court;  et  au  commance- 
ment  du  second  fueillet  apres  la  premiere  ystoire  a  escript  :  et 
loysibles;  couvert  de  cuir  vermeil  empraint,  a  deux  fermoiers 
de  latton,  de  cinq  gros  boillons  de  mesmes  sur  chascune  aiz; 
lequel  livre  damoiselle  Cristine  de  Pizan  donna  a  mondit  Sei- 
gneur ausdictes  estrainnes  mil  quatre  cens  et  treize. 

Redditi  fuerunt  [i 238-1239]  Parisius  per  dictum  Robinetum,  ut  supra. 
[S  G,  n°  1 1 39;  prise  c  sous  t.] 

1240.  Item,  nn^  Breviere  a  I'usaige  de   Paris  (4),  escript  de 


(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  i83  (n°  148). 

(2)  «  Qui  comme,  »  dans  I'lnventaire  S  G. 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  193  (n"  288). 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  176  (n"  60).  —  Voyez  Gazette  des  Beaux-Arts, 
n"  18. 


LIVRES    DONNES   A    MONSEIGNEUR    [fol.    2  I  5]  333 

bonne  lettre  de  fourme,  tres  bien  enlumine;  et  au  commance- 
ment  du  second  fueillet,  apres  le  kalendrier  et  le  brief  dudit 
livi-e,  a  escript :  niam  tu  percucisti ;  convert  de  cuir  vermeil  eni- 
praint,  a  deux  fermouers  d'argent  dorez,  esmaillez  d'une  Annun- 
ciacion  ;  lequel  Breviere  I'evesque  de  Gap  donna  a  mondit  Sei- 
gneur, oudit  moys  de  Janvier  mil  quatre  cens  et  treize. 

Datus  fuit  magistro  Johanni  de  Stampis,  filio  Robineti  de  Stampis,  prout 
constat  per  litteras  domini  Ducis,  datas  xvi*  die  januarii  M  CCCGXIIII,  su- 
perius  redditas.  Et  ideo  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 

1241.  Item,  ung  petit  Breviere  (i),  bien  portatif,  a  I'usaige  de 
Paris,  escript  de  menue  lettre  de  fourme;  et  au  commancement 
du  second  fueillet,  apres  le  kalendrier  et  le  brief  dudit  livre,  a 
escript  :  Israel  ab  alienati ;  convert  de  veluyau  vermeil,  a  deux 
petis  fermoiers  d'or  et  une  pipe  de  mesmes ;  lequel  Breviere  le 
Roy  donna  a  Monseigneur,  le  xix^  jour  de  septembre  Fan  mil 
quatre  cens  et  treize. 

[S  G,  n°  1 1 79;  prise  xxx  liv.  t.] 

1242.  Item,  une  petite  Bible  en  latin  (2),  escripte  de  menue 
lettre  de  forme ;  et  au  commancement  du  second  fueillet  a  escript : 
miilta  i3j;  couvert  de  drap  de  soye  rouge,  a  deux  fermoers  d'or 
esmaillez  aux  armes  de  Monseigneur,  et  par  dessus  une  chemise 
de  drap  de  damas  vermeil,  double  de  satin  bleu;  laquelle  Bible, 
sans  lesdiz  fermoers  et  chemise,  que  Monseigneur  y  a  fait  faire, 
le  Premier  Presidant  du  Parlement  (4)  a  donne  a  mondit  Sei- 
gneur, ou  moys  de  septembre  mil  quatre  cens  et  quatourze. 

Isti  duo  libri  [1241-1242]  redditi  fuerunt  Parisius  executoribus  per  dictum 
Robinetum.  Et  ideo  de  eisdem  acquittatur  hie. 

[S  G,  n"  56o  :  a  une  pippe  garnie  d'un  balay  rond  et  de  deux  grosses  per- 
les,  prises  sanz  la  pippe  xxxii  liv.  parisis,  et  ladicte  pippe  a  este  depuis  prisee 


(i)  Cab.  des  man.,  t.III,  p.   176  (n°  61).  —  Cf.  Ga^.  des  Beaux-Arts,  n°  19. 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  171  (n°  5).  Bibl.  Nat.,  fonds  latin,  n"  10426. 

(3)  Cette  citation  est  ainsi  completee  dans  I'inventaire  S  G :  «  Miilta  signi- 
ficat.  n 

(4)  Robert  Mauger  succeda,  le  12  aout  141 3,  comme  Premier  President  du 
Parlement  a  Henri  de  Marie,  nomme  Chancelier  de  France.  Les  Bourgui- 
gnons  le  remplacerent,  en  1418,  par  Philippe  de  Morvilliers.  II  mourut  la 
meme  annee.  Son  testament  porte  la  date  du  25  septembre  1418.  (Voy. 
A.  Tuetey,  Testaments  enregistre's  au  Parlement  de  Paris,  p.  597). 


334  LIVRES   DONNES   A    MONSEIGNEUR    [fol.    21  5   vo] 

par  Julien  Simon  et  Hermant  Rainse  c  escuz;  valent  cxii  liv.  x  sous  t.;  par 
ainsi  somme  toute  clii  liv.  x  sous  t.] 

1243.  Item,  un  Psaultier  glosd  (i),  escript  de  lettre  de  fourme; 
et  au  commancement  du  second  fueillet  a  escript :  modus  autem; 
couvert  de  cuir  vermeil  empraint,  a  deux  fermoers  de  latton, 
et  sur  chascun  aiz  cinq  boillons  de  latton;  lequel  Psaultier  mais- 
tre  Symon  Alligret  donna  a  Monseigneur  aux  estrainnes,  le  pre- 
mier jour  de  Janvier  mil  quatre  cens  et  quatourze. 

1244.  Item,  ung  livre  d^Eiivangiles,  glose  (2),  escript  de  lettre 
de  fourme;  et  au  commancement  du  second  fueillet  a  escript  : 
sin  convocatis ;  couvert  de  cuir  rouge  empraint,  et  sur  chascune 
aiz  a  cinq  boillons  de  latton,  fermant  a  deux  fermouers  de  latton; 
lequel  livre  maistre  Arnoulx  Belin  donna  a  Monseigneur  aus- 
dictes  estrainnes,  le  premier  jour  de  Janvier  Fan  dessusdit  mil 
quatre  cens  et  quatourze. 

Isti  duo  libri  [1243-1244]  dati  fuerunt  per  dominum  Ducem  sue  capelle 
Bitturicensi,  prout  constat  per  litteras  suas,  datas  xvi  die  januarii  JVI  GGCC 
XIIII,  superius  redditas.  Et  ideo  idem  Robinetus  acquittatur  hie. 

1245.  Item,  ung  Psaultier  glose  (3),  escript  de  grosse  lettre  de 
fourme;  couvert  de  cuir  rouge  empraint,  fermant  a  deux  fer- 
mouers de  latton,  et  par  dessus  cinq  boillons  de  latton;  et  au 
commancement  du  second  fueillet  dudit  livre  a  escript  :  et  in 
lege;  lequel  livre  maistre  Arnoul  Belin,  tresorier  de  la  chapelle 
de  Monseigneur,  lui  donna  aux  estrainnes,  le  premier  jour  de 
Janvier  I'an  mil  quatre  cens  et  quinze. 

Datum  fuit  sacre  capelle  Bitturicensi,  [ut]  constat  per  litteras  dicti  Domini, 
datas  VIII  die  januarii  M  CCCC  XV,  superius  redditas.  Et  ideo  acquittatur 
hie  idem  Robinetus. 

1246.  Item,  ung  ^q\.\x  Psaultier  [^)^  de  tres  bonne  lettre  de 
fourme;  couvert  par  dessus  d'un  drap  de  soye  ouvre  a  fleurs  de 
liz  d'or;  lequel  Psaultier  le  conte  Dauphin  a  donn^  a  Monsei- 
gneur, et  despuis  mondit  Seigneur  y  a  fait  faire  deux  fermouers 
d'or,  esmaillez  aux  armes  de  Monseigneur  et  une  pipe  d'or;  et  au 

(i)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  lyS  (n°  26). 

(2)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  lyS  (n°  33). 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  173  (n°  24).  Bibl.  Nat.,  fonds  latin,  n''8874. 

(4)  Cab.  des  man.,  t.  IIT,  p.  173  (n"  27). 


LIVRES   DONNES   A   MONSEIGNEUR    [fol.   2  I  6]  335 

comniancement  du  second  fueillet  dudit  Psaultier  a  escript :  qui 

conjidunt. 

Datus  fuit  per  dominum  Ducem  et  per  suas  litteras,  datas  ii'  die  aprilis 
M  CCCG  XV,  domino  archiepiscopo  Bitturicensi;  que  littere  sunt  superius 
redditc.  Et  sit  acquittatur  idem  Rohinetus  de  eodem. 

1247.  Item,  ung  livre  de  la  Cite  de  Dieu  (i),  en  deux  volumes 
escripz  en  frangoys,  de  bonne  lettre  de  fourme,  tres  bien  historiez 
et  enluminez,  couvers  de  cuir  rouge  empraint,  a  deux  fermouers 
d'argent  dorez,  et  par  dessus  chascun  a  une  chemise  de  satin 
figure,  doublez  de  satin  noir;  et  au  commancement  du  second 
fueillet  du  premier  volume  desdiz  livres  a  escript  :  sesydoles  (2) ; 
et  au  commancement  du  second  fueillet  de  I'autre  volume  a  es- 
cript :  que  toute  creature ;  \es>c{\xehi  le  Roy  a  donnez  a  Monsei- 
gneur  en  son  hostel  de  Neelle,  ou  moys  de  mars  mil  quatre  cens 

et  quinze. 

Iste  liber  redditus  fuit  Parisius  per  dictum  Robinetum  executoribus.  Et 
idee  de  eodem  acquittatur  liic. 

[S  G,  n°  1 142  ;  prise  in''  lxxv  liv.  t.] 

1248.  Item,  ung  autre  livre  de  Terence  (3),  escript  en  latin,  de 
bonne  lettre  de  fourme,  glose  et  historic ;  fermant  a  deux  fer- 
mouers d'_argent  dorez,  esmaillez  aux  armes  de  feu  monseigneur 
de  Guienne,  par  dessus  convert  de  drap  de  damas  sendre;  et  au 
commancement  du  second  fueillet  dudit  livre  a  escript  :  fere 
5/i>i  (4) ;  lequel  livre  Fevesque  de   Chalon  (5)  donna  a  mondit 

Seigneur. 

[S  G,  n°  529;  prise  lxxv  liv.  t.] 

124*9.  Item,  ung  autre  livre,  escript  en  latin,  de  grosse  lettre  de 
fourme,  des  Groniques  de  France  (6) ;  convert  de  cuir  rouge, 

(i)  Cab.  des  man.,t.  Ill,  p.  180  (n°  1 17).  —  Voyez  Gazette  des  Beaux-Arts, 
n"  3. 

(2)  La  citation  donnee  par  I'inventaire  S  G,  toute  differente  de  cellequ'on 
lit  ici,  est  ainsi  confue  :  a  }-e  vermeille  ainsi  reveramment.  »  Le  debut  du 
second  feuillet  du  deuxieme  volume  est  le  meme  dans  les  deux  manuscrits. 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  191  (n"  262). 

(4)  «  Fore  sibi  hanc  »  dans  I'inventaire  S  G. 

(5)  Louis  cardinal  de  Bar,  eveque  de  Chalons-sur-Marne  de  i4i3  a  1420, 
puis  transfere  a  I'eveche  de  Verdun  en  1420.  On  a  vu  precedemment  qu'il 
etait  en  relations  suivies  avec  le  due  de  Berry. 

(6)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.  189  (n"  2  38). 


336  LIVRES    DONNES   A   MONSEIGNEUR    [fol.   2l6   V°] 

fermant  a  quatre  fermouers  de  latton;  et  au  commancement  du 
second  fueillet  dudit  livre  a  escript  :  tis  et  vocatum  (i);  lequel 
livre  Monseigneur  a  eu  de  Tabbaye  de  Saint-Denis. 

Redditi  fuerunt  [1248- 1249]  ut  supra. 

[S  G,  n°  1294  :  lequel  livre  mondit  Seigneur  de  Berry  fist  prendre  en 
I'esglise  de  Saint  Denis  pour  monstrer  a  I'Empereur  et  aussi  pour  le  faire 
coppier,  et  voult  a  ses  derrains  jours,  si  comme  il  est  relate  par  ledit  Robi- 
net  et  aussi  le  confesseur  dudit  feu  mondit  Seigneur,  que  mondit  Seigneur 
lui  dist  qu'il  feust  restitue  a  ladicte  esglise]. 

i25o.  Item,  le  second  volume  d'un  Breviere  {2)  tres  richement 
historie  et  enlumine,  garny  d'une  chemise  de  drap  d'or  semee 
de  fueilles  miparties  de  blanc  et  vert ;  lequel  livre  fut  de  feu 
monseigneur  de  Guienne. 
Redditus,  ut  supra. 

1 25 1 .  Item,  unes  petites  Heures  de  Nostre  Dame  (3),  tres  bien 
historides  de  menues  histoires,  dont  les  aiz  sont  couvertes  d'or, 
ouvrez  aymages  faiz  de  haute  taille ;  lesquelles  Heures  la  femme 
de  messire  David  de  Brimeu  a  donne  a  Monseigneur,  ou  moys 
de  Janvier  I'an  mil  quatre  cens  et  quinze. 

Date  fuerunt  comitisse  Armigniaci,  filie  dicti  domini  Ducis,  [ut]  constat  per 
litteras  dicti  Domini,  datas  xv'  die  maii  M  CGGG  XVI°,  superius  redditas. 
Et  sic  acquittatur  hie  idem  Robinetus. 


Presens  inventarium  visum,  correctum  et  clausum  fuit  per 
nos  Stephanum  de  Brayo  et  Nicolaum  de  Pratis,  Regis  consilia- 
rios,  et  ad  hoc  per  litteras  Regis  commissos,  prout  in  inventario 
precedent!,  xxii^  die  januarii  anno  M  CCCC  XV1° 


N.  DE  Praxis.  —  S.  Bray, 


(i)  L'inventaire  S  G  ajoute,  apres  vocatum  :  «  est  nomen  ejus  Adam.  » 

(2)  Parmi  les  nombreux  breviaires  dont  M.  Delisle  a  releve  la  mention 
dans  les  inventaires  du  due  de  Berry,  celui  qui  porte  le  n°  64  dans  la  liste 
du  Cabinet  des  mamiscrits  repond  seul,  et  encore  incompletement,  a  la 
presente  description. 

(3)  Cab.  des  man.,  t.  Ill,  p.   180  (n°  109).  —  Voyez  Gazette  des  Beaux- 


Arts,  n"  33. 


CORRECTIONS  ET  ADDITIONS 


(0 


p.  9,  note  I  :  les  lettres  d'anoblissement  de  Robinet  d'Etampes  et  dc  sa 
femme  Jaquete,  en  date  du  26  mai  1404,  se  trouvcnt  au  Tresor  des 
Chartes  sous  la  cote  JJ  i58,  n"  384. 

P.  17,  1.  14   :  supprimez  la  croix  apres  Ducis. 

P.  18,  note  I  :  les  amies  mentionnees  dans  le  texte  peuvent  aussi  bien 
etre  celles  de  la  deuxieme  femme  du  due  Jean  que  celles  de  la  pre- 
miere. 

P.  19,   1.   19    :  isti  tabular,  lise{  :  isti  tabularii. 

—  1.  20   :  supprimez  la  croix  apres  Ducis. 

—  1.   22  :  ajoutez  le  renvoi  :  [B,  n°  21 3]. 

P.  20,  note  2  :  Henri  III,  dit  le  Malade,  lise^  :  dit  le  Maladif. 

P.  21,  art.  22  et  24  :  apres  la  concordance   avec  I'lnventaire  SG,  ofoiite^  : 

non  prise. 
P.  25,  art.  40  -.  apres  le  renvoi  a  I'inventaire  SG,  ajoiite^  :  non  prise. 
P.  26,  1.   I  et  note  i  :  les  amies  de  France  et  d'Evreux  sont  probablemcnt 

celles  de  la  reine  Jeanne  d'Evreux,  veuve  du  roi  Charles  IV,  niorte  en  iSyo. 
P.   28,   1.    i3  :  au  lieu  de  ii''  1.  t.,  lise:{  :  xii"  1.  t. 
P.  32,  note  I  :  la  somme  promise  aux  Anglais  par  le  due  de  Berry  etait  le 

prix   de   leur  assistance  contre  I'armee  du    Roi  et  du  due  de  Bourgogne 

lors   du   siege  de   Bourges.    Les   Anglais    arriverent    trop    tard,   il    n'en 

fallut  pas  moins  payer  leur  alliance. 
P.  37,  art.  71  :  ajoutez,  apres  le  renvoi  a  I'lnvent.  SG  :  prise  M  frans. 
P.  48,  1.    12    :  XV  s.,  lise^  :  xv  esterlins. 
P.  53,  art.  i25  :  ajoutez  le  renvoi  :  B,  n"  919. 
P.  55,  art.  i3i   :  ajoutez  le  renvoi  :  B,  n"  860. 
P.  55,  art.  i32  :  apres  la  reference  a  I'inventaire  SG,  ajoutez  :   «  la  saliere 

en  laquelle  souloit  avoir  des  reliques,  prisee  lx  s.  t.  » 
P.  66,  art.   i85,  note  :  au  lieu  de  :  prise  iiii  liv.  t. ;  lise:{  :  prise  niv-  1.  t. 
P.  67,  art.  1 86 :  au  lieu  de  :  prise  vii  nii'^x  vii  liv.,  lisei  :  prise  vn^  luixx  vii  liv. 
P.  71,  note    I  :  voyez  au   sujet   de  ces  medailles  la  notice  publiee  dans  la 

Revue  de  Numismatique  de  1890,  sous  le  titre  Medailles  de  Constantin  et 


(i)  On  ne  signale  pas   les  fautes  d'impression  ou  de  ponctuation  qui   se 
corrigent  facilement  a  la  lecture. 


338  CORRKCTIONS   ET    ADDITIONS 

d'Heracliiis  acqinses  par  Jean  due  de  Berry  en  1402,  32  pages  ct  1^  plan- 
ches (Tirage  a  part  a  25  excmplaires). 

M.  Froehncr,  dans  VAnnuaire  de  la  Societe  francaise  de  niimismatiqiic 
(1890,  p.  472-478,  Varictcs  numismatiques)jlaissant  de  cote  la  mddaille  de 
Constantin,  s'attache  a  donner  de  nouvellcs  explication  des  legendes  inscrites 
sur  celle  d'Heraclius.  II  pense  qu'au  lieu  de  portes  de  I'enfer,  il  faut  tra- 
duire  les  Portes  de  fer,  dans  le  defile  du  Taurus,  que  TEmpereur  dut  fran- 
chir  pour  gagner  la  Perse;  il  propose  d'autres  interpretations  ingenieuses 
des  allegories  gravees  sur  la  medaille.  Mais  il  parait  impossible  d'admet- 
tre  la  lecture  kitokrfi^'.!:,  (reprises)  proposee  par  lui  au  lieu  de  AIIOAINIC. 
M.  Froehner  s'etonne  de  I'absence  d'accents  dans  la  legende  grecque;  n'est- 
ce  pas  une  regie  generale  dans  toutes  les  inscriptions  en  capitales  ?  La 
conclusion  de  M.  Froehner  qui  attribue  une  origine  viennoise  a  la  medaille, 
sans  aucune  preuve  a  I'appui,  nous  semble  aussi  contestable. 

Dans  la  meme  Revue  (1891,  p.  83-86j,  M.  Blanchet  s'est  donne  la  tache 
de  refuter  une  partie  des  observations  de  M.  Froehner  et  ses  observations 
sont  accompagnees  d'une  remarque  ingenieuse  sur  Tidentite  des  litres  hono- 
rifiques  attribues  par  les  legendes  aux  deux  empereurs.  Nous  sommes  du 
reste  absolument  d'accord  avec  M.  Froehner  sur  la  necessite  d'expliquer  les 
monuments  figures  du  moyen  age  par  des  textes  de  la  meme  epoque.  Done, 
avant  d'entreprendre  la  publication  d'un  document  comme  I'inventaire  du 
due  de  Berry,  il  faudrait  posseder  a  fond  toute  la  litterature  du  moyen  age. 
C'est  cntendu.  Mais  alors,  qui  serait  jamais  en  mesure  d'entreprendre  une 
pareille  publication? 

II  y  a  bien  d'autres  articles  de  I'inventaire  du  due  de  Berry  pour  I'expli- 
cation  desquels  la  connaissance  approfondie  de  la  litterature  et  des  legendes 
du  moyen  age  serait  indispensable.  II    nous  a  semble  qu'il  fallait  pourvoir 
au  plus  presse,  c'est-a-dire  publier  d'abord  le  texte  aussi  correctement  que 
possible.  Les  commentaires  et  eclaircissements  viendront  en  leur  temps; 
chacun  maintenant  pent  se  mettre  a  la  besogne. 
P.  75,  art.  209  :  ajoutez  le  renvoi  :  B,  n°  253. 
P.  79,  art.  233  :  ajoutez  le  renvoi  :  B,  n"  927. 
P.  87,  art.  281  :  au  lieu  de  :  B,  n"  642,  Use:{  :  B,  n"  940. 
P.  98,  note  I  :  le  grand  maitre   de  Rhodes   etait   Philibert  de  Naillac  (Cf. 

p.  i83,  note  i). 
P.  100,  art.  341  :  ajoutez  le  renvoi  :  B,  n'  216,  et,  apres  SG,  n°  927,  ajoutez  : 

prise  avec  926  et  926  22  liv.  10  sous  t.  [voir  la  note  de  338]. 
P.   loi,  note  I  :  sur  Guillemin  Sanguin,  voyez  aussi  Ic  Journal  dun  bour- 
geois de  Paris,  p.  239,  note  2. 
P.  loi,  note  2  :  Valentine  d'Orleans  ;  lise^  :  \'alentine  de  Milan. 
P.  1 1 5,  art.  370  :  ajoutez  le  renvoi  :  B,  n"  144. 
P.   122,  art.  399  :  ajoutez  le  renvoi  :  B,  n°  240. 
P.  I  36,  ligne  18  :  Gervasio  Martini, /zs<?f  :  Gervasio  Merlini. 

—      note   I,  ligne  2  :  due  de  Montpensier;  //sef  ;  comte  de  Montpensier. 
P.  142,  art.  473  :  ajoutez  Ic  renvoi  :  B.  n°  162. 


CORRECTIONS     ET     ADDITIONS  339 

P.  143,  art.  494  :  ajoutez  le  renvoi  :  B,  11°  199. 
P.  149,  art.  5:^7  :  ajoutez  le  renvoi  ;  B,  n''  931. 
P.  i5o,  art.  538  :  ajoutez  :  Cf.  B,  n°  i(j(5. 

P.  1 53,  note  2  :  rapprochez  de  cette  note,  I'ctude  consacrce  dans  la  Reme 
de  Numismastiqice,  annee  1891,  aux  medailles  des  seigneurs  de  Carrare 
(9  pages  et  i  planche);  il  a  ete  fait  de  cette  notice  un  tirage  a  part  a 
5o  exennplaires. 
P.  I  55,  note  2  :  les  joutes  de  Bourges,  dont  il  est  question  dans  les  articles 
576  et  931,  a  I'occasion  de  joyaux  et  autres  choses  livrees  par  le  mar- 
chand  parisien,  Barthelemy  Rust,  furent  celebrees  a  la  suite  de  la  con- 
secration et  de  la  dedicace  de  la  Sainte-Chapelle  erigee  par  le  due  de 
Berry.  Les  ceremonies  religieuses  avaient  eu  lieu  les  18  et  19  avril  1405 ; 
les  joutes  furent  donnees  les  deux  jours  suivants,  21  et  22  avril,  commc 
le  temoignent  les  articles  de  I'lnventaire. 
P.  164,  art.  61 3  :  ajoutez  le  renvoi  :  B,  n°  58. 

P.  180,  note  I  :  la  date  de  la  mort  d'Asselin  Reine,  donnee  dans  cette  note 
d'apres  la  date  de  son  testament  (1404),  est  en  opposition  formelle  avec 
I'article  680  de  I'lnventaire  parlant  d'un  cadeau  offert  au  due  de  Berry 
par  Asselin  Reine  aux  etrennes  de  1408.  II  aurait  vecu  plus  de  quatrc 
ans  encore  apres  avoir  fait  son  testament. 
P.  180,  note  2  :  le  nom  de  Guillaume  de  Ruilly,  predecesseur  de  Robinet 
d'Etampes  dans  la  charge  de  garde  des  joyaux  du  due  de  Berry,  revient 
frequemment  dans  I'lnventaire  B. 
P.  181,  note  I  :  cette  note  fait  double  emploi  avec  la  note  plus  complete  de 

la  page  52. 
P.  1 85,  note  4  :  sur  Casin  de  Serenviller,  voy.  Invent.  B,  p.  3i,  note  i. 
P.  2o3,  art.  783  :  ajoutez  a  la  suite  de  I'art.  le  renvoi  :  SG,  n"  1014,  prise  x  1. 1 
P.  209,  ligne  22  :  au  lieu  de  801-807,  lise\  :  802-807. 

P.  21 1,  note  2  :  I'eveque  de  Lavaur,  cite  dans  les  articles  811  et  812,  ne  serait- 
il  pas  Pierre  III  Giraud,  cardinal  du  Puy,  eveque  de  Lavaur  de  1410  a 
141 5,  plutot  que  son  predecesseur  Pierre  Neveu?  La  mention  peut  aussi 
bien  s'appliquer  a  I'un  qu'a  I'autre. 
P.  223,  note  I  :  ajoutez  a  I'enumeration  des  publications  sur  la  bibliotheque 
du  due  de  Berry  :  Le  Laboureur  :  Le  Religieux  de  Saint-Denis,  2  vol. 
in-fol.,  i663.  —  Barrois,  Bibliotheque  protypographique  on  librairies 
des  fils  du  roi  Jean,  etc.  Treuttel  et  Wurtz,  in-4'',  i83o,  planches.  —  Ces 
deux  auteurs  donnent  la  liste  des  livres  mentionnes  dans  le  manuscrit  de 
Sainte-Genevieve. 
P.  226,  art.  859  :  ajoutez  au  renvoi  SG  460  :  prise  xxx  liv.  t. 
P.  226,  art.  860  :  le  livre  de  Machaut  offert  au  due  de  Clarence,  est  pro- 
bablemcnt  le  miime  volume  que  le  due  de  Berry  avait  deja  donne,  en 
1404,  a  la  Sainte  Chapelle  de  Bourges  et  qu'il  s'etait  fait  restituer  avant 
141 2.  —  Cf.  la  note  concernant  ce  manuscrit  a  I'Appendice  III  de  la  pre- 
sente  publication  (tome  11,  p.  3 18).  C'est  sans  doute  le  manuscrit  inscrit 
sous  le  n"  9221,  du  fends  frans:ais.  II  porte  a  la  premiere  et  a  la  derniere 


340  CORRECTIONS     ET     ADDITIONS 

pages  une  double  annotation  ne  laissant  pas  de  doute  sur  sa  provenance. 

P.  23i,  art.  883,  note  4  :  a  la  suite  d'une  communication  faite  a  I'Acad^mie 
des  Inscriptions  et  Belles-Lettrcs,  dans  la  seance  du  3o  Janvier  1891,  au 
sujet  des  ouvrages  de  Honore  Bonnet,  le  prieur  de  Salon,  M.  Noel  Valois, 
a  bien  voulu  nous  donner  les  renseignements  suivants  :  Honore  Bonnet, 
dans  son  Somniitm  super  materia  scismatis,  suppose  un  dialogue  entrc  lui 
et  le  due  de  Berry,  et  met  dans  la  bouche  de  ce  prince  une  citation  du 
Hvre  I  g  4  de  VArbre  des  Batailles,  ouvrage,  ajoute  le  Due  «  quem  dudum 
nobis  dedistii  ».  IJ'Arbre  des  Batailles  fut  compose  entre  i386  et  i389,  et 
le  Somnium  en  1394  (Cf.  Bib.  Nat.,  ms.  lat.  14643,  fol.  279  v"). 

P.  232,  art.  886  :  le  due  de  Berry  possedait  trois  exemplaires  des  Dialogues 
de  saint  Gregoire,  inscrits  dans  I'lnventaire  A  sous  les  n"  886,  962  et 
1229.  Un  de  ces  manuscrits,  provenant  de  la  librairie  des  dues  de  Bour- 
gogne,  fait  actuellement  partie  de  la  bibliotheque  royale  de  Bruxelles  oil  il 
porte  le  n"  9533  (voy.  Delisle,  Melanges  de  pale'ographie,  p.23o,  et  Cab. 
des  man.  tome  III,  p.  340). 

P.  235,  note  4  :  sur  Andre  Beauneveu,  consultez  aussi  :  X\c\.  Pinchart, 
Archives  des  arts,  des  sciences  et  des  lettres  (tome  II,  p.  145),  et  I'abbe 
Dehaisnes,  Histoire  de  I'art  dans  la  Flandre,  VArtois  et  le  Hainaut  (t.  I, 
p.  242-257),  ou  se  trouvent  reproduites  en  heliogravure  deux  miniatures 
attribuees  avec  toute  vraisemblance  a  Andre  Beauneveu.  L'une  reprc- 
scntc  la  Vierge  avec  I'enfant  Jesus;  I'autre  nous  offre  le  portrait  le  plus 
rcmarquable,  on  pourrait  presque  dire  le  plus  ressemblant,  qui  existe  du 
due  de  Berry.  On  pent  recourir  aussi  aux  sources  enumerees  dans  le  Ca- 
talogue raisonne  des  moulages  du  Musee  du  Trocadero  pour  les  xiv"  et 
xv"  siecles,  p.  41. 

P.  235,  note  4  :  au  lieu  dc  vingt-quatre  prophetes  et  apotres.  Use:;:  douze. 

P.  2  36,  art.  911:  Jacques  Courau  qui  offre  en  etrennes,  au  debut  de  I'annee 
1402  (n.  St.)  un  manuscrit  de  Valere  Maxime,  puis  un  livre  de  la  Cite'  de 
Dieu  en  1405  (art.  942),  etait  tresorier  general  du  due  de  Berry  depuis 
1397  (cf.  Arch.  Nat.  KK  253,  fol.  i  et  passim). 

P.  2  38,  art.  916  :  M.  Delisle  pense  que  le  Tite-Live  decrit  sous  ce 
numero  est  celui  qui  fait  partie  des  collections  de  Chantilly.  —  Voyez 
notre  liste  des  manuscrits  du  due  de  Berry  (Introduction,  p.  clxix,  n"  41). 

P.  239,  note  2  :  M.  le  baron  Jerome  Pichon  vient  de  donner  une  nouvelle 
edition  du  Viandier  Taillevent. 

P.  244,  n"  934  :  Le  premier  volume  de  cette  Bible,  conserve  au  British 
Museum,  a  re(;u  le  n°  1175  dans  le  fonds  Lansdowne.  (Cf.  Introduction, 
p.  CLXi,  n°  4). 

P.  245,  note  4  :  M.  Delisle  a  constate  que  la  bibliotheque  de  Bruxelles  ne 
possedait  pas  de  Sidrac  provenant  de  la  librairie  de  Bourges  {Cab.  des 
man.  Appendice,  t.  Ill,  p.  340. 

P.  246,  note  2  :  ce  n'est  pas  le  n°  940,  mais  le  n°  993  de  notre  Inventaire 
qui  porte  aujourd'hui  le  n°  998  du  fonds  fran^ais. 

P.  248,  n"  946.  Le  manuscrit  des  Miracles  de  Notre-Dame  apparticnt  aujour- 


CORRECTIONS     KT     ADDITIONS  .->4 1 

d'hui  au  Scminairc  dc  Soissons.  Expose  au  Champ  dc  Mars  en  18G7,  il 
a  cte  I'objet  d'une  etude  tres  coniplele  dc  M.  Dclisle  inscree  dans  Ics 
Comptes  rendus  des  seances  de  V Academic  des  Inscriptions,  1867,  p.  262- 
266.  etude  reproduite  dans  le  Cabinet  des  Maniiscrits,  tome  III,  p.  324- 
327.  L'histoire  complete  de  ce  beau  livre,  pris  par  Ics  Anglais  a  la  bataillc 
de  Poitiers,  rachete  par  Charles  V,  puis  donne  au  due  dc  Berry  par 
Charles  VI,  se  trouve  racontee  par  le  detail  dans  la  notice  de  M.  Dclisle. 
(Voy.  notrc  Introduction,  p.  clxxiv,  n"  58.) 

P.  24Q,  art.  949  :  sur  1  epitre  d'Othea  a  Hector,  voyez  I'article  1004  du  memc 
Inventaire  et  la  note  qui  I'accompagne. 

P.  25o,  art.  962  :  la  Mutacion  de  fortune  porte,  a  la  bibliotheque  de  La 
Hayc,  le  n"  701  (Dclisle,  Melanges  de paleographie,  p.  23i).  — Voy.  notre 
Introduction,  p.  clxxvi,  n°  70. 

P.  25 1,  art.  954  :  au  sujet  de  Jean  Flamcl,rapprochez  les  notes  des  articles 
961  et  991  de  cellc  de  I'article  954. 

P.  252,  art.  957  :  voyez  la  note  du  Cabinet  des  Maniiscrits,  t.  Ill,  p.  340. 

P.  253,  art.  960  :  depuis  que  M.  Dclisle  a  decrit  ce  livre  d'Hcures  dans  les 
Melanges  de  paleographie,  les  heriticrs  dn  baron  d'Ailly  qui  les  posse- 
daicntalors  les  ont  vendues  au  baron  Edmondde  Rothschid  en  1881  (Voy. 
Cabinet  des  Maniiscrits,  t.  Ill,  p.  389)  et  notre  Introduction,  p.  clxxi, 
n°  26. 

P.  255,  art.  964,  1.  5  :  sur  Pierre  Le  Fruitier,  dit  Salmon,  secretaire  du  roi 
Charles  VI,  voy.  I'article  deja  signale  plus  haut  (p.  22,  note  2)  public  dans 
la  Ga::{ette  des  Beaux-Arts,  par  M.  A.  de  Champeaux.  Le  manuscrit  de 
la  Cite  de  Dieii  dont  il  est  question  ici,  fut  reclame  en  1416  par  Pierre 
Salmon  qui  pretendait  nc  I'avoir  remis  au  Due  que  pour  I'examiner; 
cette  revendication  fut  du  reste  admise  par  les  executeurs  testamentaires, 
et  Salmon  rentra  en  possession  de  la  Cite  de  Dieii. 

P.  255,  art.  965  :  c'est  la  Bible  vendue  paries  heriticrs  dc  Jean  de  Montaigu 
a  Galiache  Pinel,  marchand  de  Paris,  Ic  18  mars  1418,  pour  i25  1iv.  t. 
(Cf.  Delisle,  t.  Ill,  p.   171). 

P.  258,  art.  971,  note  1  :  le  Breviairc  de  Charles  V  est  cote  io52  et  non 
4o52  (comme  le  dit  la  note)  dans  le  fonds  latin  dc  la  Bibliotheque  Natio- 
nale. 

P.  262,  art.  983  :  M.  Delisle,  dans  le  Cabinet  des  maniiscrits  (Appendice, 
t.  Ill,  p.  389),  a  constate  I'existence  de  deux  manuscrits  differentsdu3//roir 
des  Dames,  ayant  tous  deuxappartenus  au  due  de  Berry.  L'un  est  actuelle- 
ment  au  British  Museum,  I'autre  a  la  bibliotheque  de  Bruxelles  (Voy. 
t.  II  de  notre  publication,  p.  3 18  et  I'lntroduction,  p.  clxxv  et  clxxxi, 
n"'  64  et  65). 

P.  265,  note  I  :  ajoutez  la  reference  Bib.  Nat.  f.  fr.  598. 

P.  267,  art.  998  :  ajoutez  ce  renvoi  :  SG,  n"  1161  et  1162  :  prises  ensem- 
ble CXX  liv.  t.  —  L'inventaire  SG  ajoute  :  «  Convert  de  drap  de  Damas 
vermeil,  double  de  satin  vermeil...,  dont  Ic  brief  d'icculx  est  en  fran?ois.  » 
C'est  par  errcur  que  Ic  Cabinet  des  Man.  renvoie  aux  n"  1061  et  1062. 


342  CORRECTIONS     ET     ADDITIONS 

P.  2g3,  lig.  28  :  au  lieu  dc  :  prise  ci  frans,  lisCy  .-prise  cl  frans. 

P.  297,  note  I  ;  Guillaume  de  Boisratier  ne  succeda  a  Pierre  Aimeri  sur  le 

siege  de  Bourges  qu'en  1409.  En  1400,  il  occupait  aupres  du  due  de  Berry 

les  fonctions  de  conseiller  et  maitre  des   rcquetes  de    Fhotcl  (Arch.  Nat. 

KK  253,  fol.  14  v"  et  passim). 
P.  3o3,  note  i ,  in  fine  :  au  lieu  de  :  apres  la  mort  du  due  de  Bcrri,  lise^  :  apres 

la  mort  de  Jean. 
P.  319,   art.     1 196  :   ajoutcz,  a    la    fin,  Ic  renvoi  suivant  :  Cf.  SG,  n"   701  ; 

prise  w  XXV  liv.  t. 
P.  33o,  art.  i23i,  note  :  ce  manuscrit  porte  actuellement  le  n"  1434  du  fonds 

franijais  a  la  Bibliotheque  Nationale.  (Cf.  Introduction,  p.  clxxiv,  n°  59. 


TABLE  DES  MATIERES 


PREMIER  VOLUME 


Introduction ' 

Lettres  du  roi  Charles  VI  adjoignant  Etienne  de  Bray  et  Nico- 
las Des  Pres  aux  executeurs  testamentaires  du  due  de  Berry, 
et  commettant  Jean  Le  Bourne  a  I'administrationde  ses  biens 

(8  aout  1416) ^ 

Lettres  de  Charles  VI  enjoignant  a  Arnoul  Belin  et  a  Mace 
Sarreboursededelivreraux  executeurs  testamentaires  I'inven- 
taire  du  due  de  Berry  reste  entre  les  mains  de  Robinet 
d'Etampes  (8  aout  1416) ^ 

Inventaire  des  joyaux  remis  a  garde  de  Robinet  d'Etampes...  7 

Decharge  generale  donnee  a  Robinet  d'Etampes 8 

Joj'aux  pour  chapelle  : 

Croix  d'or  et  d'argent  des  inventaires 10 

Croix  d'or  et  d'argent  achetees  par  Monseigneur 12 

Croix  d'or  et  d'argent  donnees  a  Monseigneur 16 

Grands  joyaux  et  tabernacles ^7 

Tableaux,    reliquaires  et   petits    joyaux    d'or   et    d'argent    des 

inventaires '9 

Tableaux,  etc.,  achetes  par  Monseigneur 27 

Tableaux,  etc.,  donnes  a  Monseigneur ^-' 

Images  d'or  et  d'argent  des  inventaires ■  4^ 

Images  d'or  ot  d'argent  achetees  par  Monseigneur 4^ 

Images  d'or  et  d'argent  donnees  a  Monseigneur 44 

Calices,  portepaix,  corporaliers,  boites,   burettes  d'or  et  d'ar- 
gent des  inventaires 4^ 

Calices,  etc.,  d'or  et  d'argent  donnes  a  Monseigneur 4^^ 


344  TABLIC     DES     MATIERKS 

Chandeliers,    benoistiers   et   encensiers    d'or   et    d'argent   des 

inventaires 48 

Chandeliers,  etc.,  donnes  a  Monseigneur 52 

Au tiers  portatifs  des  inventaires 52 

Autiers  portatifs  depuis  les  inventaires 53 

Autres  joyaux  de  diverses  manieres,  pour  chapelle,  des  inven- 
taires    53 

Reliques  saintes  des  inventaires 54 

Reliques  donnees  a  Monseigneur 55 

Joyaux  pour  le  corps  de  Monseigneur  le  due  : 

Colliers,  chapeaux,  echarpes  et  ceintures  des  inventaires 5j 

Colliers  et  ceintures  donnes  a  Monseigneur 59 

Fermaillez  des  inventaires 59 

Fermaillez  achetes  par  Monseigneur 61 

Fermaillez  donnes  a  Monseigneur 62 

Bullettes,  petits  reliquaires  et  patenotres  des  inventaires 62 

Bullettes,  etc.,  achetes  par  Monseigneur 66 

Bullettes,  etc.,  donnes  a  Monseigneur 69 

Petits  joyaux  d'or  des  inventaires 70 

Petits  joyaux  d'or  achetes  par  Monseigneur 70 

Joyaux  et  autres  objets  de  peu  de  valeur  des  inventaires 73 

Joyaux,  etc.,  de  peu  de  valeur,  achetes  par  Monseigneur 88 

Pierrerie  des  joyaux  et  vaisselle  depece^. 

Rubis 99 

Rubis  achetes 100 

Rubis  donnes  a  Monseigneur io3 

Balais  des  joyaux  et  vaisselle io5 

Balais  achetes  par  Monseigneur 1 1 1 

Balais  donnes  a  Monseigneur 112 

Saphirs  des  joyaux  et  vaisselle 112 

Saphirs  achetes  par  Monseigneur 1 17 

Saphirs  donnes  a  Monseigneur 118 

Emeraudes  des  joyaux  et  vaisselle 121 

Emeraudes  achetees  par  Monseigneur i23 

Emeraudes  donnees  a  Monseigneur i25 

Diamants  des  joyaux  et  vaisselle 126 

Diamants  achetes  par  Monseigneur 128 


TABLE     DES     MATIERES  345 

Diamants  donnes  a  Monseigneur 1 3 1 

Pedes  des  joyaux  et  vaisselle i36 

Perles  achetees  par  Monseigneur 140 

Perles  donnees  a  Monseigneur 141 

Sceaux  et  signets 141 

Anneaux,  pierres,  etc.,  et  joyaux  depeces  des  inventaires,  en 

oeuvre  et  hors  oeuvre 148 

Autres  parties  des  inventaires  de  nuUe  ou  petite  valeur i5i 

Pierres  en  anneaux  et  hors  oeuvre  achetees  par  Monseigneur. .  i55 

Pierres  en  anneaux  et  hors  oeuvres  donnees  a  Monseigneur. ...  i58 
Vaisselle   et  autres  choses,  d'or  et  d'argent,  pour  panneterie, 

des  inventaires 1 64 

Vaisselle,  etc.,  achetee  par  Monseigneur 170 

Vaisselle,  etc.,  donnee  a  Monseigneur 174 

Vaisselle  d'or  et  d'argent,  pour  echansonnerie,  des  inventaires.  184 

Vaisselle,  etc.,  achetee  par  Monseigneur 199 

Vaisselle,  etc.,  donnee  a  Monseigneur 208 

Vaisselle  d'argent,  pour  fruiterie,  des  inventaires 217 

Vaisselle,  etc.,  achetee  par  Monseigneur 218 

Vaisselle  d'argent,  pour  epicerie,  des  inventaires 218 

Vaisselle,  etc.,  achetee  par  Monseigneur  et  a  lui  donnee 219 

Vaisselle  d'argent,  pour  cuisine,  des  inventaires 219 

Vaisselle,  etc.,  achetee  par  Monseigneur 220 

Les  livres  des   inventaires. 

Livres   acquis  depuis  les  inventaires  par  achat,  don  ou  autre- 

ment 236 

Livres  acquis  par  Monseigneur  depuis  les  comptes  precedens  et 

qui  n'y  sont  pas  declares 269 

Draps  de  soie,  linge,  et  autres  parties  restant  de  I'inventaire 

fait  des  choses  estant  en  I'hotel  de  la  chancellerie  deBourges.  271 

Depense  de  joyaux,  vaisselle,  pierrerie  et  autres  choses  donnees 
en  gage  par  Monseigneur,  reunies  ici  pour  la  decharge  de 
Robinet  d'Etampes  et  pour  en  mieux  conserver  la  memoire 

quand  viendra  le  temps  de  les  recouvrer 279 

CoMPTE  RENDU  PAR  RoBiNET  d'Etampes  des  joyaux,  vaisselle, 
pierrerie,  livres  et  autres  choses  advenues  a  Monseigneur  par 
achat,  don  ou  autrement  depuis  le  3i  Janvier  1412  {i4i3  n.  St.), 
date  du  precedent  inventaire,  jusqu'au  iSjuin  1416,  date  de  la 

mart  du  due  de  Berry ^,  288 


346  TABLE     DES     MATIERES 

Joyaux  pour  chapelle  : 

Croix   d'or  ou  autremcnt,  achetees    ou  recouvrees   par  Mon- 

seigneur 288 

Tableaux,   reliquaires   et  petits    joyaux,  d'or  et   d'argent,   ou 

autrement,  achates  ou  recouvres  par  Monseigneur 289 

Tableaux,  reliquaires,  etc.,  donnes  a  Monseigneur 291 

Grands  joyaux  et  tabernacles,  d'or  et  de  pierrerie,  achetes  et 

recouvres  par  Monseigneur 292 

Images  d'or  et  d'argent,  ou  autrement,  achetees  et  recouvrees 

par  Monseigneur 295 

Calices,    portepaix    et   burettes,    d'or   et   d'argent,    donnes    a 

Monseigneur 296 

Joj^aiix  pour  le  corps  de  Monseigneur  : 

Colliers,  echarpes  et  ceintures,  d'or  et  d'argent,  achetes  par 
Monseigneur 298 

Fermaillets  d'or  et  de  pierrerie,  achetes  et  recouvres  par  Mon- 
seigneur        299 

BuUettes,  petits  reliquaires  et  patenotres,  d'or  et  de  pierrerie, 

donnes  a  Monseigneur 299 

Joyaux  et  autres  choses  de  diverses  manieres  achetees  par 
Monseigneur ^°  ^ 

Joyaux,  etc.,  donnes  a  Monseigneur 3o2 

Pierrerie  des  joyaux  et  vaisselle  depeces  : 

Rubis 3o4 

Rubis  achetes  par  Monseigneur 3o4 

Rubis  donnes  a  Monseigneur 3o6 

Balais  des  joyaux  et  vaisselle 3o8 

Balais  achetes  et  recouvres  par  Monseigneur 3o9 

Balais  donnes  a  Monseigneur 3 1 o 

Saphirs  des  joyaux  et  vaisselle 3 10 

Saphirs  achetes  et  recouvres  par  Monseigneur 3  1 1 

Saphirs  donnes  a  Monseigneur 3 1 2 

Emeraudes  achetees  par  Monseigneur  et  a  lui  donnecs 3i3 

Diamants  des  joyaux  et  vaisselle 3 14 

Diamants  achetes  et  recouvres  par  Monseigneur 3 14 

Diamants  donnes  a  Monseigneur 3 16 


TABLE     DES     MATIERES  347 

Perles  des  joyaux  et  vaisselle 3i9 

Perles  donnees  a  Monseigneur 32o 

Anneaux,  pierres  et  autres  choses  des  joyaux  et  vaisselle 32i 

Pierres  et  autres  choses  achetees  par  Monseigneur 32 1 

Pierres,  etc.,  donnees  a  Monseigneur 322 

Vaisselle  et  autres   choses,  d'or  et  d'argent,   pour  panneterie, 

donnees  a  Monseigneur 323 

Vaisselle  d'or  et  d'argent,  pour  echansonnerie,  achetee  pour 

Monseigneur 324 

Vaisselle,  etc.,  pour  echansonnerie,  donnee  a  Monseigneur 326 

Vaisselle   d'or  et  d'argent,   pour  fruiterie,  achetee  pour  Mon- 
seigneur    320 

Vaissselle  d'or  et  d'argent,  pour  epicerie,  donnee  a  Monseigneur .  327 

Vaisselle  d'argent,  pour  cuisine,  achetee  par  Monseigneur  ....  328 

Livres  achetes  pour  Monseigneur 328 

Livres  donnes  a  Monseigneur 332 

Corrections  et  additions 337 

Table   des  matieres ^42 


I.c  Puy,  iiiiprimcrie  Marc/icssoii  Jils.  boulevard  Saint-Lattrcnl.  I'.V. 


NK 


Berry,  Jean  de  France 

^;°       ^  Inventaires  de  Jean  due  de 
d4 (  Berry 


t.l 


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